Comment vous sentiez/sentez vous à l'université ?

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Kurai
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Comment vous sentiez/sentez vous à l'université ?

Message par Kurai » ven. 29 nov. 2019 15:45

Salut,

Je voulais poser une question à ceux et celles qui sont étudiant(e)s ou qui travaillent à l'université (ca va donc surtout s'adresser à des scientifiques ou des littéraires qui ont bien voulu faire des études longues parce que ca leur plaisait). En fait, je voulais savoir si parmi vous il y avait des personnes qui avaient trouvaient l'université lente et ennuyante (au sens facile) et si oui, comment vous l'avez géré. Mais si d'autres ont un avis là dessus, cela m'intéresse également !

En fait, ma question n'est pas anodine, et je comptais aborder ça en thérapie, mais je suis intéressé par l'avis de ceux qui sont concernés et par la manière dont vous l'avez géré.

Pour ma part, j'ai toujours trouvé l'université trop facile, et je n'ai jamais compris pourquoi ca l'était alors qu'on m'avait toujours vendu un truc super mega difficile, ni pourquoi d'autres personnes galéraient (au point que je n'allais jamais en cours, et que j'ai fait raccourcir mon cursus, etc alors que d'autres ne comprenaient pas les opérations les plus élémentaires). Pour autant, l'université a toujours pour moi été l'endroit où je pourrais me retrouver le plus, parce que dans ma tête c'était l'endroit avec le plus de personnes qui avaient une vision différente des choses par rapport à la société quotidienne (et en pratique le QI moyen en université est de 125, à Harvard c'est 140+ d'après une étude - donc théoriquement il y a la place pour avoir une multitude de pensées différentes - attention, je ne fais pas le raccourci QI élevé => génie, je ne parle pas de réussir ou non, je parle juste du mode de pensée - c'est surtout par rapport à la vision des choses, je trouve qu'il y a peu de visions et d'avis différents qui s'expriment, et je retrouve le côté "human pet" que je perçois en société, et je trouve ça dommage - ca n'enlève rien à la qualité du travail de mes collègues, mais je trouve ça étrange que des universitaires puissent tenir des raisonnements faux et s'en rendre compte que bien plus tard - en comparaison, il y a le petit belge qui va avoir son doctorat en 11-12 ans qui me fait penser qu'on est tous plus ou moins des guignols - sans remettre en cause la qualité des uns et des autres, je parle plutôt d'un constat global - et qu'effectivement la fac est super facile, mais comment savoir si c'est nous qui sommes trop lent, ou lui qui est plus rapide...), au point que j'ai voulu avoir un doctorat et devenir prof. Je me suis toujours considéré comme un étudiant moyen voir mauvais et les notes n'ont jamais été un gage de réussite (la preuve j'ai toujours eu d'excellentes notes visiblement, mais je suis en situation d'échec au niveau de ma carrière, même si je ne comprend pas toujours pourquoi mes pires articles sont acceptés, et mes meilleurs articles refusés...).

Mais maintenant, au fur et à mesure que j'avance dans ma carrière, l'ennuie est de plus en plus présent, la démotivation s'accentue, le gap de compréhension aussi, je comprend de moins en moins l'émerveillement de mes collègues par rapport à des évidences, je ne comprend pas qu'ils ne puissent pas voir ce que je vois, et en même temps, quand je lis certains articles de certaines top université, je vois le gap immense entre ce que je pourrais faire et ce qu'ils font, mais dans ce sens là, je suis émerveillé par leur "mais comment ils arrivent à avoir un tel niveau d'abstraction" (genre la physique quantique, il m'a fallu un peu plus de temps que les gens de harvard pour comprendre de quoi il en retourne). Ceci dit, je ne me sens pas capable de produire des idées de ce genre, mais je me dis que si je travaillais plus rigoureusement, je pourrais arriver facilement à comprendre plus vite le raisonnement que ces personnes là ont.

Par conséquent, j'ai développé l'idée que si je m'ennuyais avec mes collègues actuels que je trouve trop lent à la détente, c'était peut-être parce qu'ils avaient peut-être une vision des choses trop élevée que je comprenais pas, des éléments que je ne prenais pas en compte dans mon raisonnement mais que eux si, que c'était moi le plus lent au fond malgré que j'ai l'impression que c'est l'inverse. Je voulais savoir si d'autres personnes avaient déjà eu cette double impression là (je ne suis pas HP, donc je me demandais comment ca se passait chez les (T)HP qui font ce métier, avec leur capacité de raisonnement, est ce que c'était un effet qui s'accentuait en conférence par exemple, ou est ce qu'au final c'est compensé justement par la production d'articles de plus grande qualité ?)

Et donc la vraie question sous jacente : comment faire la différence entre l'ennui généré par le fait de ne pas comprendre un raisonnement et une abstraction de très haut niveau (le genre d'ennui qui fait dire que c'est a l'air trop difficile, qu'on n'a pas un cerveau suffisamment puissant pour comprendre et on abandonne sans même avoir pris la peine d'essayer de comprendre), et l'ennui généré par le fait de pas comprendre pourquoi les autres ne voient pas ce qu'on voit ?

Là j'étais dans l'optique de redémarrer un nouveau cursus dans un domaine totalement différent, mais en réfléchissant, je me suis dit "si ca me refait le même effet que lors du premier cursus, je vais pas repartir sur 5-6 ans d'étude pour rien...".

Je ne sais pas si ma question est claire, je pourrais essayer de repréciser.

Merci !

Chuchumuchu
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Re: Comment vous sentiez/sentez vous à l'université ?

Message par Chuchumuchu » ven. 29 nov. 2019 16:09

Je suis intéressée par la question mais je ne sais pas si elle me concerne (je ne suis pas HP). Si je résume, tes questions sont :
. Comment vous sent(i)ez vous à l'université ?
. Avez-vous ressenti de l'ennui ?
. Si oui, quel en était la cause ? Incompréhension / "Surcompréhension", vision trop différente (marginale) des choses ?
Je ne prétends ni à l’exhaustivité, ni à une parfaite objectivité, deux qualités qui dans mon métier relèvent de l’illusion et du vœu pieux. — (Michel de Pracontal, L’imposture scientifique en dix leçons, Seuil, 2005, page 17)

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Re: Comment vous sentiez/sentez vous à l'université ?

