Livre : Psychologie du haut potentiel, Comprendre, identifier, accompagner.

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Ouinon
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Re: Livre : Psychologie du haut potentiel, Comprendre, identifier, accompagner.

Message par Ouinon »

Je lis ce livre depuis plusieurs semaines, un chapitre par un chapitre complètement dans le désordre selon mes points d'intérêts.

Sortant d'une période de diagnostic de TDA/H à titre personnel, c'est tout naturellement sur ce chapitre que je vous propose et un modeste résumé, sous forme de notes. J'espère que vous me pardonnerez cette absence de style !
Pour des chiffres ou des références précis, je vous invite à consulter le livre. Je réitérerais l'exercice pour d'autres chapitres si vous y trouvez un intérêt.

Chapitre 18 : Haut potentiel et TDAH (par Gabriel Wahl)

Introduction

Il n'existe pas à l'heure actuelle de lien de causalité entre le HPI et le TDAH. Coexistence fortuite mais ayant des conséquences. Peuvent se dissimuler réciproquement.
Au niveau statistique, QI globalement plus faible chez les TDAH.

Dans la population TDA/H plusieurs éléments influencent le QI :
- subtests étroitement liés aux capacités attentionnelles
- plusieurs idées en tête lors de la passation ou motivation qui chute lorsqu'il n'y a pas de passion pour le sujet
- bonne mobilisation de l'attention car l'exercice est motivant

Le HPI peut masquer durablement le TDA/H, en tout cas les répercussions scolaires. Cet effet compensateur et protecteur ne se poursuit qu'exceptionnellement tout au long de la scolarité.

Il existe des ambiguïtés qui lient talent et trouble (plusieurs formes cliniques à prendre en compte).

Le TDAH

Ne se limite pas à la seule agitation/hyperactivité. Point de départ du trouble : l'inattention. C'est pourquoi on préfère l'acronyme TDA/H : Trouble déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité.
Trois volets symptomatiques : 1. inattention 2. agitation (facultatif) 3. impulsivité

* TDAH et troubles spécifiques des apprentissages

Coexistence TDAH + troubles spécifiques de l'apprentissage avec déficit en lecture, expression écrite ou calcul dans 31 à 45% des cas.

Quand il y a TDA avec Hyperactivité, souvent troubles du comportement comme trouble d'opposition avec provocation dans 40 à 60% des cas.

Comportement souvent perçu comme écart moral et non comme une incapacité. Symptômes associés à des fautes = culpabilisation des enfants et des parents.
Cette perception entraîne une absence de reconnaissance des difficultés et des soucis dans l'accompagnement des enfants, des parents et des enseignants.

Importance de distinguer difficulté d'apprentissage secondaire au TDAH d'un "authentique" trouble spécifique des apprentissages.

* Un trouble des fonctions exécutives... mais pas que !

Fonctions exécutives liées au fonctionnement cognitif global, interviennent dans toutes nos actions.
Régulation du fonctionnement cognitif, comportemental et émotionnel.

Historiquement TDAH perçu comme un trouble des fonctions exécutives, notamment déficit de la mémoire de travail et de l'inhibition.

Plus récemment, les modèles mettent en évidence des dysfonctionnement de trois grandes voies cognitives :
1. Réseau du mode par défaut à l'origine de la fluctuation attentionnelle : ce réseau ne se désactive pas lors d'une nouvelle action = défaut d'initiation à la tâche. Réseau se réactive de façon aléatoire = décrochages attentionnels et rêveries éveillées.
2. Dysfonctionnement exécutif général en lien avec un dysfonctionnement des aires préfrontales du cerveau (inhibition, mémoire de travail, planification, etc.).
3. Altération du réseau de la récompense = aversion au délai, "tout, tout de suite".

Ces trois perturbations expliqueraient les symptômes d'inattention d'agitation et d'impulsivité mais aussi de régulation comportementale et émotionnelle.

* Symptomatologie

Importance de décrire distinctement les composantes symptomatiques :

- Déficit de l'attention : manque d'endurance et de vigilance attentionnelle = distractibilité et dispersion.
Trouble de la régulation attentionnelle (sélective, soutenue, divisée).

- Hyperactivité : agitation physique perturbant l'ordonnance de toute activité.

- Impulsivité : précipitation et impatience de parler et d'agir.

Atout des enfants TDA avec Hyperactivité sur les autres car sont plus facilement repérés et donc diagnostiqués.

* Formes cliniques du TDAH

3 formes cliniques :
- Forme mixte = déficit de l'attention + hyperactivité + impulsivité
- Forme avec inattention prédominante = inattention et peu ou pas d'agitation et d'impulsivité
- Forme agitation et impulsivité avec peu ou pas d'inattention (plus rare)

Garçons TDAH plus agités que les filles. Surreprésentation masculine du TDAH. Grandes variations d'un pays européen à l'autre, de 3 à 16 garçons pour 1 fille.
Le sex ratio se normalise avec l'âge, 1.6 hommes pour 1 femme.

* Etiologie

Nature génétique ou néonatologique (prématurité, petit poids de naissance, hypoxie néonatale).

Entre 5 et 7.2% de la population mondiale.

A ce jour, pas de test biologique ou d'imagerie permettant de confirmer le diagnostic clinique.
Le bilan neuropsychologique ne révèle pas le diagnostic de TDAH car situation d'exception qui peut inciter l'enfant (surtout par crainte ou défi) à surmonter au moins partiellement le manque d'endurance attentionnelle.

* Moment du diagnostic

Peut se révéler dès l'école maternelle surtout pour les formes agitées. Enfants peuvent être dociles à l'école et difficiles à la maison et du coup peuvent faire illusion.
Le TDAH peut poser des problèmes de discipline mais aussi faire obstacle aux acquisitions scolaires.
Tous les enfants ne subissent pas un échec scolaire mais subissent souvent une "sous réalisation" qui peut passer inaperçue.
Enfants TDAH et HP peuvent maintenir longtemps une excellence scolaire : retard de diagnostic.

