Enfant THPI en souffrance sociale

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Gaud
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Enfant THPI en souffrance sociale

Message par Gaud »

Bonjour à tous,

Je viens vers vous pour avoir votre retour d'expériences et pour avoir des astuces ou des idées de choses à mettre en place pour notre fils.
C'est un petit garçon THPI qui a sauté une classe et qui a beaucoup de mal à se faire des amis. Il a changé de classe en cours d'année dernière et en cette rentrée, il est avec les même enfants que sur sa deuxième partie d'année dernière. Mais il n'arrive pas à se faire de copains et surtout il en souffre. Etre seul sans avoir de gêne par rapport à cela, ce n'est pas un problème mais là il se met mal... Il manque cruellement de confiance en lui, se rabaisse et demande beaucoup d'amour de la part des autres. Et quémander de l'amitié, ce n'est malheureusement pas comme cela que cela marche.
On le retrouve dans une situation de souffrance qui ressemble à quand il s'ennuyait en classe... Il fait des cauchemars la nuit, il recommence à avoir des soucis de propreté (je précise qu'il est en grande section de maternelle)... Nous sommes un peu perdus et cela nous brise le coeur de le voir souffrir de la sorte.
Auriez-vous des conseils à me donner?

Je vous en remercie par avance.

Bonne journée à vous

Troglodyte-mimi
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Re: Enfant THPI en souffrance sociale

Message par Troglodyte-mimi »

Coucou,

Avez-vous essayé de lui demander s'il avait repéré les centres d’intérêts des autres enfants et si les siens étaient très différents ?
S'il vous sort des trucs genre "ils ne connaissent pas le nom des fleurs" ou autre du même genre, lui expliquer gentiment que tout le monde n'a pas les mêmes centres d’intérêts et qu'il a le droit d'en avoir des différents mais que peut être il vaut mieux parler de ceux qu'il a en commun avec les autres élèves. Lui dire de s’intéresser à ce que les autres aiment et qu'à la maison vous pourrez discuter avec lui des autres sujets qui sont très intéressant malgré tout.
est ce qu'il aime les jeux de ballon? Si jamais c'est un peu difficile pour lui ce type de jeux, vous pouvez peut-être essayer de jouer avec lui le soir pour l'y aider et qu'il puisse ensuite y jouer avec les autres...
Enfin bref essayer de trouver ce qui fait qu'il se trouve à l'écart et le lui expliciter parfois cela aide les enfants THPI ou pas d'ailleurs à adapter leur comportement.
Après, ce ne sont que des pistes pas certaine qu'elles vous parlent, mais bon au pire elle seront inutiles :-p
Troglo

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Gail
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Re: Enfant THPI en souffrance sociale

Message par Gail »

Pour mes fils (non diagnostiqués je précise), le baby poney leur a fait beaucoup de bien pour l'estime de soi, la gestion des émotions, relation aux autres et l'autonomie. L'aîné a commencé à 4 ans 1/2, le 2ème à 2 ans pétantes!
Bon, j'ai la chance d'avoir trouvé un club sympa avec une monitrice formée en mediation animale et sensibilisée aux hauts potentiels. Mais les HP ont un attrait pour l'équitation donc on en croise pas mal dans les clubs.
Tourne toi vers le soleil et l'ombre sera derrière toi.
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Unesoprano
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Re: Enfant THPI en souffrance sociale

Message par Unesoprano »

J’aime bien ce blog que je trouve riche en ressources diverses. Voici un article avec des ressources diverses pour apprendre à mieux gérer ou reconnaître ses émotions, ce qui peut aider pour se faire des amis. (Cela peut également peut-être être utile à ton petit loupiot pour simplement apprivoiser et dépasser ce moment peu évident).

https://apprendreaeduquer.fr/decouverte ... -emotions/
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Proxima
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Re: Enfant THPI en souffrance sociale

Message par Proxima »

