Quand est-on juste dans ses opinions?

La partie consacrée à la Santé dans sa globalité. Principalement la psychologie, psychologie sociale, la psychiatrie, les troubles de l'humeur, de la personnalité, les handicaps, l'autisme...
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truth seeker
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Quand est-on juste dans ses opinions?

Message par truth seeker » ven. 14 sept. 2018 00:51

Bonjour à tous !

Je voulais vous partager une théorie que j'ai mûrement écrite suite à des problèmes qui me rongeaient, en particulier lorsque je ne cessais de crouler sous le doute d'être juste dans mes opinions dans la vie de tous les jours. Je ne sais pas si j'aurais du poster ça en philosophie, cela reste bien dans le domaine de nous et notre façon de penser/vivre. Toujours en est-il que la rédaction de cette théorie et sa solide remise en question m'ont permis de dépasser un stade d'instabilité psychologique assez insupportable qui peut être le votre, la peur du doute d'un jugement incorrect. Sans perdre plus de temps, voici l'idée :

Quand tu penses à quelque chose, quand tu te mets à réfléchir, tu vas prendre en compte un certain nombre d'éléments, voir les choses d'un certain point de vue. Tu peux développer des idées, y penser, les écrire, te plonger dedans. Tu peux alors développer une idée triste, et te retrouver à déprimer, tout comme tu peux développer une idée joyeuse et rire. Tu peux réfléchir des années à cette idée triste comme des années à cette idée joyeuse et sourire ou pleurer pendant des années. Dans ce cas alors, si tu devais faire un choix de vie, ou décrire la vie en elle-même, ton opinion sera influencé par si cette idée que tu approfondissait était triste ou joyeuse.

Supposons alors que tu regardes une série assez triste. Tu te mets à la place des personnages et à la fin de la série tu te retrouves à te dire "qu'est ce que la vie est triste". De même, en regardant une série émouvante, tu diras à la fin que la vie est magnifique. Cela peut jusqu'alors paraître normal, cependant, entre ces deux cas, tu peux totalement changer d'avis sur quelque chose (ici, si on devait te demander à décrire la vie, tu aurais beau prendre du recul, tu seras influencé par si cette série est la joyeuse ou la triste). Tu peux alors à la fin de la série triste vouloir fonder une association qui vise à aider à rendre la vie moins triste, et, en regardant ensuite la série joyeuse, te rendre finalement compte que tu trouves la vie joyeuse et que tu n'as pas besoin de créer cette association. Ce que je veux mettre en lumière ici, c'est que tu peux totalement changer d'avis selon si tu regardes la première série ou la seconde. Ce que tu te diras donc à la fin de cette série joyeuse, c'est "merde, au final est-ce que je dois la faire ou pas, cette association? Quel point de vue je dois adopter pour déterminer si je dois la faire, sachant qu'à un moment je suis persuadé que oui et à un autre que non? Quel est le point de vue juste?".

C'est cette question qui est étonnante. Si on généralise en diversifiant les exemples, on peut penser quelque chose le matin en se réveillant et penser quelque chose de différent sur le même sujet le soir, puis repenser la même chose qu'avant le matin. Pourtant, on sera persuadé de penser ce qui nous semble juste le matin, tout comme on le sera le soir et on le sera à nouveau en retrouvant la pensée du matin. Ce qui dérange alors, c'est se dire "mais alors, quand est-ce que je suis juste? Quand est-ce que ce que je pense n'est pas influencé et(/ou) est réellement le fond de ma pensée?". Et, à force de constater cela à répétition, à force en regardant des œuvres qui mettent dans des points de vue différents, cette question revient souvent, et devient virale : quand est-ce que je peux savoir si je suis juste?

