Le regard des autres est-il la preuve que je ne suis pas surdouée ?

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Nymeano
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Le regard des autres est-il la preuve que je ne suis pas surdouée ?

Message par Nymeano » lun. 6 août 2018 14:15

Bonjour à toi qui s'intéresse à ma question :) .

Voici en bref le parcours qui m'amène à me la poser :

J'ai toujours ressenti un décalage vis-à-vis des autres, et j'ai un mal fou à me trouver des affinités avec mon entourage.

Il y a de cela trois ans, je me suis inscrite en études d'informatique.
A ma grande surprise, j'étais la seule fille de ma classe. Situation inédite pour moi.
Je me suis donc faîte discrète et douce pour mieux m'intégrer.
Au diable la sauvage qui n'a pas peur de tirer un coup de temps en temps. Au diable l'impulsive qui répond à chaque parole déplacée.
Ceinture et ziiip... !

Je m'intègre facilement, je me fais des amis sans efforts.
Pour rire au début on nous appelle les 4 fantastiques.

Au bout de quelques semaines, l'un de nous parle de sa surdouance, il a 130 environ.
Les deux autres se réclament de cette caractéristique.
Moi je n'en ai jamais entendu parler, sauf dans la fiction.
Ils en parlent, m'expliquent un peu... Je me retrouve dans pas mal de points.
Mais bien vite ils dénient. "Tu n'es l'es pas, c'est sûr !".

Je me tais, je me renseigne par moi même.

La fin du semestre arrive. Le rapport est hasardeux, j'en conviens, mais j'ai de meilleurs notes qu'eux (je ne leur parle plus de ça, de toute façon je sais bien que ce n'est pas un argument recevable). Je sors de ma coquille, je participe plus en classe (je redeviens moi-même). Je ne fais pas d'efforts particuliers, je connais mes facilités.

"Ah mais toi tu bosses !". Il est vrai que je suis active en classe et que je déteste le chahut. Mais rentrée chez moi je ne fais plus rien.

Au second semestre, deux d'entre eux arrêtent les cours.

Je reste en contact avec l'un deux. Même si cette histoire me chiffonne, je l'apprécie.

Il fait souvent des allusions à sa douance, ça semble l'obséder. Il sous-entend souvent que je ne pense pas comme lui. Que ma pensée n'est pas arborescente. Je le laisse dire.

Il est vrai que le concept d'arbre ne me semble pas toujours représenter mon cheminement de pensée. je reviens parfois en arrière, je boucle, ma pensée et ma mémoire me font plus penser à un sac de nœuds, à un réseau.

Je sais que j'ai des qualités, quand bien même je ne cocherais pas la case de la douance. J'obtiens ma licence mention AB tout en suivant un autre programme pendant la 3e année.



Et malgré ce constat, j'ai toujours envie d'aller voir un psy pour me comparer aux autres et m'enlever ce doute de la tête, c'est grave ?

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Judas Bricot
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Re: Le regard des autres est-il la preuve que je ne suis pas surdouée ?

Message par Judas Bricot » lun. 6 août 2018 14:34

Nymeano a écrit :
lun. 6 août 2018 14:15
Et malgré ce constat, j'ai toujours envie d'aller voir un psy pour me comparer aux autres et m'enlever ce doute de la tête, c'est grave ?
Un psy pour se comparer aux autres? Le test révèlera tes points forts (il y en a) et tes points faibles (il y en a certainement aussi). C'est très instructif. Par contre, de là à dire si tu es plus intelligente que l'un ou l'autre de tes collègues de promo... je ne sais pas si cela sera possible!
Le QI total, en outre, n'est pas toujours calculable si ton profil est hétérogène et il n'a qu'une valeur indicative (indices de confiance à prendre en compte).

Ce que pensent tes camarades sur ton profil ("Toi tu ne l'es pas, c'est certain...." et le topo sur la pensée en arborescence), cela n'est que leur avis.
Si les questions te poursuivent, tu connais au moins une réponse possible: prendre rdv chez le psy et faire un entretien d'anamnèse pour commencer...

