Solitude

Cette section est ouverte à tous les membres : elle doit permettre un partage d'expériences autour des problématiques liées à la découverte de la douance.
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NeKroKaine
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Solitude

Message par NeKroKaine »

Bonjour à tous, je me posais une question concernant la solitude : vous arrive-t-il d'avoir des discussions avec vous même, je veux dire, à voix haute? ça m'arrive souvent et ça parait très "normal" pour moi, mais en y pensant je me dis si quelqu'un débarque au moment où je suis en pleine conversation avec moi même, je vais me sentir très mal à l'aise et m'inquiéter de passer pour un illuminé :D
Enfin, sinon de manière générale, comment gérez vous la solitude? L'acceptez vous? L'embrassez vous? La subissez vous?
Etant donné que je lance le sujet, je me dois de m'exprimer sur mon propre ressenti (même si je ne suis encore qu'en questionnement concernant un eventuel HPI) :
D'aussi loin dont je me souvienne, j'ai toujours été seul, et préféré être seul. J'ai souvent pensé avoir un monde intérieur suffisament stimulant pour ne pas avoir (ou plutôt peu) d'interactions sociales. Ces interactions où j'ai le sentiment de me forcer pour rentrer dans une case. Mais cette solitude est aussi pour moi visiblement (d'après ce que m'a dit ma psy, et je pense qu'elle a vu juste) un mécanisme de défense, sans doute car je sur-interprète parfois les pensées et les intentions de tout le monde, ce qui me met dans tout mes états (intérieurement bien sûr, je me contrôle beaucoup trop).
Cette solitude volontaire est plaisante. Parfois je culpabilise même par rapport à ma famille :( que j'ai l'impression de complètement délaisser. Je peux laisser mon esprit vagabonder, ou alors m'adonner à ma passion (le dessin). Je trouve cela extrêmement apaisant.
Mais il y a aussi cette solitude cachée, je pense que je ne suis pas le seul à ressentir ça. Celle qui vous fait sentir seul au milieu des autres (je me surprends souvent à me dire "mais qu'est ce que je fais là??" - par "là" j'entends sur cette planète). Celle-ci est bien moins attrayante... Bien que je puisse vivre de manière solitaire depuis tout petit, il arrive toujours un moment où j'ai besoin de me reconnaître en quelqu'un, en sa façon de penser, de s'exprimer, d'argumenter, de se questionner, etc... et je peine à trouver ce genre de personnes. Il y a bien mon meilleur ami et ma femme. Mais j'ai toujours le sentiment que je ne peux pas être complètement moi avec eux...(enfin toujours plus qu'avec le reste de mes autres relations).

Voilà pour ma part, je ne vais pas trop m'étendre (ou alors plus tard si le sujet survis :) ).
Et vous alors, quelle est votre relation à cette "amie"? (je m'adresse bien sûr autant aux testés qu'aux non testés ;) )

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Mlle Rose
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Re: Solitude

Message par Mlle Rose »

Coucou,
Si tu veux il y a un sujet connexe qui pourrait t'intéresser :
viewtopic.php?t=1073

Il est dans une section qui n'est accessible pour toi qu'en lecture pour le moment, mais en avoir un dans cette section-ci c'est bien aussi :)
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NeKroKaine
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Re: Solitude

Message par NeKroKaine »

Yes merci @Mlle Rose , effectivement je ne peux pas écrire dans toutes les sections à mon grand dam, et je souhaitais vraiment échanger sur le sujet, mais je me doutais un peu qu' il y aurait un doublon 😄

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Mlle Rose
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Re: Solitude

Message par Mlle Rose »

Y'a pas de souci sur les doublons ;) Donc on peut très bien discuter ici !
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enufsed
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Re: Solitude

Message par enufsed »

