Phobie scolaire

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LiF
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Phobie scolaire

Message par LiF » sam. 9 mai 2015 12:13

Hors-sujet
LiF a écrit : Appel à témoignage : Adultes ayant vécu la phobie scolaire.

Bonjour à tous,
Je souhaiterais faire un appel à témoignages de personnes adultes ayant dans leur scolarité vécu une phobie scolaire, cela afin de mieux comprendre la spécificité du problème chez les HP.
Ce post a un double objectif : celui d'échanger sur le sujet, mais aussi de participer à la réalisation d'un ouvrage sur la phobie scolaire.

Je fais parallèlement partie d'un groupe de parents (assoc phobie scolaire) qui s'entraident et projette la réalisation d'un bouquin sur le sujet. Les témoignages réunis alimenteront donc cette publication.
Ceux qui souhaitent partager leur histoire pour aider les enfants et parents à mieux comprendre les mécanismes dans le cadre de cette publication peuvent me contacter par MP.

Pourquoi ce questionnement ?
J'ai un enfant phobique scolaire et THQI, ce qui m'a conduite à m'intéresser particulièrement au sujet.
Et puis de fil en aiguille, mon impression est qu'il y a une forte proportion d'enfants à haut potentiel dans ce groupe de parents d'enfants phobique mentionné plus haut. Ceux qui ne sont pas surdoués n'ont pour la plupart pas été testés, donc difficile de savoir.
Mon intuition est qu'il y a des phobies ou soit disant phobies simplement liées au sentiment de différence, de décalage, à l'ennui à l'école. Le résultat est le même en apparence. Et cela n'exclue pas que ces enfants précoces peuvent avoir été harcelés/traumatisés ou développer des pathologies.
J'ai l'impression donc que tout un tas de gosses précoces sont mal diagnostiqués, et que c'est seulement l'absence de prise en charge pédagogique qui est la cause de leur trouble.

Bref, quel est votre avis et si vous êtes passé par cette difficile épreuve, avez vous des conseils ?

PS : pour l'ouvrage, si vous êtes intéressé : seront publiés les témoignages les plus significatifs les autres seront mis sur une page web en lien avec le livre.
Consigne/objectif: expliquer ce qu'on a vécu, passer un message aux parents des éléments qui semblent avoir contribué positivement à des solutions, réflexions sur en quoi la famille peut être "co-auteur" de la situation (hérédité, stress, deuils, etc...), que retire-t-on de cette expérience de vie, comment voyez vous l'attitude de vos parents, ou avez vous trouvé, l'énergie pour avancer dans ce qui peut vite devenir un burn out familial...
Bref, toute description du vécu et du sentiment ressenti enfant et qui permette peut être aux parents lecteurs d'avoir une lecture différente de ce que vit leur enfant et des suites que cela peut avoir.





Bonjour,
Je n'ai pas trouvé de sujet là dessus alors j'ouvre, dites moi si c'est redondant.
Et je ne poste pas dans la section enfant parce que je voudrais l'avis de grands qui sont passés par là.

Donc, ma question est la suivante : j'ai l'impression, étant parallèlement sur un groupe d'échange de personnes concernées par la phobie scolaire (trouble scolaire anxieux), qu'il y a une forte proportion d'enfants à haut potentiel dans ce groupe de phobie. Ceux qui ne sont pas surdoués n'ont pour la plupart pas été testés, donc difficile de savoir.

Mon intuition est qu'il y a des phobies déclenchées par un évènement, un traumatisme, et d'autres simplement liées au sentiment de différence, de décalage, à l'ennui à l'école. Le résultat est le même en apparence. Et cela n'exclue pas que ces enfants précoces sont harcelés par exemple.
J'ai l'impression donc que tout un tas de gosses précoces sont mal traités, si vous me permettez l'expression, mal diagnostiqués, et que c'est seulement l'absence de prise en charge qui est la cause de leur trouble.

Quel est votre avis et si vous êtes passé par cette difficile épreuve, avez vous des conseils ?

Merci et bonne journée à tous :)

fleueenn
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Re: Phobie scolaire

Message par fleueenn » sam. 9 mai 2015 13:19

Bonjour LiF,
Quant à moi, je n'avais pas de phobie scolaire proprement parlé. En tant qu'enfant précoce, j'étais niee tout simplement. Mes parents m'ont élevée comme on élève un enfant normal. Ma mere m'a fait redoubler deux fois (dont la maternelle) parce-que elle ne comprenait pas ma différence. Autant dire que j'ai été d'une certaine façon maltraitée.

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LiF
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Re: Phobie scolaire

Message par LiF » jeu. 14 mai 2015 10:16

Salut Fleureenn, merci d'avoir répondu. Ca veut dire quoi pas de phobie scolaire à proprement parler ? Tu es allé(e) à l'école en étant à côté de la plaque mais tu as toujours pu y aller quand même c'est ça ?
Je me demandais si certains avaient vécu de véritables phobies en fait, c'est à dire que la perspective de l'école provoque une angoisse telle qu'il est parfois impossible d'y aller.
Bon si c'est le cas de personne, mon impression est peut être un peu naze finalement !! :D

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Chacoucas
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Re: Phobie scolaire

