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soazic
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Bonsoir,
je viens de terminer le livre d'Alexandria Marzano-lesnevich, "L"Empreinte" et...ne voulais pas le quitter. L'auteure raconte comment à la lueur d'un fait divers elle a vu ses convictions vaciller et sa propre histoire se révéler. Le sujet est grave, puis qu'il y est question de crime sexuel. c'est bouleversant et je pense excellement écrit au vue de la traduction. Subtile et d'une grande sensibilité, on la suit dans son introspection. Il entre dans les livres qui m'ont le plus marquée.
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Fu
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Je viens de terminer I am legend, de Richard Matheson, je voulais le lire après avoir vu le film de 2007. C'est plus sombre que la version Hollywood, plus compréhensible aussi (en lisant le livre on comprend le titre, et puis la psychologie du protagoniste est forcément mieux mise en avant), c'est de la SF des années 50 qui n'a pas trop vieilli. On voit le personnage passer par différentes phases, certaines parties m'ont paru plus longues que d'autres mais, dans l'ensemble, la lecture m'a laissé un goût agréable et j'avais envie de connaître le dénouement. C'est un classique, pas inoubliable selon moi, mais bon pour la culture et assez vite lu.
La semaine précédente j'ai complété un peu ma connaissance de Hugo avec Le dernier jour d'un condamné et Claude Gueux, et là je viens de commencer Justine ou les Malheurs de la vertu, de Sade, auteur que je n'ai jamais lu.
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Judith
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Fu a écrit :
ven. 13 mars 2020 08:04
Je viens de terminer I am legend, de Richard Matheson, je voulais le lire après avoir vu le film de 2007.
Je conserve un excellent souvenir du livre, que vaut le film?
Fu a écrit :
ven. 13 mars 2020 08:04
La semaine précédente j'ai complété un peu ma connaissance de Hugo avec Le dernier jour d'un condamné et Claude Gueux
Hugo, c'est comme Zola, il faut tout lire (je plaisante, c'est sans commune mesure et quoique hugolâtre au dernier degré, je ne crois pas avoir absolument tout lu). Mais les romans, si, il faut tous les lire, sinon c'est bête. :rofl:
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Fu
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Le film, celui avec Will Smith, est assez bien en lui-même mais, Hollywood oblige, il est un peu trop héroïque et gentil. Le traitement des créatures est mauvais : c'est une n-ième interprétation de la goule, un design graphique sans aucune originalité et vu mille fois (à la Voldemort), et surfant sur la mode des zombies qui a sévi (et sévit encore ?) durant le début de notre siècle. Pas de Ben Cortman, pas de Ruth, juste des monstres qui couinent et grimacent, ce qui rend la fin difficilement compatible avec le conclusion trouvée dans le livre. Du coup, le film propose quelque chose de légèrement différent, peut-être même mieux trouvé que dans le livre (dans l'idée sinon dans le traitement) mais, et c'est ironique, qui ne justifie plus le titre de l'œuvre.
Peut-être parce qu'il y a aussi Will Smith, parce que c'est aussi inspiré d'un classique de la SF, et parce que le design des robots était lui aussi sans aucune originalité, je compare toujours le film à I, Robot, sorti en 2004, qui lui m'avait franchement énervé car il piétinait carrément le thème du livre, l'amour d'Asimov pour ses robots et les trois règles de la robotique, pour en faire un film d'action totalement insipide avec des armes à feu et des vilains robots. De cette comparaison, le film I am legend sort gagnant, on va dire qu'il y a un effort pour respecter le livre malgré des modifications pour suivre la mode du moment et pour coller du happy end.
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Judith
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Merci de ta réponse. Il y avait de quoi faire un très bon film dans le livre, c'est un peu dommage de sacrifier ses aspects les plus intéressants à la norme hollywoodienne. Je vais quand même me laisser tenter, j'aime bien Will Smith et si l'action est efficace, ma foi...
Je n'ai jamais vu d'adaptation d'Asimov, qui est un auteur que j'aime beaucoup. Je ne savais même pas qu'il en existait. Mais d'après ton avis, je vais m'abstenir dans ce cas.
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Fu a écrit :
ven. 13 mars 2020 09:14
Le film, celui avec Will Smith, est assez bien en lui-même
Bon, c'est vu : sans commentaire, quoique je te trouve fort indulgent de le qualifier d'"assez bien" :) . Mais pour rester sur le thème de l'adaptation, c'est extrêmement éloigné du bouquin, et par moments (d'après mes souvenirs de lecture assez vagues donc sujets à caution) carrément à l'opposé dans son approche du phénomène traité. Un exemple parmi cent autres de la faculté de l'industrie américaine du divertissement à dénaturer ce dont elle s'empare... Vraiment dommage.