PS: Inutile de me remercier, ce "geste" a un usage spécifique sur ce forum (viewtopic.php?f=3&t=2607 ;)

Nymeano
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Re: Le regard des autres est-il la preuve que je ne suis pas surdouée ?

Message par Nymeano » lun. 6 août 2018 14:52

Judas Bricot a écrit :
lun. 6 août 2018 14:34
Un psy pour se comparer aux autres?
Merci pour cette réponse, je suis d'accord avec ton point de vu.

Pour en revenir à cette citation, je pensait à la représentation de l'intelligence de la population par la loi normale, et c'est vrai que je faisait là un raccourci hâtif.

Ce que je n'ai pas développé dans mon introduction, c'est ce fort esprit de compétition qui règne souvent dans les classes essentiellement masculines.
D'une part je sentais comme une guerre d'ego venant de ces trois personnes par moment. Et je le ressent toujours dans les classes d'informatique où je me suis trouvée.

Beaucoup de personnes veulent être les meilleurs en classe. Et je trouve ça triste parce que c'est un but très vain. N'étions nous pas là pour apprendre ?
Je me suis moi même perdue dans cet esprit de compétition. J'ai fini par être première pendant un semestre (un peu par hasard, dans une matière je ne méritais réellement pas une bonne note, mais le prof était, spécial, et il m'a mis 20 de moyenne :rock: ). Ça m'a mise en colère et fait réaliser l'absurdité de cette course à la gloire.

J'avais donc peur, à tort, que passer un test de QI soit juste une façon de se prouver qu'on en a une plus grosse, et je me disais, à quoi bon faire cet effort pour ça ?

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Re: Le regard des autres est-il la preuve que je ne suis pas surdouée ?

Message par chrissieb63 » lun. 6 août 2018 15:41

Hello!
J'ai lu en diagonale le fil mais immédiatement me vient à l'esprit :
"Ces mecs qui cherchent toujours à déterminer qui a la plus grosse"
Ils le font exprès ou quoi lol!!! :huhu:

Bon là si tu es bien dans tes baskets de jeune fille brillante laisse tomber les tests et les suçages de cerveaux "en suis-je ou pas" (douance), se comparer aux autres, demander son avis à un psy???????!!!
Les copains soit tu les apprécies, tu continues à les voir mais encore faut-il qu'il ne te prenne pas la tête avec le fait que peut-être tu n'es pas surdouée (so what??)
Soit ils restent dans leur univers de geek et leur bataille d'ego, que sais-je...tu ne les en sortira sans doute jamais

Je dis ça je dis rien...
Je suis juste une "vieille bique" qui n'a même pas fait d'études supérieures, c'est dire :porte:

Nymeano
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Re: Le regard des autres est-il la preuve que je ne suis pas surdouée ?

Message par Nymeano » lun. 6 août 2018 17:55

chrissieb63 a écrit :
lun. 6 août 2018 15:41
tu ne les en sortira sans doute jamais
Sage leçon que j'ai par le passé apprise à mes dépend : "on ne change pas les gens" (même si je pense que l'on peut changer soi-même de sa propre initiative).

Merci de me la rappeler :)

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Re: Le regard des autres est-il la preuve que je ne suis pas surdouée ?