Message par Chacoucas » jeu. 14 mai 2015 12:42

Salut. C' était mon cas. Autant raconter un peu. Enfant solitaire dès la maternelle, j' ai appris à lire assez tôt et vite préféré la compagnie d' un livre dans la cour de récré, ce qui forcément passait mal socialement et a commencé le malaise "chouchou/tête à claque/pas sûr de lui/conflits d' intégration". Le malaise aurait pu se régler avec quelques coups de poing si 'j avais été élevé un peu différemment mais je me battais pas, j' aimais pas l' idée et j' avais pas envie de me faire punir parce qu' un autre avait commencé. (je regrette souvent de pas avoir donné des coups plutôt que de la jouer sage et respectueux d' ailleurs, en étant enfant c'est à priori un facteur d' intégration et de confiance en soi, aussi primatisant soit il... mais guère une solution absolue, on en convient... simple intégration à un milieu déjà pas très fin). Je passais mon temps à rêvasser pas vraiment présent mais pas vraiment besoin de l' être non plus, je ratais pas grand chose. Suffisait de répéter la question, je répondais et je repartais dans mes rêveries.
Jusqu' à ce que la directrice de l' école ait décidé de faire de moi un élève studieux (enfin, j' étais 1er ou second depuis le début de ma scolarité, mais je me foulais pas c'est clair), je l' ai pris comme une agression et du harcèlement (une fois elle m' a envoyé seul et surveillé dans une salle de classe vide pour refaire tous mes devoirs convaincue que j les avais pas faits seul au vu de l' absence de fautes). Là c'est le début de la "rébellion" comme élément de survie... C' était la dernière année de primaire je crois. Son objectif était pas très fin non plus (convocation des parents "votre fils on l' a trop laissé tranquille, et ce n' est pas normal, il faut le briser cet enfant, qu' il soit plus malléable et se donne la peine de montrer ce qu' il vaut"). On interprète comme on le peut. Pour moi c'était une déclaration de guerre personnelle. Donc il n' y avait pas que les enfants qui soient cons (bon je le savais déjà), mais les adultes atteignaient des sommets aussi et pouvaient me menacer.
En sixième j' attendais ce que j' ai finalement connu à la fac. Une éducation libre où on peut enfin prendre son propre rythme. Enorme déception bien entendu et j' en ai eu marre de perdre du temps, j' ai donc décidé de ne plus aller en cours. L' incompréhension globale et la focalisation des adultes sur des trucs on ne peut plus évidents qu' ils faisaient tout pour ne pas comprendre ("mais à cet âge là on ne dessine pas l' école comme une prison avec des barreaux il y a un traumatisme qu' il faut identifier etc...") a entraîné une dépression, je me retenais aux murs et me roulais par terre en pleurant dès qu' il était question de me forcer à retourner en cours. J' ai fini par me faire interner, et au bout d' une semaine je me suis échappé et essayé de parlementer avec mes parents qui m' ont sorti de là à condition que je fasse ma cinquième (on proposait de me faire sauter la sixième que j' avais à moitié manquée), dans un autre collège (autant éviter l' humiliation sociale en repartant de zéro) et que je "cesse tout caprice". Bon l' internement et les médications etc... montrant clairement que je risquais pas de gagner du temps par cette voie là j' ai accepté et suis"allé jusqu' au bac" comme promis.
Bien entendu j' ai plus été le premier ni second après la cinquième où j' avais un autre pote avec qui on faisait des concours de notes. J' ai simplement rien fichu. Et gardé la moyenne comme repère de "travail à fournir". Après le bac j' ai fichu le camp et voyagé 3 ans. L' exploitation étant pas super marrante j' ai testé les études supérieures, aux conseils de tout le monde "truc facile, littéraire, pas simple de reprendre après tout ce temps". Bah en fait si... c'était simple, et enfin intéressant. Un peu tard certes mais là je pouvais gérer mon emploi du temps comme je voulais. Après j' ai fini par trouver le milieu problématique aussi mais c'est une histoire "d' adulte"...

Pour résumer la phobie ne vient surement pas uniquement d' un potentiel, mais de l' éducation, d' évènements, de personnes, états psychologiques etc... Je n' ai jamais passé de test, je ne sais donc pas si je suis "HP" mais le profil correspond à priori, et si jamais c'est donc une dérive possible.

Et je suis d' accord avec l' idée de prise en charge, si je perçois mal l' urgence de payer un test qui n' apporte "socialement" qu' à peu près rien quand on a déjà des problèmes financiers et d' intégration professionnelle (pareil, question de contexte et de solutions apportées, en soi savoir que la terre est ronde et pas plate change pas grand chose avant de pouvoir en faire le tour), à l' école je pense que ça m' aurait évité quelques problèmes si on avait envisagé des solutions, ou qu' on ait pu partir d' une "cause" qui ne soit pas "capricieuse" aux "différences" dont je faisais preuve. Encore faut il avoir des solutions. Ne pas aller à l' école est un crime, le CNED peut être pas accessible à tout le monde... Etc...

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Re: Phobie scolaire

Message par LiF » jeu. 14 mai 2015 12:57

Merci :)
Ça a duré combien de temps la phase roulage par terre crises internement ? Et est ce que tu te souviens de ce que tu ressentais ?
Plus particulièrement la mécanique entre "j'ai décidé de plus aller à l'école" et la dépression ?
C'est intéressant ce que tu expliques sur "les attentes déçues " en 6eme et le besoin d'organiser son temps. Parce que c'était lent ?

