Phobie scolaire

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Chacoucas
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Re: Phobie scolaire

Message par Chacoucas » dim. 24 mai 2015 18:48

Je suis presque "content" de vous lire parce que... je suis pas le seul à ressentir ça.
Après, je voudrais juste ajouter, pour nuancer (quoi que ça aille dans le sens de faire l' éducation hors de l'éduc nat). En tant que prof (j' ai eu de la 6ème à la première en littérature, BTS en culture générale et expression (préparation à la synthèse) et des cours particuliers dans pas mal de matières/soutien scolaire) c'est tout bonnement ingérable. On se retrouve vite avec TOUT le monde à dos, à savoir l' administration si on fait appel à elle ou fait ressortir des problèmes:
La logique est un peu celle de "pas de vagues" parce que c'est une machine en place pour gérer un flux grandissant d' élèves chaque année (augmentation ds naissances...). Donc on ne "peut" pas ralentir le travail des quotas et orientations, la machine scolaire pour le cas d' un élève, ni même de 10 ou 30. Je caricature à peine des discours entendus de directeurs.
Les élèves: Si il n' y avait qu' eux le travail serait incroyablement plus simple et souple. Mais il y a tout le reste. Parmi les élèves il y a aussi ceux qui vont critiquer ce à quoi ils ne sont pas habitués et au final laissent peu de marge de manoeuvre, se plaignent directement à l' administration ou aux parents quand ils ont l' impression qu' on ne leur donne pas d 'outils pour avoir une "note". En gros qu' on fait de l' enseignement plutôt que du copiage. Les élèves, pas pris individuellement fonctionnent à 2 carottes (qui ne font pas avancer toute la classe, de fait): les notes et les punitions. C'est très difficile de mettre en place une confiance et une relation qui permette de dépasser ça mais les équipe aussi pour la matière et la réflexion individuelle "en toute situation".
Enfin, les parents d' élève. Parce qu' il est tout simplement impossible de porter satisfaction immédiate à tout le monde, de leur faire comprendre ce qu' on essaie, parfois de simplement calmer un fond de raisonnement biaisé puisque forcément superficiel. Et au fond leur but est quasiment opposé à celui de l' administration (la masse ne compte pas pour eux, juste la satisfaction et la confiance de leur enfant, pour certains leur insatisfaction, craignant qu' un enfant satisfait soit mauvais signe...), à part "pas de vagues". Parce que c'est un cercle vicieux aussi sinon.

Personnellement j' ai préféré abandonner (à une époque où les gens perdent leurs scrupules, pour un salaire à vie...) mais certains arrivent à faire un boulot correct. Simplement, impossible de s' adapter à tout le monde, je pense.

L' intérêt de ce dernier commentaire un peu plus "phobie vue par un élève devenu prof" montre au pire que le problème a été systématisé en grandissant (pas vraiment perdu la phobie..) Au mieux que ce n' est pas forcément de la méchanceté ou de l' incapacité chronique de la part du milieu éducatif, mais un bordel monstrueux où démagogie, contre pouvoirs, politique, nécessités logistiques et idéal éducatif se font une sorte de guerre de l' inaction. "bouge pas trop, ça va foutre le bordel". A nuancer par les profs ou travailleurs scolaires qui trouveraient que j' abuse :)

Oh je viens de lire le post d' Azore... voilà, ça complète :clap:

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Zyghna
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Re: Phobie scolaire

Message par Zyghna » dim. 24 mai 2015 19:43

 ! Message de : Zyghna
Suite à la demande de LiF, nous avons édité le premier post de ce topic afin de faire remonter un appel à témoignage concernant la phobie scolaire. Si vous êtes intéressés, n'hésitez pas à la contacter en mp.
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LiF
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Re: Phobie scolaire

Message par LiF » lun. 25 mai 2015 05:41

Loefen a écrit : Voilà : phobie scolaire en tout point liée à l'inadéquation du collège (et des profs) à son avance intellectuelle. Cela rejoint ce que tu pensais, non ?

Si j'en avais les moyens, je la déscolariserais...
Oui, ça rejoint. :)

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Re: Phobie scolaire

Message par LiF » lun. 25 mai 2015 05:48

Et oui c'est clair que ce n'est pas simple pour les profs hein, l'objet n'était pas de les incriminer (on peut imaginer qu'ils ne conduisent pas volontairement un élève à la phobie. Quand je vois ma fille qui essaie de disparaître et souffre en silence...) mais de comprendre le mécanisme.
Ceci étant je me demande toujours si on pourrait pas faire (tapez pas) comme en maternelle. Travail par sous groupes. Ca doit être possible quand même non ?
Enfin c'est pas le sujet ici.

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Re: Phobie scolaire

Message par Azore » lun. 25 mai 2015 09:23

LiF a écrit :Ceci étant je me demande toujours si on pourrait pas faire (tapez pas) comme en maternelle. Travail par sous groupes. Ca doit être possible quand même non ?
Oui, c'est possible. Par exemple, j'organise un atelier d'écriture de contes en sixième : pendant deux semaines, les élèves sont par groupes de trois et écrivent leur histoire. C'est super de travailler de cette manière, surtout pour les travaux de type "projets".

Mais peut-être faisais-tu référence aux groupes de niveaux ? Ce qui me dérange avec les groupes de niveaux, c'est que chaque élève a des difficultés différentes. L'autre gros bémol, souvent avancé, mais parce que c'est la réalité, les groupes de niveaux peuvent briser les élèves les moins bons et empêcher le groupe classe d'être tiré vers le haut par les meilleurs. Pour toutes ces raisons, il faudrait faire des groupes de niveaux différents pour chaque point à travailler : de cette manière, il n'y a pas cette infamie d'être dans le groupe "des nuls", puisqu'on change de niveau en fonction des points à travailler et on bénéficie d'un enseignement vraiment personnalisé.

En ce qui concerne plus spécifiquement les enfants surdoués, je suis très entre deux. D'un côté, il y a mon côté surdouée qui me dit qu'il faut leur donner davantage à penser en leur faisant faire des travaux plus longs, plus difficiles et plus libres. De l'autre, il y a mon côté prof qui se demande comment les autres élèves vont se sentir en voyant qu'ils n'ont pas le droit de faire le super projet de la mort et qu'ils doivent se cantonner à l'activité et à la leçon, mais aussi comment l'élève lui-même va gérer cette différence de traitement. Par exemple, j'en ai un dans ma classe de sixième qui ne veut surtout pas que les autres sachent qu'il est différent. Alors si je commence à proposer un programme spécifique pour lui, je vois mal comment les autres ne vont pas le remarquer.

Pour le moment, j'ai choisi de ne pas personnaliser mon approche, mais de proposer régulièrement à tous mes élèves des projets longs intéressants : atelier d'écriture, atelier théâtre, etc. Je pense que la pédagogie de projet est la meilleure voie à suivre au collège, et ce, pour TOUS les élèves, parce que tous les élèves apprennent mieux si ce qu'on leur transmet a du sens. C'est d'ailleurs le chemin que prennent les réformes actuelles. Au lycée, malheureusement, les impératifs du baccalauréat laissent peu de place à ce genre d'initiatives.
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Re: Phobie scolaire

Message par LiF » lun. 25 mai 2015 10:20

Oui c'est ce que je voulais dire, pédagogie de projet pour TOUS les élèves. En groupes définis par l'enseignant selon ses objectifs/façon de travailler/motivation des élèves, ou je ne sais quoi. Les HP n'étant pas les seuls à trouver le temps long t'façon... :)

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Fen
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Re: Phobie scolaire

Message par Fen » lun. 25 mai 2015 21:37

Bonjour Lif,

Suite au message que tu m'as adressé en MP je passe par ici pour apporter mon témoignage, bien que je ne sois pas diagnostiquée HP.

J'ai toujours été une enfant plutôt timide et « solitaire », je crois m'être sentie différente dès la maternelle sans l'avoir nommé. Je passais beaucoup de temps seule ou alors j'inventais des histoires abracadabrantes (sorcières, fantômes, licornes invisibles) pour intéresser les autres j'imagine.
A ce stade je n'ai pas le souvenir de malaise avec les autres, je me rappelle juste que je ne m'intégrais à aucun petit groupe d'enfants et que je n'avais pas de « meilleur » ami avec qui je passais tout mon temps. Je naviguais d'une personne à l'autre et d'un groupe à l'autre, et ce jusqu'au lycée.

J'ai adoré l'école jusqu'au collège et j'y allais donc avec plaisir. Très bonne élève (presque toujours 1ere) je n'avais pas d'inquiétudes liées à l'apprentissage et à l'école en elle-même, c'était même mon unique source de reconnaissance/plaisir ; plus qu'une envie l'école était un besoin (dont je n'avais pas conscience).
Puis, petit à petit avec des changements d'établissements rapprochés (3 écoles différentes en CP, changement en CE2, re-changement en CM1, puis passage en 6e), mes premières expériences d'injustice, de violence et de méchanceté de la part de mes camarades, mais aussi avec la première prise de conscience de ma différence (aucun intérêt de la part de mes camarades pour les sujets qui me tenaient à cœur), ma timidité naturelle a commencé à tendre un peu plus vers la phobie sociale. Bien qu'à ce stade il s'agissait simplement de la peur des « racailles » de l'école et de la cité et d'une faille dans la confiance en moi qui s'approfondissait.
A savoir que toute la durée de l'école élémentaire ma situation familiale était encore plus dure à vivre que mes rapports aux autres.


Entrée en 6ème, le début de l'enfer. Je suis dès la rentrée prise en grippe par un grand nombre d'élèves plus âgé(e)s qui me suivent jusque chez moi en m'insultant et me menaçant, me harcèlent au sein de l'établissement scolaire et me font subir de petites violences quotidiennes (poussée dans les escaliers, tapes sur la tête, croche-pied, etc.), ainsi que les attouchements par un élève de ma classe tout au long de l'année.
En revanche mes notes restent excellentes, mais pour la première fois de ma vie je suis deuxième lors du 2d trimestre à 0,1pt de moyenne générale près (ce qui me fait souffrir exagérément). C'est à partir de cette année que je commence à vivre des angoisses à l'idée de me rendre en cours, ce qui ne semble pas particulièrement irrationnel. Je pars de chez moi au dernier moment pour ne pas attendre avec les autres devant la grille et je n'ai aucune vie sociale hormis une copine -par défaut- qui est l'autre intello de la classe et que je ne fréquente pas en dehors du collège.
Je m'endurcis beaucoup lors de cette année scolaire et je deviens presque méchante avec tout le monde. Plus grand chose ne me touche, je suis cynique, j'ai l'insulte facile et le majeur léger. Je connais alors le pire passage de cette terrible année : La déception d'un professeur.

