Airs en vrac

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FéeNyx
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Re: Airs en vrac

Message par FéeNyx »

Cette pièce extraite de l’album intitulé Gabriela Ortiz: Yanga, sorti l’année dernière, a-t-elle sa place dans ce topic, par exemple : Los Angeles Philharmonic, Tambuco Percussion Ensemble, Los Angeles Master Chorale, Gustavo Dudamel & Alisa Weilerstein – Yanga ? Je l’avais plutôt bien aimée, notamment en raison de la présence d’instruments de percussion africains, pour lesquels j’ai un p’tit faible. :) Je l’avais initialement postée dans le topic intitulé « Ces notes qui vous bougent », en raison de son côté relativement énergique et entraînant.

https://www.laphil.com/musicdb/pieces/5221/yanga#

https://gabrielaortiz.com/yanga-2/

https://www.gustavodudamel.com/album/yanga
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On ne lâche aucun mot qui ne parte du cœur. » (Molière)

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Tamiri
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Re: Airs en vrac

Message par Tamiri »

Judith a écrit : ven. 20 mars 2026 10:43Beau disque, que je ne connaissais pas du tout
Normal, il est d'une extrême rareté. Kowalski n'en a offert qu'à ses plus grands fans (dont je suis manifestement). En fait non j'avais déjà avoué que c'était même un produit dérivé officiel des 750 ans de Berlin mais bon.
Judith a écrit : ven. 20 mars 2026 10:43merci pour la découverte.
L'essayer c'est l'adopter, même si l'aspect "exclusivité" a partiellement disparu (sur les 10 œuvres évoquées, à ma connaissance trois ont été depuis enregistrées intégralement :Polifemo de Bononcini, Cleopatra e Cesare de Graun, Flavius Bertaridus de Telemann).
Judith a écrit : ven. 20 mars 2026 10:43C'est Eugénie? Elle n'a pas l'air emballée par le disque.
Peut-être mais quand le son a commencé à sortir de l'ordinateur alors que je recherchais les liens sur youtube, elle est venue se coucher juste à côté. Donc elle l'adore, heureusement car elle l'a entendu pas mal de fois.
Judith a écrit : ven. 20 mars 2026 10:43 C'est une de mes mises en scènes préférées d'Orfeo ; pour les curieux, ou pour ceux qui voudraient admirer les qualités d'acteur (réelles) de Kowalski, on peut la voir/l'écouter sur ce lien.
C'est aussi l'occasion d'entendre un chef d'orchestre qui a souvent partagé l'affiche avec Kowalski, Hartmut Haenchen. Ce dernier, tout en n'étant pas un dissident à proprement parler, était toutefois considéré comme suffisamment "indocile" par le régime est-allemand pour se voir retirer toute possibilité de titularisation avec un orchestre local. Il a donc fait l'essentiel de sa carrière d'une part en tant que chef invité, d'autre-part à l'étranger (où on le laissait aller sans trop l'embêter sous réserve qu'il cède une partie de ses cachets payés en devises de l'Ouest), et enfin avec un orchestre non-permanent, le Kammerorchester Carl Philipp Emanuel Bach.
Cet ensemble, avant de prendre son nom définitif, tentait initialement de se consacrer à la musique contemporaine - tâche compliquée car le Parti imposait un droit de regard sur la programmation. Haenchen a donc eu l'idée (en 1980) de réorienter toute l'activité de l'orchestre vers les œuvres oubliées du XVIIIe siècle, ce qui permettait de continuer à sortir des sentiers battus sans risque de censure. Même si le répertoire s'est par la suite étendu dans les deux directions, le "Carl Philipp Emanuel Bach" est resté principalement au service de la redécouverte du XVIIIe, sur instruments "modernes" mais avec une attention particulière aux recherches inhérentes à l'interprétation historiquement informée. Malheureusement l'orchestre a cessé ses activités en 2014 suite à des difficultés économiques (il fonctionnait depuis toujours sur une base associative sans financements publics).
Tout en servant ce répertoire hautement spécialisé, Haenchen a fait une carrière "généraliste" de chef lyrique et symphonique, c'est notamment un interprète wagnérien de choix.
Pour ce qui concerne cet Orfeo ed Euridice des années 1980-90, il est dommage que la production originale à Berlin n'ait pas été filmée (plutôt que la reprise londonienne). En effet à Berlin Haenchen dirigeait "son" orchestre, plus pêchu et plus familier du style. En revanche cela se trouve en CD et ici pour qui voudrait comparer.
Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil
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Re: Airs en vrac

