Quelques (très) modestes réflexions à propos de la beauté et de l'intelligence.

l'Humanité, L'Existence, la Métaphysique, la Guerre, la Religion, le Bien, le Mal, la Morale, le Monde, l'Etre, le Non-Etre... Pourquoi, Comment, Qui, Que, Quoi, Dont, Où...?
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Swinn
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Quelques (très) modestes réflexions à propos de la beauté et de l'intelligence.

Message par Swinn » ven. 30 nov. 2018 12:33

Il en est pour moi bien des similitudes entre la beauté plastique d'une personne et l' intelligence.
Je parle ici de la beauté pure et objective, celle croisée par hasard sans aucune préméditation au détour d' une rue ou d' un événement social. Il ne s' agit pas de beauté sublimée par du charme ou de l' humour par exemple.

Nous sommes bien d' accord que la beauté est une question culturelle dont les critères correspondent à ceux de leur époque, même si la réputation de certaine beautés ont traversé le temps,Phryné, Cléopâtre , la Marquise de Montespan , Marylin Monroe pour en citer quelques exemples emblématiques.
IL est interessant de constater que, avec l'avènement d'internet, si la temporalité des critères de beauté perdure, la géographie des critères de beauté elle semble s' estomper. La mondialisation uniformise les standards de beauté, Instagram et Snapshat notamment, avec ses quelques filtres grâce à leur filtres embellissent de la même façon des femmes et des hommes du monde entier. Un article interessant ici sur la chirurgie esthétique destinée au modelage du visage à l'image des ses plus beaux selfies.

La première similitude est l'impossibilité de la définition. Platon parle d' un caractère universel, Kant parle de plaisir, dans mon immense vanité je parlerai de désir mais nous sommes bien d' accord, il n' y a rien de totalement satisfaisant et de complet dans ces définitions.
Elle existe bien quelque part cette beauté si insaisissable. Nous savons tous reconnaître l'intelligence ou la beauté lorsqu'on la croise, mais pourtant chacun d'entre nous serait bien en peine d' en donner une définition exacte et définitive.

La deuxième similitude se retrouve dans sa répartition sous forme de courbe gaussienne, certes ce n' est pas très dur, la loi normale étant générale. Si cela est scientifiquement vérifié concernant l' intelligence, et bien qu'il n' existe pas à ma connaissance d'outil mesurant un Quotient de beauté ( QP ) il ne fait aucun doute que la beauté objective à défaut d'universelle suit la même répartition, pourquoi en serait il autrement ? Quand je regarde autour de moi dans la rue ou le métro, la plupart des gens ont une beauté banale, non remarquable, parfois je vois de belles femmes ou de beaux hommes, mais exceptionnellement je vois des personnes possédant une beauté fracassante.
Pour l' anecdote, cela m' est arrivé 3 fois dans ma vie, 2 femmes et un homme. Pour l'un de ces visage croisé il y a plus de 35 ans je me souviens encore de chacun de ses traits et du choc ressenti en le croisant.


Comme l'intelligence la beauté est résultante d'une part innée et d'une part acquise. Difficile ce nier l'apport des gènes dans ce qui constitue un des éléments les plus personnelles et intimes d'une personne , son apparence extérieure, la forme de son corps et les traits de son visage,.
Difficile également de nier que si un potentiel d'intelligence est fixé dès le départ et peut s' exploiter, il en est de même pour la beauté. Les efforts fournis pour se conforter aux canons de la beauté, le temps consacré, le budget investi permettent de développer et exploiter un capital initial plus ou moins important. Je le reconnais, c' est peut être sur ce point que la corrélation est la moins moins forte.

