Comment penser positif ?

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Anatman

Comment penser positif ?

Message par Anatman » ven. 23 oct. 2015 06:12

Il y a longtemps que je me suis inscrit sur ce forum sans pour autant écrire aucun post autre que celui de présentation. J'avoue que je n'ai pas trop l'esprit forum. J'avoue aussi que je ne sais plus trop quoi penser de mon surdouement/ma douance outre le fait que ce m'est plus une épine dans le pied qu'autre chose, et je ne sais plus si c'est une explication ou une excuse à mon mal-être.

Je n'ai jamais eu des rapports faciles avec ce que je m'appelle dans mon jargon personnel les Autres – cette partie majoritaire de l'humanité qui n'est pas moi. Tout petit déjà (formule clichée, certes), les autres enfants me percevaient comme bizarre, même s'il y a plus à parier que je démontrais plus de sensibilité que autrui et que par conséquent j'en devenais une cible facile pour les moqueries : j'étais assez prompt à pleurer ou à me mettre en colère, souvent les deux, et j'imagine que déclencher ces émotions devaient être relativement amusant pour ces petits merdeux.
Avec le temps, à travers l'école, le collège, le lycée, les études secondaires, et malgré des copains et des amis faits et perdus en cours de route, ma perception des Autres ne s'est jamais vraiment améliorée. Les Autres sont toujours restés pour moi une source d'hostilité incompréhensible. Et donc un problème à résoudre. J'ai orienté mes études sur ce sujet. J'ai fait une prépa littéraire en partie pour mieux comprendre la nature humaine. J'ai fait une école de management public et politique pour voir comment gérer cette société.
Et maintenant je suis agent immobilier. Plus parce qu'un an de chômage m'a fait revoir mes ambitions à la baisse qu'autre chose. Mais aussi, j'avais dans l'idée dans me jeter dans un environnement qui me forcerait à évoluer. Résultat, en 5 mois, je n'ai aussi mal dormi (et je pleure régulièrement aussi.) Cependant, je me suis rendu compte que tout ce mal-être était en partie dû au fait que j'étais plongé dans un océan de négativité.
Là où chaque nouvelle porte qui s'ouvre devrait être une opportunité, moi je me demande de quelle manière je vais me faire rembarrer. Là où je devrais considérer les gens par défaut comme amis, ou tout cas neutre, je les considère par défaut comme ennemi.
Je ne sais pas comment penser positif. Ça me dépasse, ça m'angoisse. Je sais que la solution à tous mes problèmes serait de faire abstraction, de m'assumer et de me dire que la vie est belle, d'appliquer bêtement la méthode Coué, mais je n'y arrive pas. Et j'ai beau m'accrocher, je sais que si je ne trouve pas une solution à ce problème, je vais finir par tout plaquer et... je ne sais pas ensuite.

Comment faites-vous, vous, pour penser positivement ?

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Animal
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Re: Comment penser positif ?

Message par Animal » dim. 25 oct. 2015 09:58

Les pensées "négatives" (les émotions désagréables voire destructrices) manifestent des besoins "positifs", vitaux.

J'ai longtemps déprimé, avec des périodes plus ou moins intenses, plus ou moins tenables. Rien ne semblait pouvoir me rendre durablement la pêche. Une espèce de déprime de fond, qui ramenait des vagues d'angoisse face à certaines difficultés, puis qui redevenait supportable quand tout allait à peu près bien. Cette déprime venait de la difficulté à donner du sens à ce que je vivais, au monde dans lequel j'évoluais. Le monde humain n'a que le sens qu'on lui donne. Et force est de constater que le sens donné à la vie est globalement celui d'une partie de Monopoly ou Risk, qui ne saurait satisfaire l'instinct grégaire, celui qui fait qu'on a besoin des autres. Ceux qui sont les plus adaptés à ce monde ont remplacé ce besoin relationnel par la volonté de pouvoir. La "civilisation" n'est que le règne des relations de pouvoir. Il faut être sociopathe pour s'y complaire. Avis perso.