Message par Judith »

FéeNyx a écrit : ven. 20 mars 2026 21:54 Cette pièce extraite de l’album intitulé Gabriela Ortiz: Yanga, sorti l’année dernière, a-t-elle sa place dans ce topic, par exemple
Je répondrais "oui" pour ma part sur certains points : Yanga (que j'aime beaucoup moi aussi) n'est pas un opéra, mais devait en être un à l'origine, et ses nombreuses parties chorales dialoguant avec un ensemble d'instruments le rapprochent du genre. En revanche, le fragment que tu en proposes n'est pas un "air" et je ne pense pas qu'on pourrait trouver ce type de pièce dans l’œuvre... Donc c'est délicat. Je laisse le noble félin promoteur du fil trancher la question. :help:
Hors-sujet
Dans le même ordre d'idées, je me suis interrogée sur la pertinence de proposer quelques passages de Moses und Aron de Schönberg (c'est le bref échange à propos de Goléa qui m'y a fait penser) : il s'agit d'un opéra, pas de doute, qui a commencé par être une cantate puis un oratorio, mais il ne contient pas d'"air" à proprement parler, bien qu'on y entende résonner des échos de presque tout l'art lyrique occidental.

Je profite de l'incertitude, avant le passage de la censure, pour glisser un de mes moments préférés de l’œuvre, qui voit le peuple hébreu errant au désert, déconcerté par l'absence de Moïse, revenir à ses anciennes idoles sous la houlette d'Aaron, le mauvais berger. Ce dernier est incarné par Helmut Krebs dans la version proposée. C'est très beau, mais ce n'est pas un air.

Frei unter eigenen herren
Tamiri a écrit : ven. 20 mars 2026 21:57 quand le son a commencé à sortir de l'ordinateur alors que je recherchais les liens sur youtube, elle est venue se coucher juste à côté. Donc elle l'adore
Ouf! La mélomanie tient de famille, on dirait. :)
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Re: Airs en vrac

Message par Tamiri »

Nan mais "air" c'était pour trouver un truc. Y'a des œuvres qui n'en ont pas, des compositeurs qui n'aiment pas la notion, etc donc nous on fait bien ce qu'on veut :
- Parce qu'on est des chats
- Si que* t'es pas un chat prends exemple sur les chats.


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Re: Airs en vrac

Message par Judith »

Ah, eh bien tant mieux. Ça m'ouvre des perspectives de participation future intéressantes. :cheers:

Du coup, hop! J'en profite...

pour poster le magnifique duo entre Moïse et Aaron, où l'on entend les deux frères dialoguer au début de l'opéra, à travers le baryton-basse Hans Herbert Fiedler, qui dans le rôle de Moise, déclame rythmiquement tandis que le ténor, ici encore Helmut Krebs, chante de façon plus classique. Le Sprechgesang est une forme de déclamation semi-chantée principalement utilisée dans la seconde "école de Vienne", et notamment par Schönberg, dans le Pierrot Lunaire d'abord puis dans Moses und Aron. Dans cette dernière oeuvre, il sert à rendre la diction maladroite de Moïse, qui contraste avec le chant très lyrique et maîtrisé d'Aaron. Chaque type de technique correspond à un rapport particulier à Dieu et à la Vérité.

Du Sohn meiner Vater, schickt dich mir der grosse Gott ?

Ce dialogue contient les prémices de l'affrontement qui opposera les deux frères après l'épisode calamiteux du Veau d'Or.

Aron, was hast du getan?

