Cette espèce de dialogue interne...

Cette section est ouverte à tous les membres : elle doit permettre un partage d'expériences autour des problématiques liées à la découverte de la douance.
Répondre
Tabasco
Messages : 14
Inscription : lun. 5 févr. 2024 22:25
Profil : Bilan +
Test : WAIS

Cette espèce de dialogue interne...

Message par Tabasco »

J'ouvre un sujet à défaut d'avoir trouvé quelque chose s'approchant suffisamment de ce dont je voulais discuter.

L'interrogation puis le diagnostic de haut potentiel se sont forcément accompagnés d'une introspection plus poussée que d'ordinaire sur mon fonctionnement, et j'ai mis le doigt sur quelque chose qui ne m'interrogeait pas jusque là : je suis très souvent en discussion avec moi-même. Bon, j'évite de passer pour un fou parce que tout ça se déroule bien à l'abri dans ma tête, mais il paraîtrait d'après mes quelques lectures sur le hpi et un rapide échange lors de l'anamnèse avec la neuropsy qui m'a fait passer la WAIS que ce n'est pas un fonctionnement tout à fait ordinaire. Mais pas ordinaire, c'est à dire ? Intrinsèquement ? Par sa fréquence ? Par la profondeur des réflexions ? Je n'ai pas de réponse et ça me chiffonne. Vivement le prochain rendez-vous pour en discuter, mais en attendant je me suis dit que ce serait peut-être un sujet à aborder ici.

Plusieurs hypothèses en fait me viennent à l'esprit. Déjà, mettons de côte une schizophrénie, un tda, un tsa ou je ne sais quelle pathologie, il semblerait qu'à part une tendance à l'anxiété mon tableau clinique soit plutôt sain. 🤪
Ce dialogue intérieur serait-il alors la manifestation de ce qu'on appelle couramment et faute de mieux la "pensée en arborescence" ? J'emploie cette expression avec beaucoup de prudence tant l'assise scientifique semble plus que bancale. Disons une pensée par analogie ou une pensée divergente particulièrement rapide. Le pas de côté cérébral qui permet d'être un interlocuteur à soi-même de manière assez fluide.
Autre questionnement : l'ampleur du phénomène ne serait-il pas corrélé à l'ICV, et peut-être dans une moindre mesure à l'IMT ? Investissement verbal et complexité de la pensée d'une part, capacité à retenir et bricoler d'autre part.
Je suis encore novice dans la compréhension du haut potentiel et mes lectures ne sont pas très nombreuses, donc je suis sûr que pas mal de monde ici saura proposer des pistes pertinentes - ou alors m'expliquer en quoi je me plante si tout le monde est en réalité soumis à ce bavardage avec soi.

P.S. : ça m'intéresse aussi de savoir si vous avez une vie intérieure très riche mais pas davantage d'explications. Juste la façon dont vous le vivez. Pour ma part je trouve que c'est chouette d'avoir un interlocuteur en toute circonstance en fait, même s'il semble parfois agaçant, vous ne trouvez pas ? Mais je ne devrais pas dire ça trop fort, je prends le risque que les messieurs en blouse blanche me fassent avaler des petits comprimés.
Dernière édition par 2 le Tabasco ; édité 0 fois
Raison : rétablissement de message supprimé

Avatar de l’utilisateur
Holi
Messages : 3235
Inscription : jeu. 8 mars 2018 18:07
Présentation : viewtopic.php?t=9243
Profil : Bilan +
Test : WAIS
Localisation : Au pays du cannelé et de la chocolatine
Âge : 60
Contact :

Re: Cette espèce de dialogue interne...

Message par Holi »

Comme je ne l'ai pas encore fait, j'en profite pour te souhaiter la bienvenue.
Tabasco a écrit : mar. 13 févr. 2024 15:45 je suis très souvent en discussion avec moi-même.
Peux-tu préciser de quel type de discussion il s'agit ?
Est-ce un mode question /réponse ?
Une revisite des faits et situations vécus dont tu discutes avec toi même ?
Est-ce vraiment un "dialogue" un "échange" ou plutôt une pensée riche et continue ?
À force de penser à ce que les autres pensent de nous, on en oublie de se penser soi-même.
Christophe André

Tabasco
Messages : 14
Inscription : lun. 5 févr. 2024 22:25
Profil : Bilan +
Test : WAIS

Re: Cette espèce de dialogue interne...