Ce qu'il m'est donc arrivé à conclure, c'est cette théorie du fractionné. Ce que j'ai supposé, c'était que la vie était comme un énorme ensemble complexe d'idées et d'informations. Évidemment, si on essaie de prendre en compte absolument tout de la vie quand on pense à quelque chose, on va forcément se louper, parce-que cela fait beaucoup trop d'informations. Ce qu'il se passe donc, c'est que notre point de vue est défini comme un cadre qui contient des élément de cet ensemble d'idées qu'est la vie. Dans la vie de tout les jours, le cadre est centré sur des préoccupations quotidiennes, on prends en compte que ce dont on a besoin pour les réflexions du quotidien, on ne se casse pas du tout la tête mais si on veut penser à autre chose il va falloir changer de contexte et faire varier ce cadre, que je définis comme notre champ de vision, notre point de vue. Quand alors on se met à la place de quelqu'un dans une situation particulière, triste ou joyeuse qu'importe, ou si on se lève le matin avec un mal de crâne, comme si on rentre du travail le soir fatigué, ce cadre aura donc varié et on sera dans un cadre de réflexion différent. Les idées que l'on prend en compte en réfléchissant seront différentes dans chaque cas, et on arrivera donc à des conclusions potentiellement différentes. Il nous peut donc arriver de penser une chose le matin, et vu qu'on aura changé de point de vue le soir, de contexte de réflexion, d’état d'esprit, on pourra penser autre chose du même sujet, sans pour autant que cela ne décrive d'évolution de réflexion dans la journée car on repensera la même idée du matin le matin suivant.

Selon donc cette théorie, ce qui serait un jugement juste, serait un jugement qui prend tout en compte, cependant comme je le présentais, cela semble impossible. On n'a pas plus raison le matin que le soir, on aurait raison en alternant successivement les deux points de vue pour avoir les deux états d'esprit "opposés" en même temps. Peut-être alors en regardant successivement ainsi les deux séries l'une triste l'autre émouvante, on commencerait à élargir notre compréhension d'être biaisé dans nos pensées.

Il y a enfin quelque chose à noter : lorsque nous sommes dans un état de pensée particulier, suite à un évènement ou quoi, si on retourne à nos occupations habituelles, on va peu à peu retourner dans un point de vue dit "classique du quotidien". Il y a cependant quelque chose de puissant qui semble pouvoir nous replonger rapidement dans d'autres cadres de réflexion : les musiques. En effet, écouter une musique qui fait référence à une situation particulière, dirige rapidement le cadre de ce qui est pris en compte vers les idées correspondantes. Écouter une musique émouvante qui fait référence à cette série émouvante, ça rappelle et ramène rapidement au point de vue que l'on avait après l'avoir vue. De tels éléments de contrôle pourraient permettre de se diriger vers des points de vue opposés pour essayer de décrire d'un point de vue global quelque chose, qui serait une version qui tend vers le juste, de cette chose. Dans la vie de tous les jours, il ne faut donc pas oublier, que l'on ne prend en compte qu'un nombre limité de choses.

N'hésitez pas à me donner vos avis :)
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Re: Quand est-on juste dans ses opinions?

Message par Dark Vadrouille » ven. 14 sept. 2018 07:49

Nos opinions ne sont que la somme de bouts de vie en bouts de vie. Nous ne sommes que notre expérience le tout régulé par nos émotions.
Ce n'est pas pour rien que l'on dit que l'homme est irrationnel d'ailleurs.

Dans un autre axe, j'ai vu récemment une vidéo de "science étonnante" il me semble qui traitait du libre arbitre. Il serait possible que nous n'ayons aucun libre arbitre. L'étude portait sur des patients à qui l'on demandaient de faire ou non une action selon leur volonté propre. L'étonnement fut de voir qu'un signal électrique était émis je ne sais plus où dans le cerveau bien avant la prise de décision.

Après on peut interpréter ce résultat de bien des manières. Pour ma part j'aime dire que l'humain est une machine très complexe.

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Re: Quand est-on juste dans ses opinions?