Message par Tamiri » lun. 6 août 2018 18:17

Judas Bricot a écrit :
lun. 6 août 2018 14:34
Le test révèlera tes points forts (il y en a) et tes points faibles (il y en a certainement aussi). C'est très instructif. Par contre, de là à dire si tu es plus intelligente que l'un ou l'autre de tes collègues de promo... je ne sais pas si cela sera possible!
Le QI total, en outre, n'est pas toujours calculable si ton profil est hétérogène et il n'a qu'une valeur indicative (indices de confiance à prendre en compte).
En dépit de la réserve prudente avec laquelle il convient effectivement de l'aborder (ou plutôt : en tenant compte des limites), le test me semble avoir pour intérêt de contribuer à rendre les choses un peu moins subjectives, sous réserve qu'il soit l'une des composantes de la consultation en psychologie, et non le but en soi. Ladite consultation aurait pour vertu de te situer par rapport à cette notion de douance de manière un peu plus précise, ou plus modestement, de manière un peu moins imprécise. Ceci en évitant le côté "blanc ou noir" auquel pourraient laisser penser les distinctions de type "inférieur ou supérieur à cent-trente", "hétérogène ou homogène", "calculable ou non calculable".
Je concède qu'en écrivant ceci, je suis un peu en train de ramener les choses à moi. En l'occurrence, j'avais abordé la chose avec une prudence à la limite de la méfiance, prudence qui fait que si la psychologue a fait preuve d'une certaine assurance à mon endroit en me "diagnostiquant", je continue pour ma part de penser non pas que je suis objectivement et définitivement une personne surdouée, mais plutôt que la douance est jusqu'à présent la description la moins douteuse qui m'ait été proposée.
J'espère que tu me pardonnera la dernière tirade égocentrique (et pourtant je ne suis pas dans l'informatique :huhu: ) : j'ai consulté parce que j'ai rencontré des difficultés et qu'une partie de mon entourage m'a rappelé qu'on m'avait souvent collé l'étiquette de "précoce" au cours de ma lointaaîîneuh jeunesse. Après avoir résisté tout ce que je pouvais au moyen de mon scepticisme bien ancré, j'ai sollicité un bilan psychologique "le plus complet possible s'il vous plait Madame" dont le but plus ou moins avoué était certes de valider ou d'invalider cette histoire de douance, mais aussi, si l'hypothèse avait été finalement écartée, d'avoir un autre diagnostic.

Ceci pour dire, même si je ne peux à l'évidence me mettre dans ta peau, qu'à mon avis tu pourrais tirer quelque avantage d'une consultation bien menée, débouchant dans le meilleur des cas sur une confirmation ou une infirmation de la douance d'une manière moins vaseuse, plus argumentée, et moins influencée que les impressions des autres étudiants par ce biais que constitue leur obsession de la comparaison et de l'émulation. Et qui, dans le pire des cas (si aucun bilan ne peut être tiré dans l'immédiat) te permettra peut-être tout de même de savoir si c'est bien autour de cette notion de "douance" qu'il convient de creuser ou non.

Quant aux assertions de tes coreligionnaires...
Hypothèse bienveillante : admettons qu'il y ait un "nid" de surdoués dans le coin. La passation du test en question, au moins, et des entretiens l'accompagnant (mais je sais que certains font passer un test de QI "sec" sans autre forme de procès), aurait dû leur donner le sens de la mesure, et la prudence de ne pas se sentir légitimes pour savoir qui est surdoué et qui ne l'est pas. À vrai-dire j'ai plutôt de connaître une majorité de gens, chez les "surdoués avérés", que cette notion d'arborescence laisse perplexes ou dubitatifs (moi, elle m'indispose :huhu: ), que de gens qui l'assument. De là à jouer les apprentis-sorciers il n'y a qu'un pas : on pourrait en effet imaginer le cocktail détonnant que cela fait, quand on y ajoute l'esprit de compétition stérile que tu décris dans la formation. Crier sa douance sur les toits (ce qui d'emblée me semble plus rare chez le commun des mortels que la réaction inverse consistant à ne pas en parler) peut tout aussi bien servir à survivre dans le panier de crabes, qu'à savoir pourquoi on ne sait plus ou ne veut plus rester dans ledit panier. À vrai-dire, je ne sais pas si j'aurais su réagir sainement à un diagnostic si je l'avais reçu pendant l'enfance, l'adolescence ou les premières années d'études supérieures, au lieu d'avoir attendu la quarantaine ; mais il est vrai que je n'ai jamais eu à affronter pareille ambiance.
Hypothèse moins bienveillante : le "contre-diagnostic" semble t'avoir été asséné avec tant d'assurance et peut-être de suffisance, que je ne puis m'interdire de penser qu'il existe désormais, justement, énormément de bruit médiatique autour de la douance, et aussi... des tests (de QI et d'autres choses) sur internet et dans les magazines, tout un ensemble de pièges à gogos qui peuvent donner l'impression à certaines personnes de maîtriser le sujet. Que des gens fragilisés et peu informés, ou ayant besoin - consciemment ou non - de s'affirmer dans un milieu compétitif, s'emparent du concept pour se faire une carapace de légitimité plus ou moins solide, est un risque.

