La voix/voie intérieure

La partie consacrée à la Santé dans sa globalité. Principalement la psychologie, psychologie sociale, la psychiatrie, les troubles de l'humeur, de la personnalité, les handicaps, l'autisme...
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Zyghna
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La voix/voie intérieure

Message par Zyghna » jeu. 21 nov. 2013 21:56

Une petite envie d'aller dans le monde de l'imaginaire, dans la réalité intérieure de celles et ceux qui ne peuvent cesser d'avancer parce qu'ils ont cette voix intérieure qui les pousse toujours plus loin. Ce petit quelque chose en nous de Tennessee qui nous pousse vers l'infini...
Le terme "voix" n'est pas tout à fait exact puisque le murmure est souvent inconscient, sans mot, sans idée précise. C'est davantage une force intérieure, viscérale, imposante. Plus une voie qu'une voix, reste à en trouver le chemin.

J'aimerai que celles et ceux qui ont un rêve, un grand, qui les envahit sans répit depuis toujours, viennent nous faire rêver. Montrer ce monde des possibles auquel vous aspirez. Montrer que le rêve peut transcender la réalité, que votre réalité intérieure peut s'asseoir sur le monde.


J'ai mis très longtemps à comprendre ce qui m'animait: pourquoi ne pouvais-je me contenter de ce qui était, pourquoi étais-je prête à sacrifier ma vie sentimentale, mes relations, ma carrière, tout, pour quelque chose que je n'arrivais pas à appréhender. "Mon rêve", c'est le nom que cela portait quand j'en parlais aux autres, mais c'était chose impossible à expliquer. Longtemps j'ai cru que c'était l'archéologie, et puis j'ai du abandonner ce métier, j'ai cru mon rêve enterré. Il était encore là, toujours aussi fort, ne me laissant pas m'installer dans ce quotidien qui paraissait si confortable.
Jusqu'à ce que je me remette en branle.
Je n'ai pas mon mot à dire dans l'histoire, c'est une force qui me saisit les tripes.
Alors je l'ai renommé mon Sentier d'Or (avis aux connaisseurs: le nom reflète la puissance de ce qui m'anime).
C'est ici qu'il a commencé à devenir conscient dans mon esprit, en apportant ma pierre à l'édifice, en m'ouvrant totalement à vous. En aidant/aimant.
C'est ma réalité intérieure: un monde adulte, dans lequel les personnes ne souffrent plus, un monde dans lequel on peut être soi avec les autres, sans peurs. Et cette réalité à une telle consistance qu'elle me semble plus réelle, plus réaliste que ce que je vois autour de moi. Parce que c'est ce que je ressens intérieurement.
On pourra me dire que je rêve, que ce n'est pas possible. J'aurai beau être terrassée par l'énormité, l'inanité de l'entreprise, je continuerai, encore et toujours, inlassablement, jusqu'à ma mort. Parce que je pleure en lisant ou écoutant des hommes comme Mandela, Ghandi, Martin Luther King, parce que ça entre en résonance parfaite avec mon monde intérieur, parce que c'est la seule voie possible. Parce qu'ils ont eu foi en l'homme, en leur réalité.
Je me fous de savoir ce que j'arriverai à faire, ce qui m'importe c'est ce que je fais chaque jour de ma vie pour entrer en adéquation avec ma voix intérieure.

La douance m'a nourrit, Dabrowski m'a nourrit, chaque personne à qui j'apporte un sourire, un espoir, me nourrit. Chaque personne qui souffre, qui n'a plus d'espoir, me nourrit par la colère que je ressens devant leur réalité, devant ce monde qui permet qu'advienne une telle résignation.

Il y a un an j'ai trouvé mon chemin, je vois clairement mon Sentier d'Or maintenant, et l'énergie qui m'anime est impressionnante. Je comprends maintenant pourquoi je ne pouvais pas lutter contre. J'ai trouvé ma place en ce monde, et cela sonne juste. C'est l'évidence même de ce qui doit être pour moi.


J'avais envie de vous faire partager cela, et plus encore de connaître vos tempêtes intérieures, vos voix qui vous murmurent ou vous hurlent d'avancer. Avez-vous trouvé votre chemin ou êtes-vous toujours en quête? Quelle réalité ferez-vous advenir?
"Il est inutile d'être parfait, il faut seulement s'engager et mettre ses actions en cohérence avec ses valeurs" Brené Brown

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Re: La voix/voie intérieure

Message par shinoune » ven. 22 nov. 2013 00:05

Magnifique sujet !!
Moi j'appelle ça mon fil rouge et même lorsqu'il pâlit ou devient bleu ou fait des zig-zag, toujours j'y reviens. Malgré moi, la vie m'y ramène et je commence à ne plus le perdre de vue.
Et je reviendrai en parler en prenant le temps de le faire bien.

Merci Zyghna
L'essentiel est sans cesse menacé par l'insignifiant.
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Re: La voix/voie intérieure

Message par isil » jeu. 28 nov. 2013 11:23

Superbe en effet, je suis contente d'être tombée dessus ce matin... Tout comme shinoune j'y reviendrai car les mots sont parfois difficile à trouver pour exprimer ce rêve intérieur, d'ailleurs les rêves nous viennent souvent par images... Je vais tâcher de traduire en mots ces sensations, sentiments, émotions qui habitent ce que tu appelles ton "sentier d'or" et qui serait pour moi "Harmonie". Moi qui aime les langues je me trouverais bête de ne pas pouvoir traduire, le quenya vous irait ? :D
Sincèrement très beau sujet à ne pas bâcler donc ! Merci :-)
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Re: La voix/voie intérieure

Message par Asimov » jeu. 28 nov. 2013 11:58

Vraiment très intéressant, je ressens quasiment la même chose. Cependant, je suis toujours à le recherche de cette voie. J'ai le sentiment que je passe chaque jour de ma vie sur le bord du chemin à réfléchir sur la direction à prendre.
Si ce n'est pas trop indiscret, je peux savoir quel a été ton chemin ? Et comment as-tu eu le déclic ?

