Douance et mensonge

Cette section est ouverte à tous les membres : elle doit permettre un partage d'expériences autour des problématiques liées à la découverte de la douance.
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I-Bou
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Douance et mensonge

Message par I-Bou » lun. 24 juin 2019 14:36

Salut à tous ,

Alors voilà, j'ai une petit question qui me trotte dans la tête depuis pas mal de temps :

Au vu de la soif de vérité et d'exactitude de la plupart des HPI , vous arrive-t-il de mentir, pour des chose plus ou moins grave, et même parfois malgré vous ?

Par exemple , moi j'ai menti vendredi pour ne pas aller bosser en disant que j'était malade, que c'était mon fils qui m'avait refilé, toussatoussa, et tout le monde m'a cru dur comme fer ... Et du coup je culpabilise , je me dis que j'ai un problème d'implication.
Heureusement pour mon patron, ça n'arrive pas tous les vendredi !

Les fois où je mens , c'est essentiellement sur ça , mes absences au boulot (ce qui doit arriver 2 fois dans l'année !)

Après je "mens" aussi quand je raconte une anecdote marrante , enfin c'est plus de l'arrangement à mes yeux , pour que l'histoire soit plus drôle, mais en gardant quand même une authenticité.

Et vous , il vous arrive de mentir ?

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Vakhtang
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Re: Douance et mensonge

Message par Vakhtang » lun. 24 juin 2019 16:27

On n’est pas des anges rationnels. :lol: Néanmoins, je mens très rarement. En même temps, je n’en ai pas besoin... La dernière fois que j’ai menti, c’était par omission, pour éviter d’avoir à révéler un élément de mon histoire perso qui compte pour moi. Ce que je trouve parfaitement légitime !
Il y a eu une époque où je mentais souvent, sur des détails ou des histoires entières : pour améliorer mon image sociale ou pour me tirer d’affaire à l’école. Mécanisme de survie, dont je n’ai pas honte quand j’y repense.
J’ai eu un pote H. P. qui mentait assez régulièrement, il faisait ça pour attirer l’attention parce que ça n’allait pas très bien dans sa vie. Il inventait des histoires spectaculaires, exposant une sorte de souffrance glamour/badass. Je comprenais assez bien ce comportement et je ne lui en voulais pas. Il n’était pas très subtil, de toute façon. :lol:

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Dark Vadrouille
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Re: Douance et mensonge

Message par Dark Vadrouille » lun. 24 juin 2019 16:41

J'aurai tendance à dire que le mensonge est avant tout une affaire personnelle. Je me souviens avoir vu un reportage qui disait que tout le monde mentait à plus ou moins grande échelle.
Dès l'enfance nous mentons et testons les adultes, nous arrêtons de mentir à force d'être pris la main dans le sac, petit à petit notre capacité à imaginer un mensonge devient de plus en plus difficile.

Après je pense que c'est avant tout question de caractère, de personnalité.
Pour ma part j'évite au maximum de mentir car je ne supporte pas que l'on me raconte des cracks. (Et j'ai tendance à me souvenir plutôt pas mal des mensonges, quand je m'en aperçois)
Je ne suis pas du genre à me raconter une vie non plus.

Si seulement l'on se rendait compte à quel point le mensongege est un outil indispensable socialement.

Rianne
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Re: Douance et mensonge

Message par Rianne » lun. 24 juin 2019 17:21

Heureusement ca m'arrive :)
Mais je mens assez rarement.

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Re: Douance et mensonge

Message par Miss souris » lun. 24 juin 2019 18:37

Je ne dirais pas que c'est en rapport avec la douance, mais plutôt avec des penchants personnels, dépendant de trajectoires tout aussi individuelles ( ceci est un avis motivé par rien d'autre que ma pensée, c'est dire les cimes de raisonnement scientifique atteintes). Moi par exemple, j'ai menti toute mon enfance, pour sauver ma peau et avoir moins d'ennuis malgré ma non adéquation avec l'objet "enfant" tel que défini dans le référentiel de mes parents. Je mentais sur tout, tout ce qui au quotidien pouvait me valoir une remarque acerbe, de ce qu'il y avait à la cantine à qu'est ce que tu as fait vendredi après midi...( Répondre "j'ai fait du vélo avec les copines" et non pas " j'ai fait du vélo seule jusqu'à la bibliothèque où je suis restée jusqu'à la fermeture")
Notez que ça n'empêchait en rien la non adéquation...
Et puis il y a toutes les fois où je me surprends à raconter un truc plutôt comme il aurait été intéressant qu'il se passât ( concordance des temps compliquée...) que selon la stricte et pâle vérité...Du haut de mon âge très adulte, maintenant, j'arrive à repérer les signes et à arrêter mes histoires rien qu'un tout petit peu embellies avant de les avoir dites. Mais bon. C'est plus fade...
(Je ne brille pas particulièrement dans ces histoires de mes journées romancées. C'est plutôt que les gens autour de moi sont plus drôles, plus diserts, plus intéressants qu'au naturel...)