L'intelligence comme la beauté , jusqu'à un certain point peuvent être vecteur de d'ascension sociale.
Un QI de 120 / 130 permet de réaliser des études supérieures de même qu'une personne dont la beauté se situerait dans la même partie de la courbe se verrait favorisée lors d'un entretien d' embauche par exemple.
Néanmoins, c' est là que ça devient interessant, une beauté trop manifeste discrimine, par crainte, jalousie et de suspicion. Une femme trop belle à un poste élevé souffrira d'imposture il ne lui sera jamais totalement et malheureusement accordé d' avoir obtenu son poste uniquement grâce à son mérite et ses qualité professionnelles.
Comme le dit cet article ,les clichés ont la vie dure.
Je connaissais une très belle femme qui avait ouvert un magasin de vêtements pour enfants. Sa boutique a fait faillite rapidement. Ce n' était pas une question de compétences ou de gestion, seulement d' apparence.
Les femmes m'expliquait-elle, n'osaient pas y rentrer, ne supportant pas la comparaison avec elles même. Les hommes, quant à eux, étaient soupçonnés d'entrer dans sa boutique pour de coupables raisons. C'est la beauté de cette femme et rien d'autre qui a finit par trop intimider et fait fuir les clients.

Enfin la très grande intelligence comme la très grande beauté isole. Certaines femmes très, voir trop belles,très ou trop belles se plaignent de ne pas pouvoir avoir de relations sincères avec, leur plastique créant systématiquement un filtre entre elles et leur interlocuteurs, rendant superficielle et biaisée toute amorce de relation.

Muriel Moreno, chanteuse du groupe Niagara dans les années 90, beauté de l'époque, a souffert de sa beauté elle l' a dit dans une interview qui a été supprimée de YT, plus loin on pourra citer Marylin Monroe encore elle, dont on ne pourra pas affirmer que c' était une femme heureuse, même si la raison de son suicide n' était pas sa beauté en soi. Je cite ces exemples de mémoire, il n' existe que peu d' exemples célèbres expressément cités, la beauté étant rarement évoquée " malédiction " et je voudrai éviter des poster des vidéos issus d" émissions style Confession Intime, où la beauté des intervenantes, n' est que très relative.
Il est difficile de considérer systématiquement cette plainte comme une caprice de petite fille trop belle.
Pour une oreille extérieure, il peut paraître aussi insupportable d' entendre dire : je suis trop beau ou belle ça me rend malheureux, que d' entendre dire, je suis trop intelligente, cela me rend malheureux. Nous sommes nombreux ici pourtant à comprendre intimement la deuxième proposition.

Finalement, à l'instar de l'intelligence la beauté est tyrannique. On sait combien la dysmorphie peut rendre malheureux, on connait tous les abominables ratée de la chirurgie esthétique de Jocelyn Wildenstein en est un exemple des plus frappant , et plus douloureusement les problèmes liés à l' anorexie.
L'intelligence ne serait elle pas également un tyran avec son coté sombre le perfectionnisme dont il est bien difficile de se s' éloigner et qui inhibe parfois de façon maladive toute prise de décision et toute avancée.

Ce qui m' amuse dans cette comparaison entre la grande intelligence et la grande beauté c'est leur nature a priori inconciliable. Autant l' intelligence fait appel à des notions savantes, nobles, sérieuses, complexes, autant la beauté ne rapproche qu'à des choses futiles, légères et sans conséquences tels que des mannequins de publicité ou des concours de Miss Univers.
Pourtant la beauté des femmes ( plus que des hommes il est vrai même si entre Apollon et Narcisse la mythologie grecque en fournit deux beaux exemples) a toujours été une source d' inspiration majeure dans l' histoire des Arts.

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Re: Quelques (très) modestes réflexions à propos de la beauté et de l'intelligence.

Message par TourneLune » ven. 30 nov. 2018 13:02

Parce que la beauté ne concerne que les femmes?
Ou juste ses inconvénients?
"Tout ce qui ne me tue pas me rend plus fort". C'était une connerie. Du moins dans son acceptation banale et contemporaine. Au quotidien, la souffrance n'endurcit pas. Elle use. Fragilise. Affaiblit. L'âme humaine n'est pas un cuir qui se tanne avec les épreuves. C'est une membrane sensible, vibrante, délicate.
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Re: Quelques (très) modestes réflexions à propos de la beauté et de l'intelligence.

