les "révélés tardifs"

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madeleine
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Re: les "révélés tardifs"

Message par madeleine » lun. 26 févr. 2018 18:37

Se sentir prétentieux ou illégitime dès qu'on a des "facilités" dans un domaine ou un autre, c'est très fréquent et ça permet de questionner utilement à la fois les conditions de l'estime de soi et celles de la légitimité, même s'il n'est pas simple d'en parler avec ses proches.
Un petit tour du côté du topic "Supériorité/égalité : le faux débat" viewtopic.php?f=44&t=1270&hilit=faux+d%C3%A9bat permet d'élargir le cadre :)
le chemin est long et la pente est rude, oui, mais le mieux, c'est le chemin, parce que l'arrivée, c'est la même pour tout le monde... Aooouuuh yeaah...
avec l'aimable autorisation de P.Kirool

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celia
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Re: les "révélés tardifs"

Message par celia » jeu. 9 août 2018 21:08

Salut à tous et merci pour vos témoignages qui me parlent,

De mon côté, j'ai été diagnostiquée à 39 ans (il y a 3 mois seulement !) et je trouve dommage de ne pas l'avoir été avant, cela aurait évité de mauvaises prises en charge de ma souffrance, des années à me demander ce qui n'allait pas chez moi, si j'étais folle, à toujours chercher quelque chose sans savoir quoi et de trouver comme des morceaux de puzzle, sans pouvoir vraiment donner un sens à l'ensemble. J'ai le regret de ne pas avoir osé être moi-même par peur d'être rejetée ou abandonnée, mais je ne sais pas si un diagnostic plus précoce aurait changé les choses. Heureusement cette dynamique de recherche m'avait permis d'avancer et de dépasser des peurs, d'apprendre à prendre des risques, d'oser repousser mes limites.

Cette découverte est arrivée par hasard et c'était au bon moment. Elle a eu lieu après plusieurs années de thérapie qui m'avaient permis de commencer à démonter le faux self. Et même si ce n'est pas encore terminé, je m'autorise plus à être sensible, originale, je ne force plus à passer du temps avec des gens qui m'ennuient. Je me suis rendue compte que j'étais normale et ça a été un immense soulagement. Je comprends mieux pourquoi j'aime certains artistes qui le sont certainement : Amélie Nothomb, Dan Simons, Dolto, Cyrulnick, Dali, Genet, M, Camille ...
Je me rends compte aussi que j'en ai croisé d'autres dans ma vie, sans le savoir, et que j'en ai aussi pas mal dans mon entourage personnel et professionnel.

Mais pas facile d'en parler. Je n'en parle qu'aux personnes qui me semblent concernées et même là, je vois bien que ça coince ... souvent. Je pense que mon conjoint l'est aussi. Il ne veut pas trop en entendre parler et dit que ça ne changera rien à sa vie. Mais plus on en discute, plus il voit bien qu'il y a des choses qui lui correspondent (et qu'il me reproche par ailleurs !).
Quand j'en parle, j'utilise le mot surdoué, car c'est le plus connu, donc qui me semble le plus facile à identifier pour ceux qui ne connaissent pas, mais j'explique en parlant de fonctionnement différent, je cite des caractéristiques qui me semblent principales : le cerveau qui tourne tout le temps, le décalage / l'ennui avec les autres, l'idéalisme, l'empathie et l'hypersensibilité émotionnelle et sensorielle (même si je sais que tous ne n'y reconnaissent pas). Et après, je laisse la personne revenir vers moi. Parfois je tends des perches et ça prend ou pas, je prête un bouquin sur le sujet. Parfois, cela a pu amener à des prises de conscience réelles ou partielles. J'encourage la personne à en parler avec un professionnel spécialisé.

Je n'ai pas de regrets, car je trouve que je ne m'en suis pas trop mal sortie, malgré de grandes souffrances et une solitude parfois aigüe, mais aussi des moments de joie intense. Et aujourd'hui je suis contente de le savoir, je pense que je suis en train de l'intégrer à mon identité et à mon histoire. Cela me permet de mieux croire en mes capacités et d'oser faire des choses que je n'aurais pas osé faire avant, même si j'ai toujours ce fichu sentiment d'imposture. J'essaie de faire avec et me dis que je fais juste de mon mieux. Les mots pour désigner cette différence sont tous inadaptés. Mais pour moi se reconnaître "surefficient" (et parfois en parler), ce n'est pas prétentieux, c'est reconnaître objectivement sa différence et du coup pouvoir être soi-même et mieux accepter les autres. C'est aussi accepter que certains ne peuvent pas forcément nous comprendre. Pour moi, c'est une différence, par une question de supériorité ou d'infériorité. On est tous différents mais on est tous des êtres humains. C'est aussi reconnaître qu'on peut apprendre des autres, quels qu'ils soient. Car je pense que la relation à l'autre apprend toujours beaucoup, en particulier sur soi.
L'accepter, c'est pourvoir commencer à être vraiment soi-même et donc à être plus heureux, c'est comme ça que je le vis.
Désolée pour ce post un peu long ...
Nul devoir n'est plus sous estimé que celui d'être heureux.

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