Mais cela ne change en rien notre nature profonde. C'est en se conformant à cette dernière que je trouve un équilibre. Je n'ai pas que des pensées positives, mais je sais que mes pensées négatives expriment le besoin de quelque chose de positif.
La négativité a pu m'envahir, car on perçoit le monde selon l'idée qu'on s'en fait, et cette idée se forge suite à nos expériences de vie. Ainsi, quand on a accumulé certaines souffrances (parce qu'on n'a rien pu en faire pour aller dans le sens de la vie), on noircit plus facilement le tableau par avance, ce qui entraîne souvent confirmation de la crainte de départ. Ce qu'on croit, pense du monde, génère les limites de notre champ de vision, et par conséquent de nos possibilités d'action. L'esprit crée l'avenir, en quelque sorte, car les informations qu'il privilégie déterminent choix et actions.
J'ai donc, pour commencer, dû trouver un moyen de libérer les émotions négatives accumulées, retrouver le lien avec l'élan vital qui se dissimulait derrière. Cela n'a pas rendu le monde moins insensé, mais plus "explicable". Avoir le sentiment de pouvoir mieux comprendre la folie du monde, parallèlement à la mienne, me permet d'entrevoir ce que je peux y faire de positif, ce qui a du sens pour moi, si minime que ça puisse paraître, vu de l'extérieur. Mais ce qui peut être vu de l'extérieur, quelque part, n'est pas totalement de ma responsabilité.

Paradoxalement, donc, avoir le sentiment de mieux comprendre un monde que je ne juge pas moins malade, m'aide à ne pas perdre de vue l'essentiel, en lequel j'ai foi pour aller dans le bon sens. Qu'on l'appelle "essence", "nature", "vie", ou même "Dieu", il s'agit de ce qui nous anime profondément, et qui ne saurait être "mauvais". Je pense que tout crime est une erreur, et vise un but positif (au moins pour celui qui le commet). C'est le moyen envisagé qui pèche, bien plus que l'intention. La guerre est souvent une recherche dramatique de paix. Dans l'esprit, je crois qu'il en est de même. L'effort fait pour s'apaiser nuit en lui-même au but visé. L'accord intérieur, l'harmonie, ne peut résulter de l'exercice de la force. Seule la connaissance de soi peut l'amener. Difficile de trouver de bonnes sources, cela ne se fait pas en un jour, pour moi, mais c'est par là. La boussole, le truc à consulter régulièrement pour ne pas perdre le cap, c'est l'attention au ressenti, qui nécessite de trouver un moyen de faire taire momentanément le mental.
Voilà en gros comment j'ai colmaté les fuites, écopé, remis le bateau-fantôme à flots, et comment je navigue. Une émotion négative -> Que dit la boussole ? Mieux je vais, mieux ça se passe, le reste suit.
"Ce n'est pas un signe de bonne santé mentale d'être bien adapté à une société malade."
J. Krishnamurti

Ianthe

Re: Comment penser positif ?

Message par Ianthe » dim. 25 oct. 2015 17:48

Comment penser positif? Si on m'annonce quelque chose, je cultive les conséquences positives que ça aura et soit ne vit pas en fonction des éventuelles conséquences négatives - indifférence - soit je trouve des solutions qui parfois ont même des répercussions positives excédentaires. Il y a en tout cas toujours celle d'avoir réussi à faire un atout de quelque chose que j'avais le choix de mal vivre. Je reste pragmatique et ne donne pas plus de sens aux choses qu'elles n'en ont, je ne spécule pas, ne surinterprète pas, garde mon calme. Garder son calme est aussi du pragmatisme, celui d'exploiter son énergie à bon escient. Bref, self-control. Et le self-control fait appel à ses nerfs.

