Cyclothymie

La partie consacrée à la Santé dans sa globalité. Principalement la psychologie, psychologie sociale, la psychiatrie, les troubles de l'humeur, de la personnalité, les handicaps, l'autisme...
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orazur
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Cyclothymie

Message par orazur »

Bonjour à tous,

Cela faisait bien longtemps que je n'avais posté sur le forum, mais je reviens vers vous dans cette section pour savoir si certains ont été diagnostiqués cyclothymiques, ou du moins, se sont comme moi posés la question du diagnostique ?

Rapide résumé de ma situation : tests passés après le premier confinement, mais résultats trop hétérogènes (128 IAG, avec scores entre 110 et 135 aux sub-tests), je me construit petit à petit depuis que je suis en reconversion professionnelle. D'un commun accord avec ma psy, nous avons convenu de ne pas reprendre de rdv pour le moment, car elle ne voyait en l'état pas quoi m'apporter. N'ayant rien à lui dire spécifiquement, à part que j'avais envie de laisser décanter les résultats, d'essayer de travailler sur ma confiance en moi et mes émotions, on ne s'est donc pas revu.

Oui mais voilà. Il se trouve que j'alterne toujours entre phases de légèreté, puissance et lucidité (je ne dirais pas euphorie), et phases sans le moral, incapable de prendre de réelles initiatives, où je suis léthargique et motivé pour rien, incapable d'exploiter un potentiel que je sens en moi quand je suis dans l'autre phase.

J'alterne ces phases tous les deux jours en moyenne, en fonction du contexte que je rencontre (des réussites professionnelles ou personnelles vont allonger la période de vigueur, et à l'inverse, les échecs vont précipiter les moments de léthargie).

Je sais que les HP ont tendance à alterner fortement entre hauts et bas. N'étant pas ailleurs pas objectivement diagnostiqué comme tel, malgré un rapport final de ma psy indiquant qu'elle n'avait malgré tout pas de doute sur ma douance, je me pose la question de la légitimité de mon interprétation de ces oscillations émotionnels et de caractère.

De un, tout le monde connait des hauts et des bas, de deux, les HP y sont aussi soumis sans pour autant être cyclothymiques (corolaire : toute oscillation n'est pas le symptôme d'une cyclothymie, HP ou non). Disons que j'explore cette piste, car... autant dans les moments d'énergie je ne me pose pas la question de savoir si mon alternance émotionnelle est dérangeante (je pense, ou plutôt espère, avoir trouvé un moyen, une technique de ne plus la subir, plein d'énergie que je suis), autant dans les moments de passivité, je subis pleinement cette instabilité. Et ça me gave...

J'ai à la fois l'impression que cela fait partie de ma personnalité et n'ai pas envie d'abandonner cette alternance, mais en même temps, plus j'essaie d'assumer ce que je suis plus les oscillations me semblent parfois importantes (je suis Dieu/une merde sans nom).

Bref, si vous avez des témoignages, des lectures, des réflexions, des dessins ou des chocolats de Noël en trop dans votre calendrier de l'Avent, je suis preneur :p

Merci de m'avoir lu, et peut-être à bientôt.

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Judith
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Re: Cyclothymie

Message par Judith »

orazur a écrit : mar. 1 déc. 2020 15:08 pour savoir si certains ont été diagnostiqués cyclothymiques, ou du moins, se sont comme moi posés la question du diagnostique ?
Oui, la question de la cyclothymie s'est posée pour moi : je n'ai pas reçu de diagnostic précis mais on m'a proposé un traitement au lithium, qui n'a pas fait de miracles et que je n'ai pas conservé longtemps. Je dois donc être concernée mais c'est quelque chose qui m'est si familier que je n'y fais plus beaucoup attention. Je régule à peu près mes humeurs avec un journal qui me permet de détecter l'approche des cycles et j'essaie d'éviter les éléments déclencheurs. C'est plus efficace que le lithium et j'ai l'impression de mieux gérer les choses.

Taem
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Re: Cyclothymie

Message par Taem »

Tu dis que tu n'as pas reçu de diagnostic objectif de ta douance mais que la psy a indiqué n'avoir aucun doute sur ta douance. Pour rappel, le diagnostic (certains préfèrent parler de détection) est donné par le professionnel et non pas par le chiffre de QI.

