Art'Inktober 2025
- Pascalita
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Re: Art'Inktober 2025
Oh non, c'est pas ce que je crains, Miss souris ?
Édit :
Bon, je sors mon joker sur inferno.
Absolument rien que j'aie envie d'écrire sur ce mot-là. Rien que des images de destruction.
Édit :
Bon, je sors mon joker sur inferno.
Absolument rien que j'aie envie d'écrire sur ce mot-là. Rien que des images de destruction.
- Miss souris
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Re: Art'Inktober 2025
Pascalita, je ne sais pas ce que tu crains, je n'ai pas trop d'idées, mais ça ne finira pas mal. Cela dit je suis curieuse, qu'est ce que tu crains exactement ?
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Re: Art'Inktober 2025
Ahhhh, ça ! Oui c'est prévu, mais c'est juste un meilleur mix...( ce langage cryptique va peut-être nous conduire au quiproquo, j'adore...
)
- Pascalita
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Re: Art'Inktober 2025
Oh oui, je crois que ça va marcher pour le quiproquo. Parce que je pense que tu vois effectivement ce que je crains, mais par contre je ne vois pas du tout ce que serait « un meilleur mix ».
Donc l’une de nous n’a pas compris ce qu’elle a cru comprendre que l’autre comprenait. Laquelle, ça…
Donc l’une de nous n’a pas compris ce qu’elle a cru comprendre que l’autre comprenait. Laquelle, ça…
- Miss souris
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- Pascalita
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Re: Art'Inktober 2025
#puzzling
broutant les prairies
têtes larges cornes souples
vaches maritimes
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- Miss souris
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Re: Art'Inktober 2025
Les mots retardataires, donc bouton et bagarreur...
On s'approche, on s'accroche.
Dans la rue, autour de lui, la nuit tombait. C'était un moment qu'il affectionnait, il trouvait le réel plus facile à fuir dans la pénombre, et il en était arrivé à chérir les moments qu'il passait à rêver sa vie. Il passa devant un cafe éclairé, la rue était bruyante, les voitures assourdissantes, éblouissantes...il y aurait une déflagration, un risque de bombe terrible, et il serait le seul à pouvoir sauver l'humanité, comme ça du même coup il pouvait aussi sauver Emma, voir son regard plein de reconnaissance, et puis je la connaîtrais même pas à ce moment là, donc j'aurais pas à galérer sans savoir comment la rappeler en ayant l'air naturel, ou pas trop con, ou pas d'un salaud, ou alors on se serait rencontrés la veille, mais je partirais loin à l'autre bout du monde le lendemain, une expédition en Antarctique, je serais chercheur en Terre Adélie, mais façon Indiana Jones, j'aurais pas peur de la bagarre, d'ailleurs j'aurais échappé à un ours blanc, non, c'est teigneux les ours blancs, j'aurais échappé à, je sais pas, il faudra que j'y réfléchisse, que ce soit crédible, bref j'aurais échappé à un truc, et je lui aurais laissé un message mais elle l'aurait pas trouvé, elle aurait cru qu'elle ne comptait pas pour moi, et puis on se reverrait des années plus tard, et elle me reconnaîtrait dans la rue, je serais devenu célèbre, elle me dirait qu'elle n'a pas cessé de penser à moi, et, mais qu'est ce qu'il fout ce cycliste, il a pas la priorité juste parce qu'il est sur un vélo, merde j'ai toujours pas appelé Emma, qu'est ce que je vais faire, putain je suis trop con. Bon je l'appelle. Elle a peut être changé de numéro. Ou elle m'a bloqué. A sa place je me serais bloqué. Si je lui disais qu'il m'est arrivé un truc ? Que je suis resté coincé deux jours sur le toit du voisin sans mon téléphone en essayant de récupérer son chat ? J'avais pas mon téléphone, l'échelle a glissé, le voisin est revenu que le dimanche, il faisait hyper froid sur ce toit, il passe jamais personne dans ma rue, ça peut le faire, non ? En même temps je suis un rêveur, pas un menteur, ohlala, je pensais pas que ce serait si dur d'appuyer sur un bouton, j'appelle, il faut que j'appelle, oh putain j'ai fait le numéro, ça sonne, ça sonne !