Message par Kurai » ven. 29 nov. 2019 16:29

Si tu as un avis ou un retour d'expérience, ou si tu veux compléter avec tes impressions, je suis quand même preneur ! Je pense que tous les avis sont intéressants (après oui j'aurais aimé savoir comment l'ont ressenti ceux qui sont HP, peut-être que ca peut m'aider à comprendre certaines choses; par exemple, admettons que tout le monde à l'université soient HP sauf moi, peut-être que du coup je comprendrai mieux mon décalage et que je pourrai trouver des stratégies pour m'adapter :) )

Globalement oui, c'est très bien résumé merci ! :lol: Comment dire à 3 phrases ce que je veux dire en un pavé gigantesque :lol:

La question vaut aussi dans ce sens : est ce qu'il y a des HP qui ont trouvé l'université super difficile, et si oui pourquoi ? est ce que c'était les mêmes impressions de ne pas être à la hauteur, une sensation de décalage à cause de votre vision des choses (vous n'arriviez pas à adhérer à ce qu'on vous disait parce que ca n'avait aucun sens pour vous), une incompréhension entre ce que vous trouviez facile en examen par exemple mais que vous vous disiez que c'était difficile et qu'il y avait forcément un piège que vous n'aviez pas vu, ou ce genre de truc ?

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Re: Comment vous sentiez/sentez vous à l'université ?

Message par Chuchumuchu » ven. 29 nov. 2019 17:54

Dans ce cas : l'université ça a été très compliqué pour moi parce que les examens me stressaient énormément et que j'ai un peu trop tout donné, quitte à peu dormir et à être épuisée. Du coup ça a certainement été la période la plus compliqué de ma vie. Au niveau social aussi : j'arrivais pas à comprendre ceux qui arrivaient à maintenir une vie sociale tout en arrivant à suivre leurs études. J'avais déjà des troubles anxieux avant mais l'université les a exacerbés. Je crois bien que ça m'a cassée et que je n'ai jamais tout à fait récupéré.
Un truc notamment qui a été difficile à vivre, c'est que j'ai toujours été une élève "pas trop mal mais sans plus", et que lors de ma dernière année d'étude, le master que je suivais était je pense trop compliqué pour moi, du coup je me retrouvais dans les derniers de la classe. Pas que j'ai été particulièrement mauvaise mais justement parce les autres élèves étaient top niveau. Adieu estime de soi .__.

Après, les mêmes causes n'ont pas les mêmes effets sur les individus, donc je suppose qu'il y a une grande variété de vécus universitaires parmi les HP, avec des HP auxquels l'université convient parfaitement et d'autres a qui elle ne convient pas du tout. Je ne suis pas sûre que ta question soit pertinente dans le sens où il y a plein de facteurs différents qui peuvent amener une personne à avoir un bon ou un mauvais vécu universitaire (un vécuniversitaire ?).

Ton pavé avait aussi ses qualités, tu as dit bien d'autres trucs que ces trois questions. :)
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Re: Comment vous sentiez/sentez vous à l'université ?

Message par dani » ven. 29 nov. 2019 18:00

Pour moi ça me semble quand même encore un peu confus Kurai :)

Mais je crois comprendre ce que tu veux dire : je dirais donc qu'il est impossible de répondre à ta question sans connaître précisément le contexte dans lequel tu sembles vivre l'ennui : celui-ci pourrait en effet résulter aussi bien du fait que soit c'est trop facile pour toi, qu'inversément, à savoir que peut-être tu ne saisis pas les nuances complexes du domaine que tu trouves "facile". Mais c'est déjà bien de te poser la question :)

Ceci se clarifiera peu à peu si tu es honnête avec toi-même, en t'apercevant que soit que le sujet était finalement bien plus complexe que tu l'imaginais, ou soit, au contraire, que tu en avais bien fait le tour. Il n'y a que toi qui peut savoir. Et il me paraît tout à fait normal que cela puisse arriver : on ne découvre la complexité d'un sujet qu'en le fouillant minutieusement, et ce n'est pas un signe de non intelligence que d'avoir pensé l'avoir compris avant que soudain l'on réalise que l'on n'en avait juste pas encore saisi les nuances. En général, l'ennui disparaît alors et le sujet devient passionnant ! Dans cette situation, l'idiotie serait de camper sur ses premières positions :)

Tu peux aussi considérer l'attitude/l'avis de tes pairs à ton égard et concernant tes propres productions scientifiques : ça t'aidera à identifier si tu as vraiment de l'aisance (et donc que ton ennui est probablement dû au fait que tu comprends plus vite que tes collègues), ou si tu stagnes dans tes productions, que tu es peu lu, peu sollicité pour présenter tes résultats de recherche, que tes pairs aiment peu échanger avec toi sur des sujets scientifiques ou autres idées intellectuelles (tu vas me rétorquer que c'est peut-être qu'ils n'arrivent pas à te suivre ... et c'est possible en effet, idem il faudrait connaître le contexte, la discussion, etc.)

Tu dis que certains de tes meilleurs articles sont refusés. Mais qu'est-ce qu'un bon article en fait ? les articles qui font le tour d'une idée, qui sont cohérents et synthétiques semblent parfois "simples" mais ont nécessité un énorme travail de métabolisation qui est difficilement perceptible en le lisant. Ils deviennent donc aisément accessibles aux lecteurs qui pourront en faire usage pour documenter leur propres recherches. Quand un article est refusé, c'est souvent qu'il était un peu "fouilli", "confus", mal argumenté et que peut-être il contient trop d'idées différentes qui nécessiteraient d'être disséquées dans plusieurs articles.
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Re: Comment vous sentiez/sentez vous à l'université ?

