Livre : Psychologie du haut potentiel, Comprendre, identifier, accompagner.

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Ouinon
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Re: Livre : Psychologie du haut potentiel, Comprendre, identifier, accompagner.

Message par Ouinon »

Je lis ce livre depuis plusieurs semaines, un chapitre par un chapitre complètement dans le désordre selon mes points d'intérêts.

Sortant d'une période de diagnostic de TDA/H à titre personnel, c'est tout naturellement sur ce chapitre que je vous propose et un modeste résumé, sous forme de notes. J'espère que vous me pardonnerez cette absence de style !
Pour des chiffres ou des références précis, je vous invite à consulter le livre. Je réitérerais l'exercice pour d'autres chapitres si vous y trouvez un intérêt.

Chapitre 18 : Haut potentiel et TDAH (par Gabriel Wahl)

Introduction

Il n'existe pas à l'heure actuelle de lien de causalité entre le HPI et le TDAH. Coexistence fortuite mais ayant des conséquences. Peuvent se dissimuler réciproquement.
Au niveau statistique, QI globalement plus faible chez les TDAH.

Dans la population TDA/H plusieurs éléments influencent le QI :
- subtests étroitement liés aux capacités attentionnelles
- plusieurs idées en tête lors de la passation ou motivation qui chute lorsqu'il n'y a pas de passion pour le sujet
- bonne mobilisation de l'attention car l'exercice est motivant

Le HPI peut masquer durablement le TDA/H, en tout cas les répercussions scolaires. Cet effet compensateur et protecteur ne se poursuit qu'exceptionnellement tout au long de la scolarité.

Il existe des ambiguïtés qui lient talent et trouble (plusieurs formes cliniques à prendre en compte).

Le TDAH

Ne se limite pas à la seule agitation/hyperactivité. Point de départ du trouble : l'inattention. C'est pourquoi on préfère l'acronyme TDA/H : Trouble déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité.
Trois volets symptomatiques : 1. inattention 2. agitation (facultatif) 3. impulsivité

* TDAH et troubles spécifiques des apprentissages

Coexistence TDAH + troubles spécifiques de l'apprentissage avec déficit en lecture, expression écrite ou calcul dans 31 à 45% des cas.

Quand il y a TDA avec Hyperactivité, souvent troubles du comportement comme trouble d'opposition avec provocation dans 40 à 60% des cas.

Comportement souvent perçu comme écart moral et non comme une incapacité. Symptômes associés à des fautes = culpabilisation des enfants et des parents.
Cette perception entraîne une absence de reconnaissance des difficultés et des soucis dans l'accompagnement des enfants, des parents et des enseignants.

Importance de distinguer difficulté d'apprentissage secondaire au TDAH d'un "authentique" trouble spécifique des apprentissages.

* Un trouble des fonctions exécutives... mais pas que !

Fonctions exécutives liées au fonctionnement cognitif global, interviennent dans toutes nos actions.
Régulation du fonctionnement cognitif, comportemental et émotionnel.

Historiquement TDAH perçu comme un trouble des fonctions exécutives, notamment déficit de la mémoire de travail et de l'inhibition.

Plus récemment, les modèles mettent en évidence des dysfonctionnement de trois grandes voies cognitives :
1. Réseau du mode par défaut à l'origine de la fluctuation attentionnelle : ce réseau ne se désactive pas lors d'une nouvelle action = défaut d'initiation à la tâche. Réseau se réactive de façon aléatoire = décrochages attentionnels et rêveries éveillées.
2. Dysfonctionnement exécutif général en lien avec un dysfonctionnement des aires préfrontales du cerveau (inhibition, mémoire de travail, planification, etc.).
3. Altération du réseau de la récompense = aversion au délai, "tout, tout de suite".

Ces trois perturbations expliqueraient les symptômes d'inattention d'agitation et d'impulsivité mais aussi de régulation comportementale et émotionnelle.

* Symptomatologie

Importance de décrire distinctement les composantes symptomatiques :

- Déficit de l'attention : manque d'endurance et de vigilance attentionnelle = distractibilité et dispersion.
Trouble de la régulation attentionnelle (sélective, soutenue, divisée).

- Hyperactivité : agitation physique perturbant l'ordonnance de toute activité.

- Impulsivité : précipitation et impatience de parler et d'agir.

Atout des enfants TDA avec Hyperactivité sur les autres car sont plus facilement repérés et donc diagnostiqués.

