Plantes Sauvages

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InMedio
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Plantes Sauvages

Message par InMedio » mer. 29 mai 2019 23:09

Les Plantes Sauvages Qu'est-ce que c'est ?
Ce qu'on appelle "plantes sauvages" ce sont les plantes spontanées ou subspontanées qui poussent autour de nous, que ce soit en ville ou en campagne. On va considérer qu'une plante est spontanée si elle était là avant 1492 soit la reprise de Grenade par les Espagnols la découverte d'un nouveau continent bien connu.
Pourquoi parler de ça ?
Suite à une semaine de formation sur la valorisation des plantes sauvages, j'avais envie de partager avec vous une partie de ce que j'ai appris ces derniers jours. Les plantes sauvages c'est un vaste petit sujet de botanique, de "médecine" et d'alimentation.
"Médecine" est à prendre avec des pincettes, je ne me substitue pas à un avis médical professionnel et il y a des choses à faire avec précaution voire à ne pas faire comme suivre les conseils médicaux d'un gars qui n'est pas médecin (c'est-à-dire moi).
À qui m'adressé-je ?
À qui voudra bien me lire, érudit ou non. Je n'en suis moi-même pas un, je vous transmets ce que j'apprends parce que je trouve que c'est utile à savoir et parce que j'aime transmettre. S'il y a du faux ou de l'inexact, corrigez-moi !
Et vous dans tout ça ?
Si vous avez envie de parler vous aussi d'une plante sauvage que vous aimez, que vous rencontrez chez vous.
Si vous savez ce que c'est, apprenez-nous des choses !
Si vous ne savez pas, cherchons ensemble !

Commençons en douceur avec un mini-herbier que j'ai réalisé cette semaine soit trois plantes communes par chez moi.
Le Millepertuis
Hypericum perforatum
Image
Les noms vernaculaires ne manquent pas : herbe de la Saint-Jean, herbe de Saint-Eloi, herbe à mille trous, trucheron (jaune)...
Famille : Hypériacées
Milieu : Se trouve en bord de chemin, dans des friches, talus et clairières au soleil, sous 2000m d'altitude et partout en France.
Identification :
Fleur : 5 pétales libres jaunes doré, 5 sépales libres souvent bordés de glandes noires, les étamines nombreuses sont divisées en trois faisceaux, l'ovaire est divisé en 3 carpelles soudés. Les fleurs sont en grappes au sommet des parties aériennes de 20 à 80 cm de haut.
La tige est dressée et ronde à deux lignes saillantes et les feuilles sont opposées, ovales légèrement allongées et ponctuées de petites poches transparentes qui donnent son nom de mille-pertuis (= mille trous).
Usages : Vulnéraire, anti-inflammatoire, antidépresseur. L'huile rouge obtenue par macération des sommités fleuries permet d'obtenir un baume qui calme les cous de soleil. En tisane ou en teinture-mère, c'est un antidépresseur.
Toxicité : Très photosensibilisant et contre indiqué dans des traitements de la dépression et des maladies du cœur dont il modifie significativement l'efficacité.
Notes : Sa commercialisation hors du cadre pharmaceutique est interdite en France. Et quand je dis "très photosensibilisant" c'est que ça attaque dur.
La Vesce
Vicia sativa
Image
Noms vernaculaires : vesce commune, vesce cultivée
Famille : Fabacées
Milieu : Se trouve en bordure de culture ou de chemin à l'état subspontané sous 1600m d'altitude partout en France.
Identification : Les feuilles sont composées, paripennées et terminées par une vrille, les folioles sont nombreuses et à nervation en V
Usages : Les jeunes pousses sont comestibles et les graines consommables après une longue cuisson. Cultivée pour le fourrage, elle sert également d'engrais vert entre deux cultures.
Toxicité : Aucune pour cette variété, cependant une confusion et possible avec Vicia cracca, une vivace à fleurs bleu foncé en grappes sur pédoncule
Notes : On peut donc confondre notre amie avec Vicia cracca qui contient dans ses fruits de l'acide cyanhydrique (goût d'amande amère), autrement dit du cyanure.
Le Lierre terrestre
Glechoma hederacea
Image
Noms vernaculaires : gléchome, courroie de terre, courroie de Saint-Jean (encore lui)
Famille : Lamiacées
Milieu : Se trouve à l'ombre des haies, en lisière de bois, dans des friches, des peupleraies, chênaies-charmaies partout en France sous 1600m d'altitude.
Identification : les fleurs à deux lèvres et quatre étamines visibles de l'extérieur de la corolle sont caractéristiques. La lèvre supérieure de la corolle est plane. Les tiges sont rampantes sur 10 à 30 cm et des racines adventives se développent facilement au contact du sol à l'entre-nœud. Les feuilles sont opposées, aux longs pétioles et crénelées, d'un vert luisant et sombre, cordiformes. Le parfum des feuilles froissées est reconnaissable mais difficile à définir.
Usages : Alimentaire : en condiment pour salades, soupes, céréales, contient de la vitamine C dans les feuilles
Médicinal : expectorant et astringent (présence de tanins)
Toxicité : Aucune (bon, nous sommes d'accord que c'est le poison qui fait la dose, évidemment. Ou l'inverse... Vous ai-je dit de me faire confiance ?)
Notes : Une bonne poignée infusée dans un litre de jus de pomme donne un excellent apéro. Testé et approuvé par mon groupe de formation.


Merci de m'avoir lu, et maintenant : à vous !
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Re: Plantes Sauvages

Message par Pascalita » jeu. 30 mai 2019 10:25

Merci InMedio !