Je te conseille la lecture Les Surdoués et les Autres, penser l'écart de TInoco, Gianola et Blasco. C'est un bouquin qui brasse beaucoup de sujet mais notamment celui en partie de ces alternances. Il m'a beaucoup apporté.

Sinon, je ne peux que t'inviter à te réapproprier ces moments de haut et de bas. L'un étant probablement nécessaire à l'autre. Dans le bas, on remet en question, on regarde le fond de son âme, son inanité et la vacuité des choses, avant de reconstruire le sens de tout ce que l'on vit et de revivre une phase un peu plus haute, qui elle aussi, à son tour, devra être remise en question tôt ou tard, face au grand mystère qu'est notre vie !

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Laurène Bancale
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Re: Cyclothymie

Message par Laurène Bancale »

J'ai été diagnostiquée il y a quelques mois. Beaucoup d'errance diagnostique, de mon côté, malgré beaucoup de consultations psy depuis des années (mais la cyclothymie est un trouble mal connu, et encore plus mal diagnostiqué).
Mes connaissances perso en psycho m'ont permis d'avoir une piste en auto-diagnostic, que j'ai été confirmer chez un psychiatre spécialisé dans les troubles bipolaires. J'ai un traitement depuis (Lamictal), qui diminue fortement mes variations d'humeur et, surtout, leur intensité. Je ne pense pas encore être arrivée au dosage optimal, mais c'est déjà, en ce qui me concerne, un grand soulagement.

Pour ma part, la cyclothymie se manifeste par une alternance de phases :
- euphoriques ;
- d'irritabilité sans objet, d'humeur potentiellement explosive (c'est le symptôme le plus fréquent chez moi, malheureusement, et c'est très difficile pour moi et pour mes proches) ;
- de manque d'énergie/dépression (phases plus rares, mais relativement durables).

Mon humeur change rapidement, et souvent sans raison : de plusieurs fois dans une journée à maximum 4-5 jours.
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Pascalita
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Re: Cyclothymie

Message par Pascalita »

orazur a écrit : mar. 1 déc. 2020 15:08 Je sais que les HP ont tendance à alterner fortement entre hauts et bas.
Je ne suis pas sûre que ce ne soit pas, là encore, une des fameuses caractéristiques psychologiques attribuées sans fondement aux hp.

Tout le monde a des changements d'humeur, des hauts et des bas ; donc les hp aussi. Que les hauts comme les bas puissent être ressentis plus intensément par les hp, c'est déjà un pas supplémentaire, qui peut être vrai - mais peut aussi être un biais (le biais de sélection qui fait que les surdoués dont parlent les psychologues sont ceux qui font la démarche d'aller les consulter). En tout cas, si ça devait être une caractéristique réellement imputable au haut potentiel (l'intensité), cela impliquerait que le système fonctionne à l'équilibre, et que la gestion de cette intensité ne représenterait pas un problème.
Que les hp aient tendance à alterner plus fortement, c'est aller encore plus loin ; ce n'est pas fondé et ça peut induire en erreur parce qu'on en arrive à pathologiser ce qui ne l'est pas et inversement, à banaliser (ou en tout cas considérer à travers un filtre erroné) une pathologie.

Je pense que si tu ressens les variations comme handicapantes, soit parce que ton système interne a du mal à gérer ou que rétablir l'équilibre est trop coûteux, soit parce que tes relations avec les autres en deviennent difficiles, alors il est juste de te poser la question d'un point de vue médical. Parce qu'on ne serait pas, à ce moment-là, dans la vision que décrit Taem, d'une sorte d'introspection métaphysique ou de questionnement récurrent sur le sens de la vie.
Et ce, hp ou pas hp - la question n'a pas à se poser, ni celle de se réapproprier quoi que ce soit.

Tu peux peut-être commencer par consulter un psychologue ou un psychiatre, pour avoir un avis pertinent et objectif. Comme le disent Judith et Laurène Bancale, il y a des options thérapeutiques (médicamenteuses ou non), un conseil professionnel et la possibilité de voir si ça te convient ou non, d'ajuster si besoin, en fonction de toi.

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Laurène Bancale
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Re: Cyclothymie

Message par Laurène Bancale »

Je suis tout à fait en accord avec ton post, Pascalita.

