Obsession impulsive (aka phobie d'impulsion)

La partie consacrée à la Santé dans sa globalité. Principalement la psychologie, psychologie sociale, la psychiatrie, les troubles de l'humeur, de la personnalité, les handicaps, l'autisme...
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invité123

Obsession impulsive (aka phobie d'impulsion)

Message par invité123 »

Cela fait pas mal de temps que j'envisage de rédiger ce sujet, mais je repoussais sans cesse. Pas par procrastination, mais parce que c'est un sujet tout de même un peu sensible pour moi du fait qu'il est susceptible d'avoir un impact sur l'image que l'on peut se faire de moi.




Je souffre depuis plusieurs décennies d’obsessions impulsives. J'ai été vraiment diagnostiqué en 2004. en ce qui me concerne ce diagnostique n'aura servi qu'à mettre un nom sur des processus internes, mais si je n'ai pas pris de traitement alors pour en réduire les occurrences, cette identification m'aura permis d’accéder à une certaine sérénité.

Je partage ce témoignage essentiellement pour potentiellement soulager d'autres personnes souffrant de la même chose. Les obsessions impulsives sont souvent compliquées à vivre et peuvent provoquer beaucoup de culpabilité et ont souvent un impact non négligeable sur l'estime de soi. Si ce message peut aider ne serait-ce qu'une personne, il aura été utile. Je partage ce témoignage ici, car jusqu'à maintenant les rares personnes qui m'ont communiqué souffrir de ce trouble étaient toutes HPI, je ne dis pas qu'il y a corrélation, mais dans le doute je me dis qu'il y a peut-être régulièrement comorbidité.

Il me semble que ce trouble est davantage connu sous le nom phobie d'impulsion, mais le terme correct est obsession impulsive. Il s'agit d'un trouble obsessionnel compulsif invisible, un TOC donc.

Je ne vais pas dans ce message présenter de manière exhaustive et académique ce trouble. Je ne l'ai pas étudié, je le vis juste. Aussi il est plus que probable que mon possible trouble du spectre autistique (que j'ai - peut-être - par ailleurs) ait un impact sur ma façon de gérer et vivre mes obsessions impulsives. Je vous invite donc à ne considérer ce message que comme un témoignage et une tentative de dédramatiser un processus qui peut être anxiogène et culpabilisant.




Je copie colle ici la description clinique que l'on peut trouver sur wikipedia concernant l'obsession impulsive :
Une phobie d'impulsion ou obsession impulsive est un symptôme médical caractérisé par la crainte obsédante de commettre un acte délictueux, transgressif, ou dangereux pour soi-même ou pour autrui. On l'observe le plus souvent au cours du trouble obsessionnel compulsif.

La phobie d'impulsion est une obsession (c'est-à-dire une idée qui s'impose à la conscience du sujet qui la ressent comme contraignante et absurde, fait des efforts pour la chasser, mais n'y parvient pas) et non pas une phobie. En effet au cours des phobies on observe la crainte irraisonnée et angoissante d'un objet ou d'une situation sans danger objectif qui cède lorsque l'exposition cesse.

L'idée obsédante est la source de ruminations douloureuses et très angoissantes qui peuvent envahir complètement la pensée. Elles peuvent causer une détresse intense basée sur la hantise de commettre délibérément un acte transgressif ou dangereux comme par exemple :

- Jurer, blasphémer, ou avoir un comportement obscène dans une église ou en public
- Se blesser, se défenestrer
- Agresser ou tuer quelqu'un, le plus souvent quelqu'un qu'on aime.
- Faire du mal à son bébé (observé dans le post-partum).
Il en résulte une lutte anxieuse pénible contre cette idée qui peut conduire à des rituels conjuratoires (compulsions). Dans la phobie d'impulsion typique, le risque de passage à l'acte est considéré comme nul.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Phobie_d%27impulsion




Avant de décrire comment ces obsessions s'expriment chez moi et que je tente d'exprimer à quelqu'un qui reconnaîtrait ses propres problèmes dans mon témoignage qu'il ou elle n'a pas à culpabiliser, je pense devoir mieux présenter mes fonctionnements.

Comme je l'écrivais sur la discussion sur le détachement affectif, j'ai une prise de recul permanente et involontaire, quelque chose que je décris comme une couche rationnelle qui filtre sensations, émotions et sentiments pour ne délivrer à ma conscience que des informations qui d'une certaine manière sont neutres (il n'est pas aisé de décrire ce fonctionnement). En plus de ressentir comme une anesthésie sensitive et émotionnelle, ce détachement m'isole du stress et des angoisses. Je ne sais pas ce qu'est le trac, je n’appréhende jamais la moindre échéance, même la plus importante et si dans une situation effrayante je sens l’adrénaline et perçois une nervosité comme l’accélération du rythme cardiaque, dans ma tête tout est limpide et clair.

Le stress et l'anxiété ne parviennent pas à mon esprit, néanmoins je suis capable de percevoir que mon corps en subit les effets. Après des événements qui objectivement sont stressants ou anxiogènes, je sens que mon corps est fatigué et je peux en général m'endormir comme une masse. Dans les jours qui suivent ces événements je constate également que les symptômes de ma dépression chronique sont plus forts. Il s'agit de quelque chose de diffus mais que je pense bien réel. Je pense que mon corps traite ce stress et ces anxiétés, que d'une manière ou d'une autre j'ai ressenti, mais qui n'ont pas eu d'impact sur mon esprit ou ma conscience.

Je ne sais pas si c'est mon trouble du spectre autistique qui provoque cela, ou bien s'il s'agit d'une stratégie de défense face à une hypersensibilité, et je pense que je ne le saurai jamais. (La piste du TSA m'a été plusieurs fois suggérée aussi bien par des psychiatres que des psychologues, mais je n'ai jamais fait les démarches d'un diagnostique officiel)

Il se trouve donc que mon stress et mon anxiété s'expriment également sous la forme d'obsessions impulsives. Je me demande si d'une certaine manière il ne s'agit pas d'une façon supplémentaire dont mon cerveau évacue le stress et l’anxiété qui n'arrivent pas sinon à ma conscience.