Message par enufsed » ven. 29 nov. 2019 22:57

Hors-sujet
Pour commencer, parce que ce n'est pas le coeur du sujet, j'ai un gros doute (demande de sources) sur le QI moyen des facs versus Harvard...je ne sais pas pour Harvard mais à ma connaissance aucun étudiant n'est tenu de passer un WAIS à l'entrée d'une université, donc le chiffre de 125 est au doigt mouillé, moi je dis 112,7 basé sur mon instinct :blond: Donc si tu as des sources je suis preneur
Concernant le sujet, il faut je pense faire le distinguo entre le contenu enseigné, le niveau exigé par la fac quant à la maîtrise de ce contenu, le niveau d'études et le monde de la fac (ça fait beaucoup de couches). Dans ton cas tu es au niveau recherche, c'est-à-dire après écrémage de l'immense majorité des étudiants. J'ai donc le sentiment que ta frustration est très différente en qualité de celle d'un étudiant en licence.
Je ne saurais prendre parti sur le monde de la recherche, je n'y ai pas mis les pieds : cependant après une maîtrise (ancien équivalent du master) de philosophie obtenue au milieu des années 90 et une 3ème année en licence de littérature comparée (à distance) en cours parce que faut bien combattre la peur de mourir en cherchant du sens ailleurs que sur C8, je pourrais évoquer comment mon enthousiasme des débuts a toujours fini avec une gueule d'hortensia fané au bout de quelques années.
Pour ma part, je suis assez bosseur, je n'ai pas l'excuse de la science infuse, mais je constate que mes camarades actuels qui sont parfois encore plus sérieux et organisés que moi ont, en général, en moyenne, des résultats inférieurs. Il m'est aussi arrivé l'an dernier d'apprendre, au sens strict de "découvrir", un cours presque intégralement la veille pour le lendemain et de rafler la plus haute marche à l'examen. Pourquoi ? Parce que je suis un admirable surdoué hé hé 8)
Non sérieusement nufnuf pas savoir, peut-être un peu d'intelligence certes, un peu d'astuce, d'espièglerie (ok j'arrête), l'expérience, une bonne forme physique (pour moi le plus important sur une période d'examens) et le côté compétiteur qui me pousse à chercher la petite bête. Tout cela m'a fait dire parfois que le niveau était faible tout en reconnaissant que bien des fois j'ai trouvé des camarades impressionnants (semblant maîtriser les enjeux du cours mieux que moi) dans leurs interventions et pourtant faire moyen au final...l'arrivée régulière d'anciens de khâgne m'a aussi fait comprendre que le niveau des prépas n'était pas non plus le rouleau compresseur qu'on m'avait laissé imaginer.

Après il y a le "monde de l'université" et là il y aurait matière à romans. J'ai toujours ressenti un mélange assez étrange d'admiration et de mépris vis-à-vis des enseignants de fac, à la fois impressionné par l'étendue de leurs connaissances et la souplesse acquise par les années dans la restitution d'icelles. En même temps une forme de dégoût devant un formatage indéniable, un sabir universitaire qui parfois craque littéralement aux coutures pour peu qu'il s'aventure dans des contrées non maîtrisées.
Bon et puis on sait bien que pour certains c'est un job alimentaire, qu'ils ont le plus profond mépris pour le bétail qui leur fait face (qu'on ne me fasse pas dire ce que je ne dis pas, il est des profs extras). L'université en elle-même vogue comme une baleine sous LSD dans un océan de sirop d'érable, on sent bien qu'il y règne (en France) une forme de tristesse qui gangrène peu à peu les organismes les plus enthousiastes que mêmes des amitiés et émulations solides ne parviennent pas à sauver. Enfin, c'est de notoriété, recherche comme enseignement sont le lieu de toutes les tractations, arrangements, népotismes et coups bas et puis il faut publier si on veut garder sa place (i.e. son job).

Je m'étais dit que la licence de lettres serait pénible mais que le master fonctionnerait comme un envol intellectuel, que je briserai mes chaînes etc etc. Les échos qui m'en arrivent plus nombreux au fur et à mesure que je me rapproche de cette quatrième année ne sont guère plus engageants et aucunement différents de la musique que j'entends déjà. J'ai connu la même situation il y a 25 ans et j'ai abandonné de peur d'y mourir, de me racornir dans un milieu qui m'avait soudainement paru hostile. J'aurais envie de dire qu'on reconnaît les esprits non pas parce qu'ils se sont élevés grâce à notre université mais malgré elle, en ce sens la fac a toute sa place comme machine à éprouver la détermination des intellects.

Bon c'est décousu comme tout ce que j'écris en ce moment mais c'est pas tout ça demain j'ai un regroupement à la fac pour rencontrer mes profs :D
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Re: Comment vous sentiez/sentez vous à l'université ?

Message par soazic » sam. 30 nov. 2019 00:33

Mon experience date un peu, mes années d'université se situent ans les années 90, il n'y avait pas de net et essentiellement des cours magistraux. Arriver en fac fut une libération, enfin je pouvais faire de l'Anglais+++ Je n'ai pas le souvenir que ce fut facile car j'étais dans un domaine qui me passionnait et dont je ne pouvais appréhender les limites, découvrir un auteur m'amenait à avoir envie d'en lire bien d'autres, le niveau de cette fac était élevée et les examens me stressaient énormément. J'ai le souvenirs d'échec cuisants sur des explications de texte où je décortiquais des textes jusqu'à la moelle (et l'incompréhension du prof) et de cours de linguistiques où remonter le temps ouvrait des univers sans fin. Les profs étaient aussi pour bcp sur leur piédestal, inaccessibles. C'était beaucoup de travail, et de stress avec un fossé entre les étudiants et l'enseignant.

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Re: Comment vous sentiez/sentez vous à l'université ?

Message par Kurai » sam. 30 nov. 2019 03:52

Hors-sujet
Pour commencer, parce que ce n'est pas le coeur du sujet, j'ai un gros doute (demande de sources) sur le QI moyen des facs versus Harvard...je ne sais pas pour Harvard mais à ma connaissance aucun étudiant n'est tenu de passer un WAIS à l'entrée d'une université, donc le chiffre de 125 est au doigt mouillé, moi je dis 112,7 basé sur mon instinct :blond: Donc si tu as des sources je suis preneur
Mea culpa, je parlais de ceux qui ont obtenu un doctorat et/ou qui travaillaient en tant que chercheur (j'aurais dû préciser, dans ma tête c'était implicite mais c'est pas forcément évident pour le lecteur puisque j'ai un peu mélangé tous les sujets, ca peut en effet porter à confusion). Il y a eu une étude réalisée par un universitaire finlandais sur la question (l'étude portait bien évidemment sur l'élite académique américaine puisque les américains ont toujours toute sorte de données farfelues). De mémoire, l'étude datait de 2014 (Dutton si je me souviens bien du nom), assez rigoureuse pour admettre ses propres biais de calcul et de référence, mais ca n'en restait à mon sens pas moins une évaluation plausible et pas si démente que ça (c'est pas si étonnant que les personnes qui finissent avec un doctorat ont en moyenne un QI plus élevé que la normale, et que ceux qui finissent full professor dans une top université soit HQI ou THQI... L'étude de Roe suggère que les prix Nobel en sciences ont un IQ aux alentours de 150, et ca ne semble pas non plus tiré par les cheveux). Je vais essayer de la retrouver pour la poster ici. Il y a aussi des data du Statistic Brain Research Institute et des data d'ETS (donc à priori fiable) qui corroborent cette moyenne aux alentours de 120-125. Après cela reste basé sur la corrélation entre le SAT et le WAIS (avec tous les biais qu'il y a : le SAT fait appel à des compétences qui peuvent être entrainées, biais d'échantillonnage, coup de chance de tomber ou non sur un set représentatif de la population de l'école, etc), il y a toujours le biais d'incertitude, mais si on considère que le SAT est corrélé à l'IQ (je ne discuterai pas ici de la corrélation entre les 2 ou non, trop technique et c'est pas le sujet), on obtient à peu près ces moyennes. Pour Harvard, l'étude provient d'une des psychologues de l'université (son nom est Carson de mémoire), qui se basent sur des tests effectués via le WAIS-R en 1980, auxquelles on applique la correction d'erreur par rapport au WAIS-IV, on obtiendrait aux alentours de 120-130 pour les étudiants en moyenne en undergraduate, et 140+ pour les docteurs et professeurs (pareil, je vais retrouver l'article). Mais de toute façon, avoir un haut IQ n'a aucune importance pour la réussite ou non; une vision différente des choses et un esprit plus vif ne suffisent pas pour réussir dans ce domaine, je l'ai juste indiqué parce que normalement en moyenne à ce niveau, et dans les top université, on va s'attendre à trouver des gens avec des potentiels assez élevés, des visions très différentes et très atypiques parce que vecteur d'innovation (et je reste persuadé que l'innovation, et à fortiori le cutting-edge innovation, nécessite un certain mode de pensée cognitif que tout le monde n'a pas).
@enufsed : Merci pour ta réponse super complète ! En fait oui et non, ma frustration est un peu la même qu'à mes débuts à l'université. Je ne pensais pas en effet qu'un jour j'aurais de nouveau eu cette impression à ce niveau, d'où mon interrogation actuelle (je pouvais comprendre le fossé entre prof et étudiant, mais là le fossé entre chercheur de même rang, j'avoue que cela me dépasse). Et dans le détail, je suis plus ou moins dans cette situation (quelque soit le côté du bureau d'ailleurs, par rapport à la description que tu en fais, parce que oui je peux confirmer ce qui est de notoriété pas trop publique).