On s'approche, on s'accroche.
Dans la rue, autour de lui, la nuit tombait. C'était un moment qu'il affectionnait, il trouvait le réel plus facile à fuir dans la pénombre, et il en était arrivé à chérir les moments qu'il passait à rêver sa vie. Il passa devant un cafe éclairé, la rue était bruyante, les voitures assourdissantes, éblouissantes...il y aurait une déflagration, un risque de bombe terrible, et il serait le seul à pouvoir sauver l'humanité, comme ça du même coup il pouvait aussi sauver Emma, voir son regard plein de reconnaissance, et puis je la connaîtrais même pas à ce moment là, donc j'aurais pas à galérer sans savoir comment la rappeler en ayant l'air naturel, ou pas trop con, ou pas d'un salaud, ou alors on se serait rencontrés la veille, mais je partirais loin à l'autre bout du monde le lendemain, une expédition en Antarctique, je serais chercheur en Terre Adélie, mais façon Indiana Jones, j'aurais pas peur de la bagarre, d'ailleurs j'aurais échappé à un ours blanc, non, c'est teigneux les ours blancs, j'aurais échappé à, je sais pas, il faudra que j'y réfléchisse, que ce soit crédible, bref j'aurais échappé à un truc, et je lui aurais laissé un message mais elle l'aurait pas trouvé, elle aurait cru qu'elle ne comptait pas pour moi, et puis on se reverrait des années plus tard, et elle me reconnaîtrait dans la rue, je serais devenu célèbre, elle me dirait qu'elle n'a pas cessé de penser à moi, et, mais qu'est ce qu'il fout ce cycliste, il a pas la priorité juste parce qu'il est sur un vélo, merde j'ai toujours pas appelé Emma, qu'est ce que je vais faire, putain je suis trop con. Bon je l'appelle. Elle a peut être changé de numéro. Ou elle m'a bloqué. A sa place je me serais bloqué. Si je lui disais qu'il m'est arrivé un truc ? Que je suis resté coincé deux jours sur le toit du voisin sans mon téléphone en essayant de récupérer son chat ? J'avais pas mon téléphone, l'échelle a glissé, le voisin est revenu que le dimanche, il faisait hyper froid sur ce toit, il passe jamais personne dans ma rue, ça peut le faire, non ? En même temps je suis un rêveur, pas un menteur, ohlala, je pensais pas que ce serait si dur d'appuyer sur un bouton, j'appelle, il faut que j'appelle, oh putain j'ai fait le numéro, ça sonne, ça sonne !
Re: Art'Inktober 2025
Et puis entre deux amies un appel. Son béret noir se rappelle à son quotidien soudain : une fiction. Un meurtre, un homme trouvé mort le cou ceint d'un foulard teinté de sang, un artiste. Trois ans qu'il vivait d'expédients, de bohêmes et de vitalité ! L'étude de son carnet le désignait comme ce qu'il était, du feutre et du fusain, ni rien de trop ni tellement de moins. Qui pouvait vouloir le voir mort ?
En attendant l'était-il. Et lui froid — toute créativité s'en trouvait stimulée tous les songes et les dérives des rêves et la partie qui pouvait s'en partager scintillait, un regard presque bas et l'esprit haut vivait un peu dans la note de son souvenir. Puis un jour sans s'y attendre, long, longue en arrière une idée entière qui avait tous les alentours d'un peu de talent et d'un vrai cri de l'âme l'arrêta. Le double-bang le brûla comme l'on cisèle aux bas les reliefs et qui serra ce tissu aux allures d'Univers ?
Le monde saute et s'il en fallait résister pour tenir la ligne de basse et d'honneur
En attendant l'était-il. Et lui froid — toute créativité s'en trouvait stimulée tous les songes et les dérives des rêves et la partie qui pouvait s'en partager scintillait, un regard presque bas et l'esprit haut vivait un peu dans la note de son souvenir. Puis un jour sans s'y attendre, long, longue en arrière une idée entière qui avait tous les alentours d'un peu de talent et d'un vrai cri de l'âme l'arrêta. Le double-bang le brûla comme l'on cisèle aux bas les reliefs et qui serra ce tissu aux allures d'Univers ?