Message par Tabasco »

Dialogue n'est peut-être pas le mot en effet mais c'est ce que j'ai trouvé de plus prosaïque pour traduire le fait que ce soit tantôt un mode de réflexion dialectique face à un problème, tantôt une forme d'automaïeutique (typiquement, réflexions d'ordre politiques ou sociétales voire philosophiques, compréhension de théories scientifiques, résolution de problèmes techniques).
Bon je revisite des situations vécues aussi.

Ces questions tendent-elles vers une idée particulière ?

Merci pour ce souhait de bienvenue !
Dernière édition par 2 le Tabasco ; édité 0 fois
Raison : rétablissement de message supprimé

Avatar de l’utilisateur
InMedio
Grille pain
Messages : 1199
Inscription : ven. 5 janv. 2018 12:37
Présentation : [url=http://adulte-surdoue.fr/viewtopic.php?f=9&t=9049] C'est ici[/url]
Profil : Bilan +
Test : WISC
Localisation : Angers
Âge : 30

Re: Cette espèce de dialogue interne...

Message par InMedio »

Ce que tu décris me paraît (personnellement) d'un banal ... Vraiment très banal. Je le fais couramment, je connais des gens qui le font couramment, j'ai aperçu des collègues le faire carrément à voix haute (je marche sans bruit et j'entends quelqu'un parler seul jusqu'à ce que je sois visible). Enfin vraiment si je me fiais uniquement à mon expérience de vie je dirais que tout le monde fait ça.
Mais bon ça prouve pas grand chose l'expérience d'une personne.

Fait amusant, en passant : savais-tu que quand on se parle "dans sa tête" en fait on parle réellement, mais sans vocaliser. On fait des micro mouvement comme si on parlait vraiment et.. euh bon voilà en gros j'avais envie de le dire. Je trouve ça marrant.
Et quand on "entend des voix" comme les schizophrènes, c'est qu'on a, en quelque sorte, "oublié" que c'était notre propre voix dans notre tête.
Vous ne pouvez pas prouver que quelque chose n'existe pas, mais vous pouvez conclure qu'il n'y aucune raison de penser que ce quelque chose existe.
Richard Monvoisin

Avatar de l’utilisateur
Judith
Messages : 1318
Inscription : lun. 26 déc. 2022 11:07
Profil : Bilan +
Test : WAIS

Re: Cette espèce de dialogue interne...

Message par Judith »

InMedio a écrit : mar. 13 févr. 2024 18:16 Ce que tu décris me paraît (personnellement) d'un banal ... Vraiment très banal.
Pareil. A ma connaissance tout le monde le fait : ça s'appelle réfléchir, quel que soit le degré d'intelligence...
Le renard sait beaucoup de choses, le hérisson n’en sait qu’une grande. (Archiloque)

Tabasco
Messages : 14
Inscription : lun. 5 févr. 2024 22:25
Profil : Bilan +
Test : WAIS

Re: Cette espèce de dialogue interne...

Message par Tabasco »

C'était peut-être le côté dialectique permanente qui est jugé comme peu ordinaire. Je me doute bien que tout le monde pense en mots. Le souci c'est que je n'ai aucune idée de l'ampleur que les débats intérieurs peuvent prendre chez tout un chacun... Et qu'on lit tellement de choses différentes sur le sujet que c'est difficile de s'y retrouver ! 🤔
Dernière édition par 2 le Tabasco ; édité 0 fois
Raison : rétablissement de message supprimé

Avatar de l’utilisateur
Osia
Messages : 465
Inscription : lun. 16 janv. 2017 12:02
Profil : Intéressé pour une personne de mon entourage
Test : NON
Âge : 45

Re: Cette espèce de dialogue interne...