* Le TDAH chez l'enfant et l'adulte

Prévalence chez l'enfant est le double de chez l'adulte.
Si on regarde la triade du TDAH chez l'enfant (agitation, inattention, impulsivité) seuls 10% d'entre eux restent hyperactifs à l'âge adulte. Si on définit une symptomatologie plus spécifique de l'adulte (voir ASRS ou DIVA) le taux passe à 70%.
Approche homotypique (permanence des symptômes) et hétérotypique (continuité du syndrome avec variation de symptômes) sont complémentaires.

Le bilan neuropsychologique du TDAH

Diagnostic clinique qui repose sur données observables.

Une évaluation avec un tiers peut être vécu comme une situation d'exception intimidante et donc provoquer un comportement à l'opposé du vécu scolaire ou familial. Important de multiplier les sources d'informations.

la HAS ne recommande pas de bilan neuropsychologique pour la pose du diagnostic en France (idem dans d'autres pays).
Il peut être utile si doute concernant un diagnostic différentiel dont le HP réel ou supposé.

Il existe beaucoup d'outils d'aide au diagnostic, 5 sont décrits :
1. Critères du DSM V ou de la CIM 10
Retiennent des critères pour les trois groupes de symptômes : inattention, agitation, impulsivité.
2. Echelles de Conners
Evaluent le comportement mais n'autorisent pas un diagnostic car explorent des domaines non spécifiques du TDAH.
3. Tea-ch
Test de référence chez les 6/12 ans. Epreuves auditivoverbales et visuomotrices parcourant toutes les dimensions attentionnelles et exécutives : attention sélective, attention divisée, attention soutenue, flexibilité, inhibition, mise à jour de l'information.
4. Test de Stroop
Explore capacité à maintenir l'information en présence de distracteurs et d'inhibition verbale.
5. Echelles de Wechsler (WPPSI IV, WISC 5, WAIS IV)
Pas de spécificité explicite pour le TDAH mais peuvent suggérer le diagnostic : quand ICV, IVS et IRF > IMT et IVT dans le WISC ou lors d'une hétérogénéité des scores intra-indiciels et surtout intrasubtests marquant des fluctuations attentionnelles.
A confirmer par la clinique ou d'autres bilans plus spécifiques.

Attention, il existe d'authentiques enfants TDAH qui peuvent par crainte ou motivation transcender leur trouble attentionnel, leur agitation et leur impulsivité le temps d'un bilan et ne rien laisser paraître de leur TDAJ.

Le bilan neuropsychologique in vitro ne peut se substituer au diagnostic clinique in vivo.

TDAH et intelligence


Etudes sur les liens entre TDAH et QI peu concordantes.
- Méta-analyse retient que les enfants TDAH ont en moyenne un QI < de 9 points
- Autres études ne retrouvent pas ce différentiel avec QI moyen peu distinct entre TDAH et témoins.
- Chez l'adulte, méta-analyse observe un QI moyen inférieur pour les adultes TDAH mais cette différence est faible et non significative, sauf pour les groupes présentant des comorbidités.

Plus pertinent de comparer non pas le QI mais indice par indice. Fréquent d'observer de moins bonnes performances en mémoire de travail et vitesse de traitement.

Aucun doute sur la possible coexistence du TDAH et du HPI. C'est pour cela que certains auteurs ont retrouvé des correspondances symptomatiques, cela relèverait plus d'une confusion que d'une similitude. Importance de ne pas attribuer certaines caractéristiques à une intelligence élevée sans explorer d'autres pistes.

Etude montre que les adultes TDAH de QI supérieur présentent moins de signes de dysfonctionnement exécutif en comparaison avec des TDAH de QI standard. Suggère qu'un QI élevé peut compenser les déficits exécutifs et faire obstacle à un diagnostic clinique précis.

Autre étude montre que les adultes TDAH à QI élevé ont de moins bonnes performances à la copie de la figure de Rey avec une sensibilité jugée suffisante pour participer au diagnostic neuropsychologique du TDAH.

TDAH et Haut Potentiel

Prévalence TDAH chez enfants HP comme du HP chez les enfants TDAH diffèrent peu de celle de la population générale.

* Les sources d'une confusion

La présence d'un diagnostic de HP peut éloigner d'un diagnostic de TDAH.

Ennui et inattention à l'école sont deux éléments souvent rapportés par TDAH et HPI. Ces plaintes n'ont pas les mêmes causes. Difficile de distinguer ennui par inattention (TDAH) et inattention par ennui (HP).

Le fait qu'il existe des points communs entre l'hyperactivité et le HP ne justifie pas une assimilation diagnostique. Signes ayant une expression contextuelle chez l'enfant HP et un caractère persistant chez les enfants TDAH.
Référence au critère C du DSM V (symptômes présents dans dans ou plus de deux types d'environnement différents).

Etude calcule le taux moyen d'attente des enfants surdoués en avance sur leurs camarades : temps perdu en classe de 25 à 50%. Symptômes d'agitation ou d'inattention résultante de l'ennui chronique.

Réponses des parents au questionnaire de Conners montrent que le seul remède naturel au TDAH est la passion. L'intérêt permet de mobiliser l'attention.

Lien avec les enfants HP dont la scolarité peut être soporifique ou exaltante si le programme s'accorde aux rythmes et ambitions. Un saut de classe peut parfois suffire à passionner et assagir un enfant.

* Le haut potentiel : entre compensation et protection

Enfant TDAH n'est pas seulement TDAH il peut parcourir toute la gamme du QI, être téméraire ou craintif, joyeux ou taciturne, etc.
Pour les enfants TDA sans H, le comportement scolaire peut dépendre aussi d'autres éléments de personnalité. Peuvent s'adapter parfaitement.

Enfants qui présentent un HP et un TDAJ peuvent plus facilement se mouler dans l'image attendue même s'ils ne contrôlent pas toute leur agitation/dispersion.

Peuvent comprendre l'essentiel en quelques minutes d'écoute et garder longtemps un niveau d'excellence.
Le TDAH peut donc passer inaperçu en primaire sauf si l'agitation est incontrôlable.

Pour la plupart le TDAH se révèle par une sous-réalisation progressive ou d'évolution rapide (de trimestre en trimestre). On pense souvent à un TDAH de survenue tardive alors que le TDAH existait depuis la petite enfance mais était compensé et masqué par le talent intellectuel.