Le monde saute et s'il en fallait résister pour tenir la ligne de basse et d'honneur
- sanders
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Re: Art'Inktober 2025
J'ai tout raté à partir de J17 et je recommence
Ça va viendre, si si.
Merci de toutes ces idées, réalisations qui font briller mes yeux.
Ça va viendre, si si.
Merci de toutes ces idées, réalisations qui font briller mes yeux.
Le premier jour du reste de ma vie : Un jour, J'ai pu observer que la poutre que je voyais dans l'oeil de mon voisin, je l'avais fait devenir paille dans le mien. Alors même que nous buttions sur les mêmes (em)bûches. Depuis, plus rien n'est pareil..
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Re: Art'Inktober 2025
Et quand ça va viendre, ça va être un feu d'artifice ! (Comme les dessins de Brunehilde !)
J'attends avec impatience.
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- Pascalita
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Re: Art'Inktober 2025
#onion
l'âge s'avançant
il n'est plus besoin d'oignons
pour que les yeux coulent
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Re: Art'Inktober 2025
La suite (et merci @Pascalita pour le compliment
)
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Pourquoi se préoccuper des chevaux à rayures quand on peut chevaucher des loups !


- Brunehilde
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Re: Art'Inktober 2025
J'ai réussi à rattraper mon retard !
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Re: Art'Inktober 2025
Bravo !
J'espère que l'on pourra continuer à poster / participer une fois le délai expiré, car je compte bien poursuivre mon défi (j'ai juste fait d'autres choses entre-temps) ! ^^
J'espère que l'on pourra continuer à poster / participer une fois le délai expiré, car je compte bien poursuivre mon défi (j'ai juste fait d'autres choses entre-temps) ! ^^
☪ 𝄞 ∞
« Je veux qu’on soit sincère, et qu’en homme d’honneur,
On ne lâche aucun mot qui ne parte du cœur. » (Molière)
« Si la musique nous est si chère, c'est qu'elle est la parole la plus profonde de l'âme, le cri harmonieux de sa joie et de sa douleur. » (Romain Rolland)

« Je veux qu’on soit sincère, et qu’en homme d’honneur,
On ne lâche aucun mot qui ne parte du cœur. » (Molière)
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Re: Art'Inktober 2025
#skeletal
le ciel de l’hiver
rien que troncs et branches maigres
– même la lune
(Formulation presque identique à un autre haïku il y a quelques jours, bof… mais ça doit rester imprimé quelque part.)
le ciel de l’hiver
rien que troncs et branches maigres
– même la lune
(Formulation presque identique à un autre haïku il y a quelques jours, bof… mais ça doit rester imprimé quelque part.)
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Re: Art'Inktober 2025
T'inquiète le fil reste ouvert. Une fois j'ai fini fin NovembreFéeNyx a écrit : mar. 28 oct. 2025 02:07 J'espère que l'on pourra continuer à poster / participer une fois le délai expiré, car je compte bien poursuivre mon défi (j'ai juste fait d'autres choses entre-temps) ! ^^
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Re: Art'Inktober 2025
Oh, ça va encore ! ^^ Vu mon allure, j'aurai peut-être fini l'année prochaine, en ce qui me concerne...
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Re: Art'Inktober 2025
Ah ben cool je vais pouvoir finir les inktobers que j'ai jamais fini !
Voilà la production du jour :
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Re: Art'Inktober 2025
Génial je vais aussi faire ceux que j'ai pas commencés
[non en vrai pas du tout, un seul par an me suffit amplement, la distance est dure à tenir]
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Re: Art'Inktober 2025
Je m'essouffle aussi, je le sens... mais plus que trois !
#lesson
les yeux au-dehors
à l'école sur les branches
avec les oiseaux
#lesson
les yeux au-dehors
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avec les oiseaux
Re: Art'Inktober 2025
Bravo à tout le monde!
Pas terrible de mon côté mais j'y ai déjà passé trop de temps.
Il s'agit d'une chrysalide envahie par un Cordyceps, le champignon parasite devenu une star de l'horreur américaine.

Pas terrible de mon côté mais j'y ai déjà passé trop de temps.
Il s'agit d'une chrysalide envahie par un Cordyceps, le champignon parasite devenu une star de l'horreur américaine.