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Re: Phobie scolaire

Message par Chacoucas » jeu. 14 mai 2015 13:16

Oh leeeeent... ^^ infiniment. A tel point que quand j' ai lu la nouvelle d' anticipation de stephen king où un enfant se fait téléporter avec ses parents mais ne prend pas le somnifère prévu, afin de rester conscient par curiosité, puis s' arrache le visage, ses cheveux déjà blancs, à son arrivée (parcequ' il avait été conscient pendant... une éternité), l' ennui est consciemment devenu une des peurs les plus tangibles que j' avais (j' ai appris récemment être hyperactif... ça fait sens).
Le déplacement, l' attente dans la cour de récré, le manège de rester en rang, l' appel, les conneries des deux trois emmerdeurs pour ralentir encore plus l' installation et le cours, les "ouvrir le livre", les lectures à 2 à l' heure, les questions et introductions pendant plusieurs séances avant d' enfin sortir le "savoir brut" et somme toute le niveau de compréhension demandé extrêmement bas... Quand c'était simplement pas le prof qui était incapable de répondre à la seule question que j' allais poser dans la semaine ou le trimestre... C' était simplement une hantise. Alors je rêvais. Quand j' ai commencé la guitare vers la fin du collège, plus tard, je révisais mes cours d' harmonie, et j' ai commencé à dessiner sur mes feuilles de cours, quand le prof me prenait pas dans le viseur parce que ça lui plaisait pas et que le crayon gris était interdit(quand j' ai donné des cours plus tard... j' ai toujours laissé dessiner pour la peine, à condition de marquer l' essentiel)... Socialement ça a presque été plus simple, on me demandait de dessiner des feuilles à 5 ou 7 branches que je commençais à faire pas mal... Par contre la musique non, j' ai mis des années avant de jouer devant quelqu' un.

J' ai plus été en cours à partir de fin novembre en sixième, la semaine d' internement était vers le début du printemps, ça a duré à peu près tout ce temps. Ca s' est passé à 10-11 ans, à cheval. Je me souviens que c'était devenu particulièrement intense parfois, il suffisait que j' y pense, seul, pour que la douleur me prenne et les larmes sortent. C' est assez loin maintenant, je me rappelle mieux de la douleur que de la chronologie évènementielle. Et j' étais guère capable de mieux expliquer les choses que "je m' ennuie on perd du temps pour apprendre, et c'est le seul but d' y aller, non?" ou "c'est comme une prison" et puis comme réponse la plus simple à l' incompréhension et plus particulièrement les critiques "mais ils sont tous cons"... J' étais guère capable de lire mes émotions à cet âge, de classifier les causes probables et de traduire ça en autant de versions nécessaires que de type d' individu demandant. D' autant que la compréhension brute était rarement la raison des questionnements. J' étais un problème, j' en posais un, et il fallait le solutionner. Par contre vivre dans ce contexte devenait extrêmement pénible. J' étais pas suicidaire, j' avais des sensations dans la vie que j' aimais bien. Paradoxalement apprendre en faisait partie, comme la nature et mes animaux. Mais c' était douloureux.

La dépression... dans un sens je sais pas si j' en suis sorti puisque je peux être assez cynique et déprimant en essayant simplement d' être objectif :rofl: . Mais disons que l' internement en soi était intéressant. J' ai compris que personne m' aiderait. Et que je devais mentir. J' ai vu des enfants que finalement je trouvais moins vains que les "normaux" que je devais côtoyer, même si ils avaient un avenir d' intégration plutôt sombre devant eux, conscients de ça ou pas (une fille d' une prévenance extrême qui agissait comme la mère de tout le monde... totalement inadaptée de ce fait... dans un autre pays on l' aurait peut être appelée "sainte", des trisomiques 21, des autistes ou auto mutilateurs à l' humeur pas très stable...)... le printemps et l' été m' ont laissé du temps enfin peinard et je me suis ressourcé assez pour sortir des crises elles même. Après ça a pas été simple, j' avais pris 12 kilos en un hiver et passé de la crevette au petit gros, j' ai reçu encore plus de tartes dans le bus etc... Mais je savais simplement que j' étais seul et que je gagnerai jamais aucune bataille au nom de la justice. J' ai donc appris à m' en foutre, fuir toute autorité, et... j' ai commencé à apprendre ce que je devais écouter des autres ou pas (ça ça a pris bien 15 ans voire plus). Donc au final à plus avoir d' espoir, on souffre plus... on change.

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Re: Phobie scolaire

Message par LiF » jeu. 14 mai 2015 13:51

Punaise, j'en ai les larmes aux yeux. Beaucoup de parents dont les enfants sont phobiques s'inquiètent que ça empire vers de la phobie sociale s'ils mettent leurs enfants au CNED par exemple. On entend souvent des "le collège est l'apprentissage de la vie sociale". En te lisant je me dis que ne pas protéger un enfant de ce milieu quand il lui est trop violent est une source de désillusion et de phobie sociale plus que le fait de l'en protéger. Pour ça merci déjà. Ca ferait du bien à beaucoup de te lire.
Tes parents ont ... changé leur vision maintenant ? Tu as des enfants peut être ?

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Re: Phobie scolaire

Message par Chacoucas » jeu. 14 mai 2015 14:25

Alors pour le CNED, j' ai eu des élèves qui sont passés par le CNED, niveau scolaire tout à fait satisfaisant (donc dans le supérieur à la moyenne, même si parfois un peu rebelles au cours à l' ancienne de ce fait... j' imagine qu' ils ont déjà connu plus rapide et mieux), indépendants certes, mais c'est une qualité pour moi, justement ils gardaient un regard critique sur les groupes et n' avaient absolument aucun problème à se faire des potes et parler quand ça devenait intéressant pour eux... J' imagine que le facteur familial est primordial, je ne sais pas. Mais de mon point de vue c'est comme la médecine médiévale et ses fausses interprétations faute de réelles alternatives et remises en question. Saigner quelqu' un pour le purger, éventuellement, faute d' avoir pu essayer autre chose. Une fois qu' on a essayé ça devient de la mauvaise foi. Ou alors "si on le jette pas à l' eau il apprendra jamais à nager" et le nombre de traumatisés de l' eau incapables toute leur vie d' apprécier le plaisir incroyable de nager... bref.

