Un casanier qui surgit hors de la nuit

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Fu
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Re: Un casanier qui surgit hors de la nuit

Message par Fu » ven. 5 avr. 2019 20:17

Hors-sujet
ouadji a écrit : "Un casanier qui surgit hors de la nuit" ... j'adore, trop fort Fu ! Mais la suite est à réécrire aussi alors ... "Court vers l'aventure au galop" :huhu:
Court vers la toiture au galop ?
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Mikirabelle
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Re: Un casanier qui surgit hors de la nuit

Message par Mikirabelle » ven. 5 avr. 2019 20:35

Hors-sujet
^-^ j'adore !
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Re: Un casanier qui surgit hors de la nuit

Message par Holi » ven. 5 avr. 2019 20:52

pandamonium a écrit :
jeu. 4 avr. 2019 18:53
et c'est vrai qu'il semble y avoir une injonction à partir pour être heureux, pour montrer que l'on a les moyens ou que sais-je encore. C'est assez drôle cette rengaine après chaque vacances de demander à l'autre :
«alors t'es partie?»
Ça me fait vraiment penser à la phrase clichée du moment après l'amour «alors, heureuse?»
On peut aussi vraiment aimer "partir" et aller voir ailleurs sans que cela soit juste une réponse à une injonction societale...!
Que certains partent pour faire joli soit, mais ça n'est pas la seule raison de se préparer de chouettes vacances :clin:
La vie n’est facile pour aucun de nous. Mais quoi, il faut avoir de la persévérance, et surtout de la confiance en soi. Il faut croire que l’on est doué pour quelque chose, et que, cette chose, il faut l'atteindre coûte que coûte.
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Re: Un casanier qui surgit hors de la nuit

Message par pandamonium » ven. 5 avr. 2019 21:22

Je suis tout à fait d'accord avec toi Holi. La société ne m'a en tout cas jamais forcée à partir. :)
Là où cela me chagrine parfois un peu, c'est l'expression, que fait la personne qui a demandé si tu étais partie, lorsque tu réponds "non".
Il y a souvent ce petit "ah" et pis le sujet s'arrête là. Comme si ne pas partir était synonyme de ne rien faire ou de perte de temps ou que sais-je. Ne pas partir, ce n'est pas intéressant. :^)
Partir ou ne pas partir (telle est la question)...finalement, les deux sont bien.
En tout cas, moi, je dis oui aux voyages, qu'ils soient physiques, psychiques, lunaires ou plus terre à terre! :cheers:

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Re: Un casanier qui surgit hors de la nuit

Message par cherubim » ven. 5 avr. 2019 22:15

Fu a écrit :
ven. 5 avr. 2019 15:21
Dans le présent sujet, l’Histoire, l’art et les monuments n’ont pas l’air de remporter beaucoup d’adhésion. Je les ai mentionnés parce qu’ils restent une des attractions les plus mises en avant, et un réflexe. Là encore l’effet de groupe joue beaucoup : on débarque quelque part, on prend la liste des musées et monuments et on choisit le « moins pire », ou les incontournables.
En ce qui me concerne, lorsque je voyage, je n'ai rien contre la visite de monuments et musées. Je trouve cela intéressant, cela permet d'apprendre ou de revoir des notions sur l'histoire du lieu, et cela nous aide à mieux en comprendre la culture.
Cependant, ces visites, pour être bénéfiques, doivent se faire dans des conditions satisfaisantes, par exemple éviter la foule. Effectivement, les hordes de touristes se prenant en photo en essayant de donner l'illusion qu'ils touchent du doigt le sommet du monument ont le don de m'agacer, sans parler des amoureux qui ne peuvent s'empêcher de mettre des cadenas sur tous les ponts! :violent: Personnellement, je prends assez peu de photos, j'aime garder les souvenirs en tête.
D'autre part, je n'apprécie pas non plus de tout "faire" au pas de charge. Je préfère sélectionner quelques lieux, prendre mon temps, suivre une visite guidée éventuellement. Je me souviens d'une fantastique guide italienne francophone à Venise qui nous expliquait que le sol du Palais des Doges était "solide mais souple" en sautillant, ce qui faisait balancer le plancher.
Et enfin, visiter des monuments n'empêche pas d'explorer le mode de vie ou de côtoyer les habitants, bien au contraire. Cela n'empêche pas non plus d'avoir une partie du parcours façon road trip à la Kerouac. Je trouve que ce sont des activités complémentaires.

Je suis d'accord avec le fait que préparer un voyage puisse générer du stress, surtout en ce qui concerne les modalités techniques, telles que les billets d'avion, réservations d'hôtel, etc. Mais pour moi, la préparation peut aussi être un plaisir puisqu'elle offre un avant-goût de nos découvertes. J'aime beaucoup me plonger dans des guides de voyage ou des livres sur un pays, un peu comme quand on salive devant un livre de recettes.

Je dis cela, mais mon dernier voyage remonte à longtemps, sauf si l'on compte les vacances à la mer ou au ski en famille.

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Re: Un casanier qui surgit hors de la nuit

Message par Miss souris » sam. 6 avr. 2019 08:31

Hors-sujet
Le casanier fourre la ligature au garot ? Ou bout la confiture au carreau ? Ah ! Boit la confiture au goulot.