Les deux extraits sont tirés de l'enregistrement sous la direction d'Hans Rosbaud, chef d'orchestre allemand qui avait dirigé la création de l’œuvre en 1954, trois ans après la mort de Schönberg.
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Re: Airs en vrac

Message par Judith »

Allez, il faut bien parler de lui, à un moment où à un autre. On peut l'aduler ou le détester (je suis dans le premier cas, et il reste probablement, avec Jussi Björling, le ténor qui me bouleverse le plus), quoi qu'il en soit il a joué un rôle si important dans l'opéra du XXème siècle qu'on ne peut l'ignorer.

Lui, c'est Enriiiiiiico, enfin Caruso, quoi.

Difficile de choisir par quels airs l'évoquer le mieux, mais enfin...

Impossible de se passer de Rodolfo, rôle qui fut si important pour lui, pour lequel il auditionna devant Puccini lui-même. 8o

Che gelida manina (unique enregistrement subsistant, datant de 1906)

Et puis Les pêcheurs de perles de Bizet :favorite: :favorite: :favorite: . J'ai choisi l'enregistrement de 1916, en français, où l'on peut apprécier la modernité de son interprétation et son engagement dramatique malgré une voix déjà un peu vieillie. @Tamiri critiquera la prononciation, mais pour l'époque, Caruso ne s'en sort pas si mal.

Je crois entendre encore.

Et pour finir, même si ce n'est pas de l'opéra, parce qu'il n'y a pas que l'opéra dans la vie.

O sole mio. :ensoleillé:
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Re: Airs en vrac

Message par Tamiri »

La prononciation est très loin d'être indigne, il y a de l'accent mais pas de refus systématique des difficultés phonologiques de la langue comme cela a été le cas chez nombre d'interprètes internationaux plus tard dans le siècle (y compris des francophones).

Cette transposition au ton inférieur de l'air, qu'a également illustrée Björling, occupe toutefois un créneau différent de la version dans la tonalité originale conçue pour une technique d'émission en voix mixte, spécialité historique de l'école française Voici donc pour l'art de la fusion des registres, Alain Vanzo en 1959. Je cite Alagna en 2009 non pour la technique d'émission (Vanzo est assez imbattable) mais pour la diction.
Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil
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Re: Airs en vrac

Message par Judith »

Ah, Vanzo... :favorite: :favorite: :favorite:

Par pure association d'idées, et parce qu'il fait tellement partie de ma "discothèque intérieure" qu'il se passe rarement une journée sans que je ne l'écoute ou que je ne me remémore un de ses enregistrements, impossible après la "voix de cuivre" de Caruso, de ne pas évoquer la "voix d'argent" de Georges Thill.

Je lui consacrerai sans doute plusieurs messages, donc je commence par deux airs extrêmement fameux.

Dans Werther (Massenet).

Pourquoi me réveiller

Et dans Louise (Charpentier).

Dans la cité lointaine

Et puis une curiosité amusante, une répétition de Vercingétorix de Joseph Canteloube, où le compositeur reprend le ténor, puis se met au piano pour l'aider (et perd son monocle, d'effarement peut-être, on ne sait pas 8o ). Il y beaucoup aurait à dire sur l'opéra lui-même, dont la première représentation fit, paraît-il, hurler de rire le public, et dont aucun enregistrement complet n'a été conservé, du moins à ma connaissance, mais passons. Ce joyau date de 1933...

Répétition Thill et Canteloube
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Re: Airs en vrac

Message par Judith »

Allez, rebelotte pour une mini-critiques de disques. Le jeu consiste à classer (voire à récuser et éliminer) des interprétations différentes d'un même air.

