La tolérance envers les minorités, envers la différence...

l'Humanité, L'Existence, la Métaphysique, la Guerre, la Religion, le Bien, le Mal, la Morale, le Monde, l'Etre, le Non-Etre... Pourquoi, Comment, Qui, Que, Quoi, Dont, Où...?
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Pataboul
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La tolérance envers les minorités, envers la différence...

Message par Pataboul » lun. 10 juil. 2017 12:57

Ayant débarqué sur la fin d'un débat sur le chat, je vais vous dire ici deux trois pensées que ça m'inspire:

En brayf, ce qui me semble être ressorti du débat tchatté (mais j'ai vu que quelques lignes, c'est p'tet pas si simple): C'est aux minorités de s'adapter, et à tout le monde d'être tolérant.

Sur la manière... là c'est ma réflexion personnelle, ce qui m'a poussé à faire ce post: Depuis des années la société tente de sensibiliser tout un chacun aux difficultés rencontrées par différentes minorités, tantôt les immigrés et leur descendants, les handicapés, les minorités sexuelles, etc.. C'est un peu selon les modes. C'est sans doute une bonne chose mais personnellement je trouve de gros défaut à cette approche: ça laisse toujours sur le carreau les différences auxquelles on n'est pas sensibilisé. Et puis je trouve que ça colle des étiquettes aux gens qui ont tendance à, peut-être pas augmenter mais, permettre la discrimination. On se retrouve parfois à parler de discrimination positive... Mais discrimination toujours... Ca crée de frontières, des limites nettes entre diverses catégories de personnes.

Moi ce que j'en dis, c'est qu'au lieux de sensibiliser aux problèmes de chaque minorité, ce qui me semble un job interminable et qui se heurtera, même chez les plus bienveillants et intelligents, toujours aux limites de leur connaissance des diverses minorités... Bref ça me semble vain. A cet égard je trouve assez significatif l'extension de l’acronyme LGBT+QIA: alors que la tolérance de l'homosexualité commence à faire consensus, il y en a pour découper de plus en plus finement le gateau des sexualités alternative.
Ouais, j'ai pas fini ma phrase, la première de ce paragraphe.. Donc au lieu de vouloir faire connaitre à tous chaque petite variante des êtres humains en créant autant de minorités discriminées, but louable mais irréaliste, il me semble que de développer la tolérance, juste la tolérance, serait bien plus efficace. Je crois que c'est comme ça que j'ai été élevé, que je me suis élevé plutôt... Le fait d'avoir toujours ressenti ma différence et son incompréhension a du aider.

Ma conception de la tolérance, c'est de ne pas préjuger de ce qu'on ne connais pas, des différences des autres, quelles qu'elles soient. Et pour ça nul besoin de connaitre l’infinité des facettes que l'être humain peut revêtir. Il "suffit" de ne pas préjuger des apparences et des comportements qu'on ne connait pas, surtout quand ceux-ci nous heurtent. Se demander quand on sent qu'on est dans le rejet ou l'inconfort face à l'autre si il représente réellement un danger pour nous, ou si c'est juste qu'il perturbe nos habitude, le confort du monde tel qu'on le connait.


Je crois que le débat du tchat tournait autour de la douance, de son acceptation et de sa compréhension. Alors c'est peut-être une bonne chose que de vouloir faire connaitre et reconnaître cette différence, pour qu'elle soit mieux acceptée, plus tolérée. Mais moi je préférerais une société qui accepte la différence même quand elle ignore ce qu'elle est et/ou d'où elle vient. Je crois que sinon l'on ne fait que déplacer les limites de ce qui est acceptable ou non, on déplace le problème.. Je ne nie pas qu'il y a des progrès, qu'on vit sans doute mieux les uns avec les autres à repousser les barrières. Malheureusement tant qu'il y a des barrières, il y a toujours des gens pour être derrière, toujours de la discrimination. J'aimerais qu'on supprime les barrières.

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Re: La tolérance envers les minorités, envers la différence...

Message par Choupinne » mar. 11 juil. 2017 09:47

pataboul a écrit :C'est aux minorités de s'adapter
Hum...

En tout cas, je suis plutôt très d'accord avec toi :) Je trouve ca très dérangeant de devoir pointer du doigt une minorité pour que la conscience collective se rendre compte qu'il ne faut pas la discriminer. J'ai plein d'exemples en tête, le plus connu étant sans doute la minorité asiatique (mais ca marcher avec les roms, les manouches etc...).