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Re: La voix/voie intérieure

Message par Doodle » jeu. 28 nov. 2013 13:22

Ca me travaille depuis toujours d'une violence !...

J'ai toujours peiné à mettre des mots ou des actes dessus... souvent abandonné devant l'ampleur de simplement arriver à le dire, le formuler (alors que c'est si précis en même temps qu'insaisissable). L'impression de posséder un secret précieux à faire partager, mais aussi avec des tares à porter qui semblent aller avec et qu'on voudrait épargner aux autres ou qui du moins brouilleraient le "message" à transmettre. Et comment en faire un message de toute façon quand c'est aussi insaisissable ? Est-ce un message d'ailleurs ? Et faut-il transmettre ?

Je parviens je crois un peu à susciter chez d'autres ces expériences qui me sont si chères. Plutôt que de transmettre son vécu il est parfois plus facile de le faire vivre par d'autres. Là mon intuition peut se débrouiller mieux que ma logique (bien faiblarde elle à conceptualiser tout ça). Mais ça ne m'avance pas énormément. J'ai tellement baissé les bras du coup. Et j'ai tellement eu honte de vouloir pour les autres. Honte aussi de soupçonner qu'il n'y ai rien la dedans d'original ou d'indispensable. Peur qu'il y ai là trop d'orgueil, trop d'égocentrisme.

Je vais tenter d'en parler un peu, quelques mots, ce sera vague (et périphérique) :

Il s'agit de quelque chose de l'ordre de "être vivant", de "être au présent", d'"être au monde", d'"être aux émotions" et d'"être éphémère", c'est tout ça en même temps et la façon de le vivre pleinement et de ne pas en souffrir (alors que c'est si facile / presque tentant), d'y trouver beaucoup d'énergie positive au contraire et d'y puiser de l'imaginaire pour l'avenir. Ouf !

...Une sorte d'aller-retour entre lucidité "animale" et rêves sophistiqués... Et c'est aussi une beauté magnifique. ...Trop dur à formuler. Et tellement infiniment précis pourtant. Un peut comme le secret multi-millenaire de comment naitre et comment mourir. Ca sonne prétentieux, grandiloquent et zinzin, non ? C'est peut être des banalités tout simplement.

En tout cas je mesure à quel point c'est décalé. La vie humaine c'est tellement le refus de ça justement et je trouve ça normal et sain d'ailleurs. Mais j'ai l'impression que c'est là mon seul talent et qu'il y a en moi une vocation immuable à le partager, le faire survivre... je me sens porteur d'une philosophie mal définie et de toute façon particulièrement inutile... (je précise : zero mysticisme là dedans... est-ce même une philosophie ? Pas sur).

J'ai cru devoir en faire de l'art (plus facile que du concret), de l'émerveillement et de l'enthousiasme pour les enfants, des dessins animés peut-être. J'en ai été incapable. Trop flou, trop difficile, trop d'obstacles, trop baissé les bras.

D'un certain coté j'ai l'impression que ce qui s'exprime là ressemble à un besoin de partager ma douance. Et ça m'emmerde parce que du coup c'est encore moins possible que ce que j'avais pu penser jusqu'ici.

Je me dis qu'il y a là dedans un fil rouge surement pour moi... mais aucune idée d'où ça va... ni de comment ça s'exprime... en attendant je me dis juste que lorsque une obsession (comme choisir une chose à acheter, un endroit ou aller, quoi dire, quoi faire, etc) me frappe par sa précision, autant ne pas la refuser (même si ça semble souvent con) car je crois qu'elle met au monde un peu de ce que je peine tant à formuler.

D'un coté, je n'aspire qu'a vivre à ma façon simplement (regrettant un peu de trouver si peu de gens qui ressentent de façon similaire, peut être de là le besoin de transmettre pour être moins seul, mais bon tant que j'ai le droit d'être moi... ça semble m'aller). Et d'un autre côté, je suis pris de besoins de bouger des montagnes de transformer le monde et de frustration devant mon impuissance. Pas de chemin pour moi entre les deux pour l'instant. Un souffle intérieur mais pas de voie que je sache suivre. Pourtant je pense qu'elle est là quelque part et je ne désespère pas de pouvoir comme Zyghna nommer et comprendre ce chemin un jour... et d'avancer enfin.

P.S.: Oulala qu'est-ce que j'ai écrit ??? Faut arrêter la drogue.
Echauffement : 2 3 5 7, 1 3 7 9,... pouf, pouf... 3 9 ,1 7, 1 3 7, 3 9, 1 7, 1 3 9, 3 9, 7. Et ça rime !

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Re: La voix/voie intérieure

Message par soazic » jeu. 28 nov. 2013 23:18

je dirais: ce que je fais est petit, mon rêve est plus grand.
j'ai l'impression de le toucher du bout du doigt quand dans le cadre de mon travail je suis pleinement avec l'autre, parce qu'aussi dans ce contexte je prends et donne en même temps, c'est comme un circuit parfait, dans lequel viennent se greffer toutes les aspérités de ces gens cabossés, je pense l'effleurer aussi quand je crée quelque chose, ce quelque chose me dépasse, me quitte et prend son chemin tout seul.
je le ressens quand je conduis avec les arbres autour , comme si mon esprit s'amplifiait pour embrasser le paysage, quand je marche sur une plage, quand je danse.
je vois ce rêve comme une chaîne fait de différents maillons, et je suis un de ceux ci. J'aurais aimé avoir divers métiers, être costumière par exemple, habiller des comédiens, qui diraient des mots, qui atteindraient des gens qui y penseraient avant de dormir, qui en feraient quelque chose dans leur rêves, qui se poseraient des questions au matin, qui...

