Quand empathie devient dépersonnalisation

La partie consacrée à la Santé dans sa globalité. Principalement la psychologie, psychologie sociale, la psychiatrie, les troubles de l'humeur, de la personnalité, les handicaps, l'autisme...
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oupsss
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Quand empathie devient dépersonnalisation

Message par oupsss »

Bonjour à tous,

Aujourd'hui je m'adresse à vous pour un échange d'expérience.
J'espère proposer un sujet constructif, auquel cas je vous invite à me le dire.

Je souhaite vous poser la question suivante :
Quelles sont vos armes face à votre empathie ? Comment gérer vous votre empathie ?
Mais plus précisément, comment gérer vous votre empathie et parfois, la dépersonnalisation.

Afin d'être plus claire, je donne pour exemple une situation.
Vous passez la journée chez des amis, en famille, peu importe. Il y a donc beaucoup de mouvements, d'énergies, d'émotions qui gravitent autour de vous, vous êtes absorbés par toutes ces choses là. Puis arrive le moment de rentrer chez vous et là c'est le contre coup. Vous êtes moralement fatigués par toutes ces émotions, vous repensez à votre journée, ce qu'il s'est passé, ce qu'il s'est dit etc. Mais à partir du moment où vous retrouvez votre bulle, vos repères, un sentiment assez pesant, assez angoissant vous empare, il a le gout d'une forme de vide, de néant comme si vous aviez quitté votre corps durant ces dernières heures. Comme si en réintégrant votre vie, vous aviez une forme de contre-coup.

Alors, ais-je raison de mettre les notions d'empathie et de dépersonnalisation sur ce sentiment ?
Si oui, pourriez-vous me partager vos ressentis, votre expérience sur la question ?

(Je parle de dépersonnalisation mais elle ne se présente pas toujours)

Amicalement
oupsss
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Re: Quand empathie devient dépersonnalisation

Message par oupsss »

Je suis confuse, je me rends compte que l'axe que j'ai pris ne correspond pas tout à fait à ce que je souhaitais aborder. J'espère ne pas reprendre un sujet déjà existant
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Silène
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Re: Quand empathie devient dépersonnalisation

Message par Silène »

Salut Oupsss,

l'empathie est assez caractéristique de ces construction de l'être qui le rendent "perméable" à son environnement psychique.

De la même façon qu'il y a une analogie de douleur étudiée entre le deuil et la perte d'un membre, il n'y a pas de raison pour moi que cette sensation d'être simultanément "soi et les autres" ou "soi sans les autres" par contraposée ne soit pas une sensation complètement réelle.
Somatique/physique même.

J'ai parfois défendu qu'une bonne protection contre la dépersonnalisation est une dose saine de narcissisme.
Il faut penser aux astuces de la "projection astrale" (peu importe qu'on y croie ou non, le débat n'est pas là), à savoir être capable de se faire une idée confortable d'une projection de nous même, que nous apprécions et trouvons fonctionnelle.

A partir d'un tel point d'attache, la "dépersonnalisation" n'est plus aussi risquée, elle pourrait même, je pense, être profitable, sans excès.
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oupsss
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Re: Quand empathie devient dépersonnalisation

Message par oupsss »

Salut Silène,

Ton point de vue est intéressant. Dans le cadre de ton propos, je pense également que la dépersonnalisation
pourrait être profitable et ce point de vue m'apporte personnellement.

Seul un point m'interpelle, il s'agit de la notion de narcissisme.
Je ne pense pas que le narcissisme soit le paramètre (ou du moins le seul) qui permettrait une zone de confort à l'empathie, si je puis dire. Je ne pense pas que développer une forme d'amour propre, soit une solution confortable à une forme de dépersonnalisation parce qu'il ne s'agit pas là d'un exutoire, d'un rejet de soi.
Par contre, si le narcissisme représente une forme de main courante qui se rattache à soi, qui facilite l'auto-introspection momentané en guise de protection, dans ce cas j'y trouve plus de cohérence. Mais peut-être pouvons nous plutôt parler d'égocentrisme.

Sinon, aurais-tu une explication au genre de sentiment que j'ai décris dans mon premier post, ce sentiment de vide intérieur, de néant, parfois même d'absurdité, de non-sens qui s'en suit indéniablement d'une angoisse habituelle.
J'essaie de mettre du sens à ça, de trouver un moyen de me réconforter mais c'est c'est difficile et tend à s'accumuler le temps passant.
J'espère ne pas trop parler de mon cas personnel, j'essaie simplement de profiter de l'expérience d'autrui.

Amicalement
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Chacoucas
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Re: Quand empathie devient dépersonnalisation

Message par Chacoucas »

Je vais utiliser une autre approche (qui n'exclut pas celle de Silène): celle du sens et des dynamiques de groupe. On pense "sens" comme le repère pour se sentir inclus dans une dynamique, voire même un lieu/un état (le vieux proverbe "qui n'a pas de cap n'arrive jamais nulle part"). Quand on partage un moment avec un groupe, on partage en fait un "sens" à cette activité/moment, ou alors on les accorde. Mais d'un groupe à l'autre, la culture, le "sens" donné à divers moments/activités change. L'individu (toi) est construit socialement par toutes ces influences, et se crée parfois une "tension" quand les divers sens n'arrivent pas à s'accorder. Ca n'a pas besoin d'être conscientisé, ça se passe tout seul.
On en vient à l'idée de "réel". La "réalité" c'est déterminé par le groupe, les choses partagées, entre autres, le "sens".