Pour ma part je suis absolument rêveur et admiratif quand j' entends un truc comme ça: https://www.youtube.com/watch?v=h11u3vt ... ia_03&vm=p (en anglais, j' espère que tu es anglophone) mais ça ne viendra jamais avec cette croyance que l' institution est "bonne". Je développe presque systématiquement le point de vue inverse du fait d' avoir vécu ce genre de truc: je fuis la foi en l' institution. J' imagine que comme dit Lao Tseu "La voie est au milieu" :wasntme:

Je n' ai pas d' enfants, j' ai vécu 3 mois avec une mère étrangère et sa fille de 3 ans et je me suis posé la question de sa scolarité... Mes terreurs sont revenues et mon idéal était de l' emmener faire un tour du monde sur un voilier, rencontrer des associations et des sociétés différentes, et de lui donner des cours moi même, suivie par le cned. Foncièrement je vivais très mal d' imaginer qu' elle passe par l' école comme je l'ai fait.

Mon père est mort quand j' étais en seconde ou première, on a jamais vraiment eu ces discussions du coup et j' étais en pleine fuite et rébellion (disons gestion identitaire). Ma mère... a jamais été très responsable, elle suit en dramatisant et culpabilisant. Ce n' est pas une rationnelle. De ce fait elle intègre mal de questionner les procédés et le contexte plutôt que les évènements. L' internement aurait été demandé par mon père pour l' embêter à elle aurait elle appris à posteriori... bref.

Problème on ne peut plus cliché de l' adolescence ou l' enfance : dessiner sur des murs ou autre est souvent plus concret que parler à des êtres humains...On est tous formatés et formalisés à un certain niveau... et souvent ce niveau permet pas la compréhension ou la communication.
Après on aura compris ce que je dis n' engage que moi et mes expériences. J' ose espérer ne pas dire "vrai" quand je dis des trucs aussi tristes :)

Pourquoi te poses tu ces questions? Tu as été phobique? Tu l' es encore? Ou c'est un de tes enfants? (simplement par curiosité... je suis le seul à parler ^^ )

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Re: Phobie scolaire

Message par LiF » jeu. 14 mai 2015 14:41

Oui ma fille est phobique elle est en 5ème, et je discute très souvent sur un groupe de parents concernés, et ça amène beaucoup de questionnements et de remise en question bien sûr. Mon aîné était insupportable en classe, il réagissait à l'ennui en en voulant aux profs, à tout le monde, et elle elle s'en veut de ne pas être comme les autres. C'est terrible de voir une petite fille qui cumule tant de qualités se diminuer comme ça. En fait je crois que c'est un peu ce que tu décris sauf qu'elle se dit "pourquoi je suis pas comme les autres, pourquoi les autres y arrivent" en boucle. Rien que d'y penser l'angoisse la prend, elle se tétanise, elle pleure. Je crois que c'est une prison pour elle aussi. L'enfer de l'ennui toute la journée, mais elle ne sais pas non plus vraiment exprimer ces sentiments.
Le retour de vacances c'est terrible à chaque fois, là elle n'a pas pu y retourner. Et je la retrouve toute joyeuse à faire les cours à la maison. Finalement je m'en fous, tant qu'elle est bien, je vois pas pourquoi je l'obligerais à aller à l'école. Mais bon on se met peut être aussi dans l'embarras vis à vis de l'institution. On va voir la suite.
Bref, ça a commencé en CE1, elle a sauté le CE2 et ça a réglé le soucis jusqu'à cette année. A partir de novembre elle a plus pu. On a mis du temps à lâcher l'affaire.
Maintenant on se dit que cette institution, pffffff. Bah disons qu'elle me paraît pas hyper à la page ni très à la hauteur de ses ambitions d'égalité.
Et donc, à force de lire des parents concernés qui passent pas tous ces questionnements, je me suis dit que vraiment il y avait tout un tas de gosses qui m'avaient l'air de précoces, c'est assez surprenant. C'est pourquoi il m'a semblé que ce serait pas mal de demander à des anciens enfants leur avis ;)
Je ne sais pas si je réponds à ta question.

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Re: Phobie scolaire

Message par Chacoucas » jeu. 14 mai 2015 15:11

Si, tu réponds. Mais je vois aussi que tu es "diagnostiquée" HP (ou diagnostiqué mais j' imagine "ée"). Et donc comment tu as vécu ta scolarité? ( Et puis c'est étrange que les autres répondent pas plus... je vois plein d 'indices de phobies sociales sur le forum et la description du gamin HP le définit pas comme le kid "social" par excellence il me semble)

Enfin... curieux de savoir comment ça a été vécu/pallié/oublié etc... Moi j' ai toujours demandé un truc: qu' on me fiche la paix. Et par la suite quand j' ai eu des profs qui pensaient que c'était la meilleure solution pour moi de me foutre la pression s' est suivie une bataille de je m' en foutisme où je jouais avec leurs nerfs jusqu' à ce qu' ils lâchent l' affaire, au bord de la faute professionnelle et du harcèlement trop évident. Personne a vécu ces situations? Pas de problème de violences scolaires ou harcèlements divers par quelques élèves? Et si jamais... Pourquoi moi j' ai eu ça? :)

Pour ta fille... ben oui, si parfois pousser un peu fait du bien, je ne vois pas ça comme efficient de s' acharner contre une résistance (base en psychanalyse d' ailleurs... même si le mot est devenu malaimé). Et pour avoir énormément déménagé, pas mal voyagé et changé de milieux sociaux... je sais par expérience que se comparer aux autres est un problème contournable et loin d' être toujours fructueux... Si elle se sent mieux autrement ça peut surement être plus fructueux à fouiller.