Je précise simplement un point :
Tout le monde a des changements d'humeur, des hauts et des bas
Tout à fait. Toutefois, une des particularités des troubles bipolaires (dont la cyclothymie est, en très gros, une forme atténuée), c'est que les changements d'humeur subis n'ont souvent pas grand rapport avec les circonstances extérieures.
Les cyclothymiques sont évidemment sensibles aux évènements extérieurs, comme tout le monde : des problèmes au travail minent le moral, un évènement heureux le remonte, etc... Mais beaucoup de changements n'ont aucun rapport avec la choucroute, si j'ose dire. C'est inexplicable.
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Re: Cyclothymie

Message par Pascalita »

Merci pour la précision, Laurène.
C'est un élément concret qui peut aider à faire la différence, ou orienter dans la réflexion.


orazur :
► Afficher le texte
:)

orazur
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Re: Cyclothymie

Message par orazur »

Pascalita a écrit : mer. 2 déc. 2020 10:55
orazur a écrit : mar. 1 déc. 2020 15:08 Je sais que les HP ont tendance à alterner fortement entre hauts et bas.
Je ne suis pas sûre que ce ne soit pas, là encore, une des fameuses caractéristiques psychologiques attribuées sans fondement aux hp.

Tout le monde a des changements d'humeur, des hauts et des bas ; donc les hp aussi. Que les hauts comme les bas puissent être ressentis plus intensément par les hp, c'est déjà un pas supplémentaire, qui peut être vrai - mais peut aussi être un biais (le biais de sélection qui fait que les surdoués dont parlent les psychologues sont ceux qui font la démarche d'aller les consulter). En tout cas, si ça devait être une caractéristique réellement imputable au haut potentiel (l'intensité), cela impliquerait que le système fonctionne à l'équilibre, et que la gestion de cette intensité ne représenterait pas un problème.
Que les hp aient tendance à alterner plus fortement, c'est aller encore plus loin ; ce n'est pas fondé et ça peut induire en erreur parce qu'on en arrive à pathologiser ce qui ne l'est pas et inversement, à banaliser (ou en tout cas considérer à travers un filtre erroné) une pathologie.
Je ne disais cela que par anticipation d'éventuelles réponses qui abonderaient en ce sens que les HP ont une émotivité souvent à fleur de peau, et donc propice à des changements d'humeurs. Je renvoie vers un post du forum où un vademecum des caractéristiques des HP ont été rédigées après des années d'expériences et d'échanges sur le forum.

Quoiqu'il en soit, j'ai finalement appliqué le conseil que tu me donnes à la fin de ton post [mention]Pascalita[/mention] : j'ai envoyé un mail à la psy qui m'avait fait passer le test pour savoir si elle était indiquée pour parler de ces questions, et si non, savoir vers qui elle pourrait me rediriger.

En ce qui concerne la gestion des hauts et bas comme moments opportuns de faire une forme de point philosophique sur soi-même, comme le suggère [mention]Taem[/mention] , je dois dire que cela ne m'apporte plus réellement aucun changement. Je sais de quoi je parle : j'ai effectué un parcours universitaire en philosophie, et ait été professeur contractuel dans la discipline pendant plus de six ans. Je fais ce point depuis des années, je dois même dire que je me suis construit sur ce modèle. Donc, soit 1/ je pourrais aborder la chose différemment (ce qui est tout à fait possible), car en l'état je serais trop collé à un copier/coller d'une démarche inefficace sur le point de l'amélioration de l'équilibre personnel, soit 2/ le problème est ailleurs. A vrai dire, je pense davantage comme Nietzsche, que le corps est plus spirituel que l'esprit (comprendre : qu'il en dit beaucoup plus long sur nous que nos pensées conscientes).

Pour revenir à ce que j'avais à l'esprit en écrivant mon premier post : ce qui m'embête, oui, c'est que ces changements d'humeurs semblent découler d'une source que je n'arrive pas à identifier. Un de mes questionnements se situe donc là (et c'est probablement un point capital pour un éventuel diagnostic) : mes changements d'humeur sont-ils indépendants des évènements extérieurs ? indépendants également de mes états psychologiques conscients ? indépendants même des états inconscients, en faisant la résultante de purs dérèglements hormonaux ou je ne sais quoi (je n'y connais pas grand chose en bio ^^) ?
En l'état, je me dis que ces changements ne sont pas normaux (je vis en couple depuis 7 ans, j'ai des amis) : je vois bien que contrairement à (presque?) tous mes proches, je suis quand même vachement plus fluctuant, même si je le cache beaucoup. (après j'envisage aussi qu'il puisse en être de même pour les autres...).