Depuis la maternelle je me sens piégée dans l'attente de perfection que tous mes enseignants et ma famille ont envers moi, elle ne me laisse pas le droit à l'erreur, je dois être irréprochable dans mon attitude, mon comportement, dans mon rapport aux études et aux devoirs, et dans mes notes. La normale pour moi, c'est d'être parfaite, et dès que je le suis moins c'est souligné par ma famille (un exemple de ce qui est normal pour moi et qui ne l'est pas pour mes frères : à chaque passage de classe mes grands parents donnent un billet à mes frères pour leurs efforts, alors que moi je n'ai rien ou moins parce que c'est normal et facile). Je suis prise en exemple partout, en toute circonstance, à l'école comme à la maison, et même auprès de certains parents de camarades. Je ne me sens pas le droit de faiblir, je vis dans la peur permanente de décevoir les seules personnes qui m'apportent de la reconnaissance et ce que j'assimile à de l'affection (principalement mes enseignants, ma famille est largement secondaire).

Or, ma professeure de français assiste par deux fois à ma grossièreté lorsque j'insulte un camarade ou que je lui fais un doigt d'honneur. Puis un jour, celle-ci m'interroge par surprise avec une camarade en plein cours :
- « Maelle et A. (l'amie intello), venez montrer à toute la classe que vous discutez bien pendant les cours parce que vous êtes en avance ; au tableau »
S'ensuit une interrogation sur 20, pour laquelle je décroche un faible 14 (qui pour moi équivaut à un 3 !!). Puis elle conclut : « Une belle preuve que finalement vous n'écoutez juste rien au cours, je me suis trompée sur vous ».
Je l'ai vécu comme une très grande humiliation et l'attitude dédaigneuse de ma professeure déçue a eu une répercussion très violente en moi et je me suis sentie moins que rien.

Il faut savoir qu'à partir du collège j'ai commencé à travailler très dur. Je passais plusieurs heures le soir à retravailler mes cours, préparer mes contrôles, faire mes devoirs, colorier mes cartes de géographie de façon impeccable. Je passais tous mes mercredis après-midi sans exception à travailler, jusqu'à 6h d'affilé sans répit : enregistrement de cours sur dictaphone, préparation de contrôles types, correction de mon cahier etc.
En fait, sans m'en rendre compte je ne vivais QUE par l'école. Je n'avais aucun loisir et aucun ami et je me surinvestissais juste pour continuer à exister – donc en étant dans l'excellence. J'ai continué à m'épuiser un moment de cette manière. A subir quotidiennement les violences verbales de ma famille et leur harcèlement, et la même chose au collège. A fournir des efforts permanents, sans vivre le moindre plaisir hormis la délivrance d'une bonne note par un professeur, et le regard satisfait qu'il portait sur moi.
J'ai commencé à vraiment flancher en 4ème, même si l'amorce et le début du fléchissement des notes (léger) étaient eux en 5ème.

J'ai commencé à trouver que les cours étaient durs, et ma technique de révision par la photographie ou le par cœur devenait trop difficile (long et particulièrement énergivore), ça m'épuisait pour des résultats peu satisfaisants (en dessous de 16). J'ai eu des maux d'estomac très violents en 5ème et j'ai commencé à multiplier les retards et les absences. Mon appétit s'est amoindri et mon insomnie (qui existait depuis la maternelle) est devenue préoccupante.
A partir de la 4ème, je ne dormais plus que 2 à 4h par nuit, en grande partie à cause de l'angoisse que je ressentais à l'idée de me rendre en cours sans avoir fait mes devoirs, et je mangeais l'équivalent d'un -maigre- repas par jour. J'éprouvais subitement de réelles difficultés à fournir des efforts mentaux. Je n'arrivais plus à me concentrer ni en classe, ni chez moi. Je pleurais tout le temps, en cours et à la maison. Je suis devenue phobique sociale (bien que je n'aie reçu aucun diagnostic, il s'agit de ma propre analyse), je n'arrivais plus du tout à sortir seule, que ce soit pour acheter le pain ou poster une lettre dans la boîte à 50m de chez moi.
J'allais avec énormément de peine au collège (je n'avais pas le choix), mais par chance j'ai sympathisé avec une camarade de classe avec laquelle je faisais le trajet régulièrement.
J'ai commencé à multiplier les copies blanches et à collectionner les 0, je préférais avoir un zéro sur du rien qu'une note à peine plus élevée et qui tomberait tel un reflet de ce que je suis. Pour autant j'avais encore d'excellentes notes dans certaines matières où j'excellais naturellement sans fournir d'efforts ni de travail (arts plastiques, français, allemand) et dans les autre matières je pouvais obtenir un 0 comme un 18 ce qui m'a permis de conserver une moyenne générale correcte (min. 14).

J'ai craqué en décembre de cette année de 4ème et j'avais l'intention de me suicider. Par chance, en plus du témoignage poignant de l'infirmière du collège le matin même (qui fêtait ce jour là l'anniversaire de la mort de son fils de 17 ans, tué dans un accident de scooter), j'ai reçu dans la soirée, l'appel d'un camarade à moi qui a été décisif, je n'étais plus très sûre de mon geste. Je me suis juste mutilée les avant-bras.
Les marques ne sont pas passées inaperçues en cours d'EPS (badminton) le lendemain et ça a débouché sur un signalement, fait par l'assistante sociale de mon collège. J'ai été hospitalisée 4 jours en pédiatrie (trop jeune pour être hospitalisée en psychiatrie), pour envies suicidaires mais aussi en raison de mon poids qui avait chuté à 38 kg.
A mon retour de l'hôpital les relations avec ma mère et son mari, qui n'ont pas supporté le signalement, sont devenus encore plus violents, j'ai connu la pire année de ma vie.
Tout ceci nous a mené sur une enquête sociale et une convocation au tribunal lorsque j'étais en 3e. J'ai finalement été placée en internat en seconde par la justice qui a jugé que j'étais en danger de mort dans ma famille.

Cet internat a été une bénédiction, c'était un établissement privé, sérieux avec des élèves respectueux et un enseignement de qualité. J'y ai trouvé des personnes à l'écoute que ce soit dans le personnel de l'internat ou au sein même de la direction du lycée. J'ai été beaucoup encouragée et accompagnée, plus que n'importe quel élève. Mais malheureusement ça n'a pas suffit. C'était trop tard. Je n'ai pas réussi à me reprendre, j'étais devenue incapable de travailler, une angoisse permanente me pesait dessus, l'enjeu était partout et j'allais terriblement mal.
Ici tout le monde était bon et j'ai pu m'apercevoir que le décalage de niveau avec un établissement en ZEP était monumental. J'avais du retard et la cadence à soutenir dans ce lycée était trop soutenue, il fallait travailler beaucoup, tout le temps. Si j'ai connu un temps de légère accalmie au début, les angoisses sont finalement devenues encore plus violentes, et j'ai commencé à faire des crises.

Je faisais déjà des crises d'angoisses où je perdais mes moyens, où j'avais la tête vide, les mains tremblantes, des sueurs froides, de la tachycardie et des vertiges, depuis la 5ème. Mais là c'était autre chose, un genre de folie. Je criais, je tombais par-terre et j'avais des genre de spasmes qui ressemblaient à des convulsions, je riais et pleurais en alternance pendant une heure, je me tapais la tête dans les murs. Je devenais cinglée.
A la fin du 2e trimestre de seconde j'ai été internée dans un service psychiatrique pour adolescents en dépression grave. J'ai fait l'expérience des médicaments.
Je suis sortie 3 semaines plus tard. L'équipe de la clinique a recommandé une réintégration progressive dans mon établissement avec un emploi du temps allégé. Mais j'ai craqué très vite et j'ai tenté de me suicider avec des médicaments deux semaines après avoir quitté la clinique.
A ce moment, ma psychiatre (que je consulte dans le privé depuis le début de la 2de), me parle de phobie scolaire.

Je retourne alors vivre chez ma mère, assommée par toute sorte de médicaments.
Et, contre toute attente, après un trimestre d'absence au lycée, le conseil de classe statue sur un passage en 1ère sous condition de rattraper mon retard via le CNED pendant les vacances d'été. On invoque alors mes capacités, et les professeurs ainsi que la Responsable des « Seconde » (dont je suis proche) me font part de la confiance aveugle qu'ils ont en moi pour réussir ce challenge.
Leur sentiment était des meilleurs, mais l'effet immédiat de cette confiance en mes capacités est des plus nocifs. Il faut encore que je prouve qu'ils ne se trompent pas sur moi et que je suis une élève exceptionnelle, alors que je sais que non, je ne suis qu'une incapable et que l'image qu'ils ont de moi est fausse. La déception plane sur tout ça, et l'enjeu est trop important pour moi qui n'arrive déjà plus à faire des exercices simples. Je ne parviens pas à rattraper mon retard.

J'entre en 1ère Littéraire à la rentrée 2007, mais je suis complètement droguée par les médicaments, anti-dépresseurs, anxiolytiques, neuroleptiques, somnifères. Je ne sais même plus comment je m'appelle et je vois trouble, je m'endors sur mes copies, le son ne me parviens pas ou de manière étrange. Mais l'angoisse est pourtant là quand même. Très vite je craque, et je me précipite dans les toilettes avec ma paire de ciseaux et je m'entaille le bras. La responsable d'internat contacte ma mère pour qu'elle vienne me chercher d'urgence. Elle se moque de moi avec mon beau père, c'est de la « comédie » comme d'habitude, et ils me ramènent en classe dès le lendemain matin.
Je passe mes dernières journées à l'infirmerie, puis deux semaines après la rentrée, l'infirmière explique à ma mère qu'il faut absolument que je cesse de venir au lycée. En parallèle je parle avec tous les responsables que je croise pour leur expliquer que mon départ de l'internat est une question de vie ou de mort.
Finalement, d'une action commune avec ma psychiatre -qui leur avait adressé un genre de certificat d'incapacité à poursuivre ma scolarité-, ils convainquent ma mère de m'accueillir à son domicile et de ne plus m'amener au lycée. Ça y est, c'est fini.




* * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * ** * * * *


Les origines de ma Phobie Scolaire :

Dans mon cas je vois plusieurs origines, il y a les traumatismes évidents liés à la maltraitance psychologique et physique par les autres élèves, mais aussi le simple décalage avec les autres (non racailles). Je ne me sentais pas à ma place au milieu des autres que ce soit en primaire, au collège ou au lycée, j'étais toujours en marge dans ma classe, seule dans la cour et j'essayais en permanence de m'adapter/m'intégrer ce qui était aussi particulièrement épuisant.