Et ça marche aussi avec pas seulement des minorités, mais des comportements. J'ai déjà croisés des gens parfaitement exceptionnels à de nombreux niveaux, qui ont fait de la prison, et des trucs pas super moraux par le passé. Alors je ne dis pas qu'il faut tout excuser, mais à mon sens, un premier pas vers la tolérance c'est comprendre pourquoi les gens sont ce qu'ils sont, et accepter le fait qu'on aurait pas forcément été différent si on avait eu la même vie.

PS : ça marche aussi pour les terroristes.
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Re: La tolérance envers les minorités, envers la différence...

Message par katouche » dim. 24 sept. 2017 15:26

Whouaaahhhh ! Quel beau sujet que celui de la différence ! C'est drôle, je suis en train de préparer la soutenance de mon mémoire de master 2 qui porte justement sur l'interculturalité et la négociation de la différence, parce que oui, la différence se négocie, et c'est uniquement à partir du moment où la différence arrive à se négocier qu'elle s'accepte, sachant qu'accepter n'est pas réellement le terme, elle est en fait force de création : de deux entités s'en créée une autre par le biais de la négociation de deux différences.

Mais avant tout ça, il faudrait savoir de quelle minorité il est parlé ici ? Personne ne se résume à une minorité spécifique, nous avons tous des cercles d'appartenances différents. Pour exemple, je fais partie d'un petit nombre de la population dit "HP", et pourtant, je fais partie de la majorité des personnes qui travaillent, font des blagues nulles, font des enfants etc... La minorité est toute relative.

Ensuite, la différence est tout à fait normale et souhaitable, sinon nous serions tous engoncés dans un uniforme et adopterions le même comportement. Plus de surprises, plus de créations, plus que l'universalité des usages....breuuuhhhh....Heureusement qu'il y a des différences, je porte très mal l'uniforme, c'est ce qui nous permet d'avancer, même si ça fait peur et que ça peut engendrer des réactions de défenses qu'on nomme "intolérance"....L'intolérence est un faible mot pour parler des stigmates, de l'ethnocentrisme, des préjugés, des stéréotypes....Qui sont eux même des réactions de préservation dont nous avons besoin pour préserver nos cultures et nos appartenances....ce qui rend l'équation quelque peu complexe....à mon sens c'est une question de dosage tout cela, on a tous des préjugés, même le plus gros des HP du monde en a, après c'est le fait d'en avoir peu ou beaucoup qui fait la différence, et/ou le fait de pouvoir passer outre et de s'ouvrir à la différence de l'autre qui pourra ou pas aider à la négociation de cette différence avec autrui. Et pour négocier, il faut être deux....c'est avant tout une question de rencontre tout ça....et nos sociétés sont pas hyper mega supra portées sur la rencontre en ce moment hein....Bref, soyons singuliers, ça nous permet d'être universels ;)

Détrash

Re: La tolérance envers les minorités, envers la différence...

Message par Détrash » dim. 24 sept. 2017 17:52

pataboul a écrit :Ayant débarqué sur la fin d'un débat sur le chat, je vais vous dire ici deux trois pensées que ça m'inspire:
En brayf, ce qui me semble être ressorti du débat tchatté (mais j'ai vu que quelques lignes, c'est p'tet pas si simple): C'est aux minorités de s'adapter, et à tout le monde d'être tolérant.

Je suis moyennement d'accord avec le fait que c'est aux minorités de (toujours) s'adapter.
En société: biensur que c'est à chacun d'essayer de trouver sa place en intégrant au minimum les valeurs du territoire sur lequel il veut vivre (apprendre la langue, respecter la loi, payer les impots :nesaitpas: etc).

Mais dans un petit groupe de personnes, à une échelle disons d'une dizaine de personnes, ce n'est plus la même chose. Par exemple s'il y a un étranger dans la bande, c'est aux autres de lui "tendre la main" et de lui montrer les deux trois truc à savoir. D'ailleurs il me semble que dans la plupart des cas, c'est effectivement ce qui se passe. Cependant, cette règle comme quoi c'est aux minorités de s'intégrer perdure, pour moi c'est à relativiser (ce n'est que mon avis, selon mon propre vécu).

Concernant la tolérance, pour moi ça n'entre pas en jeu à partir du moment où la personne s'est justement "adaptée". On ne peut pas continuer de parler de tolérance alors même qu'on demande à l'autre de "changer" pour être mieux accepté, non? Pour moi c'est un peu contradictoire. C'est l'un ou autre, soit on est tolérant et justement on accepte l'autre comme il l'est, soit l'autre a fait les efforts adéquat et là, on n'a plus à faire quoique ce soit (ou pas grand chose).

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Re: La tolérance envers les minorités, envers la différence...