Message par Osia »

Tabasco a écrit : mar. 13 févr. 2024 18:32Je me doute bien que tout le monde pense en mots.
Bonjour Tabasco,

je réagis juste à cette phrase car son minimalisme me dérange...
Sans tenir compte des personnes atteintes d'autisme, il existe d'autres populations pour lesquelles l'apprentissage d'un moyen de communication est sans langage verbal (pour exemple: chez une personne atteinte de surdité dès sa naissance). Pour ces individus, la pensée est organisée en images. Pour ceux dont le moyen de communication est différent du langage verbal, l'utilisation de mots entraine une fatigue car ce n'est pas leur langue et ce mode de pensée leur demande un effort de traduction. Le cas se pose aussi avec les langues composée d'idéogrammes, et pour les travailleurs de l'ingénérie par exemple (le domaine artistique peut être concerné je suppose). Un livre qui peut être intéressant sur le sujet: "Thinking in Pictures" (Temple Grandin), bien qu'il semble orienter la question sur l'autisme en particulier.
Hors situation de handicap, la pensée "en mots" pourrait alors être comprise comme une solution de facilité de l'esprit habitué à un mode de communication basée sur le vocable.
Après, je veux bien croire qu'il est possible d'apprendre à "switcher" d'un mode à l'autre :)
«La vie, reprit-il, serait considérablement moins bizarre sans toi !»
(Douglas Adams, H2G2 V)

Avatar de l’utilisateur
Judith
Messages : 1318
Inscription : lun. 26 déc. 2022 11:07
Profil : Bilan +
Test : WAIS

Re: Cette espèce de dialogue interne...

Message par Judith »

Osia a écrit : mar. 13 févr. 2024 23:38 Le cas se pose aussi avec les langues composée d'idéogrammes
Je ne vois pas le rapport. :help:
Pour le reste, d'accord, encore qu'il faudrait nuancer et définir avec précision les notions de "mots" et de "langage" pour éviter les risques de malentendu et de confusion (le cas des autistes dits "non-verbaux" et celui des sourds sont différents, par exemple, et dans chacune de ces deux catégories il existe des situations très diverses qu'on ne peut pas amalgamer). Mais quoi qu'il en soit, le cas des locuteurs de langues où les mots sont notés par des idéogrammes et non dans des systèmes alphabétiques ne me paraît pas relever d'une exception à la situation générale, qui veut que la majorité des humains pensent en mots et en phrases. J'ai peut-être tort, mais je veux bien une explication. :)
Le renard sait beaucoup de choses, le hérisson n’en sait qu’une grande. (Archiloque)

Avatar de l’utilisateur
Osia
Messages : 465
Inscription : lun. 16 janv. 2017 12:02
Profil : Intéressé pour une personne de mon entourage
Test : NON
Âge : 45

Re: Cette espèce de dialogue interne...

Message par Osia »

@Judith
:1cache: Tu as raison, je me suis trompée de mot ! Je pensais pictogrammes.
Je suis d'accord avec ce que tu as écrit, j'ai "jeté" un message rapide et tu as parfaitement précisé des nuances que je n'ai pas pris le temps de développer. :honte:
«La vie, reprit-il, serait considérablement moins bizarre sans toi !»
(Douglas Adams, H2G2 V)

Avatar de l’utilisateur
Judith
Messages : 1318
Inscription : lun. 26 déc. 2022 11:07
Profil : Bilan +
Test : WAIS

Re: Cette espèce de dialogue interne...

Message par Judith »

Ah, dans ce cas je comprends mieux. Merci d'avoir précisé. :)
Le renard sait beaucoup de choses, le hérisson n’en sait qu’une grande. (Archiloque)

Avatar de l’utilisateur
Shingouz
Messages : 336
Inscription : dim. 24 avr. 2022 16:22
Présentation : viewtopic.php?f=9&t=11447]MéKicéShingouz ?
Profil : Bilan +
Test : WAIS
Âge : 56

Re: Cette espèce de dialogue interne...