Je n'étais pas soutenue par ma famille qui ne s'est pas du tout inquiétée ni de la maltraitance que je vivais au collège, ni du fait que je n'arrivais plus à manger, ni de ma progressive incapacité à sortir, à dormir, ni de mes douleurs à l'estomac, ni de mes pleurs quotidiens, de mes notes qui chutaient ou de ma soudaine impossibilité à faire mes devoirs.

Un autre facteur important que j'ai brièvement abordé dans mon récit : La nécessité d'être excellente.

Je ne sais pas si c'était très clair dans mon texte mais ma famille ne m'a pas directement poussée à être excellente à l'école. Je n'ai pas eu de pression directe pour les notes, ils n'avaient pas d'exigences clairement affichées, mes parents étaient même plutôt très désinvestis dans ma vie en général. Pour mon père, il fallait être consciencieux et travailleur, c'est certain, mais de toute manière je ne le voyais presque jamais. La pression que je me suis imposée était due à quelque chose de plus vicieux.

Très vite j'ai excellé lorsque j'étais enfant, je réussissais presque tout du premier coup et j'étais en avance par rapport à mes frères -et aux autres enfants- (langage, écriture, dessin, apprentissage en général), mais ma façon d'être était aussi très adulte, responsable et autonome.
Tout était facile pour moi, naturel, je n'avais pas besoin de faire d'efforts, et j'ai pensé naïvement que ce serait toujours aussi facile. C'est donc devenu mon « repère de normalité » aux yeux de mes parents et aux miens : une attitude adulte et l'excellence partout.
Seules mes « erreurs » étaient alors relevées, et les sévères corrections que j'ai vécu m'ont fortement marquée. J'ai alors compris que quand je n'étais pas parfaite, je décevais profondément mes parents et je n'étais plus digne de leur amour, de leur considération et de leur respect ; je n'étais plus rien. Pour mériter d'être aimée, estimée, je n'avais donc pas le droit à l'erreur.

Par ailleurs, mes frères et moi n'existions que dans la comparaison, et ma « normalité » ne servait qu'à ça, à montrer à mon grand frère qu'il était incapable puisque moi je réussissais mieux, plus vite et partout où il échouait. Mais je n'étais pas reconnue pour ce que j'étais, ce que je faisais, j'étais indirectement reconnue pour être « meilleure que ». Ma seule satisfaction c'était d'être utilisée en exemple pour rabaisser mon frère. Je n'avais l'impression de valoir quelque chose que dans ces moments-là, quand il était moins bon, et pas parce que j'étais bonne moi-même. J'ai donc pris l'habitude de la compétition pour nourrir mon besoin de reconnaissance. Pour exister, il fallait que je reste au sommet, que je sois en permanence la meilleure.
Ayant reçu très peu de reconnaissance de la part de mes parents, je me suis naturellement tournée vers l'école qui m'en donnait beaucoup. Des notes excellentes pour gratifier mes réussites, des enseignants fiers voire impressionnés qui me témoignaient de l'estime et même de l'affection. J'existais enfin.

Quand j'ai commencé à ne plus réussir facilement, j'ai perdu pied, je n'ai pas compris pourquoi « ça ne marchait plus ». Et, je ne me suis pas rendue-compte que mes méthodes d'apprentissage étaient mauvaises parce que ça avait toujours marché avant, que je travaillais énormément et que mes notes restaient bonnes.
Puis avec l'épuisement je n'ai plus réussi à fournir autant de travail personnel et je me suis effondrée. Je n'étais plus rien. Je suis entrée dans un cercle vicieux de l’échec et de la perte de confiance en soi.


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Voilà pour mon témoignage personnel. Je trouve le terme de « phobie scolaire » très flou et mon expérience me fait aussi penser au « burn out » par son côté surinvestissement/épuisement et quand je vois le néant intellectuel qui a suivi.

Ce que j'observe avec le recul, c'est qu'avoir poursuivi ma scolarité envers et contre tout a été lourd de conséquences, et je les subis encore aujourd'hui, 8 ans après avoir quitté les études.
A mon sens, il aurait été possible d'enrayer le processus en m'extrayant du milieu scolaire en 5ème, lorsque les signes ont commencé à être visibles. J'avais besoin de décompresser et de repos, de compréhension et de bienveillance et, dans mon cas précis, je crois réellement que des études par correspondance auraient été salutaires.
Effectivement, fuir le milieu anxiogène n'est pas une solution miracle et il est fort probable que cela favorise la phobie sociale. Mais alors pourquoi ne pas rompre simplement le contact avec un établissement scolaire tout en maintenant des études par correspondance, et en favorisant des activités extérieures (pour maintenir une vie sociale agréable) ?

Le fait d'avoir insisté malgré la phobie scolaire qui prenait de plus en plus d'ampleur m'a précipitée bien davantage dans les phobies en tout genre, dans la dépression et les envies suicidaires (il y a d'autres facteurs j'en conviens).
J'étais dans un état pitoyable en arrêtant le lycée, parce que c'était déjà trop tard. J'avais peur en permanence et ma réaction de survie a été de m'isoler complètement du monde pour me protéger, parce que je n'étais plus du tout capable de vivre autrement. Mais j'en aurais peut-être été capable en sortant de ce cercle vicieux plus tôt, en tout cas, je le crois.
Depuis, je ne parviens presque plus à sortir seule, je n'arrive pas à avoir de contacts sociaux et je n'arrive même pas à vivre correctement puisque l'enjeu est partout (le risque d'échec), je n'ai jamais pu songer à avoir un emploi. J'ai tenté de faire des formations par correspondance (2008) et en classe (2010) mais je n'en étais plus capable, et ces échecs se sont ajoutés aux autres et m'ont confortée dans l'idée que je ne valais rien, que j'étais nulle et profondément incapable. Rester à l'école m'a uniquement poussée à vivre des échecs à répétition, et à réduire à néant l'estime que j'avais de moi-même et mon assurance.
Il n'y a rien eu de positif.




Je m'arrête ici, ce témoignage est déjà extrêmement long. J'espère qu'il sera utile :)

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LiF
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Re: Phobie scolaire

Message par LiF » mar. 26 mai 2015 06:01

Merci Fen, difficile de rester insensible en te lisant. Au passage j'aime bien ta façon d'écrire.
Outre le déroulé qui me paraît extrêmement explicite et le lien avec les angoisses du résultats, je trouve intéressant le lien que tu fais avec le burn out. Je n'avais pas vu ça sous cet angle et effectivement, ça y ressemble.
Pour la question de la désco (en 5è d'ailleurs, tiens tiens, j'ai l'impression qu'il y a redondance sur cette classe), qui est à risque de provoquer une phobie sociale, je trouve, mais ce n'est que mon avis, que ton exemple comme celui de Chacoucas montrent bien que l'acharnement est bien plus à risque d'une part de phobie sociale, mais aussi de désenchantement sur le long terme. En fait, tu me convaincs encore davantage qu'enlever la pression en déscolarisant et en profiter pour solutionner ce qui est source de problème est une nécessité. D'ailleurs, c'est bien ce que dit Rufo : déscolariser dès l'apparition des premiers symptômes pour éviter que la phobie ne s'installe.
Mille merci pour ta venue ici.
Actuellement, si ce n'est pas indiscret, tu es toujours suivie par la m^me psy si je comprends bien ? Est-ce que tu penses que d'une part passer un test serait bon pour t'aider à te reconstruire et Est-ce qu'il n'y a pas un risque qu'il soit chuté si tu es toujours dans une situation difficile ? Bon c'est un peu au delà de la participation au débat phobie scolaire hein...

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Loefen
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Re: Phobie scolaire

Message par Loefen » mar. 26 mai 2015 06:29

Oui, merci Fen...

ton témoignage m'a pas mal secouée et nul doute qu'il va m'aider à réagir très fort pour enrayer le début de phobie scolaire qui s'installe chez ma fille que je ne reconnais plus tellement elle semble désenchantée.

Je rejoins ton avis Lif, la phobie sociale et la phobie scolaire sont intimement liées. (Exemple du cas de ma fille décrit un peu plus en avant dans le post.)

Mon mari est prof de musique dans plusieurs écoles associatives de notre région et curieusement, par chez nous, il a fait la connaissance de nombreux petits musiciens qui sont déscolarisés (choix des parents soit parce que l'enfant est précoce et qu'il ne s'adapte pas, lutte contre un système éducatif qu'ils n'approuvent pas et lutte tout court contre la société, choix de vie... les motivations sont multiples). Toujours est-il que ces enfants sont ceux qui avancent le mieux dans ses cours de musique. Il me raconte combien ils sont épanouis et curieux de tout.

Une déscolarisation ne conduit pas forcément à une phobie sociale car la plupart des parents qui font ce choix trouvent d'autres solutions pour multiplier les interactions sociales, cela par le biais des loisirs, des regroupement entre enfants desco etc... Du coup, ce sont des enfants qui ont l'habitude de graviter dans un large cercle d'individu de tous âges. Enfin, une desco ne peut se conduire que sur une période en particulier, et l'enfant peut très bien ré-intégrer la machinerie scolaire plus tard.

Tu parlais de la 5 ème en tant que pierre d'achoppement, Lif, mais le directeur du collège de ma fille m'a un peu inquiété en me disant que la 4 ème était considérée comme la plus mal vécue par les enfants et qu'il allait falloir que nous soyons particulièrement attentif pour ma fille l'année prochaine, donc. Urgl ?

Lif, cela fait la seconde fois que tu mentionnes Rufo et l'urgence de la desco dès l'apparition des premiers symptômes phobique. Aurais-tu un ouvrage en particulier à me conseiller, SVP ?

En tout cas, Fen... merci... merci et courage :amour7:

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Re: Phobie scolaire

Message par LiF » mar. 26 mai 2015 06:43

C'est ce qu'il a dit lors de la conférence AFEP sur les EIP à propos de la désco. Cyrano a fait un résumé là : http://www.adulte-surdoue.org/2012/adul ... lectuelle/

Par ailleurs il y a des études sur la désco, très rares, en tout cas elles montrent comment tu le dis que ce sont des enfants PLUS sociables. Mais le hic c'est qu'on ne peut sans doute pas généraliser : quel est le profil de ces familles, toutes les familles sont elles "aptes" à proposer quelque chose de mieux adapté à leur enfant ? Même quand ça va mal ? Ca je ne sais pas. Justement, Fen, comment ça c'est passé chez toi quand tu as été désco ? Tu faisais finalement des activités ? Comment ça se passait avec ta mère du coup vu que l'ambiance était pas au beau fixe à la base ?