Mais bon, moi ça impacte mon dynamisme (je peux déborder d'énergie et être capable de prendre mille initiatives ou au contraire, d'être amorphe pendant plusieurs jours, à ne même pas faire la vaisselle), mon attention au monde (trop pris par mes pensées, je me laisse absorber par elles sur plusieurs heures/jours), ma force de raisonnement (infoutu d'être pertinent dans une simple conversation, et d'autres fois brillant), ainsi que ma motivation et mon estime personnelle (je me sens être un dieu, ou au contraire l'avenir me parait inévitablement être sombre).

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Klr
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Re: Cyclothymie

Message par Klr »

Bonjour Orazur.
Je connais bien le sujet. J'ai été diagnostiquée bipolaire à l'âge de 21 ans suite à une décompensation un peu vénère. 9 ans de traitement médicamenteux, des psys par paquets de 12.
Jusqu'au jour où j'ai décidé d'arrêter le traitement (aucune rechute pendant 9 ans). Protocole d'arrêt, tout s'est bien passé, je vis sans médocs depuis 7 ans. Et je suis tombée sur une analyste, la bonne, enfin. Elle a levé ce diagnostic en me disant dès les premières séances qu'elle avait des doutes sur ce diag, il s'avère que je ne suis pas plus bipolaire (ou cyclo, ou maniaco-dépressive) que les autres. Je sais depuis 3 ans que je ne suis pas si fragile que ça, et c'est très chouette.
Ce que j'ai découvert d'intéressant en revanche, c'est que la cyclothymie (ou les autres noms qu'on lui donne), serait un problème lié à la relation à l'autre, même si ça ne semble pas y être relié directement (on est bien/mal, sans arriver à le contrôler, sans raison identifiée). Et je suis plutôt allée creuser de ce côté-là, et j'ai découvert pas mal de choses, et me suis soignée avec l'aide inestimable de cette analyste. En revanche il a fallu aller chercher très loin dans le passé pour trouver les mécanismes originaux et remonter aux mécanismes réflexe. Je suis loin d'avoir fait le tour de la question, mais ça m'a beaucoup aidé, je vis un peu plus paisiblement (j'ai dit un peu, hahaha). Car comme toi, je ne comprenais pas ces humeurs.
Donc je rejoins les avis plus haut, aller creuser le sujet avec un-e professionnel-le compétent-e et avec qui tu pourrais établir un lien de confiance, c'est indispensable je pense.

orazur
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Re: Cyclothymie

Message par orazur »

Klr a écrit : ven. 4 déc. 2020 08:24 Bonjour Orazur.
Je connais bien le sujet. J'ai été diagnostiquée bipolaire à l'âge de 21 ans suite à une décompensation un peu vénère. 9 ans de traitement médicamenteux, des psys par paquets de 12.
Jusqu'au jour où j'ai décidé d'arrêter le traitement (aucune rechute pendant 9 ans). Protocole d'arrêt, tout s'est bien passé, je vis sans médocs depuis 7 ans. Et je suis tombée sur une analyste, la bonne, enfin. Elle a levé ce diagnostic en me disant dès les premières séances qu'elle avait des doutes sur ce diag, il s'avère que je ne suis pas plus bipolaire (ou cyclo, ou maniaco-dépressive) que les autres. Je sais depuis 3 ans que je ne suis pas si fragile que ça, et c'est très chouette.
Ce que j'ai découvert d'intéressant en revanche, c'est que la cyclothymie (ou les autres noms qu'on lui donne), serait un problème lié à la relation à l'autre, même si ça ne semble pas y être relié directement (on est bien/mal, sans arriver à le contrôler, sans raison identifiée). Et je suis plutôt allée creuser de ce côté-là, et j'ai découvert pas mal de choses, et me suis soignée avec l'aide inestimable de cette analyste. En revanche il a fallu aller chercher très loin dans le passé pour trouver les mécanismes originaux et remonter aux mécanismes réflexe. Je suis loin d'avoir fait le tour de la question, mais ça m'a beaucoup aidé, je vis un peu plus paisiblement (j'ai dit un peu, hahaha). Car comme toi, je ne comprenais pas ces humeurs.
Donc je rejoins les avis plus haut, aller creuser le sujet avec un-e professionnel-le compétent-e et avec qui tu pourrais établir un lien de confiance, c'est indispensable je pense.
Merci [mention]Klr[/mention] pour ton message.