Message par Shingouz »

Je ne suis pas certain de saisir exactement quelle forme cela prend chez toi @Tabasco, mais pour ma part je vis cela comme un questionnement intérieur permanent. Je ne me "cause" pas proprement dit, même s'il m'arrive très souvent de me parler à voix haute quand je suis seul. Lorsque je fais cela, c'est plutôt dans un but cathartique et je vide mon sac à l'oral quand personne n'est là pour l'entendre.
En revanche, lorsque cela reste cérébral et non vocal, cela prend plus souvent la forme d'un débat tel que tu le décris :"et si ?", "et pourquoi ?", "mais alors, c'est comme..."; "pourquoi il pense/Agit comme ça ?", etc ,etc
Dans la mesure où j'ai très clairement une pensée en arborescence marquée, je l'ai toujours expliqué comme cela. De là à dire que c'est un trait commun à tous ceusses qui sont comme cela...
"I'd rather have questions that can't be answered than answers than can't be questioned."
R. Feynman

Avatar de l’utilisateur
Pascalita
Messages : 3199
Inscription : dim. 14 août 2016 11:26
Présentation : viewtopic.php?f=78&t=7720&p=228775#p228775
Profil : Bilan +
Test : WAIS

Re: Cette espèce de dialogue interne...

Message par Pascalita »

De mon côté, je discours avec moi-même comme si j'étais la personne à qui je devais expliquer ou avec laquelle je devais argumenter. Tant que ma pensée n'a pas pris la forme de ce discours, elle n'est pas réellement construite. Je me sers d'auditrice, en fait. Et la plupart du temps, ce discours ne sera pas reformulé à quelqu'un d'autre, ou alors pas dans tous les développements que je me fais à moi-même. S'il y a lieu, l'autre en percevra le résultat, le résumé ou la conclusion ; parfois rien, parce que je renonce au passage à l'acte. - C'est compliqué à expliquer... Il y a toujours une raison à mes discours intérieurs, et l'autre personne que je suis dans ma tête prend souvent la place d'une personne réelle à qui je veux ou voudrais dire quelque chose, ou d'un avis réel, d'une position réelle avec lesquels je ne suis pas d'accord ; parfois aussi, c'est seulement un interlocuteur de circonstance, qui me permet l'étape de formulation d'un raisonnement. Le discours/dialogue intérieur peut d'ailleurs être repris maintes fois... Je pense que c'est tout autant un travail de digestion psychologique que de maturation d'un raisonnement.

Contenu caché
Vous devez être inscrit et connecté sur ce forum pour voir le contenu caché.

La corrélation avec l'ICV ne me paraît pas impossible mais quant à avoir un avis fondé...

Tabasco
Messages : 14
Inscription : lun. 5 févr. 2024 22:25
Profil : Bilan +
Test : WAIS

Re: Cette espèce de dialogue interne...

Message par Tabasco »

Je me reconnais beaucoup dans ce que tu écris @Pascalita. Chez moi ça prend aussi régulièrement la forme de dialogues par anticipation quand je sais que je vais devoir participer à une discussion importante et incontournable. Avant de passer la WAIS par exemple, j'ai fait l'anamnèse avec moi-même. La réalité a d'ailleurs été assez conforme à la façon dont mon autre moi psy a mené la discussion... :D

Avatar de l’utilisateur
homer
Messages : 2069
Inscription : dim. 20 févr. 2022 14:25
Présentation : viewtopic.php?p=352792#p352792
Profil : Bilan +
Test : WAIS
Localisation : Lyon
Âge : 55

Super contributeur

Re: Cette espèce de dialogue interne...

Message par homer »

Selon les situations mon dialogue intérieur peut être constitué de mots, mais aussi d'images et impressions visuelles, de musique, de mouvements réels ou imaginés... Les mots viennent surtout pour discuter avec d'autres personnes, parce que c'est quand même assez commode je dois dire :grin:
C'est un type qui rentre dans un bar et qui dit "salut c'est moi !"; et en fait c'était pas lui.

Avatar de l’utilisateur
Fu
Messages : 2343
Inscription : dim. 4 févr. 2018 21:54
Présentation : viewtopic.php?f=9&t=9137
Profil : Bilan +
Test : WAIS

Re: Cette espèce de dialogue interne...

Message par Fu »

Depuis le début, ce sujet me fait penser à celui-ci, où il est plus question de soliloquer à voix haute. Dans les deux cas, cela revient à se parler à soi-même, donc le croisement peut être intéressant. :)

Avatar de l’utilisateur
Osia
Messages : 465
Inscription : lun. 16 janv. 2017 12:02
Profil : Intéressé pour une personne de mon entourage
Test : NON
Âge : 45

Re: Cette espèce de dialogue interne...