Je viens de finir un court roman absolument remarquable : Où j'ai laissé mon âme de Jérôme Ferrari. Dans un "centre de renseignements" en Algérie, pendant la guerre, trois hommes s'aiment et se haïssent au cœur de la tourmente : le lieutenant Andreani, le capitaine Degorce et leur prisonnier Tahar, commandant de l'ANL. Si le premier, lié au second par le souvenir traumatique de la guerre d'Indochine, est un exécutant sans états d'âme des ordres du gouvernement, il n'en va pas de même des deux autres, qu'unit une conception des événements plus haute, mais aussi sans doute plus retorse. Un triangle amoureux complexe et émouvant, une réflexion simple mais très efficace sur les ressorts secrets du mal dans l'homme, une magistrale évocation d'une page d'histoire encore très vivante dans les mémoires.
Un article intéressant sur le bouquin ici. C'est d'inspiration lacanienne, donc à éviter si l'on déteste la psychanalyse, mais sinon, c'est très bien.
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Judith
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Lecture de littérature chinoise ces jours-ci, pour rêver un peu. Comme je manque de temps et de disponibilité pour les gros volumes, je me replonge dans les Chuang qi, « chroniques de l’extraordinaire », ces récits fantastiques en langue classique qui naquirent sous les Tang et se développèrent à partir de la dynastie Ming avant de proliférer au siècle suivant. Ce sont de courts récits de mœurs, à visée morale et souvent discrètement politique, où prédominent l’étrange, le saugrenu, voire le macabre. Le chef-d’œuvre absolu du genre est bien entendu le gigantesque Studio des Loisirs, de Pou Song Ling (vulgarisé en Europe par ses adaptations cinématographiques fantaisistes -et géniales!- dans les Histoires de Fantômes chinois), où je pioche avec délices ; mais j’ai aussi ressorti le merveilleux En mouchant la chandelle de Qu You, mis à l’index pour sa critique sévère d’un empire corrompu, et celui qui est peut-être mon préféré, les Passe-temps d’un été à Luanyang, de Ji Yun : un brin plus sobre, marqué par le purisme linguistique de son auteur qui fut l’un des grands critiques littéraires de son temps, c’est un bijou de finesse et d’humanité, où sous couvert de revenants distingués et de rêves biscornus, se dessine une satire sociale pleine d’âpreté.
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Les misérables de Victor Hugo, artémis ?
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Kaën
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J'adore pour ma part relire des bouquins. C'est aussi parce que je n'ai clairement pas les moyens d'acheter des livres toutes les semaines.
Là je me refarcis l'intégrale de Le Trône de Fer de Martin (qu'on ne présente plus), ainsi que Soeurs de Minier (polar, le cinquième d'une série suivant un même flic).
En nouveauté, je viens de terminer Mieux vaut mourir debout que vivre à genoux de Pelloux sur les derniers moments de grands noms de l'histoire, je vais probablement entamer la série Les Desmichels de Thyde Monnier (j'ai lu le tome 4, et uniquement lui il y a des années, grande saga familiale) et j'attends également quelques fanfictions Harry Potter que je suis depuis des années (et qu'on ne présente plus non plus).
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Enuma
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J'essaye de continuer la lecture du 2eme tome d'une trilogie (je ne lis plus aussi souvent qu'avant, et même bizarrement en confinement). Ça s'appelle "La foret sombre" de Liu Cixin, découvert un peu par hasard, maintenant que j'ai fait le tour de la plupart des grands auteurs de hard SF (pas simple d'en trouver de nouveaux qui me conviennent d'ailleurs)
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Swinn
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@Enuma Oui le problème à 3 corps était plutôt pas mal et assez original, la foret sombre est en projet de lecture mais j'ai déjà une liste longue comme le bras a finir.
Je te rejoins de trouver de bons auteurs de SF comme de littérature d'horreur dont quand c'est bien fait, je suis assez friand.
Je commence pour ma part aujourd'hui : La guerre des métaux rares de Guillaume Pitron, à propos de l'économie et de la géopolitique souterraine des matériaux indispensables à la transition énergétique : lithium, cobalt, terres rares et métaux rares dont le nom se termine généralement en hum...
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Judith
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J'ai décidé, pour me sentir en bonne compagnie au cours de ce printemps pourri, de me replonger dans Balzac. C'était l'un des auteurs favoris de mon père qui m'en a donné le goût très jeune, et il ne me quitte jamais tout à fait. Mais là, j'hésite :honte: . J'ai déjà lu plusieurs fois une cinquantaine de titres de la Comédie Humaine (qui en compte une centaine), et j'ai envie d'en relire sur une période un peu longue et de façon structurée : comment m'y prendre? Je pourrais suivre un personnage, par exemple relire les titres qui mettent en scène Vautrin, ou bien l'aborder de façon géographique en lisant les volumes autour de la Touraine. Le mieux est peut-être de lire dans l'ordre chronologique une des sections créées par Balzac lui-même : les Scènes de la vie privée par exemple, ou les Scènes de la vie de campagne.
S'il y a des amoureux de Balzac parmi vous, qu'en pensent-ils? Comment lisent-ils la Comédie Humaine, dans quel ordre ou dans quel désordre, ou sous quel(s) angle(s)? Ont-ils des marottes de lecture ou autre?
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Fu
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Bon, je n'ai pas fini Sade : c'est surprenant, intéressant, mais répétitif, la pauvre jeune fille innocente qui tombe de mal en pis, et la description des sévices… C'est imagé, amusant parfois, intéressant de lire la philosophie de vie des différents personnages rencontrés, notamment en les remettant dans le contexte de l'époque, mais décidément trop répétitif et, pour moi, un peu dérangeant à force. Dérangeant parce qu'insister sur les vices de telle façon ne consiste plus seulement à présenter les goûts de l'auteur mais à les étaler.

