Sur une sensibilité "post-apocalyptique", voici quelques exemples qui me viennent en tête :
1) Pour rester avec P.K. Dick, "Dr Bloodmoney" est une récit post-apocalyptique qui m'a marqué (mais que je n'ai jamais relu, ceci dit). Une approche qui me semble similaire au Maitre du Haut Château : des parcours en parallèles de différents personnages, qui finissent par se croiser et tisser des liens inattendus. J'ai vu la série de Ridley Scott du Maître du Haut Château, et j'ai apprécié l'adaptation, les acteurs, et l'évolution de l'histoire. Il y a une approche très différente du roman, qui n'aborde jamais directement la question des mouvement de la résistance, mais en soi j'ai trouvé qu'ils avaient bien saisi et adaptés les enjeux sous-jacents au récit.
2) Un livre "post-apocalyptique" très particulier, et qui m'a toujours beaucoup touché, est "Demain les chiens" de Clifford D. Simak. Tous les soirs les chiens se racontent des vieilles légendes au coin du feu, par exemple ils parlent de l"humain", cette créature incompréhensible qui aurait habité la terre et qui vivait dans des villes. Bien sûr les érudits expliquent qu'il ne s'agit que d'un artifice littéraire pour justifier l'existence des chiens tels qu'il vivent actuellement, et pour impressionner les chiots. Mais qui pourrait croire à cette créature qui aurait été capable de "meurtre" et de "guerre", ces activités incompréhensibles... [en quelques contes qui s'étalent sur des millénaires, Simak construit un récit mélancolique ou l'humanité disparait étape par étape, pour laisser la place à une bucolique âge d'or d'animaux parlants - sauf les fourmis...). Je n'ai pas vraiment accroché aux quelques autres livres de Simak que j'ai lu, mais alors celui-là je le trouve toujours aussi touchant.
3) un autre type de récit post-apocalyptique, grand classique issu de la période de l'âge d'or de la SF: Chroniques Martiennes de Ray Bradbury. Quelle poésie et quelle douceur pour parler de la fin de la civilisation martienne, puis humaine...
4) Et en termes de dystopie toujours du même auteur il y a toujours "Farenheit 451", la température à laquelle un livre s'enflamme et se consume.
5) Et pour les dystopies je vais sans doute enfoncer des portes ouvertes : est-il besoin de présenter "1984" de George Orwell ou "Le Meilleur des Mondes" d'Aldous Huxley ?
6) Enfin je pense aussi à "Latium", de Romain Lucazeau, bien plus récent et écrit avec un angle que j'ai trouvé original et dont j'ai aimé le traitement. Un résumé tiré de Babelio : "Dans un futur lointain, l’espèce humaine a succombé à l’Hécatombe. Reste, après l’extinction, un peuple d’automates intelligents, métamorphosés en immenses nefs stellaires. Orphelins de leurs créateurs et dieux, esseulés et névrosés, ces princes et princesses de l'espace attendent, repliés dans l’Urbs, une inéluctable invasion extraterrestre, à laquelle leur programmation les empêche de s’opposer. Plautine est l’une d’eux. Dernière à adhérer à l’espoir mystique du retour de l’Homme, elle dérive depuis des siècles aux confins du Latium, lorsqu’un mystérieux signal l’amène à reprendre sa quête. Elle ignore alors à quel point son destin est lié à la guerre que s’apprête à mener son ancien allié, le proconsul Othon. Pétri de la philosophie de Leibniz et du théâtre de Corneille, Latium est un space opera aux batailles spatiales flamboyantes et aux intrigues tortueuses. Un spectacle de science-fiction vertigineux, dans la veine d’un Dan Simmons ou d’un Iain M. Banks".
7) Et pour un dernier ouvrage post-apocalyptique, je relance sur Radix de A.A Athanasio (mais comme je l'ai cité précédemment je ne vais pas en rajouter

).
Enfin par rapport à Dick, je conseille la lecture de "Je suis vivant et vous êtes morts" d'Emmanuel Carrère, une biographie "à la Carrère" - basée sur des faits réels, mais avec une dose d'interprétation assumée apportée par le biographe. Je suppose que ça se lit mieux si on a suffisamment lu de romans de Dick, mais c'est quand même une sacrée mise en perspective de sa posture d'écrivain.
C'est un type qui rentre dans un bar et qui dit "salut c'est moi !"; et en fait c'était pas lui.