Ce matin, ce sera La donna è mobile (Souvent femme varie en français dans le texte), le fameux air de ténor extrait de Rigoletto, un air que certains sites que je ne nommerai pas appellent "chanson de Luciano Pavarotti" 8o :rofl:.
Sans entrer dans le détail d'une analyse de l'air, qui serait fastidieuse, je donne tout de même le contexte et les paroles pour aider à apprécier les interprétations.
Le Duc de Mantoue, un grand seigneur arrogant, a séduit dans des conditions plus que douteuses Gilda, la fille de son bouffon, le bossu Rigoletto. La jeune fille est folle de lui, sans avoir bien conscience qu'il l'a déshonorée. Mais il n'a pas l'intention de lui être fidèle car elle n'est pour lui qu'un jouet d'une nuit, et il a rendez-vous avec une prostituée, Magdalena. Celle-ci sert en réalité d’appât à son frère, un reitre que Rigoletto, plus lucide que sa fille, a engagé pour assassiner le Duc. Le bouffon et l'ingénue trahie sont dans la coulisse et observent la scène. (Oui, c'est compliqué mais c'est du Verdi, tiré d'un drame fort oublié de Victor Hugo intitulé Le roi s'amuse, et les intrigues tarabiscotées font partie du plaisir). Quoi qu'il en soit, pour justifier son inconduite et alors qu'il est sans le savoir en grand danger, le Duc entonne un air brillant et léger sur la versatilité féminine.
Bref la tension est à son comble, tant dramatique que psychologique, et le Duc lutine Magdalena, tout en chantant

La donna è mobile
Qual piuma al vento,
Muta d'accento - e di pensiero.

Sempre un amabile,
Leggiadro viso,
In pianto o in riso, - è menzognero.

È sempre misero
Chi a lei s'affida,
Chi le confida - mal cauto il core!

Pur mai non sentesi
Felice appieno
Chi su quel seno - non liba amore!

Va-t-il mourir? :pale: Gilda le sauvera-t-elle? Il faut écouter la suite de l'opéra pour le savoir (c'est un cliffhanger de l'époque).

Trois interprétations pour commencer, en espérant que des choix alternatifs et meilleurs seront proposés.

Ma préférée de tous les temps (pas la meilleure), celle de Jussiiiiii.... Björling, quoi. :favorite: :favorite: :favorite:
J'ai choisi l'interprétation live du Met de 1945, parce que c'est ce que j'ai trouvé de mieux sur Youtube, mais je conseille d'aller aussi regarder la scène saisie en 1957, où Björling n'a plus sa voix brillante, mais où on peut observer son jeu très vieilli, statique et limité (mais non dépourvu d'intelligence, et typique des mises en scène de l'époque).

Jussi Björling

Un incontournable ensuite, Pavarotti : un enregistrement live et là aussi, tard dans sa carrière, la voix légendaire n'est plus à son sommet, le rythme est imparfait et le jeu est assez maladroit, presque ridicule mais malgré tout... Rahhh, quoi. Je défendrai toujours Pavarotti de toute façon, mais vous avez le droit de l'assassiner.

Luciano Pavarotti

Enfin, une interprétation plus récente, celle de Pene Pati : là encore c'est ce que j'ai trouvé de mieux ; c'est une vidéo d'enregistrement et l'artiste est jeune, mais c'est l'un des ténors les plus étonnants de notre époque. On l'appelle parfois le nouveau Pavarotti, c'est un peu court mais compréhensible.

Pene Patti

@Tamiri (et tout le monde), d'autres favoris?
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Re: Airs en vrac

Message par Tamiri »

S'agissant de l'immense Georges, les membres du fan-club ici présents insistent pour qu'on n'oublie pas de s'incliner devant le Faust du décamillénaire (au moins).
IMG_1118.jpeg
IMG_1116.jpeg
Premier acte, première partie et deuxième partie. Méphistophélès est joué par Fred Bordon d'une diction superlative ("C'est là ta reconnaissance avec deux placements différents du "a", quel délice). Contrairement à ce qu'imagine Youtube, le chef d'orchestre n'est pas Artist Unknown mais Eugène Bigot.
Vous ne pouvez pas consulter les pièces jointes insérées à ce message.
Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil
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Re: Airs en vrac

Message par Tamiri »

Judith a écrit : sam. 4 avr. 2026 09:29 @Tamiri (et tout le monde), d'autres favoris?
Alagna, jeune, dont l'énergie correspond au caractère de viveur cynique du personnage. Le reproche que je ferais à Patti est que son beau legato le rendrait presque charmant.
Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil
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Re: Airs en vrac

Message par Judith »

Ah oui, Alagna n'est pas mal. Quant à Patti, il est peut-être un peu suave pour le personnage, tu as raison, mais quel art.