Πόλλ' οἶδ' ἀλώπηξ, ἀλλ' ἐχῖνος ἓν μέγα (Le renard sait beaucoup de choses, le hérisson n’en sait qu’une grande).
Archiloque, Fragment 201.
Χαλεπὰ τὰ καλά (Les belles choses sont difficiles).
Platon, Hippias Majeur, 304e.
Archiloque, Fragment 201.
Χαλεπὰ τὰ καλά (Les belles choses sont difficiles).
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- Brunehilde
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Re: Art'Inktober 2025
N°29, plus que deux jours !
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- Pascalita
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Re: Art'Inktober 2025
Finiiiii ! Tagada tsoin tsoin, avec tous les mots qui manquent, normalement. C'est un vrai challenge, ce truc. Mais c'est bien, aussi
.
Ça avait sonné. Emma avait contemplé son téléphone, numéro inconnu. Ça ne pouvait pas être John. Et d'ailleurs ça n'était pas John. C'était un gars qu'elle ne comprenait pas bien, un drôle d'accent, un québécois, quoi. C'est rigolo, québécois quoi, avait-elle pensé distraitement tout en écoutant ce phrasé si étranger et pourtant familier. Elle était si occupée à écouter la musique de la voix qu'elle avait mis un peu de temps à comprendre ce qu'il voulait. Elle ? Traverser l'Atlantique avec 5 otaries ? Il était où ce parc de protection ? Dans la province de, pardon ? Et ça se situait où, ça, exactement ?
Il leur fallait une réponse rapide, bien sûr.
Elle avait raccroché, un peu ivre de son audace, elle avait dit oui, quand même, elle avait laissé tombé sa légendaire circonspection, elle avait dit oui, pour partir, là bas, avec ses chères otaries. Si Cynthia ne l'avait pas laissée tomber comme une algue fanée que l'on jette quand elle a fait son temps dans la déco de l'aquarium, elle n'aurait jamais osé, mais ça avait été le déclencheur, comme le déclic de sa vie nouvelle. Elle avait arrêté d'attendre John, elle avait arrêté de couiner pour tout, elle avait arrêté d'appeler au secours une Cynthia qui ne savait que l'enfoncer, et que ses jérémiades exaspéraient. Elle était désormais aux commandes de sa vie, de ses choix. Et justement arrivait comme une validation de tout ce courage étreint à pleins bras, car ça n'est pas rien, de décider de vivre enfin, ce gros lot inespéré, ce cadeau des dieux, de son chef, plutôt, qui sollicité pour désigner une soigneuse compétente, avait donné son nom à elle, comme une récompense pour son travail dévoué et enthousiaste. Vous ferez ça très bien, n'ayez pas peur, ça va être formidable ; je n'ai pas peur, lui avait-elle répondu. Il avait levé les yeux du dossier qu'il consultait, surpris.
Et puis enfin il avait rappelé. Sans raccrocher à la 3ème sonnerie. Il avait réussi à rester cramponné à son téléphone qui sonnait, avec au ventre l'envie de s'enfuir, mais il était resté en ligne. Elle avait vu le nom s'afficher. Elle avait pris son temps, puis décidé qu'elle n'était plus la même, elle était solide maintenant, elle pouvait écouter ce qu'il aurait à dire.
Il avait bredouillé, beaucoup, longtemps, un long discours confus, elle avait écouté en silence, mais au fond elle était contente, sa voix lui avait manqué, elle ne savait pas qu'une voix pouvait faire ça, et au bout d'un moment, quand il s'était tu, elle avait dit : d'accord. Et bien sûr ils s'étaient revus, beaucoup, elle lui avait tout dit, son coeur craintif, ses histoires vides, ses peurs d'échouer, tellement de peurs différentes et permanentes, ils avaient marché, sillonné des avenues, ils avaient pleuré, il lui avait dit, pour ses vies imaginaires, il avait bien fallu, il s'était mis à crier "Montjoie Saint Denis" devant l'aquarium des hippocampes, ils étaient partis en courant comme des gosses, il lui devait bien une explication ; ils s'étaient dépouillés l'un l'autre de leurs multiples peaux, ils n'étaient plus que des oignons réduits à leur centre, ils savaient tout l'un de l'autre, enfin le plus important, de quoi permettre des années de découvertes supplémentaires. Elle n'avait pas revu Cynthia, sauf une fois, de loin et par hasard. Elle était avec Ted, bien sûr ; Emma avait fini par comprendre, et ça n'avait pas été si violent, de toute façon depuis des années, de leur amitié d'enfants il ne restait qu'un squelette grimaçant, qui se moquait d'elle encore et toujours, alors, hein, autant laisser tomber, et puis elle avait John dans sa vie, maintenant, et aussi cette perspective au Canada...tant de changements en si peu de temps...il fallait en parler à John. Vite.