Message par katouche » dim. 24 sept. 2017 18:43

S'adapter ou pas , et qui doit s'adapter est pour moi un faux débat. Ce qui est important c'est les rencontres, et la transformation qu'elles induisent, qui importe, et des deux côtés. La personne qui arrive et qui s'enrichit de nouvelles façons de faire, la personne qui "accueille" et qui apprend elle aussi de nouvelles choses. C'est un processus dans lequel chacun s'enrichi et se transforme, c'est un processus créatif. La question étant : comment favoriser la rencontre ? C'est à mon sens la question qu'il faut se poser pour pouvoir avancer :-)

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Re: La tolérance envers les minorités, envers la différence...

Message par soazic » dim. 24 sept. 2017 19:17

C'est plus le terme de tolérance qui me fait tiquer. Pourquoi ne pas respecter plutôt que tolérer.
Concernant la demande à l'autre de s'adapter, difficile d'y répondre à mon sens: s'adapter à quoi et jusqu'où.
J'ai souvenir d'un congres sur les migrants et la santé mentale où était évoquée l'obligation (prônée par certains politiques) de renoncer à sa culture, sa langue pour se fondre dans celle du pays accueillant, il en ressortait que cela était immanquablement vecteur de troubles psychiques, parfois graves.
S'adapter est aussi renoncer voire se couper de, et ce n'est pas sans conséquences.

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Re: La tolérance envers les minorités, envers la différence...

Message par katouche » dim. 24 sept. 2017 19:52

Tout à fait d'accord ! Demander à quelqu'un de renoncer à sa culture c'est lui demander de renoncer à son humanité....Forcément, ça le fait que très moyennement hein .... :pale:

Détrash

Re: La tolérance envers les minorités, envers la différence...

Message par Détrash » jeu. 28 sept. 2017 21:39

katouche a écrit :S'adapter ou pas , et qui doit s'adapter est pour moi un faux débat. Ce qui est important c'est les rencontres, et la transformation qu'elles induisent, qui importe, et des deux côtés. La personne qui arrive et qui s'enrichit de nouvelles façons de faire, la personne qui "accueille" et qui apprend elle aussi de nouvelles choses. C'est un processus dans lequel chacun s'enrichi et se transforme, c'est un processus créatif. La question étant : comment favoriser la rencontre ? C'est à mon sens la question qu'il faut se poser pour pouvoir avancer :-)
Je ne comprends pas très bien ton concept de "rencontre"...pourrais-tu développer un peu s'il te plait (un contexte en particulier? :nesaitpas: )

La première phrase aussi me pose problème. Et si au lieu d'adaptation, on parlait d'"influence", le débat serait-il plus légitime pour toi (il se peut que je me sois mal exprimée)? Dans tous les cas je ne parlais en aucun cas de renoncement à quoi que ce soit, mais plutôt de se faire une place parmi un groupe donné, cela implique forcément des ajustements qui ne sont pas toujours à considérer comme négatives. Il ne s'agit pas non plus de "sacrifices".
L'adaptation étant à mon sens, un moyen de "négocier" (tu parlais de négociation plus haut il me semble), et c'est valable qu'on soit considérer comme une minorité ou pas...

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Re: La tolérance envers les minorités, envers la différence...

Message par gabriailes » dim. 17 déc. 2017 23:37

Plus encore que la rencontre, je parlerais de reconnaissance. (Michel Seymour) Je trouve l'analyse de Pata très intéressante quant au fait que la différence ne peut être objectivée et est toujours absolument parcellaire.
katouche a écrit :
dim. 24 sept. 2017 15:26
Mais avant tout ça, il faudrait savoir de quelle minorité il est parlé ici ? Personne ne se résume à une minorité spécifique, nous avons tous des cercles d'appartenances différents. Pour exemple, je fais partie d'un petit nombre de la population dit "HP", et pourtant, je fais partie de la majorité des personnes qui travaillent, font des blagues nulles, font des enfants etc... La minorité est toute relative.


Les minorités, comme les différences sont trop infinies, nombreuses et invisibles pour être représentatives de l'Autre.

Par contre, Pata, je ne suis pas sûre de croire au concept de tolérance. La tolérance pour moi se passe en plusieurs temps : 1* L'identification de différences significatives. 2* L'identification du problème que cela me pose. 3* Le droit que j'octroie à l'autre, malgré ma gêne, d'exister tel qu'il existe.

