Histoire(s) et actualités de l'action humanitaire

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Cyrielle
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Histoire(s) et actualités de l'action humanitaire

Message par Cyrielle » jeu. 22 févr. 2018 15:17

Quand une crise humanitaire survient, quelle que soit sa source (catastrophe naturelle, famine, conflit), elle est par nature inattendue. Il faut décider et agir vite, trouver des alliés et des ressources que l'on ne choisit pas toujours et "faire avec", prioriser. Ca amène parfois de belles choses (cf. le docu cité ci-après), parfois des ratés auxquels on peut trouver des circonstances atténuantes (cf. le Tsunami de 2004 en Asie, à l'extrême Oxfam en Haïti 2010).
La situation est très différente pour la solidarité de développement et donc de moyen-long terme, pour laquelle on peut planifier et analyser la situation "à froid". Ca aussi amène de belles choses (lutte contre le VIH en Thailande) et des moches qui sont encore plus condamnables hors urgence (l'Arche de Zoé, Oxfam ailleurs).

Un reportage accessible jusqu'au 26 février 2018 ( edit: et au delà, deux posts plus bas ) raconte la belle aventure du bateau-hôpital l'Ile de Lumière, lancé en 1979 en Mer de Chine pour sauver, soigner puis accueillir les milliers de réfugiés qui fuyaient le régime communiste du Vietnam.
Le film rappelle les nombreuses "premières fois", médiatiques, médicales, humanitaires, politiques qui ont permis cette action. On entend dans le témoignage des protagonistes aujourd'hui vieillissants l'enthousiasme et la solidarité qui faisaient loi, par transparence aussi la bassesse des opposants au projet.
Le rapprochement avec l'actualité et la différence de traitement, pourtant à peine évoqués, sont perturbants.
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Après l'Ile de Lumière, je dirais que l'humanitaire est devenu "transpolitique", après être passé quelques années auparavant de "apolitique" (avec la Croix-Rouge qui secourait mais n'émettait aucun avis ni critique) à "suprapolitique" (avec les "french-doctors" qui avaient secoué le cocotier en témoignant sur les exactions commises au Biafra : MSF a été créé en 1971).

On remarquera aussi que tout ça était bien francophone voire français (henry Dunant avait été naturalisé français) avant d'avoir été adopté au plan mondial, et c'est un truc qui m'interpelle et que je ne sais expliquer (il me semble que l'on n'est pas pionniers sur les autres combats que je connais moins, par exemple l'environnement).

Aujourd'hui il y en a vraiment pour tous les goûts, et on peut s'investir dans l'entraide avec (ou sans) le degré d'engagement politique que l'on souhaite.
L'action et l'influence des médias, à l'époque le "photojournalisme" et aujourd'hui les "réseaux", ont aussi fait beaucoup pour la prise en compte (ou pas) des malheurs des "Autres"...

J'aimerais partager ici notre connaissance/ vision de toute cette histoire, de la cornette aux sacs de riz...
Aussi débattre de la situation actuelle, avec le désengagement et vieillissement du bénévolat, le rôle des réseaux sociaux et autres médias, les buzz suivis ou pas d'actions...
Et raconter nos expériences, qui vont de la signature d'une pétition en ligne à une expérience de terrain...
A vous lire !


PS : ce sujet était initialement un post du topic des noctambules, on verra bien s'il dépasse le cadre de mes insomnies !
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Re: Histoire(s) et actualités de l'action humanitaire

Message par pixelvois » jeu. 22 févr. 2018 15:26

Mince alors : vu ton commentaire, il va falloir que je le regarde à nouveau vraiment alors ( En me rendant totalement disponible : j'l'ai lancé y'a quelques heures, mais en étant totalement absorbé dans d'autres choses; du coup, j'ai cru que c'était pas si passionnant que ça, pour le peu que j'ai entendu d'une seule oreille distraite, estimant que sinon j'eu été interpellé ^^ Mais en y repensant, j'ai été très vite complètement ailleurs, et mis à part quelques bribes de phrases du début, ça a plus été un bruit de fond qu'autre chose )


Cyrielle a écrit :
jeu. 22 févr. 2018 01:38
Attention spoiler !
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Sans aucun doute je ne suis pas objective.
Alors j'entends ton avis... et j'en attends d'autres ;). Ceci dit en cherchant un lien photo par trop lourd j'ai aperçu de bonnes critiques :angel:.
Ah ouaip, j'étais vraiment ailleurs : aucun souvenir de Sartre / Montand :lol: ( bon, Aron j'vois pas qui c'est, alors c'est moins étonant, et Kouchner si, il intervenait dès le début, mais je dois avouer que l'entre-apercevoir a du plutôt m'inciter inconsciemment à ne pas trop tendre l'oreille :1cache: )...