Si le jeune rencontre des professionnels mal informés, il est possible que l'échec scolaire soit attribué à la douance. Représentation erronée douance = fragilité. Peut connaître une longue errance thérapeutique.

TDAH sans prise en charge adaptée élève le risque de prise de substances toxiques ou de comportements antisociaux, ce risque est faible chez les enfants HP et TDAH. Le HP atténuerait la tendance aux brusqueries comportementales et inconduites sociales des personnes TDAH.

* Limites

Protection du HP sur le TDAH mais n'atténue que partiellement les effets.

HP avec TDAH plus à risque de redoubler, développer des épisodes dépressifs, des phobies scolaires ou sociales ou des troubles oppositionnels que HP sans TDAH. Surtout quand absence de diagnostic et soins appropriés.

Enfants HP moins anxieux que la moyenne. Différent pour les enfants HP et TDAH qui seraient plus anxieux et dépressifs que le non TDAH. S'expliquerait par les épreuves infligées par le trouble : conflictualité familiale, culpabilisation, échec scolaire, dévalorisation et brimades.

"Un pourcentage important de surdoués en sous-performance scolaire présentent des problèmes d'attention suffisamment graves pour mériter un examen plus approfondi".

Conclusion

Lien très explicite entre HP et excellence scolaire. La recherche s'est penchée sur les 4 hypothèses de la sous performance scolaire en cas de HP :
1. Possibilité d'une fragilité de la personnalité du HP
2. Parcours scolaire : facilité offerte par le talent les premières années, et l'enfant ne s'en est plus jamais délivré même en cas de difficultés
3. Risques d'inadaptation notamment quand contenu scolaire inférieur aux attentes, on met en sourdine ses ambitions intellectuelles
4. (qui a la préférence de l'auteur) enfant ou adolescent HP n'est à l'abri d'aucun trouble et s'il présente des fragilité de personnalité, des difficultés affectives ou scolaires ce n'est pas en lien avec son talent, mais en dépit de son talent.

Le HP peut agir comme facteur de compensation partiel du trouble mais il représente une source de confusion diagnostique, notamment pour les difficultés d'apprentissage, les déficits de l'attention et les troubles autistiques.
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Re: Livre : Psychologie du haut potentiel, Comprendre, identifier, accompagner.

Message par Rune »

Il y a des choses que je savais, mais j'ignorais au moins un point essentiel, à savoir l'existence de 3 formes différentes de TDAH :
Ouinon a écrit : lun. 16 août 2021 15:48 3 formes cliniques :
- Forme mixte = déficit de l'attention + hyperactivité + impulsivité
- Forme avec inattention prédominante = inattention et peu ou pas d'agitation et d'impulsivité
- Forme agitation et impulsivité avec peu ou pas d'inattention (plus rare)
J'avoue que je pensais que le TDAH se traduisait forcément par de l'hyperactivité...
Merci donc pour ce résumé !

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Petite Plume
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Re: Livre : Psychologie du haut potentiel, Comprendre, identifier, accompagner.

Message par Petite Plume »

Merci pour ce résumé de chapitre qui m'intéresse particulièrement également.
Est ce qu'à un endroit il est abordé justement des pistes de prises en charges pour une personne HP/TDA/H ?

Je suis bien tentée également de l'acheter. Il m'a l'air très intéressant comme livre.

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Ouinon
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Re: Livre : Psychologie du haut potentiel, Comprendre, identifier, accompagner.

Message par Ouinon »

Petite Plume a écrit : mar. 31 août 2021 16:36 Merci pour ce résumé de chapitre qui m'intéresse particulièrement également.
Est ce qu'à un endroit il est abordé justement des pistes de prises en charges pour une personne HP/TDA/H ?

Je suis bien tentée également de l'acheter. Il m'a l'air très intéressant comme livre.
Non, ou alors ça m'a échappé mais je ne pense pas. Il y a une complexité pour le diagnostic, mais pour le suivi j'imagine que cela ne change pas. Ce que l'on retrouve fréquemment (je n'ai pas listé mes sources, shame on me) : méthylphénidate et thérapies comportementales et cognitives.
Peut-être que des spécialistes apporteront d'autres réponses :)

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Re: Livre : Psychologie du haut potentiel, Comprendre, identifier, accompagner.

Message par noma44 »

Ouinon a écrit : mar. 31 août 2021 18:39
Petite Plume a écrit : mar. 31 août 2021 16:36 Merci pour ce résumé de chapitre qui m'intéresse particulièrement également.
Est ce qu'à un endroit il est abordé justement des pistes de prises en charges pour une personne HP/TDA/H ?

Je suis bien tentée également de l'acheter. Il m'a l'air très intéressant comme livre.
Non, ou alors ça m'a échappé mais je ne pense pas. Il y a une complexité pour le diagnostic, mais pour le suivi j'imagine que cela ne change pas. Ce que l'on retrouve fréquemment (je n'ai pas listé mes sources, shame on me) : méthylphénidate et thérapies comportementales et cognitives.
Peut-être que des spécialistes apporteront d'autres réponses :)
Je viens de relire en diagonale cette partie du livre.
Effectivement je ne crois pas que cela y soit développé.

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Petite Plume
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Re: Livre : Psychologie du haut potentiel, Comprendre, identifier, accompagner.

Message par Petite Plume »

@noma44 @Ouinon merci pour votre retour.

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Ouinon
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Re: Livre : Psychologie du haut potentiel, Comprendre, identifier, accompagner.

Message par Ouinon »

Je continue doucement mais sûrement mon avancement du livre. Je vous propose à nouveaux mes notes, sans effort de rédaction, sur le chapitre 13 cette fois : Fonctionnement social et émotionnel.
Chapitre 13 – Fonctionnement social et émotionnel
Sophie Brasseur
Un chapitre ne peut résumer les concepts complexes et multidimensionnels de la psychologie, donc objectif : revue de littérature et mise en lien avec idées reçues.
Abord distinct du fonctionnement : social, émotionnel et de la personnalité.

Eclairage sur l’hypersensibilité supposée des HPI.