Message par Osia »

Tu as raison Fu, ce sujet peut croiser celui à propos de la solitude, et je pense également celui-ci «C’est comment à l’intérieur de votre tête ? ».
Pour ma part je rejoins homer: mon dialogue intérieur est composé d’images, de couleurs, de musiques... (mon entourage me reproche souvent de répondre en chantant)
Je comprends bien les expressions « entendre les couleurs » et « voir les sons », les mots restent pratiques pour communiquer avec les autres, mais dans ma tête ils sont trop nombreux ou arrivent trop vite pour me donner une certitude de ce à quoi je pense. :huhu:
«La vie, reprit-il, serait considérablement moins bizarre sans toi !»
(Douglas Adams, H2G2 V)

Avatar de l’utilisateur
Holi
Messages : 3235
Inscription : jeu. 8 mars 2018 18:07
Présentation : viewtopic.php?t=9243
Profil : Bilan +
Test : WAIS
Localisation : Au pays du cannelé et de la chocolatine
Âge : 60
Contact :

Re: Cette espèce de dialogue interne...

Message par Holi »

Idem pour moi. C'est selon les moments, des images qui s'enchaînent, des discours que je peaufine sans jamais les utiliser, des analyses qui partent dans tous les sens ou parfois qui tournent en rond, des sauts de puce d'un truc à un autre qui vont vite etc... Mais c'est pareil pour tout le monde non ?
Par contre je ne vois pas les sons un à un détachés, comme dans de la musique par exemple, mais les groupes de sons des mots provoquent des images qui ne sont pas forcément liées au sens du mot, mais m'aident à mémoriser. Et dans toutes les langues que j'ai pu pratiquer.
Les couleurs aussi me "parlent", j'y suis particulièrement sensible.
À force de penser à ce que les autres pensent de nous, on en oublie de se penser soi-même.
Christophe André

Avatar de l’utilisateur
Arepo
Messages : 85
Inscription : jeu. 21 janv. 2021 18:42
Présentation : viewtopic.php?p=382340#p382340
Profil : Bilan +
Test : WISC

Re: Cette espèce de dialogue interne...

Message par Arepo »

En vous lisant, je réalise que je n'imaginais pas que notre voix intérieure puisse prendre une autre forme que celle de mots (du moins, dans le cas de personnes qui ont accès au langage verbal). Pour moi, les choses se présentent comme l'ont très bien décrit @Pascalita et Tabasco : il s'agit d'un monologue intérieur qui est toujours virtuellement adressé à une personne réelle (celle-ci n'ayant pas de droit de réponse, ce qui est d'ailleurs bien commode :lol: ).
Il m'est difficile de convoquer des images ou d'autres sensations dans le but de construire une pensée ou de raisonner. Je ne parviens à utiliser la visualisation qu'à des fins mnésiques (j'ai tendance à voir ce dont j'essaie de me souvenir ou des lieux, objets, détails visuels qui sont en lien avec le moment auquel j'ai appris l'information que je souhaite me remémorer). Je n'ai pas de synesthésies à proprement parler mais j'associe souvent mes souvenirs à une stimulation sensorielle précise (olfactive, visuelle ou auditive). Me rappeler le stimuli me permet ensuite de convoquer le souvenir de manière plus exhaustive. C'est une stratégie mnémotechnique, mais je suis incapable d'utiliser ces procédés pour des tâches de raisonnement.
Sometimes, I wish someone out there will find me
'Til then, I walk alone

(Boulevard of Broken Dreams)

Avatar de l’utilisateur
homer
Messages : 2069
Inscription : dim. 20 févr. 2022 14:25
Présentation : viewtopic.php?p=352792#p352792
Profil : Bilan +
Test : WAIS
Localisation : Lyon
Âge : 55

Super contributeur

Re: Cette espèce de dialogue interne...