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Re: Un casanier qui surgit hors de la nuit

Message par Swinn » sam. 6 avr. 2019 11:28

ouadji a écrit :
ven. 5 avr. 2019 16:57

.....A cela, j'ajoute un point, qui peut sembler hors sujet, mais qui pour moi ne l'est pas. Voyager c'est aller "vers plus d'informations" (au sens large). Et là, je me pose une véritable question, c'est une énigme existentielle pour moi ...
Je ne suis pas tout à fait d'accord avec toi ouadji sur ce point.
Le voyage n'apporte pas plus d'informations que tu peux chercher et trouver à la base chez toi et bien sur ailleurs.
Il peut apporter plus d'émotions et des émotions nouvelles bien que tu puisse également les trouver à partir de chez toi.
L'intérêt du voyage à mon sens est qu'il apporte des sensations nouvelles. C'est par la découverte de ces ressentis, nouveaux et étranges mais familiers à la fois (puisque cela reste une expérience humaine) que pour moi le voyage prend tout son sens et qu'il vaut la peine d'être vécu.
"Nous sommes des farceurs : nous survivons à nos problèmes"
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Re: Un casanier qui surgit hors de la nuit

Message par Fu » sam. 6 avr. 2019 11:50

Je pense que ouadji parlait de l’information au sens large. Dans ce contexte, les nouvelles sensations sont aussi de nouvelles informations.

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Re: Un casanier qui surgit hors de la nuit

Message par ouadji » sam. 6 avr. 2019 14:36

Yes, merci Fu. (au sens le plus large que ce mot puisse contenir)
Je ne détiens aucune vérité, mes propos ne sont que le reflet de mes perceptions, par nature biaisées et imparfaites

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Re: Un casanier qui surgit hors de la nuit

Message par Calvinethobbes » sam. 6 avr. 2019 15:05

Je reviendrai commenter plus longuement,là je n'ai pas trop le temps...mais je suis surprise des réflexions "avec femme et enfants ce ne serait pas possible"...Je ne comprends pas bien pourquoi? Je vous livre ma (petite) expérience sur la question du coup: 3 semaines en Ecosse, dont 1 et demie en camion (9 places) au mois d'avril...On a tous dormi dans le camion (par terre, sur les banquettes et sur le siège conducteur pour ma part), à se faire du thé et de la soupe sur un réchaud, et à poser le camion au bord des routes et des lochs pour y passer la nuit. Et ce, avec mari (la femme c'est moi :clin: ) et (6) enfants (de 6 à 13 ans à l'époque...)...Donc...ben, les familles ne sont pas forcément un frein au voyage. Voilà, c'est un peu hors sujet, mais ce "femme et enfants" m'a un peu chatouillé :honte:

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Re: Un casanier qui surgit hors de la nuit

Message par Holi » sam. 6 avr. 2019 16:08

cherubim a écrit :
ven. 5 avr. 2019 22:15
pour moi, la préparation peut aussi être un plaisir puisqu'elle offre un avant-goût de nos découvertes. J'aime beaucoup me plonger dans des guides de voyage ou des livres sur un pays, un peu comme quand on salive devant un livre de recettes.
Ouiiii :clap: tout pareil ! Et le voyage commence avant même d'être parti....
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Re: Un casanier qui surgit hors de la nuit

Message par nemo » sam. 6 avr. 2019 20:06

Comme d'habitude, je tergiverse avant de participer et plein de personne sont passée avant moi pour dire sensiblement la même chose que ce que je pourrai avoir envie de dire.

Je crois ne pas être voyageur moi non plus. Mais comme j'ai la tête dure et que j'ai souvent eu du mal à m'écouter, j'ai dû vérifier ça pas mal de fois avant d'avoir confiance en ce constat. J'ai expérimenté plusieurs types de voyage différents : road trip en 205, échange universitaire, sac à dos en Amérique du Sud et vacances à droite à gauche.
Force est de constater que pour chacun, j'ai vécu des moments de stress intenses et prolongés soit dans la préparation soit sur place quand ça ne se passait pas comme prévu. Ma psy a mis le doigt dessus bien des années plus tard en parlant d'intolérance à l'incertitude... Disons que dans le cadre du voyage, quand je vois l'énergie que ça me prend de le penser et de l'organiser, j'ai envie qu'il soit parfait, quand bien même j'aurais mal défini les conditions de sa perfection. Dans l'idéal, j'aurais besoin d'être sûr que j'éprouverai bien la sensation que je vais chercher. C'est évidemment impossible, mais voyager est pour moi intimement lié à cette angoisse que tous ces efforts en amont, cette forme de mise en danger continue, soit vaine. Et j'ai bien conscience qu'il y a une forme de prophétie auto réalisatrice là-dedans. À trop me mettre la pression, je participe à empêcher ce que je suis venu chercher.
Du coup, je retourne assez volontiers dans des lieux que je connais. Et dans les endroits où je suis resté plus que 2-3 jours, j'ai vite reconstruit des petites habitudes.

À posteriori, ma motivation au voyage tiens dans le fait de ressentir …. Des atmosphères, des ambiances. C'est purement sensoriel. Je me fous pas mal de la culture en fin de compte dans ce cadre-là. J'observe qu'aussi paumé soit le lieu ou j'atterris, en deux jours tout au plus je me suis adapté et toute trace de dépaysement a littéralement disparue. Au final, les sociétés se ressemblent pas mal, je trouve. Il faudrait dans mon cas une vraie immersion prolongée pour m'imprégner réellement des différences. Les connaître sans les sentir me laissant assez froid.
Quant au lien avec les autochtones, j'ai pas besoin d'aller bien loin pour me sentir un peu à l'ouest. Quelque part, un voisin ou un Touareg, c'est un peu le même combat.

Et malgré tout ça, je conserve une envie de voyager. Ou plutôt d'être en voyage. Installé dans des lieux inconnus. Un peu paradoxal.

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Re: Un casanier qui surgit hors de la nuit

Message par ouadji » sam. 6 avr. 2019 21:26

Bonjour/bonsoir nemo

" Quelque part, un voisin ou un Touareg, c'est un peu le même combat. "

C'est bien vrai, ne fût-ce que le voisin, aussi charmant soit-il, tu arrives de suite dans le no man's land de la différence, où il est le seul habitant. Ce n'est pas péjoratif du tout ... et c'est bien pour cela que j'aime beaucoup, pas trop mais à l'occasion, échanger un moment avec mon voisin.