Dans ce processus, la dernière étape me pose problème. (les deux premières étant, comme le dit Katouche, sans doute inévitables). Ce qui me gêne c'est la position de force et de pouvoir que l'on prend face à l'Autre différent. J'ai la même réflexion autour du thème de la charité. La tolérance et la charité sont pour moi deux choses, qui dans mon activité militante m'ont toujours instinctivement gênée.

La tolérance et la charité n'ont jamais rien changé. Elles mettent chacune un pansement rapide et un peu joli sur un problème de fond qu'il faudrait prendre à bras le corps. La tolérance comme la charité sont pour moi des manières relativement louables de mettre à distance ce qui dérange notre conscience et notre société. La tolérance c'est une manière polie de croire malgré tout en la ségrégation. En ton pouvoir décisionnel plus ou moins inconscient et d'ailleurs faux ou dangereux de la présence ou non du différent. Parce que la tolérance porte en elle son fameux "seuil", elle devient exclusive - alors qu'elle tentait vainement de parler d'inclusion. Je ne veux pas tolérer l'Autre, je veux pouvoir le reconnaître comme tel. Le travail est long, mais c'est personnellement vers ça que je voudrais tendre.

La tolérance n'essaie pas de comprendre, elle considère le danger suffisamment minime pour ne pas rejeter. Mais elle ne nie pas le danger. Tant que les gays, les handicapés, les noirs, n'importe qui, seront "tolérés" c'est qu'il seront reconnus comme problèmes bénins certes, mais problèmes tout de même auxquels dont il n'est pas nécessaire de nous soucier. Et pourtant, même si dans le fait cela apaise pour un temps un fonctionnement collectif, cela ne permet pas une reconnaissance de l'Autre comme tel. Comme moi qui suis votre Autre, différent.

Je ne m'octroierai jamais le droit de tolérer quiconque. Je ne le ferai pas. Parce qu'un organisme tolère la bactérie qu'il ingère. Organisme, je veux reconnaître et respecter comme tel l'organisme que je rencontre.

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Re: La tolérance envers les minorités, envers la différence...

Message par katouche » lun. 18 déc. 2017 00:14

C'est pour cela que je disais que la tolérance est pour moi un faux débat. Comment dire.....est ce qu'il nous viendrait à l'esprit le fait de devoir tolérer, ou non, la couleur des tomates ? Elle a une certaine couleur, parfois une autre et ça ne vient à l'esprit de personne de contester la légitimité de ces couleurs, elles sont, point.

Et bien l'humain, les minorités, les différences c'est exactement la même chose : elles sont, point, que ça plaise ou non. Se penser tolérant c'est s'arroger le droit de pouvoir contester la légitimité de telle ou telle différence. Nous n'avons même pas à nous poser la question de ce qu'on tolère ou pas : la différence est et sera , mon intolérance et/ou ma tolérance n'y changera rien....

Par contre, que tel ou tel comportement nous paraisse légitime est une autre histoire, mais il n'est pas à mettre en lien avec tolérer ou pas telle ou telle différence, il est en lien avec ce que je m'autorises et ce que s'autorise l'autre , c'est complètement différent. Tolérer la différence n'est pas la même chose que tolérer le comportement de l'autre, et ça, c'est valable pour le comportement de tout à chacun, qu'il s'agisse de mes proches ou qu'il s'agisse de personne à l'opposé de ce que je suis.
A partir de là, je vous met au défi de pouvoir faire la liste des comportements de tel ou tel groupe et de pouvoir vous dire : je suis d'accord avec tel groupe parce que ses membres font comme ca, ca, ca , ca et ca. Ca n'existe pas ! Aucun membre d'un même groupe adoptera exactement le même comportement....Cela veut donc dire qu'avec chaque personne, se joue toujours cette question de la différence, qu'il faut sans cesse négocier : comment je fais pour gérer les différences avec mon mari ? comment je fais pour gérer la différence avec un SDF dont je n'imagine pas une seule seconde ce dont est fait sa vie au quotidien ?

Vraiment, se poser la question de tolérer la différence est une drôle de question : on le fait tous les jours .....

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Re: La tolérance envers les minorités, envers la différence...

Message par gabriailes » lun. 18 déc. 2017 20:39

katouche a écrit :
lun. 18 déc. 2017 00:14
Tolérer la différence n'est pas la même chose que tolérer le comportement de l'autre, et ça, c'est valable pour le comportement de tout à chacun, qu'il s'agisse de mes proches ou qu'il s'agisse de personne à l'opposé de ce que je suis.
Je pense comprendre le sens de ton message... Et je pinaille sûrement, mais le comportement de l'autre, ne fait il pas ce qu'il est en soi?
D'accord si on parle [edit] d'origine ethnique, le problème ne se pose pas. Mais qu'en est-il des gays, de hp, des autistes, des timides, de tous ces différents comportements? Tolérer le comportement de l'autre, est-ce alors tolérer deux hommes s'embrassant dans la rue ou quelqu'un qui bégaye? Je pense que la tolérance, tordue dans tous les sens possible reste toujours un concept peu efficace aux lisières nauséabondes. Bien sûr j'ai un corps, mais mon identité n'est faite que de mes comportements.