À la place, et dans un genre un très différent, j'ai enfin attaqué Les Misérables, que je n'avais jamais lu mais j'ai encore un vif souvenir d'une série télévisée avec Jacques Dufilho, idéal dans le rôle de Javert (et peut-être Gabin dans celui de Jean Valjean). [Ou alors, pour Dufilho, je confonds avec Les Mystères de Paris, je ne sais plus, c'est vieux. ;) ]

@Judith, j'ai lu une vingtaine de romans de La Comédie humaine, un peu dans le désordre et en commençant par Le Père Goriot. Il y a beaucoup de livres dont je ne garde pas un excellent souvenir, mais j'avais adoré Illusions Perdues et surtout Splendeurs et Misères des courtisanes, avec Vautrin justement, et si je devais en relire ce serait ceux-là. Si Vautrin intervient dans d'autres romans, leur lecture pourrait m'intéresser. J'ai délaissé Balzac à cause de son livre sur le curé de campagne, c'était pénible et, si je me rappelle bien de la préface, écrit plus pour « faire de la lèche » que pour écrire un roman, à un moment où Balzac briguait je ne sais plus quel titre ou honneur. Plus tard, et pour ne pas répondre à ta question, j'ai lu Gloriana ou la Reine inassouvie, de Moorcock, et un des personnages m'a fait rêver un peu à la manière dont Vautrin l'a fait, c'est un truc livre que je vais relire.
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Swinn
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Dis donc @Fu les misérables avec Dufilho ça n'est pas jeune jeune ça !
Je m'en souviens aussi on regardait ça religieusement à la maison.

Je te rejoins également sur Sade avec la jeune fille innocente qui tombe de Charybe en Scylla....cette littérature est intéressante dans le contexte mais aujourd'hui internet a mis un sacré coup de vieux à tout cela.