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Re: Phobie scolaire

Message par Lelaelig » mar. 26 mai 2015 08:44

Je vous remercie pour vos témoignages. Ils m'amènent à le me poser la question de savoir si ou non j'étais en phobie scolaire. Jusque là, j'ai toujours lu que la phobie scolaire empêchait d'aller à l'école par des crises d'angoisses violentes etc.
Je n'ai jamais fait ce genre de crise, par contre angoisses la veilles d'aller à l'école, le matin en se levant, maux de ventres continuels avant d'aller à l'école. Et je me rappelle particulièrement du malaise que je ressentais en permanence. J'ai séché l'école en CP et retenté en CE2 (me suis faite choper).
Au lycée : dépression, je pleurais à chaque pause.
Aujourd'hui quand je passe devant une cours d'école, que je vois un couloir d'école, une salle de classe, la même angoisse revient, une envie de fuir.
Ma question étant : est-ce que cela peut-être considéré comme de la phobie scolaire ou un mauvais souvenir? Étant donné que j'intériorisais absolument tout, est-ce que ça expliquerait l'absence de crises violentes?
Ça ne va rien changer à ma vie de le savoir, mais ça me permettrait de mieux cerner la question de phobie scolaire je pense. Merci ;)

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Re: Phobie scolaire

Message par LiF » mar. 26 mai 2015 09:18

Pour moi ça ressemble à de la phobie scolaire, mais il faudrait demander un avis à un médecin : Est-ce que le diagnostic n'est fait que quand il est réellement impossible de franchir la porte ? Comme un burn out, quand on ne peut plus se lever ? Mais Est-ce qu'il n'y a pas des gens qui font des burn out et continuent à se trainer au boulot comme des zombies ? Je ne sais pas.
Y a-t-il un médecin dans la salle ? Je vais essayer de me renseigner en tout cas.

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Re: Phobie scolaire

Message par Lelaelig » mar. 26 mai 2015 09:22

Merci LiF. C'est exactement la question que je me pose. La phobie scolaire est-elle forcément visible?

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Re: Phobie scolaire

Message par Chacoucas » mar. 26 mai 2015 12:06

Je suis pas psy, et mon approche est plus de considérer les relations entre les choses que les "cases". Mais phobie désigne le mot peur et tu décris bien un truc du genre. Pour moi à l' époque même si je faisais des crises, je n' identifiais pas cela comme de la peur. Je ne craignais pas ce qui pouvait m' arriver. Je craignais de devoir y retourner, y rester. Plus simple aujourd'hui de désigner l' ennui en disant qu' il avait atteint un point morbide, mais ce n' est pas tout à fait le réel de ce que je vivais. Ce n' est pas non plus de la douleur. Ca faisait mal d' y penser et de devoir y penser. Mais ce n' est pas la base du problème. C' est simplement être forcé d' être là où on ne veut pas être. A un point qui arrive à créer des crises.
Par la suite j' ai eu des expériences que j' assimile (à priori un neuro-psy voit ça ainsi aussi) à des épisodes de phobie sociale/agoraphobie, enfin, une phobie de quelque chose. En gros l' idée est bien qu' on est là où on ne voudrait pas être. Et la peur est pas forcément évidente en tant que telle. Elle peut, ou pas. En étant rationnel je pense qu' on est équipés contre la "peur". Pas contre les crises, contre les débordements. Donc pas contre la phobie.
A voir comment le mot est défini par les professionnels.

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Re: Phobie scolaire

Message par Fen » mar. 26 mai 2015 17:54

LiF a écrit :Merci Fen, difficile de rester insensible en te lisant. Au passage j'aime bien ta façon d'écrire.
Outre le déroulé qui me paraît extrêmement explicite et le lien avec les angoisses du résultats, je trouve intéressant le lien que tu fais avec le burn out. Je n'avais pas vu ça sous cet angle et effectivement, ça y ressemble.
Pour la question de la désco (en 5è d'ailleurs, tiens tiens, j'ai l'impression qu'il y a redondance sur cette classe), qui est à risque de provoquer une phobie sociale, je trouve, mais ce n'est que mon avis, que ton exemple comme celui de Chacoucas montrent bien que l'acharnement est bien plus à risque d'une part de phobie sociale, mais aussi de désenchantement sur le long terme. En fait, tu me convaincs encore davantage qu'enlever la pression en déscolarisant et en profiter pour solutionner ce qui est source de problème est une nécessité. D'ailleurs, c'est bien ce que dit Rufo : déscolariser dès l'apparition des premiers symptômes pour éviter que la phobie ne s'installe.
Mille merci pour ta venue ici.
Actuellement, si ce n'est pas indiscret, tu es toujours suivie par la m^me psy si je comprends bien ? Est-ce que tu penses que d'une part passer un test serait bon pour t'aider à te reconstruire et Est-ce qu'il n'y a pas un risque qu'il soit chuté si tu es toujours dans une situation difficile ? Bon c'est un peu au delà de la participation au débat phobie scolaire hein...


Je suis intimement convaincue que l’acharnement est une erreur qui peut couter très cher.
L'école représente déjà pour le phobique un milieu très "insécurisant", alors si sa propre famille n'est pas à l'écoute de sa souffrance, qu'elle n'est pas là pour le protéger quand il en a besoin, je pense que ça ne peut qu'amplifier le sentiment d'insécurité et le mal être. Je n'arrive pas à comprendre comment il est possible de soigner l'enfant sans rupture.
A moins peut-être que la phobie scolaire ne soit repérée très tôt, dans ses prémices (qui à mon avis sont particulièrement subtils).. Je ne sais pas.

Lorsque j'étais au collège, l'assistante sociale de l'établissement voulait m'adresser à la 'Maison de Solenn' et par la suite, après ma déscolarisation, j'étais sur une liste d'attente pour entrer dans le service "soin-études" d'un hôpital de jour dont je ne connais plus le nom. J'ai l'impression que ce type d'établissement est réellement au service de l'adolescent et de sa scolarité.


Non, je ne suis plus du tout suivi par cette psychiatre, que j'ai vu de façon très irrégulière et très rarement après ma déscolarisation.
Pour le test, je me pose encore la question de son intérêt, surtout que je n'arrive pas à croire que je puisse être surdouée. J'ai le sentiment persistant depuis le collège d'être complètement débile (ce qui à mes yeux était la base de l'échec de ma scolarité). Donc si c'était démenti par un diagnostic +, ça ne pourrait pas me faire de mal en tout cas.

Sinon, comme tu le soulèves, j'ai tout à fait cette crainte, que le test soit "faussé" par mes angoisses liées à la performance, au regard de l'autre (il s'agit quand même de le passer devant quelqu'un), parce que je n'ai jamais résolu cette phobie et que le démon sommeille encore si je puis dire.




Loefen a écrit : Une déscolarisation ne conduit pas forcément à une phobie sociale car la plupart des parents qui font ce choix trouvent d'autres solutions pour multiplier les interactions sociales, cela par le biais des loisirs, des regroupement entre enfants desco etc... Du coup, ce sont des enfants qui ont l'habitude de graviter dans un large cercle d'individu de tous âges. Enfin, une desco ne peut se conduire que sur une période en particulier, et l'enfant peut très bien ré-intégrer la machinerie scolaire plus tard.

Tu parlais de la 5 ème en tant que pierre d'achoppement, Lif, mais le directeur du collège de ma fille m'a un peu inquiété en me disant que la 4 ème était considérée comme la plus mal vécue par les enfants et qu'il allait falloir que nous soyons particulièrement attentif pour ma fille l'année prochaine, donc. Urgl ?

Lif, cela fait la seconde fois que tu mentionnes Rufo et l'urgence de la desco dès l'apparition des premiers symptômes phobique. Aurais-tu un ouvrage en particulier à me conseiller, SVP ?

En tout cas, Fen... merci... merci et courage :amour7:


Je suis totalement d'accord avec toi, il y a d'autres moyens de sauvegarder la vie sociale d'un enfant, la déscolarisation n'est pas une fin en soi, et je crois tout à fait possible de réintégrer le système scolaire classique par la suite.

Effectivement, la 4ème est à mon sens la classe la plus difficile, c'est l'année où la phobie a le plus progressé et où j'ai franchi la ligne rouge, c'est là que j'ai senti que même avec des soins, je garderais des traces. C'est pourquoi si je pouvais revenir en arrière et que cette chance m'était donnée, je cesserais le collège quoi qu'il arrive avant cette classe.
Mais je tiens quand même à préciser que chaque parcours est différent et que mon parcours n'est pas nécessairement celui de tous les "phobiques scolaire", c'est ma période charnière la 4ème, je n'ai pas envie de vous effrayer. Les phobies scolaires ne se déclarent pas toutes de la même manière, n'ont pas la même intensité, n'évoluent et ne se manifestent pas forcément de la même façon et avec la même rapidité.
En parallèle l'année de 4ème a été une année personnelle particulièrement éprouvante à cause d'une situation familiale extrêmement toxique et ça a inévitablement joué un rôle dans l'évolution de ma phobie scolaire.



LiF a écrit :C'est ce qu'il a dit lors de la conférence AFEP sur les EIP à propos de la désco. Cyrano a fait un résumé là : http://www.adulte-surdoue.org/2012/adul ... lectuelle/

Par ailleurs il y a des études sur la désco, très rares, en tout cas elles montrent comment tu le dis que ce sont des enfants PLUS sociables. Mais le hic c'est qu'on ne peut sans doute pas généraliser : quel est le profil de ces familles, toutes les familles sont elles "aptes" à proposer quelque chose de mieux adapté à leur enfant ? Même quand ça va mal ? Ca je ne sais pas. Justement, Fen, comment ça c'est passé chez toi quand tu as été désco ? Tu faisais finalement des activités ? Comment ça se passait avec ta mère du coup vu que l'ambiance était pas au beau fixe à la base ?


Après ma déscolarisation, je n'ai vécu que 3 mois chez ma mère avant de partir vivre avec mon petit copain de l'époque. Elle ne croyait pas en ma phobie scolaire et est toujours restée persuadée que je jouais la comédie, donc rien n'a été mis en place et mon séjour chez elle n'a rien eu d'agréable. Mais avec les médicaments, je planais à 20 000 donc je ne l'ai pas trop mal vécu. De toute manière, j'avais atteint une telle douleur psychologique au lycée que j'ai ressenti malgré tout un profond soulagement à avoir quitté le système scolaire.
Je pense qu'il faut juger de la priorité en fonction de l'intensité de la phobie. Mieux vaux rompre le contact social que de se suicider par exemple. Donc même si le parent n'offre pas un accueil idéal en son foyer, il est possible que ce soit mieux que la souffrance qu'il connaît à l'école. De même que l'inverse peut-être tout à fait possible, en fonction de la situation de chacun et de pas mal de facteurs au final, il n'y a pas de règle, c'est du cas par cas.
Il faut simplement écouter son enfant et choisir avec lui quelle est la meilleure alternative.