@Chuchumuchu : Merci pour ton témoignage, je trouve ça particulièrement intéressant. En lisant ta réponse, je me dis que le facteur anxiété joue peut-être un énorme rôle dans ce mécanisme. Une question qui me vient à l'esprit: est-ce que dans ton cas c'était vraiment parce que c'était trop compliqué et que tu ne comprenais pas, ou c'était plutôt l'impression qui rejaillissait sur toi qui faisait que tu pensais ne pas comprendre ? (peut-être que tu voyais les choses correctement, mais pas de la manière dont le professeur voulait, et le fait que les deux ne matchent pas a peut-être créé des difficultés, une impression de décalage avec tout l'engrenage qui s'en suit, perte de confiance en soi, mauvais résultat, etc ?).
Après, les mêmes causes n'ont pas les mêmes effets sur les individus, donc je suppose qu'il y a une grande variété de vécus universitaires parmi les HP, avec des HP auxquels l'université convient parfaitement et d'autres a qui elle ne convient pas du tout. Je ne suis pas sûre que ta question soit pertinente dans le sens où il y a plein de facteurs différents qui peuvent amener une personne à avoir un bon ou un mauvais vécu universitaire (un vécuniversitaire ?).
Justement, je ne dis pas que tous les HP ont des facilités à l'université (surtout qu'on y arrive à un âge adulte, donc déjà façonné avec nos forces et faiblesses, indépendamment du fait qu'on soit HP), c'est pour cela que je suis preneur de tous les témoignages :) Je me posais la question du rôle que peut avoir une cognition différente à ce niveau (plus on monte en grade, plus il y a en théorie écrémage parce que normalement on aborde des sujets de plus en plus abstrait ou qui nécessite de mobiliser plus de fonctions cognitives, et donc je me dis que ca devrait être l'endroit où on est censé être le plus stimulé, parce qu'on travaille sur ce qui nous intéresse, avec des gens motivés, spécialistes dans leur domaine, avec une vision singulière dans les plus hauts grades, et au final... j'ai l'impression que ce n'est pas le cas...). Ensuite, je me pose la question: est ce qu'effectivement il y a des cas où le potentiel cognitif joue un rôle déterminant (parce que le domaine est trop dur à partir d'un certain moment, et que seul des personnes avec certaines prédispositions peuvent comprendre) ?

@dani :
Merci pour ta réponse. Je vais mettre mes articles de côté, parce que c'est un contexte un peu spécial (le sujet n'est pas pour moi de comprendre pourquoi mes articles sont refusés, je suis assez professionnel pour le faire, et après 7 ans d'exp, je suis capable d'analyser le pourquoi; je l'ai juste précisé initialement parce que qu'il y a des moments où j'ai l'impression vraiment de prendre le lecteur pour un idiot, et ca me déplaît, à rappeler des bases qu'il est censé maîtriser... C'est comme si tu arrivais en terminale et que lors du premier cours on te rappelait que 1+1=2; ca prend de la place et ca n'a aucune valeur ajoutée). Pour le reste, le vrai problème c'est que je n'ai aucun repère pour être honnête avec moi-même (0 confiance en moi, 0 confiance aux autres). Objectivement, si je suis tout ce que tu dis, je pourrais très bien affirmer "je m'ennuie parce que c'est trop facile", mais je travaille avec des spécialistes internationalement (voir mondialement) reconnus; donc se dire qu'ils sont super lents pour voir les évidences, ce n'est quand même pas très correct.

En fait, ma question s'est noyée dans la masse de mon pavé, mais c'était plutôt celle-ci : comment les HP de ce forum et les non-HP qui veulent intervenir ont-ils vécu leur période universitaire (au fur et à mesure qu'ils sont montés en grade) ? Est ce qu'il y a eu des personnes avec un ressenti d'incompréhension, de décalage ? Si oui, s'est-elle atténuée avec le temps au fur et à mesure de l'ascension ? Est ce qu'au contraire, c'était de pire en pire ? Est ce qu'au contraire c'était la meilleure période de leur vie et dans laquelle ils se sont sentis le mieux ? Comme je disais précédemment, je me pose la question de l'impact d'une cognition différente (sans faire abstraction de toutes les autres difficultés de parcours pour arriver jusque là) dans un environnement supposément plus ouvert et plus divers avec des profils normalement plus intellect. La réponse pourrait être "punaise, mais pourquoi ils comprennent pas ce que je comprends !", ce serait amusant que les non-HP et que les HP éprouvent les mêmes difficultés d'adaptation dans ce contexte (sauf que pour les uns ca va trop lentement, et les autres trop rapidement, et peut-etre que pour certains ca va trop lentement alors qu'en fait c'est juste qu'ils n'ont pas compris ou perçus toutes les nuances ou difficultés).

@soazic : Merci de ton témoignage. J'ai quand même l'impression que c'était la belle époque quand je te lis :lol: Si je comprend bien, c'était surtout une question de niveau trop élevé mais quand même intéressant.