La vesce, c'est bien celle qui colle aux vêtements et aux doigts quand tu essaies de l'arracher ? J'aime bien la plante et ses fleurs, mais la sensation est immonde sur la peau !

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Re: Plantes Sauvages

Message par InMedio » jeu. 30 mai 2019 11:23

Ce qui colle aux vêtements et aux doigts, c'est Gallium aparine aussi appelé gaillet gratteron. Pourquoi pas faire une fiche dessus aussi, il y a des choses intéressantes à dire dessus.
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Re: Plantes Sauvages

Message par Unesoprano » jeu. 30 mai 2019 14:44

Au-delà de l’intérêt des connaissances que tu partages, j’avais envie de te dire que j’adore tes dessins. Ils ajoutent un quelque chose de très poétique, enfin je trouve. Et ça donne beaucoup de fraîcheur. Bref, ça m’a plu quoi. 🙂
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Re: Plantes Sauvages

Message par sanders » jeu. 30 mai 2019 17:33

InMedio a écrit :
mer. 29 mai 2019 23:09
Le Lierre terrestre
Glechoma hederacea
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Usages : Alimentaire : en condiment pour salades, soupes, céréales, contient de la vitamine C dans les feuilles
Médicinal : expectorant et astringent (présence de tanins)
Toxicité : Aucune (bon, nous sommes d'accord que c'est le poison qui fait la dose, évidemment. Ou l'inverse... Vous ai-je dit de me faire confiance ?)
Notes : Une bonne poignée infusée dans un litre de jus de pomme donne un excellent apéro. Testé et approuvé par mon groupe de formation.!
Pour l'odeur, plusieurs amatrices et amateurs d'herbes un peu spéciales m'ont indiqué que l'odeur du lierre terrestre ressemblait beaucoup aux dites herbes.
Pour l'apéro, je confirme !

Merci InMedio du partage !


EDIT : Image aux personnes novices en plantes sauvages.
On parle bien ici du lierre terrestre, Glechoma hederace, et non pas du lierre grimpant, hedera helix.
Les deux n'ont rien à voir en fait.

Le lierre grimpant, hedera helix, comme le dit madeleine ci-dessous, il est très utile pour les oiseaux et autres bestioles, surtout en hiver pour les raisons qu'elle évoque.

Mais attention, ses baies sont très toxiques pour les humains et ses feuilles peuvent être allergisantes chez certaines personnes (vérifier donc en prenant une feuille et en frottant le "gras interne" du bras ) . Il s'utilise donc en usage externe et avec précaution.

L'usage externe s'appuiera possiblement sur le pouvoir moussant (savon, shampoing, lessive) et cicatrisant (compresses imbibées de lotion) si on n'est pas allergique.

On peut aussi utiliser le lierre grimpant qui ne "s'accroche pas" pour faire de la vannerie sauvage. Celui qui s'accroche est plus cassant.
Et là, à part allergies et sans mettre les mains à la bouche ensuite, on peu manipuler à loisir !

Mise à part la vannerie sauvage, le lierre grimpant est donc une plante à éviter pour les débutants et à manipuler avec précaution pour les autres (lessive, savons, shampoing = souvent soude).
Le premier jour du reste de ma vie : Un jour, J'ai pu observer que la poutre que je voyais dans l'oeil de mon voisin, je l'avais fait devenir paille dans le mien. Alors même que nous buttions sur les mêmes (em)bûches. Depuis, plus rien n'est pareil..

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Re: Plantes Sauvages

Message par madeleine » ven. 31 mai 2019 06:51

Je me permets d'ajouter que je milite pour le lierre :D
C'est un merveilleux hôtel pour quantité d'insectes, d'oiseaux, de petits rongeurs, sa floraison décalée sauve bien des abeilles avant l'hiver, son solide manteau protège vieux arbres et vieux murs...
Bref je l'aime et mon jardin aussi !
Tout plein d'informations ici : http://blog.nature-corner.fr/le-lierre- ... diversite/
le chemin est long et la pente est rude, oui, mais le mieux, c'est le chemin, parce que l'arrivée, c'est la même pour tout le monde... Aooouuuh yeaah...
avec l'aimable autorisation de P.Kirool

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Re: Plantes Sauvages

Message par Judith » ven. 31 mai 2019 07:32

J'aime beaucoup ce fil, et je fais moi-même un peu de botanique en amateur. Bravo et merci.
Un petit problème, je ne suis pas autorisée à voir les images postées par InMedio : comment y remédier? Je n'ai pas trouvé de fil dédié aux problèmes techniques, donc pardon de poser la question ici.

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Re: Plantes Sauvages

Message par TourneLune » ven. 31 mai 2019 07:50

@InMedio , c'est une bonne idée d'avoir utilisé la galerie du forum, mais si tu mets tes photos dans ta galerie perso seuls les membres du petit salon peuvent les voir.
Il faut utiliser "public".
"Tout ce qui ne me tue pas me rend plus fort". C'était une connerie. Du moins dans son acceptation banale et contemporaine. Au quotidien, la souffrance n'endurcit pas. Elle use. Fragilise. Affaiblit. L'âme humaine n'est pas un cuir qui se tanne avec les épreuves. C'est une membrane sensible, vibrante, délicate.
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Re: Plantes Sauvages

Message par InMedio » ven. 31 mai 2019 11:57

J'ai modifié l'autorisation sur mon album j'espère que tout le monde pourra voir mes ptits dessins maintenant.