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Re: Phobie scolaire

Message par LiF » jeu. 14 mai 2015 15:29

Moi j'étais complètement à côté de la plaque, jamais compris ce qu'on attendait de moi, toujours été convaincue que j'étais "trop jeune", "immature", et nulle en gros. Au lycée je me suis fait des potes alors ça allait mieux, à la fac aussi des supers potes, mais j'avais toujours la sensation de pas être cômifô. Et pi finalement vers 38 ans j'ai commencé à douter de cette histoire d'immaturité, ça tenait plus...!! tu me diras j'aurais pu y penser avant un âge aussi avancé hein, mais quand on est formaté depuis l'enfance sur "ce sentiment s'appelle immaturité" ben c'est pas si simple de mettre la définition du mot en cause.

Et moi aussi j'aimerais avoir le vécu scolaire des autres de par ici :)

En fait la question me turlupine tant et si bien que je me demande si je vais pas faire un sujet de mémoire là dessus l'an prochain, faut que je creuse.

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Re: Phobie scolaire

Message par Chacoucas » jeu. 14 mai 2015 15:59

Bah "ne pas comprendre ce qu' on attendait de moi" oui c'est une autre manière de le dire... :) Je peux m' y reconnaitre aussi "mais enfin, qu' est ce qu' on me veut?" hihi.

Et l' immaturité, moi on disait que j' étais plus mature que mon âge à peu près jusqu' à l' internement, ensuite parfois l' inverse, de plus en plus souvent jusqu' à aujourd 'hui où je vis clairement comme un ado attardé (ou un vieillard?) comparé à ce que sont les gens à mon âge... mais en même temps j' ai jamais trop voulu devenir adulte, à part le vague espoir de la majorité et de l' inépendance. Donc la question est on ne peut plus paradoxale...

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Re: Phobie scolaire

Message par LiF » jeu. 14 mai 2015 17:08

Je vois tout à fait :)
Dis moi, Est-ce que tu crois toujours que tu es seul ?

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Re: Phobie scolaire

Message par Chacoucas » jeu. 14 mai 2015 18:02

Alors ces dernières années je suis passé entre les filets de pôle emploi pendant 3 ans, monté une auto entreprise sans leur aide enfin bref jme débrouillais, puis je me suis dit "bon j' en ai marre, jveux voir si on a pas une formation à me proposer et une reprise d' études ça serait bien". S' ensuit mega suivi réinsertion blabla... stress absolu, communication avec les conseillères de pire en pire, sensations de condescendance humiliation, nervosités renvoyées etc... au bout d' un an et demi j' apprends par mes propres moyens que je pouvais reprendre les études comme je le prévoyais, la conseillère explose quand je lui montre le truc... je tombe malade durant ces mois ci, il me faut 3 mois pour comprendre en me servant de wikipedia etc... je passe un an à en parler à des médecins qui me prennent pour un dépressif en manque de sport (je roulais parfois 6 heures dans la journée à vélo...) et refusent de me faire passer les tests pour la pathologie que je supposais, jusqu' à ce qu' un neurologue m' envoie sans trop y croire à l' hopital. Dans le mille j' avais eu juste.

Donc seul? hmmm... :)
Encore une fois ça concerne que moi et mes expériences et j' espère ne pas dire une "vérité"...

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Re: Phobie scolaire

Message par LiF » jeu. 14 mai 2015 18:07

Mais en dehors des professionnels de tout poil ?
Punaise, je crois qu'on dérive du sujet :)

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Re: Phobie scolaire

Message par Chacoucas » jeu. 14 mai 2015 18:16

Oui on dérive dangereusement... je regrette presque mon dernier post ^^

" seul" en soi ça ne veut pas dire grand chose... y' a jamais eu autant d' humains sur la planète :) Même si la variété biologique est en train de bien s' affaiblir depuis quelques années.

Et hormis les professionnels, personnellement ma vie sociale est à 80/90 pour cent sur internet... adaptation à un système de vie où on vit à l' intérieur, on se méfie des autres facilement, on est sur-stressés, et au final le numérique reste le moyen le plus naturel de rencontrer des gens avec des intérêts communs... Sans jamais vraiment rien partager du quotidien... :)

Mais là on est vraiment plus dans le sujet...

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Re: Phobie scolaire

Message par Yelko » jeu. 14 mai 2015 18:25

En effet, la discussion dérive gentiment vers le hors sujet. Il serait sympa de rester dans le sujet de la phobie scolaire et d' éviter de verser uniquement dans le témoignage personnel. Même si la discussion est agréable à suivre, je pense que ce n'est pas le lieu pour cela. Vous avez éventuellement le fil de votre présentation, et pouvez échanger par messages privés si vous le souhaitez. :)
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Re: Phobie scolaire