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Re: La voix/voie intérieure

Message par 256Cecile » lun. 2 déc. 2013 21:23

soazic a écrit :je dirais: ce que je fais est petit, mon rêve est plus grand.
...
Ce que j'ai envie de faire est grand, et lorsque je vais vers quelqu'un pour mettre en place concrètement ce projet - qui sans doute n'est ni petit ni grand - , j'ai souvent l'impression que la personne, qui veut bien m'aider, et dont je veux bien de l'aide, me propose quelque chose de petit. Du coup je suis déçue, même si cette personne n'y est pour rien, au point de parfois laisser tomber ledit projet, je me sens frustrée, et suis tourmentée par un flux de questions, genre, "mon projet était encore une fois trop grand?", "suis-je ambitieuse?", "est-ce que j'ai bien fait d'en parler à cette personne"?, "est-ce que c'est moi qui m'auto-limite?""est-ce que ce projet est légitime?", "était-ce un rêve?"...etc, etc...ça peut durer des heures :rock:

Comme si finalement mon merveilleux manager intérieur me disait "vas-y!" tandis que l'entourage me dit " pas à pas, vas-y mollo, reviens sur terre".

Je finis par avoir l'impression d'être encagée, d'être dans une cage avec des barreaux trop petite pour moi, d'étouffer à force de marcher à l'intérieur d'un labyrinthe. Récemment, tout en travaillant, j'ai mis en route trois projets (parce que je ne sais pas en mettre en route un seul ;) )...qui n'ont pas abouti. Encore cette question des limites qui ne me semblent pas venir de moi, alors que je ne me sens si vivante...
"Chaque homme prend les limites de son propre champ de vision pour les limites du monde" A.Schopenhauer

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Re: La voix/voie intérieure

Message par sandrinef » mar. 3 déc. 2013 08:22

Je connais la voix dont tu parles, elle me hante chaque jour. Elle me fait mal en fait car je ne suis pas en adéquation avec "mon rêve".
Dans mon Monde imaginaire, je suis une éducatrice, pédagogue, psychologue, au service de l'enfance. Je crée ou rétablit le lien entre parents et enfants qui se sont perdus, qui ne se comprennent pas, qui se rejettent.
Je sauve et je donne de l'amour aux enfants qui souffrent dans leur coeur, à tous ceux qu'on maltraite.
Mon regard, ma voix, mon énergie est au service de leur détresse, je leur donne l'espoir, l'envie de vivre, le sentiment qu'ils méritent d'être heureux.
Dans mon Monde imaginaire, aucun enfant ne souffre de douleur morale, aucun enfant n'est humilié, moqué, rabaissé, prostitué.Cela n'existe pas, c'est inconcevable.
Parce que dans mon Monde imaginaire, l'enfant mérite le plus grand respect, il est l'adulte de demain, il est l'espérance, il est l'amour, la joie, la tendresse, il est l'humanité dans tout ce qu'elle a de plus noble.
Malgré toutes les horreurs dont l'homme est capable, j'ai besoin de croire qu'il est bon à sa naissance, que l'homme qui devient mauvais est avant tout un enfant qu'on n'a pas su écouter, un enfant qui a trop souffert et qu'on a perverti, un enfant à qui on n'a pas permis d'être un enfant...
Voilà mon "rêve", utopique, improbable, inaccessible, mais qui m'envahit très souvent.
"Le Monde ne te doit rien. Il était là avant toi" M.Twain

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Re: La voix/voie intérieure

Message par Kan » mar. 3 déc. 2013 10:35

sandrinef a écrit :Je connais la voix dont tu parles, elle me hante chaque jour. Elle me fait mal en fait car je ne suis pas en adéquation avec "mon rêve".
Dans mon Monde imaginaire, je suis une éducatrice, pédagogue, psychologue, au service de l'enfance. Je crée ou rétablit le lien entre parents et enfants qui se sont perdus, qui ne se comprennent pas, qui se rejettent.
Je sauve et je donne de l'amour aux enfants qui souffrent dans leur coeur, à tous ceux qu'on maltraite.
Mon regard, ma voix, mon énergie est au service de leur détresse, je leur donne l'espoir, l'envie de vivre, le sentiment qu'ils méritent d'être heureux.
Dans mon Monde imaginaire, aucun enfant ne souffre de douleur morale, aucun enfant n'est humilié, moqué, rabaissé, prostitué.Cela n'existe pas, c'est inconcevable.
Parce que dans mon Monde imaginaire, l'enfant mérite le plus grand respect, il est l'adulte de demain, il est l'espérance, il est l'amour, la joie, la tendresse, il est l'humanité dans tout ce qu'elle a de plus noble.
Malgré toutes les horreurs dont l'homme est capable, j'ai besoin de croire qu'il est bon à sa naissance, que l'homme qui devient mauvais est avant tout un enfant qu'on n'a pas su écouter, un enfant qui a trop souffert et qu'on a perverti, un enfant à qui on n'a pas permis d'être un enfant...
Voilà mon "rêve", utopique, improbable, inaccessible, mais qui m'envahit très souvent.
Je suis d'accord avec toi Sandrinef.

Ce devrait être le rêve de l'humanité tout entière.