Bien sûr il est question, toujours de ce que l'on peut, individuellement, vivre en collectivité. Je continuerai à penser que la reconnaissance de quelqu'un (et donc de ses comportements parfois obscures) valent mieux que la tolérance lointaine. Accepter sa propre ignorance de l'autre. Parce que bien sûr on ne sait jamais ce que l'on ne sait pas de l'autre. Et plutôt que de tolérer ou non ce que l'on croit connaître - il me semble intéressant de compter sur notre ignorance, de compter avec elle.

Il y a des gens que je n'aime pas, il y a des gens que j'aime et qui m'énervent parfois, il y a des gens que je ne connais pas. Et je sais, sortie d'un concept de tolérance universelle, qu'il m'est intimement impossible d'aimer tout le monde et tout chez une personne. Je ne tolère pas le comportement de celui que j'aime. Il fait partie de l'autre, comme la couleur de ses yeux, au moment où celui-ci agit. Je ne tolère pas, la tolérance est à sens unique - et il n'y a pas une rencontre - intime ou lointaine - qui soit qui puisse se targuer d'être comme la tolérance, à sens unique. Je ne tolère pas le bordel de l'autre ou son manque de ponctualité. Je le reconnais comme faisant partie de lui. Au même titre que sa mauvaise haleine le matin. Et si cela devient impossible - il faudra en parler - et entrer en échange - plutôt qu'en tolérance.



Je ne sais pas si je suis claire ou maladroite, j'essaie tant bien que mal d'éclaircir mon cerveau!

Bonne soirée à vous!

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Re: La tolérance envers les minorités, envers la différence...

Message par katouche » lun. 18 déc. 2017 21:25

Huuummmm, c'est peu être mi, mais j'ai pas tout compris :blond: :huhu: Enfin...par bribes....
Pour ce qui est du comportement de l'autre qui fait ce qu'il est....huuuummmm.....je dirai oui et non ! On a pas le même comportement selon les situations...pourtant on reste le même....mais on a plusieurs facettes et on s'adapte à notre environnement, donc, oui et non. Et ça c'est sans compter l'emulation en groupe, les petits moments ou on peut se faire manipuler, les influences multiples qui influencent nos comportements....La question de qui on est est complexe et il n'y a pas de réponse linéaire, parce qu'en plus de tout ça, on change dans le temps....En bref je dirai que qui on est dépend aussi de l'autre, et on se construit et on se fait perpétuellement avec les autres, et donc, on change en permanence. Je crois que c'est pour ça que plein de personnes cherchent qui elles sont pendant des années lumières....en fait, elle cherchent à savoir si le chat de schrodinger est mort ou vivant :P La question est plus : comment je réagis dans telle ou telle situation ?

Pour le reste euuuhhhhhh, le terme "type racial" me fait carrément peur ! On emploie encore le terme de race ????? Mais tu vas peut être m'expliquer plus tardivement que j'ai rien compris et que non, tu ne pense pas qu'il existe des types raciaux :cheers:

Après, oui, je crois qu'il n'existe pas de tolérance pleine et entière, sinon c'est louche. On a toujours des choses qui nous déplaisent chez l'autre, chez nos enfants, nos amours, nos parents etc....Si la tolérance c'est accepter ce qui nous déplaît chez l'autre alors bah.....pourquoi pas ^-^ Ca me convient comme définition.

Il faut donc à partir de là comprendre que l'intolérance vis à vis d'une minorité voudrait dire que c'est ne pas accepter ce qui nous déplaît chez l'autre....mais quand on ne connaît pas l'autre en question (perso moi je connais pas tous les jumeaux, ou tous les fumeurs de vapotte, ou tous les skateurs etc....) c'est qu'on imagine un comportement chez l'autre avant même qu'il fasse ou dise quoi que ce soit....c'est triste hein ? :blond:

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Re: La tolérance envers les minorités, envers la différence...