A part ça, j'pense pas que ce soit vraiment du spoiler : l'Histoire ( même, si ce n'est surtout contemporaine ) c'est pas comme une fiction où il est convenu qu'il est préférable de garder la primeur de la découverte ^^ ( bon, là c'est moi qui suis pas forcément objectif, paske j'ai tendance à considérer qu'une histoire qui ne tient que grâce au suspense de la première vision, c'est souvent que ça manque de profondeur :P )

Pour ce qui est des avis, les éventuels autres, et l'éventuel mien ( encore faut-il que je ne procrastine ni la vision -- m'enfin, au moins la vidéo est déjà enregistrée sur un disque dur :geek1: -- ni la rédaction du commentaire -- ça fait beaucoup :wasntme: ) on a donc créé ce nouveau sujet pour plus de visibilité ( initialement posté dans le topic des noctambules et j'essaierai de prendre le temps à l'occasion d'uploader la vidéo pour la mettre à disposition au delà des 7 jours du replay de France TV ;)
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Re: Histoire(s) et actualités de l'action humanitaire

Message par pixelvois » ven. 23 févr. 2018 07:21

Hop! Dispo' au-delà de la date limite en replay sur le site de France TV, mais en deux parties, vu que Dailymotion limite les vidéos à 60 minutes et que le documentaire en fait à peine 5 de plus ^^

Première partie :
https://www.dailymotion.com/video/x6f5tjt

Deuxième partie :
https://www.dailymotion.com/video/x6f64iu
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Re: Histoire(s) et actualités de l'action humanitaire

Message par Cyrielle » ven. 23 févr. 2018 13:56

Merci ;)
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Re: Histoire(s) et actualités de l'action humanitaire

Message par Cyrielle » jeu. 7 juin 2018 00:07

Je reprends ce sujet car j'ai eu la chance d'assister à une conférence de Yves DACCORD, Directeur général du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), qui nous a parlé pendant près d'une heure de "Paris à Damas, vers la fin de l'Humanitaire ?", avec beaucoup de pédagogie, une lucidité souvent teintée d'inquiétudes, et aussi pas mal de charisme.
Image
Je cite simplement les points principaux qu'il a développés aujourd'hui, dont la plupart (mais pas tous) sont communs avec cette intervention accessible en ligne qui date de novembre 2017 (avec un public différent) Yves Daccord, Genève : De Bangui à Bagdad, la fin de l'humanitaire ?

En ce qui concerne le contexte actuel :
- l'absence de convergence internationale pour gérer les conflits, d'où une impuissance à le faire ; et l'implacable souveraineté des Etats. Il a développé sur la position actuelle des Etats-Unis, aussi sur l'exemple du Danemark (qui a en quelques semaines voté des lois anti-immigration).
- la grande connectivité du monde malgré sa grande fragmentation : tout le monde possède un téléphone portable et c'es tout aussi indispensable dans les pays en situation difficile ou de conflit ; les femmes du Bénin savent ce qui se passe à l'autre bout du monde. Cela entraine un changement des comportements et aussi des attentes des populations, une comparaison critique de l'aide apportée par rapport à ce qui est fait ailleurs. Et en même temps la désinformation est une arme puissante contre laquelle il faut lutter.
- le fait que la confiance est devenue une denrée rare dans notre monde, alors que le CICR base toute son action sur la confiance car il se présente toujours vulnérable, sans armes et sans autre drapeau que la croix rouge.
- or depuis quelques années, de plus en plus, on observe des attaques spécifiques envers le personnel de santé et les hôpitaux, alors que c'était rareil y a vingt ans.
C'est le cas en Syrie, où depuis le début du conflit les hopitaux ont été attaqués pour bien montrer à la population qu'il n'existe aucun refuge possible ; il pense que dans quelques années on analysera cette nouvelle géopolitique.
C'est aussi le cas au Yémen, ou le système de santé était plutôt bien organisé et permettait de contenir les épidémies de choléra qui survenaient chaque année. Or depuis 2014 le pays subit une guerre civile qui a affaibli les organisations sanitaires, et actuellement la plus grosse épidémie de choléra y fait des ravages.
Selon lui, les prises d'otages ont un impact très grand, car cela met une pression énorme sur tous, équipes, proches, institutions. En huit ans à la tête du CICR, il a connu seulement une période de quatre mois sans qu'aucun membre de ses équipes ne soit otage.