Je me rends compte que tout ceci est fort long, et que pour le début, j'ai paraphrasé en plus verbeux le propos de Judas, auquel je présente des excuses... Ceci pour dire, au total :
Que le passage par la case "psychologue" n'est certes pas indolore (l'anamnèse, entre autres, étant une épreuve dont j'imagine que peu se sortent sans avoir mouillé quelques mouchoirs), et que la partie "test" s'avère stressante pour certaines personnes - et en plus ça coûte de l'argent ;
Que ce passage permet, sinon de s'abstraire totalement des impressions vagues des autres, tout au moins de diminuer tant qu'il est possible l'influence des biais divers et variés qui président à ce "diagnostic" à la va-vite, dont je ne doute pas qu'il puisse être amical, mais qui ne repose sur rien et te laisse dans un sentiment de doute. Le recours à un professionnel de santé ne donne, convenons-en, pas de certitude absolue dans ce domaine, mais réduit déjà le doute à une proportion plus vivable, ce qui est à mon sens un avantage non négligeable.
Hors-sujet
Pour finir, tout comme Chrissie je trouve la compétition scolaire aberrante : être le meilleur a certes un sens dans le cas précis des admissions par concours où le classement compte, mais ma propre expérience en prépa me ferait plutôt dire que commencer à se mesurer les uns aux autres avant le jour du concours proprement-dit ne sert qu'à se pourrir la vie et à se fatiguer inutilement au risque d'arriver sur les rotules au jour décisif... Et par ailleurs, je remercie les puissances bienveillantes des Cieux, de la Terre et des Enfers*, divinités puissantes qui président au destin des mortels, d'avoir fait que je ne me retrouve jamais dans une sociabilité essentiellement masculine, si la compétition est l'effet fatal du chromosome Y (ou, plus vraisemblablement, d'insupportables pesanteurs socio-culturelles). :huhu:

_____
* tant qu'à remercier et à s'attirer la clémence des Dieux, autant viser large.

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lady space
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Re: Le regard des autres est-il la preuve que je ne suis pas surdouée ?

Message par lady space » lun. 6 août 2018 18:23

En effet, le regard des autres est la preuve de ce qu'ils pensent, eux, rien de plus. Leur regard ne prouve rien du tout à ton égard.

Ils ont peut-être vu quelques similitudes entre eux et toi, et encore plus de différences, mais c'est juste la preuve qu'ils pensent que vous vous ressemblez sur certains points et pas sur d'autres.

Les surdoués ne sont pas tous pareils - heureusement - et cette histoire d'arborescence est une image, pas une réalité scientifique. Donc, que tu pense fonctionner en arborescence ou non ne prouve rien non plus.

Idem pour l'absence d'esprit de compétition : il y a des surdoués (et des gens tout-venant) qui l'ont et d'autres ne l'ont pas, qu'ils soient surdoués ou non. Il y a des surdoués capables de s'adapter, même de réviser ou travailler leurs cours s'il le faut, tout comme le commun des mortels, et il y a des gens qui ne savent pas ou ne veulent pas s'adapter, surdoués ou pas surdoués.

En plus, je ne suis pas d'accord du tout avec la démarche de tes potes, à vrai dire, je suis même passablement fâchée à cause de leur inconscience. On ne dit pas à quelqu'un qu'on le pense pas surdoué, à moins d'être le/la psy qui vient de faire passer le test à la personne. Dans tous les autres contextes, donc en-dehors de la passation du test, c'est de la spéculation pure et à proscrire. Et ça vaut aussi dans l'autre sens : il convient d'être extrêmement prudent si on a envie de dire à quelqu'un qu'on pense qu'il est surdoué parce que ça peut être un sacré chamboulement pour une personne qui n'est pas prête à entendre ce genre d'hypothèse.

Ce n'est pas parce qu'on est surdoué soi-même qu'on a un don infaillible pour détecter d'autres surdoués. Ni pour détecter ceux qui ne le sont pas.

À toi de voir si tu as envie d'être fixée sur la question et quand. Rien ne presse.