Il l'avait vue arriver de loin, il savait toujours quand elle arrivait, il le sentait, c'était dingue, comme s'ils étaient connectés, il lui avait souri, ils s'étaient embrassés, et à peine assise, les yeux brillants, elle lui avait dit, c'est une chance énorme, un truc de fou, mon chef m'a recommandée, je pars au Canada ! Et son monde s'était écroulé. Il avait murmuré non...et s'était ressaisi, pour elle, oui, par amour pour elle, même si tôt il le savait, c'était de l'amour ce truc, il avait réussi à dire, la voix étranglée, écrasé de douleur mais digne, il se voyait Clint Eastwood dans une petite ville américaine, mais son chagrin était réel, tout ce qu'il y a de plus réel, c'est bien, pars, c'est bon pour toi, c'est ce que tu as besoin de faire, je comprends, et c'est bon pour ta carrière, aussi, je t'attendrai, je peux venir te voir, on peut s'organiser, ça peut marcher, je t'en prie, laisse nous une chance, je suis sûr que, euh...ne rencontre pas un canadien s'il te plaît...Elle lui avait pris la main pour endiguer le flot. John. Je pars. Dix jours. Je pars au Canada 10 jours. J'accompagne cinq otaries, un projet génial, on va peut être réussir un accouplement ! Le soulagement lui avait instantanément coupé le souffle. Et il était illico resté là, figé, absent. John ? Ça ne va pas ?
Si si ça allait, pardon, j'ai une image...mais ça va. Il lui avait pris la main. Ça va très bien même.
Dans son film intérieur il contemplait Emma et une otarie s'éloignant vers le couchant, enlacées. Il avait souri. Tout irait bien. L' image s'effacerait. Un jour, même, peut être qu'il pourrait la lui décrire. En attendant, Emma était là, maintenant.
Ça avait sonné. Emma avait contemplé son téléphone, numéro inconnu. Ça ne pouvait pas être John. Et d'ailleurs ça n'était pas John. C'était un gars qu'elle ne comprenait pas bien, un drôle d'accent, un québécois, quoi. C'est rigolo, québécois quoi, avait-elle pensé distraitement tout en écoutant ce phrasé si étranger et pourtant familier. Elle était si occupée à écouter la musique de la voix qu'elle avait mis un peu de temps à comprendre ce qu'il voulait. Elle ? Traverser l'Atlantique avec 5 otaries ? Il était où ce parc de protection ? Dans la province de, pardon ? Et ça se situait où, ça, exactement ?
Il leur fallait une réponse rapide, bien sûr.
Elle avait raccroché, un peu ivre de son audace, elle avait dit oui, quand même, elle avait laissé tombé sa légendaire circonspection, elle avait dit oui, pour partir, là bas, avec ses chères otaries. Si Cynthia ne l'avait pas laissée tomber comme une algue fanée que l'on jette quand elle a fait son temps dans la déco de l'aquarium, elle n'aurait jamais osé, mais ça avait été le déclencheur, comme le déclic de sa vie nouvelle. Elle avait arrêté d'attendre John, elle avait arrêté de couiner pour tout, elle avait arrêté d'appeler au secours une Cynthia qui ne savait que l'enfoncer, et que ses jérémiades exaspéraient. Elle était désormais aux commandes de sa vie, de ses choix. Et justement arrivait comme une validation de tout ce courage étreint à pleins bras, car ça n'est pas rien, de décider de vivre enfin, ce gros lot inespéré, ce cadeau des dieux, de son chef, plutôt, qui sollicité pour désigner une soigneuse compétente, avait donné son nom à elle, comme une récompense pour son travail dévoué et enthousiaste. Vous ferez ça très bien, n'ayez pas peur, ça va être formidable ; je n'ai pas peur, lui avait-elle répondu. Il avait levé les yeux du dossier qu'il consultait, surpris.