" Et malgré tout ça, je conserve une envie de voyager. Ou plutôt d'être en voyage. "

J'aime beaucoup cette expression "d'être en voyage". Je le suis en permanence sans pour autant ressentir le besoin que mon corps fasse de même. Il n'y a là, ni tord ni raison, ni mieux ni moins bien, à chacun sa vie et son chemin.
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Re: Un casanier qui surgit hors de la nuit

Message par Pascalita » dim. 7 avr. 2019 10:34

Moi, j’aime voyager.
Et je suis casanière.

C'est un peu bizarre... mais c’est vrai. Je suis bien chez moi, mieux que chez les autres. Je suis casanière au sens où je préfère rester tranquillement chez moi qu’aller ici ou là, passer ma journée dehors, trouver la moindre occasion bonne pour sortir ou rendre visite aux uns ou aux autres, et que mon chez-moi est un refuge après tout ça, justement. Dans la vie quotidienne, j’ai besoin de cet espace qui est « à moi », familier, protégé et protecteur.

Mais j’aime voyager. Du fond des tripes. Et quand je pars, c’est « take the long way home ». J’aime passer d’un endroit à un autre, voir du pays – quel que soit le pays – et regarder les paysages défiler, m’en imprégner, ainsi que de l’ambiance des endroits ; j’aime regarder les gens, leur physionomie, leurs expressions, leurs façons de faire ; j’aime circuler, rouler, marcher – peu importe mais me déplacer.

Ça n’a rien à voir avec les vacances, ou avec « partir en vacances ». D’ailleurs ce ne sont pas des mots synonymes pour moi. Voyager, c’est être en route, et c’est ça que j’aime. Le voyage me permet, je crois, d’avoir un autre regard sur le monde. Un regard plus distancié, extérieur… un regard d’observatrice. Et en même temps un contact plus direct, plus facile, plus vrai avec les choses comme les gens. Sans façons, sans conventions, sans « précautions oratoires » puisque je ne suis que de passage. J’ai fait de merveilleuses rencontres en voyage, avec des gens que je ne reverrai jamais mais qui ont laissé en moi une trace indélébile.

En fait, je m’aperçois en écrivant qu’il y a bel et bien un lien entre voyage et vacances, mais seulement dans l’étymologie de vacances : quand je voyage, quelque chose en moi est vacant. Libre, disponible pour toutes les impressions. Et ça fonctionne dans tous les types de voyages : dans les visites de grandes villes, avec leurs monuments, leurs musées, leurs ambiances propres ; dans les randonnées à pied ou à dos d’une quelconque bestiole ; dans les road trips (toute seule de préférence) ; à quelques kilomètres de chez moi comme dans dans les séjours lointains ; et même dans le voyage au sens le plus restreint : le trajet pour aller d’un endroit à un autre, quel que soit le motif de ce trajet. Ça commence déjà là, cette vacance, les yeux grands ouverts.

Et le voyage, il est aussi intérieur. Je pars avec mes rêves, avec ce que je sais déjà de l’endroit où je vais, que j’ai appris par mes lectures ou des documentaires, des photos déjà vues, des ambiances imaginées, autant de viatiques qui me nourrissent en chemin, tout un arrière-plan qui se déplace avec moi et où vient se superposer ce que voient mes yeux.

Je ne cherche pas ailleurs quelque chose qui me manquerait chez moi. Longtemps, je n’ai pas voyagé. Je n’ai pas non plus besoin de multiplier ou diversifier les sources d’information, même si c’est bien le cas quand je voyage, et que je me remplis effectivement de toutes sortes d’impressions. Mais j’en glâne autant en sortant de chez moi et en partant à pied, ou en m’asseyant au bord du fleuve et en le regardant voyager lui – ce ne sont juste pas les mêmes.

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Re: Un casanier qui surgit hors de la nuit

Message par O'Rêve » dim. 7 avr. 2019 22:25

De mon coté, je voyage assez peu (si par voyage on entend partir en direction d’autres pays/continents). Pour moi, le voyage commence quand je quitte mon domicile/quotidien pour quelques jours vers une autre destination (déjà connue ou non). Je n'y recherche pas l’extravagance, ni l’exotisme à tout prix, ni l'investigation pour de nouvelles connaissances/expériences.
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Et je me rallie aux crispations face à certains voyageurs agaçants : les donneurs de leçons, ceux pour qui voyager serait un attribut de personne ouverte aux autres et au monde (autrement dit celui qui voyage pas ou celui qui voyage pas vraiment -trop près, trop commun-, serait une personne forcément fermée et peu soucieuse du monde qui l’entoure) et les voyageurs à la conduite ostentatoire (celui qui quand il te parle ben il te dit : regarde, à travers ma manière de voyager, je te montre mon statut social avantageux).
► Afficher le texte
Après, je rejoins assez les propos de Swinn ainsi que ceux de Nemo. Et me reconnais dans la pratique de voyages qui permettent de palper/goûter des sensations, de ressentir des atmosphères et ambiances. Par contre, je n’ai pas l’impression de partir à la recherche de sensations/informations « nouvelles » mais plutôt d’être en quête de retrouver des sensations connues mais avec lesquelles il n’est pas toujours concevable d’être en contact dans le quotidien. Je détaille quelques sensations (inachevées au demeurant) pour illustrer.

Dans mon cas, une année sans être à au contact de la montagne et c’est un manque qui grandit et un besoin d’y retourner. L’énergie, la puissance, l’ancrage que les montagnes véhiculent deviennent une ressource quasi essentielle.
J’imagine que d’autres peuvent éprouver le même genre de manque/besoin/sensations par rapport à d’autres éléments naturels (comme la mer), quand je constate aussi que pour certaines personnes, ces sensations peuvent être une source d’angoisse, de pression, de vertiges.