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Re: La voix/voie intérieure

Message par Omar_Regios » jeu. 5 déc. 2013 15:25

J'aimerai que celles et ceux qui ont un rêve, un grand, qui les envahit sans répit depuis toujours, viennent nous faire rêver. Montrer ce monde des possibles auquel vous aspirez. Montrer que le rêve peut transcender la réalité, que votre réalité intérieure peut s'asseoir sur le monde.
Voix/voie intérieure, inconsciente... qui n'a pas de mots (qui est peut-être avant les mots), qui pousse à cheminer, à avancer, et à attendre un certain "état idéal". Mais une chose est cet "état idéal", ou "monde imaginaire", et autre est cheminer. C'est comme la différence entre le regard et le point de vue, on pourrait penser que le regard existe avant le point de vue, qu'il se fraye son propre chemin, il crée un monde en le pénétrant. Le point de vue existe de certaine manière après ce cheminement.

Ma voix/voie intérieure est donc frayage (cheminement) et création d'un monde. Mon rêve, c'est ouvrir ou créer ce monde. Quand j'étais enfant je rêvais à devenir scientifique et trouver la cure d'une maladie. Ou d'être réalisateur de cinéma et de faire la suite de Fantasia -- c'est-à-dire de produire de la synesthésie avec les outils du cinéma. Le rêve, mon rêve, était toujours de créer un univers qui permettrait aux autres d'en ressortir en étant différents. Mon rêve était d'être médiateur, de rendre service aux autres, mais à travers de quelque chose d'autre, comme une oeuvre, une recherche, une méthode.

Cependant, les douleurs de grandir ajoutent des couches qui enlèvent de la transparence à cette vision. De quelque sorte, on pervertit les rêves, soit en leur enlevant leur droit d'être rêves -- en essayant de les transformer en simple "réalité" -- soit en les échangeant bêtement avec des praticités. Récemment j'ai appris qu'au lieu d'uniquement rêver, je pouvais agir en ouvrant le monde. Cheminer, découvrir, explorer, "vivre", est de certaine manière faire fidélité à ce rêve. On ouvre un monde, on le découvre, on le crée. Pas à pas, continuellement.

Mon rêve est la création. Créer. Et la recherche. Découvrir, apprendre, et générer des connaissances. Mon point de vue, est l'enrichissement et le changement. Aider les autres à marcher pour eux-mêmes, à découvrir qui ils sont.
« Un sot qui ne dit mot ne se distingue pas d'un savant qui se tait » -- JBP

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Re: La voix/voie intérieure

Message par lebereli » jeu. 5 déc. 2013 23:06

Un énorme merci Zyghna pour ce topic.

J'ai aussi cette "voix intérieur", mais je suis encore en plein apprentissage. J'apprends à lui faire confiance, j'apprends à me faire confiance. C'est tellement immatériel et surréaliste que l'intellectuel cherche à prendre souvent le dessus. Tout ce que je sais, c'est qu'elle me sert de guide, qu'elle m'aide à avancer et à "voir" ce qu'il faut faire. Chaque fois que je ne l'ai pas écouté, il y a eu une conséquence négative. Quand les émotions sont trop fortes, je la perds et je me perds aussi.

Sandrinef, comme toi, j'en ressens aussi les effets négatifs. Il y a tant chose que je ne voudrais pas voir ou que je ne voudrai pas savoir... et pourtant les fait sont là. Cette voix, c'est comme-ci je pouvais voir, ressentir, toucher, comprendre avant la majorité des personnes qui m'entours. C'est un sentiment qui me renvoie à une relative solitude, quand les autres ne "voient pas" ce que je "vois". A la fois, elle me procure de la paix, à la fois elle me procure du tourment.

Par contre, comme toi Zyghna, quand je touche du bout des doigts ce rêve, l'essence même de ce qui m'anime, je ressens cette source de vie, d'énergie à l'intérieur de moi. Elle semble invincible... Quel bien être cela procure... J'ai encore des difficultés à accepter cette voix, cette réalité, pourtant tellement forte et tellement en adéquation avec moi... A l'inverse, plus je lutte contre et plus je souffre.

Tout ce que je sais, c'est que cette "voix" est comme un phare au milieu de la nuit. Je pense que c'est elle qui fait que je n'ai jamais rien lâché et que je suis ce fil conducteur depuis toujours. Je n'ai pas encore compris où tout cela finira par m'emmener, mais je commence à entrapercevoir les grandes traits. J'ai trouvé une partie de ce qui m'anime et j'ai encore du chemin à faire, pour la découvrir, l'apprivoiser, lâcher prise et plus important lui faire confiance, me faire confiance. Je sais que je ne suis plus très loin, j'ai encore beaucoup à apprendre.

Un grand merci pour ce partage
"Le projet est le brouillon de l'avenir. Parfois, il faut à l'avenir des centaines de brouillons."Jules Renard

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Re: La voix/voie intérieure

Message par Herm's » sam. 14 déc. 2013 11:43

2e brouillon, 3e jours
j'ai la chance d'avoir suivi une formation en hypnose éricksonnienne.
non, je n'ai pas d'action ni de chose à vendre.
peut être une expérience à partager.

j'ai découvert mon intimité par mon inconscient,
j'ai cette chance inimaginable de vivre heureusement ,
de pouvoir agir sans me sentir submerger par ce que le monde me renvoie,
de pouvoir vivre cette tristesse sans qu'elle n'atteigne ma force vitale, ma confiance.
j'ai réussi à me sentir à l'aise dans des circonstances que je n'aurai pas su gérer avant,
j'ai appris à me concentrer, à discipliner mes efforts pour atteindre mes objectifs sans me léser.
j’apprends encore à vivre ce monde si angoissant, si brutal.
Sans me perdre, sans me compromettre

Et c'est ce que je vous souhaite
Quel loup nourris tu?
Fais ta part.