Par exemple, un jour, dans un café, une fille dans ma table lançait une anecdote véridique. Une femme s'imaginant qu'elle allait épouser un homme qui en réalité était déjà marié lui a donné énormément d'argent. Quand elle a appris la supercherie, à force de se rendre malade, elle est devenue tétraplégique. Cette fille a conclu qu'elle aurait du garder son calme, ravaler ses émotions négatifs et se contenter de réfléchir à comment être financièrement dédommagée : tout ce qui a une réalité concrète.

Donc dans ton cas, plutôt penser à embellir ton quotidien, à cultiver le bon dans ta vie fut-il pour l'instant infime, plutôt qu'essayer de corriger ce qui t'embête...

C'est savourer le demi-verre d'eau en étant reconnaissant de l'avoir plutôt que chercher à tout prix la solution pour le remplir complètement.
C'est apprendre à lâcher prise aussi, du coup. Si quelque chose a mal tourné, laisser couler, ne pas y voir une fatalité (ou l'on peut même risquer de la provoquer) et s'impliquer à nouveau dans le bon, ou l'on risque de vraiment passer à côté et de ne jamais aller mieux...

Bon courage!!

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Re: Comment penser positif ?

Message par Louise » dim. 25 oct. 2015 19:03

Comment? => Brain training.

C'est facile pour moi de dire ça, je suis personnellement quelqu'un de fondamentalement optimiste, même si cela s'entretient, c'est un bagage de base non négligeable, le bonheur, la confiance, ça m'est simple (et la vie m'a apporté tout ce que je souhaitais, ce que je n'ai pas obtenu par volonté, je l'ai eu par chance... mais je suis convaincue que c'est parce que moi et l'univers, on va dans le même sens.. ça parait ésotérique, mais c'est très sensé : faire avec le réel).

La lecture du bouquin ci dessous (je fonctionne aussi beaucoup avec les bouquins...) si elle n'a pas bouleversé ma vie (cf ci dessus), a mis des mots sur pas mal de choses, notamment : notre cerveau change. Constamment. Tout comme notre cerveau modèle nos expériences, nos expériences modèlent notre cerveau, nous avons réellement la main pour modifier physiquement, physiologiquement notre cerveau. L'aptitude au bonheur/sérénité/optimisme/positif, ça se cultive. Tout comme l'inverse. Mais ça nécessite travail (et donc engagement).

Le bouquin te parle de méditation, mais tu peux utiliser l'outil que tu veux...mais à ta lecture et à sa lecture, je me dis que peut être tu pourrais y trouver des pistes.

Le cerveau de Bouddha
Petit pitch :
"Le saviez-vous ? Il suffit de petites modifications pour provoquer de grandes transformations dans votre cerveau et dans votre vie. La méditation est la clé de ce changement.

Chacun peut entraîner ses capacités naturelles et avoir un « cerveau de Bouddha ». A l origine, Bouddha avait le même cerveau que tout le monde, capable de sérénité mais aussi de colère, de clairvoyance comme de confusion, d amour ou haine. Par le travail de la méditation, il a transformé son être profond.

Rick Hanson vous explique comment, à la lumière des neurosciences et des plus récentes découvertes en psychologie. Il vous propose également des conseils pratiques et des méditations guidées, pour intégrer la pleine conscience à votre quotidien.

Avec ce livre, laissez méditation transformer votre vie !" (bon en vrai ça parle de vachement d'autre chose que de méditation, je trouve)

Remarque personnelle de mon avis à moi même : à la lecture de ton topic, je constate qu'en effet, tu parles des Autres, tu as consacré une énergie folle, une grande partie de ta vie à tenter de comprendre l'Autre et de trouver ta place. Attendre de trouver la satisfaction et la sérénité à l'extérieur de soi, c'est en laisser le contrôle à quelqu'un d'autre... Vu de l'extérieur, et très basiquement, je me dis que peut être tu pourrais simplement changer d'objet d'étude et concentrer ton temps, ton énergie, tes efforts.... sur toi. A chercher à réfléchir au sens que tu veux donner à TA vie, à TE comprendre, à T'aimer, être indulgent avec TOI, etc.