Après, dans les voyages, il peut y avoir l’exploration vers des formes d’esthétisme qui nous touchent profondément, et qui ne nous sont pas accessibles dans la proximité accoutumée. On peut être en voyage, justement, pour palper/vivre cette intimité à l’harmonie désirée. Bien sûr, on peut penser que la recherche de l’esthétisme est secondaire et que la quête à la beauté est futile. J’y vois pour ma part un élément substantiel (sans doute pas nécessaire à tous) mais qui peut rendre la vie soutenable à certains d’entre nous (quand pour d’autres elle sera une valeur non indispensable mais peut-être ajoutée). Je peux par exemple ressentir un appel prégnant à approcher des paysages ou édifices monumentaux qui infusent une dimension esthétique empreinte d’une "aura" de puissance. Je peux être complètement absorbée par un édifice au volume imposant, mais également par un élément géométrique répété (qui peut me procurer la même sensation de puissance, non plus de par le volume, mais de par la répétition et les assemblages magnifiés qui peuvent me transporter vers l’impression de toucher l’infini).

Maintenant, en plongeant vers certaines motivations qui me poussent à transhumer, je pressens un chouia de culpabilité à penser que si j’avais un quotidien un peu plus « équilibré », peut-être aurais-je moins ce désir de voyager. Pourtant, devant nos vies occidentales parfaitement imparfaites, je préfère assumer que nous devons aussi nous autoriser à aller chercher ailleurs, à certains moments, ce que l’ici et maintenant ne peut pas toujours combler.
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Enfin, il y eut les voyages déjà lointains (du temps où j’étais étudiante) qui ont nourri le plaisir de l’échange linguistique, la langue parlée.
Juste aimer écouter une langue étrangère, ses sonorités et accents, ses phrasés, certains de ses mots. Et aussi aimer la pratiquer, la prononcer, l’articuler, aimer entendre sa musicalité sortir de la bouche. Pour moi cette langue, ce fut l’allemand (peu glamour pour certains, détestable pour d’autres mais à mon niveau, c’est une langue attirante et mélodieuse, qui me captive, que j’aime écouter et parler.)
Alors aujourd’hui le temps me manque pour continuer à la pratiquer. Je pourrais me vautrer devant l’inspecteur Derrick en version originale et prendre mon pied à savourer les délicieux échanges de cette série policière nuancée…ou regarder Arte…mais il manquerait le plaisir de palabrer…alors parfois il me prend à rêver qu’un jour j’y retournerai, juste pour le plaisir de la ré-écouter et de la re-parler.

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Re: Un casanier qui surgit hors de la nuit

Message par cherubim » lun. 8 avr. 2019 10:18

Hors-sujet
Je crois que nous sommes quelques uns ici à apprécier la langue allemande et la culture des pays germanophones.

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Re: Un casanier qui surgit hors de la nuit

Message par O'Rêve » lun. 8 avr. 2019 17:47

Hors-sujet
cherubim a écrit :
lun. 8 avr. 2019 10:18
Je crois que nous sommes quelques uns ici à apprécier la langue allemande et la culture des pays germanophones.
Il me semblait bien avoir entrevu ici et là sur le forum quelques réminiscences empruntées à l'allemand!

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Re: Un casanier qui surgit hors de la nuit

Message par Tamiri » lun. 8 avr. 2019 18:29

Bon alors finalement, mon témoignage qui s’avère partiellement « exotique » par rapport aux contributions précédentes, alors même que jusqu’à peu je pensais être une personne absolument conventionnelle sur ce point comme sur d’autres.


Je passe très rapidement sur deux points sur lesquels je partage la totalité des avis précédents :
-Le voyage comme injonction sociale. J’échappe aux contextes où les gens éprouvent le besoin de se dire entre-eux « j’ai fait... [destination quelconque] » - c’est le mode de fonctionnement d’une partie de la famille et il se trouve que je ne la fréquente pratiquement pas, et quand ça doit malgré tout arriver, je les écoute presque poliment sans éprouver le besoin de surenchérir. Au boulot j’ai la chance d’être au quotidien avec des gens qui n’ont pas cette manie.
-L’industrie du tourisme de masse et l’attitude de consommation qui va avec, je pense qu’il n’y a pas besoin de s’étendre ici sur les problèmes que cela pose à de nombreux égards, à commencer par les impacts environnementaux, patrimoniaux et sociaux.

Je crois que juger de ces deux dérives concomitantes n’a finalement que peu de rapport avec notre question. J’ai l’impression qu’aucun d’entre-nous jusqu’à présent n’adhère à la maxime « consommer pour exister socialement » (ici, sur le versan touristique) et je m’en réjouis - quoique cela revienne a porter un jugement indirect :huhu:. On pourrait toutefois sans doute trouver des nuances infinies : je connais des personnes qui visitent principalement les grands sites touristiques connus strictement par choix personnel parce que ça leur convient et n’éprouvent absolument pas le besoin de l’étaler pour se sentir exister, de la même façon que j’ai un excellent ami qui raffole des blockbusters hollywoodiens par stricte affinité personnelle et non par adhésion à un phénomène de masse - il en parle ensuite avec une approche critique. Comme le disait Fu, on ne construit évidemment aucune généralité sur des cas « idéaux » qui restent malencontreusement la minorité.


Pour en venir à mon cas personnel :

Hors visites amicales et familiales, je me déplace plusieurs fois par an dont en moyenne une deux périodes de « vacances » d’approximativement une semaine et des week-end prolongés plus fréquents.
Mon aire de déplacement se limite pour l’instant à l’Europe au sens géographique du terme (mes sorties de l’espace UE + Suisse se comptent sur les doigts d’une main, Moscou constituant actuellement mon « éloignement » le plus important).
Je fais quelques-unes de ces sorties avec ma mère ou avec un groupe d’amis et la plupart en solo.
Ma mère et les amis avec lesquels je suis susceptible de voyager ayant des centres d’intérêt relativement voisins des miens, il y a un point commun à l’immense majorité de mes sorties : à l’inverse de la plupart des contributeurs précédents, les aspects patrimoniaux et artistiques représentent la motivation première. Ce qui n’empêche d’ailleurs pas mes compagnons de voyage occasionnels (mère et amis, donc) de voyager également de leur côté avec des motivations et des modalités totalement différentes.