Message par homer »

@Arepo quand il s'agit de "raisonner" formellement, il me semble que passer par le langage est une approche naturelle (en tous cas c'est comme ça que je fais personnellement). Par contre mes états intérieurs ne sont pas forcément constitués uniquement de raisonnement formalisé. Par exemple quand j'invente une histoire je laisse venir des images teintées d'affects, avant de passer aux mots. C'est un peu la même chose quand j'imagine des projets de recherche dans mon labo. Quand il m'arrive de dessiner ou peindre, il peut y avoir des choix conscients verbalisés mais il s'agit surtout de pratiquer sans passer par les mots, et de sentir ce qui m'arrive quand je vois ce qui s'exprime sous le pinceau, au fur et à mesure. Et quand je construis un cours, il y a une itération continue entre raisonnement formel et observation teintée d'affect - le sens de l'harmonie générale, la fluidité de l'enchaînement des idées, comment les idées que je tente de représenter pourraient être perçues par les personnes qui vont suivre mon cours... pour ce dernier point d''ailleurs en générale c'est de l'ordre de la tentative, mais bien malin qui peut prévoir comment un court va être reçu par les personnes avec un auditoire varié. Sur ce plan j'arrive à mieux percevoir comment ça se passe dans mes auditoires respectifs quand j'enquête à posteriori auprès d'eux.
C'est un type qui rentre dans un bar et qui dit "salut c'est moi !"; et en fait c'était pas lui.

Avatar de l’utilisateur
Arepo
Messages : 85
Inscription : jeu. 21 janv. 2021 18:42
Présentation : viewtopic.php?p=382340#p382340
Profil : Bilan +
Test : WISC

Re: Cette espèce de dialogue interne...

Message par Arepo »

homer a écrit : mar. 27 févr. 2024 12:39 Par exemple quand j'invente une histoire je laisse venir des images teintées d'affects, avant de passer aux mots.
Eh bien justement, je réalise en vous lisant que cet aspect-là me fait défaut, bien que j'essaie de plus en plus d'apprendre à convoquer mes ressentis lorsque je fais ou pense quelque chose, mais ce n'est absolument pas spontané chez moi. Lorsque tu parles de peindre avant de formaliser une pensée... C'est vraiment intéressant. J'imagine que je peux y parvenir un peu avec la musique, mais ce n'est pas un réflexe. A suivre...
homer a écrit : mar. 27 févr. 2024 12:39 Et quand je construis un cours, il y a une itération continue entre raisonnement formel et observation teintée d'affect - le sens de l'harmonie générale, la fluidité de l'enchaînement des idées, comment les idées que je tente de représenter pourraient être perçues par les personnes qui vont suivre mon cours... pour ce dernier point d''ailleurs en générale c'est de l'ordre de la tentative, mais bien malin qui peut prévoir comment un court va être reçu par les personnes avec un auditoire varié. Sur ce plan j'arrive à mieux percevoir comment ça se passe dans mes auditoires respectifs quand j'enquête à posteriori auprès d'eux.
Alors étonnamment, je suis plutôt à l'aise avec la partie "anticiper la réception par l'auditoire". C'est peut-être juste une habitude professionnelle, mais je crois que je m'en sors plutôt bien pour évaluer rapidement ce qui est déjà acquis ou ce qui ne l'est pas, anticiper quelles difficultés vont surgir, etc. C'est un aspect du métier que je trouve très stimulant, comme un petit défi permanent qui demande de faire un va-et-vient continu entre soi et l'autre.
Sometimes, I wish someone out there will find me
'Til then, I walk alone

(Boulevard of Broken Dreams)

Avatar de l’utilisateur
homer
Messages : 2069
Inscription : dim. 20 févr. 2022 14:25
Présentation : viewtopic.php?p=352792#p352792
Profil : Bilan +
Test : WAIS
Localisation : Lyon
Âge : 55

Super contributeur

Re: Cette espèce de dialogue interne...

Message par homer »

Arepo a écrit : ven. 1 mars 2024 20:50 Lorsque tu parles de peindre avant de formaliser une pensée... C'est vraiment intéressant. J'imagine que je peux y parvenir un peu avec la musique, mais ce n'est pas un réflexe. A suivre...
Oui la musique peut certainement être un moteur pour se lancer dans la peinture !
Arepo a écrit : ven. 1 mars 2024 20:50 C'est un aspect du métier que je trouve très stimulant, comme un petit défi permanent qui demande de faire un va-et-vient continu entre soi et l'autre.
Je te rejoins tout à fait :grin:
C'est un type qui rentre dans un bar et qui dit "salut c'est moi !"; et en fait c'était pas lui.

Répondre