Pour "préserver" un "soi", il devient nécessaire de ne pas fusionner avec un groupe au delà d'une certaine limite. Ca peut se faire consciemment, se gérer plus ou moins bien, et je pense que la "dépersonnalisation" mal vécue, subie, est une sorte de découverte d'un "lieu" où les sens n'ont plus lieu. On est dépersonnalisé, on n'est plus dans un groupe ou un autre, une réalité ou une autre (la déréalisation c'est encore un peu différent...). On se sent forcément vide: il devient évident qu'on n'a pas d'identité, on perd l'appartenance aux repères identitaires.

Parfois la tension est légère (après un week end entre amis, une IRL, ou autre), parfois elle est autrement problématique et se gère de manières très diverses, mais tôt ou tard on se retrouve dans ce "lieu" quand les tensions n'arrivent pas à se régler par elles mêmes.

Vu positivement, c'est l'occasion d'une sorte de "reboot". Et éventuellement d'engager une réflexion sur le "sens", les "sens", et éventuellement considérer que c'est parfois une notion un peu problématique. Peut être parfois trop pour être honnête (en creusant on trouve vite plusieurs raisons de critiquer le concept même). Ce que j'ai un peu fait et je me suis positionné sur un point où le "sens" nait de l'interaction entre individus. Il n'y a pas d'absolus, mais ça se partage par contre, et on peut construire avec. En "choisissant" aussi, du coup.

A une époque je cherchais à "creuser" l'empathie, presque comme un super pouvoir ou un sens en soi (comme on travaillerait l'odorat). Je me suis vite retrouvé dans un "lieu" où je n'avais rien à partager de cette nouvelle réalité créée... Qu'elle soit "réelle" ou non n'était pas la question en fait, la question était la tension créée entre les divers "social", ce que je pouvais partager, et cette réalité qui ne se partageait pas. (on touche j'imagine à des symptômes psy beaucoup plus profonds et ennuyeux qu'une dépersonnalisation là ). Donc je m'en suis tenu à ce qui était partageable. Et fort heureusement il y a beaucoup de variétés de perceptions et identités, on finit toujours par partager quelque chose avec quelqu'un.

On peut aussi interpréter ce que je dis autrement: moins suivre un groupe, s'accepter comme entier et multiple, défini autrement que par ce qu'on partage avec un seul groupe ou une seule personne. Autrement aussi que par ce qu'on serait éventuellement "seul" à vivre. On en revient au "narcissisme" de Silène, je crois. (ça parait peut être compliqué, mais c'est les mots qui le sont, on ls perçoit comme contradictoires, les "choses" désignées par contre ne le sont pas).
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Fabs le vaurien
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Re: Quand empathie devient dépersonnalisation

Message par Fabs le vaurien »

N'importe qui après une journée au travail, en groupe a besoin d'un sas de "decontamination".

Observez le quotidien, en général on effectue les mêmes mouvements, actions rituelles pour passer d'un soi collectif à un soi intime. On peut se référer à la psychologie-sociale avec la notion de proxémie qui établit les différentes distances , les fonctions qu'elles remplissent et les eccueils en cas de violation d'un espace, de confusion. La proxémie est indirectement l' expérience subjective de la pleine consideration de son propre espace vital, lequel étant tout à fait relatif en fonction des cultures.

Dans la vie parfois, en plus de cohabiter avec celle des autres, notre bulle ne coincide pas tout le temps avec la distance logique d’un type de contexte ou de notre disponibilité du moment. Alors on trouve des solutions…en absorbant parfois, en prenant tout l'espace etc..ca dépend. Etre avec les autres demande et nécessite une mobilisation intellectuelle et affective allant à l'encontre parfois de nos potentialités ou de la période qu'on traverse...Donc oui c'est fatiguant parfois.

A mon avis, les écrits de Erwing Goffman sur les rites interactions et la mise en scène de la vie quotidienne seraient plus adaptés ici plutôt que de s'engouffrer dans un vocable spécifique à des champs d'études différents, qui plus est inadapté à la situation relatée.

Narcissisme, empathie..dépersonnalisation !! sérieux les gens.... :1cache:
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Re: Quand empathie devient dépersonnalisation

Message par Silène »

... Proxemie ? :lol:

Blague à part, excellente suggestion dans le contexte :)
(pour travailler ça en groupe il y a deux trois exercices marrants en théâtre, j'imagine que tu connais le concept de là Fabs ?)
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Re: Quand empathie devient dépersonnalisation

Message par Miss souris »

Bonjour, ce que vous dites sur Erwing Goffman m'intéresse bien. Je viens de demander à google, qui me fournit une liste exhaustive des travaux du monsieur. Quelqu'un aurait-il un titre à suggérer pour l'aborder ?
merci ...
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Fabs le vaurien
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Re: Quand empathie devient dépersonnalisation

Message par Fabs le vaurien »

Miss souris, l'ouvrage incontournable est "asiles". Le chercheur y dépeint les conditions de vie carcerales dans les prisons psychiatriques dès années 40-50 et les stratégies de préservation d'une identité chez les sujets. Le propos est aisément transposable dans nos vies quotidiennes. :)
Sinon, "la presentation de soi" est excellente.
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Re: Quand empathie devient dépersonnalisation

Message par Miss souris »

merci beaucoup Fabs !
oupsss
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Re: Quand empathie devient dépersonnalisation

Message par oupsss »

Bonjour :)

Merci beaucoup pour vos retours et vos points de vues. J'ai bien pris le temps de chacun vous lire, cela m'aide à réajuster ma pensée. Je vais également lire les travaux d'Erwing Goffman
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