Message par gabriailes » lun. 18 déc. 2017 22:14

Pour te répondre simplement. Je m'excuse si je t'ai choquée. Je l'ai utilisée très simplement. Le mot race s'utilise en anglais de manière très courante. Ainsi qu'au canada francophone. Raciser est le processus d’assignation d’une personne à un groupe humain basé sur des critères subjectifs. (vive wiki). Comme nous parlions de cette subjectivité justement, il m'est apparu naturel de l'utilisé dans ce contexte-ci. Et le vocabulaire est riche de violence pour parler des autres.

Si mon message n'était pas clair, je me permets juste de repréciser une chose : le principe de la tolérance n'est pas acceptable, pour moi, parce que justement, par exemple, il racise instinctivement, sépare, divise. Ce contre quoi je me bats. Mais nous ne nous connaissons pas ;) .

Je m'excuse de ma maladresse.
Bonne soirée

Splendide

Re: La tolérance envers les minorités, envers la différence...

Message par Splendide » sam. 23 déc. 2017 01:14

Je rejoins katouche sur son avant-dernier message, en particulier vers la fin où elle semble pointer du doigt la différence entre la minorité, ensemble nébuleux et vague, et les individualités la composant.

A moi, il m'apparaît un énorme problème quant à cette signification de "minorité", car on peut toujours y appartenir dans les statistiques ou y être catégorisé sans pour autant s'y reconnaître. Dans la façon dont j'aborde les choses et les gens, j'aurais plutôt tendance à accepter, tolérer les gens selon leur individualité, leurs caractéristiques personnelles qui font d'elles des personnes atypiques ou "hors-norme" (et même accepter des gens totalement neurotypiques, c'est même plutôt vers ce genre de personnes que je m'oriente) et pas selon leur appartenance plus large à une minorité.

Mais comme l'a souligné katouche, je ne crois pas que le mot "tolérer" soit le mot. Personnellement, le travail que j'essaie de faire avec toute personne que je rencontre, c'est de donner du sens à ce qu'elle me raconte, de connecter des éléments de son discours à d'autres pour que cela ait une histoire et une cohérence, et que je puisse me dire que j'ai "compris". Pas dans le sens où je me sente totalement en phase avec elle, car il s'agirait de partager ses valeurs, voire son histoire. Mais de comprendre conceptuellement, intellectuellement, son parcours de vie.

Ce qui me semble important c'est de comprendre pourquoi les choses chez les gens sont telles qu'elles sont et pas autrement, saisir qu'il y a une logique et un cheminement qui peut se comprendre. Quand quelque chose nous paraît étrange, peu commun ou commode, moralement inacceptable, essayons de nous demander nous seulement ce qui peut amener la personne à agir comme tel, quelle est la cohérence interne à son fonctionnement. Mais surtout, demandons-nous nous assez rigoureusement à nous même ce qui nous active si fort pour éprouver un rejet à une pratique peu commune ?

La "tolérance" ou n'importe quel mot qui pourrait faire l'adage de synonyme se conquiert à chaque instant, il faut lutter contre ce sentiment de rejet qui nous envahit face à l'inconnu. Le problème me semble davantage être une paresse intellectuelle ou une méconnaissance du fait qu'il soit important de comprendre les individus qui nous entourent et plus largement le monde qu'une incapacité conceptuelle à accepter les minorités (puisque le titre du sujet le sous-entend quand même)

Mais il ne faut pas oublier que le travail ne peut pas se faire seulement de notre côté : c'est aux autres aussi de tendre la main, et les minorités elles-mêmes (si tant est qu'on puisse les qualifier de sujet comme la formation de cette phrase le suggère) peuvent nous rejeter par une approche très conceptuelle ou pas assez "radicale" du sujet. En effet, tolérer/comprendre ce n'est pas apprécier, ce n'est pas adhérer, et certains individus sont un peu manichéens : c'est l'adhésion totale à leur histoire et leurs valeurs qui est nécessaire pour entamer une relation avec eux, ou rien ne se créera.

Cath

Re: La tolérance envers les minorités, envers la différence...