Pour revenir sur le lierre terrestre vs le lierre c'est fou qu'en français et en nomenclature binomiale le "lierre" ou "hederacea" se retrouve en commun alors que franchement... Les deux plantes n'ont rien à voir !

Merci pour les précisions et les infos sur le lierre en tout cas !
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Re: Plantes Sauvages

Message par Judith » ven. 31 mai 2019 16:44

Je me lance à mon tour.

Anémone Pulsatille
Anemone Pulsatilla L. (Pulsatilla vulgaris Mill.)


Image Cliquer sur l'image pour la voir en grand Famille : Renonculacées
Noms vernaculaires : Coquelourde ; Fleur aux dames ; Fils avant le Père ; Teigne-Œuf ; Passefleur, etc.
Milieu : Prairies sèches, spécifiquement les coteaux calcaires bien exposés.
Identification : plante naine. Fleurs isolées à six sépales pétaloïdes violet foncé, dressées puis en cloche. Anthères jaune vif. Feuilles très divisées, segments en forme de lanières, légèrement velues puis glabres. Involucre verticillé, formé de bractées velues en forme de lanières, éloigné de la fleur par un assez long pédoncule (2 à 4 cm)

Image

Usages : en teinture, est employée contre les névralgies et les phlébites. Ancien remède de la coqueluche.
Toxicité : saveur acre ; toxicité importante en raison de la présence de ranunculine, ou proto-anémonine. Cette molécule (C5H4O2) est commune à toutes les renonculacées. Elle a un effet allergique au niveau cutané, neurotoxique par ingestion et peut provoquer des troubles cardiaques et respiratoires.

Je me suis interrogée, sans trouver de réponse convaincante, sur le nom vernaculaire de « teigne-œuf ». Teigne doit s’expliquer par ses propriétés allergènes, mais œuf ? Peut-être la forme des boutons floraux… :help:

PS. Je ne vois toujours pas les images postées par InMedio.

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Re: Plantes Sauvages

Message par Judith » mer. 5 juin 2019 16:58

Une plante aussi spectaculaire qu'intéressante...

Onagre Bisanuelle
Oenothera biennis L.

Image Cliquer sur l'image pour la voir en grand

Famille : Onagracées

Noms vernaculaires : Herbe aux unes, Belle de Nuit, Primevère aux Ânes, Jambon de saint-Antoine.

Milieu : il s’agit d’une plante originaire d’Amérique introduite en Europe au XVIIème siècle ; naturalisée, elle est très fréquente sur les sols secs, en bord de route, dans les terrains vagues. Elle est souvent instable.

Identification : plante dressée, de 0,5 à 1 m ; fleurs grandes, jaune citron, pétales égalant au moins les 2/3 du tube du calice. Parfumées. Feuilles elliptiques, en rosette, légèrement dentées ; poils glandulaires sur la tige et le calice.

Usages : Les feuilles et les racines sont comestibles (l’appellation de Jambon de saint-Antoine fait allusion à la consistance des racines cuites). Le principal usage est cosmétique, à cause de l’action anti-inflammatoire de l’Acide gamma-linoléique contenu dans les graines.

Notes : L’étymologie est amusante : c’est du grec, oinos (vin) et thêr (bête sauvage), car on croyait que la racine d’Onagre marinée dans du vin avait le pouvoir d’apaiser les bêtes sauvages. Le nom commun, également d’origine grecque, signifie « âne sauvage », sans doute à cause de la forme des feuilles qui ressemblent à des oreilles d’ânes. Le sous-genre Oenothera, qui comprend environ 75 espèces, est très complexe à cause de la fréquence et de la rapidité des variations inter-espèces, et il a fourni à Hugo De Vries (botaniste néerlandais du XIXème siècle) les premiers matériaux de ses travaux pionniers sur l’étude des mutations.

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Re: Plantes Sauvages

Message par Proxima » lun. 24 juin 2019 21:09

J'allais créer un fil sur les plantes sauvages, et ho surprise, il y en a déjà un portant ce nom...
Mon idée était de poster une photo de qualité des fleurs sauvages au fur-et-à-mesure de leur éclosion. Je trouvais intéressant de voir, selon les régions, ce qui pousse, et à quel moment.
J'ai découvert une appli sur smatphone que je trouve vraiment géniale. Ca s'appelle "PlantNet", c'est édité par plantnet-project.org.
Le but de cette appli est d'identifier une plante à partir d'une simple photo et de la géolocalisation. C'est vraiment très efficace. L'appli propose un choix parmi des photos vraiment très proches qui sont généralement des variétés de la même espèce, et on peut contribuer avec nos propres photos, c'est collaboratif. J'ai appris plein de choses, notamment qu'aucune des fleurs que je prenais pour des pissenlits n'en était :worried: . Je ne sais pas quelle est la limite du collaboratif pour ne pas populariser des erreurs d'identification, mais pour le moment, je trouve ça pas mal du tout.

Parler de fleur sauvage devient délicat tant la commercialisation des semis et plantes est devenue banale. Certaines plantes se sont installées alors qu'elles ne sont pas endémiques, et la plupart du temps, on l'ignore totalement.
J'ai appris récemment que l'une des baies qui pousse dans la propriété, qui est envahissante est extrêmement toxique, n'est même pas de la région. Je m'en passerais bien... mais d'une certaine manière, l'homme fait la même chose que les animaux... à plus grande échelle.

Je pense être dans l'esprit de ce fil, sinon on peut en créer un autre séparé sans problème.