Et puis enfin il avait rappelé. Sans raccrocher à la 3ème sonnerie. Il avait réussi à rester cramponné à son téléphone qui sonnait, avec au ventre l'envie de s'enfuir, mais il était resté en ligne. Elle avait vu le nom s'afficher. Elle avait pris son temps, puis décidé qu'elle n'était plus la même, elle était solide maintenant, elle pouvait écouter ce qu'il aurait à dire.
Il avait bredouillé, beaucoup, longtemps, un long discours confus, elle avait écouté en silence, mais au fond elle était contente, sa voix lui avait manqué, elle ne savait pas qu'une voix pouvait faire ça, et au bout d'un moment, quand il s'était tu, elle avait dit : d'accord. Et bien sûr ils s'étaient revus, beaucoup, elle lui avait tout dit, son coeur craintif, ses histoires vides, ses peurs d'échouer, tellement de peurs différentes et permanentes, ils avaient marché, sillonné des avenues, ils avaient pleuré, il lui avait dit, pour ses vies imaginaires, il avait bien fallu, il s'était mis à crier "Montjoie Saint Denis" devant l'aquarium des hippocampes, ils étaient partis en courant comme des gosses, il lui devait bien une explication ; ils s'étaient dépouillés l'un l'autre de leurs multiples peaux, ils n'étaient plus que des oignons réduits à leur centre, ils savaient tout l'un de l'autre, enfin le plus important, de quoi permettre des années de découvertes supplémentaires. Elle n'avait pas revu Cynthia, sauf une fois, de loin et par hasard. Elle était avec Ted, bien sûr ; Emma avait fini par comprendre, et ça n'avait pas été si violent, de toute façon depuis des années, de leur amitié d'enfants il ne restait qu'un squelette grimaçant, qui se moquait d'elle encore et toujours, alors, hein, autant laisser tomber, et puis elle avait John dans sa vie, maintenant, et aussi cette perspective au Canada...tant de changements en si peu de temps...il fallait en parler à John. Vite.
Il l'avait vue arriver de loin, il savait toujours quand elle arrivait, il le sentait, c'était dingue, comme s'ils étaient connectés, il lui avait souri, ils s'étaient embrassés, et à peine assise, les yeux brillants, elle lui avait dit, c'est une chance énorme, un truc de fou, mon chef m'a recommandée, je pars au Canada ! Et son monde s'était écroulé. Il avait murmuré non...et s'était ressaisi, pour elle, oui, par amour pour elle, même si tôt il le savait, c'était de l'amour ce truc, il avait réussi à dire, la voix étranglée, écrasé de douleur mais digne, il se voyait Clint Eastwood dans une petite ville américaine, mais son chagrin était réel, tout ce qu'il y a de plus réel, c'est bien, pars, c'est bon pour toi, c'est ce que tu as besoin de faire, je comprends, et c'est bon pour ta carrière, aussi, je t'attendrai, je peux venir te voir, on peut s'organiser, ça peut marcher, je t'en prie, laisse nous une chance, je suis sûr que, euh...ne rencontre pas un canadien s'il te plaît...Elle lui avait pris la main pour endiguer le flot. John. Je pars. Dix jours. Je pars au Canada 10 jours. J'accompagne cinq otaries, un projet génial, on va peut être réussir un accouplement ! Le soulagement lui avait instantanément coupé le souffle. Et il était illico resté là, figé, absent. John ? Ça ne va pas ?
Si si ça allait, pardon, j'ai une image...mais ça va. Il lui avait pris la main. Ça va très bien même.
Dans son film intérieur il contemplait Emma et une otarie s'éloignant vers le couchant, enlacées. Il avait souri. Tout irait bien. L' image s'effacerait. Un jour, même, peut être qu'il pourrait la lui décrire. En attendant, Emma était là, maintenant.
- Pascalita
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Re: Art'Inktober 2025
Super, Miss souris ! C'était bien ce que je craignais, mais en effet, c'est bien un meilleur mix également !
C'est toi qui mérites l'award !