En attendant, tu peux toujours fouiller les tréfonds du forum pour te faire une idée plus précise de ce qui se cache derrière le terme de surdoué. Je pense notamment à un topic qui parle des caractéristiques dans lesquelles on ne se reconnaît pas.
Jeder ist ein Ausländer - fast überall.
(Slogan allemand des années 70/80 qui rappelle que nous sommes tous des étrangers quasiment partout dans le monde, sauf dans notre pays d'origine.)

Nymeano
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Re: Le regard des autres est-il la preuve que je ne suis pas surdouée ?

Message par Nymeano » lun. 6 août 2018 19:23

Tamiri a écrit :
lun. 6 août 2018 18:17

Je concède qu'en écrivant ceci, je suis un peu en train de ramener les choses à moi. En l'occurrence, j'avais abordé la chose avec une prudence à la limite de la méfiance, prudence qui fait que si la psychologue a fait preuve d'une certaine assurance à mon endroit en me "diagnostiquant", je continue pour ma part de penser non pas que je suis objectivement et définitivement une personne surdouée, mais plutôt que la douance est jusqu'à présent la description la moins douteuse qui m'ait été proposée.
J'espère que tu me pardonnera la dernière tirade égocentrique (et pourtant je ne suis pas dans l'informatique :huhu: ) : j'ai consulté parce que j'ai rencontré des difficultés et qu'une partie de mon entourage m'a rappelé qu'on m'avait souvent collé l'étiquette de "précoce" au cours de ma lointaaîîneuh jeunesse. Après avoir résisté tout ce que je pouvais au moyen de mon scepticisme bien ancré, j'ai sollicité un bilan psychologique "le plus complet possible s'il vous plait Madame" dont le but plus ou moins avoué était certes de valider ou d'invalider cette histoire de douance, mais aussi, si l'hypothèse avait été finalement écartée, d'avoir un autre diagnostic.
Ne t'inquiète pas, je n'ai pas du tout l'impression de lire une égocentrique en te lisant. Nous sommes tous ici sujet à parler de la surdouance et éventuellement de notre propre cas (comme j'ai pu en faire l'étalage plus haut :rofl: ).
Qui plus est je suis bien contente que tu la partages sur ce forum.
De plus je voudrais te remercier pour ta sollicitude et ton analyse détaillée de la situation que j'ai présentée, qui avec ton recul me permet de voir les choses sous différents angles.


lady space a écrit :
lun. 6 août 2018 18:23

En plus, je ne suis pas d'accord du tout avec la démarche de tes potes, à vrai dire, je suis même passablement fâchée à cause de leur inconscience. On ne dit pas à quelqu'un qu'on le pense pas surdoué, à moins d'être le/la psy qui vient de faire passer le test à la personne. Dans tous les autres contextes, donc en-dehors de la passation du test, c'est de la spéculation pure et à proscrire. Et ça vaut aussi dans l'autre sens : il convient d'être extrêmement prudent si on a envie de dire à quelqu'un qu'on pense qu'il est surdoué parce que ça peut être un sacré chamboulement pour une personne qui n'est pas prête à entendre ce genre d'hypothèse.

Ce n'est pas parce qu'on est surdoué soi-même qu'on a un don infaillible pour détecter d'autres surdoués. Ni pour détecter ceux qui ne le sont pas.

À toi de voir si tu as envie d'être fixée sur la question et quand. Rien ne presse.

En attendant, tu peux toujours fouiller les tréfonds du forum pour te faire une idée plus précise de ce qui se cache derrière le terme de surdoué. Je pense notamment à un topic qui parle des caractéristiques dans lesquelles on ne se reconnaît pas.
Merci, je me disais aussi que leur jugement etait un peu trop hâtif et je comprenais encore moins pourquoi ils se permettaient de s'exprimer sur une question qui semblait si complexe.

Je vais aller me renseigner sur cette histoire d'arborescence, merci beaucoup pour les informations, analyses et conseils.

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Pascalita
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Re: Le regard des autres est-il la preuve que je ne suis pas surdouée ?

Message par Pascalita » lun. 6 août 2018 20:06

J'ai lu le fil en entier ( :clin: ) et j'aimerais apporter mon petit point de vue de diagnostiquée depuis presque deux ans.