Message par lechalote » dim. 24 mai 2015 08:31

Hello,

Ce sujet là me touche parce que n'ayant pas vraiment connu d'angoisse à l'école, j'y suis confrontée avec deux petites filles dont une de douze ans maintenant qui depuis le CE1 a clairement des symptômes de phobie scolaire : crises d'angoisses, procrastination, huit heures pour se mettre à faire quelque chose, le nez collé dans pronote pour vérifier l'évolution de ses notes (j'ai failli lui interdire l'accès c'est dire!). En CE1 son père à l'époque au chômage l'a récupérée au fond du trou et en 6 mois elle faisait partir des 10% des meilleurs à l'évaluation nationale. Mais en 6ème, confrontée à l'anxiété des profs et à une pression sidérante à cet âge, leur bordélisme (ceux qui mettent les devoirs sur pronote et ceux qui refusent, les notes d'implication tombées au hasard sans critère objectif, les travaux de groupe réguliers quand ceux du groupe ne font rien ou ne l'écoutent jamais, ou que dedans il y a une fille qui essaye de la persécuter depuis six mois mais on ne peut pas changer de groupe...) etc), son absence de méthode à elle, ceux qui leur font étudier des livres de 3ème en anglais (si, si the hound of the barskerville, sans avoir les bases, c'est un bonheur, mais elle sait dire lande en anglais quel pied), et je ne vous parle pas des maths où les explications sont tellement tordues qu'il faut tout reprendre à la maison...Ca plus l'ambiance pourrie en classe que les profs qualifient de très agréable (3 élèves partis en cours d'année tout de même pour changer d'établissement pour cause de harcèlement)...Certes, on pourrait dire que c'est l'apprentissage de la vie, mais je n'ai aucun souvenir d'un tel bordel. Heureusement, elle dessine, elle coud, elle a le poney et le chant comme soupape de décompression et 15 jours de vacances toutes les six semaines parce que sinon, je ne vois pas comment elle tiendrait. Je l'ai retirée de la cantine pour qu'elle s'extraie de ça une heure par jour (je ne mange pas avec mes collègues non lus, j'ai besoin de respirer seule le midi). On déménage et elle change de collège l'année prochaine....on croise les doigts.
Quant à la petite, c'est simple, tout ce qui n'est pas spécifiquement écrit par l'instituteur, elle ne le fait pas.
L'école lui a totalement appris à ne plus jamais réfléchir par elle même. Perte de confiance maximale, je vois bien qu'elle fait des efforts mais qu'elle patauge dans un monde bruyant, violent, dont elle n'a nullement compris les règles (inexistantes). Comme elle pige tout en 5 mn, on prend deux heures chaque vacances pour revoir le programme...qu'elle oublie sitôt remis les pieds en classe. Je suis convaincue que tout ça n'a aucun sens pour elle, elle ne fait pas le lien entre les apprentissages (et pour cause, il n'y en a pas). C'est parfois un peu désespérant, et on essaye de ne pas lâcher, mais je ne peux pas matériellement faire le programme à la place des profs, d'autant qu'on a JAMAIS de vue sur l'avancement de leurs travaux, les cahiers sont toujours à l'école pour correction, on ne peut que constater l'ampleur des dégâts avant les vacances et reprendre ça pendant les vacances justement...
J'avais pris un congé sabbatique l'année dernière et là, j'ai vu...le mot exercice le faisait plonger sous la table, écrire était une torture, bref, tout ce qui touchait à l'école la paniquait. J'ai pris un PC, l'ai autorisée à écrire comme elle veut au brouillon, on a remis de l'humour et de la douceur, on a avancé sur le programme même si comme elle m'a dit c'est "tricher" :vgeek: . Mais je suis tombée de ma chaise à l'époque. Et je vous dis pas quand son instit m'a expliqué qu'elle s'endormait en classe, sous entendu elle n'a pas d'horaire, alors qu'elle est au lit tous les soirs à 20h30 et qu'à la maison, c'est une pile...
Bref, ça me navre, mais vraiment, et c'est épuisant pour elles comme pour nous, surtout quand on a deux gamines qui sont quand même super intelligentes à la maison. Alors qu'elle étaient allées à l'école dans la joie et la bonne humeur, en toute confiance, j'ai même envisagé la déscolarisation quand ma fille cadette a eu quelque chose comme trois mois de maux de tête, maux de ventre, etc sans cause clinique, et que j'ai constaté l'écart entre ce que me disait son instit et ce que je voyais à la maison. Grosse panique. Mais il faut dire qu'ils sont très occupés à faire en sorte que les mômes ne s'étranglent pas entre eux, et le directeur a récemment fait l'acquisition d'un sifflet pour faire régner l'ordre dans sa classe, alors l'orthographe...
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Re: Phobie scolaire

Message par Loefen » dim. 24 mai 2015 08:59

Hello, pour répondre à l'une de tes questions,

bon, ce n'est pas moi qui suis concernée par la phobie scolaire mais ma fille qui est en 5 ème : pleurs, isolement social de plus en plus prononcé, refus d'aller en cours, crises de colère impressionnantes.

Nous venons de consulter une psy spécialisée en enfants HP qui nous a fait comprendre que le manque de confiance en soi de ma fille et que sa volonté de s'isoler de tous découlent de sa phobie scolaire qui elle-même provient de son ennui en classe, de son impression de ne pas être à sa place et de se fader des profs qui ne veulent pas lui tendre la main pour amener les cours à son niveau !!!!!!!

La solution ? Soit la mettre dans un collège qui répond à ses attentes intellectuelle. Chose impossible car il faudrait qu'elle aille en internat, et la pauvre est tellement brisée qu'elle ne peut pas encore quitter le nid parental. Il faut d'abord qu'elle reprenne confiance en soi et... pour qu'elle retrouve sa propre estime, il faudrait que l'école réponde enfin à ses attentes.

Pensez-vous aussi à "putain, mais quel cercle vicieux !"