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Re: La voix/voie intérieure

Message par Zyghna » sam. 14 déc. 2013 13:23

Je ne vois pas de voie intérieure dans ce que tu expliques Herm's, ce chemin de vie qui ne laisse aucunement place au doute quant à sa justesse. On ne peut réduire le monde à un seul débat conscience/inconscience, ce serait oublier que nous sommes en perpétuelle interaction avec les autres, en perpétuel changement. Je parle vraiment d'une ligne de vie qui nous prend totalement aux tripes.
C'est quelque chose qui implique d'y consacrer sa vie entière, pas juste quelques moments ou actions.
"Il est inutile d'être parfait, il faut seulement s'engager et mettre ses actions en cohérence avec ses valeurs" Brené Brown

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Re: La voix/voie intérieure

Message par Miss dans la lune » dim. 15 déc. 2013 01:37

Cette petite voix me dit : "apprends encore, mets en pratique, regarde si ça fonctionne, pourquoi, comment, et transmets, par l'exemple, en douceur, sans contrainte, pas par le martelage d'information, pas par l'enseignement magistral, juste parce que ça marche, que ça stimule, mais que c'est apaisant, non-violent... Ça pourrait en "sauver" quelques-uns...".
Je parle de pédagogie, d'élever un enfant, de communication non-violente, de transmission...

Aujourd'hui, j'apprends à élever mon fils ; en 3 ans j'ai expérimenté un tas de trucs, haptonomie, portage en écharpe, co-dodo, allaitement très prolongé (2 ans et demi), apprentissage du langage des signes dès l’âge de 6 mois pour communiquer avant l'apparition du langage (c'est vraiment utile, ça évite bien des crises de larmes de frustration), pédagogie Pikler, puis Montessori (élaborée de façon pratique, non-théorique, sur l'observation des enfants, des intérêts qu'ils portent et de leurs capacités en fonction de leurs stades de développement), Thomas Gordon (éducation non-violente), j'ai lu tout Dolto, Claude Halmos... (Pour se faire une idée des étapes de l'enfance, même pour les Freud-rétissants comme moi, c'est passionnant; bien sûr, on n'est pas dans la science là, y'a à boire et à manger...) et d'autres que j'oublie.
Bref, j'ai mélangé de tout ça, j'en ai fait un truc qui me convient, mais qui évolue sans cesse.
Voilà ce qui me fait rouler en ce moment... Entre autres.
Je ne sais pas encore si je vais transmettre, quoi, ni comment, à qui. Pour l'instant, je le fais pour mon fils, pour moi.
Mais j'ai envie d'aider les enfants, leurs parents... surtout les plus isolés, les parents célibataires, peut-être cibler une catégorie de la population, dans une association parents-enfants? Avec des thèmes, un lieu d'échange, de soutien... qui ne juge pas, qui montre...je ne sais pas trop... enfin… ce n’est pas facile d’éduquer, ce n’est pas instinctif. J’ai désappris, j’ai essayé de me déconditionner, seule, parce que la façon dont j’ai été élevé ne convenait pas, des lieux communs, des valeurs dont les échos sonnaient faux. Ce que je transmets maintenant, ma relation avec mon fils, me semble juste, ça sonne juste, et je sens que c’est généralisable, parce que c’est du bon sens en fin de compte. J’aimerais offrir une possibilité à ceux qui le souhaite de se libérer de certaines croyances (vous savez les : une bonne gifle de temps en temps, ça remet les idées en place, par exemple…).
Ou peut-être un "jardin des petits philosophes", les accueillir à partir de 3-4 ans, avec ou sans les parents, les initier à la réflexion par eux-mêmes...
Enfin, c'est encore flou... mais j'y pense souvent...les enfants...en tant qu’avenir de l’humanité...c'est mal barré mais bon, c’est un leitmotiv depuis 3 ans.
Cette même voix me parle de lâcher-prise, de fatalisme et de colibris…

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Re: La voix/voie intérieure

Message par sandrinef » dim. 15 déc. 2013 09:08

Missdanslalune, ta voix/voie semble résonner en harmonie avec la mienne :-)
"Le Monde ne te doit rien. Il était là avant toi" M.Twain

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Re: La voix/voie intérieure

Message par sanders » dim. 15 déc. 2013 09:25

Mis dans la lune ta voix fait écho ... me donne envie d'essayer à mon tour d'écrire l'indicible moteur qui me fait avancer depuis ... toujours ?
Ma voix parle de réciprocité, d'échanges débarrassés au maximum des préjugés, de la peur et de la compétition pour être " plus que ", " mieux que ". Elle parle de la richesse de la différence, de l'ouverture à l'autre, de l'accueil de la faiblesse comme une force.
Elle parle d'ouvrir la porte intérieure, de regarder et d'écouter ce qui se passe autour de moi, surtout ce qui se voit peu, ce qui est dit parfois sans mot. Elle me dit qu'un pont peut toujours se construire entre des rivages humains parfois si éloignés que l'idée même de les relier est incongrue, inenvisageable.
Elle me pousse à avancer en terres inconnues, hostiles parfois et à surmonter la peur ou les regards dubitatifs de celles et ceux qui n'y croient pas.

Cette voix me crie (de plus en plus fort) de partager ce que je sais (même si c'est peu on s'en fout), ce que je découvre (même si c'est petit surtout si c'est petit) aux autres et d'accepter ce que d'autres partagent.
Partager ne veut pas dire imposer, ni attendre en retour (même si j'ai encore du boulot là je comprends la justesse de cette manière d'envisager le partage), ni monnayer.

Cette voix me parle d'interdépendance et du refus de la dépendance ou de l'indépendance, de la soumission ou de l'auto-suffisance. Elle me place sur une voie en forme de fil funambulesque (j'ai d'ailleurs très souvent ressenti physiquement cette sensation de marcher sur un fil) entre des contraires, la voie de la vie avec les autres, ni pour, ni sans, ... avec.