J'ai contacté ma psy, mais sa réponse m'incite à bien réfléchir. Elle est tout à fait d'accord pour prendre rdv, mais me met en garde car d'après elle, le HPI et le patient cyclothymique partagent de nombreux points communs (sous l'aspect des symptômes évidents je pense).

Il n'empêche que, depuis que j'ai envisagé cette hypothèse de cyclothymie, je réinterprète différemment mon passé vis--à-vis de différentes choix et comportements, qui pourraient s'éclairer par l'alternance très marquée intérieurement, de "hauts" et de "bas" (à défaut de mieux les nommer pour l'instant).

Je me permet de m'épandre sur le sujet :

Phase de "bas" : durant ces moments, c'est comme si je me renfermais petit-à-petit sur moi, que la masse de mon ego m'alourdissait comme une planète qui s'effondre sur sa masse pour devenir un trou noir. Ma volonté d'agir (physiquement, de faire des choses), va en baissant, je reste de plus en plus immobile. Je suis "coincé" dans ma tête, mon dynamisme chute. Mon moral a tendance à baisser, même si sur ce point, j'y vois plusieurs explication : je me sens responsable de cet état, j'ai l'impression de mal faire qqch, que ce soit soit intellectuellement où je n'arrive pas à rationnaliser pour agir, ou purement au niveau de ma volonté où je n'arrive pas à me foutre un coup de pied au cul comme on dit. Mon ego en prend un coup. Sinon, je crois que j'ai aussi un problème identitaire : avant ces phases de bas, je m'identifiais à cet "autre" moi, beaucoup plus dynamique, du coup en plus de m'en vouloir de de ne pas arriver à le retrouver, je me pose la question du "qui suis-je vraiment ?"

Phase de "haut" : je me sens gagné d'une effervescence intérieure. J'ai de plus en plus d'énergie, mais ce n'est pas toujours agréable. Je boue de plus en plus intérieurement. Dans un premier temps j'ai de nouveau envie de faire des choses, mais comme englué par mon précédent état je ne m'y mets pas encore, ce qui est source de malaise. Plus le temps passe plus je commence à agir selon mes projets persos (je parle pas de vaisselle ou autre ici). Puis arrive un moment où récemment, je découvre que cette énergie ne peut se libérer qu'en ayant des objectifs "hors catégorie", "grands". Je n'ai pas envie que de répondre aux attentes de mon boulot, de ma copine, etc. Je veux plus, voir grand. Oser est le mot, "penser hors du cadre". C'est là que l'atypisme se révèle vraiment, et en général où je suis le plus investi, libéré et efficace. Mais ça ne dure généralement pas...

Voilà... Je ne sais si mon témoignage retrace ce que tout le monde vit ou non... Ca m'éclairerait d'avoir vos retours.

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Klr
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Re: Cyclothymie

Message par Klr »

