Sauter une classe : opportunité ou danger ?

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Tartempion
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Re: Sauter une classe : opportunité ou danger ?

Message par Tartempion » jeu. 8 févr. 2018 17:06

Ceci est la suite de ce message.

Si vous avez l'occasion de faire sauter une classe à votre enfant, je vous conseille de le faire avant le collège (bien sûr, si votre enfant est en demande et que vous le sentez prêt). Je me doutais que ça serait difficile (d'après les articles et témoignages que j'ai trouvés) mais pas à ce point.
Heureusement que le principal du collège de ma fille aînée n'est pas complètement fermé : il propose qu'elle passe quelques heures par semaine dans une classe supérieure sur quelques matières, histoire d'observer son adaptation.
Je ne sais pas si c'est une coïncidence mais les professeurs qui sont pour le saut de classe de ma fille sont ceux qui connaissent des surdoués dans leur entourage.
De plus, ma fille n'atteint les 130 sur aucun des cinq indices (IMT et IVT quelques points en dessous de 130), heureusement qu'elle est née en janvier.
L'erreur est humaine, mais un véritable désastre nécessite un ordinateur.

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Re: Sauter une classe : opportunité ou danger ?

Message par Choupinne » jeu. 8 févr. 2018 17:29

Tiens, je l'avais pas vu ce topic là !

J'ai sauté 2 classes (CP et 6ème) et suis de la fin de l'année. Je suis donc arrivé en 5ème à 9 ans, quand la plupart en avait 11-12.

Pour moi, c'est un élément majeur et central dans le fait que, de nombreuses anneés plus tard, j'ai eu des soucis d'alcool, de dépression, et que je sois avec le temps devenu polytoxicomane. Donc concernant le titre du topic... mon avis est assez tranché :D

Je développerais plus plus tard éventuellement :)
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Re: Sauter une classe : opportunité ou danger ?

Message par W4x » jeu. 8 févr. 2018 18:24

8o Je ne pensais même pas ça possible... Et pour peu, à l'époque c'était possible, qu'il y ait eu des élèves avec 2 ou 3 ans de retard, voilà le décalage... Sans développer le sujet des substances récréatives, tu penses vraiment que c'est ce qui a induit ça chez toi?

Pour répondre à Tartempion, sauter une classe avant le collège semble effectivement plus facile, ne serait-ce que pour l'organisation scolaire (1 seul enseignant de référence, un rythme moins rapide) mais sans doute aussi qu'elle peut (je dis bien peut) habituer l'enfant au décalage de maturité avec les autres occasionné par le saut de classe, et éventuellement combler ce décalage les années allant (notamment à l'adolescence, ce qui peut expliquer que ce soit plus dur au collège : s'il y a peu de différence entre un enfant de 7 et un enfant de 8 ans, entre 10 et 13 ans c'est vite le grand écart entre deux enfants d'âges proches...).
J'ai l'impression, et ça rejoint sans doute ce que dit Choupinne, que l'adaptation est davantage une question de maturité que purement scolaire. En tous cas il est nécessaire que ce saut de classe soit encadré (notamment avec des immersions en classe supérieure, ce qui se fait de plus en plus), et les adultes préparés afin que ça se fasse au mieux.
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Re: Haut Potentiel et QI hétérogène

Message par Za » ven. 9 févr. 2018 12:40

Feufollet a écrit :
ven. 12 janv. 2018 15:24
Et en quoi consistait la classe EIP du collège?
Je n'avais pas vu cette question...

Donc, classe EIP proposée sur 6ème-5ème dans un collège privé, enfin ce dont je me souviens :
La rentrée s'est faite un peu en avance, rencontre avec les parents alors que les gosses faisaient connaissance dans la cour. Nous avons commencé par deux ou trois jours dans une sorte de colo à la campagne, avec activités : cabanes, course d'orientation, jeux pour faire connaissance, art plastique il me semble.

Classe en effectif restreint (une petite vingtaine).
Au niveau du programme, une classe "européenne" allemand-anglais, et des cours de physique dès la sixième (on y a abordé les atomes, la météo, regardé quelques C'est pas sorcier.. :huhu: ). Il me semble qu'on avait aussi pas mal d'heures de "vie de la classe", je ne sais pas si ça différait des autres.
Dans le collège il y avait des activités entre midi et deux (arts, sports) et on était encouragés à y participer.
Et puis de nombreuses sorties découverte (sciences - histoire - etc) étaient organisées.
Globalement j'ai vraiment profité de ce programme, avec le recul. Je ne m'ennuyais plus, ou rarement.
Petit détail appréciable : c'était un établissement catho mais nous étions entièrement dispensés de tout rite, caté etc., au contraire des autres classes.

Nos profs étaient globalement très impliqués dans le projet, leur approche était souvent différente de ce qu'on peut attendre dans un collège classique (beaucoup de travaux de recherche, exposés, etc) - parfois ils déployaient des trésors de patience d'ailleurs... c'était un sacré zoo dans mon souvenir 8o les parents accompagnateurs doivent également se souvenir avec émotion de certaines sorties... on en perdait toujours un ou deux !!!
Quasiment que des garçons, avec quand même pas mal de soucis au niveau affectif et comportemental :D
Je rigole mais ça rappelle une chose : on repère les gamins qui posent problème, rarement les autres.