Message par Swinn » ven. 30 nov. 2018 13:25

La beauté concerne tout le monde.
Bien que sensible à les beauté des hommes je remarque plus celle des femmes, d'où le fil plus écrit au féminin que au masculin si j'ai bien compris ta question.
La beauté n' est pas une affaire de sexe, aussi ses avantages comme ses inconvénients s' appliquent à toutes et tous.

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Re: Quelques (très) modestes réflexions à propos de la beauté et de l'intelligence.

Message par Adena » ven. 30 nov. 2018 15:20

J'avoue que certaines assertions me font un peu tiquer tant elles sont la conséquence non pas d'une grande beauté mais de la discrimination liée à la sexualisation et objectivation extrême du corps de la femme dans l'espace publique. Je n'imagine pas que les anecdotes de la personne fermant un commerce pour cause d'intimidation plastique ou de l'éternel suspicion de promotion canapé fonctionne très bien au masculin. Ce sont des injustices sexistes et ne pas le nommer rend l'analyse vide de sens.
La conclusion associant beauté à superficialité/préoccupation sans intérêt, ce qui entraîne un divorce des représentations entre beauté et intelligence est un peu la cerise sur le gâteau puisque l'image de la charmante idiote est certainement un classique des violences sexistes symboliques à l'égard des femmes. Il faut être désirable, "prendre soin de soi" pour être validée mais alors on est considérée comme futile...les joies des injonctions contradictoires. Je vois bien que cela est dit ici d'une manière non insultante et que tu ne penses pas ça, mais ce sont tout de même les implicites auxquels tu fais référence. L'essai "Beauté fatales, les nouveaux visages d'une alienation féminine" de Mona Chollet explore très largement cette problématique.

Edit : Pour ce qui est du fond du propos, je dirai que cela est vrai de tout attribut extrême. En tant qu'animaux sociaux, j'ai le sentiment que nous avons tendance à favoriser la norme comme vecteur d'insertion et comme référence de ce qui est "désirable". Les bébés préfèrent regarder des visages moyens à de beaux visages, par exemple ! Etre situé à un extrême de la courbe de Gauss, à gauche comme à droite et quelque soit l'attribut mesuré est une situation d'exclusion potentielle et génère un vécu d'isolement, de particularité à sa façon. Certains facteurs sont actif(-vables ) par l'individu et plus facilement dissimulables (des habiletés visuo-spatiales par exemple) d'autres, notamment les caractéristiques physiques, sont passives et soumises d'emblée au jugement de la communauté. Ce que cela implique pour l'individu est fortement lié à la manière dont la caractéristique est perçue dans la communauté et c'est pourquoi il me parait pertinent de souligner que la beauté des femmes est soumise à des enjeux de pouvoir et de domination tels qu'on ne peut pas analyser ce facteur sans prendre cela en compte.
S'il y a autant de neurones dans un cerveau que d'étoiles dans la galaxie, on a pas fini d'avoir des idées brillantes !

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Re: Quelques (très) modestes réflexions à propos de la beauté et de l'intelligence.

Message par PointBlanc » ven. 30 nov. 2018 16:35

(Le sentiment d'imposture des belles personnes - qui doivent avoir une conscience assez claire, pour vivre dedans, du fait que leur corps n'est que cela, un corps, un sac de peau et d'organes, et qui dans le même temps ne peuvent que constater l'effet que ce corps produit sur autrui - me semble, s'il existe, assez similaire au sentiment qu'éprouve celui qui se sent incurablement stupide en dépit de tout ce qu'il montre.)
Vous qui vivez qu'avez-vous fait de ces fortunes ?

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Re: Quelques (très) modestes réflexions à propos de la beauté et de l'intelligence.