* Formes cliniques du TDAH

3 formes cliniques :
- Forme mixte = déficit de l'attention + hyperactivité + impulsivité
- Forme avec inattention prédominante = inattention et peu ou pas d'agitation et d'impulsivité
- Forme agitation et impulsivité avec peu ou pas d'inattention (plus rare)

Garçons TDAH plus agités que les filles. Surreprésentation masculine du TDAH. Grandes variations d'un pays européen à l'autre, de 3 à 16 garçons pour 1 fille.
Le sex ratio se normalise avec l'âge, 1.6 hommes pour 1 femme.

* Etiologie

Nature génétique ou néonatologique (prématurité, petit poids de naissance, hypoxie néonatale).

Entre 5 et 7.2% de la population mondiale.

A ce jour, pas de test biologique ou d'imagerie permettant de confirmer le diagnostic clinique.
Le bilan neuropsychologique ne révèle pas le diagnostic de TDAH car situation d'exception qui peut inciter l'enfant (surtout par crainte ou défi) à surmonter au moins partiellement le manque d'endurance attentionnelle.

* Moment du diagnostic

Peut se révéler dès l'école maternelle surtout pour les formes agitées. Enfants peuvent être dociles à l'école et difficiles à la maison et du coup peuvent faire illusion.
Le TDAH peut poser des problèmes de discipline mais aussi faire obstacle aux acquisitions scolaires.
Tous les enfants ne subissent pas un échec scolaire mais subissent souvent une "sous réalisation" qui peut passer inaperçue.
Enfants TDAH et HP peuvent maintenir longtemps une excellence scolaire : retard de diagnostic.

* Le TDAH chez l'enfant et l'adulte

Prévalence chez l'enfant est le double de chez l'adulte.
Si on regarde la triade du TDAH chez l'enfant (agitation, inattention, impulsivité) seuls 10% d'entre eux restent hyperactifs à l'âge adulte. Si on définit une symptomatologie plus spécifique de l'adulte (voir ASRS ou DIVA) le taux passe à 70%.
Approche homotypique (permanence des symptômes) et hétérotypique (continuité du syndrome avec variation de symptômes) sont complémentaires.

Le bilan neuropsychologique du TDAH

Diagnostic clinique qui repose sur données observables.

Une évaluation avec un tiers peut être vécu comme une situation d'exception intimidante et donc provoquer un comportement à l'opposé du vécu scolaire ou familial. Important de multiplier les sources d'informations.

la HAS ne recommande pas de bilan neuropsychologique pour la pose du diagnostic en France (idem dans d'autres pays).
Il peut être utile si doute concernant un diagnostic différentiel dont le HP réel ou supposé.

Il existe beaucoup d'outils d'aide au diagnostic, 5 sont décrits :
1. Critères du DSM V ou de la CIM 10
Retiennent des critères pour les trois groupes de symptômes : inattention, agitation, impulsivité.
2. Echelles de Conners
Evaluent le comportement mais n'autorisent pas un diagnostic car explorent des domaines non spécifiques du TDAH.
3. Tea-ch
Test de référence chez les 6/12 ans. Epreuves auditivoverbales et visuomotrices parcourant toutes les dimensions attentionnelles et exécutives : attention sélective, attention divisée, attention soutenue, flexibilité, inhibition, mise à jour de l'information.
4. Test de Stroop
Explore capacité à maintenir l'information en présence de distracteurs et d'inhibition verbale.
5. Echelles de Wechsler (WPPSI IV, WISC 5, WAIS IV)
Pas de spécificité explicite pour le TDAH mais peuvent suggérer le diagnostic : quand ICV, IVS et IRF > IMT et IVT dans le WISC ou lors d'une hétérogénéité des scores intra-indiciels et surtout intrasubtests marquant des fluctuations attentionnelles.
A confirmer par la clinique ou d'autres bilans plus spécifiques.

Attention, il existe d'authentiques enfants TDAH qui peuvent par crainte ou motivation transcender leur trouble attentionnel, leur agitation et leur impulsivité le temps d'un bilan et ne rien laisser paraître de leur TDAJ.

Le bilan neuropsychologique in vitro ne peut se substituer au diagnostic clinique in vivo.

TDAH et intelligence


Etudes sur les liens entre TDAH et QI peu concordantes.
- Méta-analyse retient que les enfants TDAH ont en moyenne un QI < de 9 points
- Autres études ne retrouvent pas ce différentiel avec QI moyen peu distinct entre TDAH et témoins.
- Chez l'adulte, méta-analyse observe un QI moyen inférieur pour les adultes TDAH mais cette différence est faible et non significative, sauf pour les groupes présentant des comorbidités.