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Re: Douance et mensonge

Message par Unesoprano » lun. 24 juin 2019 19:24

Je suis tout à fait d’accord avec Miss Souris : je ne pense pas que la question du mensonge ou de la vérité soit en reliance avec la douance. C’est plutôt je crois une question d’éthique et de responsabilité personnelle, de contextes... S’il est illusoire de penser vivre sans jamais mentir, néanmoins la fréquence de nos mensonges dans certaines situations est intéressante à découvrir. Elle peut révéler des systèmes de défenses ou d’arrangements personnels intéressants à transformer quand on est dans une dynamique d'évolution personnelle (plusieurs histoires évoquées plus haut d’ailleurs, racontent fort bien cela).

Je mens très rarement, car comme Dark Vadrouille je n’aime pas qu’on me mente. Le mensonge peut si vite rejoindre le problème de la trahison, de jusqu’où l’on peut faire confiance à quelqu’un. Par ailleurs, le courage de la parole est une valeur extrêmement importante à mes yeux, c’est directement issu de ma propre histoire et assez viscéral chez moi. Je peux être d’ailleurs bien dure face à quelqu’un qui a peu le cran de son positionnement et se cache derrière ce qui est généralement de mauvais mensonges ou des « excuses bidons ». Je suis vigilante, mais... :grin:

La dernière fois que j’ai menti en conscience, de façon délibérée, c'était pour le Nouvel An : j’ai dit que j'étais malade. Je ne souhaitais pas prendre la voiture pour me rendre à 40km de chez moi, j'étais crevée, j’hésitais à annuler ma participation à ce Réveillon où je m'étais déjà engagée et justement en discutant un peu par hasard un couple d’amis était dispo pour le passer chez moi. J’ai lancé ce réveillon improvisé et je ne voulais pas blesser mes amis envers lesquels je m’étais préalablement engagé sans mesurer ma fatigue. Alors bon... j’ai dit que j'étais malade. Mais j’essaye vraiment de limiter ce genre de situations qui me mettent d’autant plus mal à l’aise que je connais mon intolérance face au manque de courage de la parole.
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Re: Douance et mensonge

Message par Swinn » lun. 24 juin 2019 21:04

C'est un peu le problème du mensonge où il arrive que l'on soit plus tolérant envers soi même qu'envers les autres.
Comme on a une haute idée de sa propre parole on exige des autres qu'ils appliquent l'idée que l'on se fait de sa parole, mais les autres sont comme nous, des humains avec force, faiblesses, courage et lâcheté, bien évidemment à géométrie variable.
Quelqu'un qui ne ment jamais me parait aussi mythique que celui qui ment constamment, ce peut être des personnages de contes légendes et fables logiques mais je ne pense pas que de telles personnes puissent exister.

On vit avec soi même en société et on est obligé de s'adapter, de composer, de rassurer, de plaire et on oscille constamment entre ce qui nous apparait comme sa propre vérité vraie et un acceptable dévoiement de celle-ci.

Pour ma part ça m'arrive de mentir notamment pour embellir des histoires que je raconte, en changeant le point de vue ou la façon de raconter une chose qui m'est arrivée je ne la raconte pas exactement de la façon à laquelle je l'ai intimement vécue, ou bien je mens aussi au travail : t'as rappelé machin ? ouais bien sur ! t'as pensé à faire ça ? ben kess tu crois ?

J'essaie en général de ne pas mentir mais sur des petites choses je le fais sans scrupules ni remords.

Sur d'autre plans j'ai l'impression de me mentir depuis toujours mais n'ayant pas connaissance de ma propres vérité je ne parviens pas réellement à savoir la distance que j'ai entre elle et mon récit personnel. Souvent je n'y pense pas mais quand cela me travers l'esprit je suis bien surpris de parvenir à vivre tout en étant si loin de ce qui me semble être ma propre vérité.
Je dois avouer que le fait récent de me savoir surdoué a quand même éclairé un certain nombre de pans de mon existence et donc a contribué à savoir faire la différence entre se mentir soi même et ignorer tant de soi-même. C'est un travail interessant.