Bref, pour rebondir avec Thill, l'air où je l'écoute le plus souvent est celui d’Énée dans Les Troyens.

Inutiles regrets...

Et pourtant il n'est pas mon Énée préféré. Non, c'est... Gary Lakes. 8o :favorite:

Ah, quand viendra l'instant...

N'écoute pas, surtout, sinon nous allons reprendre notre dispute à propos de Neil Shicoff. Mais c'est comme ça, je préfère souvent l'aspect psychologique d'une interprétation à sa perfection formelle (quoiqu'il ne faille pas exagérer, Lakes était techniquement très bon et son français, certes imparfait, surtout dans les aigus, était meilleur que celui de Shicoff).

On voit toujours Eugénie sur les photos, me semble-t-il. Julius n'aimerait-il pas l'opéra?
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Re: Airs en vrac

Message par Tamiri »

C'est que la situation n'est pas du tout comparable. Lakes, c'est quelqu'un qui a un peu d'accent, et je le trouve excellent ; comme nombre d'américains d'ailleurs, il met dans le mille là où pas mal de francophones de la même époque avaient cessé de soigner la phonétique. Shicoff, faute de l'avoir entendu parler français, je ne sais pas s'il a un français potentiellement meilleur ou pire, il se situe totalement ailleurs : il sacrifie totalement certains phonèmes au profit de l'émission. Pour dire les choses tout à fait clairement, donc, ce qui m'ennuie n'est pas qu'on ait de l'accent, c'est affaire de doctrine dramatique pour ainsi dire. Indépendamment de sa présence scénique et de son jeu physique réputés à juste titre, Shicoff semble considérer que ce qui sort de son gosier est avant tout de la musique et seulement secondairement de la déclamation (d'où, par exemple, des consonnes avalées ou accentuées selon que cela souligne ou non le phrasé musical, des voyelles arrangées au profit de la facilité d'émission...), et en cela la question d'être compréhensible ou non n'entre même plus en ligne de compte. Je ne pense pas que ce soit une question de moindre maîtrise de la langue, car si tel est le cas, le premier chef de chant venu aurait fait remarquer le problème et le chanteur aurait travaillé ce point, non, je pense que c'est un choix technique délibéré. C'est donc cette conception du théâtre lyrique qui établit une hiérarchie entre le chanter et le dire, dont l'inverse serait de déclamer à la perfection tout en mettant une note sur trois à côté ou en simplifiant par avance tous les passages difficiles, qui me rend la manière Shicoff totalement hermétique.
Donc si j'étais allergique à une pointe d'accent et à une faute formelle par ci par là dans le texte, déjà, je ne serais pas fan de Spyres au point où je le suis. Les petits arrangements avec le texte ou avec les notes, les fautes accidentelles dans ces deux domaines, me semblent tous deux parfaitement tolérables au vu de la difficulté que représente, intrinsèquement, ce genre théâtral. Sauf évidemment dans les quelques cas où une perfection instrumentale du chant fait partie de la règle du jeu comme dans un air de virtuosité d'opera seria. Genre dans lequel, par ailleurs, on est censé rester parfaitement intelligible dans le récitatif.

Ah pardon j'avais pas vu qu'il ne fallait pas remettre une pièce dans le bastringue :rofl:

Tiens à propos de passer du coq à l'âne et d'opera seria, ça fait plusieurs fois que je tombe sur cette chaine qui propose cet exercice la fois superficiel et bien dans l'esprit du genre, consistant à mettre des chanteurs en compétition. Ici par exemple il est question de départager Franco Fagioli et Simone Kermes dans un exercice de virtuosité pure. Perso j'ai une préférence pour Fagioli (question de timbre et de rondeur), même s'il ne se lance pas dans des ornements aussi audacieux que sa consœur et même s'il est ici manifestement aidé par un diapason "historicisant" un demi-ton en dessous dont Kermes ne bénéficie pas.
Judith a écrit : ven. 10 avr. 2026 06:51On voit toujours Eugénie sur les photos, me semble-t-il. Julius n'aimerait-il pas l'opéra?
Julius préfère les CD dont la petite taille met mieux en valeur sa majesté majestueuse.
Sinon il aime aussi beaucoup se coucher sur le tourne-disque qui, heureusement, a un couvercle. Quand il monte dessus ou qu'il en descend, DJ-Gromatou fait du scratch, ce qui dans le monde lyrique est une pratique plutôt rare.
IMG_1129.jpeg
Vous ne pouvez pas consulter les pièces jointes insérées à ce message.
Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil
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Re: Airs en vrac

Message par Judith »

Tamiri a écrit : lun. 13 avr. 2026 16:46 Ah pardon j'avais pas vu qu'il ne fallait pas remettre une pièce dans le bastringue
Pas grave. Sur le fond, nous sommes assez d'accord. Je suis contente que tu apprécies Lakes, et j'en profite pour lui rendre un petit hommage, vu qu'il est mort l'année dernière.



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Né en 1950, Gary Lakes avait commencé sa carrière dans Wagner (avec Froh en 1981), mais c'est dans Mozart qu'il avait fait ses débuts au Metropolitan. Pas si étonnant quand on l'entend, vu la clarté de son timbre et la délicatesse de ses phrasés. Il reste bien entendu l'un des grands wagnériens de sa génération. Au disque, on peut l'admirer en Sigmund, aux côtés de Hildegard Behrens et Jessy Norman, sous la direction de James Levine.

Friedmund darf ich nicht heissen

Mais il excellait aussi dans bien d'autres domaines. J'ai déjà mis un air des Troyens : voici, en vidéo et dans une mauvaise qualité sonore et visuelle, le duo avec Didon, interprétée par Kathryn Harries, dans une production donnée à Lyon qui avait fait époque, en 1987.

Mais, bannissons ces tristes souvenirs

Je ne reviens pas davantage sur son amour de l'opéra français, sinon pour signaler qu'il avait chanté Admète à l'Opéra de Paris en 1994, et qu'il était aussi, aux côtés de José Van Dam, dans le Guercoeur de Magnard, dirigé par Michel Plasson à la tête de l'orchestre du Capitole de Toulouse en 1987.
Pour finir, il n'était pas indifférent à la musique contemporaine : il avait ainsi enregistré Into Eclipse de Stephen Albert (une adaptation d' Œdipe Roi sur un livret de Ted Hughes) dont on peut entendre ici un extrait, qui donne la pleine mesure de son intelligence musicale.

Into Eclipse II. V.

Ah, enfin, Juliiiiiius! :favorite: :favorite: :favorite: Et avec le Tristan de Carlos Kleber! On sent le vrai connaisseur, là.

Pour ce qui est du concours, un peu vain c'est vrai, entre Fagioli et Kermes, je ferais le même choix que toi, mais c'est subjectif.
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Re: Airs en vrac

Message par Tamiri »

Le Vaisseau fantôme en français dans le texte.