Plus pertinent de comparer non pas le QI mais indice par indice. Fréquent d'observer de moins bonnes performances en mémoire de travail et vitesse de traitement.

Aucun doute sur la possible coexistence du TDAH et du HPI. C'est pour cela que certains auteurs ont retrouvé des correspondances symptomatiques, cela relèverait plus d'une confusion que d'une similitude. Importance de ne pas attribuer certaines caractéristiques à une intelligence élevée sans explorer d'autres pistes.

Etude montre que les adultes TDAH de QI supérieur présentent moins de signes de dysfonctionnement exécutif en comparaison avec des TDAH de QI standard. Suggère qu'un QI élevé peut compenser les déficits exécutifs et faire obstacle à un diagnostic clinique précis.

Autre étude montre que les adultes TDAH à QI élevé ont de moins bonnes performances à la copie de la figure de Rey avec une sensibilité jugée suffisante pour participer au diagnostic neuropsychologique du TDAH.

TDAH et Haut Potentiel

Prévalence TDAH chez enfants HP comme du HP chez les enfants TDAH diffèrent peu de celle de la population générale.

* Les sources d'une confusion

La présence d'un diagnostic de HP peut éloigner d'un diagnostic de TDAH.

Ennui et inattention à l'école sont deux éléments souvent rapportés par TDAH et HPI. Ces plaintes n'ont pas les mêmes causes. Difficile de distinguer ennui par inattention (TDAH) et inattention par ennui (HP).

Le fait qu'il existe des points communs entre l'hyperactivité et le HP ne justifie pas une assimilation diagnostique. Signes ayant une expression contextuelle chez l'enfant HP et un caractère persistant chez les enfants TDAH.
Référence au critère C du DSM V (symptômes présents dans dans ou plus de deux types d'environnement différents).

Etude calcule le taux moyen d'attente des enfants surdoués en avance sur leurs camarades : temps perdu en classe de 25 à 50%. Symptômes d'agitation ou d'inattention résultante de l'ennui chronique.

Réponses des parents au questionnaire de Conners montrent que le seul remède naturel au TDAH est la passion. L'intérêt permet de mobiliser l'attention.

Lien avec les enfants HP dont la scolarité peut être soporifique ou exaltante si le programme s'accorde aux rythmes et ambitions. Un saut de classe peut parfois suffire à passionner et assagir un enfant.

* Le haut potentiel : entre compensation et protection

Enfant TDAH n'est pas seulement TDAH il peut parcourir toute la gamme du QI, être téméraire ou craintif, joyeux ou taciturne, etc.
Pour les enfants TDA sans H, le comportement scolaire peut dépendre aussi d'autres éléments de personnalité. Peuvent s'adapter parfaitement.

Enfants qui présentent un HP et un TDAJ peuvent plus facilement se mouler dans l'image attendue même s'ils ne contrôlent pas toute leur agitation/dispersion.

Peuvent comprendre l'essentiel en quelques minutes d'écoute et garder longtemps un niveau d'excellence.
Le TDAH peut donc passer inaperçu en primaire sauf si l'agitation est incontrôlable.

Pour la plupart le TDAH se révèle par une sous-réalisation progressive ou d'évolution rapide (de trimestre en trimestre). On pense souvent à un TDAH de survenue tardive alors que le TDAH existait depuis la petite enfance mais était compensé et masqué par le talent intellectuel.

Si le jeune rencontre des professionnels mal informés, il est possible que l'échec scolaire soit attribué à la douance. Représentation erronée douance = fragilité. Peut connaître une longue errance thérapeutique.

TDAH sans prise en charge adaptée élève le risque de prise de substances toxiques ou de comportements antisociaux, ce risque est faible chez les enfants HP et TDAH. Le HP atténuerait la tendance aux brusqueries comportementales et inconduites sociales des personnes TDAH.

* Limites

Protection du HP sur le TDAH mais n'atténue que partiellement les effets.

HP avec TDAH plus à risque de redoubler, développer des épisodes dépressifs, des phobies scolaires ou sociales ou des troubles oppositionnels que HP sans TDAH. Surtout quand absence de diagnostic et soins appropriés.

Enfants HP moins anxieux que la moyenne. Différent pour les enfants HP et TDAH qui seraient plus anxieux et dépressifs que le non TDAH. S'expliquerait par les épreuves infligées par le trouble : conflictualité familiale, culpabilisation, échec scolaire, dévalorisation et brimades.