Haut potentiel et fonctionnement social

Compétences sociales générales des personnes à haut potentiel
HP ≠ difficultés sociales systématiques.
Etudes montrent que les jeunes HPI sont investis plus positivement par leurs pairs et moins rejetés que les enfants tout-venant. Résultats s’appliquent à tous les âges.
Etudes montrent que :
• 3 – 6 ans : aucune différence au niveau intégration sociale
• Adolescence : moins d’agressivité et de comportements prosociaux
• Adultes : pas plus de difficulté dans la vie maritale, amicale ou au travail.

Seules les personnes ayant un QI >155 présenteraient davantage de difficultés sociales. L’essentiel des personnes HPI se situe au-dessous de ce seuil.

Zoom sur vie sentimentale et sexuelle des personnes HPI
Etudes dispos montrent que personnes HPI en moyenne plus heureuses.
Loi de l’attirance : former un couple avec quelqu’un qui nous ressemble. Pour les personnes HPI, laisse à penser qu’elles se rencontrent dans une sous population réduite, sans qu’il n’en ressorte de difficulté particulière.
Plus d’homosexuels dans la population HPI quand de le reste de la population, pas de raison identifiée. La suite parle néanmoins de couples hétéro car plus d’enquêtes effectuées.
Qi et créativité réels prédisent le charme que les femmes accordent aux homme. Les femmes jugées séduisantes sont avec hommes intelligents, l’inverse n’est pas vrai. Comme si l’intelligence pouvait compenser la beauté chez l’homme, moins chez la femme.
Ne doit pas masquer caractère globalement attirant de l’efficience intellectuelle tant chez l’homme que chez la femme.
Etude directe : Chute d’attractivité chez les personnes au QI >140 = peur de ne pas être assez proche intellectuellement et crainte fondée sur des stéréotypes qu’une personne aussi intelligente aura des difficultés relationnelles et sociales.
Personnes HPI semblent avoir une vie sentimentale et sexuelle plus tardive mais plus stable. Moins de partenaires entre 15 et 18 ans, cette différence s’efface ensuite. Taux de divorce dans les 5 ans après le mariage plus faible chez les personnes HPI.


Quand il existe des difficultés sociales : des causes multifactorielles

Autant de variabilité que dans la population générale. 10 à 15% vivent des expériences de rejet ou de harcèlement. Phénomènes multifactoriels.
Pas plus d’enfants harcelés au sein de la population HPI, peuvent être autant harceleurs que harcelés.
Difficultés sociales ont des causes multiples avec des facteurs de groupe ou individuels. Fréquent qu’elles ne soient pas en lien avec le HPI.
Pas d’association statistique entre difficultés sociales et HPI, dans certains cas les hautes capacités intellectuelles ont tout de même un impact dessus. Exemple avec l’asynchronie ou la dyssynchronie (fragilité sociale en lien avec le décalage de développement cognitif).
Terrasier décrit la dyssynchronie interne (décalage entre le développement intellectuel et les autres sphères de développement) et la dyssynchronie sociale (avec les autres, en terme de rythme de développement et de centres d’intérêt).

Sentiment de différence et stratégies mises en place

Les personnes HPI peuvent vivre un sentiment de différence (étude sur 302 personnes MENSA) mais pas assez fortement pour mettre en place des stratégies d’intégration sociale. Toutes les personnes HPI ne nourrissent pas ce sentiment.
La différence ressentie est souvent basée sur des croyances.

Les « stigmates du haut potentiel » (stigma of giftedness)
Les croyances de différence de fonctionnement peuvent créer du rejet et donc stress social, particulièrement à l’adolescence.
Dans ce cas des stratégies peuvent être développées, notamment la dissimulation du haut potentiel. Efficaces sur le moment mais peuvent être délétères à long terme. Les personnes qui utilisent ces stratégies sont plus susceptibles de développer des troubles psychologiques ainsi que des difficultés sociales et émotionnelles.

Haut potentiel et fonctionnement émotionnel

Idée reçue infondée : Avoir un HPI s’accompagne d’un fonctionnement émotionnel qualitativement différent et prédispose à rencontrer des difficultés affectives et sociales.

Intelligence émotionnelle
Les recherches dans le domaine utilisent la notion d’intelligence émotionnelle (IE) : compétences utiles pour traiter les épisodes émotionnels. Il existe différentes conceptions qui ne recouvrent pas les mêmes notions.
Des tests standardisés pour mesurer l’intelligence émotionnelle existent au moyen d’un quotient émotionnel (QE). Le plus connu : MSCEIT. Dans cette approche, l’IE est une habileté.

Pour d’autres chercheurs, approche radicalement différente. Pour eux IE fait partie de la personnalité, trait caractéristique de ceux qui utilisent spontanément les émotions de manière adaptée. On parle d’intelligence émotionnelle trait en opposition à l’intelligence émotionnelle habileté. On la mesure via des questionnaires comme TEIQue.
Pour dépasser ce débat, des auteurs utilisent le concept de compétences émotionnelles :
- Identifier et désigner les émotions
- Exprimer les émotions de façon socialement acceptable
- Comprendre les ressentis émotionnels
- Réguler ses émotions
- Utiliser les motions pour prendre des décisions et orienter sa vie

Intelligence émotionnelle habileté
Personnes HPI, meilleure IE habileté. Plus le niveau intellectuel augmente, plus les connaissances et les compétences émotionnelles sont élevées.
Caractère adaptatif de l’IE habileté attesté par un lien positif avec le bien-être.
Intelligence émotionnelle trait

Résultats plus contrastés dans la manière de gérer les émotions par les personnes HPI.
Ici, on s’intéresse plus à la façon de réagir habituellement en situation émotionnelle qu’aux connaissances.
Liens entre l’IE trait et le HPI sont inconsistants. On ne peut pas statuer sur une différence au sein de cette population.
3 études montrent des résultats suggérant une moins bonne régulation des émotions et notamment du stress chez les personnes HPI.

Propre étude de l’auteur : HPI meilleurs pour l’utilisation des émotions d’autrui, mais moins bons pour l’identification net la compréhension de ses propres émotions.
Résultats discordants = Pas de conclusion tranchée possible.