Les enjeux qu'il envisage pour l'humanitaire, et le CICR en particulier :
- c'est aux intervenants humanitaires de s'adapter, plus que jamais, d'être humbles, exemplaires. Le temps est complètement dépassé où l'on arrivait avec un package de solutions et de conseils. Les populations savent ce qu'elles veulent et sont actrices, savent le dire.
- la neutralité et l'impartialité sont plus que jamais indispensables.
Et il ne suffit plus de les décréter, il faut le prouver, chaque jour, individuellement sur le terrain et collectivement. Il faut veiller à être présent partout, au côté de tous.
Il faut être capable de s'asseoir à une table et de travailler avec des tyrans et des tortionnaires (qui seront peut-être des victimes demain, ou le sont déjà en même temps). Si les gens doivent être jugés ils le seront, un jour, on l'espère, mais l'action humanitaire ne doit pas se situer dans ce temps-là. Et il faut aussi s'attendre à être jugé soi-même pour chacune de ses actions, y compris pour la neutralité.
Il est inquiet sur ce point, y compris dans son pays (la Suisse). Car aujourd'hui 69% des actions du CICR ont lieu dans des pays musulmans, et il sent une tendance à penser que tout les populations n'ont pas le même droit à être soutenues.
- la vulnérabilité numérique. Il a raconté le cas de personnes qui viennent confier leur téléphone porable au CICR car ils craignent d'être arrêtés et ont peur des conséquences si on a accès à leurs contacts et données. Il imagine que dans quelques années la protection des données numériques des populations fragilisées pourrait faire partie des actions de soutien du CICR.
- la possible émergence de nouvelles alliances puisque les Etats sont de plus en plus inopérants. Il pense que les villes peuvent avoir une marge d'action et devenir des alliés précieux dont il faudra tenir compte. Il a cité l'exemple de grosses villes américaines qui se sont désolidarisées lorsque Trump a sorti les USA des Accords de Paris, et ont annoncé qu'elles continueraient à lutter contre le réchauffement climatique.

Je ne connaissais pas Yves Daccord. Il nous a expliqué être au CICR depuis 1992 après une carrière de journaliste (formation de Sciences Po), et être à sa tête depuis 2010. J'ai lu depuis qu'il ne briguera pas un nouveau mandat (il a été réélu en 2013). Après avoir entendu sa vision des choses, je comprends qu'il ait envie de passer le relais.
En tout cas son intervention m'a beaucoup émue et plongée dans un abîme de réflexions, et d'autres personnes dans l'assemblée ont exprimé exactement la même chose...

[EDIT] D'autres réflexions en relisant le premier message de ce sujet et en regardant à nouveau le reportage (merci Pix de me permettre ça :favorite:) : j'entends la même conviction dans la voix de tous ces gens, d'il y a quarante ans ou d'aujourd'hui. Et pourtant combien leur propos est différent, combien la conjoncture et les solutions ont évolué !
Le point commun : l'humanité est en danger (Yves Daccord a aussi développé sur la déshumanisation souvent présente dans les conflits), quelque part, et ils améliorent les choses du mieux qu'ils peuvent.
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Re: Histoire(s) et actualités de l'action humanitaire

Message par Bulle d'o » sam. 10 nov. 2018 14:41

Tiens, un sujet où je me sens chez moi, j'écoute le reportage et je reviens un de ces 4... avec, si ca devait relancer l'échange, une illustration d'expérience vécue sur les façons de gérer les "après", les phases migratoires, les faits concrets... Expérience de terrain. Parmi d'autres.