Je me contenterai pour l'heure de répondre exclusivement à la première partie de ton message concernant la soliloquie qui me paraît décorrélée de la question de la solitude. Je parle seul de manière constante, à voix haute, soit en m'adressant à moi-même sous la forme d'un dialogue (auquel cas je me tutoie) soit en m'adressant à un interlocuteur fictif avec qui j'engage un débat (dont je sors nécessairement victorieux puisque ses arguments ne peuvent pas me surprendre). Dans le second cas c'est souvent quand j'ai un conflit (fictif encore, avec un politique souvent) et c'est une manière raisonnable et argumentée de vider ma colère (mon aisance est alors strictement proportionnelle à mon embarras quand il s'agit de débattre pour de vrai, exercice pour lequel je suis une misérable quiche). Dans le premier c'est un fonctionnement dialectique que je n'ai jamais perçu comme problématique : c'est une manière de construire mon cheminement de pensée. Je l'ai beaucoup pratiqué à une époque en me baladant sur la côté en hiver (avec donc l'assurance de ne pas être surpris)...c'était donc une forme d'auto-péripatétisme. Même pour des travaux universitaires, j'aimais beaucoup m'asseoir sur le plan de travail de ma cuisine avec un café et réfléchir à mes sujets à voix haute (en me félicitant, m'encourageant comme on encourage un sportif, ou en me critiquant, etc.). Cette voix devient donc une sorte de sparring partner.
En revanche je ne suis pas certain que cela soit le fruit d'une solitude, j'ai toujours fait ça, j'ai certes beaucoup joué seul enfant mais j'ai aussi eu beaucoup de copains chez qui je passais mes après-midi. Évidemment ma limite c'est la présence ou non d'un tiers, dans ce dernier cas je ne me parle pas ;)
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Re: Solitude

Message par InMedio »

J'ai envie de rebondir sur la soliloquie et d'appuyer le propos d'enuf : je fais ça aussi. Je n'ai pas de côte venteuse et dépeuplée à arpenter en hiver, mais des coins vides de ma cambrousse font l'affaire. C'est un exercice auquel je m'adonne souvent et depuis si longtemps que je ne saurais pas en donner un début.
Cela dit, ma limite en général est aussi la présence d'un tiers sauf depuis que je vis avec ma bien aimée qui, faisant la même chose que moi, n'est gênée ni quand je parle à voix haute mais-pas-à-elle, ni pour le faire en ma présence.
Je crois que comme c'est quelque chose qu'on fait quasi-exclusivement quand on est seul, on a l'impression d'être le seul à le faire. Autant de témoignages devraient suffire à se rendre à l'évidence : je ne suis pas si exceptionnel que ça, à me parler à moi-même.
Je vois le verre toujours plein
Mais je ne vois pas encore de quoi
Je ferai des grandes choses quand j'aurai trouvé lesquelles.

NeKroKaine
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Re: Solitude

Message par NeKroKaine »

Merci pour vos témoignages, je me sens moins bizarre tout à coup ^^
Je me reconnais un peu dans tes propos @enufsed , je parle souvent comme ça de tout et de rien avec moi même, et la seconde façon de soliloquer(ça se dit?) est également pour moi une façon de me décharger d'un conflit, intérieur ou ayant eu lieu plus tôt avec une tierce personne. Je n'ai pas de répartie au bon moment (ou est ce que j'ai juste peur d'être trop incisif avec mon interlocuteur?), ça vient toujours après, une fois que je rumine la situation vécue plus tôt XD
Pour en revenir au fait que ça puisse paraître bizarre, je me rappelle étant ado d'un groupe d'ami qui se moquait gentiment d'une copine car il lui arrivait de parler toute seule. ça m'avait fait trop mal pour elle, d'autant plus que je faisais tout le temps ça et que je trouvais ça normal...

valérie
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Re: Solitude

Message par valérie »