Donc voici une Campanule raiponce (Campanula rapunculus L.). C'est une petite fleur fluette qui pousse dans le jardin entre deux tontes (elle a du mérite !)
J'ai mis une feuille grise dessous pour la séparer des autres herbes.
Nice, Alpes-Maritimes (précisément dans les pré-montagnes à 350m d'altitude au dessus de Nice.)
1561406415585.JPEG
Edit : J'ai quelques doutes malgré tout sur l'identification car la plante ne dépasse pas les 15 cm. Mais ici, bcp de plantes sont nanifiées en raison de la dureté du sol (du béton), et des sécheresses alternantes.
Je lis que la campanule raiponce est entièrement comestible (comme le lièrre de terre qui pousse à coté, découvert grace à ce fil).
Je vais me faire une grosse salade de lièrre et de campanule ce midi. Si vous ne me revoyez pas, il faudra penser à requalifier la photo svp.

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Re: Plantes Sauvages

Message par sanders » ven. 5 juil. 2019 10:47

Peut-être ne cueillerez-vous jamais cette plante, la Berce commune ou grande Berce ou encore Berce Spondyle. Elle aura le mérite de vous faire connaître les risques de photosensibilisation à certaines plantes, les précautions d'usage et les mesures à prendre si problèmes.

La Berce Spondyle

Heracleum sphondylium

Heracleum vient d'Héraclès, par allusion à la puissance de la plante.

Image

Noms vernaculaires : Grande Berce, Berce commune, Patte d'Ours

Famille : Apiacées (ex Ombellifères)

Milieu : La berce spondyle pousse sur un milieu enrichi en azote et plutôt frais (bords des chemins, rues de village, friches, berges, cours d'eau ...).

Identification :La plante est velue (tige et feuilles) et peut atteindre 2 mètres (voire 2m50) en conditions favorables. Les tiges sont creuses et cannelées, vertes ou rouges (couleur homogène) et ont un aspect robuste. Les feuilles de formes assez variables sont découpées en trois à neuf folioles. Elles sont généralement d'un vert soutenu sur le dessus. Elles peuvent atteindre 50 cms de long. La tige qui retient les folioles (pétiole), de grande taille, est souvent colorée de rouge. Les fleurs se groupent sur une tige commune (rayon), ce groupement est appelé ombellule, les ombellules sont groupées en ombelles. Chaque ombelle contient entre 15 et 45 rayons pour un diamètre jusqu'à 45 cms. Les fleurs sont blanches ou très légèrement rosées et de forme différentes selon leur position sur l'ombellule. Les fleurs du centre sont plus régulières et les fleurs périphériques ont des pétales franchement inégaux. Les fruits sont secs, plats, pourvus d'ailes membraneuses, ont une forte odeur d'agrume (orange amère pour certains) et contiennent deux graines.

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Usages : Alimentaire : tout se mange dans la berce. Les jeunes feuilles se dégustent en salades, les feuilles plus développées en gratins, soupes, soufflés ... Les hampes florales encore en boutons (en forme de sacs) se cuisinent comme des asperges, la jeune tige de la hampe peut se manger crue (goût sucré d'agrumes pour certains, de noix de coco pour d'autres). Les fruits secs au fort parfum d'agrumes peuvent aromatiser desserts, boissons ... En Russie, la berce entre dans la composition d'un plat traditionnel : le Bortsch.
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Confusions possibles : Aucune confusion avec les apiacées dangereuses (cigüe par exemple) qui ont toutes une tige sans poil alors que la berce est poilue. Confusion possible avec la berce du Caucase (voir la fiche suivante), surtout lorsque celle-ci est jeune.
La berce du Caucase occasionne des brulures assez conséquentes par contact et exposition de la peau au soleil voire simplement à la lumière.
Pour les différencier il faut attendre que la plante soit en fleurs, et il faut compter les rayons des ombelles en mettant des gants. Les rayons portant les ombellules sont au nombre de 15 à 45 pour la berce spondyle alors qu'ils dépassent toujours les 45 chez la berce du Caucase.
D'autres différences existent (cf spoiler) mais elles sont moins flagrantes parfois. J'ai pu observer récemment une berce spondyle de plus de deux mètres de haut avec une envergure importante, une tige rouge à la couleur un peu douteuse et des feuilles très longues (environs un mètre) bien dentelées, pointues et de couleur plutôt claire.
On était deux à tenter l'identification et heureusement aucune ombelle ne portait pas plus de trente rayons. Si on en avait eu une avec 45 on aurait pas pu trancher.
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Toxicité : La précaution est de rigueur quand on est sensible aux allergies. La berce spondyle contient des furocoumarines qui ont la particularité d'être photosensibilisantes et ou irritantes. Pour déclencher une réaction, il faut toucher la plante ou être en contact avec la sève (projection lorsqu'on coupe la plante par exemple) et que la surface touchée soit ensuite exposée au soleil ou même à la simple lumière (tout dépend de la sensibilité des sujets et de la luminosité). La réaction peut se déclencher plusieurs heures après et apparaissent alors des plaques rouges de type brulures ou une dermite (irritation de la peau qui peut prendre la forme des plantes sur la peau).
La substance photosensibilisante est présente dans beaucoup d'autres plantes (la rue, le panais sauvage, le millepertuis par exemple), dont des fruits et légumes courants, persil, panais ou carotte par exemple ou encore citronnier ou figuier.
La berce du Caucase est un cas à part à cause de la gravité des brulures occasionnées.