Je vous remercie d'avoir si bien accueilli mon témoignage et je vous souhaite bon courage pour affronter avec vos enfants cette période délicate de leur vie.

ned
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Re: Phobie scolaire

Message par ned » sam. 30 mai 2015 13:21

(Remarque préliminaire: je n'ai pas lu avant d'écrire les interventions et témoignages, afin de ne pas éventuellement être influencé dans mon récit ou me disant par exemple qu'il ne servirait à rien si certains éléments y figurent déjà - néanmoins voici la ponte que j'ai rédigée)



Suite à l'invitation reçue par LiF je réponds ici.

J’intègre au préalable 2 éléments.

:neuns: Le 1er est que je me suis dit ne plus intervenir sur ce forum.
Alors je déroge à cela mais en considérant que je m’adresse en 1er lieu à toi, LiF, et réponds à ton invitation concernant un sujet particulier (et à ceux qui peuvent lire aussi) et dans un cadre particulier.
La raison en est qu’il me fut impossible (interdit) ici de transmettre une réponse à qn qui formulait une question (et dont j’avais la réponse) car cette question se trouvait placée dans la rubrique « débats » et que je ne suis habilité pour y intervenir (chose que je n’avais vue). Au final, depuis sans doute un mois, c’est toujours sans réponse…
Comme ton fils, cette personne est THQI et c’était sur un fil en lien.

:neuns: Le 2nd est que je n’ai pas l’estampille HP.

Il y a 3 ans, un test a montré « très hétérogène », de 34 points écart max, je crois, vais pas revérifié si c’est 32 ou 33, etc » - QI incalculable (mais dixit la psy : plancher bas donné à titre purement indicatif de 120 – dans contexte dépression et forte anxiété – dixit la psy ; et inconfort rapport aux bruits extérieurs – rapport de la psy) et au final, ne lui ayant demandé non plus je ne sais son avis sur l’estampille. Elle me semblait surtout être intéressée de me revoir en suivi, éventuellement pour affiner les choses / raisons des écarts. Le contexte de l’époque n’étant de toute façon favorable, ça s’est arrêté là.

A titre aussi indicatif, je suis en cours de démarche diagnostique Asperger. C’est un élément qui peut potentiellement intervenir dans mon témoignage « phobie scolaire ». C’est pourquoi aussi je le précise. Conjointement, cela me permettra d’être retesté et dans d’autres conditions - et éventuellement voir aussi un éventuel TDA raccroché. (ce que pouvait déjà laisser entrevoir le test effectué).

A l’époque du test - mur de vérité sans doute oblige (un truc assez aspie parait-il) – je n’avais rien regardé avant le test – et si la mention WAIS et qq indications apparaissaient sur un forum je ne jetais même un œil dessus : je détournais même le regard. Donc forcément pas le moindre bout de test en ligne. Je sais que bcp le font mais moi je ne souhaitais le faire. Ce qui sans doute fut qqpart une erreur car qq connaissances préalables m’auraient sans doute enlevé un peu d’anxiété liée à ce qui m’était inconnu (et que j’appréhende à peu près toujours en général de manière marquée).
De plus, ayant certains désagréments avec ma neurologie (inconfort de cognition – dixit rapport psy) j’ai donc eu, dans le temps, tendance à peu me mettre en situation d’inconfort (= peu faire fonctionner mon cerveau, ou pas trop, pas trop longtemps). Faire qq exercices cérébraux ne peuvent sans doute pas me faire de mal, voire m’être bénéfiques dans un sens de « rééducation » pour essayer de contrebalancer cet inconfort. C'est ce que je fais par moment actuellement. Dans ces exercices cérébraux, il y a des exercices et des tests en ligne (et je précise bien qu’ils n’ont aucune valeur, ne veulent rien dire, etc - mais j’intègre juste qu’aux mêmes exercices des personnes estampillés HP n’y ont fait le même score) - sur 9 tests de QI ma moyenne a été récemment de 140.

J’intègre juste ces notions, ces doutes, ces éléments initialement à mon récit, sans doute (trop ??) longuement, mais ils me semblent indispensables à la poursuite de mon témoignage en lien avec la phobie scolaire.

Et bien sûr, dès que je serai en mesure de te fournir des éléments plus définitifs et certifiés, et si tu le souhaites, je le ferai, concernant Asperger, HP, TDA (voire des mixtes ou ensembles partiels ou totaux) mais cela prendra des mois (c’est toutefois lancé).



PHOBIE SCOLAIRE

Alors en lien avec la scolarité, et pour cadrer l'épisode, en fouillant un peu dans ma petite tête, je ressortirai 3 périodes :

Primaire à collège
Lycée
Etudes supérieures

:neuns: 1- Primaire à collège

De mémoire (et dans les faits) cela se passait plutôt bien. J’ai le souvenir que j’aimais participer. J’ai le souvenir d’être celui qui a toujours (très souvent) le doigt levé et qui pour soulager un peu son bras (et pour faciliter son irrigation, bon je digressse ^^) posait parfois le coude sur sa table d’écolier. J’aimais donner les réponses et intervenir en ce sens. Jusqu’en fin de collège, en général 1er à 2nd de ma classe. Je n’avais pas de soucis particuliers et avais dans l’ensemble des compliments. Dans l’ensemble j’étais discret / timide (ce que je fus et suis toujours) mais participant en cours.
Je sais aussi que je travaillais toujours au dernier moment ; ce qui exaspérait un peu mes parents (je crois, ou peut-être « exaspération » n’est pas le bon mot).


:neuns: 2- Lycée

C’est au lycée que les choses ont changé.
Pendant cette période, mes parents ont dans l’ensemble pris sur eux une part de mes problèmes nouveaux. Ils avaient qq soucis (d’ordre commercial / professionnel et un peu personnels en partie liés aux précédents) et disaient que leurs difficultés se répercutaient sur moi. Il se peut que cela soit intervenu à un moment donné comme élément non favorisant et créateur de soucis. Mais la suite de mon parcours – et une certaine différence, écart marqué – et qui se matérialisera nettement plus tard (et indépendamment d’eux) montrera qu’il n’en était pas la raison unique.

Cette part de culpabilisation de mes parents interviendra peut-être dans une certaine « largesse » à m’octroyer plus tard des justifications d’absence.

Sur le plan plus personnel, plusieurs choses vont changer.
Tout d’abord, la structure était nouvelle bien que située non loin du collège mais c’était une nouvelle adaptation. Je gardais néanmoins le même itinéraire que je faisais à pied en général avec parfois un accompagnant (pote) sur le passage.
Mes résultats ne cesseront de baisser.
De 15 (en gros) en 3ème et je me souviens d’un quasi 16 uniformisé pour le brevet où il ne manquait que 3 points avant de passer les épreuves, je passai à 11 en 2nde.
Tout me devint plus difficile. Ici, en 2nde, je garde un mauvais souvenir particulier pour les maths alors qu’avant j’y avais de bonnes à très bonnes notes et une certaine aisance (facilité). J’appréciais avant le calcul mental et tous les mathématiques en général, ce qui ne sera plus jamais le cas. La méthode n’était plus la même, il y avait des démonstrations, de la « rhétorique » et je me perdais dans tout ça. Ca m’apparaissait comme du chinois (et encore un dialecte de chinois très peu pratiqué et sans traducteur existant ^^) :rofl:
Dès la 2nde, sur le plan scolaire et personnel, j’ai commencé à mal tourner et à souffrir.
J’ai aussi été dans l’opposition avec une professeur, de biologie. Initialement à cause d’une note et de quelque chose que je n’avais à l’époque pas compris. Quelque chose qui m’était apparu comme un non sens, un illogisme.
(Remarque : l’intolérance à ce qui peut m’être perçu comme illogisme peut toujours se vérifier…, cf entre autre le « 1er élément » de ce post… )

Alors, moi, élève dans l’ensemble effacé et qui prenait aussi de plus en plus la direction des coins, des fonds de classe et des arrières plan, je lui pourrissais ses cours : provocation / perturbation quasi continues. Cela dura le reste de l’année. Forcément, pour l’année suivante et la 1ère dans ce collège, étant la seule prof de biologie, j’ai arrêté la matière.

La descente s’est poursuivit, régulière pendant l’année de 1ère, sur une même pente. Là je commençais à matérialiser (et somatiser) de la phobie scolaire. Mes appréhensions, mon anxiété et angoisses sont devenues souvent trop fortes.
J’ai durant les 3 années : 1ère et 2 terminales enchainé entre « tourisme », absentéisme, et phobie proprement dite. Bien que quand j’étais absent, certes je ne souffrais pas du fait d’être absent, mais c’était parce que je ne supportais plus d’aller à l’école, et notamment certains cours, certains profs, certaines situations qui m’étaient devenues insupportables.
En mathématiques, toujours, je développais alors une très forte anxiété à angoisse. Cela lié à la matière, que je ne comprenais plus et avais de mauvais résultats. Cela lié au prof, qui me terrorisait. Cela lié, mais il le fut pour tout et de tout temps (et encore aujourd’hui même pour des choses que j’apprécie et avec une intention et envie initiale personnelle) de devoir m’exposer en public, aller au tableau. Une horreur et difficulté en soi, mais en plus quand on ne sait pas, qu’on a pas compris, qu’on a pas fait ses exercices – on tremble – et à force de trembler on finit par s’écrouler.
En philo, je jouais au 4-21, à la bataille navale, au poker (avec des dés). Ailleurs je gribouillais des dessins. Et quand j’étais absent, j’allais à la pêche, me retrouver seul et loin de tout ça.
C’est ce qui ressorti d’une ptite BD du lycée, lors de ma 1ère terminale, où chacun était « passé en revue » (élèves comme professeurs) qui disait à mon sujet : « on l’aime bien mais on ne le voit jamais, depuis la rentrée il est parti à la pêche ».