Hello Gaud,

Je ne peux pas te conseiller car tu es seule à connaître ton enfant, mais je peux te parler un peu de mes souvenirs, peut-être pourras-tu y piocher des choses utiles.
Je me souviens de ma maternelle. Je n'avais pas non plus d'amis et j'ai des souvenir très marquants qui m'ont fait me sentir totalement différent des autres enfants de ma classe. Je me sentais comme séparé par une vitre blindé du reste de la classe, et regardais les autres enfants avec incompréhension, comme on regarderait un film étrange. J'étais choqué de l'attitude "idiote" de la maîtresse (comprendre, attitude puérile à l'égare des enfants, mais qui leur était probablement tout à fait adaptée), je n'avais ni les mêmes craintes, ni les mêmes envies. Je fonctionnais de ce que je percevais d'affectif de la part des adultes, et de leur aptitude à me parler "normalement", sans me prendre pour un bébé (en tout cas, pas à ce point). Ça, c'était la 1ère section.
Je n'ai pas fait de 2ème section, ayant vécu en Afrique plus d'un an, pendant cette période j'ai voulu faire de la danse, mais il n'y avait que des filles et UN seul garçon, donc refus catégorique. La maîtresse en avait profité pour faire un travail avec la classe et m'avait écrit, se faisant l'interprète des enfants demandant plein de choses (si je voyais des girafes, des trucs comme ça). Je n'y avais pas trouvé non plus le moindre intérêt ( ma mère m'avait forcé à répondre avec elle à la maîtresse en France avec des photos :huhu: ). Ce n'était pas un désintérêt intellectuel mais affectif.
Ensuite retours en France ou j'ai dû faire une demi année de 3ème section, qui fut le même désintérêt.

Tout n'était pas perdu, car à mon entrée en CP, je me suis fait quelques amis qui ont duré tout le primaire. L'école n'était pas un bon souvenir, mais les amis l'étaient.
Étant né en fin d'année, j'ai souvent été le plus jeune de la classe. Ma mère voulait me faire sauter le CP mais j'aurais refusé, ayant peur des moqueries. Je n'étais pas préoccupé de l'image que je donnais, mais de mes bonnes relations avec les autres. Le conflit m'a toujours blessé, je fuyais systématiquement toute situation conflictuelle, ou cherchais à la comprendre. A cette époque, j'avais été inscrit à des cours de judo, j'adorais ça et j'en ai fait longtemps. Avec le recul, je pense que ce qui me plaisait était le cadre structuré de l'apprentissage, qui me permettais de m'exprimer sans limite, à mon rythme et avec une reconnaissance des acquis (grâce aux ceintures :grin: ) qui me procuraient fierté et motivation. Le travail devait se faire à 2, ce qui m'arrangeait bien, vu que le maître nous associait par niveau, je n'avais pas besoin de quémander un partenaire si j’étais seul, ensuite ça se passait bien. Un autre élève de la classe faisait également du judo, ça créait un lien entre l'école, et cette activité qui me plaisait.

A cette époque, j'étais tout à fait incapable d'exprimer mon mal-être, ou de mettre le moindre mot sur mes émotions qui me noyaient littéralement et m'enfermaient sans possibilité d'exprimer quoi que ce soit, mais j'étais extrêmement réceptif aux bonnes intentions sincères. Mettre des mots sur des sentiments ou émotions et arriver à les définir m'aurait grandement aidé. Enfant, j'étais synesthésique, ça peut être une aide pour communiquer. j'aurais sans doute été capable de mettre une couleur ou une forme sur une émotion s'il m'avait fallu les nommer de cette manière.
Je faisais tout à fait la différence d'intention (de sincérité) entre un sourire circonstancié de la maîtresse en présence des parents, ou un intérêt spécifique (ou non) à mon égard. Tout manque de cohérence était une gène.

Quand je lis que ton enfant demande de l'amour de la part des autres, je comprends infiniment, et effectivement, en maternelle ou en primaire, il m'était inenvisageable que les autres ne puissent pas fonctionner comme moi, et pourtant je le constatais, mais ne le comprenais pas. Cela causait inquiétude et frustration. Je pense que le sport m'a fait du bien.

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Re: Enfant THPI en souffrance sociale

Message par Bulle d'o »

J'ai deux "vieux enfants" donc cette période est un peu loin maintenant mais effectivement, repasser par "un apprentissage à la maison" pour décortiquer deux à trois trucs, je crois que ça les a aidé (2 petits HP, le grand proche THQI).

Je me souviens aussi de mon petit frere THQI, qui lorsque je soupçonnais un HP pour ma fille à 2 ans, avait placé ses mains sur mes épaules (du haut de ses 12 ans) et m'avait dit, sentant mon angoisse : "t'en fais pas, tu n'auras qu'à lui apprendre à se socialiser si ça vient pas tout seul". Et je me dis qu'il n'avait pas tort.

On peut aider à apprendre ce qui ne vient pas spontanément, un rail de lancement en quelque sorte. Cela ressemble en fait, un peu au boulot de tous parents, c'est peut etre seulement l'objet éducatif qui semble plus surprenant, là (et encore, hein....).
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Re: Enfant THPI en souffrance sociale

Message par Pascalita »

Gail a écrit : mar. 17 sept. 2019 16:36 Mais les HP ont un attrait pour l'équitation
8o
Ah bon ? Comme pour les frites, sans doute ?...
Ou bien c'est notre petit côté équidé qui ressort ?