A commencer par ça :
Nymeano a écrit :
lun. 6 août 2018 14:15
ça semble l'obséder.
Je dois l'avouer, je suis obsédée par la chose depuis que j'ai passé ce test (je ne suis pas la seule, je crois). Et pour plusieurs raisons, je pense : d'une part, la démarche du test fait partie pour moi d'un questionnement beauuucoup plus gros sur "qui je suis", et ça s'apparente à de l'archéologie, au point où j'en suis ; d'autre part, je ne comprends pas (encore(?)) réellement la notion. Entre les caractéristiques passibles d'effet barnum et celles qui sont si imprécises qu'on se demande si elles ont la moindre valeur, je ne sais toujours pas définir ce que c'est, "être hp", et où est l'écart avec les autres. Et ce n'est vraiment pas faute de chercher !

J'ai par contre des réponses sur mon histoire personnelle. Mais je ne sais pas dans quelle mesure elles sont applicables à d'autres.

Je suis surdouée, d'après le résultat du test, et je ne sais pas comment je pense - et encore moins comment pensent les autres. Je ne comprends pas vraiment le concept de pensée arborescente, pas plus que celui de pensée linéaire.

Je me sens différente moi aussi, depuis toujours, et j'ai toujours pensé que très peu de personnes pouvaient me comprendre (voire personne - mais sur ce point, je crois que je vais réviser mon jugement :) ). Mais je ne sais pas vraiment à quoi ça tient, et dans quelle mesure ça a à voir avec le fait d'être surdouée.

En plus, bien des caractéristiques d'ordre psychologique (par opposition à celles d'ordre cognitif) peuvent avoir d'autres origines que ce fait d'être surdoué (pardon, je n'arrive toujours pas à me faire à "douance", "surdouance" et autres substantifs pleins de charme), et on peut aussi être surdoué (testé) et ne pas se reconnaître dans lesdites caractéristiques.

Alors l'opinion des autres, qu'ils soient diagnostiqués ou non, les différences de fonctionnement repérables à vue de nez et la définition de ce qu'est l'intelligence ou de qui est plus intelligent que les autres... on repassera, je crois.

Après, je dois dire que j'ai de plus en plus de mal avec cette espèce d'entre-soi qu'on lit parfois en filigrane (ou pas en filigrane, d'ailleurs) sur certains forums et dans certaines prises de position. A force de lire "nous, les surdoués", j'ai l'impression de faire partie d'une secte... ou d'une loge franc-maçonne. Cette caractéristique, quand elle est avérée, n'est et ne sera jamais qu'une part de chacun d'entre "nous". En faire un étendard à brandir bien haut me paraît complètement faux - et inapproprié de toute façon, et dangereux.

Si la question te turlupine, si tu penses avoir besoin de la réponse, si tu as besoin de comprendre certaines choses, fais le test (si tu as les sous !) ; si c'est pour en avoir "une plus grosse" que les gars de ton université, ben, là, ça n'a pas de sens... et je pense que c'est mort de toute façon ! :grin:


Ps : Tamiri et lady space ont posté entre-temps et ont dit plein de choses pertinentes bien mieux que moi.

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Re: Le regard des autres est-il la preuve que je ne suis pas surdouée ?

Message par Nymeano » lun. 6 août 2018 22:14

Pascalita a écrit :
lun. 6 août 2018 20:06

Après, je dois dire que j'ai de plus en plus de mal avec cette espèce d'entre-soi qu'on lit parfois en filigrane (ou pas en filigrane, d'ailleurs) sur certains forums et dans certaines prises de position. A force de lire "nous, les surdoués", j'ai l'impression de faire partie d'une secte... ou d'une loge franc-maçonne. Cette caractéristique, quand elle est avérée, n'est et ne sera jamais qu'une part de chacun d'entre "nous". En faire un étendard à brandir bien haut me paraît complètement faux - et inapproprié de toute façon, et dangereux.
Oui, je suis d'accord que cet aspect "élitiste" fait un peu peur.
Pascalita a écrit :
lun. 6 août 2018 20:06