En terminale j’étais devenu cancre, 6 à mon 1er bac S (option techno vu que j’avais arrêté la biologie en 2nde) et ne resta bien souvent que l’heure obligatoire.
Je souffrais bcp, et j’étais complètement dévalorisé. La cigarette avait fait son entrée dans ma vie, les petites conneries, l’alcool aussi. J’avais des pensées et envies suicidaires à cette époque sur plusieurs années. Et quand je n’étais pas à la pêche, je passais bcp de temps dans les cafés (avec 2 amis) où l’on jouait surtout au tarot, au billard, au flipper (j’étais fort, notamment ces 2 derniers, le tarot ne relevant que de peu d’aptitudes particulières ^^) mais malheureusement il n’y avait pas, et il n’y a toujours pas je crois, d’épreuve de billard ni de flipper au bac !
Tout ça pour essayer d’étouffer ou distraire sa souffrance.
Heureusement je ne fus réceptif au cannabis. Ca me retournait le cerveau de manière très désagréable mais j’aurai pu prendre. D’autres connaissances se sont échouées à cause de ça, et en partie à cause de ça, ont planté leurs études et la suite.

A ma 2nde terminale, j’ai fini par avoir mon bac, au rattrapage je crois, avec initialement avis défavorable je crois des profs (ils pensaient que je n’allais l’avoir).

Je pensais faire l’école de garde-pêche à la sortie du lycée…

Ma sœur (déjà lancée en étude) m’a dit que je pouvais essayer ; que je « n’étais pas bête ». J'ai donc essayé de faire des études supérieures.

:neuns: 3- Etudes supérieures

J’allai finalement jusqu’à Bac+5, et initialement en Biologie (hihi). Mes études se firent en marge la quasi totalité du temps, je finissais (assez rapidement) à ne plus vraiment aller aux cours. Je récupérais la plupart des cours magistraux au dernier moment, faisais des piles de photocopies, et essayais de les assimiler au dernier moment (comme j’ai toujours fait). Dans l'ensemble pas de phobie scolaire concernant mes études supérieures, juste qq difficultés qui se sont répétés en Génétique (ça devait et rappelait souvent les maths :@ ) où je décrochais, suivais mal, appréhendais le tableau, les exercices non faits, etc. Mais sur l'ensemble c'était peu, sur une année, et pas assez suffisamment présent pour impacter sur l'ensemble -
Ensemble où mes études, la direction, le sens, la valeur me plaisaient et m'ont plu.

--

Aujourd’hui, toujours en marge et à l’écart, je travaille tout seul et j’ai même crée mon boulot et une appellation de boulot qui n’existe pas ^^ (enfin hormis pour moi, hihi).

Vive la marge ! :D

(c'est ptêtre aussi pour cela que j'écris, surtout dans la marge, hihi)

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Re: Phobie scolaire

Message par LiF » sam. 30 mai 2015 13:40

Salut Ned et double merci d'avoir participé alors.
Est-ce que tu as été suivi pendant tes années de lycée par un psy ou un pédopsy ou Est-ce que tes parents ont juste "assumé" et fait des mots d'excuse ? Et quand tu parles de phobie, c'était de l'anticipation anxieuse c'est ça ? Ca se manifestais comment ?
Et Est-ce que tu as lu les autres témoignages finalement ?
(je sais je pose trop de questions.......)

En tout cas, hier on a vu une pédopsy qui nous a parlé d'anticipation anxieuse et du risque d'inhibition intellectuelle. Mais elle n'a pas abordé ce que tu décris et qui moi me semble plus logique de se heurter un jour à la difficulté et non pas que ça fasse embrayer le cerveau mais qu'on la fuit plutôt (difficulté = dévalorisant).
Ché pas si c'est clair.
En tout cas, encore une autre direction, décidément, la phobie scolaire me semble bien un sujet polymorphe.

ned
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Re: Phobie scolaire

Message par ned » sam. 30 mai 2015 14:00

LiF, je réponds juste brièvement, un détail que j'aurai du mettre: mes années lycée remontent à 20 ans. Le paramètre psy, pédopsy, le QI étaient - au moins dans ma famille - et sans doute un peu plus largement ailleurs, bcp moins présents (et complètement absent dans ma famille)

Je complèterai ultérieurement, pas forcément aujourd'hui ou demain, mais un peu de repos s'impose.

Je te souhaite un bon we

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Re: Phobie scolaire

Message par Disappear » sam. 30 mai 2015 17:27

Bonjour,

Suite au message reçu par MP, je viens apporter mon expérience de la phobie scolaire, en sachant que je ne suis pas diagnostiquée HP (bien qu'il paraît que j'ai passé un test dans mon enfance mais ma mère ne m'a pas donné plus de détails. Mais c'est un autre débat).

Je m'excuse d'avance pour le pavé qui risque d'être un peu fouillis, je ne suis pas très douée pour organiser mes écrits.

Je vais commencer par mon enfance, et donc ce qui est peut être à l'origine de cette phobie.
J'étais une gamine angoissée, depuis toute petite. Je posais des questions à mes parents sur tous les sujets, et sur la mort surtout. J'étais une vraie trouillarde des maladies et de la mort. J'étais aussi très timide, j'avais du mal à créer du lien social. J'ai peu de souvenirs de la maternelle, si ce n'est que j'étais souvent seule, tout comme au CP. J'avais quelques amis mais étrangement je me sentais très seule. Et d'après ma mère, j'ai toujours eu du mal à aller à l'école, je ne voulais pas y aller.
Après le CP, j'ai déménagé dans un village pas très loin. Je suis entrée dans une nouvelle école au CE1 et j'y suis restée jusqu'au CM1. Je pense que c'est à cette période que j'ai eu les meilleures relations sociales. On était une bande de 5 gamins et on s'entendait super bien. L'école se passait mieux, je n'y allais plus totalement à reculons, en partie parce que tous mes amis y étaient. Même si la gamine timide et angoissée était toujours bien ancrée en moi, j'avais des amis qui me permettaient d'aller mieux et d'oublier mes angoisses pour un moment.
Tout a commencé à basculer quand ma famille et moi avons déménagé à 600km de mes amis. Je suis arrivée au CM2 avec une haine profonde envers mes parents parce qu'ils m'avaient coupé des relations fortes que j'avais nouées. J'ai ressenti ce déménagement comme un "choc des cultures". Je suis arrivée dans le sud et tout me semblait si différent : les gens, le mode de vie, la vie. Je crois n'avoir jamais réussi à m'intégrer et trouver ma place dans cette ville. En CM2, j'évitais tout le monde, je ne voulais pas d'amis, et aller à l'école m'angoissait. Je ne me sentais pas à ma place. Autre événement important de cette dernière année de primaire : c'est à ce moment là que mes TOC se sont véritablement installés. Ils me bouffaient la vie (et ça va durer pendant plus de 10 ans).
En 6e et en 5e, j'allais un peu mieux niveau école. Je m'ennuyais, je me prenais souvent des mauvaises réflexions de la part de certains (à cause de l'acné et de ma timidité surtout) mais je m'étais faite une amie (qui est finalement la seule amie que je me suis faite en 10 ans dans le sud) et on rigolait bien, donc je supportais la chose tant bien que mal. J'ai eu 17 de moyenne pendant ces deux ans, ce qui ne sera plus jamais le cas.

C'est en 4eme que l'école à commencé à être une épreuve difficile pour moi. Ma seule amie avait déménagé à Paris au début de l'année, je me retrouvais donc seule face à un tas de gens qui me critiquaient, que je ne supportais pas ou avec lesquels je n'avais aucun points communs. Ça été une longue année, je ne supportais plus ce collège. Mes notes ont baissé, j'avais 14 de moyenne à peu près. J'ai dit à mes parents que je voulais changer de collège parce qu'une année de plus là bas m'aurait vraiment fait craquer.
En 3e j'ai changé de collège, je suis allée dans une 3e techno en lycée agricole (un choix dû à ma passion de l'époque pour les chevaux et l'équitation). Ça été une année assez... chaotique. Je me suis faite des amis mais c'était surtout des partenaires de conneries. Et ce collège était très très mal géré donc c'était du n'importe quoi. Néanmoins ça m'a un peu "décoincé", je me suis sentie un peu libérée des moqueries que j'avais subi dans mon ancien collège (même si j'avais toujours de l'acné) et surtout, c'est à cette époque que j'ai appris à dire "non" et à me rebeller face aux autres. Les amies que j'avais étaient des grandes gueules comme on dit, elles ne se laissaient pas faire, elles n'étaient pas timides. J'ai été entraîné dans tout ça et ça m'a permis de moins me laisser faire marcher dessus. Au final, même si cette année a été catastrophique scolairement (je me fichais un peu des bonnes notes, l'enseignement était vraiment mal géré, les élèves étaient horribles avec les profs, c'était vraiment vraiment n'importe quoi), ça été bénéfique parce que j'ai appris à m'imposer et à ne plus subir les moqueries ou dire amen à tout le monde (c'est d'ailleurs la première fois que j'ai collé mon poing dans la figure d'une fille imbuvable qui nous a insulté toute l'année. C'est mal mais ça fait un bien fou. :lol: ).

Après ma 3eme techno, je suis arrivée en 2de générale dans un lycée général (ce n'était plus le lycée agricole auquel j'étais rattachée en 3e). Mes amis de 3e étaient tous partis ailleurs, je ne connaissais donc plus personne dans ce nouveau lycée. Dès le début de l'année scolaire, j'ai senti cette angoisse montée. Je ne trouvais pas ma place, j'étais vraiment mal, je ne savais pas trop ce que je faisais là. J'étais traumatisée par certains profs et j'ai commencé à être absente le jour où j'avais allemand. Je ne supportais pas ce cours, le prof nous obligeait à aller au tableau seul et il nous questionnait à l'oral. Je n'ai jamais aimé/osé participer à l'oral, mais là c'était différent, j'étais terrorisée. En soi, je reconnais que le professeur était loin d'être un horrible personnage mais j'étais vraiment mal et pas du tout à l'aise avec sa manière de fonctionner. Quand je n'arrivais pas à éviter ses cours et qu'il m'interrogeais, je lui répondais sèchement que je n'irais pas au tableau et qu'il pouvait me mettre zéro.
En plus de ces cours où j'allais avec une énorme boule au ventre, j'étais très seule, je n'avais aucun ami. Je ne parlais à personne et dès que quelqu'un essayait d'entamer la conversation, j'angoissais et me braquais. Je me souviens d'une fille qui avait fait un commentaire à quelqu'un d'autre tout en sachant que j'entendais très bien, elle disait que j'étais hautaine et que je me pensais supérieure aux autres. Ça m'a beaucoup blessé sur le moment, j'étais en colère contre moi-même et contre les autres.