Message par Dova Miku 7 » ven. 14 sept. 2018 10:20

Oui j'ai lu un article là dessus dans un vieux sciences&vie. Ça traitait du fait que le cerveau a déjà calculé la faisabilité d'une action bien avant qu'on l'a fasse, et ça remettait en question d'une le libre arbitre et deux la notion de personnalité.
Pour revenir au sujet initial, je pense que le proverbe "la nuit porte conseil" peux signifier en ce cas que c'est le matin que l'on est le plus à même de prendre du recul, parce qu'on est réinitialisé dans nos pensées. Pendant un court instant, on a oublié la série, les influences extérieures, et on pense juste (si on considère que pour être juste, il faut justement ne rien prendre en compte).
Si on pouvais TOUT prendre en compte, et si tout le monde le pouvait, y aurait il encore une pensée individuelle ? Ou serions nous tous amené, par la communauté des influences, vers une pensée collective ?
On aurait du commencer à se méfier quand "intello" est devenu une insulte à l'école...

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Sanael
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Re: Quand est-on juste dans ses opinions?

Message par Sanael » ven. 14 sept. 2018 11:51

Je pense qu'il est important de souligner que premièrement nos pensées ne sont pas vraiment nos pensées. Elles sont le fruit de dizaines de milliers d'années d'évolution de notre cerveau et de notre espèce.

Ensuite, un jugement est le résultat de nos préjugés sur une situation et de notre expérience antérieure. Enfin c'est comme ça je l'identifie. Forcément, nous sommes amenés à changer d'avis au cours de notre vie, et même au cours de notre journée, cela m'arrive souvent. Ce n'est pas grave, et je ne pense pas que ce soit relatif à une quelconque instabilité psychologique. Je vois plutôt ça comme une capacité à se remettre en question et je m'entends souvent dire - dans ma tête au grand dam de mes proches - que j'ai tord.

Donc avoir un jugement qui n'est pas juste n'est pas une mauvaise chose, bien au contraire. Si tu pensais que tes jugements sont toujours justes, là tu as un problème je pense ^^' (Bon en vrai, ils sont justes au moment où tu les formulent, mais au moment où tu réalises que ce n'est pas le cas, ils ne le sont plus, suis-je clair?)

En revanche, ce qui est sûr, c'est que nos pensées font qui nous sommes. Tout est une question de "mindset". Lorsque je broie du noir, c'est en général parce que je me trouve nul ou que je trouve que la vie est nulle. Je suis évidemment d'accord avec le fait que nous sommes conditionnés par le contenu que nous ingérons.

Je me souviens avoir entendu parler d'une expérience (désolé pour l'approximation dans cette réponse) où l'on avait donné à un groupe de personne un café froid et à un autre un café chaud dans la rue. Un des "enquêteurs" était ensuite allé à leur rencontre quelques secondes plus tard. Plus de 70% (de mémoire c'est plus, mais je n'ai plus les chiffres exacts en tête, alors booon) des personnes ayant reçu un café chaud ont décrit cette personne comme étant chaleureuse, agréable, alors que 70% (idem) des personnes qui ont eu un café froid ont décrit cette personne comme étant froide, fermée et désagréable. U get the idea ;)

(Pour cette expérience, je vous laisse vous référer à l'épisode de AskGaryVee où Gary Vay Ner Chuck interview Anthony Robbins, je suis au travail et je n'ai pas mon casque, je ne peux donc pas réécouter ce passage aaah)

Je pense que nos jugements sont justes lorsque nous les formulons et jusqu'à ce que nous les remettions en question.

J'aime bien ce genre de discussions héhéhé

Je pense très clairement que nous sommes dans un système de pensée collective. Aucun être humain ne se construit tout seul. Nous sommes influencés partout et toujours.

Par nos parents, l'école, notre environnement (on est la moyenne des 5 personnes avec qui nous passons le plus de temps), la musique que l'on écoute, les livres que l'on lit et toutes nos expériences personnelles.
Je ne sais même pas si le libre-arbitre existe vraiment, je pense que nos choix sont déjà 'programmés'. L'être humain reste un être basique, bien qu'il soit complexe pour nous.
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truth seeker
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Re: Quand est-on juste dans ses opinions?