La psy va l'aider à relever des micro challenges sur le plan social et essayer de nous appuyer pour forcer les profs à prendre en compte l'avance de notre fille.

Voilà : phobie scolaire en tout point liée à l'inadéquation du collège (et des profs) à son avance intellectuelle. Cela rejoint ce que tu pensais, non ?

Si j'en avais les moyens, je la déscolariserais...

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Re: Phobie scolaire

Message par LiF » dim. 24 mai 2015 09:01

Coucou, merci de ta réponse, j'ai pas trop le temps là, mais tu devrais aller voir les préconisations de Rufo pour les enfants HP en phobie scolaire : il conseille une désco dès l'apparition des symptômes somatiques, maux de ventre etc, pour ne pas que la "somatisation évolue en comportement". A plus tard.

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Re: Phobie scolaire

Message par LiF » dim. 24 mai 2015 09:10

Loefen a écrit :Nous venons de consulter une psy spécialisée en enfants HP qui nous a fait comprendre que le manque de confiance en soi de ma fille et que sa volonté de s'isoler de tous découlent de sa phobie scolaire qui elle-même provient de son ennui en classe, de son impression de ne pas être à sa place et de se fader des profs qui ne veulent pas lui tendre la main pour amener les cours à son niveau !!!!!!! ...
Je trouve ça carrément suspect... c'est comme si c'était de sa faute quoi tiens faisons une thérapie. Ca serait pas plutôt le décalage lié à l'ennui qui la pousse à s'isoler ?? Enfin moi quand je suis au milieu de gens qui ne m'intéresse pas, je fais semblant deux minutes et puis je vais lire un bouquin....
C'est pour ça que ça serait intéressant de voir ce qu'en disent les anciens phobiques...
Ou alors c'est de plus en plus fréquent parceque l'école n'évolue pas...

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Re: Phobie scolaire

Message par lechalote » dim. 24 mai 2015 11:14

En tous cas, l'école n'évolue pas dans le bon sens, c'est évident. Je ne suis pas la seule à constater que si on veut que le programme soit fait, en plus de tous les pseudos projets à la noix qui occupent tellement l'éducation nationale qui les imposent aux instits et aux profs, qui les passent en priorité, on pas pas 36 solutions : c'est aux parents de s'en charger.

Quant à l'ambiance dans la classe et au harcèlement (je ne vous relate pas en détail ici, mais elles ont vécu des trucs hallucinants, que j'ai remontés un à un), je conseille vivement de faire intervenir le rectorat si les tentatives de discussion ont échoué, ça marche très bien, ça calme tout le monde. Evidemment, on fait son deuil d'une relation harmonieuse avec les instits, mais quand on a pas le choix...Pour ma part il n'était plus question d'envoyer mes mômes dans la fosse aux lions tous les matins.
Comme vous, une de mes filles voit un psy, ça lui fait du bien et je me sens soutenue aussi (coup de bol, on est raccord dans nos analyses et nos préconisations).
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Re: Phobie scolaire

Message par Azore » dim. 24 mai 2015 12:33

Étant à la fois HP et prof de français au collège, je me permets de m'immiscer dans la discussion.

Je comprends bien les problèmes que vous soulevez, mais quand tu as trente-deux gamins auxquels tu dois enseigner un programme, tu ne peux pas faire du cas par cas. Du moins, pas en début de carrière. Je suis prof stagiaire depuis septembre dernier, fraîchement sortie du concours et en formation, et je peux t'assurer que proposer un enseignement personnalisé pour chaque gamin relève de la gageure. En effet, TOUS les enfants ont leurs particularités et leurs difficultés : les précoces qui s'ennuient et qui se font malmener par les autres élèves, les dyslexiques qui ont besoin de supports spécifiques et d'évaluations aménagées, les dépressifs qu'il faut entourer le plus possible, et... tous les autres, avec ceux qui comprennent bien les textes mais ne savent pas conjuguer, ceux qui savent conjuguer mais manquent de vocabulaire, ceux qui sont plutôt visuels et ceux qui sont plutôt kinesthésiques, etc., etc.

Dans un monde idéal, il n'y aurait pas de programme de langue en français, uniquement un programme de littérature, et chaque enfant aurait son propre plan de travail, comme en pédagogie Montessori par exemple, et travaillerait à son rythme. Le prof ne ferait que passer dans les rangs et guider ses élèves. Très bien, mais dans une classe de trente-deux gamins, sachant qu'une heure de cours, c'est dans les faits quarante-cinq minutes, ça fait... une minute et vingt-quatre secondes par élève : YOUPI ! Et je n'aborde même pas la logistique et le temps de préparation qu'un tel dispositif demanderait au professeur : untel a fait tel exo mais pas tel autre, unetelle sait bien son participe passé avec "être" mais toujours pas avec "avoir" et COD antéposé, etc. Si de tels dispositifs peuvent être mis en place dans certains collèges, c'est d'abord parce que les effectifs sont limités à une vingtaine d'élèves et que toute la pédagogie, toutes les valeurs de l'établissement, jusqu'à la disposition des classes, forment un système cohérent.

Cela dit, la formation actuelle des enseignants est de plus en plus axée sur la pédagogie différenciée. Depuis la réforme du collège unique (= tout le monde à la même enseigne : enfants dans la norme, enfants handicapés, enfants autistes, enfants avec troubles mentaux, etc.) de toutes façons, c'est la seule voie possible. En effet, il n'y a plus d'argent pour les écoles spécialisées. Sauf que qui disait école spécialisée disait petits effectifs et enseignants spécialisés. Or, nous avons de gros effectifs et nous ne sommes pas des enseignants spécialisés. Alors la formation nous saupoudre de séminaires : une demi-journée sur les dys, une demi-journée sur les schémas heuristiques pour les visuels, une demi-journée sur l'évaluation par contrat de confiance, etc. Mais évidemment, c'est parfaitement insuffisant.