Implications
L’IE est adaptative

La question sensible de l’hypersensibilité

Idée qui circule : hypersensibilité plus élevée chez les personnes HPI. L’hypersensibilité peut être abordée de différentes manières.

Sensibilité sensorielle

Etudes rares. Une seule étude montre un seuil de détection des seuils visuels et acoustiques plus bas chez HPI. Niveau de preuve faible.
Concernant la perception sensorielle (hyperesthésie) aucune certitude car bases empiriques.
Sensibilité émotionnelle
N’existe pas à notre connaissance de particularité génétique associée au HPI. Très peu d’études utilisant les mesures physiologiques.
Etude menée en 2018 : pas de différence entre HPI et contrôle. Semble que l’association entre HPI et réactivité émotionnelle soit à relativiser.
Hyperstimulabilité émotionnelle
Hyperstimulabilité (Dabrowski) renvoie à une sensibilité plus élevée aux stimuli. Les personnes HPI présenteraient selon lui une hyperstimulabilité dans 5 domaines :
- Intellectuel
- Emotionnel
- Imaginatif
- Sensoriel
- Psychomoteur

Données valident l’hypothèse mais l’interprétation peut être trompeuse.
Méta analyse (12 études) évaluant l’hyperstimulabilité : invite à la prudence concernant associaiton hyperstimulabilité et HPI. Les résultats indiquent une différence mais la taille d’effet est faible.

Représentations et désirabilité sociale

La plupart des recherches utilisent des autoquestionnaires. La croyance selon laquelle il y a plus de sensibilité chez les HPI influence les résultats.
Rares études semblent confirmer une plus grande sensibilité mais avec des différences minimes. Plutôt la similarité qui prédomine.

La personnalité

D’autres traits de personnalité sont fréquemment associés au HPI (empathie, humour, mauvaise image de soi). Dans la plupart des cas la recherche ne confirme pas sauf pour le sens moral qui semble se développer plus vite.

Trop de biais dans les études. Résultats peu fiables et non généralisables.

Si on fait passer des inventaires de personnalité plus large, découvertes intéressantes.
Utilisation du modèle OCEAN qui est le plus consensuel.
- O : Ouverture à l’expérience et à la nouveauté
- C : conscience ou caractère consciencieux, capacité à différer la satisfaction immédiate
- E : Extraversion, rechercher le contact avec l’environnement
- A : Agréabilité, tonalité des relations avec autrui
- N : Névrosisme, sensibilité aux stimuli menaçants

Tests standardisés permettant d’évaluer : NEO-PI-3.

Les études montrent chez personnes HPI un niveau plus élevé d’ouverture . Se recoupe avec les travaux concernant l’hyperstimulabilité dans les dimensions imaginatives et intellectuelles.

Point sur les deux traits de personnalité fréquemment associés au HPI dans les représentations communes : perfectionnisme et anxiété-trait.

Le perfectionnisme

Trait de personnalité stable dans le temps et assez indépendant du contexte.

Perfectionnisme positif : avoir des attentes élevées envers soi-même et recherche d’excellence. Ne s’applique qu’à soi, pas d’attente envers les autres. Généralement corrélé avec une bonne estime de soi et une meilleure satisfaction de vie.

Perfectionnisme négatif : préoccupation importante face aux erreurs commises, perception d’un écart entre les attentes et le résultat. S’accompagne souvent de perfectionnisme prescrit : croyance d’une attente élevée venant des proches. Provoque souvent moins bonne estime de soi et anxiété.

Méta analyse = préoccupation perfectionnistes en moyenne identique entre jeunes HPI et les autres.
Personnes HPI ne souffrent pas particulièrement des effets négatifs du perfectionnisme et ne montrent un niveau de perfectionnisme comportemental que très légèrement supérieur au reste de la population.

L’anxiété trait

= Tendance constante à réagir avec appréhension. Forme latente d’anxiété.

Il existe au moins 14 études sur le sujet, et plusieurs méta analyses : résultats vont en défaveur de l’hypothèse de vulnérabilité.

Parmi les 14 études, aucune ne trouve de trouve de plus grande anxiété au sens général. La moitié indique une moins grande anxiété chez les individus HPI et l’autre moitié aucune différence. Les études de plus grande ampleur concluent en faveur des personnes HPI.
Données vont dans le sens de l’hypothèse de la résilience selon laquelle les personnes HPI sont moins touchées par toute forme de difficultés, dont l’anxiété.

Des études en population consultante

Les études menées en population consultante sont plus contrastées mais les biais ne permettent pas d’étendre leurs observations à la population générale des personnes HPI.

Conclusion

Dans le cas de l’anxiété, deux remarques :
1. Importance des représentations chez les personnes consultante pour « HP »
2. Etudes prennent en compte la définition du HPI à partir d’un seuil de QI. Or, sur le cas particulier des difficultés émotionnelles ce choix a une influence. Elément de définition sur la base de l’engagement dans la tâche ou la créativité pourrait avoir un impact sur toute la sphère émotionnelle.
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Re: Livre : Psychologie du haut potentiel, Comprendre, identifier, accompagner.

Message par GraineDeNana »

Merci @Ouinon de lire pour nous ces 672 pages !!! et un petit coucou au passage :coucou:
Ouinon a écrit : ven. 18 févr. 2022 15:47
Chapitre 13 – Fonctionnement social et émotionnel
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Haut potentiel et fonctionnement social

Quand il existe des difficultés sociales : des causes multifactorielles

Autant de variabilité que dans la population générale. 10 à 15% vivent des expériences de rejet ou de harcèlement. Phénomènes multifactoriels.
Pas plus d’enfants harcelés au sein de la population HPI, peuvent être autant harceleurs que harcelés.
Difficultés sociales ont des causes multiples avec des facteurs de groupe ou individuels. Fréquent qu’elles ne soient pas en lien avec le HPI.
Pas d’association statistique entre difficultés sociales et HPI, dans certains cas les hautes capacités intellectuelles ont tout de même un impact dessus. Exemple avec l’asynchronie ou la dyssynchronie (fragilité sociale en lien avec le décalage de développement cognitif).
Terrassier décrit la dyssynchronie interne (décalage entre le développement intellectuel et les autres sphères de développement) et la dyssynchronie sociale (avec les autres, en terme de rythme de développement et de centres d’intérêt).