Officiellement Le Hollandais volant (Der fliegende Holländer), l’opéra de Richard Wagner est traditionnellement appelé Le Vaisseau fantôme en français, trace de la genèse un peu perturbée de l’œuvre.
Wagner débarque à Paris à 26 ans, en 1839, et rêve d’y faire carrière, mais n’y parvient pas et se retrouve à vivre d’expédients. Plein de compositeurs étrangers ont triomphé sur les grandes scènes parisiennes, Opéra et Opéra-Comique : Lully, Gluck, Salieri, Cherubini, Meyerbeer, Rossini etc. D’ailleurs pendant que Wagner galère, la star du moment est Donizetti. Seulement, les institutions officielles ne confient pas d’œuvres à des étrangers quand ils sont débutants. Wagner présente son projet de Vaisseau fantôme au directeur de l’Opéra avec quelques passages déjà écrits ainsi qu’un synopsis, mais on ne lui propose que de lui acheter les droits dudit synopsis ; à court d’argent, Wagner accepte néanmoins. Pillet, le directeur, confie le sujet à un de ses proches collaborateurs, le chef des chœurs de l’Opéra Louis Dietsch (d’origine… allemande, mais citoyen français), qui n’a pas encore fait d’opéra mais est déjà un compositeur réputé de musique religieuse.
Il y a donc deux Vaisseau en chantier : celui de Dietsch, et celui de Wagner. Ce dernier n’a en effet pas renoncé, et en 1842 il termine à Paris une première version dont l’orchestration est conçue pour les effectifs et la tradition orchestrale de l’Opéra de Paris, mais avec un livret rédigé par ses soins en allemand. Wagner n’est pas assez à l’aise avec le français pour écrire directement dans cette langue, et si son opéra avait pu être créé à Paris, il aurait fait appel à un traducteur.
Finalement : Le Vaisseau fantôme ou le maudit des mers de Dietsch est monté à Paris fin 1842, Der fliegende Holländer est créé à Dresde en janvier 1843 et donc en allemand, et avec une orchestration révisée pour les conditions locales et un remontage en trois actes séparés. Peu de succès, incompréhension du public pour l’un comme pour l’autre : 11 représentations pour Dietsch (c’est peu pour l’époque) et 4 pour Wagner.

Vous ne voyez pas trop où je veux en venir ? Ça arrive.

Contrairement à Dietsch, dont la carrière de compositeur lyrique s’arrête là, plutôt injustement d’ailleurs, Wagner finit par être reconnu… et joué à Paris. Voulant maîtriser la diffusion de ses œuvres, il s’assure le concours du librettiste parisien Charles Nuitter pour réaliser des versions françaises à la fois fidèles et bien prosodiées : Nuitter excelle dans cette tâche. Pour l’anecdote, et dans le même temps, il travaille également pour Offenbach - or les deux compositeurs d’origine allemande se détestent notoirement.
Ce n’est qu’après la mort de Wagner, dans les années 1890, que le Hollandais volant revient à Paris, dans une traduction du fidèle Nuitter. La partition n’est cependant plus celle que le compositeur destinait originellement à Paris, mais une version plusieurs fois remaniée tout au long de la vie de son auteur.

Dans les années 2000, la version initiale composée à Paris refait surface et elle est jouée, puis enregistrée, avec le souci de restituer les couleurs instrumentales des orchestres parisiens du milieu du dix-neuvième siècle ; on découvre alors des couleurs plus franches, une énergie plus brute, que les versions allemandes généralement interprétées depuis.
Pour le bi-centenaire de la naissance du compositeur (2013), le chef Marc Minkowski donne dans une même série de concerts à la fois cette version « parisienne » et également le Vaisseau fantôme de Dietsch. La même année, le metteur en scène Alexander Schulin donne enfin le Vaisseau version Wagner de Paris en scène, un spectacle que j’ai adoré au point de faire trois fois le déplacement, à Genève puis à Caen et à Luxembourg.

De quoi me reste-t-il à rêver ? D’une mise en scène du Dietsch bien-sūr, mais aussi, et c’était en fait là toute mon idée de départ, du Wagner en français. Il n’existe certes aucune version française des années 1840 puisque le compositeur est reparti rapidement en Allemagne ; mais, Nuitter ayant été ultérieurement son homme de confiance pour ce qui concerne les traductions françaises, on pourrait reconstruire une version fictive en associant la partition de 1842 au livret Nuitter. Fiction que tout cela puisque cinquante ans - et autant de temps en matière d’évolution de la langue - séparent ces deux éléments, mais ce serait l’unique façon possible d’avoir une idée de ce que Wagner aurait voulu faire entendre pour faire carrière à Paris. Il y a bien une autre solution : qu’un excellent connaisseur de l’état de langue littéraire de 1840 ne propose une nouvelle traduction historiquement vraisemblable. Si cette personne existe et si je fais fortune, je veux bien financer les travaux.