Si on est sensible aux dermites des prés ou aux taches sur la peau, il convient de mettre des gants pour cueillir la berce et d'en manger en quantité raisonnable.
Si on est entré en contact avec une des plantes citées (sauf berce du Caucase où les risques sont plus importants) et qu'on est sensible, il suffit de tamponner avec un essuie tout (ne pas frotter), de rincer la peau et d'éviter le soleil 48 heures.


Sources : G. Guillot / Guide des plantes des villes et des villages - I. Burrows / La nature comestibles - F. Couplan / Guide nutritionnel des plantes sauvages cultivées - Wikipedia - Le site chemin de la nature - deux vidéos Youtube du même site (spoil)

La berce du Caucase

Heracleum mantegazzianum

Heracleum vient d'Héraclès, par allusion à la puissance de la plante et mantegazzianum du nom de Paolo Mantegazza, anthropologue italien.
Il existe une soixantaine d'espèces de berce de par le monde.

Image



Noms vernaculaires : Berce du Caucase, Berce de Mantegazzi

Famille : Apiacées (ex Ombellifères)

Milieu : La berce du Caucase affectionne les endroits frais et humides qu'elle colonise mais peut s'adapter dans des milieux très divers.

Identification :La plante est velue (tige et feuilles) et gigantesque, plus de 3m de haut et 4m de circonférence.
Les tiges sont creuses et cannelées, vertes tachées de rouge (couleur hétérogène) et ont un aspect très très robuste. Les pétioles sont également tachés de rouge.
Les feuilles de formes assez variables sont très découpées et "pointues", leur couleur est plutôt vert clair. Elles peuvent atteindre 1,50 mètres de long à maturité. Comme chez la berce spondyle (et chez d'autres apiacées), les fleurs se groupent sur une tige commune (rayon),ce groupement est appelé ombellule, les ombellules sont groupées en ombelles. Chaque ombelle contient au minimum 45-50 rayons pour un diamètre de plus d'un mètre pour l'ombelle principale (qui se situe au centre et en dessous des ombelles périphériques). Les fleurs sont blanches ou très légèrement rosées et de forme différentes selon leur position sur l'ombellule. Les fleurs du centre sont plus régulières et les fleurs périphériques ont des pétales franchement inégaux. Les fruits sont secs, plats, pourvus d'ailes membraneuses, et contiennent deux graines.

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Usages : Ornementale à partir du XIX° siècle où la plante séduit par sa prestance et sa facilité de pousse. Elle trouve place dans les jardins, les parcs, les châteaux ... Elle intéresse aussi les apiculteurs car elle est très mellifère et productive.
Récemment, on a découvert le côté envahissant de la plante (qui produit un nombre gigantesque de graines) dans les milieux qui lui conviennent. Les substances photosensibilisantes qu'elle contient rendent délicat l'arrachage et la font interdire dans les lieux publics.
Des campagnes de destruction sont entreprises en France dans certains départements où elle forme d'immenses colonies (en Suisse et au Canada aussi).

Confusions possibles : Voir la fiche précédente
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Toxicité : La berce du Caucase ne se mange pas et n'est pas utilisée en phytothérapie car elle est trop dangereuse. Elle contient comme la berce spondyle (et pas mal de plantes de la même famille mais aussi d'autres) des furocoumarines qui ont la particularité d'être photosensibilisantes et ou irritantes. Pour déclencher une réaction, il faut toucher la plante ou être en contact avec la sève (projection lorsqu'on coupe la plante par exemple) et que la surface touchée soit ensuite exposée au soleil ou même à la simple lumière (tout dépend de la sensibilité des sujets et de la luminosité). La réaction peut se déclencher plusieurs heures après et apparaissent alors des plaques rouges de type brulures ou une dermite (irritation de la peau qui peut prendre la forme des plantes sur la peau).
Chez la berce du Caucase, le risque de contact et la gravité des brulures sont majorés d'une part par la quantité de sève contenue dans cette énorme plante (les tiges creuses en sont remplies) et d'autre part par le fait que la manipulation de la plante induit de sa part une réaction de forte libération de sève (lorsqu'on cueille la plante ou même simplement lorsqu'on la touche).

Les brulures occasionnées par la Berce du Caucase peuvent être profondes (deuxième degré), étendues (du fait de la quantité de sève disponible et des projections de celle-ci) et à cicatrisation compliquée et lente.

Si on est entré en contact avec une berce du Caucase, il convient de tamponner avec un essuie tout ou un tissu absorbant (surtout ne pas frotter), de rincer abondamment la peau et de couvrir les parties touchées (pansement, vêtements couvrants) pendant 48 heures. Si une brulure apapraît (cela peut se produire plusieurs heures après) ou si la projection de sève a été importante et ou étendue il convient d'appeler un médecin.

Sources : Gilles Clément / Éloge des vagabondes (auteur que je recommande vivement tant par ses connaissances que pour sa poésie et sa voix zénifiante à la radio) - Wikipédia - Une vidéo youtube sur l'erradication de la Berce du Caucase (spoil)
Le premier jour du reste de ma vie : Un jour, J'ai pu observer que la poutre que je voyais dans l'oeil de mon voisin, je l'avais fait devenir paille dans le mien. Alors même que nous buttions sur les mêmes (em)bûches. Depuis, plus rien n'est pareil..

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Re: Plantes Sauvages

Message par wallcreeper » dim. 7 juil. 2019 18:18

Très belle présentation sanders, merci pour tout cela !

J'apprécie particulièrement la digression vers la berce du Caucase, malheureusement tellement problématique lorsqu'elle s'implante quelque part, notamment en bord de cours d'eau, berc'eau des plantes invasives, qui déséquilbrent tellement nos milieux...