Message par Miss souris » ven. 30 nov. 2018 17:10

Merci pour le conseil de lecture, Adena.
Ce que tu dis Point Blanc, sur l'intelligent qui se sent stupide, me fait penser à l'interview du mannequin sublime qui explique que ses pieds sont laids. (Ils sont juste normaux... elle a des critères plus exigeants pour tout le reste. Qui est sa norme.)
Ce fil va me rendre plus tolérante envers les gens beaux. :)

Dans le même genre Carla Bruni avait dit il y a longtemps qu'elle aimerait avoir une fille, pour "être délivrée du fardeau de la beauté". Là, par principe, je rigole grassement, pauvre petite fille riche...mais il y a peut être de la sincérité là dedans. Et si je suis ma réflexion, même ma tante qui fait une crise de nerf parce que le Pleyel ne passe pas par la fenêtre de son nouvel appart' (là aussi je rigole grassement) est sincère, et souffre pour de vrai...
J'en conclus que sincère ne signifie pas sympathique. Que vu de l'extérieur cette souffrance (ou cet inconfort, suivant le degré) n'est pas transmissible/explicable. Et que les gens qui souffrent de leur trop grande intelligence n'ont peut être pas intérêt à le mentionner en public...Si j'en juge par le parallèle avec la beauté, le risque d'incompréhension est grand.

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Re: Quelques (très) modestes réflexions à propos de la beauté et de l'intelligence.

Message par Loupiotte » mar. 4 déc. 2018 19:07

http://www.slate.fr/story/170763/pamela ... es-sexisme

Un article qui illustre très bien les propos de ce topic et notamment le post d'Adena sur les violences sexistes à l'égard des femmes. En gros, si on a commencé sa carrière comme bimbo, on ne peut pas se reconvertir et défendre de nobles causes. A noter que les hommes ne sont pas concernés par ces discriminations puisqu'on accepte très bien les prises de positions politiques d'acteurs comme Arnold Schwarzenegger (gouverneur de Californie, quand même !) , Leonardo Di Caprio ou George Clooney.

Il n'y a sans doute pas que la beauté qui entre en ligne de compte et les belles femmes sont bien plus discriminées que les hommes.

Sinon un petit ajout personnel sur la comparaison entre beauté et intelligence : si nous nous penchons du côté des mythes antiques, on peut voir une similitude dans les destins de personnes "trop" belles ou "trop" intelligentes.
On peut penser au mythe de Dédale, cet inventeur génialissime retenu prisonnier par Minos, roi de Crète et qui perdit son fils tragiquement lors de leur fuite. Son génie, si convoité, l'a condamné à une vie solitaire et pitoyable.
Il y a aussi cette légende qui veut que les architectes construisant des édifices labyrinthiques pour des souverains soient tués par ces derniers à la fin des travaux afin que personne ne puisse connaître le secret de ces merveilles.
Côté beauté, comment ne pas penser à Hélène de Troie qui ne cesse de déplorer les morts funestes que sa beauté engendre sans pouvoir rien faire, comme une sorte de fatalité ? Elle le rappelle à la fin de l'Iliade, lors des funérailles d'Hector, le seul à l'avoir comprise, elle que "tous regardent avec horreur". (On notera le paradoxe entre sa légendaire beauté et le sentiment d'horreur inspiré).
Miss Souris l'a très bien dit : une plainte sincère ne veut pas dire qu'elle rend sympathique celui qui l'émet !
Et comme le disait Swinn, il y a aussi le mythe de Narcisse mais dans ce cas, c'est plutôt l'absence de compassion et d'empathie de ce dernier pour autrui qui pose problème. En effet, Narcisse dédaigne aussi bien les hommes que les femmes et n'a jamais une parole réconfortante pour eux alors que ces êtres peuvent littéralement mourir d'amour pour lui. Sa beauté n'est pas une source de plainte de sa part, elle l'est pour les autres qui sont rejetés (bande d'envieux !). D'où cette malédiction : tomber amoureux de son reflet afin de ressentir les mêmes tourments que ceux qui se languissent pour lui.
Dans ce dernier cas, je dirais que c'est sa beauté qui l'a rendu... narcissique :) Trop sûr de sa supériorité, il n'a pas besoin de se mêler aux autres. Ovide attribue ce défaut à son éducation car sa maman, (oui, quoiqu'on en dise, c'est toujours de leur faute !) trop admirative, lui a toujours répété depuis la naissance qu'il était le plus bel être que la terre ait porté. A force, ses chevilles ont gonflé !

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