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Gail
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Re: Enfant THPI en souffrance sociale

Message par Gail »

[mention]Pascalita[/mention] :1cache: je me suis un peu emballée dans la généralisation!
J'imagine que la seule affirmation prouvée que je puisse utiliser c'est:" le taux de hauts potentiels dans mon poney club dépasse largement les 2%."

Il n'en reste pas moins que d'apprendre à prendre soin d'un animal, à se faire confiance et à lui faire confiance pour dépasser ses peurs et découvrir les joies du galop ou du saut....ça fait beaucoup de bien à un petit hypersensible qui se dévalorise !!
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dani
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Re: Enfant THPI en souffrance sociale

Message par dani »

Hors-sujet
Gail a écrit : mar. 17 sept. 2019 22:20 Il n'en reste pas moins que d'apprendre à prendre soin d'un animal, à se faire confiance et à lui faire confiance pour dépasser ses peurs et découvrir les joies du galop ou du saut....ça fait beaucoup de bien à un petit hypersensible qui se dévalorise !!
Il y a de plus en plus d'études scientifiques sur les bienfaits de la thérapie animale (donc pas seulement les poneys, mais aussi de nombreux autres animaux de toutes tailles comme les cochons d'inde, les chiens) sur des symptômes comme l'anxiété, la dépression ceci aussi bien pour les enfants que les adultes âgés (atteints ou non de troubles cognitifs). Elle améliore aussi les capacités d'interaction sociale des enfants atteints d'un trouble du spectre autistique. C'est une approche thérapeutique non pharmacologique pleine d'avenir !

Sinon, sachant que le QI est corrélé au niveau de diplôme, peut-on imaginer que les HP ont plus souvent des métiers qui leur donnent les moyens financiers nécessaires pour payer la pension d'un poney ou même seulement les cours de poney ? c'est juste une hypothèse (en Suisse en tout cas c'est assez onéreux de faire du poney ou du cheval)
Rien ne vous emprisonne excepté vos pensées, rien ne vous limite excepté vos peurs, rien ne vous contrôle excepté vos croyances. (Marianne Williamson)

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Gaud
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Re: Enfant THPI en souffrance sociale

Message par Gaud »

Bonjour à tous,

Je tenais tout d'abord à m'excuser pour ma réponse si tardive. Mener vie professionnelle et vie de famille ne laisse parfois pas beaucoup de temps pour se connecter. Merci à tous pour vos propos tous enrichissants et plein de bienveillance.
Je voulais aussi vous donner quelques nouvelles. Pour notre fils, ça a l'air d'aller un petit peu mieux côté social. Il s'est fait un bon copain dans sa classe et nous le sentons mieux. Nous commençons tout doucement à préparer sa fête d'anniversaire où des copains seront invités. Cela le fait du bien de savoir que du monde sera là pour lui.
Merci à tous.

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Dicizit
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Re: Enfant THPI en souffrance sociale

Message par Dicizit »

Bonjour
Le bon copain... Il suffit d'une rencontre mais parfois elle tarde à survenir !
Partage d'expérience : le plus jeune de mes fils est aussi thpi et "entier", j'entends pas là qu'il n'est pas tombé dans le piège de la suradaptation (comme sa mère !). Il a été longtemps seul dans les cours de récré à errer en parlant tout seul ou aux papillons et autres vers de terre. En cm1 il a changé d'école et il n'y avait même plus l'entourage connu des autres élèves. Il a mis plusieurs mois à enfin trouver un copain et ça lui a changé la vie. Il a arrêté d'être la tête de turc du caïd de la cour et à continué à s'inventer des histoires en grattant la terre mais avec Théodore cette fois-ci. Au feeling je dirais que Théodore avait tout d'un HPI également. Il est parti l'année suivante mais je pense que cette relation s'est accompagnée d'un regain de confiance de mon fils qui a pu nouer ensuite d'autres amitiés. Et c'était toujours avec des enfants lui ressemblant, plutôt les gentils un peu à part que les populaires.
Aujourd'hui il a 16 ans et un bon nombre de copains et copines, pas mal de belles amitiés féminines, comme son grand frère d'ailleurs (gentillesse ? Capacités d'écoute ? D'empathie ? Hasard ?). Il parle très facilement de ses "spécificités de fonctionnement" et bon nombre de ses meilleurs potes sont au courant sans que cela ne soit un problème. Quelques uns sont HPI également, ils l'ont découvert en parlant ensemble.

Je retiendrais qu'il ne faut pas être trop pressé dans l'histoire... On projette sans doute pas mal de nos angoisses sur nos enfants sans le vouloir, enfin moi en tous cas !
J'espère que ton fils en grandissant va peu à peu mieux maîtriser ses compétences relationnelles et faire de belles rencontres. L'expérience de la vie n'est pas un vain mot.

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