Hors-sujet
Cela fait très longtemps que je n'ai pas parlé de choses personnelles...et encore moins face à vous qui m'êtes encore inconnus. Alors désolée si mon post n'est pas très fluide à la lecture. Et je crois aussi qu'il y aura quelques redites par rapport à ce qui a pu être écrit dans le même sujet, je m'en excuse.
Je n'ai pas (encore) d'explication
à cela (peut-être une maturité qui est venue plus jeune ?), et pourtant, la sensation de décalage, je connais. De mon côté, cela remonte
à la petite enfance, vers mes 5 ans.
J'avais (d'après mes parents) appris
à lire de façon assez autodidacte
à cet âge là, ce qui amena mon instit de l'époque
à me faire sauter la classe du CP (pour la petite histoire, mes parents n'étaient pas d'accord, ils avaient peur que cela me perturbe et me déboussole, l'instit l'a donc fait en cachette...et tout s'est bien passé !). Au niveau scolaire, je comprenais et mémorisais vite, j'ai survolé les programmes, jusqu'au lycée compris (faisant paradoxalement naître au passage un perfectionnisme et une peur terrible de l'échec aux examens, une autre source de décalage...). Je me suis ennuyée
parfois assez souvent et du coup j'ai compensé par d'autres activités.
Mais le décalage le plus important était d'ordre "social". Outre l'ostracisme (je reste gentille

) inévitable du fait d'être en tête de la classe, je n'avais pas les mêmes centres d'intérêts, les mêmes préoccupations que les camarades de mon âge+1, 2 et plus (les boys bands, les séries, les stars, la mode et le maquillage ça n'était vraiment pas mon truc
à l'époque

). Pas les mêmes interrogations existentielles non plus ("non mais tu penses trop, tu réfléchis trop", "pourquoi tu penses
à ce genre de trucs", et j'en passe). Pas facile de se faire de vrais amis dans ces conditions. Du coup j'ai appris
à préférer les activités solitaires et je me suis réfugiée dans une boulimie de lecture, l'écriture (le journal intime, un sacré défouloir !

), la musique...
La sensation de décalage s'est un peu estompée au lycée, grâce
à de belles rencontres amicales qui m'ont un peu sortie de ma bulle et permis de "vivre ma jeunesse". J'ai cru qu'
à partir de ce moment là, ça serait fini...après tout, on devenait tous des adultes, avec nos spécificités propres et le respect de l'Autre en prime...erreur fatale !
Il s'est en réalité bien réactivé
à la fac,
à la différence près que cette fois je l'ai bien mieux vécu : je l'assumais, en ce sens que je ne cherchais plus
à ressembler aux autres,
à me glisser dans leurs "codes" pour faire comme si. Et ça a tout changé.

Je continue
à le ressentir aujourd'hui, dans la plupart des relations amicales comme professionnelles, mais je vis plutôt bien avec. Je m'exprime librement avec les proches et je m'adapte dans les autres contextes (d'ailleurs, le post "oser s'exprimer" que j'ai parcouru m'a montré que j'avais encore une bonne marge de progression là dessus

).
Je me souviens que ce qui me taraudait
à l'époque de l'adolescence, c'était d'avoir peur,
à cause de ce décalage, de passer
à côté de certaines choses de l'adolescence et de le regretter plus tard
à l'âge adulte, comme si j'avais peur de grandir trop vite et de ne pas connaître ma part d'insouciance. Avec le recul, je n'ai effectivement pas vécu certaines choses, mais je ne le regrette pas. J'ai juste eu un cheminement différent qui a permis de construire ce que je suis aujourd'hui, sans honte ni fierté. A défaut d'avoir eu une vie sociale hyper extravertie pendant une période, j'ai appris qu'il pouvait être beau aussi d'apprendre
à "cultiver son jardin"...