En solo (donc dans la majorité des cas), je ne peux pas dire que je voyage pour rencontrer des gens. J’ai la même difficulté avec les conventions sociales où que je me trouve et donc mes interactions courantes vont se limiter à la politesse citadine « ordinaire », je me tiens bien et je rends leur sourire aux gens mais je n’éprouve pas plus de plaisir à une pseudo-conversation sur la pluie et le beau temps que je n’en aurais en face de chez moi. Les seules rencontres - vous me direz peut-être que c’est déjà pas mal - ont lieu dans des circonstances précises quand j’ai l’occasion de lier conversation avec des gens avec qui je partage un centre d’intérêt, ou qui veulent me faire découvrir une de leurs passions, ou qui me poseraient une question sur une des miennes (qui a murmuré :  »les pauvres » ? :D). On rencontre par ce biais des personnes variées mais ça peut m’arriver aussi bien à 100m de chez moi.

Je voyage non pour remplir une « obligation culturelle » mais parce que j’ai envie de voir des édifices, des œuvres d’art, des objets, des paysages. L’image et le livre ne peuvent pas s’y substituer. Certains de ces médias vont idéaliser l’endroit et en gommer les aspérités, tous vont de toutes façons porter un regard qui n’est pas le mien (une photographie ou une description sont le regard particulier du photographe et de l’auteur dans le meilleur des cas, et une réponse à la commande de l’office de tourisme local dans le pire des cas) ; la documentation disponible ne va pas forcément mettre l’accent sur les aspects ou les détails que je prends plaisir à observer ; enfin les aspects et les lieux connus vont être bien documentés, les autres beaucoup moins, et l’architecture d’une ville n’est pas résumée dans ses principaux monuments, pas plus que l’art ne se résume aux œuvres connues.
Je peux éventuellement me retrouver dans des nids à touristes mais je me débrouille le plus souvent pour le faire quand la fréquentation est la plus basse (le Mont Saint-Michel c’est très bien en février...). J’aime profondément la Tour Eiffel comme l’ensemble du patrimoine du XIXe siècle et cela me désole de ne jamais y aller vu que c’est constamment envahi d’une foule spécialement pénible. Car autant on se passe très bien, par exemple, d’une peinture qui serait bien documentée et faisant l’objet de bonnes reproductions, y compris de vues de détail (je n’ai jamais entrepris de m’approcher de la Joconde), autant l’architecture se parcourt, la documentation en donnera une approche complémentaire et différente qui ne se substitue pas totalement à l’observation libre et directe. Il en est de même, à mon sens, pour la sculpture, pour l’art contemporain.
Et fondamentalement, comme je fréquente essentiellement des villes, j’accorde pas mal de temps au fait de déambuler dans les rues avec ou sans but précis. Je fais beaucoup de photos et ne les montre pas si on ne me le demande pas expressément, en revanche je les regarde beaucoup moi-même.
Un des motifs fréquents de mes déplacements est ma passion pour le patrimoine industriel, qui est un univers sensoriel. La documentation (y compris la vidéo) attisent la curiosité ou renforcent la connaissance, mais ne se substituent pas à l’expérience, même fugace, de descendre dans la salle des machines d’un remorqueur, de parcourir un atelier de tissage, d’avaler des kilomètres dans un train à vapeur. Ni de visiter une reconstitution dans un (bon) écomusée, qui est certes un lieu à fonction touristique mais qui procure une expérience partielle qui vaut mieux que rien du tout.
Le motif de déplacement le plus fréquent reste celui d’aller voir des spectacles (d’opéra et de comédie musicale principalement) et là encore faire le voyage me semble indispensable pour voir ce que j’ai envie de voir. Les diffusions à la télé ou au cinéma sont une surreprésentation des œuvres connues et des spectacles de prestige ; la captation en vidéo n’est pas forcément mon regard (mais celui du réalisateur) et de toutes façons avec ma petite télé millésime 2003 ça n’est pas terrible. De sorte qu’environ trois fois par an, je couple un spectacle que j’ai envie de voir dans une ville autre que Paris avec un WE prolongé dans une ville où j’ai par ailleurs envie de faire un petit tour (et de temps en temps aussi en couplant ce motif avec une visite amicale, mais ça sort du topic).