Message par Cath » dim. 31 déc. 2017 00:31

Bonsoir,
J'aurais souhaité poser la question dans l'autre sens : pourquoi sommes nous si largement intolérants à la différence ? pourquoi je fais partie depuis toujours de la minorité de personnes qui sont en pleine acceptation des minorités ou différences (dans la limite où il n'y a pas d'agressivité par ces minorités) ? pourquoi d'autres ne peuvent supporter la vision d'un étranger, d'un homo ou d'une personne atteinte de handicap ? c'est souvent la peur qui motive le rejet.
Tolérer n'est qu'une condescendance envers l'autre, différent de nous.
Ce qui devrait être enseigné, c'est que la peur ne rend pas le rejet légitime que ce comportement, n'est socialement pas acceptable. Je ne parle pas de petites différences de caractères, mais bien de minorités habituées à l’opprobre générale concernant l'appartenance sexuelle, ethnique, religieuse...nos sujets préférés pour s'entretuer quoi. (à éviter en fin de repas, en cette période, pour éviter les brouilles familiales).
On ne devrait pas tolérer les intolérants, ce sentiment est indigne de notre humanité.
Un être civilisé doit accepter l'autre et non pas le tolérer, parce qu'il y aura toujours un jour, où son seuil d'acceptation à la différence sera plus bas et ce jour là, il s’octroiera le droit de déborder. Oui, accepter que "ces gens-là" existent que ça plaise ou non, et qu'il n'est pas question de remettre leur existence ou coutumes en cause.
Discriminations, racisme, terrorisme....ces maux poussent sur le terreau de la permissivité collective et la tolérance n'est qu'une frêle barrière pour se faire croire que l'on est charitable.
Il y a bien des lois qui interdisent globalement de manifester sa haine envers la différence. Personne n'a pas le droit de frapper un homosexuel...mais à l'abri du groupe, "on" a le droit de se moquer, le persécuter et lui faire subir des brimades que tout le monde fera semblant de ne pas voir, parce qu'au fond, la différence, ça dérange.
Donc même si individuellement personne n'approuve, collectivement, les faits seront souvent permis. Ils seront permis tant qu'on parle de tolérance.
Mais comme disait Einstein : "il est plus difficile de facile de désintégrer un atome qu'un préjugé".
Merci pour ce débat qui m'intéresse au plus haut point, car je me suis toujours demandé pourquoi il y a des gens viscéralement opposés à toute forme de différence.

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Re: La tolérance envers les minorités, envers la différence...

Message par Dova Miku 7 » dim. 31 déc. 2017 02:03

Il est certain que dans une utopie tolérante on ne verrait tout simplement pas les différences, et il n'y aurait donc pas d'intolérance.

Ceci dit, je pense que beaucoup de personnes sont bloquées dans un modèle de "pourquoi". Qu'il me soit permi d'expliquer le fond de ma pensée : un Homme qui rencontre un Homme différent, a tendance à se demander pourquoi il est différent, comment cela se fait et surtout ce que ça change dans sa vision du monde qu'il en a.
Dans le cas des homo, il va se demander pourquoi être homo, ce que ça change pour lui et pour le monde.
Et la où ça dérape, c'est que cet Homme va vouloir discréditer, insulter et minimiser l'individu différent par peur de devenir lui même quelqu'un de différent. En somme l'hetero intolérant aura peur d'être juste un individu différent du point du vu des homo. Alors il va rendre les homos moins important, en les insultant, pour que seuls eux restent différents, pour que ce qu'il est reste " la normalité". Il a conscience que demain, si on n'est plus intolérant envers eux, ce sera lui, le mec différent.
On aurait du commencer à se méfier quand "intello" est devenu une insulte à l'école...

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Re: La tolérance envers les minorités, envers la différence...

Message par Za » dim. 31 déc. 2017 04:12

Dova Miku 7 a écrit :
dim. 31 déc. 2017 02:03
Il est certain que dans une utopie tolérante on ne verrait tout simplement pas les différences, et il n'y aurait donc pas d'intolérance.
Je ne suis pas sûre que l'idéal soit de ne pas voir les différences, au contraire, mais plutôt de les voir comme quelque chose d'intéressant et d'enrichissant.
On en est d'ailleurs plus ou moins capable en général : côtoyer uniquement des personnes qui nous sont très semblables, c'est sans doute sécurisant, mais quand même, quand quelqu'un arrive avec un peu de nouveau, c'est quand même plus fun, non ?

... ou pas. Ça dépend des gens et de leur aspiration à la nouveauté, sans doute. D'ailleurs ce trait de caractère et son intensité est parfois présenté en psychologie comme une particularité assez innée, il me semble. Mais il est évident que cet attrait pour l'inconnu peut être largement développé par l'éducation. [Et à mon avis le devrait, puisqu'il conduit à l'exploration, et donc au développement des connaissances et du savoir.]

... et je reviens juste sur un point un peu antérieur, mais qui m'a questionnée :
Splendide a écrit :
sam. 23 déc. 2017 01:14
c'est l'adhésion totale à leur histoire et leurs valeurs qui est nécessaire pour entamer une relation avec eux, ou rien ne se créera.
Mais... n'est-ce pas aussi ce que se dit la personne en face ?...