D'ailleurs, puisqu'il en est question juste au-dessus, il y avait bien 3 ou 4 élèves qui avaient sauté deux classes en primaire.
J'ai mis mon képi dans la cage
et je suis sorti avec l'oiseau sur la tête...
J. Prévert

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Re: Sauter une classe : opportunité ou danger ?

Message par Grabote » ven. 9 févr. 2018 13:27

J'ai l'impression de ne pas lire très souvent la position de l'enfant concerné sur ce fil, ça m'étonne toujours, car finalement il est quand même le mieux placé pour savoir si cela lui serait salutaire ou non... Je ne veux pas dire que c'est à lui de décider, certes non, c'est aux adultes d'assumer la responsabilité de ce choix, mais il me semble que sa parole devrait être ... prépondérante.
La question s'est posée deux fois pour notre fille, à la fin du Cm1 pour passer directement en 6ème et en fin de 4ème pour passer en 2nd. Nous en avons discuté en "conseil de famille". Les deux fois, L. n'avait aucune hésitation, elle ne voulait pas et ses arguments étaient pertinent. Nous l'avons suivi et je dois dire que je m'en réjouie. Le Cm2 s'est révélé être sa meilleure année de primaire, l'ambiance et la dynamique de classe était riche et joyeuse, nous avons vu sa confiance en soi s'affirmer et trouver une place épanouissante dans le groupe. Cette année lui a véritablement permis de rentrer en 6ème dans les meilleurs conditions possible. Ce fût d'autant plus important qu'elle entrait dans un collège où elle ne connaissait pour ainsi dire personne.
Pareil pour la 3ème en cours, c'est touchant de la voir épanouie et à l'aise socialement dans son établissement, rien à voir avec l'année dernière. C'est lié aussi au hasard de la composition du groupe classe et du groupe prof ;-).
Je crois qu'il ne faut pas perdre de vue qu'il n'y a pas que l'apprentissage scolaire en jeu et que l'apprentissage social est tout aussi important. Il n'est pas toujours facile de faire les deux en même temps ... et on a parfois besoin de plus de temps dans un domaine que dans l'autre.
Bref, il me semble que c'est du cas par cas et qu'il est très important de prendre le temps de questionner et d'écouter son enfant.
Du cas par cas, par enfant et par situation, je veux dire qu'ille aura peut être envie de sauter une classe et pas une autre ...
L'essentiel est sans cesse menacé par l'insignifiant. René char

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Re: Sauter une classe : opportunité ou danger ?

Message par Lectrix » sam. 10 févr. 2018 18:05

Je crois qu'il ne faut pas perdre de vue qu'il n'y a pas que l'apprentissage scolaire en jeu et que l'apprentissage social est tout aussi important. Il n'est pas toujours facile de faire les deux en même temps ... et on a parfois besoin de plus de temps dans un domaine que dans l'autre.
J'aimerais juste rebondir sur ces propos de Grabote à partir de ma maigre expérience. Il y a un paramètre qu'il peut être judicieux de prendre en compte dans certains cas : la scolarité a tout de même une durée limitée et la question de la maturité n'est pas uniquement pertinente d'un simple point de vue social, à l'intérieur de la structure scolaire. Sauter une ou deux classes, cela signifie aussi, dans la plupart des cas, quitter l'enseignement secondaire un ou deux ans plus tôt. (Et je ne parle pas de la possible entrée dans le monde professionnel ensuite !) Si cela peut être salvateur pour un jeune très indépendant et/ou pour lequel le milieu scolaire est particulièrement anxiogène, tout le monde n'est pas forcément prêt à seize ou dix-sept ans à se lancer dans des études supérieures et surtout à affronter tous les bouleversements que cela peut engendrer. Outre l'apprentissage purement scolaire, les années passées au collège ou au lycée sont aussi un temps où l'on peut se forger une expérience et un début de projet de vie, se construire personnellement en tant qu'adulte en devenir. Il serait dommage ensuite de regretter d'avoir brûlé certaines étapes à ce niveau-là.

Je ne dis pas pour autant qu'il faut forcément renoncer au saut de classe, juste qu'il faut en mesurer toutes les conséquences possibles, y compris celles qui ne sont pas les plus immédiates. Pour ma part, je ne regrette pas du tout mon année d'avance, mais je pense qu'elle a tout de même eu un certain impact sur mon parcours, alors même que l'écart avec certains de mes camarades pouvaient (et peut encore) se compter en semaines. Voilà pourquoi il me semble important de souligner qu'un jeune qui se sentirait à l'aise dans un milieu scolaire (sécurisant à certains égards), pourrait, à un instant t de sa vie, trouver facile de changer de niveau ou de classe à l'intérieur de ce même milieu, mais beaucoup plus difficile d'en sortir en avance ou de se retrouver confronté à de nouvelles expériences de vie avec moins de temps pour s'y préparer. En fin de compte, comme la plupart d'entre vous, je crois vraiment qu'il faut faire au cas par cas, en fonction de la situation, de la personnalité de l'enfant et de ses souhaits.

Ce ne sont là que des réflexions personnelles, qui se nourrissent de ma propre expérience encore trop récente pour que j'aie beaucoup de recul. Vous me direz peut-être qu'on ne peut pas tout anticiper, qu'il vaut mieux régler un problème à la fois, et vous aurez très certainement raison. Mais comme en tant qu'étudiante, je vis encore (dans une moindre mesure) les conséquences de mon saut de classe, je me dis qu'un tel aspect mérite peut-être d'être pris en compte pour certains enfants/adolescents. :)

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