Je n’oserai jamais prétendre que ce que je pense est objectif. Mais pour moi, que tu sois étiqueté HPI ou cyclothymique n’est pas le bon biais (encore une fois ce n’est que mon avis, et ce n’est peut-être pas le bon pour toi). Si ta souffrance est là, c’est plutôt à elle qu’il faut s’attaquer, peu importe l’étiquette sous laquelle elle est. Ce qui a sauvé ma première partie d’analyse (qui n’est pas finie à ce jour, je suis en pause) je pense, c’est que la professionnelle que j’avais en face de moi a tout simplement enlevé l’étiquette sous laquelle j’étais estampillée, car je voyais les choses principalement sous ce prisme (haaaan, maniaco-dépressive, ma vie va être horrible à jamais, à vivre à vif en permanence). Jamais elle n’a abordé le sujet HPI avec moi, et pourtant elle a abordé pratiquement toutes ses caractéristiques basiques (la maline 😉, elle savait bien que ce trucmuche était loin de moi). On a soigné ensemble mes souffrances, sans les apparenter à des modèles de fonctionnement préexistants qui m’auraient coincée dedans (ce que je vivais depuis plus de 10 ans)
J’étais régie par mes humeurs, mes émotions, je ne voyais que par elles, et elles me terrifiaient.
Aujourd’hui ça va mieux, j’arrive à trouver des moments de solitude, quasiment quotidiens. C’est tout ce que j’ai trouvé pour le moment (ah si je danse toute seule dans le noir avec la musique à fond dans les oreilles, ça m’aide à évacuer le trop plein). Mais ça fonctionne (en plus d’aller comprendre pourquoi je n’arrivais à fonctionner qu’en noir et blanc). Quand je suis en phase hypomaniaque, j’attends que ça passe. Quand je suis dans l’inverse, pareil, je sais que ça passe. Je ne sais pas ce que tu fais quotidiennement, mais pendant des années j’ai fait de la peinture, j’allais dans des endroits de mon cerveau où il était difficile de revenir. Ça fait quelques années que je peins certes toujours, mais j’ai une profession beaucoup plus concrète et terre à terre, ça m’aide à m’ancrer et réduire un peu le flot émotionnel, et avoir du neutre dans ma vie.
Ça paraît tout bête comme ça, mais il m’a fallu pas mal d’années pour arrêter d’avoir peur de moi-même (allé, ce serait mentir de dire que ça n’arrive plus jamais). Je me suis aussi rendue compte que toutes ces humeurs étaient des humeurs réflexes, en ce qui me concerne, comme si à ce niveau-là j’étais restée coincée dans l’enfance. Enfin c’est comme ça que je le vois. J’apprends à grandir, et à envoyer toutes mes capacités de rationalisation quand je vois que ça déraille.
Depuis que j’avais été diagnostiquée bipolaire, il y avait toujours une gendarme en moi qui me disait « attention tu pleures trop », «attention tu ris trop ». J’ai gardé cette petite gendarme, mais aujourd’hui elle est plus en mode gardienne de la paix que force de l’ordre. Elle me dit « ça va aller ma grande, respire, et attends 5 minutes (ou 3 jours) ».
Je ne sais pas si ça peut t’aider, je n’aurais pas cette prétention, mais encore une fois, un-e bon-ne professionnel-le peut te faciliter la vie.

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Re: Cyclothymie

Message par orazur »

[mention]Klr[/mention] : merci pour ta réponse. Je me retrouve dans plusieurs points que tu abordes.

Traiter la souffrance peu importe l’étiquette que l’on peut y mettre est, je crois, ce que je fais actuellement (ou du moins ce vers quoi je tends). N’ayant été diagnostiqué HPI que par le biais de la parole de ma psy, ce diag n’a pas été validé par la froide objectivité des chiffres. J’ai eu toutes les peines du monde au début à savoir donc quoi faire de tout cela, jusqu’à ce que je décide comme tu le dis de traiter la souffrance que je ressentais, peu importe si devais y poser une étiquette HPI ou non.
Je fais parti de ceux qui ont développé une addiction, pour laquelle maintenant je suis abstinent depuis plus d’un an. Ce qui m’a aidé a été d’admettre que je n’étais dans un premier temps pas responsable de ce que je ressentais, de ma souffrance. J’ai cessé de m’en vouloir, et c’est ça qui m’a permis d’apprendre non pas à en guérir, mais de vivre avec.

Tu dis avoir fait de la peinture et avoir connu des moments où tu partais dans ton cerveau tout en ayant du mal à en sortir. J’ai passé un tiers de ma vie a faire de la philosophie, et je crois pouvoir dire que j’ai connu la même chose. Je suis désormais dans l’informatique qui, bien que prenant intellectuellement, se rapporte davantage à de l’artisanat. J’en apprends bcp sur moi-même.

Bref, tout ça pour dire : merci de me procurer un témoignage qui fait un peu écho à ce que je vis ! ^^

Pour le recours au spécialiste, je vais voir : je suis têtu, et ayant une piste de travail, je veux la tester avant?

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Artémis
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Re: Cyclothymie

Message par Artémis »

Merci pour ce post qui m'a pas mal interpellé pas mal dans mon grand cheminement personnel... En fouinant par-ci,par-là, je suis tombé sur cette Bd :
http://www.goupil-ou-face.fr/bd.html
Quelqu'un l'a t'il ou t'elle déjà lu.e?
"Je ne suis pour toi qu'un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde. Tu es responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé."
Saint-Exupéry

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Re: Cyclothymie

Message par orazur »

Artémis a écrit : lun. 7 déc. 2020 20:21 Merci pour ce post qui m'a pas mal interpellé pas mal dans mon grand cheminement personnel... En fouinant par-ci,par-là, je suis tombé sur cette Bd :
http://www.goupil-ou-face.fr/bd.html
Quelqu'un l'a t'il ou t'elle déjà lu.e?
La question m'intéresse aussi !
Si personne n'a eu l'occasion de la lire, je finirai bien par l'acheter et en faire un bilan ici...

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