Je viens de commencer 2033 de Dmitry Glukhovsky, une mission dans les couloirs du métro moscovite après la fin du monde....je ne sais ps qui l'a lu ici.
En ce qui me concerne je n'en suis qu'au premier tiers mais ça me laisse sur ma faim pour l'instant, pas bien traduit et très linéaire dans sa narration.
En science fiction russe je n'ai pas encore trouvé mieux que les frères strougalsky : Stalker, le lundi commence le samedi....
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Judith
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@Fu Merci de ta réponse sur Balzac. Vautrin est effectivement la figure romanesque la plus fascinante qu’il ait créée, et l’un des « surhommes diaboliques » les plus impressionnants du XIXème siècle qui était pourtant féru de ce genre de personnage. En sus de la trilogie du Père Goriot que tu as lue, Vautrin apparaît dans Le député d’Arcis, un roman intéressant, mais inachevé, et paru posthume sous une forme « complétée » problématique, qui dépeint les luttes de pouvoir au sein d’une petite ville de province. Si tu t’y plonges, ne t’attends pas au grand Balzac, c’est une œuvre mineure, mais c’est tout de même une bonne lecture.
Je me suis finalement décidée pour les Scènes de la vie de campagne, qui est un cycle un peu à part dans la Comédie Humaine, et que j’aime beaucoup. Je ne partage pas ton avis sur Le curé de village. Je ne l’ai pas encore relu puisqu’il est le troisième du cycle, mais j’ai le souvenir d’un très grand roman, vraiment « balzacien » au meilleur sens du terme. La partie policière est son point faible, mais les personnages sont attachants, la peinture sociale est presque scientifique dans sa minutie et il y a un très beau réseau métaphorique, quasi symboliste, entre la terre de Montégnac et le corps et l’âme de Véronique Graslin, la femme pécheresse : d’abord desséchés et stériles puis irrigués et revivifiés par l’influence bienfaisante de l’abbé Bonnet : c’est toute l’imagerie biblique des eaux vives qui est reprise et amplifiée avec beaucoup de cohérence, tant dans la dimension sexuelle que dans la dimension mystique. On peut être agacé par l’idéologie réactionnaire de Balzac, son cléricalisme, et c’est pire encore si l’on y pense en tant que féministe :) , mais la valeur littéraire du livre n’en est pas amoindrie.

Sur Sade, il y aurait beaucoup à dire. Je n'aurai pas le temps, mais il faudrait lever des malentendus à son égard dans les deux avis donnés : je pense que c’est devenu un auteur difficile à apprécier pour des lecteurs du XXème siècle, en partie à cause de ce qu’on est porté à en attendre sur la base de lieux communs, et qu’on n’y trouve évidemment pas.
Les Misérables est l’un de mes romans fétiches, je le relis régulièrement et le connais absolument par cœur :honte: . Quand tu l’auras lu, donne ton avis, ça sera intéressant d’en discuter un peu.
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Judith
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Je reviens quand même une minute sur Sade : pour ne pas se "planter" dans sa lecture et donc passer à côté, je recommanderais de l'aborder par la bande et non de front. Par exemple, on peut lire La lectrice de Raymond Jean. C'est un adorable petit bouquin écrit par un universitaire, lui-même fin connaisseur et amateur du divin marquis, qui brode une variation souriante et légère sur un thème sadien, et permet de se faire une idée assez intéressante du génie littéraire de l'auteur qu'il pastiche. Et il y a en prime un très joli film de Michel Deville adapté du livre, avec Miou-Miou dans le rôle de la fausse innocente et vraie perverse, qu'on peut voir dans le même esprit.
Bon, ce n'est qu'une suggestion pour les éventuels déçus qui voudraient redonner une chance à Sade. :)
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Judith
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J'émerge de mon cycle balzacien et je me replonge dans un autre géant, peut-être mon écrivain préféré du XXème siècle, en tout cas l'un de ceux qui figureraient dans ma liste "à emporter sur une île déserte" : Claude Simon.
Là pour le coup, je vais relire toute l’œuvre littéraire, car elle n'est pas colossale, donc pas de dilemme, sauf sur l'ordre des lectures. Je pense que je vais commencer par le diptyque familial des Géorgiques et de L'Acacia, puis je reprendrai à partir de L'Herbe.
Je suis émue à l'idée de retrouver cette écriture fascinante, qui restitue comme nulle autre les méandres et les ressassements d'une conscience aliénée par la certitude de sa propre précarité.
Je remettrai peut-être un mot quand j'aurai fini les Géorgiques (si je n'ai pas sombré dans la dépression d'ici là, car la prose de Simon est l'une des plus désespérée qui soit, mais bref :honte: ).