Cette voix peut parfois perdre souffle, je peux me boucher les oreilles pour un temps ... elle est là et je crois profondément qu'elle le sera toujours.
Je voudrais aussi mentionner le chant des sirènes, ça ressemble à cette voix ce chant qui -si je le suis, conduit à ... l'impasse, au mur. Cette voix intérieure, ma voix est comme la corde qui me retient au mat de ma vie, une entrave certes mais libératrice puisqu'elle me permet de ne pas sombrer même si j'entends le chant des sirènes, même si j'ai une envie irrépressible de le suivre.

De ce fait, ma vie ne sera jamais confortable, jamais ordinaire mais toujours riche de paradoxes, de découvertes et de rencontres, de bousculades intérieures et surtout pleine de Vie, la mienne, celle de ces autres qui l'animent, la colorent, lui donnent son sens et sa profondeur.
Le premier jour du reste de ma vie : Un jour, J'ai pu observer que la poutre que je voyais dans l'oeil de mon voisin, je l'avais fait devenir paille dans le mien. Alors même que nous buttions sur les mêmes (em)bûches. Depuis, plus rien n'est pareil..

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Re: La voix/voie intérieure

Message par Herm's » dim. 15 déc. 2013 09:48

A Zighna,
La voix intérieure est celle de mon inconscient, à qui j'ai progressivement laissé une large place jusqu'à lui laisser volontairement les rênes de ma vie.
à toutes ces questions existentielles qui me taraudaient depuis mes 14 ans, elle a pu me donner des réponses ou des fragments de réponses qui m'ont satisfait. tardivement. il a fallu négocier mes émotions, mes doutes mes insatisfactions.
j'en ai encore, c'est un cheminement perpétuel, une voie intérieure, mais si le paysage évolue peu, ma manière de le voir change. Mes foulées sont plus assurées, les obstacles se négocient plus facilement, les petits sentiers inconnus me font moins peur.
j'ai toujours eu des dispositions à soigner, prendre en compte la souffrance d'autrui et l'apaiser. Ce qui m'a amené à apprendre l'acupuncture (hardware)et l'hypnose(software). Après coups je me rend compte que la démarche du soignant m'a demandé une introspection sans concession: j'ai eu beaucoup d'orgueil à vouloir soulager le monde de ses maux, qu'il faut laissé aussi le patient prendre la responsabilité de sa guérison, que la douleur malgré tout ce qu'elle représente à une fonction. que l'injustice qui emporte des parents loin de leur enfant ne doit pas me faire sombrer, parce qu'il y a d'autres personnes qui on besoin de soin et que je suis payé pour leur apporter une attitude "pro", conseils-autant que possibles-, gestes, pas une compassion mal placée et stérile... Mon empathie s'est modifiée, je dirais qu'elle a murie, on pourrait dire aussi que je me suis blindé, mais je ne pense pas.
Maintenant je t'écris, et mon premier post décrivait uniquement l'endroit ou mes pérégrinations m'ont amené, pas mon parcours. Mes doutes -parce que j'en ai encore- ne remettent pas en cause mes certitudes, parce que je n'en ai plus-trop. Je m'adapte dans mon attitude à la situation, je suis devenu hyper pragmatique.
Quand à réduire le monde sur une modalité conscient/inconscient, cette grille de lecture est pratique, sans être la seule, la médecine traditionnelle chinoise m'a appris la nuance et les principes d'énergie (densité, mouvements, interactions comme tu le cites). Ces grilles de lecture m'ont été d'une aide précieuse pour m'équilibrer, je conçois tout à fait qu'elles ne puissent pas avoir la même efficacité sur tout le monde, sans doutes as tu trouvé les tiennes.

Il y a toujours une forme de pudeur à raconter ma vie, je pèche peut être en limitant l'explication de mes ressentis et mes expériences de vie -qui cela peut il intéresser? - pour aller à l'essentiel: les résultats, le concret ,la méthode.

Donc désolé si je parais lapidaire,



A Miss dans la Lune,
j'aime ta petite voix, dans une autre vie j'espère être entouré d'enfants. Mon fils est mon professeur, et la paternité est un chemin qui me demande un engagement fabuleux.

A vous lire
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Re: La voix/voie intérieure

Message par Zyghna » dim. 15 déc. 2013 11:46

Ma voie, c'est l'autre.

C'est aussi simple que cela. L'homme est un animal social, et il a besoin de l'autre pour exister, pour se développer, pour s'épanouir. J'avais déjà l'intuition que la voix conduisait à l'autre, et ce n'est guère étonnant de voir que tous vos témoignages concordent là-dessus. Retisser du lien entre les humains, sans distinction. Réduire la souffrance que l'on rencontre, la prendre sur nous, en nous, et la transformer en énergie constructive.
C'est la voix de notre humanité qui résonne en nous, et plus on arrête de se regarder le nombril, plus elle s'affirme et nous emplit de la formidable possibilité de changer les choses. Et c'est par l'action que tout devient possible, par cette volonté de transmettre ce rêve intérieur.
Les mots ne pourront jamais avoir autant de force que le modèle. Ghandi avait tout compris en disant qu'il fallait que l'on devienne le changement que l'on voulait voir advenir.
Comme je vous l'ai dit, je prépare un long topic sur ce sujet, et plus vous partagez vos rêves, plus vous m'aidez et me laissez voir que ce rêve est partagé par beaucoup.