Pour conclure, je donne très rarement ma parole, celle-ci m'engageant corps et âme je fais très attention pour qui et pour quoi je le fais. Je suis intraitable avec moi-même dans ce cas, la tenue de ma parole étant un mur infranchissable.
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Re: Douance et mensonge

Message par Youpla » lun. 24 juin 2019 22:35

Ma relation au mensonge est pour moi aussi, directement liée à mon vécu, ma construction.

Grosso modo, durant mon enfance et une bonne partie de ma vie d'adulte (et peut-être même par certains côtés, encore maintenant :? ), j'aspirais à la perfection (ben oui, rien moins que ça !) et en aucun cas, il aurait fallu que je pusse mentir (ouille la concordance des temps).

Alors ça vient de plusieurs choses, je ne voulais pas décevoir qui que ce soit, et en premier lieu mes parents.
Mais il y a plus louche :
je suis métisse, je ne voulais surtout pas qu'un de mes faux pas puisse avoir comme conclusion "ah ça c'est bien les noirs, tous des voyous, tous des ceci, tous des cela..." :worried:

Alors mes seuls mensonges étaient (voire sont encore) des mensonges de politesse.

Comme par exemple, à 12 ou 13 ans, invitée à dormir chez une amie, ne pas oser dire que je n'aime pas ce qui m'est proposé pour le petit-déjeuner (des céréales muesli) de peur d'être impolie et blesser, et le manger quand-même (et avec le sourire s'il vous plait) jusqu'à la dernière miette, en être écœurée jusqu'à aller vomir dans les toilettes...

Par contre, des mensonges pour me couvrir, pour cacher mes fautes, les rares fois où ça m'est arrivé, ça m'a rendue malade. Malade de culpabilité, trop dur à assumer (ah la culpabilité, toute ma vie !).
Par exemple, j'ai déjà dit à mes élèves que j'avais corrigé leurs copies mais oubliées à la maison... :honte:

En général, même quand je sais que ça importe peu pour l'autre, je ne peux pas m'empêcher de dire mes "fautes", comme pour les expier. :angel: Alors que je ne suis pas croyante pour un sous !
Alors même les mensonges par omission, j'ai du mal.

Comme je déteste qu'on me mente, désormais, même si ça peut blesser, dans des situations délicates, je mets les pieds dans le plat et je dis la vérité.

D'ailleurs, ça marche aussi avec le caractère impulsif, spontané, voire naïf (et peut-être aussi un peu con-con) qui fait que tout sort sans trop de filtre. Gérer un mensonge demande un peu de réflexion, d'organisation dans la pensée, pour ne pas se vendre !

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Re: Douance et mensonge

Message par Proxima » mar. 25 juin 2019 18:52

Tout pareil que @Unesoprano
Par ailleurs, il m'est totalement impossible de croire une personne qui m'a menti plusieurs fois, même sur des choses sans importance. Je dois rajouter que adolescent, j'ai le souvenir d'une fille de la classe qui passait son temps à mentir et à se contredire parce qu'elle oubliait ce qu'elle disait précédement. J'en ai tiré la conclusion que pour mentir, il fallait au moins avoir une très bonne mémoire. Je pense que c'est à cette période que j'ai fait le choix réfléchi de ne jamais mentir, non pas que j'aurais une mauvaise mémoire, mais par estime de moi. On ment généralement pour se donner une image plus valorisante, ou pour échapper à la honte. Je considère (malgrès que je sois conscient par ailleurs de mes difficultés relationnelles) avoir une personnalité et des qualités largement dignes et valables au regard de l'ensemble de la population que je cottoie, et pour cette raison, je ne pense pas avoir besoin d'en "rajouter". Même si ponctuellement j'aimerais pouvoir faire mieux, être meilleur ou avoir plus de courage, ce que je suis n'a pas besoin d'être effacé devant un masque factice. Si je fais des erreurs, je ne les fais généralement pas volontairement, et comme je fais toujours de mon mieux, mes erreurs ne sont pas une honte à effacer. Elles sont ce que je suis, et l'ensemble reste à mes yeux un beau tableau.

Mon dernier mensonge (en tout cas le dernier dont je me souvienne vraiment) était suite à une invitation à noël par des amis que j'apprécie vraiment. J'ai refusé cette invitation sous prétexte que j'étais déjà pris pour ne pas avouer que je préfèrais rester seul. C'est une période que je déteste, et je préfère cette échappatoire que de devoir expliquer mon choix au risque de blaisser ou de ne pas être compris.
Cela dis, je les ai revu par la suite, ils m'ont dit regretter que je ne sois pas venu, et je leur ai répondu que c'était une erreur de ma part. Ils me connaissent depuis mon enfance et possèdent cette élégance rare de comprendre ce que les mots peinent à exprimer.

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