En tout cas merci pour vos réponses, c'est super intéressant, et plein d'enseignement à retirer ! :)

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Judith
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Re: Comment vous sentiez/sentez vous à l'université ?

Message par Judith » sam. 30 nov. 2019 06:38

Kurai a écrit :
sam. 30 nov. 2019 03:52
comment les HP de ce forum et les non-HP qui veulent intervenir ont-ils vécu leur période universitaire (au fur et à mesure qu'ils sont montés en grade) ? Est ce qu'il y a eu des personnes avec un ressenti d'incompréhension, de décalage ? Si oui, s'est-elle atténuée avec le temps au fur et à mesure de l'ascension ? Est ce qu'au contraire, c'était de pire en pire ?
Réponses pour ce qui me concerne : je suis passée par les classes préparatoires et une grande école, donc pour les années d'études avant le Master et l'agrégation, je ne connais la fac que comme enseignante, et pour la recherche. J'ai toujours éprouvé un sentiment de décalage, pas intellectuel, mais social : il s'explique probablement par une origine populaire qui me plaçait souvent en porte-à-faux avec un milieu plus sophistiqué que le mien, et par des troubles du spectre autistique. Je me suis beaucoup ennuyée dans les deux universités où j'ai travaillé, je m'ennuie encore dans la grande université parisienne où j'enseigne, tant dans la partie enseignement que dans la partie recherche. Je n'ai pas l'impression que le temps ait modifié quoi que ce soit, sauf peut-être un peu en pire. Les deux meilleures années que j'ai vécues ont été celle de la préparation de l'agrégation et la première année de doctorat, sans doute à cause de la stimulation intellectuelle et du lien très fort que j'ai noué avec mon directeur de recherche.
Je ne sais pas si ça t'éclaire sur ta propre route.

dani
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Re: Comment vous sentiez/sentez vous à l'université ?

Message par dani » sam. 30 nov. 2019 09:55

Kurai a écrit :
sam. 30 nov. 2019 03:52
Pour le reste, le vrai problème c'est que je n'ai aucun repère pour être honnête avec moi-même (0 confiance en moi, 0 confiance aux autres). Objectivement, si je suis tout ce que tu dis, je pourrais très bien affirmer "je m'ennuie parce que c'est trop facile", mais je travaille avec des spécialistes internationalement (voir mondialement) reconnus; donc se dire qu'ils sont super lents pour voir les évidences, ce n'est quand même pas très correct.
en neffet :D

Je ne vais pas poursuivre sur ton fil plus que cette dernière intervention (vu que tu souhaites les expériences des personnes qui ont fait le WAIS ou autre test QI).

Ma petite expérience du monde académique me fait te suggérer de ne pas juste explorer la piste du QI. A ce niveau, où globalement les chercheurs ont tous un cerveau qui fonctionne plutôt vite et bien, il y a bien d'autres choses en jeu. Selon ce que tu avances comme nouvelles évidences, il est possible que cela leur soit insupportable/impossible à affronter, car leur propres travaux de recherche seraient trop remis en question. Des labos qui se sont peu à peu construits après des années d'effort, des doctorants qui sont mis sur des questions de recherche qui finalement n'ont plus trop de sens si tu as raison est juste... irrecevable. C'est une hypothèse. Mais moi dans mes études, plus j'avançais, plus j'ai été choquée/interloquée des enjeux de pouvoir entre les chercheurs. Et une fois arrivés à leur poste de prof (après des années de boulot et de réseautage, pas ou peu de vacances, une vie personnelle sacrifiée) certains veulent juste pouvoir y rester et développer enfin leur propre ligne de recherche. Ils sont reconnus, appréciés pour de tels travaux. Pourquoi tout remettre en question ? Par Amour de la Science ? .... alors j'ai peut-être pas eu de chance, mais j'ai tout connu, sauf ça. Je rejoins pas mal Enfused là dessus. Il faut publier pour garder son poste. Et publier des choses qui sortent vraiment de l'ordinaire c'est très très dur, les éditeurs des revues n'aiment pas prendre trop de risques (j'ai un peu l'impression que tu dois en savoir quelque chose ;) ). Ou alors ce sont d'immenses pointures (genre prix Nobel) qui peuvent s'y essayer.

l'Université c'est un système social comme un autre quand on touche aux questions d'identité, d'enjeux de pouvoir, de postes, de salaires etc... Là où il est possible de s'éclater comme prof, c'est avec les étudiants lors des séminaires car là ils ne sont pas trop menaçants (donc pas forcément les doctorants, ce sont des supers emmerdeurs qui veulent changer le monde et qui se mettent en concurrence avec le prof au fur et à mesure de l'avancée de sa thèse :huhu: ... ou alors ces doctorants sont tellement brillants et autonomes qu'ils peuvent faire seuls tout leur boulot intellectuel de thèse et restituer cela dans de superbes articles que le directeur de thèse peut signer en dernier auteur en ramassant les palmes. ça oui, ça passe bien :) ... on vient de fêter la réussite de soutenance de thèse d'une collègue amie que j'ai écoutée durant ses 4 années de thèse et ramassée à la petite cuillère quand elle allait exploser de rage car sa directrice était HS.... je sais donc de quoi je parle ;-) )

Mais je peux me tromper aussi, je vais continuer à suivre ton fil, la question est intéressante.
Hors-sujet
Et ça pourrait être cool pour toi de faire une démarche pour améliorer ta confiance en toi.... mais ça te regarde et c'est un autre sujet :)
Rien ne vous emprisonne excepté vos pensées, rien ne vous limite excepté vos peurs, rien ne vous contrôle excepté vos croyances. (Marianne Williamson)

Différente
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Re: Comment vous sentiez/sentez vous à l'université ?

Message par Différente » sam. 30 nov. 2019 13:59

Je ne pense pas que le QI moyen soit aussi élevé dans toutes les universités mais cela reste que mon point vu personnel.

J'ai fait sept années d'études supérieures dans divers domaines scientifiques dont de l'ingénierie chimique et alimentaire. J'ai toujours été passionnée par la grande majorité de mes cours, plus c'était poussé et complexe plus je buvais les paroles des enseignants et intervenants. Mais, je suis aussi autiste Asperger et nous avons ce que la science appelle des intérêts restreints donc c'est en toute logique que je ne m'ennuyais pas en cours. Enfin moyennant ceci : je prenais absolument tout en note, cela m'occupait et me permettait de ne pas tourner en rond. J'ai quand même eu des moments d'ennui mortel (cours simplistes, certains travaux en groupes...). Socialement c'était une autre histoire, le décalage avec les autres était énorme en termes de maturité d'esprit, de valeurs, d'envies, d'activités et j'en passe. Par chance j'ai fait plusieurs établissements et à chaque fois je me suis trouvée un(e) binôme avec qui je m'entendais très bien (pour travailler et en dehors).

