En ce qui me concerne je me retrouve beaucoup dans la description que Cyrano a faite de sa relation à la mort, moi aussi elle me terrorise, et je dois l'avouer c'est surtout ma propre disparition qui me préoccupe…
N'y voyez pas l'expression d'un égocentrisme exacerbé, mais je pense que la confrontation de notre petit individu fini au néant est forcément quelque chose d'angoissant, d'ailleurs avons-nous seulement les moyens de saisir véritablement quelque chose d'aussi indicible? Je crois que le fait de penser à la mort proprement dite (et non au décès, à la douleur ou à la dégénérescence de l'individu) crée une sorte de bug dans notre cerveau, comment en effet sortir de notre propre finitude? Lorsque nous parlons de la mort nous sommes juge et parti.
Concernant la vidéo de Raphaël Enthoven, je vous conseille le numéro de son émission sur Arte consacré à la mort, où il évoque les limites du stoïcisme face à la mort, expliquant qu'une attitude détachée et sereine face à la mort peut conduire à un vertige qui aboutirait à s'exclure de la mort, en la regardant comme un sujet d'étude philosophique au point qu'elle ne nous concerne plus, ce qui en fin de compte dénote une envie de la fuir!
Enfin, quant au rapport entre douance et mort, je ne suis pas sûr que la relation soit si difficile à établir, bien sûr tous les gens angoissés par la mort ne sont pas surdoués, mais c'est la même chose pour bon nombre de sujets.
Personnellement j'ai l'impression que le fait d'avoir une pensée qui fonctionne en permanence à plein régime peut finir par créer des sortes de "nodules de la pensée", quand l'esprit dérive plus que la normale il peut finir par buter sur des questions aussi vastes… Je ne dis pas que les HP sont "suffisamment intelligents pour penser à la mort", mais que la propension à beaucoup penser peut conduire à des interrogations existentielles plus intenses que la moyenne, sans préjuger d'ailleurs de leur qualité, à supposer qu'il y ait une bonne et une mauvaise façon de penser la mort…