L'obsession impulsive se traduit donc par une pensée parasite qui s'impose à la conscience. Il n'y a pas de signe avant coureur, cela se produit vraiment comme si lors de la projection d'un film, une scène qui n'a rien à faire là était intercalée brutalement dans le flux du récit. Comme il est impossible de prévoir cette pensée parasite, elle ne peut être anticipée et on ne peut que la subir. Il s'agit donc quasiment systématiquement de la chose la plus malfaisante ou la plus inappropriée que l'on pourrait "faire" dans le contexte précis dans lequel on se trouve.





Je vais donner quelques exemples des obsessions impulsives que je peux vivre. Il me semble pertinent de mettre un trigger warning sur la suite du texte car il va s'agir de choses violentes et perturbantes.

Lors d'un de mes premiers entretien d'embauche, pour un emploi jeune dans un collège/lycée, alors que j'écoutais le proviseur me présenter le poste, je me suis mentalement vu me lever, baisser mon pantalon et uriner sur le bureau... Cela peut paraître comique mais sur le moment, c'était tout sauf rigolo. Pourquoi cette pensée ? Que veut-elle dire ? Forcement aujourd'hui avec le recul et la compréhension du phénomène je peux dire que cette pensée parasite traduisait le stress de l'entretien. Stress que je ne ressentais pas comme je l'expliquais plus haut, et que mon cerveau m'a communiqué comme il pouvait.

Alors que j'étais dans un début de relation dans laquelle je ne m'épanouissais pas vraiment, et qu'avec mon amie nous marchions sur les quais à Paris, j'ai tout d'un coup l'image de pousser violemment cette dernière dans la seine. A vrai dire c'est cette occurrence de mon obsession impulsive qui m'avait poussé à consulter, car je n'arrivais plus à supporter de vivre cela. J'avais honte de moi, je ressentais une intense culpabilité et je me considérais comme monstrueux. Je ne savais pas alors que tout simplement cette relation ne me réussissait pas, car voulant trop me conformer aux normes sociales je m'imposais à cette époque des relations, qui n'étaient pas toxiques, mais dans lesquelles j'étais énormément dans le faux self. L'obsession impulsive ne faisait que mettre en lumière mes anxiétés que je ne savais pas détecter, car celles ci n'arrivaient pas à mon esprit.

Un repas entre amis, pour rejoindre ma place je dois me faufiler derrière la chaise de quelqu'un. S'impose alors à moi l'image très précise de coups que j'inflige à la personne derrière qui je me faufile. Ce genre d'obsession est sans doute celle que je vis le plus souvent. Plusieurs dizaines de fois par jour potentiellement. Car c'est l'un des aspects les plus problématiques de ces obsessions, c'est qu'elles peuvent revenir en boucle à chaque fois que l'on est plus ou moins dans la même situation. Je croise quelqu'un dans le cadre d'une porte, je peux me voir pousser de toutes mes forces l'autre contre le mur. Je dois croiser quelqu'un dans un escalier, je peux me voir pousser l'autre dans les marches. Je regarde un panorama du haut d'une falaise, je peux bien entendu me voir pousser dans le vide quelqu'un qui serait à coté de moi... C'est bien entendu fatiguant de devoir encaisser ces pensées, les disqualifier, et passer outre. Cet effort est susceptible de devoir être produit plusieurs dizaines de fois par jour, parfois cinq ou six fois en l'espace de 10 minutes. C'est bien entendu bien plus facile à gérer une fois que l'on comprend que l’obsession traduit l’inquiétude que l'on peut ressentir pour les autres. Car bien entendu si c'est tellement difficile à vivre, c'est que ces images ne concernent que les gens que l'on aime ou apprécie. Jamais je n'ai eu de pensée parasite concernant des inconnus ou des gens que je n'aime pas. Cela concerne systématiquement les proches. D'ailleurs plus les gens sont proches, plus l'obsession est susceptible de s'exprimer.

Dans le même genre, je regarde un film avec une amie. Nous sommes tous deux assis sur un canapé, à un moment je passe machinalement mes bras derrière la tête pour m’étirer, automatiquement je me verrais donner un violent coup de coude à mon amie... C'est tellement systématique que cela ne m'atteint plus. Mais une fois encore c'est parce que j'ai compris que cela traduit mon inquiétude de commettre une maladresse. Aujourd'hui il me semble d'ailleurs assez clair que mes obsessions impulsives me servent d'alerte concernant mon environnement immédiat et "m'aident" à être particulièrement prévenant avec mes proches. Cela reste fatiguant.

Dans des moments de dépression plus intense que d'ordinaire, chaque objet tranchant ou perforant dans mon champ de vision entraînera une image parasite de moi m’égorgeant ou me poinçonnant... En ce qui me concerne, il s'agit là des obsessions impulsives que je gère le mieux, à peine vécues, je les disqualifie et passe outre. J'imagine néanmoins que cela reste fatiguant.

Il y a ensuite les pensées parasites qui sont vraiment perturbantes à vivre car touchant des domaines tabous. J'ai la chance de ne pas trop en avoir. Néanmoins cela m'arrive avec les enfants. Un exemple récent : je suis avec une amie et sa fille de 4 ans dans une brasserie. La petite fille est un peu dissipée et va un peu dans tous les sens. A chaque fois qu'elle me frôle en courant et qu'elle manque de se cogner dans ma chaise ou contre moi, j'ai la pensée parasite que je la frappe d'un coup de poing. A un moment elle monte maladroitement sur une chaise, je me vois la projeter violemment contre la table voisine. Bien entendu c'est parce que je me fais du souci pour elle et que je redoute qu'elle se fasse mal en tombant ou en se cognant. J'ai bien conscience que mes obsessions à ce moment là illustrent ma bienveillance et mon inquiétude à son égard, néanmoins en l'espace d'une heure j'aurais eu à subir, traiter, disqualifier, passer outre... plus d'une douzaine d'images de violence exercée contre une fillette de 4 ans. Aujourd'hui cela ne m'atteint pas car je comprends le processus et je sais que ces pensées parasites témoignent de mes anxiétés et de mes craintes, mais ces images restent très dures à vivre. Quelqu'un qui n'aurait pas conscience de ce qu'il se passe aurait légitimement une image de soi très dégradée et ressentirait sans doute beaucoup de honte.