Quelque soit votre sensibilité, n'hésitez pas à l'arracher, que si vous êtes équipés, les réactions cutanées sont vraiment virulentes...
Regardez-les passer ! Eux, ce sont les sauvages. Ils vont où leur désir le veut, par-dessus monts, Et bois, et mers, et vents, et loin des esclavages. J. Richepin

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Re: Plantes Sauvages

Message par InMedio » dim. 14 juil. 2019 09:29

Qu'elles sont belles vos présentations ! Et sanders, quelle application à rédiger tout ça, c'est remarquable !

Concernant encore la Berce du Caucase, je vous suggère la chanson de Genesis au sujet de cette plante dans l'album Nursery Cryme "The Return of the Giant Hogweed". C'est vraiment cette chanson qui m'a initié à cette étonnante plante et les problèmes qu'elle crée là où elle s'implante, alors vous lire à ce sujet, c'est très plaisant pour moi !

Hé oui les plantes voyagent, se déplacent pour trouver des milieux propices à leur développement et le cas échéant y prospèrent... parfois plus que de raison en y mettant le bazar. La vie trouve toujours un chemin, dit le mathématicien Ian Malcolm, et comme la Grande Berce trouve un lieu à envahir, on peut faire confiance au lieu pour l'accueillir : incluons-nous dedans et et c'est un affrontement sans fin de la vie contre elle-même, nous compris, comme par vagues, un reflux qui semble sans fin.
Les gens sont souvent tellement occupés à vivre qu'ils ne s'arrêtent jamais pour se demander pourquoi.
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Re: Plantes Sauvages

Message par Judith » mar. 23 juil. 2019 09:15

Aujourd’hui, voici la plus modeste des stars (et ma fleur préférée, oui je sais, c’est absolument banal :honte: )

Viola odorata (L. 1753)


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Terrain : prairies fraîches, haies, orée des bois.

Identification : Plante caractéristique par ses stolons, à la fois aériens et souterrains, qui lui permettent une implantation en tapis très vastes et en font une espèce potentiellement invasive. Les fleurs, solitaires sur un long pétiole, comptent cinq pétales dont deux dressés et un à éperon. Elles sont violet foncé, parfois blanches. Les feuilles en forme de cœur sont disposées en rosettes, à bord convexes, à dents arrondies. Le fruit est une capsule arrondie et velue.


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Multiplication : Viola odorata se multiplie par graines et s’étend par stolons. Le cycle, un peu complexe, est le suivant : la plante née d’une graine produit une première rosette de feuilles, qui émet à son tour des tiges rampantes et écailleuses. C’est à l’aisselle des écailles que naissent les stolons, qui s’enracinent et produisent une nouvelle rosette, et ainsi de suite.

La plante fleurit en trois temps : naissent d’abord des fleurs fertiles, aux pétales verts avortés, qui sont fécondées par les insectes (bourdons, abeilles, etc.). Apparaissent ensuite les fleurs violettes à pétales, stériles ; enfin, se développent des fleurs à pétales fertiles, mais cleistogames : hermaphrodites, elles sont fermées aux insectes et s’autofécondent. Les types de floraisons peuvent varier selon les conditions climatiques et la qualité du biotope : la cleistogamie assure à la plante la possibilité de se reproduire dans des conditions défavorables, où les insectes manquent.

La violette fait partie des espèces myrmécochores, ce qui signifie que la dissémination de ses graines est essentiellement assurée par les fourmis : quatre espèces principales se chargent du travail, Lasius Niger, Lasius Emarginatus, Lasius Flavius et Myrmica Stabuteli. Toutes procèdent de la même façon, la première étant apparemment la plus compétente : lorsque les capsules tombent au sol, elles en extraient les graines et les emportent dans leur nid. Une fois à destination, les ouvrières découpent l’élaïosome de la graine, son appendice charnu riche en lipides et en protéines, qui sert à nourrir les larves. Elles évacuent ensuite la graine à proximité de la fourmilière, dans une « décharge » naturelle où se forme un humus très fertile par accumulation de tissus végétaux, où ses chances de germer sont excellentes.


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Usages : - horticulture : en parterres ou semées dans une prairie artificielle. On a produit de nombreux cultivars.
- En parfumerie : les pétales de la violette contiennent une acétone, l’irone, (C13 H20 O), au parfum agréable aux narines humaines. Ce parfum a été reproduit par synthèse de l’α-ionone, dès la fin du XIXème siècle, par Wilhelm Haarmann, un chimiste allemand surtout connu pour sa synthèse de la vanilline. Aujourd’hui tous les arômes de violette sont industriels.
- Dans l’alimentation : fleurs et jeunes feuilles sont comestibles en salade. Les fleurs sont utilisées en pâtisserie, cristallisées au sucre, comme décorations et comme bonbons (les fameuses violettes de Toulouse).
- En phytothérapie, la violette est émétique (grâce à l’action de la violine contenue dans toute la plante) et antitussive.
- Enfin, la symbolique européenne a fait grand usage de la violette, et ce dès l’Antiquité. Née des amours de la nymphe Io et de Zeus, elle orne les chevelures des déesses d’Homère. Elle est devenue le symbole de la modestie, du talent et de l’amour cachés. Moins connu peut-être : elle a été sous l’empire l’un des symboles de Napoléon. Pendant son exil à l’île d’Elbe, les soldats qui espéraient son retour appelaient l’empereur d’un nom de code, le Général Violette : « à notre Général Violette et à son retour au printemps » était la formule qui permettait de porter discrètement un toast à l’exilé dans les milieux populaires.