Message par truth seeker » ven. 14 sept. 2018 14:21

Merci pour vos réponses.
J'ai déjà réfléchi justement à l'idée que notre personnalité, nos opinions et nos choix ne soient presque que le résultat de notre expérience (école, environnement, etc), et j'ai étendu l'idée pour penser si la justice punissait bien les choix d'une personne et non la punissait pour l'environnement qui l'a construit. Mais bon, développer ça mériterait encore un autre sujet !

Pour le libre arbitre, j'avais vu la vidéo de Science étonnante et je garde un certain recul étant donné que les infos sont encore maigres. C'est du conséquentialisme pur et on a vu en philo que ça n'était pas vraiment une explication idéale. (idem, ça prendrait un sujet à expliquer).

Après, ce sont de nombreuses réflexions mais je n'est pas l'impression de base qui m'a fait écrire cette théorie. En fait, ce qui me mettait dans ce que j'appelle une instabilité psychologique, c'est que comme je l'explique, un moment je prends parti pour une idée, le moment d'après, étant dans un environnement différent, je change d'opinion. Au final, pour le pousser à l'extrême, je trouvais la vie elle-même effrayante et triste, puis le lendemain absolument magnifique. Le problème, c'est que c'était pas juste des impressions sur le moment, je me posais vraiment pour penser et rendre mon point de vue réfléchi. Donc je déprimais à mort un jour et le lendemain je pleurais de rire quoi, en pensant à la vie dans sa globalité. Mais je sentais que je ne faisais que me mentir sans cesse car il y a forcément un des deux comportements qui ne reflétait pas bien la vie. Donc je ne savais pas que penser, et ça devenait impossible à vivre. Me dire que mon avis sur le coup je pourrais avoir le contraire sous d'autres environnements, mais surtout, revenir à celui d'avant en revenant à l'environnement d'avant ! Autrement dit je me trompe sur tout. C'est pour ça que j'ai déduit cette "théorie du fractionné".
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Re: Quand est-on juste dans ses opinions?

Message par dani » ven. 14 sept. 2018 14:22

Il ne faut pas rechercher la « justesse » , elle n’existe pas, mais la « conscience » , et ton questionnement va dans ce sens, elle mène à une subjectivité moins naïve et force à plus d’humilité et de tolérance. On se juge moins et on juge moins les autres avec cette conscience qui s’élargit, on s’ouvre à d’autres points de vue et on peut prendre des décisions plus pertinentes en regard du contexte (Je n’aime pas le terme de juste, qui est trop dichotomique)

Édit : pour rejoindre de plus près ton questionnement sur tes changements d’humeur vis à vis d’un sujet c’est une étape fondamentale : bientôt cela sera moins perturbant car tu auras apprivoisé ce qui semble te toucher beaucoup, tu passes d’un extrême à l’aure puis je pense que tu finiras par trouver un point de vue plus nuancé et tu renonceras à être « juste », ce n’est pas important, juste être à peu près cohérent avec toi même en regard de ton environnement
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Re: Quand est-on juste dans ses opinions?

Message par Twokicks » sam. 15 sept. 2018 03:03

Je trouve le sujet passionnant.

J'ai eu une époque avec le même genre de questionnement : En gros j'ai vécu également assez mal, comme toi si j'ai bien compris, une période pendant laquelle je pouvais avoir une opinion le matin et en changer l'après-midi en fonction du sens du vent, ce qui m’a perturbée dans un premier temps. A cette époque, lorsqu'on me demandait de me définir, le premier et seul mot qui venait à l’esprit était « changeante ». Comme si je n’avais pas d’autre choix que de bizarrement retourner ma veste en fonction des situations vécues, ce qui, convenons-en, n’est pas particulièrement commode à accepter, même pour soi.