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Re: Histoire(s) et actualités de l'action humanitaire

Message par Pataboul » sam. 10 nov. 2018 15:13

Reviens vite ;)

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Re: Histoire(s) et actualités de l'action humanitaire

Message par Cyrielle » sam. 10 nov. 2018 20:40

Ah oui, oui :ensoleillé:.
Tu attises ma curiosité obulle ("phase migratoire" ça m'évoque des problématiques très actuelles mais ça peut aussi être plus ancien ?), reviens vite !
Les reportages "Histoires d'une nation" diffusés en septembre sur France 2 m'ont appris plein de choses sur les migrations en France.

Plus largement, j'aimerais échanger sur le sujet de l'humanitaire car il me semble que beaucoup d'entre nous auraient des choses intéressantes à dire.
Par exemple, je me souviens du témoignage d'une asienne qui parrainait un enfant et de la discussion passionnante qui avait suivi. Moi je ne parraine pas... et je ne sais pas du tout pourquoi (pas) :think:. Et en fait je ne donne pas non plus tant (d'argent) que ça aux grosses ONG, pour ça je privilégie les assos locales et les dons de nourriture, vêtements, etc.
Le don est déjà une préoccupation pour l'humanitaire, et je me demande ce qui amène les uns et les autres à en faire ou pas (et moi en premier, en fait^^), de façon suivie ou ponctuelle...
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Re: Histoire(s) et actualités de l'action humanitaire

Message par Bulle d'o » sam. 10 nov. 2018 22:45

L'humanitaire aujourd’hui ne se fait pas que "ailleurs". Il est très présent, ici.

En même temps que je vous écris, après avoir écouté les deux parties de reportages sur les boat-peoples (en diagonale), j'écoute maintenant la conférence de l'université de genève. Et je ressens encore plus fort ce sentiment que j'ai d'être au coeur de ces témoignages/réflexion de part mon travail d'il y a quelques années et de celui d'aujourd'hui. Les questions notamment sur les différences des ressentis à l'égard des drames humains entre un avant et un maintenant, les incidences des images de personnes en détresse, loin, entre avant et maintenant... m'interpellent. Pourtant, je fais partie certainement des personnes qui ont l'opportunité de comprendre, par une partie de constat direct, à quel point ces différences sont pregnantes! Comme j'ai deux travail et qu'il y a peu, ma vie n'était que fleurs et plantes, je n'avais pas réellement suivi les dernières évolutions des grandes migrations mais je me souviens quand même d'avoir gardé un oeil sur les actions des peuples français pour les peuples étrangers. Et je me souviens d'avoir été considérablement soulagée de voir les actions des montagnards qui malgrè quelques menaces planantes de remontrances légales, ont insisté pour venir, tout de même, en aide aux personnes qui traversaient les frontières et qui risquaient d'y laisser leurs vies.

Je ne me permettrais pas de vous traduire avec précision ce que je vis professionnellement aujourd'hui eu égard à l'actualité vécue par ces gens réels, qui vivent celà en ce moment et que je rencontre, en France, dans des conditions extrêmement difficiles, dans des structures en dur "bidonvilles" ou en voie de devenir "bidonvilles" (par l'afflux des gens dans des zones qui ne sont pas dédiées à leur accueil), avec un peu de chauffage (et encore), peu d'alimentation, pas d'accès à l'école, ni pour certains enfants, ni d'accès aux cours de français pour les jeunes adultes (les plus anciens se sentent dépassés de cette réalité dans l'urgence de leurs vies)... soit les clés de voûte pour pouvoir se "situer" en France. On est loin de "maslow".

Mais nous sommes dans des "regards" de type humanitaires du fait même des conditions de vies et de subsistances de personnes qui viennent d'arriver en France, depuis 4 mois à 2 ans maximum. Et pourtant, je ne travaille pas dans une ONG sur le territoire français, je suis un acteur social d'une institution française.