Bonsoir
Vous connaissez la chanson de Diane Tell
" 🎼 et au bout du compte. On se rend compte. Qu'on est toujours tout seul au monde"
Pas sûre que ce sentiment de solitude existentiel soit le propre du HPI.
Il est peut être un peu plus marqué cf Penser l'écart de Tinocco.

bonne soirée

valérie

Mac Aniche
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Re: Solitude

Message par Mac Aniche »

Bonjour,

Je ne parle jamais à voix haute par contre j'ai des conversations incessantes en moi. Et je suis parfois très contrariée quand on m'interrompt. ^^
Une fois j'ai poussé la chose jusqu'à écrire un journal où j'écrivais ces dialogues intérieurs. Ca m'a un peu servi de thérapie. J'y racontais mes états d'âme douloureux et je me répondais jusqu'à l'apaisement. Je ne laissais pas mes écrits tant que je n'avais pas éprouvé un mieux être. En terme de psychothérapie, on n'est parfois jamais mieux servi que par soi-même. A l'époque, mon mari travaillait loin et je vivais toute la semaine seule, les enfants vivaient leur vie d'étudiants. Je ne parlais à personne à part à moi et à même ! ^^ Je crois qu'au final, j'ai aimé faire ça et que la solitude ne m'a plus jamais pesé.
Je peine aussi à trouver des personnes avec lesquelles je peux me sentir totalement libre d'exprimer ce que je voudrais dire ou qui ont à peu près les mêmes centres d'intérêt et à peu près le même regard que moi sur le monde, donc ces dialogues sont une vraie soupape pour moi.
Je crois que j'ai toujours été comme ça, même enfant. Je pouvais passer des heures sans rien faire aux yeux des autres alors qu'à l'intérieur ça discutait tant et plus. Je crois que seule ma mère avait compris que ma vie intérieure était bien plus riche que ma vie extérieure mais dans le monde dans lequel on vit, je ne crois pas que cela soit bien considéré. C'est pas productif.
Les conditions socio-culturelles de la lucidité sont incertaines. Edgar Morin

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Re: Solitude

Message par NeKroKaine »

@Mac Aniche je comprends tout à fait ce que tu ressens quand tu dis ne pouvoir te sentir totalement libre de pouvoir t' exprimer sincèrement... Quant au fait de privilégier son monde intérieur, c'est probablement vu comme quelque chose de non productif, mais pas à mon sens, pour moi il est aussi très important de cultiver son univers intérieur, même si ça peut paraître très ego-centré 🙂. Après tout, nous sommes la personne que nous côtoierons plus que tout autre individu durant toute notre vie, alors je ne vois pas où serait le mal!

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Fu
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Re: Solitude

Message par Fu »

Salut,
Je soliloque peu, sauf dans deux situations. La première, c'est quand j'ai fait une bourde, oublié un truc important, etc., auquel cas il m'arrive de m'injurier copieusement, pourvu qu'il n'y ait pas de témoins. La seconde, c'est quand je vais très bien ou très mal, auquel cas je parle aux autres moi à travers le temps, ceux qui vont, respectivement, très mal ou très bien, pour les encourager ou pour recevoir leurs encouragements.
Sinon, la solitude est quelque chose que je choisis et dont j'ai besoin, pas à 100 % du temps mais, disons, à 95 % ou pas loin. :lol: Durant ces 95 % du temps, je peux supporter ou apprécier la présence de personnes qui comprennent voire apprécient les activités dans lesquelles je me lance frénétiquement en solo, des personnes dont la conversation va m'aider plutôt que me gêner. J'adore passer trente heures d'affilée (et parfois bien plus) sur un truc qui me passionne, sans m'interrompre pour des trucs aussi inutiles que manger ou dormir, alors imaginez à quel point je peux être frustré si quelqu'un m'interrompt pour me parler de ses états d'âme, de trucs administratifs ou d'un collègue de boulot un peu pénible et dont on a déjà parlé dix foix. Oui, j'ai du mal à rester en couple. :blond:

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