Puis le temps passant, des nuances se sont installées et j’ai commencé à penser qu’en fait, je confondais peut-être opinions et observations. J’ai donc appris à distinguer les « ressentis » – que je rattache à ce que tu décris dans ton premier post et qui découlent directement d’une situation qui résonne en moi d’une manière particulière (triste, gaie, etc.), des opinions/jugements. C’est-à-dire que ce que je ressens de manière un peu épidermique, cette façon de résonner au monde ou aux situations, dans l’instant, ne sont finalement pas vraiment des opinions mais des vibrations qui doivent me servir d’outils pour ensuite opiner au calme et en différé sur tel ou tel sujet. C’est difficile à expliquer, mais j’ai visiblement peu à peu mis en place une espèce d’antichambre du raisonnement ou j’évalue les invités (les ressentis à telle ou telle situation) avant d’en faire une opinion un peu plus globale (je n’aime pas beaucoup de terme « jugement », trop définitif à mon goût justement aux vues de notre capacité à réévaluer en permanence nos conclusions, ce qui est plutôt bon selon moi).
Et c’est donc, il me semble, précisément cette alternance d’émotions qui doit nous aider à nous forger l’opinion la plus juste possible sur tel ou tel élément/évènement. Et qu’est-ce qu’une opinion juste mon capitaine ? En réalité je ne crois pas qu’il existe une opinion juste dans le sens d’un jugement « qui a raison », confère le débat ouvert jusqu’à la nuit des temps sur la Vérité (n’est-ce pas ?). Mais à notre petite place de petit être humain, avec nos limitations intrinsèques et tout ce qui nous définit, cette opinion juste, à défaut d’être universelle, pourrait être Juste dans le sens d’un accord moral avec soi-même à tout le moins : avec tous ces ressentis qui me bombardent et qui me donnent – par chance – un petit aperçu (car il en manque et combien !) de toute la gamme de ressentis que pourrait recevoir l’humanité face à une même situation, j’ai une chance inouïe de pouvoir me faire une opinion un tout petit peu éclairée. En tous cas toujours plus éclairée que si je n’étais justement pas sensible à ces émotions différentes que tu décris en fonctions des situations.
La « justesse » de l’opinion finale dépendrait dans ce cas d’une balance entre la synthèse de l’analyse tous ces ressentis et le degré de confort moral que l’opinion qui n découle m’offre : si elle est acceptable et en accord avec mes principes, je peux en faire mon opinion.

(Après, je confesse qu’il m’est arrivé, sur des sujets qui ne me viennent pas à l’esprit là maintenant, d’avoir deux opinions différentes, en même temps, sur un même sujet. C’est un sujet différent, mais qui selon moi a à voir avec le thème initial… est-on forcément barge parce qu’on est capable de « changer de chaine » ?)
Ce n'est pas parce que je n'ai pas vraiment l'air d'être ce que je suis que je ne suis pas vraiment ce que je pourrais être si je n'étais pas au fond quelqu'un d'autre, mais en mieux, évidemment :think: .

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Belgha
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Re: Quand est-on juste dans ses opinions?

Message par Belgha » mar. 18 sept. 2018 19:02

Salut,

Perso, je pense que la justesse est importante. Je crois que tu as raison de la rechercher. La voie de « l'à peu près » ou du compromis est la voie de la frustration et du non-accomplissement. Et je n'ai pas l'impression qu'elle puisse te convenir !
Cette justesse (justesse plutôt que vérité, d'accord?) est peut-être souvent inatteignable, mais peu importe. Ne commençons pas à compter ce que nous n'atteindrons jamais ! Je crois qu'il est bon de savoir que la justesse se cache quelque part, et de s'efforcer de l'approcher et d'y adhérer.
Cependant, il me semble que ta « théorie » intéresse seulement ceux qui changent d'opinion en fonction des conditions extérieures, c'est-à-dire une portion de population très importante, certes, mais pas « totale ».
Et je me dis que si tu éprouves vraiment de la souffrance à voir tes opinions changer au fil des heures en fonction des stimuli qui te sont soumis, peut-être que ta voie serait de cesser d'être balloté par ces conditions extérieures. D'en rester parfaitement conscient, car elles ont leur importance (le concept de conscience a été souligné plus haut), mais de ne plus en être victime dans ta vision des choses. Il s'agirait de perdre la passivité des sentiments (tout en continuant à les ressentir avec intensité) afin de parvenir à raisonner clairement dans quasiment n'importe quelle condition.
Il me semble bien que ça existe.
Qu'en penses-tu ?

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