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Re: Plantes Sauvages

Message par Judith » lun. 5 août 2019 12:45

Une présentation un peu différente aujourd’hui, puisque je vais partir d’un ancien herbier élaboré dans ma jeunesse pour parler d’une famille botanique à travers trois espèces. Mon post sera situé au croisement de l’histoire de la botanique et de la description d’espèces.
La famille sera celle des dipsacacées, les trois espèces appartiendront à trois genres voisins : Knautia, Scabiosa et Succisa.

Les dipsacacées sont une famille ancienne dans la taxinomie botanique : elle a été définie au XVIIIème siècle par Laurent-Antoine de Jussieu, dans le cadre d’une tentative de rationalisation des espèces aujourd’hui partiellement abandonnée mais qui mérite d’être connue pour son ingéniosité comme pour son apport à la science botanique.
Jussieu était un adepte de la classification linnéenne, à une époque où celle-ci, qui se fondait sur le mode de fructification des plantes et donc l’anatomie de leurs organes sexuels, était encore l’objet de vifs débats. Il a été le premier botaniste à mettre au point une classification naturelle complète des plantes à fleur connues à son époque : son apport essentiel a consisté dans la prise en compte fine des particularités de la corolle et de l’insertion des organes floraux, notamment des étamines (organes mâles). Parmi les dicotylédones, la classe la plus nombreuses des plantes à fleurs, il proposait de répartir les espèces entre trois catégories : les apétales (sans pétales), les dialypétales (pétales séparés) et les gamopétales (pétales soudés). Selon qu’à l’intérieur d’une catégorie, les étamines étaient insérées sous l’ovaire, autour de l’ovaire ou au-dessus de lui, ont été définies les hypogynes, périgynes et épigynes. Les dipsacacées, qui présentent une corolle aux pétales soudés et des étamines insérées au-dessus de l’ovaire (dit infère), ont donc trouvé place dans les gamopétales épigynes. Leur nom (qui signifie « assoiffées » en grec) leur a été donné d’après la forme des feuilles de plusieurs espèces, qui sont soudées en coupe retenant l’eau de pluie.
Les dipsacacées sont réparties entre 150 espèces environ et une dizaine de genres. Tous sont des herbacées et présentent la particularité d’une floraison en capitules serrés, c’est-à-dire que les fleurs, très petites, sont regroupées sur une structure appelée réceptacle, comme dans le cas plus connu des composées. Elles sont entourées d’un involucre et d’un involucelle, ensemble de fines bractées qui doublent le calice. Les étamines, au nombre de quatre dans la plupart des espèces, sont soudées à la corolle ; le pistil est unique. Le fruit est constitué d’une seule graine.
Certaines nouvelles nomenclatures botaniques proposent de réduire la famille des dipsacacées à une classe de la famille des caprifoliacées, mais la question fait débat.

Les trois genres dont il va être question sont parmi les plus communs dans la famille et se ressemblent beaucoup, comme les planches permettent de le noter au premier coup d’œil.

Succisa pratensis, Succise des prés

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Cette jolie plante vivace de taille moyenne affectionne les terrains humides, prairies et marais. On la reconnaît, en fin d’été, à ses fleurs d’un violet soutenu, rassemblées en capitule hémisphérique de l taille d’une bille. L’involucelle est composé de bractées réparties sur trois rangs. Les feuilles assez larges, en fer de lance, sont opposées (comme dans toute la famille). Elle doit son nom et son surnom à deux caractéristiques, l’une morphologique et l’autre biochimique : la forme de son rhizome, qui s’interrompt brusquement juste sous le collet, lui a valu d’être appellée Succise, « coupée par en-dessous » et ses vertus médicinales ont fait croire que le Diable la rongeait sous terre pour en priver les hommes, d’où son nom vernaculaire de Mors-du diable, alors qu’elle n’a vraiment rien de diabolique.

Knautia Arvensis, Knautie des champs

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Très voisine de la Succise, elle est plus spectaculaire avec ses feuilles larges, velues, découpées et ses fleurs plus volumineuses, réparties entre des corolles périphériques aux pétales développées, chargées d’attirer les insectes pollinisateurs, et des corolles centrales très serrées, aux pétales courts. Elle pousse naturellement dans les prairies et les milieux boisés, et elle est aujourd’hui très appréciée dans les jardins pour son élégance et sa facilité de culture. Très mellifère, elle attire de nombreux insectes.


Scabiosa columbaria


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Nommée par le grand Tournefort (créateur d’un système de classification différent de celui de Linnée) d’après une triste maladie, la gale, contre laquelle on la croyait active, la Scabieuse est également très proche de la Succise : les différences, minimes, résident dans la structure du réceptacle, formé de paillettes plus courtes, et dans la corolle à cinq lobes au lieu de quatre. Elle présente la même opposition que la Knautie entre corolles externes développées et corolles internes atrophiées. Ses feuilles très divisées la singularisent également. Elle est plus répandue que les deux autres espèces, grâce à sa capacité à se contenter de terrains secs qui lui permettent de coloniser remblais et rocailles.

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Re: Plantes Sauvages

Message par Judith » jeu. 8 août 2019 10:29

Aujourd’hui, un petit mot d’une espèce que j’aime beaucoup depuis longtemps (l’aquarelle d'illustration remonte à mon adolescence, comme les planches du message précédent) : son charme immédiat provient évidemment de ses qualités esthétiques, mais elle mérite l’intérêt pour bien d’autres raisons.

Tamier commun (Dioscorea communis = Tamus communis L.)