Il y a de nombreux cas de suicides documentés où des obsessions impulsives étaient présentes. J'ai lu des témoignages de gens qui avaient des pensées parasites pédophiles. Je comprends l'envie d'en finir de gens qui n'en peuvent plus de vivre continuellement avec ce genre de pensées qui s'imposent à eux. La crainte d'être un monstre pouvant être trop forte. Et c'est d'autant plus difficile à vivre si on ne sait pas que le risque de passage à l'acte est considéré comme nul en ce qui concerne les obsessions impulsives. C'est cela qu'il faut retenir je pense, qu'il n'y a pas de passage à l'acte. Ce que l'on voit n'est pas ce que l'on désire faire, mais justement ce que nous ne voulons pas faire. Il s'agit de l'expression d'une anxiété pas d'une envie. Mais c'est précisément ce que les gens qui souffrent d'obsessions impulsives ne savent pas forcement.

J'au eu l'occasion d'en parler avec une amie qui souffre également de ces obsessions. Elle n'avait jusque là jamais trouvé le courage d'exprimer ces choses honteuses et c'est parce que je lui ai exprimé moi mon trouble qu'elle s'est sentie libre d'évoquer ses propres obsessions impulsives qui lui avaient fait beaucoup de mal, notamment dans les mois suivant la naissance de son enfant. Elle se voyait régulièrement faire du mal à sa fille et ne comprenait pas pourquoi de telles pensées s'imposaient à elle. Savoir que c'était a priori l'expression de ses inquiétudes l'a rassuré.





Sans traitement, ces pensées parasites peuvent se produire des dizaines de fois chaque jour. Depuis bientôt trois ans je suis sous antidépresseur, la venlafaxine qui a de fortes propriétés anxiolytiques. Avec un dosage assez fort, les obsessions impulsives arrivent beaucoup moins. Aujourd'hui il m'arrive de n'avoir que quelques occurrences chaque jour et de temps en temps aucune pensée parasite pendant plus de 24 heures. Il n’empêche qu'il peut arriver parfois un contexte objectivement anodin qui provoquera une dizaines d'images en moins d'un quart d'heure. Je n'ai alors souvent pas la moindre idée du pourquoi.



Voilà, j'ai essayé de présenter les choses de manière le plus neutre possible. J’espère que cela peut aider quelqu'un souffrant d'obsessions impulsives à mieux vivre ce qui lui arrive.

Si vous avez des questions je peux tenter d'y répondre.
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Mei Run
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Re: Obsession impulsive (aka phobie d'impulsion)

Message par Mei Run »

Dans le même genre, je regarde un film avec une amie. Nous sommes tous deux assis sur un canapé, à un moment je passe machinalement mes bras derrière la tête pour m’étirer, automatiquement je me verrais donner un violent coup de coude à mon amie...
Mais une fois encore c'est parce que j'ai compris que cela traduit mon inquiétude de commettre une maladresse. Aujourd'hui il me semble d'ailleurs assez clair que mes obsessions impulsives me servent d'alerte concernant mon environnement immédiat et "m'aident" à être particulièrement prévenant avec mes proches.
Dans des moments de dépression plus intense que d'ordinaire, chaque objet tranchant ou perforant dans mon champ de vision entraînera une image parasite de moi m’égorgeant ou me poinçonnant...
Alors là, autant la théorie ne me causait pas trop dans le début de ton message, autant ça, je me retrouve dedans ça me parle.
Je ne savais pas que c'était quelque chose de "médicalement décrit".
Personnellement j'ai toujours appelé ça mes "pensées morbides", depuis l'enfance, à vivre dans la "peur de faire une bêtise", et ça m'a longtemps paralysé ; en voiture par exemple, puisque chaque fois que je montais dans une voiture, je me/nous voyais mourir de toutes les façons possibles. Du coup j'ai raté 5 fois mon permis, chaque fois pour des raisons débiles, mais avec le commentaire permanent qui ressortait comme quoi "on ne me sent pas rassurée et beaucoup trop anxieuse derrière le volant".
Idem pour tous les objets tranchants, mon cerveau a cette abominable manie d'anticiper toutes les façons accidentelles que cet objet-là dans ma main ou sur la table aurait de blesser les personnes autour ou moi. Du coup je suis en hyper-vigilance.

Mais également pour le reste de ce que tu décris.
Je dirais que la différence que je vois avec tes exemples, c'est que je n'ai jamais d'images où je ferai volontairement mal à quelqu'un en le poussant ou lui donnant des coups.
Par contre, comment une maladresse de sa part ou de la mienne pourrait terminer de façon tragique, en bord de falaise, en voiture, au bord d'un quai, un enfant qui joue avec des marches, des chaises, des trucs (du coup petite anticipation anxieuse, hyper-vigilance permanente, parfois surprotection, en tant qu'animatrice avec des groupes de 8 à 12 gamins sur des colos sportives, ça a parfois été compliqué à gérer pour moi, et impossible à verbaliser si tu veux pas passer pour folle)... ça m'en filait des frissons, des sueurs froides, et ça m'a longtemps bloqué pour plein de choses, avec par exemple :
_ J'ai jusqu'il y a très peu de temps été persuadée être "phobique" des lames/objets tranchants. Au point de n'utiliser que des tous petits couteaux en cuisine.
_ Idem pour le vertige, j'ai un vertige peu classique, qui ne colle pas à l'ensemble de la définition, et qui se caractérise par un afflux d'images assez angoissantes où je vois les gens (ou moi) tomber/se faire pousser/trébucher dès qu'ils s'approchent du bord. Du coup, je ne m'approche pas.

J'ai réussi à travailler un peu dessus en passant par un travail en hypnose Eriksonienne pour la conduite principalement, mais les "trucs" développés lors des séances me permettent de rationaliser et mettre à distance ces pensées "morbides" au quotidien lors de leurs occurrences (et pouvoir conduire sans flipper à chaque virage ou croisement de poids lourds).
Et puis à part concernant celles concernant la voiture à l'hypnothérapeute (et évoquées ici aussi une fois au sujet du permis je crois), j'en ai jamais vraiment parlé à qui que ce soit, j'avais un peu l'impression (et peur) d'être une psychopathe :1cache:
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Loefen
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Re: Obsession impulsive (aka phobie d'impulsion)

Message par Loefen »

Bonjour Invité 123,

ton message aura permis d'éclairer sous un jour médical un passage fort douloureux de ma vie où j'ai donc été en proie à ces obsessions impulsives.

Obsessions qui réapparaissent de temps à autre, sans fréquence particulière, pas très souvent, juste occasionnellement sans que je ne puisse m'expliquer pourquoi. Je ne sais même pas quel état d'esprit m'anime alors... elles viennent, elles s'imposent à moi et je les rejette aussi sec. Je les enferme à double tour dans un recoin de ma tête.