Je découvre avec intérêt cette notion de dyssynchronie sociale, car elle met un nom sur un concept que je manie sans le nommer.

J'ai beaucoup ressenti la dyssynchronie en partageant le quotidien de mon fils HPI, que ce soit la dyssynchronie interne (à l'âge de 4 ans, alors que nous en étions à classifier avec acharnement les différentes espèces de dinosaures la maîtresse me convoquait car mon enfant avait des problèmes de découpage) ou la dyssynchronie sociale (à 8 ans environ : - En ce moment je suis souvent tout seul à la récré... - Ah bon! petit flottement de la mère... et pourquoi donc ? - Les autres, ils jouent tous au même truc débile -les toupies Beblades dans mon souvenir-... - Et tu ne peux pas faire l'effort de t'y intéresser un peu ? - Non, c'est vraiment trop nul, je vais attendre que ça passe... effectivement la mode est passée et les récrés sont redevenues intéressantes... A cet âge, mon fils était déjà passionné par Magic, mais il n'a eu de répondant sur ce jeu qu'à partir de l'âge de 12-13 ans environ !).

Ouinon a écrit : ven. 18 févr. 2022 15:47
Chapitre 13 – Fonctionnement social et émotionnel
Sophie Brasseur
Eclairage sur l’hypersensibilité supposée des HPI.

Haut potentiel et fonctionnement social

Sentiment de différence et stratégies mises en place

Les personnes HPI peuvent vivre un sentiment de différence (étude sur 302 personnes MENSA) mais pas assez fortement pour mettre en place des stratégies d’intégration sociale. Toutes les personnes HPI ne nourrissent pas ce sentiment.
La différence ressentie est souvent basée sur des croyances.

Les « stigmates du haut potentiel » (stigma of giftedness)
Les croyances de différence de fonctionnement peuvent créer du rejet et donc stress social, particulièrement à l’adolescence.
Dans ce cas des stratégies peuvent être développées, notamment la dissimulation du haut potentiel. Efficaces sur le moment mais peuvent être délétères à long terme. Les personnes qui utilisent ces stratégies sont plus susceptibles de développer des troubles psychologiques ainsi que des difficultés sociales et émotionnelles.

Haut potentiel et fonctionnement émotionnel

Idée reçue infondée : Avoir un HPI s’accompagne d’un fonctionnement émotionnel qualitativement différent et prédispose à rencontrer des difficultés affectives et sociales.
A cette lecture je souris un peu car le fil "A quand remonte votre sentiment de décalage, de différence" comporte déjà près de 200 réponses...
Les personnes diagnostiquées HPI le sont le plus souvent du fait d'une démarche personnelle (et je suis frappée sur le forum par la fréquence des présentations dans lesquelles la personne commence à fréquenter le forum avant d'avoir passé un test et ensuite en rapporte le résultat) ; cette démarche résulte bien d'un sentiment de décalage/différence, ou bien peut-on penser que de très nombreuses personnes qui ont un sentiment de décalage passent des tests et ensuite statistiquement un certain nombre seront diagnostiquées HPI, presque "par hasard" ?
(Bien sûr la proportion des personnes diagnostiquées pendant l'enfance augmente au fur et à mesure des générations)

Je me demande aussi comment les études sont construites car pour étudier des HPI, il faut qu'ils soient diagnostiqués (CQFD!). Donc soit on prend un échantillon de la population générale, on teste tout le monde et on obtient un échantillon vraiment représentatif de HPI "tout-venant" (mais il faut tester vraiment beaucoup de personnes pour obtenir ne serait-ce que 200 ou 300 HPI à étudier), soit on étudie une population de HPI déjà diagnostiqués (les MENSA par exemple) et dans ce cas les biais sont forcément nombreux (et le sentiment de décalage existe chez la plupart d'entre eux sans doute). Est-ce que l'article que tu cites détaille les échantillons des différentes études ?
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Re: Livre : Psychologie du haut potentiel, Comprendre, identifier, accompagner.

Message par lady space »

L’article détaille l’échantillon d’une étude sur les enfants préscolaires de Peyre et al. de 2016 publiée dans le journal Personality and individual differences portant sur la cohorte longitudinale française ÉDEN de Heude et al. de 2015 étudiant 2002 enfants de 5,5 ans qui sont assez représentatifs de la population générale. Mais Peyre indique lui-même qu’il existe un risque que les résultats des enfants HPI ne sont peut-être pas représentatifs vu la faiblesse de l’échantillon.

Après il se pose à mon avis la question de la transposabilité de résultats obtenus en étudiant des enfants sur les adultes.

Par exemple le paragraphe sur les croyances au niveau des différences de fonctionnement du HPI n’opère que quand on se sait ou se suppose HPI. Alors que, quand on lit le nombre de présentations de gens qui arrivent ici qui n’osent pas ou à peine s’envisager HPI et qui ont senti une différence, un décalage diffus, inexpliqués, depuis bien longtemps tout en se croyant dans la norme, je pense que la situation des adultes diffère de celle des enfants. Parce qu’il y a des années de non connaissance de soi, de pression vers la normalité, de tentatives d’entrer dans le moule, à vivre dans un environnement inadapté, voire parfois manquant de bienveillance, etc. qui sont passées par là.

Et on a beaucoup de biais de sélection dans les études portant sur les adultes, à commencer par le fait qu’il est impossible de connaître le vécu des adultes HPI non testés et qui vont bien vu qu’ils passent sous tous les radars.

Reste donc les échantillons plus partiels : Mensa qui est fortement axé sur le volet logicomathématique du HPI, la clinique qui ne voit que la population qui consulte, Terman, Hollingworth qui avaient recruté des enfants qui fonctionnaient bien au sein du système scolaire américain de l’époque, sur proposition des enseignants.

Je pense qu’il faut être extrêmement prudent en matière d’affirmations sur ce que sont ou ne sont pas les HPI.
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Re: Livre : Psychologie du haut potentiel, Comprendre, identifier, accompagner.