Je me reconnais un peu dans ton témoignage, moi j'ai trouvé la réponse dans l'autisme, ou plus précisément dans le duo (T)HQI-Asperger. J'ai une manière différente de percevoir, concevoir et ressentir le monde, j'ai donc des approches, des raisonnements et des méthodes particuliers qui engendrent des problèmes de communication et des décalages, parfois au point de rendre un dialogue impossible. Je n'ai encore pas compris ce qu'était réellement l’abstraction je ne pourrais répondre à ta dernière question. Ce que je sais c'est que dès que je suis dans l'apprentissage (études et formations) je suis relativement épanouie, mais dès que je suis dans le monde du travail je vis un enfer, par ennui et incompréhension sociale.

Le seul combat perdu d'avance est celui auquel on renonce. Je suis dans ma deuxième reconversion professionnelle alors que j'ai terminé mes études il y a 6 ans. Je changerais autant qu'il le faudra pour trouver un métier qui me convienne. Je me demande même si changer régulièrement ne serait pas la clé de mon épanouissement...
(T)HQI-Asperger

« Je me heurte parfois à une telle incompréhension de la part de mes contemporains qu'un épouvantable doute m'étreint : suis-je bien de cette planète ? Et si oui, cela ne prouve-t-il pas qu'eux sont d'ailleurs ? » - Pierre Desproges

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Re: Comment vous sentiez/sentez vous à l'université ?

Message par Calvinethobbes » mar. 3 déc. 2019 03:34

Pour ma part, une licence il y a une vingtaine d'années...Je n'ai pas eu l'impression de m'ennuyer ni que les cours aient été particulièrement faciles ou difficiles...Mais j'ai le souvenir de ne pas avoir "compris" le système universitaire (que ce soit côté étudiants ou enseignants). Je pensais que ce serait différent du lycée, avec plus de dialogue, d'ouverture d'esprit et en fait je me suis retrouvée dans le même système, auquel je n'ai pas réussi à m'intégrer. Avec le recul, j'ai l'impression de ne pas avoir eu les bons codes sociaux (ou les bons codes tout court, je ne sais pas).
Alors que maintenant... deuxième année de master à distance...et là, c'est le bonheur total et absolu !! Peut être parce que pour le coup il y a peu d'interactions avec les enseignants et aucune avec les étudiants et que la liberté est plus grande (pour moi, si je n'ai pas à gérer l'aspect relations sociales).
Une constante cependant : j'ai l'impression que dans les deux cas, c'est beaucoup plus facile pour les autres, que ça leur demande moins d'efforts, pour un résultat meilleur.

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Re: Comment vous sentiez/sentez vous à l'université ?

Message par Chuchumuchu » mar. 3 déc. 2019 11:46

@Kurai Je pense que j'avais un peu de mal à comprendre les cours, du reste, ce n'était pas tout à fait étonnant : j'étais l'une des plus jeunes de la classe et il y avait quand même quelques élèves qui étaient bien plus âgés et en reprise d'études, donc je suppose que je ne bénéficiais pas de cette expérience / maturité vis à vis des études. Et j'ai effectivement été profondément impacté par mon stress constant et mes difficultés sociales.

Après, certaines choses m'ont beaucoup pesées à l'université, notamment des choses vécues comme étant absurdes, par exemple on nous disait tout le temps de ne pas être élitistes dans notre futur métier, quand notre formation reflétait un élitisme certain de l'université. Le fait aussi qu'on nous ai imposé un professeur qui était extrêmement mauvais pédagogue (bien qu'il paraît qu'il était un génie dans son domaine), au final tous les élèves boycottaient son cours. Le fait que parfois on use de jargon juste pour être considérés comme de vrais spécialistes de notre domaine, sans que celui-ci n'ai aucune utilité dans le cas présent. Le fait aussi que l'université soit fantasmée comme étant un sanctuaire du savoir, quand son fonctionnement est parfois complètement aberrant au vu de la discipline enseignée : toutes les disciplines enseignées ne reposent pas sur de la théorie et de l'abstraction, certaines nécessitent aussi une approche plus terre à terre. Malheureusement j'ai le sentiment que l'université, pour maintenir son image de centre intellectuel, faisait tout pour favoriser les approches théoriques, afin de s'écarter le plus possible de tout ce qui serait "manuel" et donc vu comme inférieur à l'intellectuel.

Puisque je n'ai pas été très positive jusque là : l'université m'a quand même offerte une compétence cruciale, l'esprit critique, la zététique. Elle m'a donné de bonnes bases dans la recherche d'informations fiables, et par ces temps d'infoxs envahissantes, c'est très appréciable. Cependant l'éducation aux médias et à l'esprit critique gagnerait à être enseignée plus sérieusement dans les collèges et lycées.

Enfin, je trouve que l'idée de l'écrémage à l'université est très théorique et probablement fausse, en bonne partie. Car il faut déjà avoir les moyens de suivre les cours : il faut avoir un studio, et surtout ne pas avoir à travailler pendant les études (il a été démontré que les élèves obligés de jongler entre un job et leurs études étaient fortement désavantagés). D'autre part, un élève moyen mais aisé aura toujours la possibilité de se payer des cours privés afin d'améliorer ses notes. Bref, il y a beaucoup d'autres critères que nos QI qui impactent sur notre réussite universitaire, et la richesse n'est pas des moindres. Linguisticae a récemment sorti une vidéo sur le mérite (la première de sa chaîne à ne pas traiter de linguistique), et il y explique bien mieux que moi le fait que finalement nos parcours sont très arbitraires : https://www.youtube.com/watch?v=ezdtQIrO8oI.

Enfin, je crois que nos intelligences sont des outils de précision, et pas des outils holistiques, donc, de la même manière qu'on sera toujours le con de quelqu'un, on sera aussi toujours le cancre d'une matière. D'autre part, l'intelligence est certainement plus vaste que le champ unique de l'abstraction, c'est une vision très traditionnelle de l'intelligence, alors qu'elle se décline probablement sous plein de facettes.
Je ne prétends ni à l’exhaustivité, ni à une parfaite objectivité, deux qualités qui dans mon métier relèvent de l’illusion et du vœu pieux. — (Michel de Pracontal, L’imposture scientifique en dix leçons, Seuil, 2005, page 17)

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Re: Comment vous sentiez/sentez vous à l'université ?