Cela a commencé, pour moi, période fac. A la fin de mes études plus précisément, en master 2 de japonais. (Deuxième année officieuse, à l'époque, puisque le master se passait en 1 an sauf pour les japonisant et sinisant.)
Je souffrais alors d'un manque de confiance en moi absolu et je jouissais d'une très mauvaise estime de moi-même. Je ne comprenais pas bien comment j'avais pu arriver en Master après un parcours scolaire chaotique et humiliant. Les profs étaient derrière moi et souhaitaient m'inscrire à la bourse d'étude et de recherche du Monbusho très ardue à obtenir.
Là, je me suis dit que ma nullité transparaitrait forcément, que les profs se rendraient compte que je ne méritais pas leur confiance ni les notes qu'ils me donnaient.

Et les premières pensées atroces ont commencé à surgir. Je me voyais tuer ma petite soeur chérie. C'était abominable. dans ma tête il y avait une phrase qui revenait sans cesse : "viens valser avec moi au clair de lune." Et à la fin de la valse, je savais que je tuerai ma soeur.
La vue des couteaux de cuisine me remplissait d'effroi. Pendant un moment je me suis efforcée de ne plus les toucher. Je ne voulais plus cuisiner.

Je me voyais aussi me jeter sous les roues des voitures. Marcher dans la rue était une torture. Je me tenais le plus loin possible de la route, car dès qu'une voiture passait, je me voyais mentalement me jeter dessous.

Les cas d'un membre de la famille qui tuait tous ses proches me hantaient. Je me voyais être capable de telles atrocités.

Je n'ai pu me confier à personne. J'avais trop peur, j'avais trop honte. Et puis, cela aurait été donner une réalité palpable à ces choses que de les exprimer à voix haute.

Mes parents voyaient bien que je n'étais pas dans mon assiette. Ils m'ont donc emmené voir notre médecin de famille à qui j'ai à peine parlé. Il m'a refilé je ne sais plus quel anxiolytique pour me garder des crises d'angoisse.

Je n'ai jamais voulu prendre ces médicaments car je me disais qu'ils m'aideraient seulement à ne plus criser mais qu'ils n'enlèveraient rien de mes idées morbides. Et puis, mon père avait vu d'un très mauvais oeil ces médicaments, cette muselière pour "fou dangereux" comme il pensait. Dans ma famille, les psy étaient des gens à éviter à tout prix... des gens réservés aux fous ! Alors prendre ces médocs, cela aurait revenu à être vraiment une folle meurtrière à museler !

Bref, j'ai voulu m'en sortir toute seule.
Dès qu'une obsession compulsive apparaissait, je me lançais dans une activité physique et répétitive pour m'éviter de penser. Rameur, haltère, abdo...
Puis lorsque ce n'était pas suffisant, alors j'allais cuisiner des trucs très compliqués. Je m'obligeais à tenir un couteau de cuisine pour l'apprivoiser, pour ne plus en avoir peur.

J'ai réussi à éloigner ces obsessions compulsives au prix de bien des efforts, et au prix de ce qui m'angoissait alors : mon master, la bourse, mon avenir avec le japon. J'ai fui. j'ai tout arrêté en cours de route. Virage à 180 degré dont je me mords encore aujourd'hui les doigts.

J'ai réussi à les éloigner mais elles n'ont pas disparues de manière très nette. (Comme quoi la fuite des problèmes n'est pas une solution.)

Elles m'assaillent donc encore, occasionnellement comme je le disais. Et elles sont encore plus perturbantes car elles visent directement mes filles. Cela peut être un matin où je les réveille, et paf, je m'imagine comme il serait si facile de les étouffer. C'est absolument abominable et contre nature et j'évacue de suite la pensée loin, très loin de moi, mais elle me laisse tremblante.
Je pense que ces obsessions refont surface actuellement car je suis de nouveau dans une grosse période de doute et de manque de confiance etc...

Je pense aussi que l'aide d'un psy doit aider à vivre avec ou à les faire disparaitre... d'ailleurs, cette fois-ci, je ne vais pas me la jouer samouraï qui serre les dents et je vais me faire aider.

Alors je compatis Invité 123, car je connais ce dont tu souffres.

Et je te remercie aussi de ton témoignage car tu viens de me permettre, juste à l'instant, de comprendre que je n'étais pas le monstre que je pensais être à l'époque. Lorsque ce genre de chose arrive et qu'on en parle pas, on se croit seul au monde à en être victime... et forcément, on se pense fou ou anormal, ce qui n'arrange en rien sa propre estime.

Bon courage à toi.
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Re: Obsession impulsive (aka phobie d'impulsion)

Message par Miss souris »

Ce que vous racontez est terrible. J'ai ce genre d'expérience, mais rarement tournée vers d'autres que moi : je me vois, sauter par la fenêtre, enjamber le garde corps de la terrasse, et, celle qui est récurrente, ouvrir en marche la portière quand je suis passagère ( aie, celle là, rien que de l'écrire j'ai le coeur qui bat).
Je me suis toujours dit que c'était plus ou moins logique : je suis très angoissée, j'ai peur de tout, donc ma peur pour les autres sort sous forme de flashes qui tordent le ventre tellement ils sont réalistes, et ma peur pour moi s'exprime comme ça aussi...
Du coup je ne sais pas si c'est comme d'habitude mon cerveau qui part en vrille tout seul, ou si ça porte un nom en médecine.
Un truc qui marche bien en tout cas : par la méditation, je commence à prendre conscience de ces moments de vrille avant d'en être prisonniere. Je constate que ça me permet de reconnaître et mettre à distance mes peurs, que j'en sois ou non l'objet. Peut être Invité 123 que ça pourrait t'aider ? As tu déjà essayé ?
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Re: Obsession impulsive (aka phobie d'impulsion)

Message par Napirisha »

La question serait donc peut-être : il y a des gens à qui ça n'arrive jamais, ce genre de flash?
Ça m'arrive de temps à autre, de fait dans des situations un peu similaires (avec mes neveux, sur un quai de gare ou de métro, quand je vois un chien )
De manière récurrente, ça doit être épuisant...
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Loefen
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Re: Obsession impulsive (aka phobie d'impulsion)

Message par Loefen »

Je suis certaine que ce genre de flash arrive à pas mal de personne.