Merci à vous pour tous ces témoignages ^^
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Re: La voix/voie intérieure

Message par Miss dans la lune » dim. 15 déc. 2013 16:25

sanders a écrit :
Cette voix me crie (de plus en plus fort) de partager ce que je sais (même si c'est peu on s'en fout), ce que je découvre (même si c'est petit surtout si c'est petit) aux autres et d'accepter ce que d'autres partagent.
Partager ne veut pas dire imposer.
:ensoleillé:
Mais pour ma part, en matière de pédagogie notamment , j'ai fait un effort volontaire pour apprendre comprendre etc, et je ne sais pas comment transmettre sans avoir l'air d'imposer ma vision, sans avoir l'air d'être un donneur de leçons, ce qui serait tout à fait contre-productif. D'autant plus que j'en suis moi-même au balbutiement.
Comme tu dis partager ne veut pas dire imposer.
Zyghna a écrit : Les mots ne pourront jamais avoir autant de force que le modèle. Ghandi avait tout compris en disant qu'il fallait que l'on devienne le changement que l'on voulait voir advenir.
Elle est là, la réponse.
Ma seule légitimité pourrait -être dans l'exemple d'une relation sereine, équilibrée, compatissante, et sans volonté de prise de pouvoir que j'ai avec mon enfant, ou que je pourrais avoir avec l'Autre tout simplement... Le chemin doit être personnel.


Je ne me souviens plus de quel fut mon "starter", une rencontre? des lectures? une pulsion propre?
Beaucoup, vivent les portes closes, sont fermés à l’éventualité d'une progression; parce qu'avant de vivre, il faut pouvoir survivre. J'aimerais, non pas taper chez eux, mais être la voisine d'en face, celle qui laisse toujours la porte ouverte, prête à accueillir, à donner à mon tour, l'impulsion.

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Re: La voix/voie intérieure

Message par Sphax » lun. 16 déc. 2013 16:01

Après Gandhi n'a pas fait qu'être, il a aussi promu de manière efficace ce qu'il faisait, sinon il serait probablement resté dans l'ombre... Et cette communication est probablement aussi importante que le message ou l'exemple. Ca fait partie des sujets qui m'intéressent et je peux te/vous proposer cette vidéo qui est intéressante sur comment transmettre:
http://www.ted.com/talks/lang/fr/simon_ ... ction.html
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Re: La voix/voie intérieure

Message par Zyghna » lun. 16 déc. 2013 16:47

Hors-sujet
Avec Sanders ça fait un moment qu'on se dit qu'il faudrait créer un topic sur la transmission, notamment en prenant appui sur les textes et vidéos d'Edgard Morin. Si tu veux t'en charger ne te prive pas! Mais ici c'est complètement HS par rapport à la direction que j'ai voulu donner au topic.

Au fait, je suis allergique aux vidéos donc je me contente des commentaires faits par Sphax.
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Re: La voix/voie intérieure

Message par Miss dans la lune » lun. 16 déc. 2013 19:07

Hors-sujet
C'est vrai qu'on a quelque peu dévié du sujet initial, mais qui dit voie/voix/ quête de l'utopie, ou que l'on a ce sentiment que la surhumanité ,dans le sens Nietschéen, a une possibilité d'advenir (puisque c'est comme cela que j'entends la voie/voix intérieure sur laquelle tu voulais que l'on s'exprime) dit partage donc transmission. C'était presque fatidique que le HS survienne. En tout cas c'est pas plus mal si un sujet sur la transmission en découle :P .

Sphax merci pour la conférence TED: top! (ça me stimule t'imagines même pas! tu viens de m'aider à casser quelques briques du mur sur lequel je me cognais quand imaginais une possible concrétisation) Pour faire un parallèle avec la conférence, je dirais que ce topic est le centre de ce que le mec appelle le centre d'or: le "pourquoi", c'est-à-dire ce qui nous motive, notre utopie. Reste plus qu'a trouver le "comment" et le "quoi"(concrétisation)...
En relisant mon post, je me rends compte que j'ai oublié l'essentiel, je n'ai parlé que du comment et du quoi, ou presque. Je pense donc revenir ici lorsque j'aurai décanté tout çà.

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Re: La voix/voie intérieure

Message par Herm's » lun. 16 déc. 2013 20:41

"J'avais envie de vous faire partager cela, et plus encore de connaître vos tempêtes intérieures, vos voix qui vous murmurent ou vous hurlent d'avancer."

C'était une voix qui murmurait. de façon inaudible. j'étais pris dans un maelstrom de questions sans réponses. L'image qui me vient est celle d'un dédale sinistre ou il n'y a que des impasses sombres ou des murs trops haut.Personnes pour me guider, résignés ou n'ayant aucuns souvenirs de l'absurdité de l'existence.
L'information de ma douance a été... stérile. Cela ne m'a été d'aucuns recours. Cela a ajouté a ma culpabilité d'avoir un potentiel sans pouvoir le réaliser. Dans quel direction aurais je pu l'employer de toute façon.
Je me suis sentis démuni, vide, incapable. Mon opium était les lectures qui me renvoyaient à la farce humaine de la réalité. je creusais les galeries de ma personnalité, sans pouvoir en étayer aucune.
les expériences de vie m'ont permis bon gré mal gré de m'étoffer. J'ai toujours eu le sentiment que la douance a été un frein pour me développer, pour murir. Apprentissages sociaux, professionnels, affectifs lents, comme si chaque pas étaient pesant, crispés. personnes pour m'enseigner à me retrouver dans ce labyrinthe, à concevoir des repéres, des itinéraires, à évoluer avec fluidité.

je me rend compte que je souhaite être pour mon fils ce qu'il m'a manqué.

Mon guide m'a soufflé quelques indications, mais mon attention était orienté vers mon environnement, à survivre existentiellement, quel sens ai je à donner au années qui me restent? j'ai suivi certaines suggestions, en ai je été conscient, par qui m'ont elles été soufflées, qui en moi les a reçues? je me suis retrouvé sur les remparts du dédale, comme si je pouvais voir par le haut les trajets, les gens.