Message par Scrat » mer. 4 déc. 2019 15:43

L'université a marqué les années les plus ennuyantes de mon existence, ici! J'ai d'abord passé une licence de lettres modernes, je m'ennuyais ferme en cours car je les trouvais inintéressants. Je notais tout ce que l'enseignant disait pour m'occuper, je ne relisais absolument rien et réussissais mes partiels sans trop me fouler. Je n'étais pas major de promotion non plus mais je décrochais la mention assez bien sans rien faire.
J'ai fait un an d'IUFM pour passer le CRPE que j'ai lamentablement échoué car je suis une calamité en mathématiques. Je me suis réorientée vers un CAPES de lettres mais, pas de bol, c'était pile l'année où l'on a exigé un master pour obtenir le concours.
Je suis donc retournée à la fac, sauf qu'en parallèle je travaillais. Je n'y allais donc que peu et ce rythme (pourtant soutenu) m'a bien plus convenu, d'autant plus que l'année était ponctuée de stages en établissements. J'ai à nouveau eu mon diplôme sans grand effort, major de promotion concernant la pratique. Je précise qu'à l'époque, je ne savais absolument pas que j'étais concernée par la douance.

Pourquoi n'ai-je pas aimé l'université? C'était lent, impersonnel au possible, tout le contraire de ce dont j'ai besoin. J'ai besoin d'échanges humains, de rencontres intéressantes et de rythme. Si c'était à refaire, je suivrais le sage conseil de mon professeur principal de terminale qui m'avait dit de partie en classe préparatoire, que l'université ne me conviendrait pas. Sauf que je n'estimais absolument pas avoir un niveau suffisant pour m'en sortir en prépa.
"Je suis fatigué patron, fatigué de devoir courir les routes et d'être seul comme un moineau sous la pluie.
Fatigué d'avoir jamais un ami pour parler, pour me dire où on va, d'où on vient et pourquoi.
Mais surtout je suis fatigué de voir les hommes se battre les uns contre les autres.
Je suis fatigué de toute la peine et la souffrance que je sens dans le monde. Il y en a trop.
C'est comme si j'avais des bouts de verre dans ma tête." La Ligne Verte

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Re: Comment vous sentiez/sentez vous à l'université ?

Message par O'Rêve » mer. 4 déc. 2019 22:26

Je ne suis pas allée à l’université, mais je peux aussi parler d’ennui pour le cursus que j’ai suivi : deux ans d’école préparatoire suivis de quelques années dans une école d’enseignement supérieur (cursus scientifique), il y a une quinzaine d’années.
Un parcours avec beaucoup de bachotage, et d’apprentissage par cœur dans lequel je me suis profondément ennuyée. . Et parallèlement j’y ai rencontré des difficultés puisque je ne trouvais pas la motivation pour cette ingurgitation de savoirs (à quelques exceptions près pour certaines matières que je dévorais). Rajoutons à cela certains profs qui jubilaient de planter 80% de la promo dans leur discipline : ils se sentaient ainsi reconnus et exister.
En conséquences : j’y ai redoublé une année. Une année cependant de répit où n’ayant que deux matières à réviser, je pouvais octroyer mon temps à des stages, à l’exploration artistique et à la recherche avide de lectures pouvant répondre à mes questions existentielles diverses et variées.

Comme pour d’autres ici, les relations sociales ont été compliquées. Ma filière était (est) agrémentée d’un esprit corporatiste auquel je n’arrivais pas à adhérer (ne me sentant pas appartenir aux lois du groupe) : de la semaine d’accueil (un bizutage déguisé), aux ragots qui circulaient chaque semaine sur les ronéos (des cours photocopiés), aux blagues machistes, lourdes et salaces tous les matins avant les TP (et auxquelles tout le monde rigolait : fallait quand même pas perdre la face), aux remarques déplacées quand on sortait à l’extérieur (à l’intérieur, il y avait tout à volonté, à quoi bon s’ouvrir aux autres, entre nous on est si bien à ragoter ou à s’autocongratuler), aux soirées déguisées/délabrées (il est sans doute préférable de ne pas détailler…)
Malgré tout, comme je voulais être intégrée, j’ai fait comme les autres. Alors je suis allée en soirée (et je suis énormément sortie) : je buvais, je fumais et je m’anesthésiais. Et j’ai ainsi passé mes années d’études supérieures, à coté de moi, tel un fantôme qui se fait oublier, et qui termine (comme les autres) ce qu’il a commencé.
J’étais regardée comme une ovni quand je cherchais à partager des sujets philosophiques et/ou existentiels. « J’emmerdais » les autres (on me taxait de « chiante ») quand j’aspirais à échanger sur la teneur d’un film d’art et d’essai. Bref j’ai détesté ces années. Je n’en ai gardé que le goût superficiel des amitiés. A tel point qu’encore aujourd’hui, je fuis les congrès à l’esprit confraternel un peu trop affirmé. Je préfère les petits comités et finalement je recherche les conférences pluridisciplinaires où ma corporation n’est pas la seule à être représentée.

Au final, ce que j’ai préféré, ce sont les périodes de stages qui me permettaient de m’évader.
J’ai d’ailleurs fait un passage éclair à l’université (lors d’un stage de 3 semaines). Ce passage éclair a été une vraie bouffée d’air. Je n’y ai suivi aucun cours, mais j’y ai touché le monde de la recherche. Ça m’a plu pour l’ouverture d’esprit et les réflexions que j’y ai croisées.
Je me suis souvent demandée si un cursus universitaire n’aurait pas été plus adapté à ce qui pouvait m’animer. J’ai quelques temps rêvée que je bifurquerais vers l’université pour un master. Mais après sept ans d’études supérieures dépassionnées, avec le ras le bol de cumuler petits jobs et bachotage (et l’indépendance financière qui m’appelait), j’ai commencé à travailler.

Avec du recul, je crois que ce qui m’aurait le plus convenu, ça aurait été de suivre un cursus à la carte. Tel enseignement dans telle école ou université, puis tel autre dans une autre école ou université, avec une vision transdisciplinaire. J’aurais par exemple aimé suivre des cours d’éthologie (avec un abord universitaire), des cours de philosophie du soin, des cours sur la fin de vie, des cours d’éthique….

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Re: Comment vous sentiez/sentez vous à l'université ?