Je me rappelle de la sage femme qui, lors de la préparation à l'accouchement avait dit : lorsque votre bébé pleurera sans qu'il vous semble possible de l'arrêter, vous aurez envie, vous vous verrez même, le jeter par la fenêtre ou l’exploser contre un mur. Ne vous inquiétez pas, c'est normal...

La psy de ma fille avait dit qu'il était même naturel d'avoir envie de tuer un membre de sa famille.

Je pense que cela devient pathologique lorsque c'est prégnant, récurent, en effet.

@ chacoucas
Je pensais juste avoir trop regardé de films d'horreur...
:rofl:
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Za
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Re: Obsession impulsive (aka phobie d'impulsion)

Message par Za »

Merci, Invité 123, d'avoir parlé de tout ça... j'en avais déjà discuté avec une psy mais de savoir que ça a été décrit à ce point, et avoir la confirmation que c'est somme toute courant, me conforte dans l'idée que ce n'est pas "mal" ni anormal, que je ne suis pas folle quand par malheur cela m'arrive... et ça fait beaucoup de bien - même si c'est toujours perturbant de penser à ça, qu'on préfère toujours chasser de son esprit. C'est émouvant de te lire.
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Mais le pire... sachant que je suis une personne plutôt réfléchie, beaucoup dans le contrôle, et surtout l'image même de la non-violence (le seul fait d'évoquer des actes violents me stresse), j'ai immédiatement pensé qu'il s'agissait de sorte de pulsions que je réfrénais. Et ça m'a complètement horrifiée, évidemment, puisque je me suis dit qu'une part de moi voulait vraiment faire ça, sans que j'en sois consciente ! Chouette moment. La première fois que j'ai osé en parler, je me suis pleuré dessus un bon moment, tiens.

En fait, je me demande comment quelqu'un qui n'a pas vécu cela peut nous lire sans se dire qu'au fond, on doit être un peu barges... C'est tellement étrange et dérangeant. Je crois aussi qu'on est imprégnés de vieux poncifs vaguement psychanalytiques qui ne demandent qu'à se mettre ce genre de choses sous la dent. Pourtant, dans ce cas précis, c'est un peu la dernière chose à faire...
Heureusement, la psy(-chanalyste, d'ailleurs, mais sans poncifs ! ;) ) que je voyais à l'époque m'a rassurée par rapport à ça, je ne me souviens plus exactement comment - on dirait que j'ai un peu effacé les souvenirs qui se rapportaient à ces expériences.
Je crois qu'elle m'a aidé à m'en détacher lorsque cela se produisait, à me dire "ah, tiens, je suis en train de visualiser ça", sans le prendre comme quelque chose de signifiant ni de grave, et surtout sans chercher à l'empêcher. En tout cas c'est ce que j'ai fini par réussir à faire.
Parce que si on commence à vouloir chasser ces pensées, ou à vouloir chercher un sens caché derrière, elles s'enracinent encore plus.

J'ai bien compris, maintenant, qu'elles étaient juste l'expression de mon anxiété majorée. J'ai d'ailleurs fait le lien avec des "idées noires" de mon enfance où je voyais arriver des choses que je redoutais par-dessus tout (mais où je n'étais pas actrice, donc pas de culpabilité).
D'ailleurs, je suis aussi sujette à une forme d'anesthésie émotionnelle, qui m'empêche souvent de reconnaître mes émotions au moment où je les vis. Ça m'arrive de devoir me fier à ce que je perçois de mon corps pour comprendre que j'ai peur, que je suis touchée, que je suis triste, par exemple. Et après un épisode éprouvant, je tombe de sommeil, j'écrase pendant des heures, comme après une rando... bref, un peu ce que tu décris, même si dans mon cas je suis certaine de ne pas avoir de TSA. Je ne sais pas si c'est lié, mais c'est possible en tout cas.

Je te souhaite vraiment de pouvoir surmonter ça, Invité 123. Moi ça s'est fait doucement, en même temps que je me sortais de ma mauvaise passe. Ça m'arrive encore parfois, mais je le prends comme ça vient, en commentant dans ma tête "Haha, za, tu débloques, elle est chelou celle-ci !... allez, c'est pas grave". Mais ça a été long pour avoir ce recul, et ça demande aussi qu'il y en ait moins souvent. Du coup, avec les anxiolytiques, ça ouvre peut-être une voie de sortie. Es-tu suivi pour ce problème, en TCC peut-être ? Il paraît que ça peut être efficace.

Edit : je me suis souvenue d'une autre "vision" que j'avais plus jeune : pendant plusieurs années, dès que je devais coudre quelque chose, à chaque sortie d'aiguille je me voyais poursuivre le mouvement et la relever jusqu'à la planter violemment dans mon œil droit. C'était vraiment systématique. Ça ne m'empêchait pas de coudre mais c'était agaçant, dérangeant, pesant. C'est vraiment comme ces chansons qu'on n'aime pas et qui pourtant continue de nous tourner dans la tête, l'émotion négative en plus.
J'ai mis mon képi dans la cage
et je suis sorti avec l'oiseau sur la tête...
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PointBlanc
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Re: Obsession impulsive (aka phobie d'impulsion)

Message par PointBlanc »

Merci de vos témoignages. C'est surprenant de constater combien ici ont eu ces expériences à un degré ou à un autre. Je fais aussi partie du lot. Je ne les expérimente pas au même point que Invité 123 ; disons que c'est souvent et depuis longtemps, mais ça n'est pas non plus le bruit de fond de mes journées -ou ça l'est moins que par le passé.

Et j'en ai eu très peur effectivement ; jusqu'à ce que je finisse par les reconnaître pour ce qu'elles sont : des images sans rapport avec la réalité de mes interactions avec autrui. Ce ne sont pas des désirs, en ce sens qu'elles ne font l'objet d'aucune fixation : elles passent aussi vite qu'elles sont apparues. Ce sont des décharges, parmi d'autres de toutes sortes ; une fois débarrassé du sentiment de culpabilité qu'elles induisaient j'ai fini, je crois, par admettre leur nécessité dans une espèce d'économie générale : mon esprit roule sans cesse, en tous sens, y compris dans ces directions-là.