Sur le plan pratique : je vais au plus simple et au plus prévisible, je prends essentiellement le train et les transports collectifs en général. Je n’aime pas trop l’avion (formalités chiantes, désastre écologique, inconfort...) mais la disparition galopante des trains de nuit fait que sur certaines distances et en raison de la faible durée de mes séjours, je me retrouve à prendre l’avion. Paradoxalement j’éprouve un vif intérêt pour l’aviation (son histoire et son aspect scientifique) mais comme tout-un-chacun, je n’apprécie guère que le ciel européen soit surchargé de bétaillères volantes et polluantes même si elles constituent par ailleurs une fascinante réalisation technique.
Dans tous les cas je me déplace par les transports collectifs « conventionnels » parce que dans mon cas la destination compte plus que le voyage, du coup autant que ce soit prévisible. Sauf dans le cas où le voyage lui-même est la destination (si l’occasion se présente de faire un col alpin en diligence du XIXe siècle, ou l’Orient-Express, ou un voyage en mer, c’est différent).
Sur le plan pratique toujours, du coup, en solo, je vais soit en chambre d’hôtes, soit bêtement à l’hôtel, et même, dans une chaîne d’une banalité et d’une platitude infinie qui m’a refourgué sa carte de fidélité, et qu’on réserve en quelques minutes sur internet quand on a décidé de s’assurer un logement, quitte à annuler si on trouve plus attrayant. Là encore, d’une part je ne vais pas dans des destinations exotiques donc le dépaysement n’est pas un besoin objectif, d’autre-part j’ai très peu le sens de l’aventure et donc ce genre de mode de logement me permet une sorte d’improvisation confortable (ne pas devoir planifier et élaborer trop en avance sans pour autant risquer de mauvaises surprises - je précise ici que mes particularités en matière de besoins et de conditions de sommeil entrent en ligne de compte de manière prioritaire : si je ne l’ai pas spécifiquement choisi et décidé en connaissance de cause, il est hors de question que je prenne le risque de dormir peu ou mal).
Enfin, il y a une différence assez importante entre les voyages que j’entreprends en solo et ceux que je fais avec des amis ou ma mère ; en compagnie, donc, je vais aller vers des modes d’hébergement plus variés sous réserve qu’ils fournissent de bonnes condition de sommeil et la convivialité souhaitée (dans ce cas, être avec les gens fait partie de la destination), et par ailleurs je vais aller plus facilement dans des endroits dont je ne connais pas la langue. En solo, je passe 80% de mon temps dans l’espace francophone et germanophone, je ne trouve pour ma part pas spécialement d’intérêt à ne pas comprendre la langue (on ne peut pas se documenter sur place, la moindre tentative de comprendre le tarif des tickets de bus prend des plombes et pour le coup, je socialise encore moins que d’habitude). Par exemple en Grande-Bretagne, je comprends certes tout ce qui est écrit et une bonne partie de ce qu’on me dit (si ça ne va pas trop vite), mais j’ai tellement de mal à m’exprimer que c’est plus frustrant qu’autre-chose. Je réserve donc la majorité des séjours en pays de langue non maîtrisée pour les voyages de petit groupe où on peut se mettre à plusieurs pour résoudre un problème et où il se peut que quelqu’un soit meilleur que moi soit dans la langue locale, soit en anglais.

Je voyage d’une manière relativement dispendieuse (transports et logements « conventionnels », places de spectacles, destinations citadines...) et donc ce sont des séjours courts, l’économie du voyage m’est tout à fait propre quand je suis en solo (notamment : j’économise à fond sur les repas, ma curiosité gastronomique se limite au casse-croûte populaire du coin, je n’ai pas peur de faire quatre jours de Currywurst ou de Fish and chips d’affilée si compense la place d’opéra). Et pour le coup, au quotidien je dépense peu sur certaines choses - les vêtements, l’électronique, je n’ai pas de voiture et par rapport à pas mal de gens j’économise sur le chauffage :D - ce qui fait que je n’ai pas le sentiment de faire de gros efforts pour me payer des déplacements. Au final c’est tout de même mon principal poste de dépense en matière de loisirs, mais je dépense en plusieurs grands WE ce que d’autres dans la même situation que moi (fonctionnaire célibataire) mettraient peut-être dans des séjours plus longs, plus lointains et plus espacés.


Pour conclure, j’ai finalement l’impression que je voyage parfois avec des motivations proches des premiers « touristes » au sens de ceux qui faisaient le « grand tour » au XIXe siècle pour des motifs culturels, sauf que je profite des transports modernes. C’est en ça que j’ai longtemps eu l’impression de voyager de manière conventionnelle par comparaison avec les gens qui sont plus aventureux : je mets des affaires dans une valise, je monte dans un train, puis je prends un métro ou un bus pour me rendre dans un hôtel et je me consacre ensuite à une découverte relevant principalement d’une culture classique. Mais en fait, et notamment à vous lire (mais pas que), je réalise que je suis, par l’état d’esprit, à la fois à l’écart du tourisme « consommateur » de masse et du mode de découverte qui ressort des témoignages de certains comme Swinn ou asdf.

Un dernier point : en fait je fais le chat.
Je parcours mon territoire parce que je m’y sens chez moi (donc je n’éprouve pas vraiment le besoin de sortir d’Europe) et je repasse même souvent aux mêmes endroits où j’ai mes petits rituels (typiquement : Berlin et Lyon) avec mes itinéraires préférés, j’y cherche mon petit confort quand il s’agit de dormir, et je continue d’explorer en me focalisant sur des détails qui semblent n’intéresser que moi. Et tout ceci en pratique ne regarde généralement que moi. Comme je suis un chat stérilisé, je n’ai pas spécialement besoin d’étendre mon territoire, ni de le comparer aux autres chats. Je fais ma petite tournée de temps en temps et je rentre dormir à la maison parce que bon, j’ai mon lit et mes croquettes. Voilà, mrrrou, quoi.

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Re: Un casanier qui surgit hors de la nuit

Message par sanders » lun. 8 avr. 2019 21:40

Parce que vous en rêviez de ce générique qui inspire le voyage :
http://www.youtube.com/watch?v=z8vnBbPwZvE



Pour les besoins de ce qui suit (et qui est largement autobiographique en ce qui concerne le voyage proprement dit) :
http://www.youtube.com/watch?v=O29q5NyrV1E
Un casanier, qui s'ennuie hors de chez lui
Sans sa couverture, sa déco
Ses raids il les mène jusqu'aux frontières du quartier
Balaise il voyage par les mots

Roseau, Roseau, Roseau
Veinard planté qui vient qui va
Roseau, Roseau, Roseau
Flâneur, tu voyages sans pas
Roseau, Roseau, Roseau
Ploies sous tes économies
Roseau, Roseau, Roseau
Apprend encore des récits

Quand il s'en va, ses racines effrayées
Sonnent l'alerte : 3615 roseau
Mais en aucun cas elles n'ont eu à couper
Les ponts, il revient le roseau