Si la question te turlupine, si tu penses avoir besoin de la réponse, si tu as besoin de comprendre certaines choses, fais le test (si tu as les sous !) ; si c'est pour en avoir "une plus grosse" que les gars de ton université, ben, là, ça n'a pas de sens... et je pense que c'est mort de toute façon ! :grin:


Ps : Tamiri et lady space ont posté entre-temps et ont dit plein de choses pertinentes bien mieux que moi.
Ahah, c'est bien ça le soucis en effet. Je ne veux pas passer le test pour de mauvaises raisons, d'une ; et de deux, j'ai pas de sous :shake: , d'ailleurs je ne connais pas spécialement de psys spécialisés dans la région où je vis. Peut-être qu'il y a déjà un topic là-dessus, je vais chercher.


Merci de m'avoir éclairé à la lumière de ton expérience sur cet aspect de mon récit.

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Re: Le regard des autres est-il la preuve que je ne suis pas surdouée ?

Message par Pascalita » mar. 7 août 2018 10:08

Nymeano a écrit :
lun. 6 août 2018 22:14
Pascalita a écrit :
lun. 6 août 2018 20:06

Après, je dois dire que j'ai de plus en plus de mal avec cette espèce d'entre-soi qu'on lit parfois en filigrane (ou pas en filigrane, d'ailleurs) sur certains forums et dans certaines prises de position. A force de lire "nous, les surdoués", j'ai l'impression de faire partie d'une secte... ou d'une loge franc-maçonne. Cette caractéristique, quand elle est avérée, n'est et ne sera jamais qu'une part de chacun d'entre "nous". En faire un étendard à brandir bien haut me paraît complètement faux - et inapproprié de toute façon, et dangereux.
Oui, je suis d'accord que cet aspect "élitiste" fait un peu peur.
Ce n'est même pas forcément élitiste. Au contraire, ça aurait même plutôt des airs de consolation parfois...

Des formes de raisonnement qui diraient "puisque je suis surdoué(e), alors je suis (forcément) comme ci ou comme ça, et les autres surdoués aussi", ou bien "si je suis comme ci ou comme ça, c'est parce que je suis surdoué(e), et les autres (surdoués) sont donc comme ci ou comme ça aussi". Ce qui aboutit à des formulations comme "nous, les surdoués, ...", ce qui revient à se coller une étiquette sur le front et à en coller une (la même) sur celui des autres. Ou à penser qu'on se sentira forcément compris et reconnu par un autre surdoué.

C'est humain, et je suppose que tout le monde est tenté par une étiquette sur le front à un moment ou à un autre (et moi aussi, juste après le test - je ne cherchais plus à me définir qu'à travers ce critère). Et tant qu'à faire, une étiquette valorisante quand on a besoin d'être valorisé, consolatrice quand on a besoin d'être consolé, protectrice, etc. Mais ce n'est finalement rien d'autre que "nous" (et un "nous" qui n'a que peu de consistance, en somme) contre le reste du monde. Et ça, c'est juste un gros piège...

A ce propos, je te conseille ce fil, très instructif : viewtopic.php?f=44&t=2082
Et celui-là n'est pas mal non plus : viewtopic.php?f=62&t=268, ainsi que ses frères que tu trouveras dans la même section.

Et : oui, il y a un fil recensant les référents régionaux : viewtopic.php?f=9&t=6400&hilit=r%C3%A9f ... %A9gionaux

Edit : mise en page

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Re: Le regard des autres est-il la preuve que je ne suis pas surdouée ?

Message par Nymeano » mar. 7 août 2018 18:07

Pascalita a écrit :
mar. 7 août 2018 10:08
Nymeano a écrit :
lun. 6 août 2018 22:14
Pascalita a écrit :
lun. 6 août 2018 20:06

Après, je dois dire que j'ai de plus en plus de mal avec cette espèce d'entre-soi qu'on lit parfois en filigrane (ou pas en filigrane, d'ailleurs) sur certains forums et dans certaines prises de position. A force de lire "nous, les surdoués", j'ai l'impression de faire partie d'une secte... ou d'une loge franc-maçonne. Cette caractéristique, quand elle est avérée, n'est et ne sera jamais qu'une part de chacun d'entre "nous". En faire un étendard à brandir bien haut me paraît complètement faux - et inapproprié de toute façon, et dangereux.
Oui, je suis d'accord que cet aspect "élitiste" fait un peu peur.
Ce n'est même pas forcément élitiste. Au contraire, ça aurait même plutôt des airs de consolation parfois...