Je ne peux pas entrer dans le détail, mais la situation de cette population immigrée (syrie), en demande d'asile, la façon dont elle a d'être accueillie en France, outre le fait d'être choquant que ces migrants puissent "déranger"- et ils dérangent- est très complexe. De ce fait, les réponses institutionnelles françaises saturent et les réponses qui en découlent ne peuvent plus s'arrêter à seulement des actions de l'ordre de l'action sociale (assistante sociale, aides dans le cheminement de vie, accès à des espaces pour être hébergés, soutien à la parentalité, aide aux personnes -adultes ou enfants -en situation de handicap, même dans le cas de personnes "sans papiers" sur le territoire...) car ils sont pris dans ces besoins de type humanitaire, même ici : arriver à manger, arriver à parler, à se déplacer, à se faire comprendre... Et cela, n'émeut pas, ou moins, cela aurait plutôt tendance à effrayer les riverains de proximité. Et ce qui est difficile parfois dans l'exercice, est de faire lien avec ces personnes et de gagner, tel qu'il est dit dans la conférence, "la confiance" en une opportunité qui parfois, au goutte à goutte, leur est donné de se situer de façon "safe". Il y a un jeu d'aller-retour entre "j'espère de" et "je crains de", "je me protège de".

Hors-sujet :

Et moi? Je peux vous dire comment je le vis.

Et bien, sans être dans une froideur qui pourrait vous glacer le sang, et malgré mon hyper empathie, le quotidien ne me bouleverse pas. J'ai pris mon parti de ne faire que ce que je peux faire : offrir un café, accueillir la parole, entendre la demande réaliste ou non, orienter au plus près de ce qui pourrait correspondre.

Par contre, quand je ne me situe pas dans mon contexte professionnel et que je regarde un film comme "Capharnaüm", si tout le monde pleure à un moment donné, moi je pleure du début à la fin. Et je ne comprends pas tout à fait bien pourquoi, et je me rends compte en partie car je clive tellement bien, que dans ma partie "vie privée", je lâche ce sentiment surprenant que je peux avoir lorsque je reconfronte une réalité très surprenante dans ma partie "pro". Quand je rentre chez moi, il me faut maximum 1h30 de trajet avant d'être protégée par mon chez-moi, le "loin" n'existe pas. Et je prends tout ce film, sous fond parfois de "tournage pour un public bien senti et ciblé", qui soulève notamment cette interrogation "qui peut on juger dans ses choix, ses non-choix?" comme une bouffée de respiration saine des neurones.

Ceci est un témoignage mais si vous avez des envie de réponses "techniques", je serais ravie d'échanger avec vous des éléments qui seraient plus référencés.

J'ai eu beaucoup de mal à traduire ma pensée dans ce thème, ne m'en voulez donc pas si ca vous parait peu clair.

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Re: Histoire(s) et actualités de l'action humanitaire

Message par Bulle d'o » sam. 10 nov. 2018 22:47

Bon, "deux métiers" aurait été mieux que "deux travail" :)

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Re: Histoire(s) et actualités de l'action humanitaire

Message par Cyrielle » mar. 13 nov. 2018 14:47

Merci pour ton retour o'bulle !

Je ne fais pas trop de différence entre l'humanitaire "là-bas" et "ici" car je crois que ce sont des aspects différents des mêmes crises : ce que tu décris de l'accueil des Syriens par la France me parait complètement lié à l'Aquarius ou à l'intervention humanitaire sur place.

Quant à ta vision très intéressante de la place institutionnelle, pour ma part je trouve ça plutôt honorable de penser que les pouvoirs publics font des choses et ne laissent pas tout aux associations. Mais j'entends aussi les (nombreuses) personnes qui sont choquées car elles ont l'impression que les français passent après, et je suis parfois en peine de contre-argumenter si elles-même sont dans de grosses galères. S'il ne s'agit pas de racisme de base, souvent je me tais :/.

Et puis en d'autres temps j'ai eu à m'occuper de prévention sida (coté institution mais en lien avec les acteurs associatifs et autres), et ce que tu écris me parle bien : c'était souvent compliqué d'aider les personnes sur ce point précis (la prévention ou le traitement de la maladie) alors que leurs besoins de base n'étaient pas satisfaits. Mais on avait, à cette époque et en ce lieu lointain, assez de moyens pour pouvoir assurer à peu près bien un accompagnement global qui les amenait à l'autonomie...

