Dans ma présentation j'indiquais que j'ai commencé à me poser des questions sur mon fonctionnement pendant une psychothérapie entreprise voilà deux ans.
Jusque là je m'étais toujours sentie idiote, décalée, torturée et incomprise, donc pas à ma place (oui, rien que ça !) Et puis, au-delà de l'aspect thérapeutique de ce travail, je crois que d'un coup, j'ai été stimulée comme jamais. Je peux vous dire que ce n'est pas facile à vivre... Mais peut-être fonctionnez-vous de la même façon ? Dès que j'élabore une hypothèse, j'en ai 10 autres qui me viennent en tête, souvent contradictoires entre elles mais toujours logiques et crédibles
La première fois que je me suis vraiment posé la question, je faisais des recherches sur Internet sur l'hypersensibilité, car je me trouvais vraiment trop réceptive et réactive (émotionnellement surtout, je ne pensais pas être différente sur le plan sensoriel, et pourtant..). Le site sur lequel je suis arrivée faisait la connexion avec le haut potentiel intellectuel. J'ai lu quelques autres sites et puis c'est tout.
Ensuite, c'est une amie psy qui m'a dit que la question se posait dans mon cas (sans que je lui parle de mes recherches). Et là, ça a été le drame, il a fallu que je lise tout ce que je pouvais, "pour voir", pour "être sûre". J'ai donc avalé les ouvrages les plus connus (et reconnus) sur le sujet. Et au final...
J'ai évoqué la question avec mon psychologue, mais il n'a pas vraiment rebondi, en me rappelant qu'il ne fallait pas chercher "d'excuses" (ce ne sont pas ses mots mais je les ai interprétés comme ça). Transfert et complexe d'infériorité obliges, je me suis sentie honteuse et n'en ai plus jamais parlé (si, en réalité, mais à demi-mots, en tournant autour du pot). Il m'a dit à plusieurs reprises que j'étais très intelligentes, mais jamais n'a été posé le terme "haut potentiel", et moi j'étais toujours perdue dans mes questionnements si viscéraux...
Et puis, il y a quelques jours, la question revenant sans cesse dans mon auto analyse, j'ai enfin osé lui posé la question franco (sans majuscule). Pour réponse, j'ai eu un sourire amusé et "vous en doutez encore ?". Je n'ai pas su quoi répondre. Quoi ? Donc oui ? Mais pourquoi il ne m'a rien dit ???
Le contexte étant posé, j'en arrive à l'objet de ce post
Dans ma vision des choses, et si je suis réellement "douée" (je n'ai pas encore choisi mon terme favori...), c'est une donnée très importante à prendre en compte. Parce que certaines caractéristiques peuvent expliquer bien des choses sur lesquelles je ne progresse plus depuis des mois. Pourquoi rechercher une personne avec qui partager des choses très fortes par exemple, moi qui n'ai que peu d'amis, pourquoi être submergée par les belles choses, à telles points qu'elles finissent par me rendre triste si je ne peux pas les partager. Pourquoi avoir souvent cette sensation de montée en tension (positive parfois), qui explose et me met à terre quand le besoin de savoir que quelqu'un d'autre peut les vivre de la même façon n'est pas satisfait ?
Je me demande, si les HP sont si spéciaux dans leur fonctionnement, un "###mornopensant###" peut-il vraiment les comprendre et vraiment les aider ? Le psy aura beau pratiquer l'écoute bienveillante et empathique, si au fond de lui il se dit que son client est cinglé ou trpp torturé, j'ai du mal à croire qu'il puisse vraiment l'aider.
Et aussi, dans mon cas, depuis que ce diagnostic a été posé (je reste prudente car je n'ai pas passé les tests), alors j'ai le sentiment d'avoir perdu du temps et que cette donnée aurait du être prise en compte dans ma thérapie. Je compte bien parler de tout ça à mon psychologue, car je crois qu'il faut travailler sur cette déception. Mais au-delà de ça, je me demande si je ne devrais pas m'orienter vers une autre personne. Sachant que l'alliance thérapeutique fonctionne très bien actuellement et que j'ai beaucoup d'estime pour le travail de cette personne qui me suit. Mais....
Qu'en pensez-vous ? Au-delà de cette interrogation personnelle, je trouve le débat assez intéressant...
Merci pour votre lecture et désolée pour le pavé