" Avez-vous trouvé votre chemin ou êtes-vous toujours en quête?"
je me suis rendu compte qu'en amont de mes espoirs, de mes attitudes, du sens que je donne à ma vie, il y a une source qui m'alimente. Ou que je sois, quoi que je fasse (comme dans la chanson) je suis nourris.
je suis alimenté en adéquation avec ce que je fais, ce que je dis, en fonction de mes besoins. la difficulté du moment n'est pas importante parce que mes capacités suivent.
Je ne parle pas d'ambition, de réaliser un projet intellectuel, social, futur. Mais de mon contexte immédiat, réel, concret. Humain. Présent


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Re: La voix/voie intérieure

Message par lebereli » mar. 17 déc. 2013 21:44

Zyghna a écrit :Ma voie, c'est l'autre.
C'est la voix de notre humanité qui résonne en nous, et plus on arrête de se regarder le nombril, plus elle s'affirme et nous emplit de la formidable possibilité de changer les choses. Et c'est par l'action que tout devient possible, par cette volonté de transmettre ce rêve intérieur.
Merci Zyghna, c'est exactement ça! Je n'aurai pas trouvé d'autres mots pour le décrire.

Cette voix, je la retrouve beaucoup dans mes attitudes, mes "combats" en tant que professionnelle pour des enfants différents, surtout dans l'institution pour enfant avec autisme. Là, j'aurai assez d'énergie pour déplacer des montagnes s'il le fallait. Ce qui m'anime dans ces moments c'est comme une croyance forte, une voix forte qui dit que nous avons tous en nous des compétences. Il s'agit alors de dire aux parents, aux collègues, à la direction que malgré les difficultés liées au handicap, ceux sont des enfants, adolescents qui sont dignes de vivre et qu'ils ont eu aussi une multitudes de compétences et de qualités.
Je n'arrive pas à trouver exactement les mots suffisamment fort pour l'exprimer, mais le terme humanité raisonne vraiment bien.
Herm's a écrit :La voix intérieure est celle de mon inconscient, à qui j'ai progressivement laissé une large place jusqu'à lui laisser volontairement les rênes de ma vie.
Herm's je penche plus du côté de Zyghna dans le sens où ce n'est pas quelque chose qui est propre à nous, mais comme quelque chose qui vient plutôt de l'extérieur de nous.
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Re: La voix/voie intérieure

Message par Sephir » ven. 17 janv. 2014 02:39

C'est la première réponse que j'apporte à un topic de ce forum, si on ne compte ma présentation.
J'ai eu une expérience mitigée avec les gens que j'ai croisé sur le chat. "Pourquoi es-tu ici ?" "Je ne comprends pas ce qui t'as motivé à t'inscrire", etc. J'espère donc, qu'en exprimant mon but, ici, ce sera plus clair. Je préfère le terme but que le terme rêve. Car je n'ai jamais rêvé de celui-ci. J'ai simplement le désir ardent de le réaliser.

Parmi l'étendue presque infinie de possibles qui s'étendait à moi, deux voix me semblaient plus appréciables que d'autres. Une vie sentimentalement comblée, et une vie où l'expérimentation personnelle était au centre de toutes mes attentions.
Convaincu que la première ne serait possible qu'avec maintes difficultés à cause de divers détails et foutrement moins intéressante, j'ai donc récemment choisi la seconde option.

Je ne vis désormais que pour ça. Analyser, comprendre, apprendre, encore et encore. De tous et de tout. Pour l'homme de "pourquoi" que je suis, tout cela est nécessaire. Au dessus de tout, je veux connaitre les réponses de tous les pourquoi. De "Pourquoi le lait est-il blanc" à "Pourquoi sommes-nous là ?". Longtemps, j'ai été déprimé de savoir que cet objectif m'était impossible. Alors longtemps, en homme de "tout ou rien" que j'étais, j'ai choisi de ne rien apprendre.
Désormais, j'ai trouvé un but intermédiaire. Je souhaite me connaître, dans mon entièreté. Sans exception. Je veux tout savoir sur moi. Je veux me contrôler entièrement. Je veux être à même de décider ce que chaque parcelle de mon existence peut faire.
Si j'y arrive, alors peut-être seulement serai-je en mesure de comprendre les réponses des autres "pourquoi".
C'est pour ça que je pousse mon processus évolutif à se développer le plus rapidement possible, pour y parvenir le plus tôt possible. Mon temps est imparti. Je n'ai qu'une vie.
Alors j'expérimente. Je voyage, je vais à la rencontre des êtres et des choses. Je m'ouvre à eux, j'apprends d'eux. Et je partage qui je suis. Il y a tellement de problèmes qui me paraissent simples et dont trop de gens sont tourmentés. J'aimerais leur donner ma solution. J'aimerais leur dire "Fais comme ci, ce sera mieux". Mais non. Je sais que ça ne le sera pas. Je sais que chacun la solution est unique pour chacun. Je sais que dicter les choix des autres n'est pas la voie à emprunter. Alors, sans leur donner la moindre réponse, sans leur indiquer quoi faire, je leur partage mon être. Et c'est d'une difficulté sans nom. Quand les gens s'ouvrent à moi, ils ne comprennent que trop rarement ma vision. Ne la conçoivent pas. Et pour les autres, je cherche désespérément le moyen de les faire s'ouvrir, non seulement à ce genre d'expérience, mais aussi aux autres. Mais le déclic doit venir d'eux. Je ne peux que les guider vers la voie. Les inciter à me suivre en m'ouvrant, en me montrant nu à eux. Et à espérer sans faillir qu'un jour ils fassent un pas dans la direction souhaitée.
J'espère, au final, finir par atteindre l'état souhaité, j'espère pouvoir être en mesure de savoir ce qui est mieux pour les gens et leur montrer ce qui en est. J'espère ne jamais cesser de comprendre.

Et parce que cette conclusion est pleine d'espoir, j'espère que ça vous aura permis de voir un peu plus clair en moi.

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