Partant de ça, le problème n'est-il pas plutôt qu'on anticipe toujours la "zone de rencontre" plus proche de nous qu'elle n'est réellement, de la même façon qu'on imagine souvent nos valeurs et nos habitudes comme plus universelles qu'elles ne le sont ? Et qu'on pondère donc largement cette moyenne en notre faveur, sans s'en rendre compte ?
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Re: La tolérance envers les minorités, envers la différence...

Message par Topis » mar. 2 janv. 2018 09:04

Nous évaluons autrui sur la base de nos croyances et de notre biologie, de là : et si la solution était simplement que chacun pense à ses différences propres et leurs agencements, n'aurions-nous pas pour ainsi dire un point commun (celui de la différence) avec cet autre lui-même différent ?

Autrement dit "prends ton prochain comme toi-même" n'est pas une proposition si absurde tant que l'on ne nie pas tous les aspects d'autrui ou que lui-même ne prends pas pour argent comptant une négation partielle pour totale...
Bref, je ne suis pas certain de comprendre la prolifération de termes comme "respect", "tolérance", "rencontre", "minorité" (qui implique déjà une majorité ?) etc. Beaucoup de verbiage pour dire qu'on est tous d'accord pour interdire la pensée unique en fait... :lol:
La "tolérance" ou n'importe quel mot qui pourrait faire l'adage de synonyme se conquiert à chaque instant, il faut lutter contre ce sentiment de rejet qui nous envahit face à l'inconnu. Le problème me semble davantage être une paresse intellectuelle ou une méconnaissance du fait qu'il soit important de comprendre les individus qui nous entourent et plus largement le monde qu'une incapacité conceptuelle à accepter les minorités (puisque le titre du sujet le sous-entend quand même)
Je suis d'accord avec l'idée d'une conquête mais plutôt dans l'idée qu'il s'agit avant tout d'un désir de ne pas céder au vide.
Sur le rejet : et si au fond c'était la honte qui nous poussait à rencontrer autrui tel qu'il est et pas tel que nous le souhaitons ?

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Re: La tolérance envers les minorités, envers la différence...

Message par Bulle d'o » lun. 31 déc. 2018 02:09

J'ai travaillé de nombreuses années à permettre à des personnes issues de bien de différences notoires de vivre ensemble et toutes rassemblées sous des difficultés (multi difficultés) de vie pour un temps ou pour longtemps, ces personnes devaient cohabiter dans des lieux, qui étaient voués à ne jamais être "le leur". Dans le sens où ils n'avaient pas le sceaux de l'espace personnel. Pas de propriété donc, juste "soi".
Alors, lorsque chacun est une minorité, que chacun est différent, que chacun est blessé, que chacun porte une réparation personnelle difficile, comment gère t on le groupe?

Je n'ai aucune crainte de la différence, née avec et née dedans, ayant grandit dedans même, l'étrange m'est plus naturel que le normé. Ainsi donc, je pense avoir été vecteur de rapprochement et je n'avais qu'un mot pour traduire toutes ces tentatives, je disais "regardez vos ressemblances".

En voyant ce qui est commun en nous, on atténue les peurs : du handicap, de l'étranger, de l'étrange, de la différence culturelle (mais quelle est elle bon sang???), de la maladie psychique et on se trouve chacun des actes héroïques personnels, chacun notre moment de gloire, et chacun finalement son apport à l'autre... Pour un temps.

Savez vous combien de cultures ont en commun le fait de rassembler la famille pour manger dans la joie... la sardine, par exemple?

Passés ces moments de partage en impromptu, chacun se retrouvait de nouveau en "bon ennemi" mais ils ne pouvaient plus jamais complètement ignorer qu'ils avaient œuvré un petit temps, ensemble.

La minorité n'existe que parce qu'on cherche à observer la différence en oubliant TOUT les nombreux points communs : physiologiques, culturels, émotionnels...

Qu'on me demande de tenter cela encore 60 ans, tisser ce commun, que je le ferais encore volontiers car pour moi, cela est une des sources principales de regards positifs sur l'être humain que je peux continuer de porter.

La tolérance c'est pour moi, en tout état de cause, chacun en fonction de son état émotionnel, le premier pas de l'acceptation de la différence. Si ne pas pouvoir faire le pas de côté qui permettrait de rencontrer, tout au moins laisser à l'autre un espace propre de liberté et ne pas l'envahir de nos craintes à son égard. Je suis donc foncièrement pour, soit dit en passant.
"Je ne communique pas mes jugements, je ne suis pas un donneur de leçons, l'observation du monde ne suscite chez moi qu'un dialogue intérieur, un interminable dialogue avec moi-même."

Les désorientés (2012) de Amin Maalouf

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