Les moments de souffrance que j'ai eu dans ma vie, mes plus grandes épreuves, ont été quand je n'ai pu être fidèle à moi même.

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arizona
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Re: Comment penser positif ?

Message par arizona » dim. 25 oct. 2015 21:51

Une solution pour penser positivement :
S'obliger à le faire, et voir ce que cela donne.
Donc il ne s'agit pas, comme tu dis, d'appliquer bêtement la méthode Coué. Non. Juste, l'appliquer, et lui donner une chance.
Faire des expériences idiotes.
Aller à la mairie demander un papier, et le faire en haïssant le monde entier, et en pré-supposant que l'employé est idiot, paresseux, et pas au fait des dernières directives. Lui parler de telle façon qu'il ne peut que comprendre qu'on le considère comme un ennemi, comme tu dis.
Et puis y retourner, en s'habillant joliment, en souriant gentiment, en pré-supposant que l'employé est quelqu'un comme toi, paresseux ni plus ni moins que toi, et faisant son travail au mieux qu'il le peut.
Et voir la différence.
Souvent, dans le premier cas, l'employé est effectivement paresseux et idiot,tu l'as réduit à cela.
Dans le second cas, il décroche son téléphone, donne des papiers qu'il ne devrait pas, parce que tu es sympa et ouvert, et se décarcasse pour te rendre service.

Les relations que nous entretenons avec les Autres sont un cercle, qui peut vite devenir vicieux.
J'ai assez rapidement appris cela, avec les clients.
J'arrive au boulot, tout va mal, je suis triste et désemparée, fatiguée, je ne comprends ni le monde ni les autres.
Le premier client qui arrive, est, lui aussi, parfois, dans le même état que moi. S'ensuit un échange qui peut vite mal tourner, moi disant : quel connard ce client pour qui il se prend, et lui : mais quelle conne celle-la, pour qui elle se prend, et chacun pensant qu'il a raison, alors que nous avons tout les deux tort, tout en ayant tous les deux raison.

Il faut briser cela, comprendre et accepter que l'autre aussi, parfois, est perdu et triste et désemparé, que lui non plus n'a pas les clefs, et céder le premier ( surtout dans un métier de service ). Sourire, être gentil, accepter. Et tu sais quoi ? Miracle, l'autre se détend immédiatement, fait de même, et s'excuse en plus pour son comportement. Ce que je dis est vrai 80 % du temps minimum, parce que en fait, l'autre en face, ce n'est pas un connard. C'est un gars qui vient de se faire larguer, qui vient de perdre son boulot, qui est dépressif, qui ci, qui ça. Mais qui ne sait pas mettre de côté face aux autres. Les 20% qui restent, ce sont effectivement des connards, il est toujours temps de ravaler sa gentillesse et de changer d'attitude.

Dans mon exemple, si cela se passe mal avec le premier client, ce sera pire avec le deuxième, et encore pire avec le troisième. Alors que si tu empêches la chose de s'installer, dès le premier, non seulement elle ne s'installe pas, mais il te fera sourire, te mettra de meilleur humeur, et te booster pour le second, qui lui même te boostera pour le troisième, etc. Au final, tu as passé une bonne journée, parce que sans même le savoir, tu as laissé les autres te donner de l'énergie.

Tu n'y crois pas ?
Essaye. Mais honnêtement, sans arrière pensée du genre : ouais, j'essaye, mais ça va, hein, je sais déjà.
Tu risques d'être étonné.

Rien que cela peut te sortir de l'océan de négativité dont tu parles. Simplement te rendre compte que : les autres ? C'est toi.
Si nous n'étions pas d'ici, nous serions l'infini.
D'une chanson.

Ianthe

Re: Comment penser positif ?

Message par Ianthe » dim. 25 oct. 2015 21:56

J'appuie le message d'arizona, c'était entre autre ce que je voulais dire par "ne pas voir de fatalité ou on pourrait la provoquer"...

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