Image
Cliquer sur l’image pour la voir en grand


Famille : Dioscoreacées. C’est une famille de monocotylédones (à la différence des Dipsacacées dont il a été question plus haut). Pour rappel, la différence entre les deux ordres tient à la morphologie embryonnaire et affecte toute la structure des plantes concernées. Assez développée, cette famille comprend quatre genres : l’ancien genre de notre sujet, Tamus, avait été défini par Linné d’après un texte de Pline au XVIIIème siècle, mais il a été frappé d’obsolescence en 2002 suite à des analyses moléculaires, et les familles qu’il contenait ont été reclassées dans les Dioscoridacées.

Habitat : talus, éboulis, haies, sols calcaires.

Identification : la racine est noire, en forme de tubercule et émet des rejets nombreux. La tige, dite « volubile », est longue et grêle, grimpante en forme de liane : elle s’enroule sur son support d’une façon très caractéristique. Les feuilles en forme de cœur constituent une exception parmi les monocotylédones : chez ces dernières, issues d’un cotylédon embryonnaire unique et présentant une plantule à feuille unique, les nervures sont normalement toujours parallèles. Mais chez le Tamier, elles sont au contraire structurées en un réseau complexe qui donne aux feuilles une texture particulière et contribue à la beauté de la plante. Les fleurs sont minuscules, jaune-verdâtre, et réunies en grappes assez lâches pour les mâles et au contraire serrées pour les femelles, qui poussent sur des plantes différentes (l’espèce est dite dioïque). Les baies rondes constitue le principal ornement de la plante et c’est en général elles qu’on remarque en premier dans les haies où pousse le Tamier : elles forment de longues guirlandes rouge vif, très décoratives, et persistent longtemps après la dessiccation des feuilles.

Propriétés : le Tamier a longtemps été considéré comme une plante médicinale, comme l’atteste son nom vernaculaire d’Herbe aux femmes battues. On utilisait surtout la racine, crue ou cuite, en emplâtre contre les contusions, probablement à cause de ses propriétés vasodilatatrices. Aujourd’hui, c’est la toxicité de la plante qui est reconnue : les racines et les baies contiennent en effet des cristaux d’oxalate très irritants, et les feuilles et les baies sont riches en alcaloïdes et histaminiques, qui provoquent troubles neurologiques et allergiques majeurs.
Les pousses du Tamier, en revanche, ne sont pas toxiques et sont consommées dans le Sud-Ouest de la France comme des pousses d’asperges, en salade ou en omelette. On les appelle localement les repsounchous, et leur cueillette est une activité printanière spécifique de certains départements français, notamment l’Aveyron.

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Re: Plantes Sauvages

Message par Calvinethobbes » ven. 9 août 2019 12:13

Une petite application qui me semble sympa et rentrer dans le sujet: Plantnet. Elle permet d'identifier les plantes qui croisent votre chemin...installée mais pas encore testée. Peut-être pourra-t-elle être utile à certains ou certaines d'entre vous?

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Re: Plantes Sauvages

Message par Judith » ven. 9 août 2019 13:35

Merci pour l'information, l'application a l'air très efficace, en tout cas l'idée est intéressante et le projet participatif très chouette.

Il y a un autre projet du même type que j'aime bien et auquel je participe, qui est Sauvages de ma rue : il concerne les plantes sauvages en milieu urbain, qu'on ignore souvent mais qui sont un facteur-clef de la biodiversité végétale.

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Re: Plantes Sauvages

Message par Proxima » ven. 9 août 2019 14:47

Calvinethobbes a écrit :
ven. 9 août 2019 12:13
Une petite application qui me semble sympa et rentrer dans le sujet: Plantnet. Elle permet d'identifier les plantes qui croisent votre chemin...installée mais pas encore testée. Peut-être pourra-t-elle être utile à certains ou certaines d'entre vous?
J'en ai parlé plus haut. L'appli est d'autant plus efficace qu'elle utilise le gps pour restreindre les plantes proposées au lieu où elles ont été photographiées.

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Re: Plantes Sauvages

Message par Calvinethobbes » ven. 9 août 2019 15:57

:1cache: oh pardon, Proxima! Je suis confuse, je ne l'ai pas vu passé malgré une lecture (pas si) attentive!

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Re: Plantes Sauvages

Message par TourneLune » ven. 9 août 2019 20:58

Ahlala, la chasse aux respounchous est un sport national ici :lol:
"Tout ce qui ne me tue pas me rend plus fort". C'était une connerie. Du moins dans son acceptation banale et contemporaine. Au quotidien, la souffrance n'endurcit pas. Elle use. Fragilise. Affaiblit. L'âme humaine n'est pas un cuir qui se tanne avec les épreuves. C'est une membrane sensible, vibrante, délicate.
Jean-Christophe Grangé - Le Passager

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Re: Plantes Sauvages

Message par Judith » sam. 10 août 2019 07:58

Ah, alors je peux te demander : quel goût ça a?
J'en entends parler depuis des lustres mais je n'en ai jamais goûté moi-même. Si j'ai un jour l'occasion, je me ferai ma propre idée, mais en attendant... Est-ce que ça ressemble aux asperges sauvages (que je connais et que j'aime)?

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Re: Plantes Sauvages

Message par Colombe » jeu. 22 août 2019 23:08

J'ai découvert les pousses de tamier en Ariège,où, en balade, j'ai croisé des gens qui les cueillaient. je me suis empressée d'y goûter, en omelette: légèrement amer, un peu astringent, je n'ai pas trop aimé.

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