Enfin, j'ai une question "basique" : tu évoques la non-scolarisation des enfants réfugiés.
Naïvement (et aussi parce que ma frangine instit en campagne en a eu dans ses classes) je croyais que l'école républicaine a les moyens et se fait un devoir de les accueillir, indépendamment du statut administratif de leur parents.
Est-ce que ce n'est pas/plus le cas ? Ou bien est-ce que cela dépend des académies ? Des communes ? (je crains ta réponse :? )
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Re: Histoire(s) et actualités de l'action humanitaire

Message par Cyrielle » mar. 13 nov. 2018 14:48

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Re: Histoire(s) et actualités de l'action humanitaire

Message par Pataboul » mar. 13 nov. 2018 20:16

Et paf! En plein dans le sujet, l'interview en direct sur Thinkerview, sans coupure et sans langue de bois de Frédéric Penard, directeur des opérations de SOS Méditerranée, présent sur le fameux "Aquarius" qui a repêché quelques migrants en mer et fait l'actualité récemment.

https://www.youtube.com/watch?v=N6yzLWse410

J'en profite pour faire un peu de pub à la chaîne "Thinkerview" qui produit de tels interviews (en direct, sans coupure et sans langue de bois) depuis déjà 5 ans. Ils font un travail journalistique assez exceptionnel, prenant le temps d'aller au fond des choses (ITW de 1 à 2h), invitant des personnes aux fonctions et avis très divers. Il y a sans doute beaucoup de gens ici qui connaissent déjà, et beaucoup d'autres qui seront heureux de la découverte.

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Re: Histoire(s) et actualités de l'action humanitaire

Message par Bulle d'o » mar. 13 nov. 2018 21:54

https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/polit ... 2018-2022/

ce lien rapide éclairant sur le positionnement de l'état à l'égard de l'action humanitaire en France tournée vers l'Internationale, traduit assez bien l'image générale qu'on a de l'humanitaire mais cela n'empêche pas qu'il y ait des actions humanitaires en France, non, bien sur.

Mais il est en fait peut être une vision de l'aide qui s'est crée (recréé) après deux/trois types d'actions qui se sont organisées pour le soutien des populations en souffrance et/ou pauvres, en France. De façon très résumée, l'une provenait de la construction de l'assistance publique et du métier issue des infirmières devenue petit à petit assistante sociale qui ouvre le champ de l'action sociale et l'autre qui serait plus l'émanation par la professionnalisation de l'aide religieuse, devenue association loi 1901 (avec la laïcité) qui semble avoir impulsée la notion de rééducation et d'éducation spécialisée, sur la base des actions menées vers les enfants "inclassables" ou "anormaux" ou encore "handicapés" qui jusque là étaient pris en charge par le corps médical. A cela s'ajoute un troisième biais, l'éducation populaire qui a fait émerger des pratiques d'entraide dans les quartiers populaires, dont les centres socio-culturels sont les enfants et enfin, la création du tissu associatif hors religieux souvent par des personnes concernées par le sujet (intellectuels et philanthropes, politiques, parents de personnes atteints de tel ou tel handicap...). Je résume très fortement pour situer l'ancrage historique du grand existant actuel tourné vers l'aide à la personne, soit l'action sociale et l'éducation spécialisée.

Pour l'action sociale:
https://www.unccas.org/les-ccas-et-cias#.W-swCNVKiYg : la création de la fonction de bienfaisance vers les démunis
https://www.persee.fr/doc/rhmc_0048-800 ... 182_0000_3 : naissance du métier d'assistante sociale
Pour l'éducation spécialisée:
https://www.cairn.info/revue-contraste- ... e-201.html
Pour l'éducation populaire :
http://www.education-populaire.fr/histo ... populaire/ : pour un résumé historique (mais je ne sais pas la neutralité de la référence que j'ai prise, j'ai trouvé le résumé juste de la représentaiton historique que l'on connait).
http://www.education-populaire.fr/histo ... populaire/: autre point de vue.

L'humanitaire revient en France plutôt en force avec la création du système du Samu Social et de l'implantation de médecin du monde dans des antennes sur Paris. (je connais mieux cette région, mais rien n'empêche d'autres schémas car il y a toujours un lien entre réalité vécue, réalité sociale, mise à l'agenda politique et action concertée d'acteurs dans un territoire donné).