Au fur et à mesure des jours, j'étais de plus en plus mal. Je m'isolais totalement des autres au lycée, je n'écoutais plus en cours et je ne faisais même pas l'effort de faire les contrôles et devoirs maison. J'étais de plus en plus absente, je faisais croire à ma mère que j'avais la gastro ou une quelconque autre maladie.
Dès que je prenais le bus pour aller au lycée, je pleurais. Le midi je n'allais plus à la cantine, j'allais m'isoler et je pleurais. En fait, je ne savais même pas pourquoi j'étais mal à ce point et je ne suis même pas sûr de le savoir aujourd'hui.
Ça a commencé à déraper quand j'ai commencé à faire des crises d'angoisses le matin et quand j'ai commencé à être à cours d'excuses pour ne pas aller en cours. Au début ma mère me forçait à aller en cours, je crois qu'elle était désemparée, elle ne savait pas quoi faire et elle ne comprenait pas (ce que je ne peux pas lui reprocher). Et puis je me souviens d'une nuit, vers 4h, j'ai eu une crise d'angoisse et dans ma tête c'était clair, il fallait que je m'apaise et que je trouve quelque chose pour ne pas aller en cours le lendemain. C'est la première fois que je me suis auto-mutilée. Ma mère est venue me réveiller le matin et elle a vu mes bras. J'avais honte mais aller à l'école ce n'était plus possible pour moi, c'était comme une ... phobie. Ma mère m'a emmené voir un pédopsychiatre en centre médico-psychologique. Pour moi c'était clair, je ne voulais plus aller à l'école et je voulais continuer ma scolarité à la maison. Ma mère était un peu sceptique et mon père était furieux/totalement contre cette idée. Finalement, avec le psychiatre, on a mis en place des aménagements d'horaires, j'avais cours un jour sur deux. J'ai tenu environ 3 semaines comme ça (avec de nombreuses absences en plus). Au bout des 3 semaines, ma mère et moi sommes allées à la mission générale d'insertion (dépendante d'un lycée) où on m'a signé une convention de stage pour le reste de l'année (je ne sais plus exactement pourquoi, mais j'avais 15 ans et c'était apparemment compliqué de me déscolariser). J'ai donc fait un stage dans un bar où la propriétaire est une amie à mes grands parents. J'étais soulagée mais ce stage n'a pas été de tout repos psychologiquement. Être en contact permanent avec des gens ça été difficile pour moi, ça m'angoissait, et mes TOC venaient compliquer la chose. Pendant ces 6 mois de stage, j'ai fait une TCC pour mes TOC, ça m'a aidé mais j'ai ressenti les bénéfices plus tard.
Finalement, j'ai arrêté mon stage un peu plus tôt que prévu parce que j'angoissais à l'idée de voir plein de gens et que mes TOC prennent le dessus (je passais énormément de temps à me laver les mains parce que je ne pouvais pas toucher les gens ni toucher des objets qui auraient été en contact avec eux... Difficile dans un bar).

Après le stage et les vacances d'été qui ont suivies, j'étais déterminée à reprendre une 2de générale. Je me suis inscrite, j'ai tenu 1 mois. Cette fois, j'ai été déscolarisée et inscrite au CNED en BEP pour enchaîner ensuite sur un bac techno.

Le CNED a été un vrai soulagement même si j'étais très procrastinatrice et que je ne bossais pas beaucoup parfois. Je suis contente d'avoir pu faire ma scolarité à distance parce que je ne pense pas que j'aurais pu retourné au lycée (en tout cas, pas celui où j'étais, c'est certain). Par contre je regrette énormément les filières que j'ai choisi pendant ces 4 ans au CNED. Mais ça, c'est à mon avis un autre débat et plus le fait de mes obsessions de l'époque.

De mes deux 2de générales ratées jusqu'à mon bac (et je dirais même jusqu'à aujourd'hui), mes notes et mes moyennes ont été assez désastreuses. Un possible joyeux mélange de peur de l'échec, d'inhibition peut être, de filières, de circonstances. Je passais au niveau supérieur avec le minimum syndical (je suis abonnée aux 10 de moyenne depuis quelques années déjà).

Après mon bac, j'ai tenté sans espoir 3 filières différentes (médecine, langues, biologie). L'échec total. On m'a toujours dit "quand on veut, on peut", j'y croyais avant mais aujourd'hui j'en doute énormément. J'avais envie d'être enfin quelqu'un, de réussir quelque chose de difficile, mais finalement je ne m'en suis pas donné les moyens et je n'avais pas le niveau. À cela s'ajoute l'angoisse de l'école qui est revenue quand je suis arrivée à la fac. C'était moins violent que le lycée mais c'était présent. Au fur et à mesure, je me suis rendue comte que ce n'était pas tant la fac en elle même qui m'angoissait, c'était les gens.
Je ne sais pas si on peut dire que phobie sociale et phobie scolaire sont proches, si l'une implique l'autre, mais quoiqu'il en soit le mode d'enseignement de la fac m'angoissait moins que le lycée.

Aujourd'hui je suis en L1 psycho (enfin je viens de finir, bientôt les résultats) et globalement mon année s'est bien passée. Je suis allée en cours (ok, je l'avoue, pas tous les jours) et j'ai (un peu) bossé. J'ai un peu cessée de me mettre une énorme pression sur cette réussite scolaire (même si je pense que ça restera mon seul regret), et du coup j'avance mieux. Même si je n'allais qu'à la moitié de la semaine, j'ai tenu l'année jusqu'au bout et je n'ai pas eu d'attaques de panique comme j'ai pu en avoir au lycée. Maintenant mon angoisse reste plus ancrée dans les interactions sociales, les gens, et l'ennui en cours. C'est une angoisse que je ressens également quand je travaille, donc ce n'est plus totalement lié au milieu scolaire selon moi (mais j'avoue que je redoute le temps où je devrai faire des exposés oraux à la fac...).

Voilà pour mon parcours. Je pense avoir oublié certains passages ou détails donc s'il y a des questions, j'y répondrai.

Bonne journée. :)

ned
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Re: Phobie scolaire

Message par ned » sam. 30 mai 2015 19:31

LiF a écrit :Et Est-ce que tu as lu les autres témoignages finalement ?
J'allais entamer de compléter ma réponse, et notamment en rapport aux consignes du post initial...

Avant j'ai commencé la lecture des témoignages. (Mal m'en a pris). Cela, quand on tombe sur une mention où sur une même ligne et dans une équivalence sont évoqués: trisomiques21, autistes, sur une tonalité .... (où je préfère mettre des petits points).
Cela peut être blessant pour qui peut cotoyer des autistes ou être dans la grande famille des autistes ou non d'ailleurs (et personnellement j'en ai déjà rencontré de toute la famille et j'espère que d'aucun d'entre eux ne lira ce qui a été écrit ici) ou bien même encore des trisomiques 21.


Cela dit, je vais te répondre (et du coup ne plus lire...)
Est-ce que tu as été suivi pendant tes années de lycée par un psy ou un pédopsy
Non
Ou est-ce que tes parents ont juste "assumé" et fait des mots d'excuse ?
Il n’y a jamais eu vraiment de dialogues avec mes parents, de « psychologie ». Mon père considérant à l’époque (je ne sais s’il a bcp changé là-dessus ??) que les psy c’est pour les fous …
Mais en gros c’est ça, il fallait quand même renouveler les raisons. Tout n’était pas « accepté », ainsi je me faisais souvent porter « faussement » malade...
J’avais découvert une technique pour avoir de la fièvre… qui consistait à mettre le thermomètre sur une ampoule. Attention ça monte vite ! :whew:
Il y avait des conflits et surtout des non-dits, des mensonges de ma part, mais dans l’ensemble ils montraient des largesses et pour raison notamment qu’ils se pensaient coupables / responsables de mon état alors que les éléments centraux étaient liés à moi et à l’école.
passer un message aux parents des éléments qui semblent avoir contribué positivement à des solutions
Ce qui est clair c’est que pour moi, et lors de mes études supérieures, j’avais un rythme choisi, un contexte bien (mon ptit appart tranquille) et dans l’ensemble ça me plaisait. J'’avais de plus une direction.
Et je le note au passage : et j’ai quand même bossé / étudié … passer de 6 au Bac à un cursus en biologie (même sans briller vraiment) se fait quand même avec une somme de travail non nulle !
réflexions sur en quoi la famille peut être "co-auteur" de la situation (hérédité, stress, deuils, etc...)
Concernant l’hérédité, je ne suis encore bien définit ^^ et je n’ai pas dit : pas fini ! donc il m’est difficile de m’engager par là.
Je dirai que anxiété, non dialogue (vrai), stress sont marqués du côté parental. A voir entre les transmissions innées ou acquises … là c’est un débat … et comme personne n'a d'estampille particulière, on ne peut établir (ce qui ne m'empêche d'avoir mes petites idées ^^)
que retire-t-on de cette expérience de vie,
(Même si point trop n’en faut de ces expériences..) on peut en retirer de la force ("tout ce qui ne tue pas rend plus fort"), du courage, une fierté de dépasser ses difficultés quand on se sentait comme une merde et nul.
Avoir mon Deug de Biologie en 2 ans (et partant avec un retard sur les autres qui avaient fait biologie en 1ère et terminale contrairement à moi) était une belle satisfaction personnelle. :call:

Je poussai le bouchon encore plus loin qq années plus tard…
Ayant évoqué les cours de philo du lycée (le 4-21, bataille navale et autres), la femme de mon ancien prof de philo (et qui était accessoirement une camarade de classe, et oui l’élève a fini avec le prof..) :clap: réalisa un article sur moi paru dans la presse locale (de ma région d’origine et du lycée), et concernant de la littérature !! et un bouquin !! que j’avais écrit !! Mais point de philosophie… mais de poésie ^^
Ce n’était évidemment initialement dans un but de cet ordre, mais le clin d’œil à cette étape difficile de mon passé, me fit sourire très largement !
comment voyez vous l'attitude de vos parents
De bon cœur, c’est le seul élément que je peux retenir de positif et que j’ai toujours pu tenir en positif (et c’est déjà bcp).
Mais tout ce qui concerne : écoute, dialogue, échanges, compréhension, approfondissement psy - ils sont nuls et qui plus est maladroits.
ou avez vous trouvé, l'énergie pour avancer dans ce qui peut vite devenir un burn out familial...
Comme toujours, en moi, et tout seul à 99 % du temps. Mais j’ai quand même fait une dépression majeure (à la fin / sortie de mes études) qui amena à un autre départ – avec des satisfactions et des non satisfactions et difficultés autres / nouvelles, mais dans l’ensemble c’est moi qui mène (et non les autres qui m’imposent ce et comment je dois le faire).
Néanmoins, je n’ai toujours suffisamment d’énergie, et la marge, la solitude, l’isolement sont partis plus que jamais pour s’installer « confortablement ». :rrmiaou:

En tout cas, hier on a vu une pédopsy qui nous a parlé d'anticipation anxieuse et du risque d'inhibition intellectuelle. Mais elle n'a pas abordé ce que tu décris et qui moi me semble plus logique de se heurter un jour à la difficulté et non pas que ça fasse embrayer le cerveau mais qu'on la fuit plutôt (difficulté = dévalorisant).
Ché pas si c'est clair.
(j’ai eu du mal à intégrer l’image « d’embrayer » mais c’est maintenant ok, donc, maintenant, c’est clair)

Je crois que sur le forum la parole de professionnels est assez d’évangile (mais je peux me tromper, ce n’est qu’une impression) ainsi j’hésite à m’embarquer sur cette voie où pourtant tu sembles m’emmener ;)

Le risque d’inhibition intellectuelle doit néanmoins effectivement exister. Je ne pense cependant pas que cette réponse (organique / psychologique) puisse dans ce cas de phobie scolaire survenir en 1er. Ma réponse est brève, je n’ai pas suffisamment d’éléments.