Raison pour laquelle je n'y vois pas, pour ce qui me concerne, la manifestation voilée d'un souci d'autrui : seulement celle d'une intensité qui passe par ces images violentes ou transgressives pour s'apaiser. Il m'arrive de prendre les devants et de lui en proposer d'autres : je peuple mon corps d'un entremêlement de fauves, de serpents, je le remplis de feu, de lave... Pour ce que j'en perçois, c'est remarquablement efficace. Il m'arrive aussi de convoquer volontairement ces images encombrantes dont nous parlons, dans des moments où rien ne les appelle, pour les interroger au calme : elles me sont alors parfaitement indifférentes, ou plutôt je les trouve absurdes. Elles ne correspondent à rien, n'éveillent pas d'écho. Si bien que je cesse de les confondre avec les objets extérieurs dont elles empruntent l'apparence.

Merci encore d'avoir ouvert ce fil : il y a tant de choses dont on parvient à parler ici, quand ce serait pratiquement impossible ailleurs.
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Grabote
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Re: Obsession impulsive (aka phobie d'impulsion)

Message par Grabote »

Merci de tout coeur Invité 123 pour ton généreux témoignage :ensoleillé:
Il me touche beaucoup, (je serais plutôt du genre amplifiée qu'affectivement détachée ;-), loin de ternir ton image, il augmente au contraire l'estime que j'ai pour toi . :*
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Re: Obsession impulsive (aka phobie d'impulsion)

Message par Napirisha »

Merci encore d'avoir ouvert ce fil : il y a tant de choses dont on parvient à parler ici, quand ce serait pratiquement impossible ailleurs.
Tour à fait d'accord avec Point Blanc et Grabote, merci!
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Juste un rappel pour les têtes en l'air comme moi : on est sur la partie publique du forum, visible sans même se connecter. Pour ceux dont c'est un sujet dont ils ne parleraient pas hors forum (et beaucoup le disent), c'est peut-être à garder en tête... Même s'il n'y a effectivement aucune honte à avoir!
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Re: Obsession impulsive (aka phobie d'impulsion)

Message par sanders »

Également touchée de manière plus ou moins intense suivant les périodes, le stress, toussa ... Je n'explique pas plus en détail, les autres avant moi l'ont fait et ça n'ajouterait rien au sujet en lui-même.

C'était raide à gérer au début, j'ai eu la chance que ça s'arrête durant de longues périodes, je sais que ça peut revenir à tout moment.

Combattre le truc a été contre productif pour moi. Les images ne sont pas plus puissantes, plus violentes, plus longues ou plus envahissantes si je les laisse venir et comme disait za que j' y ajoute un peu d'humour lorsque je parviens à me détacher de la panique que les gens lisent sur mon visage le scénario pourri qui se passe en interne.
Je mets aussi une phrase protectrice du genre Ok je pense ça, vois ça ... et je n'y adhère pas. Parfois quand je suis très fatiguée c'est plutôt Si un jour je vais plus loin que ma pensée, que je commets le moindre début d'acte, que je sens que ça va plus loin qu'une simple pensée je lâche tout et je file à l'hosto où que je sois et quelle que soit l'heure.

Le seul endroit où je flippe encore vraiment aujourd'hui, c'est la bagnole sur des trajets d'autoroute. Parce que là ça va très vite et il y en a beaucoup d'autres autour.


Vu que c'est un sujet hyper "tabou" je pense, ce serait peut-être pas mal de mettre un sondage pour mesurer si c'est pas finalement un truc beaucoup plus général qu'on ne le pense mais juste gardé secret parce que ça fait peur. On ne pourra pas sonder beaucoup de non surdoués ici et c'est dommage. Mon intuition est que ces images sont dans la tête de la majorité de nos semblables (pas tous ok, à des degrés différents ok) mais que ça ne se dit pas.

Merci Invité 123.
Le premier jour du reste de ma vie : Un jour, J'ai pu observer que la poutre que je voyais dans l'oeil de mon voisin, je l'avais fait devenir paille dans le mien. Alors même que nous buttions sur les mêmes (em)bûches. Depuis, plus rien n'est pareil..
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Re: Obsession impulsive (aka phobie d'impulsion)

Message par Galadriel »

Je crois que je vais dormir plus sereinement ce soir.
Savoir que je ne suis pas la seule à expérimenter ce genre de pensées négatives, est d'une certaine façon rassurant.
Chez moi ce sont des pensées différentes de mes pensées anxieuses,qui elles peuvent être envahissantes, récurrentes.
C'est l'envie subite de faire du mal à autrui ou soi même, ou la croyance qu'autrui en fait à quelqu'un . Cela dure quelques secondes le temps de revenir à la réalité et me dire " n'importe quoi ma pauvre fille" .
Voir la voiture que l'on conduit être projetée volontairement contre un mur, alors qu'on n'est absolument pas suicidaire ...
Incompréhensible.
Et puis le taire, ne jamais en parler, de peur cette fois d'être vraiment classée comme " folle"
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Re: Obsession impulsive (aka phobie d'impulsion)

Message par soazic »

Cela m'est arrivée également. Cela m'a marquée car c'étaient des pensées puissantes et envahissantes.
Je sortais de l'hôpital, séjournais chez mes parents et traversais une période d'angoisses intenses. J'ai souvenir avoir appelé la psychologue de l'hôpital , c'est elle qui a nommé la chose: phobie d'impulsion.
Que cela ait un nom déjà m'a aidée. Etre chez mes parents ajoutait à l'angoisse, j'ai vite pris le train pour rentrer chez moi.
J'avais trouvé cela très éprouvant, et bon c'est dans la tête, rien de physique, du coup pour contrecarrer la chose, pas simple. Je pense avoir eu un traitement supplémentaire pour ça (anxiolytiques).
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Re: Obsession impulsive (aka phobie d'impulsion)

Message par Za »

PointBlanc a écrit :Ce ne sont pas des désirs, en ce sens qu'elles ne font l'objet d'aucune fixation : elles passent aussi vite qu'elles sont apparues.
Oui. Je pense que c'est capital d'avoir cette information le plus rapidement possible, sinon la culpabilité peut atteindre des niveaux presque intolérables... Même si c'est sur un mode qui ressemble à un "Et si.....?", si on en est immédiatement dégoûté ou horrifié, ce n'est pas pour rien : on n'a aucune envie que cela se produise !! Et l'esprit y répond immédiatement non, voire le hurle. On n'est en aucune manière séduit par ce qu'on voit, bien au contraire !