Roseau, Roseau, Roseau
Veinard planté qui vient qui va
Roseau, Roseau, Roseau
Flâneur, tu voyages sans pas
Roseau, Roseau, Roseau
Tu vas à proximité
Roseau, Roseau, Roseau
Tu t'es sédentarisé

Ceux qui vont loin, de la terre aux confins
Espèrent voir plein d'autres roseaux
Ils partent pour se changer d'alentours
Il n'en n'a pas besoin Roseau

Roseau, Roseau, Roseau
Veinard planté qui vient qui va
Roseau, Roseau, Roseau
Flâneur, tu voyages sans pas
Roseau, Roseau, Roseau
Escale le long du couloir
Roseau, Roseau, Roseau
Admire ta mare aux canards

Roseau, Roseau, Roseau, Roseau, Roseau, Roseau, Roseau

Je voyage très peu même si la bougeotte est présente en ce qui concerne la vie professionnelle (changement régulier de lieu de travail) et l'habitat (déménagements fréquents).

Hors-sujet
Édith c'est bientôt Pâques !

Déterrage d'un vieux truc qui a inspiré la poésie gracile et chantante ci-dessus. Le titre de ce topic est une provocation à la parodie !
Le premier jour du reste de ma vie : Un jour, J'ai pu observer que la poutre que je voyais dans l'oeil de mon voisin, je l'avais fait devenir paille dans le mien. Alors même que nous buttions sur les mêmes (em)bûches. Depuis, plus rien n'est pareil..

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Re: Un casanier qui surgit hors de la nuit

Message par Miss souris » lun. 8 avr. 2019 21:44

:clap: :clap: :clap:

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Re: Un casanier qui surgit hors de la nuit

Message par Calvinethobbes » mar. 9 avr. 2019 07:50

:clap: Fu!!
Pour ma part, j'aime autant voyager que rester chez moi, les deux sont complémentaires. Quant à ma conception du voyage, il se trouve qu'elle est vraiment très très proche de celle de Tamiri :honte: Je ne vous écrirai donc pas une tartine redondante sur la question! J'y rajouterai juste quelques nuances: pour moi le trajet (en train ou en voiture) fait partie du voyage et c'est pour cette raison que je n'aime que moyennement l'avion. Même un AR à Paris en TGV me remplit de joie et d'allégresse! J'aime aussi les temps d'attente (pas trop longs, quand même), ces temps "vides" où il n'y a rien d'autre à faire que de bouquiner et boire un thé, offerts par les aéroports et les gares. L'anonymat de la foule me plaît. Je ne socialise pas du tout, j'apprécie de me sentir étrangère et solitaire dans ces lieux de transit où, bizarrement la foule ne me pèse pas (alors que je déteste ça, au quotidien). Même si mes motivations premières sont culturelles (tout pareil que Tamiri, même pas honte de copier!). Je n'aime pas voyager avec d'autres personnes (hormis mes enfants - et avec eux, c'est de préférence tous en tas dans une tente). Et je n'aime pas vraiment parler des mes voyages parce que finalement, je n'arrive jamais à rendre les émotions que j'ai pu avoir et je retombe dans la platitude de "oh c'est chouette, ce coin". En fait, ce qui me plaît aussi dans le voyage (que ce soit à l'autre bout de l'Europe ou juste dans la ville d'à côté), c'est de sortir du quotidien...et de savoir que je vais y retourner, avec un plaisir décuplé par l'absence.

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Re: Un casanier qui surgit hors de la nuit

Message par Loupiotte » dim. 14 avr. 2019 21:37

Personnellement, je vois le voyage comme une expérience de vie-- bonne ou mauvaise --, cela n'a que peu d'importance finalement car j'en retirerai quelque chose (même si je préfère que l'expérience soit agréable). Le voyage est l'occasion de mettre mes cinq sens en éveil grâce à l'étrangeté ressentie. Lorsque je voyage, je suis à l'affût, je regarde et j'observe tout. Bien que je le fasse déjà dans la vie courante, cette tendance est encore exacerbée par l'inconnu. C'est pourquoi les livres, les documentaires, et autres supports sont insuffisants, à mon sens, pour vivre pleinement cette expérience où tout, chez moi, se retrouve exacerbé. Je m'émerveille vite, je suis vite écœurée également. Je déborde d'énergie et en même temps, je suis rapidement épuisée.
J'assimile depuis petite le voyage à une possibilité de chemin initiatique. On sort de sa zone de confort et on découvre des parties de soi parfois insoupçonnées. En bien ou en mal d'ailleurs. On croyait se connaître (ou connaître la ou les personnes qui voyagent avec nous) et il n'en est rien.
Petite, j'étais fascinée par les récits d'explorateurs à l'autre bout du monde. J'ai lu des carnets de voyage anciens et actuels avec un égal plaisir. Cela m'a donné envie de voyager à mon tour. Je ne suis pas d'accord avec ta conception, @Fu , de la culture de l'autre. Certes, un être humain est un être humain et les sentiments qui le composent sont à peu près les mêmes d'un bout de la planète à l'autre. Et pourtant, je pense que la culture et la langue parlée nous rendent si différents (même si c'est un peu moins vrai au XXIe siècle) que nous nous comportons, pensons et réagissons de façon radicalement différente. C'est, pour moi, une expérience suffisamment fascinante et riche pour mériter le déplacement.
Pour en revenir au voyage comme chemin initiatique, qui est d'ailleurs une métaphore extrêmement courante pour symboliser notre avancée dans la vie, je repense souvent à une émission radio "Le temps d'un Bivouac" sur France Inter avec pour invité, Bernard Ollivier, un grand randonneur qui a fondé l'association Seuil. Le but de cette association est de sortir les mineurs de prison pour leur proposer de parcourir 1000 km à pied à l'étranger. L'adolescent part seul avec un éducateur. D'après les chiffres de l'association, cette marche à pied change la vie de ces jeunes. Ils se transforment et deviennent un autre.
C'est là ma conception du voyage (même si j'en conviens, elle est sans doute idéaliste). Revenir enrichi d'une nouvelle expérience qui peut nous changer et nous grandir.