Mais en fait, cette chronologie montre bien la création initiale tournée vers les "réparations de guerre". Et c'est en celà, qu'elle est à la base différente de l'action sociale. Elle a plutôt vocation à traiter de situation singulière.

https://www.ladocumentationfrancaise.fr ... hronologie

Aujourd'hui, sur certains champs d'action, comme celui dans lequel je travaille, c'est l'action concertée des deux axes qui produit l'aide avec d'un coté l'action sociale et son cadre réglementaire mais aussi la construction humanitaire pour combler des besoins qui ne sont pas absorbés par le droit lui même.

Sinon, en France, il existe un droit des nationaux, un droit des étrangers en situation régulière et un droit des étrangers en situation irrégulière. Les trois ne sont pas les mêmes et ne sont pas régis par les mêmes enveloppes allouées dans leur déroulé d'aides sociales. Pour exemple, le droit aux soins de santé varient considérablement entre les nationaux et les "sans papiers". Donc, non, les uns n'empêchent pas l'existence de droits pour les autres et inversement. Je vous retrouverai ça à l'occasion.

Voir le CESEDA, entre autre sur le site du GISTI, très bien fait, très complet, fastidieux et non résumable.

Quant à la scolarisation, les enfants, aujourd'hui nommé mineurs (et c'est lourd de sens de dorénavant les nommer mineurs car cela leur confère un statut juridique laissant apparaître une possible distinction dans le traitement qui va leur être adressé), oui, l'école devrait pouvoir les accueillir tous. Mais faute de place, faute de moyen, faute de pouvoir identifier comment leur apporter parfois un savoir adapté (que fait on d'un enfant allophone de 13 ans, analphabète, qui devrait tout apprendre, le met on en CP?), certains ne le sont pas. Les classes adaptées sont peu nombreuses face aux récentes vagues de migration alors effectivement, cela se dessine malheureusement en "volonté de l'école" et en "volonté de la ville" et enfin en principe de réalité.

En gros mais ca mériterait des heures d'études et des heures de débats, qui sont encore très vifs aujourd'hui. Mais à mon niveau, ayant un regard empirique et un regard théorique, c'est un vaste sujet de réflexions qui ne s'épuise pas et qui m'absorbe.

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Cyrielle
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Re: Histoire(s) et actualités de l'action humanitaire

Message par Cyrielle » jeu. 15 nov. 2018 16:31

Ouah ! Y'a de quoi lire, en quantité et en qualité :favorite: .
J'adore lire ta vision (d'assistante ?) sociale qui élargit ma vision paramédicale, notamment sur l'historique et le droit humanitaire.

D'ailleurs, j'étais persuadée d'avoir appris que les deux métiers (assistante sociale et infirmière) avaient été séparés bien plus tard que ça (1920 selon l'historique) ! Ca me fait réaliser que le "chauvisnime pro" existe même dans les écoles d'infirmières^^.

3615 My life:
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Je pense depuis longtemps qu'il est inopérant de soigner un bout de corps sans se préoccuper de tout le reste, depuis le contenu (voire l'existence :think:) du frigo jusqu'au séjour légal ou pas, en passant par des ecchymoses mal cachées par du maquillage...

Enfin, ta réponse sur la scolarisation ne me surprend pas mais me fait frémir. Le service public est donc tombé bien bas :cry: .
Car comment peut-on prétendre intégrer les nouveaux arrivants si l'on n'assure pas l'éducation de leurs enfants dans notre Ecole laïque et républicaine ? J'ai vu tant de jeunes enfants qui servaient d'interprètes à la famille, parce que eux, dans la cour d'école avaient bien vite appris la langue d'accueil ! Le travail éducatif des associations ne remplacera pas l'école à mon avis. Le petit aperçu que j'ai eu à Mayotte d'une gestion "dépassée" par l'afflux des mineurs isolés me fait craindre un sombre avenir avec ces nouvelles générations...

Sur l'Education Populaire : ça aussi c'est passionnant et j'aimerais bien lire l'expérience des gens d'ici, la tienne en premier ? Mais il me semble que ça concerne moins l'action humanitaire, où est-ce que je me trompe ?
Moi j'ai découvert l'histoire de l'éduc'pop' (et son étendue : formation pro, etc.) assez récemment ; avant, ça c'était borné à la vente des autocollants de "jeunesse au plein air" :rofl:.