@Fu alors, ces Misérables?
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Kliban
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Je viens de finir le 4e tome de Fables (le comics mettant en scène les créatures de fiction qu’on trouve aux contes et contines et récits fantastiques, en mode urban fantasy). Celui-ci semble plus de transition, et m’a moins convaincu que les précédents. Moins de révélations étranges et savoureuses, un dessin pas toujours très maîtrisé, une ligne narrative plus anecdotique où les personnages au fond ne gagnent peu - à l’exception d’un seul. Mais les trois premiers étant une tuerie, j’ai espoir des surprises que les quatre suivants réservent.

Sinon j’ai fini la savoureuse collection d’instantanés faits par Timothy Brook dans Le léopard de Kubilai Kahn - un condensé d’histoire de Chine, qui m’en a rendu plus proches les modes de raisonnement politique. Vivant, érudit et instructif. Du coup ça m’a relancé sur L’histoire à parts égales de Romain Bertrand, qui relate, au tournant du XVIIe siècle, les contacts entre Occidentaux et Malais dans la ville de Banten (actuelle Indonésie) : un des tableaux de Brook était consacré à cette ville et à son quartier des commerçants étrangers, où se côtoyaient Hollandais, Anglais et Chinois. M’intéresse de voir comment les différentes parties ont perçu ces relations.

Je poursuis en parallèle l’excellente introduction que Laurent Moonens consacre aux théories de l’Intégration de Riemann à Kerzweil et Henstock. Pour une fois qu’un bouquin de math prend son temps, marque tous les détails des démonstrations et surtout étend chaque section d’un très complet appendice historique truffé de citations originales ! Petit bijou, sur un sujet que j’ai toujours trouvé difficile.

Il y a aussi de Hillman Re-visionning psychology - disciple hérétique et radical de Jung, Hillman entend casser la pensée symbolique au profit d’un polythéisme de l’âme qui passerait immédiatement par l’imagination sans passer par la case métaphorisation. Ébouriffant et stimulant.

Et j’ai commencé, mais il m’agace autant que son érudition me fascine, La philosophie antique de Pierre Vesperini, tenant d’une historiographie nominaliste ne projetant rien de la structure de « la philosophie pérenne/universelle » sur son objet mais, se demandant ce que « philosophe » veut dire à chaque période, entend qu’histoire soit faire à partir du signifiant tel que chaque époque l’entend. Il y a là la puissance d’une thèse de jeunesse, ses excès aussi - mais j’avoue avoir été déçu par le premier chapitre, dédié aux sages d’avant Socrate, dont au fond il se contente de dire qu’ils furent surtout proches des dieux et de leur savoir et ainsi surtout faiseurs de prédictions - à rebours d’une certaine genèse héroïque de la philosophie, qui a fait d’un Thales le premier rationaliste. Rien de neuf pour l’instant, ce qui affaiblit (pour le moment), le premier et passionnant chapitre dédié à l’historiographie de la discipline.

Et voilou. Bisous !
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Kliban a écrit :
jeu. 21 mai 2020 21:48
Et j’ai commencé, mais il m’agace autant que son érudition me fascine, La philosophie antique de Pierre Vesperini
C'est vrai qu'il est parfois irritant, et souvent trop rapide en besogne. Mais c'est tout de même bien agréable à lire et il y a quelques perspectives intéressantes. Son bouquin sur Lucrèce (Lucrèce, archéologie d'un classique européen, 2017) est meilleur et devrait te plaire si tu ne l'as pas déjà lu.
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Fu
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@Judith, j'ai mis Les Misérables en pause pour cause de boulot, professionnel et à la maison. Je suis au deux tiers du second tome, et je sens que tu vas crier au scandale ;) , mais j'ai sauté les interminables chapitres sur Waterloo, de la même façon que j'avais sauté le chapitre sur les toits de Paris dans Notre Dame. Ces informations sont bien écrites, documentées et très riches en information, mais à chaque fois je ne supporte pas ces divagations au milieu de la fiction, fiction qui est déjà un peu lente ici.