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Charles Dodgson
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Re: Un casanier qui surgit hors de la nuit

Message par Charles Dodgson » lun. 22 avr. 2019 22:04

Bonjour le casanier !

Ton titre m'a bien fait rire pendant plusieurs jours.

Je suis comme toi. Je ne comprend pas pourquoi sortir. Le voyage n'a d'intérêt que lorsque je suis a destination ; mais autant que d'être resté là où je suis. Le cinéma, le restaurant, les musées, les concerts, les bars, les expositions, les monuments … pourquoi ?
Seul compte le robinet infini de la culture "internet" et le puis infini des possibles "le jeu".
Tout le reste n'est que maquillage, cosmétique, hygiène corporelle et psychique.
Le Hikikomori est le vrai héro.
Il y a un sujet sur la colapsologie sur le forum. Un autre sur la dissonance cognitive.

Ma position sur ton sujet est en lien avec la colapsologie et répond au sujet de la dissonance cognitive.

Tolstoï avait du dire un truc au sujet de 3 questions :
Maintenant est le moment le plus important; celui avec qui tu es est la personne la plus importante; La chose la plus importante à faire est de l'assister.

C'est une histoire que je lis à mes filles le soir.

CD

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Re: Un casanier qui surgit hors de la nuit

Message par Fu » mar. 23 avr. 2019 09:53

@Calvinethobbes, je crois que la notion de conjoint et enfants a surtout été introduite pour évoquer le problème du consensus, lorsque des voyages plus « à la dure » ont été évoqués. Comme tu le soulignes, ce type de voyage n’est pas rendu impossible quand la famille s’aggrandit, mais il est sûrement moins probable.

@Pascalita tu as raison, on a allègrement mélangé voyage et vacances. J’ai ouvert le sujet en mentionnant les voyages, mais une grande partie de ce qui me déplait en eux tient au mélange de voyage de vacances (dans le sens où être en vacances doit obligatoirement signifier allez quelque part), et peut-être à la notion de groupe qui va avec ce dernier. Plus généralement, c’est aussi l’injonction sociale qui m’embête, celle qui veut que si on est en vacances, on doit soit voyager, soit bricoler dans sa maison, soit avoir des activités.

J’ai lu plusieurs fois que la documentation sur un lieu (nature, ville, industriel, etc.) ne se substitue pas à l’expérience. Il me semble que tout le monde est d’accord avec ça et que, comme ça a déjà été évoqué, pour certains c’est le coût (personnel, financier, écologique, etc.) qui est jugé trop grand pour l’expérience en question. D’où l’idée de se contenter de la documentation. À cela j’ajouterais le problème du recul, ou troisième œil, je ne sais pas trop comment l’appeler. Dans mon cas, je peux très bien m’imaginer dans un train à vapeur sur une chaîne de montagne à des milliers de kilomètres, la tête par la fenêtre, à sentir le vent, les odeurs, à me remplir du décor et à être juste relax, à vivre l’instant présent, en laissant les heures passer. J’aimerais ça. Mais, me connaissant, je sais que je passerai aussi la moitié du temps en-dehors de mon corps, à regarder la situation plutôt qu’à la vivre. Souvent, je trouve les souvenirs de ce type de moment meilleurs que le moment en question, peut-être parce que c’est facile d’idéaliser un souvenir et d’oublier ce que ces moments nous ont coûté (sur tous les plans).

À ce titre, je trouve ta remarque fascinante, @Loupiotte : le voyage comme expérience de vie, bonne ou mauvaise, dont on retirera de toute façon quelque chose. Je me demande si ce n’est pas de cette façon qu’inconsciemment je fais passer la pillule, quand je me retrouve obligé de voyager. :) Obligé car, dans le problème du consensus dont je parlais plus haut, celui qui vote pour rester à la maison est souvent le perdant…

Je n’ai jamais entendu parler de l’émission Le temps d’un Bivouac mais je vais écouter les rediffusions. La première que j’ai trouvée parle de Jacques Brel et de ses voyages, que j’apprécierai d’écouter mais qui ne correspond pas à ce que tu décris, qui m’intéresse beaucoup plus.

@Charles Dodgson, tu as l’air encore plus casanier que moi, qui arrive à apprécier une sortie au restaurant avec une ou deux personnes — mais ça m’a pris des années — ou au cinéma. :)

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Swinn
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Re: Un casanier qui surgit hors de la nuit

Message par Swinn » mar. 23 avr. 2019 10:06

Fu a écrit :
mar. 23 avr. 2019 09:53

À ce titre, je trouve ta remarque fascinante, @Loupiotte : le voyage comme expérience de vie, bonne ou mauvaise, dont on retirera de toute façon quelque chose. Je me demande si ce n'est pas de cette façon qu'inconsciemment je fais passer la pillule, quand je me retrouve obligé de voyager. :) Obligé car, dans le problème du consensus dont je parlais plus haut, celui qui vote pour rester à la maison est souvent
De ma modeste expérience je me suis souvent rendu compte que ce qui apparaissait comme une "galère" dans un voyage, avec le temps devenait une péripécie puis un souvenir, puis une anecdote avec laquelle on fait rire ses amis. Il est vrai qu'il ne m'est jamais rien arrivé de dramatique non plus, mais la distance permet malgré tout de relativiser un certain nombre de mauvaises expériences qui peuvent paraitre très pénibles si elles étaient vécues ici.
"Nous sommes des farceurs : nous survivons à nos problèmes"
Cioran

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