Message par Fanetys »

Il me semble qu'il y a aussi pas mal d'études en Israël, parce que l'identification des enfants HPI y est faite à grande échelle, mais je n'ai pas pour l'instant de référence précise à donner.
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Re: Livre : Psychologie du haut potentiel, Comprendre, identifier, accompagner.

Message par GraineDeNana »

Fanetys a écrit : lun. 21 févr. 2022 12:30 Il me semble qu'il y a aussi pas mal d'études en Israël, parce que l'identification des enfants HPI y est faite à grande échelle, mais je n'ai pas pour l'instant de référence précise à donner.
Et ensuite ils donnent une suite particulière au dépistage ?
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Re: Livre : Psychologie du haut potentiel, Comprendre, identifier, accompagner.

Message par lady space »

Il me semble aussi qu’en Israël on teste tous les enfants mais je n’ai trouvé aucune référence à des études israéliennes dans la littérature francophone. Et ainsi, je ne sais pas comment ils exploitent les données obtenues, si ça donne lieu à des études longitudinales. Il faudrait vérifier une à une les différentes bibliographies pour vérifier où travaillent les scientifiques cités et d’où proviennent les données qu’ils exploitent.

Après il y a un sérieux problème de langue pour pas mal de psychologues français qui fait que la littérature anglophone leur est inaccessible.

C’est pareil pour les quelques ouvrages que j’ai lus en allemand et en anglais : la provenance des études et chercheurs mentionnés serait à vérifier. Du moins je ne suis pas assez familière du monde de la recherche en psychologie pour pouvoir situer les auteurs cités.
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Re: Livre : Psychologie du haut potentiel, Comprendre, identifier, accompagner.

Message par GraineDeNana »

Hors-sujet
Finalement j'ai trouvé un article

https://fr.timesofisrael.com/des-parent ... -surdoues/

qui mentionne que les enfants ainsi dépistés bénéficient d'une journée par semaine d'inclusion dans une classe avec propositions stimulantes.

Vous pourrez aussi lire que ces enfants-###Dragons de Komodo sociopathes oui mais des Panzani### ou non ont parfois des mères-tigres, les analogies animalières semblent très prisées dans le domaine du HPI :clin:
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Re: Livre : Psychologie du haut potentiel, Comprendre, identifier, accompagner.

Message par lady space »

Donc, ils ne testeraient les enfants que pour savoir s'ils ont droit au programme spécifique HPI ? Et si ça peut fuiter au niveau des écoles, c'est un genre de SAT comme aux USA et pas un WISC.

Du coup, je comprends mieux pourquoi on ne s'appuie pas sur leurs études, les bases ne seraient pas les mêmes.
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Re: Livre : Psychologie du haut potentiel, Comprendre, identifier, accompagner.

Message par Fanetys »

Voilà ce qu'en dit Gauvrit dans "les surdoués ordinaires" :
Image

Et il cite des études, par exemple sur l'anxiété
► Afficher le texte
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Re: Livre : Psychologie du haut potentiel, Comprendre, identifier, accompagner.

Message par lady space »

Merci pour cet extrait Fanetys, je n'avais pas fait attention au fait que Gauvrit cite ces études israéliennes.

Mais je pense encore une fois que ses conclusions ne peuvent pas être transposées telles quelles sur les adultes qui se découvrent HPI à l'âge adulte, ni éventuellement sur des enfants HPI qui n'évoluent pas dans un environnement favorable, qui tient compte de leurs spécificités. J'imagine bien l'anxiété d'un gosse qui se pose 10 000 questions existentielles et n'obtient que des réponses convenues, évasives, voire bidons parce que ses adultes référents ne sont pas à l'aise avec ces questionnements. Ou pire, le gosse qui se rend compte que ses adultes ne comprennent même pas les questions qu'il se pose et qui lui paraissent primordiales - il y a de quoi angoisser si ton sort est lié à ds personnes dont tu as l'impression qu'elles ne capent rien. :lol:
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Re: Livre : Psychologie du haut potentiel, Comprendre, identifier, accompagner.

Message par Fish »

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GraineDeNana a écrit : lun. 21 févr. 2022 05:04 A cette lecture je souris un peu car le fil "A quand remonte votre sentiment de décalage, de différence" comporte déjà près de 200 réponses (...)
cette démarche résulte bien d'un sentiment de décalage/différence, ou bien peut-on penser que de très nombreuses personnes qui ont un sentiment de décalage passent des tests et ensuite statistiquement un certain nombre seront diagnostiquées HPI, presque "par hasard" ?
Mon impression, totalement subjective, est que le sentiment de différence est partagé par l’ensemble de la population. Tout le monde... donc les HPI aussi.
Il me semble qu’à l’adolescence on construit son identité en deux étapes :
- une première phase qui consiste à se reconnaître au sein d’un groupe restreint (les amis). On s’imagine qu’on est quelques rares êtres uniques en opposition à une masse uniforme de moutons.
- un seconde phase où on comprend que les moutons sont également uniques, et qu’on est nous-même bien plus mouton qu’on ne le pensait (ah ouais, porter un jean Levis et un T-shirt blanc c’est pas si rebelle en fait ? ).

Le passage de la première à la seconde phase est un signe de maturité. Mais c’est une position rationnelle. Au fond de nous, il y a toujours cette petite voix qui nous pousse à nous percevoir comme unique en opposition avec une masse de moutons.
Autrement dit, le sentiment de « décalage » des HPI, ce n’est peut-être qu’un prétexte pour s'autoriser à mettre de coté la raison (on est aussi unique que les autres, ni plus ni moins) et régresser à un état immature (je suis unique en opposition avec la masse des moutons).

Bon, c’est peut-être de la psycho de comptoir ce que je dis là, et je précise que je m’inclus dans les immatures.

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Re: Livre : Psychologie du haut potentiel, Comprendre, identifier, accompagner.