Des formes de raisonnement qui diraient "puisque je suis surdoué(e), alors je suis (forcément) comme ci ou comme ça, et les autres surdoués aussi", ou bien "si je suis comme ci ou comme ça, c'est parce que je suis surdoué(e), et les autres (surdoués) sont donc comme ci ou comme ça aussi". Ce qui aboutit à des formulations comme "nous, les surdoués, ...", ce qui revient à se coller une étiquette sur le front et à en coller une (la même) sur celui des autres. Ou à penser qu'on se sentira forcément compris et reconnu par un autre surdoué.

C'est humain, et je suppose que tout le monde est tenté par une étiquette sur le front à un moment ou à un autre (et moi aussi, juste après le test - je ne cherchais plus à me définir qu'à travers ce critère). Et tant qu'à faire, une étiquette valorisante quand on a besoin d'être valorisé, consolatrice quand on a besoin d'être consolé, protectrice, etc. Mais ce n'est finalement rien d'autre que "nous" (et un "nous" qui n'a que peu de consistance, en somme) contre le reste du monde. Et ça, c'est juste un gros piège...

A ce propos, je te conseille ce fil, très instructif : viewtopic.php?f=44&t=2082
Et celui-là n'est pas mal non plus : viewtopic.php?f=62&t=268, ainsi que ses frères que tu trouveras dans la même section.

Et : oui, il y a un fil recensant les référents régionaux : viewtopic.php?f=9&t=6400&hilit=r%C3%A9f ... %A9gionaux

Edit : mise en page
Merci pour tes précisions et pour ces liens :smirk: .

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Tamiri
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Re: Le regard des autres est-il la preuve que je ne suis pas surdouée ?

Message par Tamiri » jeu. 9 août 2018 15:21

Pascalita a écrit :
mar. 7 août 2018 10:08
C'est humain, et je suppose que tout le monde est tenté par une étiquette sur le front à un moment ou à un autre (et moi aussi, juste après le test - je ne cherchais plus à me définir qu'à travers ce critère). Et tant qu'à faire, une étiquette valorisante quand on a besoin d'être valorisé, consolatrice quand on a besoin d'être consolé, protectrice, etc. Mais ce n'est finalement rien d'autre que "nous" (et un "nous" qui n'a que peu de consistance, en somme) contre le reste du monde. Et ça, c'est juste un gros piège...
...Ou tenir compte des « étiquettes », tout aussi maladroitement, pour s'y soustraire. Dans les deux cas, si j'ose dire, une sorte de Barnum rétrospectif : une fois diagnostiqué, on risque de s'inquiéter des fameux « caractères secondaires » en commençant parfois par les plus galvaudés (et, probablement, les plus facilement transformables en quelque-chose de fumeux) : synesthète hypersensible multitâche idéaliste et arborescent tendance résineux conifère persistant blablabla - dont on n'avait d'ailleurs souvent jamais entendu parler avant. Et là, surinterpréter ce que l'on a l'impression de connaître de son propre fonctionnement, pour se faire une raison ou au contraire pour tenir le diagnostic à distance.

J'avais commencé précisément par là : ma première impression après le diagnostic était la hantise de cesser d'être un individu avec tout ce que cela suppose d'inclassable et d'indescriptible, et d'entrer dans une classification qui me réduirait à un déterminisme. Donc j'ai eu tendance à surévaluer de manière tout aussi artificielle les points sur lesquels j'avais l'impression de diverger du « modèle ». Ça n'a heureusement pas trop duré notamment grâce au type d'échange que l'on peut lire dans le décidément salutaire topic des caractéristiques dans lesquelles on ne se retrouve pas. C'est là, tout au moins, l'une des façons d'échapper à la fois à « nous les surdoués » et à « eux les surdoués », les deux liens proposés par Pascalita en sont d'autres, respectivement plus complet et plus drôle. :P

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