... et en fait, même si je le savais déjà, ça fait du bien d'écrire ça. :whew:
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Finalement, sur un plan certes très différent, c'est un peu comme avoir une chanson pourrie qui tourne en boucle dans la tête : on ne l'a pas choisie et c'est possible qu'on la déteste, mais on ne peut l'empêcher de nous assaillir... et plus on y pense, plus ça continue...
Raison pour laquelle je n'y vois pas, pour ce qui me concerne, la manifestation voilée d'un souci d'autrui : seulement celle d'une intensité qui passe par ces images violentes ou transgressives pour s'apaiser.
Je le pense aussi. Mes images n'ont pas de lien direct avec le type d'inquiétudes que j'ai pour les autres (je ne suis pas du genre à m'inquiéter que mes proches se fassent agresser, par exemple). Par contre je sais que je suis une vraie cocotte-minute d'émotions, alors bon, on a les soupapes qu'on peut. Bon, sur ce coup, dommage que je ne sois plus sous garantie c'est sûr ^^
Il m'arrive aussi de convoquer volontairement ces images encombrantes dont nous parlons, dans des moments où rien ne les appelle, pour les interroger au calme : elles me sont alors parfaitement indifférentes, ou plutôt je les trouve absurdes. Elles ne correspondent à rien, n'éveillent pas d'écho. Si bien que je cesse de les confondre avec les objets extérieurs dont elles empruntent l'apparence.
Tu me fais me souvenir que j'ai fait ça, aussi. C'est étonnant comme, quand on veut "recréer" ces visions en-dehors des moments où elles se produisent, on trouve cela finalement difficile, peu crédible, et somme toute complètement ridicule... c'est tout "plat", et sans cette intensité dramatique, ni cette frénésie des moments où ça débloque. C'est là aussi qu'on se rend compte que ça n'a finalement pas grand chose à voir avec ce qu'on a en nous, pas grand chose à voir avec les "films" qu'on peut se faire dans le cas de choses dont on rêve...

Je remarque aussi que cela vient toujours dans des moments de "vide" : quand il y a une pause, un silence, un moment où les pensées s'évadent l'espace de quelques instants.

Sanders, sur la route, tu as vraiment peur de le faire en vrai ? Moi je n'ai jamais vraiment été inquiétée d'un quelconque passage à l'acte... et assez vite je me suis d'ailleurs dit que le fait d'être si effrayée, révulsée par ces visions, c'était au contraire l'assurance que cela n'arriverait jamais.
C'est juste que ça me fait me sentir très mal, et au début ça me faisait sérieusement m'interroger sur ma santé mentale...
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Re: Obsession impulsive (aka phobie d'impulsion)

Message par invité123 »

Merci pour vos témoignages. :)

Je supposais que ce phénomène pouvait concerner beaucoup de gens qui n'osaient pas forcément en parler. Néanmoins je ne pensais pas que nous serions si nombreux à partager ce vécu.

Je n'en ai pas parlé dans mes exemples, mais conduire une voiture avec des passagers avec moi, me tenir au bord d'un quai de train ou de métro alimente également mes obsessions :)

Par ailleurs merci pour votre sollicitude. J'ai en fait la chance de ne pas du tout mal vivre ces pensées parasites. Je m'en passerais bien et il s'agit d'un phénomène pénible, mais je n'ai ni culpabilité ni honte. Comme je ne ressens pas consciemment le stress ou l'angoisse, tout cela glisse sur moi. Le déclic aura été de savoir qu'il ne s'agissait pas de pulsions ou de désirs, mais juste l'expression d'anxietés. Je ne dis pas que cela ne m'atteint pas du tout car je suppose que cela provoque de la fatigue, même si je n'ai pas conscience de cette dernière.

Ces obsessions font partie de ma normalité et je pense que je les aurai toujours avec moi. C'est ma petite folie ordinaire. Là il se trouve que mon traitement contre la dépression fait presque totalement disparaître les obsessions mais c'est un hasard heureux. Je ne cherchais même pas d'aide à ce sujet en fait quand j'ai consulté il y a trois ans pour la dépression. :)
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Re: Obsession impulsive (aka phobie d'impulsion)

Message par Le Renard »

Napirisha a écrit :La question serait donc peut-être : il y a des gens à qui ça n'arrive jamais, ce genre de flash?
Heu... oui ! :shock:
Faudrait peut-être pas trop vouloir, par volonté de l'alléger, normaliser le pathologique, non-plus. Visiblement tous les gens qui témoignent subir ce genre de flashs dans ce fil y associent aussi un contexte d'anxiété intense.

Merci Invité 123 pour le grand saut ! :)
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Re: Obsession impulsive (aka phobie d'impulsion)

Message par TourneLune »

Je pense qu'il est arrivé à tout le monde de se visualiser se cassant la gueule avec le couteau qu'il tient la main ou loupant un virage en conduisant. La différence me semble être dans la force et la persistance de ces images. Me concernant, elles ne sont pas obsédantes, elles s'en vont vite et n'ont jamais été associées à une culpabilité ou un éventuel risque de passage à l'acte.
On m'a déjà expliqué en formation que le cerveau ne comprend pas les négations, genre si je vous dis: ne pensez pas à un panda vert, vous voyez un panda vert :lol: Du coup, il s'agit sans doute à la base d'un mécanisme normal de visualisation d'un danger. Là où il devient handicapant c'est si ce système prend trop de place ou devient "trop fort" et perturbe les gens en question, que cette perturbation soit ressentie ou gérée en amont. Enfin il me semble...