Message par ounyska »

Hors-sujet
Fish a écrit : lun. 21 févr. 2022 20:24 Mon impression, totalement subjective, est que le sentiment de différence est partagé par l’ensemble de la population. Tout le monde... donc les HPI aussi.
Pour ce que mon opinion vaut, je partage fortement ce sentiment, et de plus en plus. J'aurais plutôt tendance à faire la différence entre ceux qui se sentent différents et vivent très bien avec, et ceux qui se sentent différents mais ne peuvent s'empêcher de penser (à tort ou à raison, mais souvent à tort) que leur différence est « plus différente ». Là, à mon sens, on ne parle plus de HPI vs non-HPI mais de tout autre chose. Peut-être des anti-conformistes à la sauce Carlos Tinoco ?
Fish a écrit : lun. 21 févr. 2022 20:24 Bon, c’est peut-être de la psycho de comptoir ce que je dis là, et je précise que je m’inclus dans les immatures.
Face à la rigueur scientifique, mathématique même, des précédentes interventions que j'ai pu lire de toi, je suis surpris que tu maîtrises aussi bien la psychologie de comptoir, si l'immature en moi peut se permettre un brin d'effronterie :huhu:
Pour en revenir au cœur du sujet, je profite (avec du retard certes, tempus fugit) du poste de Ouinon pour revenir sur un point qui m'avait interpellé à la lecture du chapitre 13 :
Ouinon a écrit : ven. 18 févr. 2022 15:47 Zoom sur vie sentimentale et sexuelle des personnes HPI
Loi de l’attirance : former un couple avec quelqu’un qui nous ressemble. Pour les personnes HPI, laisse à penser qu’elles se rencontrent dans une sous population réduite, sans qu’il n’en ressorte de difficulté particulière.
Plus d’homosexuels dans la population HPI quand de le reste de la population, pas de raison identifiée. La suite parle néanmoins de couples hétéro car plus d’enquêtes effectuées.
Qi et créativité réels prédisent le charme que les femmes accordent aux homme. Les femmes jugées séduisantes sont avec hommes intelligents, l’inverse n’est pas vrai. Comme si l’intelligence pouvait compenser la beauté chez l’homme, moins chez la femme.
Ne doit pas masquer caractère globalement attirant de l’efficience intellectuelle tant chez l’homme que chez la femme.
Etude directe : Chute d’attractivité chez les personnes au QI >140 = peur de ne pas être assez proche intellectuellement et crainte fondée sur des stéréotypes qu’une personne aussi intelligente aura des difficultés relationnelles et sociales.
Personnes HPI semblent avoir une vie sentimentale et sexuelle plus tardive mais plus stable. Moins de partenaires entre 15 et 18 ans, cette différence s’efface ensuite. Taux de divorce dans les 5 ans après le mariage plus faible chez les personnes HPI.
Certaines des affirmations rappelées ici (il s'agissait d'un encadré il me semble ?) m'avait fait tiquer parce que je trouvais qu'elles contrastaient un peu trop avec la rigueur du reste de l'ouvrage. Un air d'horoscope. En particulier, j'avais fait quelques recherches sur cette idée que « QI et créativité réels prédisent le charme que les femmes accordent aux homme » ou que « l’intelligence pouvait compenser la beauté chez l’homme » (non pas que je sois moche mais je ne m'étais pas rendu compte que mon QI avait un tel pouvoir :rofl: ). Je n'ai malheureusement pas le livre sous la main en ce moment mais je me souviens qu'il y avait quelques références indiquées dans ce passage. J'y avais jeté un œil et il m'avait semblé que les conclusions étaient nettement plus nuancées que ce qui est reporté dans l'encadré. De tête [ça date vraiment, à vérifier], l'intelligence serait effectivement un facteur non négligeable dans l'attractivité mais pas du tout à la hauteur du physique d'après l'étude citée. Certes, ladite étude n'était peut-être pas fiable et a pu être contredite entre temps, mais le minimum serait que le texte reflète les conclusions de ses références.

S'agissant de la chute d'attractivité au-delà de 140, j'avais aussi vérifié cette information qui me semble étrange mais je ne me souviens plus du tout de ce que j'avais trouvé. Si quelqu'un a regardé, je passe la main.

En passant, merci Ouinon (et les autres) pour ces résumés/notes. Je n'aime pas prendre des notes quand je lis alors j'apprécie que quelqu'un d'autre s'en soit donné la peine :)
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Re: Livre : Psychologie du haut potentiel, Comprendre, identifier, accompagner.

Message par Mercador »

Désolé pour la nécrologie.

J'aimerais savoir si le livre peut être pertinent pour un quidam qui ne travaille pas dans le domaine ? De toutes les lectures que j'avais fait il y a 7 ans, c'est celui de Nicolas Gauvrit (les surdoués ordinaires) qui m'avait semblé le plus "scientifique" sur le sujet du Haut Potentiel. Je serais intéressé à le lire mais ça semble destiné aux professionnels de la santé cognitive.

Merci

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Re: Livre : Psychologie du haut potentiel, Comprendre, identifier, accompagner.

Message par ounyska »

Point de nécrologie, un tel ouvrage peut être source de discussion pour encore des années ! Non seulement parce que la qualité semble au rendez-vous (mais je ne suis pas un professionnel, donc ce que vaut mon avis...), mais aussi parce que de tels ouvrages en langue française sur le sujet sont rar(issim)es.

Pour essayer de répondre à ta question Mercador, la question n'est pas tant de savoir à qui s'adresse l'ouvrage que de savoir s'il est accessible à un quidam, si je lis entre tes lignes. La réponse à cette dernière question me semble être largement oui, bien que certains chapitres soient un peu techniques et riches en jargon et autres références de spécialistes. Ceci étant dit, ça ne nuit pas vraiment à l'accessibilité d'ensemble de l'ouvrage dont l'essentiel ne demande aucune connaissance préalable pour être compréhensible (même si on passe sûrement à côté de certaines choses dans ce cas).

Si tu veux une réponse à ta question d'origine, ce livre a clairement été écrit pour les professionnels. Toutefois, et tant que le texte demeure lisible (cf. paragraphe précédent), il n'y a pas forcément de différence entre ce que recherche un professionnel et un curieux averti. En d'autres termes, tout dépend de ce que tu cherches et de ce que tu espères trouver en lisant éventuellement ce livre.

L'idéal reste de le trouver dans une bibliothèque ou de te le faire prêter mais je conçois que pour un livre de ce type, ce n'est pas aisé ;-)
"By Jove!" -- professeur Philip Mortimer

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