Message par Nellylou » jeu. 5 déc. 2019 09:16

Bonjour à tous,
Je souhaitais apporter une petite contribution.
Sur ta Question relative à l'ennui, est-ce que tu dirais que tu as trouvé du sens dans l'exercice de la recherche ?
Je m'explique: à l'université, je n'ai jamais particulièrement trouvé les exercices difficiles, je trouvais simplement qu'il y avait une logique à appréhender, des cours à recracher, et une fois l'ensemble acquis, pas de problème pour s'en sortir. En revanche, et c'est sans doute ce qui a fait que j'ai toujours fait le strict minimum à la fac, c'est que je ne comprenais pas l'intérêt de ce que j'étudiais. Le manque de sens est quelque chose qui m'a bEaucoup poursuivi. Aujourd'hui en doctorat, je ne fais pas plus mes études par sens, que parce que "je le peux". J'essaie chaque jour de mettre du sens à mes actions, ça rend les choses plus agréables (même à petite échelle).
Ensuite, je me retrouve assez dans l'idée de vouloir côtoyer des personnes Comme soi, qui réfléchissent et sortent du cadre. As-tu pensé à fréquenter des chercheurs d'autres disciplines ? J'ai remarqué que bien souvent, à force d'être dans sa matière, on en fait le tour. Les gens deviennent prévisibles, la matière Aussi. Qu'en pensez-vous ?
:tourne: :tourne: :tourne:

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Re: Comment vous sentiez/sentez vous à l'université ?

Message par UnPosteur » jeu. 5 déc. 2019 10:32

Je n'ai fait qu'un an de licence de maths. Je n'ai vu aucune différence notable avec la terminale si ce n'est que les professeurs ne faisaient pas l'appel. J'habitais chez mon père alors j'étais obligé de faire semblant d'aller en cours mais j'allais à la BU et ne lisais que des romans et de la philo. J'ai eu mon année avec 10,0X mais je crois qu'on m'a rajouté des points (c'est possible ?). Je n'ai pas poursuivi les études car je trouvais les cours assommants et que j'étais incapable d'avoir l'autodiscipline nécessaire pour étudier seul dans mon coin et ne me présenter qu'aux TD et partiels.

La courte expérience que j'ai de l'université est celle de la petite fac de province, morne, quasi-déserte (nous n'étions que deux élèves en L1 Maths, la plupart des cours étaient groupés avec les L1 Info et L1 Physique), pas du tout stimulante. La continuité du petit lycée de province sans les amis que je m'y étais faits et qui avaient tous fui.

En revanche, cette année et la suivante (j'ai continué pendant un an à faire semblant d'aller en cours et aller à la BU) furent les plus enrichissantes intellectuellement de ma vie.

Bisous.

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Re: Comment vous sentiez/sentez vous à l'université ?

Message par wallcreeper » jeu. 5 déc. 2019 21:11

Cinq années passées à cirer des bancs, jamais de pompes, même de pontes, à la fac... Master 2 écologie éthologie appliquée à la faculté de la ville verte, un ancêtre par ma dernière maitrise de bio de France et un novateur par ce Master, tant appliqué que recherché.

Cinq années en majorité isolé, à coté de la plaque de la normalité, me forçant d'abord à me raccrocher à une quête de rationnalité dans des enseignements destinés à nous sélectionner, nous trier pour des facultés qui feraient de nous tout, sauf ce qu'il semblait être attendu.

Deug et licence noyé dans une masse sans jamais y participer, perché au dessus de la nasse, en haut de cet amphi, scrutant cet ennui d'un enseignement ou plutot d'un transfert, un bourrage de disques durs externes exténués. Une quête d'un sens et d'un lien dans ce tout que l'on nous demande d'apprendre plus que comprendre, un déni dans ce lien entre le sujet que l'on étudie et le contexte qu'il vit. Seul intérêt, cette liberté, d'y porter ou non de l'intérêt. L'oiseau s'ennuie, s'enfuit face à cette obligation de mémorisation, avec pour seule bulle d'air ces moments où sur le terrain nous nous occis-gènons.

Ouf, enfin la maitrise, un temps où les choses se lient, les chercheurs lachent prise. Passé le temps où on ne lit sens, enfin on prend la tangente, on arpente la transversale. La passion prend le relais de l'obligation, l'interlocuteur sort de ses gonds, ne fait plus le dos rond. L'oiseau face à cela enfin babille, s'exprime, prend plaisir à participer, non avec ses pairs mais ses pères, lesquels plus barrés sont, plus le discours prend son. Alors que tous s'escriment tels des scribes, prenant note de tout mot, j'apprécie, je m'abreuve de ces anecdotes, observations, comparaisons et métaphores. Qui a compris, celui qui des kilomètres recopie, ou plutot ce partage de passion, d'une vie. Une étrange sensation, se sentir plus proche de celui dont on serait le plus éloigné, apprécier ces temps où le transmetteur et le receveur outrepassent leurs conditions, échangeant jusque des raisons.

L'université a besoin de prendre un temps pour mieux se regarder, s'apprécier. Non pas les chercheurs, qui cherchent encore et toujours, parfois dans un monde qu'ils ne savent ou peuvent partager, ni les étudiants qui à ces ages se cherchent, déboulant maladroitement face à des encadrants à qui cela n'est pas ce que l'on a demandé.

Quand la Fac ne sera plus une roue de secours, quand on saura d'abord y faire de la pédagogie puis y faire parler la passion, les vocations n'auront plus de recours. Redonnons à cet enseignement la possibilité de briller.

edit : l'oiseau est aujourd'hui paysan, un travail du pays sans sens, une matière grise en gachis dirent nombreux qui dans ces années l'ont suivi. Que nenni, une réalité, ou comment croire pouvoir apporter, si on ne s'ancre pas à ce que l'on a joie et envie à aimer instruire, partager.
Regardez-les passer ! Eux, ce sont les sauvages. Ils vont où leur désir le veut, par-dessus monts, Et bois, et mers, et vents, et loin des esclavages. J. Richepin

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Re: Comment vous sentiez/sentez vous à l'université ?

Message par Bulle d'o » jeu. 5 déc. 2019 21:58

Je ne fais pas suite aux débats, je réponds simplement à la question.

Je me sentais bien et seule. Bien car j'étais entourée de gens chouettes (en cours d'emploi, tous), seule car bien qu'étant un groupe restreint, nous suivions chacun notre chemin parallèle. Pour au final n'être que très peu à être allés au bout du cycle de 3 ans (pour le master, car en cours d'emploi).

La théorie de la pratique, ce fût le pied, l'exploration du mémoire de recherche aussi! Jamais je ne revivrais cela, c'est dommage car je crois, en partie, que je réfléchis un peu spontanément comme ça, en "hypothético-déductif" dans mon quotidien. Du coup, je me sentais enfin "sans ennui", ça me remplissait.

Mais c'est trop tard pour bosser dans le secteur maintenant.
"Je ne communique pas mes jugements, je ne suis pas un donneur de leçons, l'observation du monde ne suscite chez moi qu'un dialogue intérieur, un interminable dialogue avec moi-même."

Les désorientés (2012) de Amin Maalouf

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