Merci Invité 123 pour ce témoignage. On en avait parlé, mais à vrai dire je ne pensais pas non plus que tant de personnes se sentiraient concernées et soulagées, du coup, de pouvoir en parler sans honte.
"Tout ce qui ne me tue pas me rend plus fort". C'était une connerie. Du moins dans son acceptation banale et contemporaine. Au quotidien, la souffrance n'endurcit pas. Elle use. Fragilise. Affaiblit. L'âme humaine n'est pas un cuir qui se tanne avec les épreuves. C'est une membrane sensible, vibrante, délicate.
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Re: Obsession impulsive (aka phobie d'impulsion)

Message par Le Renard »

TourneLune a écrit :Je pense qu'il est arrivé à tout le monde de se visualiser se cassant la gueule avec le couteau qu'il tient la main ou loupant un virage en conduisant.
Bin franchement, non. A part, bien sûr, une visualisation délibérée, j'ai pas souvenir d'avoir dans ma vie jamais vu, hors des brumes du sommeil, quoi que ce soit d'autre que ce que mes yeux me montrent. (bon OK une fois j'ai eu des hallucinations mais on parle là d'une situation d'extrême privation de sommeil pendant plusieurs semaines ; c'était plutôt comme un rêve semi-éveillé qui a duré moins d'une minute).
Les situations de danger que tu évoques vont plutôt se traduire par une sensation corporelle, mais jamais rien de visuel, jamais rien qui s'impose dans le flux. Cela dit, ta manière d'offrir à ce phénomène un curseur qui se place sur un continuum paraît logiquement satisfaisante. :)
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Re: Obsession impulsive (aka phobie d'impulsion)

Message par soazic »

C'est effectivement pire qu'une visualisation, il y a une terreur (on est dans cette intensité là)de passer à l'acte. De se dire j'en suis capable. J'en étais tétanisée et cela a duré plusieurs jours. Je pense qu'il y a une sorte de dépersonnalisation associée tant l'anxiété est forte. Comme si on devenait cette pensée. (Je m'en souviens, alors que c'était il y a plus de 15ans).
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Re: Obsession impulsive (aka phobie d'impulsion)

Message par Grabote »

Napirisha a écrit :La question serait donc peut-être : il y a des gens à qui ça n'arrive jamais, ce genre de flash?
Attention à ne pas tout mélanger, penser à soi même tomber de la falaise quand on est au bord ce n'est pas la même chose que de se voir pousser la personne à coté de nous !!
Perso, je peux aller très loin dans l'anticipation catastrophique, pour moi, "le pire est toujours probable" (oui oui je me soigne et essaye de le transformer en "le pire n'est jamais sur" ^^)
mais je n'ai jamais eu le genre d'expériences décrites par Invité 123.

Comme dirait l'autre, attention à l'effet Barnuuuum !
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Re: Obsession impulsive (aka phobie d'impulsion)

Message par Za »

Je pense que ces "visions" sont facilement reconnaissables par le sentiment atroce qu'elles procurent : un mélange de honte violente, de culpabilité et d'impression qu'on devient fou, d'incertitude de nous-même, comme si on ne pouvait même pas faire confiance à ce qu'on est au fond de nous... (enfin, à vérifier auprès des autres concernés, hein).
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Re: Obsession impulsive (aka phobie d'impulsion)

Message par Chacoucas »

Par hasard je suis tombé sur un film d'horreur de 2005 qui prend cette optique, Za. L'intrigue est basée en grande partie sur le symptôme évoqué (je doute que le scénariste ait eu connaissance de la classification dans phobies, et il n'en est nulle part fait mention): avoir des visions morbides et violentes. Et le script prend cette réflexion de "douter de nous" au pied de la lettre, rendant le perso principal très "spécial" (et pas human being).

( "devour" pour les geekeux horrifiques). Ce qui est intéressant dans ces films si "fictifs" soient ils c'est qu'ils reflètent bien certains aspects de la pensé et de l'imaginaire: on a exactement affaire à ce que tu dis.
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Re: Obsession impulsive (aka phobie d'impulsion)

Message par Esperluverte »

Je tombe sur ce fil par hasard et pfiouuuu... la surprise ! Comme beaucoup, je pensais que c'était un truc qui clochait chez moi, je me sens moins seule...
Ce genre de pensées m'arrive de temps en temps, en général par rapport à mon mari ou ma famille. Je me vois leur faire mal, les tuer même... c'est très perturbant. Ça m'arrive plus souvent dans les moments de stress ou de déprime, et même là, ce n'est jamais aussi envahissant que ce que tu décris, Invité 123, mais je me suis donné quelques belles sueurs froides comme ça !
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Re: Obsession impulsive (aka phobie d'impulsion)

Message par Nono »

Ce sujet m'a fait du bien, merci à tous :) . J'ai expérimenté ponctuellement ce genre de pensées, moi aussi (la pensée insidieuse, rampante, que je pourrais m'empaler avec ce couteau en mettant la table. Ou l'idée, en pleine épreuve du bac, que je pourrais me lever, me mettre à chanter, comme ça, sans raison apparente. Ou encore, en voiture, de se dire qu'il serait si facile de faire donner un petit coup de volant, au moment où je croise cette voiture...). A chaque fois, l'impression de ne plus pouvoir se faire confiance, la terreur de tout faire s'arrêter, ici, maintenant. Ce qui correspond plutôt bien à vos descriptions.
Les occurrences sont pour mon cas plutôt rares, et ne durent que quelques minutes, ce qui les rend plus "gênantes" que traumatisantes. Cependant, elles reviennent toujours, et se renouvellent. Savoir que je ne suis pas seul, que le problème est connu et surtout qu'il n'y a pas de risque de passage à l'acte, ça me rassure pour la suite, donc merci !
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Re: Obsession impulsive (aka phobie d'impulsion)

Message par Chuchumuchu »

TourneLune a écrit : jeu. 16 juin 2016 11:02 Je pense qu'il est arrivé à tout le monde de se visualiser se cassant la gueule avec le couteau qu'il tient la main ou loupant un virage en conduisant. La différence me semble être dans la force et la persistance de ces images.
Je trouve que ça reste diamétralement différent de ce que les gens expérimentent habituellement, notamment du fait que ceux que tu imagines frapper / blesser / tuer sont les personnes que tu aimes le plus, et que tu n'es pas du tout en colère au moment où ça arrive.

Merci beaucoup invité123, ça fait du bien de pouvoir en parler quelque part.
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Du coup il m'est arrivée d'avoir l'air crispée dans les lieux que j'aimais pourtant fréquenter, car je me sentais monstrueuse, pas normale, folle. Cette image distordue de moi-même m'a amenée à supposer que les autres me voyaient comme ça aussi : bizarre, flippante, anormale. Du coup j'ai eu des périodes où j'essayais de sortir le moins possible. Ça a beaucoup dégradé ma sociabilité (qui était pourtant déjà pas énorme avant).
Je ne prétends ni à l’exhaustivité, ni à une parfaite objectivité, deux qualités qui dans mon métier relèvent de l’illusion et du vœu pieux. — (Michel de Pracontal, L’imposture scientifique en dix leçons, Seuil, 2005, page 17)
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