Avant de reprendre, je lis en ce moment un livre de Trachtenberg expliquant quelques méthodes de mathématiques rapides, pour faire certains gros calculs (multiplications, divisions, carrés et racines carrées) de tête ou du moins en écrivant le résultat directement sur la feuille.
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Kliban
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Judith a écrit :
ven. 22 mai 2020 06:52
Son [Vesperini] bouquin sur Lucrèce (Lucrèce, archéologie d'un classique européen, 2017) est meilleur et devrait te plaire si tu ne l'as pas déjà lu.
Merci, un ajout de plus à ma liste - j’avais lu le fascinant Quattrocento de Greenblatt sur le sujet.
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@Fu crier au scandale serait excessif :D , mais disons que tu joues petit bras, avec Hugo. Les Misérables ne sont pas si durs à lire en entier, quand même, pas plus que le reste de son œuvre. Les grandes "machines" romanesques du XIXème siècle peuvent nous paraître lentes mais leur structure et leur mouvement étaient en général soigneusement élaborés par leurs auteurs (bon, Balzac et Dickens ont tiré à la ligne, c'est certain). Enfin si tu le finis et que tu as un avis, je suis toujours preneuse.

@Kliban le livre de Greenblatt est très bien fait, mais il donne quand même une idée très naïve et faussée des choses. On l'a parfois comparé au Trône de Fer, ce qui est un peu cruel mais pas idiot : on s'amuse beaucoup chez Martin mais on n'y acquiert pas pour autant une représentation juste du Moyen-Age et c'est un peu pareil chez Greenblatt, toutes proportions gardées. Vesperini est d'un autre calibre malgré ses défauts.

Si tu es à la recherche de perspectives un peu originales sur des philosophes qu'on croit trop bien connaître, tu peux lire le dernier livre de Bernard Sichère, Aristote au soleil de l'Être. C'est éminemment polémique : Sichère tire Aristote vers Heidegger, pour faire court, ce qui est quand même problématique. Mais c'est sérieux et stimulant.

Edition : sur la question précise de la diffusion des idées d’Épicure et de leur rôle dans la formation de la modernité, le dossier scientifique le plus complet accessible à l'heure actuelle se trouve dans le très bon livre de Catherine Wilson Epicureanism at the origin of modernity (Oxford University Press, 2008).
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@Judith Merci, je vais jeter un œil sur le Wilson - le Greenblatt était une narration sympathique et pour moi éclairante, la Renaissance m’étant terra quasi incognita, une introduction que j’ai lue très vite qui plus est, ce qui me changeait.

Pour rebondir sur le Sichère, je me demandais si Brague, Aristote et la question du monde n’était pas déjà dans cette veine heideggerianisante ? (Je l’ai à la maison mais en recule la lecture : j’ai un soucis avec Aristote, je ne parviens pas à rentrer dans ses labyrinthes - je m’y ennuie très vite).
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Kliban a écrit :
sam. 23 mai 2020 08:34
Pour rebondir sur le Sichère, je me demandais si Brague, Aristote et la question du monde n’était pas déjà dans cette veine heideggerianisante ?
C'est le cas, bien sûr, et Sichère discute (brièvement) certains partis-pris de Brague dans son livre. Mais il choisit un autre angle d'approche d'Aristote : celui de la langue grecque en tant qu'outil privilégié du discours sur l'Être, en partant de son expérience de traducteur de la Métaphysique. C'est très différent de Brague et en plus, ça se lit vite et avec plaisir.
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albavega
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Bonjour ,

actuellement plongé dans la biographie de Hitler par Ian Kershaw. Effrayant de voir à quel point ,pendant les années 30, rien n'a vraiment été fait pour le neutraliser ou autre.

Le livre est très détaillé et mets en lumière des aspects méconnu de la personnalité du chancelier . Pour ceux que cette période intéresse , je vous le conseille
La vie est un souffle, alors profite de chaque vent...
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