"Un pourcentage important de surdoués en sous-performance scolaire présentent des problèmes d'attention suffisamment graves pour mériter un examen plus approfondi".

Conclusion

Lien très explicite entre HP et excellence scolaire. La recherche s'est penchée sur les 4 hypothèses de la sous performance scolaire en cas de HP :
1. Possibilité d'une fragilité de la personnalité du HP
2. Parcours scolaire : facilité offerte par le talent les premières années, et l'enfant ne s'en est plus jamais délivré même en cas de difficultés
3. Risques d'inadaptation notamment quand contenu scolaire inférieur aux attentes, on met en sourdine ses ambitions intellectuelles
4. (qui a la préférence de l'auteur) enfant ou adolescent HP n'est à l'abri d'aucun trouble et s'il présente des fragilité de personnalité, des difficultés affectives ou scolaires ce n'est pas en lien avec son talent, mais en dépit de son talent.

Le HP peut agir comme facteur de compensation partiel du trouble mais il représente une source de confusion diagnostique, notamment pour les difficultés d'apprentissage, les déficits de l'attention et les troubles autistiques.
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Rune
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Re: Livre : Psychologie du haut potentiel, Comprendre, identifier, accompagner.

Message par Rune »

Il y a des choses que je savais, mais j'ignorais au moins un point essentiel, à savoir l'existence de 3 formes différentes de TDAH :
Ouinon a écrit : lun. 16 août 2021 15:48 3 formes cliniques :
- Forme mixte = déficit de l'attention + hyperactivité + impulsivité
- Forme avec inattention prédominante = inattention et peu ou pas d'agitation et d'impulsivité
- Forme agitation et impulsivité avec peu ou pas d'inattention (plus rare)
J'avoue que je pensais que le TDAH se traduisait forcément par de l'hyperactivité...
Merci donc pour ce résumé !

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Petite Plume
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Re: Livre : Psychologie du haut potentiel, Comprendre, identifier, accompagner.

Message par Petite Plume »

Merci pour ce résumé de chapitre qui m'intéresse particulièrement également.
Est ce qu'à un endroit il est abordé justement des pistes de prises en charges pour une personne HP/TDA/H ?

Je suis bien tentée également de l'acheter. Il m'a l'air très intéressant comme livre.

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Ouinon
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Re: Livre : Psychologie du haut potentiel, Comprendre, identifier, accompagner.

Message par Ouinon »

Petite Plume a écrit : mar. 31 août 2021 16:36 Merci pour ce résumé de chapitre qui m'intéresse particulièrement également.
Est ce qu'à un endroit il est abordé justement des pistes de prises en charges pour une personne HP/TDA/H ?

Je suis bien tentée également de l'acheter. Il m'a l'air très intéressant comme livre.
Non, ou alors ça m'a échappé mais je ne pense pas. Il y a une complexité pour le diagnostic, mais pour le suivi j'imagine que cela ne change pas. Ce que l'on retrouve fréquemment (je n'ai pas listé mes sources, shame on me) : méthylphénidate et thérapies comportementales et cognitives.
Peut-être que des spécialistes apporteront d'autres réponses :)

noma44
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Re: Livre : Psychologie du haut potentiel, Comprendre, identifier, accompagner.

Message par noma44 »

Ouinon a écrit : mar. 31 août 2021 18:39
Petite Plume a écrit : mar. 31 août 2021 16:36 Merci pour ce résumé de chapitre qui m'intéresse particulièrement également.
Est ce qu'à un endroit il est abordé justement des pistes de prises en charges pour une personne HP/TDA/H ?

Je suis bien tentée également de l'acheter. Il m'a l'air très intéressant comme livre.
Non, ou alors ça m'a échappé mais je ne pense pas. Il y a une complexité pour le diagnostic, mais pour le suivi j'imagine que cela ne change pas. Ce que l'on retrouve fréquemment (je n'ai pas listé mes sources, shame on me) : méthylphénidate et thérapies comportementales et cognitives.
Peut-être que des spécialistes apporteront d'autres réponses :)
Je viens de relire en diagonale cette partie du livre.
Effectivement je ne crois pas que cela y soit développé.

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Petite Plume
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Re: Livre : Psychologie du haut potentiel, Comprendre, identifier, accompagner.

Message par Petite Plume »

@noma44 @Ouinon merci pour votre retour.

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