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Pataboul : je soutiens (forcément) et suis les bagarres l'Aquarius et SOS Médittéranée... mais tu voudrais pas faire un résumé de l'interview de Frédéric Penard, pour les fainéants comme moi que 2h de vidéo effraient :wasntme: ? Merci pour la découverte de Thinkerview !

[EDIT] Bon j'ai écouté F. Penard (un peu regardé aussi : il est vraiment charmant :huhu:), je vous soumets mes notes :
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C'est long... et j'ai zappé pas mal de trucs.
Quelques remarques :
- étonnant de voir que ses constats et perspectives ont beaucoup de choses en commun avec Yves Daccord
- le contraste de son attitude et de ses réponses, posées, modérées et celle de ceux de l'Ile de Lumière est stupéfiant. Son parcours (plutôt gestionnaire) et son poste (directeur d'opé) sont sans douet une des raisons
- sur l'interview : en fait j'ai été gênée... par l'absence de coupes, justement ! Car il y a des moments vraiment sans intérêt, et c'est looong, deux heures ! Et puis le parti-pris de l'interviewer qui est franchement sorti de sa réserve à la fin m'a dérangée. Je me demande s'il est journaliste ?
Y'a trop de monde sur les gradins... Le spectacle du monde nous appartient !

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Bulle d'o
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Re: Histoire(s) et actualités de l'action humanitaire

Message par Bulle d'o » lun. 19 nov. 2018 00:40

L'éducation populaire, je connais moins bien, je sais juste que j'ai été formée (et non, je ne suis pas assistante sociale mais juste à côté) pour réaliser des groupes d'échange sur le mode "éducation populaire" soit des "réseaux du savoir" où il s'agit pour chacun de co-construire un savoir sur un sujet en apportant, non pas par des apports théoriques et scientifiques, mais un partage de son savoir propre à chacun, de notion, d'expériences qui constituent le dit-savoir. Ca permet par exemple de travailler la notion de "citoyenneté" et de créer une dynamique de groupe où chacun, avec ce qu'il est peut amener quelque chose. Et après, j'ai appris d'autres techniques comme les "théâtres de l'opprimé" (j'espère que je ne confond pas avec une autre forme, je n'ai pas le temps de regarder ce soir, je le ferais, promis) qui consiste en gros à faire débat en jouant une scène "sociale" et chacun peut quand elle est jouée la seconde fois, modifier l'évolution du cours de l'histoire et du coup, changer le point de vue. Des notes peuvent être prises et une restitution faite au groupe sur les pistes à explorer pour une autre co-construction. Ca c'est du côté des outils mais en gros ca s'inscrit dans une dynamique moins formelle d'expression, issue du "populaire", pour le "peuple", pour permettre l'expression de chacun. C'est passionnant à lire et à voir faire. Mais je ne décris qu'une toute petite partie de l'ensemble de ce que c'est. Je chercherais des sources "sures" à l'occasion, pour l'instant, pas eu le temps de re pratiquer. (il faudrait que j'apprenne en ce moment à le faire en langue arabe, ca serait génial mais plus compliqué pour moi, n'étant pas arabophone). Qui sait un MOOC en fèvrier??? :)

Pour l'école, ca n'est pas tant la dégradation d'un service public qu'une immigration massive telle que nous n'en avons pas connu depuis longtemps et comme beaucoup de gens convergent vers la région parisienne, c'est difficile pour toutes les structures publiques d'absorber la vague... Et comme il s'agit de spécificités très particulières, c'est difficile de répondre sur le vif et créer les établissements adéquats. Du coup, ca s'est fait pour la réponse "hébergement" qui attrait à l'urgence de vie mais tout les champs de la socialisation, sont eux encore à défaut de pouvoir répondre. Et l'école, aussi dure que ce soit de l'entendre dans notre logique établie, n'est pas la première survie. Ce qui me touche par contre, c'est de rencontrer des grands qui espèrent que leurs enfants puissent entrer dans ces écoles et d'entendre un petit garçon de 5 ans me dire "bonjour, je m'appelle XXX..." et quand je le complimente sur son apprentissage du français, il explique à ma collègue en arabe, qu'il aimerait y aller, à cette école et il aime bien le français mais du coup, il ne peut apprendre que par ses frères et soeurs. Et j'ai beau être pro, là, je fais "glurps". Et je lui souris, car je ne peux rien faire d'autre... Dans l'immédiat ... :p.

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