Voilà, tout ça pour proposer deux extraits :

Le monologue du Hollandais au premier acte de Wagner, par lequel le personnage, lors de sa première apparition en scène, explique les grandes lignes de sa malédiction : c’est ici, donc, la version Nuitter (mais pas l’orchestre à la française si vous avez bien suivi), chantée par Arthur Endrèze - il n’existe pas d’intégrale de cette version Nuitter en disque, que quelques extraits :
https://youtu.be/te4PBMA_YsQ?is=eHGSXJGazLPjebtF

Le monologue du Hollandais, chez Dietsch. Techniquement, dans un drame romantique à la couleur sombre, cela fait partie du cahier des charges d’un tel personnage que d’avoir un grand monologue pour exposer ses tourments. Mais chez Dietsch, il arrive plus tard que chez Wagner. Ici, le maudit exprime ses scrupules à entrainer dans son destin funeste la jeune femme prête à lui jurer fidélité. Ici chanté par Russel Braun.
https://youtu.be/GK7gLCj4XSs?t=165&is=c1yCqvvEVbrYt2C7
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Re: Airs en vrac

Message par Judith »

Tamiri a écrit : mar. 28 avr. 2026 21:40 Le monologue du Hollandais, chez Dietsch.
Je ne connaissais pas du tout, c'est très beau! Merci pour la découverte. Je vais acheter le disque de Minkowski et tout écouter. :cheers:
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Re: Airs en vrac

Message par Judith »

Puisqu'on parle d'opéra en français, un de mes ténors préférés chantait, comme il était coutume à son époque (les années trente et quarante) tout le répertoire dans cette langue. Je propose donc aujourd'hui de se dégourdir les tympans avec

José Lucioni

:favorite: :favorite: :favorite:
:tourne: :tourne: :tourne:


Comme l'indique sa mise en forme, ce message est purement sentimental : Luccioni 'était le ténor préféré de mon père, qui l'avait entendu d'innombrables fois à l'Opéra de Paris, après l'avoir découvert à l'Opéra de Nîmes dans son enfance. J'ai donc grandi avec sa voix dans les oreilles, je suis tombée amoureuse et... Bref.


Le voici donc Carmen

La fleur que tu m'avais jetée


En Rodolphe chez Puccini

Que cette main est froide



Et chez Verdi, avec Régine Crespin pour le premier duo d'amour entre Othello et la douce Desdémone : le bonheur avant les manigances de l'affreux Iago. :cry:

Dans cette nuit profonde

Le style a vieilli, mais je trouve qu'il passe tout de même assez bien les années. @Tamiri attrntion si tu le critiques (Othello était un peu au-dessus de ses possibilités réelles, j'en ai conscience). Ménage-le par égard pour mes souvenirs d'enfance. :)
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Re: Airs en vrac

Message par Tamiri »

Judith a écrit : ven. 1 mai 2026 13:27ce message est purement sentimental
D'un autre côté, Luccioni est dans l’absolu une excellente référence pour qui aime l'école française et probablement au delà.

Par association d'idées, un autre ténor corse en la personne de César Vezzani (1888-1951), qui débuta certes à l'Opéra-Comique mais n'intégra pas la troupe permanente (les mentions "de l'Opéra-Comique" sur certains disques ne sont que du marketing...) et fit essentiellement carrière au disque et sur les scènes de province.

Arnold dans Guillaume Tell (Rossini).

Siegmund dans La Walkyrie (Wagner).

Vasco de Gama dans L'Africaine (Meyerbeer).
Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil
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Re: Airs en vrac

Message par Tamiri »

Vezzani, suite et fin.

Sigurd, dans l'opéra éponyme d'Ernest Reyer, fut son cheval de bataille ; dans ce rôle, on l'engageait encore à l'âge de 60 ans (!) juste avant qu'il ne soit terrassé par un AVC mettant fin brutalement à sa carrière.
Air d'entrée : "Prince du Rhin" (acte 1)
Acte 2 : "J'ai gardé mon âme ingénue"
Acte 4 : "Un souvenir poignant"
Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil Poil
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