Ce qui est clair c’est que dans mon cas : difficulté (en lien à ce qui avant m’était assez facile), baisse de l’estime, anxiété / angoisse et perpétuation et amplification de ce cercle vicieux mésestime / anxiété - angoisse ont été la matérialisation de ce qui s’est passé.
Cercle vicieux que rien n’a arrêté, si ce n’est la fin du lycée et nouvel endroit / nouveau contexte.

ned
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Re: Phobie scolaire

Message par ned » dim. 31 mai 2015 09:25

Petit complément,
Je souhaitais l’évoquer dans mon précédent message, mais étant plutôt dans des réponses à des questions je n’avais su l’intégrer.
J’ai lu dans le témoignage précédent (qui lui ne m’a pas fait bondir) que Disappear l’évoquait. (d’autres précédemment aussi mais je ne l’ai vu qu’après la rédaction)
Mon intuition est qu'il y a des phobies ou soit disant phobies simplement liées au sentiment de différence, de décalage, à l'ennui à l'école (1) Le résultat est le même en apparence. Et cela n'exclue pas que ces enfants précoces peuvent avoir été harcelés/traumatisés ou développer des pathologies (2).
:neuns: Sur l’assertion (1), prise individuellement, LiF, j’émettrai qq nuances / réserves.

Atteindre un stade phobique n’est pas anodin et je ne pense pas que le simple sentiment de décalage (sans le minimiser néanmoins) puisse suffire et justifier que le corps / l’esprit / le mental ne puissent affronter cela.
On peut tout à fait, et tu pourrais sans doute trouver de nombreux exemples, où des personnes, en décalage et + ou – à l’écart, ne vivront pas exagérément mal cette situation.

Cela vaudra aussi pour l’ennui. Notre corps / esprit / mental ne déclenchera pas une réaction de type phobique parce que nous nous ennuyons.
Dans ce cas, on est distrait, on n’écoute pas, on fait autre chose, etc.

Ce qui me semble important est de voir d’où viennent les problèmes et quelles conditions font que notre corps réagit à une situation qu’il ne supporte pas ou finira par ne plus supporter. Et ces raisons peuvent être multiples et aussi peuvent s’empiler les unes sur les autres pour aboutir au stade de rejet = stade phobique.

:neuns: Précédemment tu évoques, (2) :
- « harcèlement », oui.
Si qn est harcelé il peut par ce seul fait déclencher une phobie scolaire (et cela HP et non HP)
- « traumatisme », je ne sais dans quel sens tu l’emploies, cf traumatisme physique / psychologique / origine familiale - scolaire / voire d’autres types de traumatismes.
- « pathologies » : idem à la mention traumatismes, trop vague.


Disappear a parlé de phobie sociale, mais avant d’évoquer cela je commencerai par ce qui dans mon cas sont les différentes briques que je n’ai plus supportées, sans doute au-delà de la dévalorisation / mésestime.

:neuns: 1- exposition devant les autres (= aller au tableau à l’école)

La difficulté de s’exposer devant les autres est fréquemment rencontrée.
A l’école ce fut toujours une grosse difficulté : voix tremblante, gêne, inconfort, mes émotions débordent, je perds mes moyens, ma lucidité. Ce fut toujours un effort, toujours une difficulté, toujours un mal-être lié à cela.
Et chaque situation que nous ressentons comme mal-être génèrera à chaque fois plus d’anxiété (par anticipation et par répétition). L’anxiété s’accumulera en lien à cette situation mal vécue et pourra emmener vers l’intolérance totale, le rejet, l’angoisse et contribuer à prendre la direction phobique.
Comme j’ai précédemment évoqué la poésie - et environ 15 ans après les années lycée - j’ai fait qq lectures publiques de mes écrits (devant des audiences de 50 à 100 personnes). Il m’aura fallut peut-être 1 an de présence régulière (à raison d’1 fois par mois), le temps de me sentir, jauger les gens, l’ambiance, les intentions, le lieu.
Malgré mes essais, mon envie d’avancer, de dépasser mes angoisses, j’ai du me contraindre à arrêter. C’était trop dur pour moi. De nouveau : voix tremblante, gêne, mes émotions débordent, je perds mes moyens, ma lucidité. Je suis tout de même « passé sur le grill » 7 fois avant de définitivement lâcher l’affaire et ne plus du tout y aller. Une autre fois, fois unique..., je fus même invité dans un autre lieu, autre contexte, et j'ai lu bcp plus qu'un poème (7 je crois). C'était une horreur que je m'essayais de rendre la moins visible possible. A chaque fois je percevais chaque personne, leurs regards qui me fixaient, leur attention, cela me terrorisait. J’ai essayé de trouver des parades ; par exemple : enlever mes lunettes (je suis myope) pour ne pas voir les gens et leurs regards. C’était un ptit mieux. J’ai essayé de structurer (en mettant de grosses ponctuations représentant le rythme de lecture à emprunter). Un ptit mieux. Mais au final toujours trop trop difficile pour moi. :nesaitpas:

:neuns: 2- Intolérance vis-à-vis de certains profs / matières voire des 2 ensemble.

Je pense qu’une direction de type phobique peut s’enclencher en réaction à un seul de ces rapports.
L’intolérance, le rejet, peut être un point de départ pouvant s’étendre à l’ensemble de la perception scolaire et aboutir à un rejet total et entier du système partant d’un seul point.
J’ai évoqué : 2 profs de maths et la matière en elle-même sur 4 ans de lycée, une prof de biologie. Je rajouterai un prof de physique et la matière sur 2 ans de lycée.
Ce pourquoi il faut être vigilent par rapport à cela pour les plus réactifs tout du moins. Des aménagements, des discussions, enfant / parents / prof doivent pouvoir désamorcer certaines bombes qui peuvent un jour exploser.

:neuns: 3- Phobie sociale, difficulté à créer du lien social.

Pour moi elle n’interviendra pas dans la période lycée donc ne peut être rapprochée dans mon cas à ma période phobique du lycée.
Bien que discret, pas trop à l’aise en groupe, j’ai toujours eu 1 et souvent 2 amis (les amis tarot, billard, flipper) et on partageait tout. Je n’étais pas isolé, rejeté. De plus, ayant notamment des aptitudes physiques et sportives très bonnes : record du collège en endurance ; foot : très bon et dans les meilleurs de ma ville de ma tranche d’âge ainsi que dans d’autres sports et activités sportives où j’étais toujours dans les meilleurs, j’étais valorisé. Je ne savais pas parler (dans le sens d’intéresser par les mots ou fédérer, rapprocher qn vers moi par ce biais) mais les autres venaient vers moi parce que j’étais « respecté et valorisé » par ce que je faisais. Donc pas de rejet.

Néanmoins l’isolement en lien avec une phobie de type sociale et / ou difficulté à créer du lien peut mener à une situation de rejet du système entier.
Je pense toutefois que bcp se suffiront de leur solitude et que globalement elle provoquera peu de phobie scolaire – mais elle peut contribuer, comme brique constitutive et préalable au rejet entier.

A titre d’exemple personnel, pendant toute mes études supérieures, je n’eus vraiment d’amis. Jamais vraiment intégré dans un groupe. Lors de ma dernière année, autre lieu, autre région, je suivais un groupe mais ne me reconnais pas dans les gens. Je figurais. Et globalement, cela ne m’a pas gêné. J’ai dans l’ensemble toujours été solitaire et faisais mes activités en solitaire.


Voilà, cette fois je pense que c’est fini !

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Re: Phobie scolaire

Message par Maddy » lun. 1 juin 2015 17:14

Si j'avais eu le choix, je ne serai jamais allée à l'école, mais aurais continué à apprendre à la maison. J'ai fait des efforts pour m'adapter, travailler (alors que je m'ennuyais) mais ça n'a pas duré longtemps. Je faisais tout ce que je pouvais pour manquer les cours. Il m'est même arrivée de m'enfuir de l'école (ce qui m'a posé de gros problèmes avec ma mère) J'aimais apprendre, mais pas là-bas.
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Re: Phobie scolaire

Message par jordan s » dim. 19 juil. 2015 07:08

Salut lif dsl pour le retard j'avais déserte le site :) j'avais écrit un énorme pavé qui vient de disparaît en tentant de le sauvegarder. Dis moi si tu es toujours intéresse je me ferai un plaisir de tapporter mon avis qui je pense te sera utile
Voilà voilà bonne journée ;)
Quoi de plus beau que la création, l'extraordinaire ou l'inattendu :)

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Re: Phobie scolaire

Message par LiF » dim. 19 juil. 2015 07:37

Bonjour,
Oui je pense que c'est toujours utile :) Pour tous et aussi pour la publi si ça t'intéresse de participer.

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Re: Phobie scolaire

Message par LiF » mer. 23 sept. 2015 07:41

Hello,
Je vois que le sujet est sans doute trop intime pour faire débat, mais les interventions ont été pour moi en tout cas très intéressantes, j'espère que pour d'autres aussi.
Je reviens vous dire que le bouquin dont je parlais au début sur la phobie scolaire paraîtra en janvier, il va s'appeler "Ecole : quand la phobie prend le dessus" et comprendra, comme vous le savez des témoignages de parents et d'ado ou adultes ayant été confrontés au problème. Je vous en dirai plus dans le coin du forum consacré aux publi c'est peut être mieux, quand j'aurai les réf précises aussi... avec un résumé.
Merci à ceux qui ont participé :)

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