Alors, vous pouvez avoir la chance de tomber sur le prof absolument dévoué qui ne compte pas ses heures malgré son salaire pourri, qui a lu des bouquins, qui s'est renseigné, et qui doit essuyer en permanence les sarcasmes de ses collègues incrédules qui ne travaillent déjà qu'avec les manuels. (Il y a des chances que ce prof-là soit HP). Ou alors vous pouvez tomber sur le prof qui n'a pas envie de se mettre son équipe à dos, qui n'y connaît rien et pour qui c'est certainement difficile de s'adapter à des enfants qui sont différents. Et pourquoi ? Parce que la plupart des profs ne sont ni autistes, ni dyslexiques, ni HP, ni kinesthésiques... Ils ont été de bons élèves parce qu'ils n'avaient pas de handicap, qu'ils étaient bien intégrés, qu'ils ont bien travaillé à l'école et qu'ils étaient plutôt auditifs. Bref, ils étaient... dans la norme. Pourquoi le prof lambda réagirait-il différemment de l'adulte lambda face à la question du surdon ? Vous pourrez toujours me dire qu'il s'agit d'adapter l'apprentissage, la pédagogie, que l'idée est que l'enfant réussisse le mieux possible, que le prof est en quelque sorte, non pas le "père spirituel" mais le "père intellectuel" de l'élève. Mais il n'y a aucune raison pour que le prof ne se sente pas autant en danger que l'adulte lambda face à la question de la supériorité intellectuelle. Ce forum regorge de témoignages d'incompréhension, de rejet, de difficultés de la part des personnes dans la norme face au haut potentiel. Il est donc logique que les profs réagissent de même, non ? Je dirais même qu'il y a des chances qu'ils réagissent encore moins bien que les autres, tout simplement parce que leur domaine professionnel est un domaine où la compétition intellectuelle est invisible pour vous, parents, mais bien palpable au quotidien dans la salle des profs. Alors qu'un parent vienne insinuer que son gamin est plus intelligent que lui ? Et qu'il va devoir assumer ça devant les trente-et-un autres gamins qu'il n'arrive déjà pas toujours à bien gérer ? Je pense que c'est très dur, parce que, on a beau dire aujourd'hui que le prof n'est plus le détenteur du savoir, etc., il n'empêche qu'il a entre 5 et 11 ans d'études et un concours de plus que ses élèves. Déjà qu'il est le plus mal payé de France au vu de son niveau d'études, qu'il est perçu par la société comme un gros glandu, si en plus on lui enlève son autorité intellectuelle, que lui reste-t-il ?

Bon, j'ai bien dérivé, mais en même temps, j'avais besoin de défendre ma facette prof qui aimerait bien s'occuper à fond de tous les jeunes gens à qui elle enseigne, qui fait ce qu'elle peut, mais qui n'y arrive pas toujours.
Azore
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Re: Phobie scolaire

Message par Loefen » dim. 24 mai 2015 12:41

Oui, Lif, peut-être me suis-je mal exprimée.

Je vais clarifier mon propos : ma fille a compris qu'elle n'avait pas sa place à l'école et au collège, parce que les enseignements qui y sont dispensés ne répondent pas à ses attentes. Peu importe l'ennui, ce n'est pas ça le plus grave. Elle trouve des moyens divers et variés de le contourner ;)
Elle ne se sent pas dans la peau d'une élève car elle n'est pas reconnue comme telle. Un élève reconnu se sent valorisé, compris et entendu (un minimum, au moins.)
Les profs lui ont prouvé qu'ils n'étaient pas prêts à lui tendre les bras pour moult raisons (pas de temps, pas d'envie, pas d'énergie, pas d'idées...)

La phobie scolaire et l'exclusion sociale ont donc eu pour moteur, ce décalage d'avec l'institution scolaire.

Ma fille se contrefout des différences qu'elle a avec les autres. Elle ne se reconnait pas en ses camarades (tant dans le mode de pensée, que des préoccupations, du code vestimentaires etc... ) et cela ne l'empêchait pas de composer avec et de le faire avec bienveillance;
La dégringolade s'est faite petit à petit. A force de se sentir exclue du programme scolaire, donc des apprentissages, des efforts à fournir pour avancer, de l'esprit communautaire de classe, elle s'est renfermée sur elle-même (et les autres élèves ne pardonnent pas à ceux qui montrent leurs faiblesses et leurs différences de manière trop prononcée.)

La phobie scolaire s'est installée parce que l'école ne remplit pas son office.

Les cours auraient-ils été adaptés, ma fille aurait été considérée comme une élève à part entière, ou plutôt comme une élève normale qui doit étudier, qui PEUT étudier.

Je pense, en ce sens, que la phobie scolaire aurait pu être évitée.

Son handicap, c'est l'école. C'est grave, non ?

D'anciens phobiques se reconnaissent-ils dans ce portrait ?

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Re: Phobie scolaire

Message par Loefen » dim. 24 mai 2015 12:48

Ah... Azore, je viens juste de lire ton commentaire.

Oui, je comprends la détresse de certains profs, dont toi.
La solution consiste en effet à se battre pour que la pédagogie différenciée trouve de plus en plus sa place.
(Déjà, il y a eu de belles avancées autour de la notion de handicap à l'école qui ne doit plus être un obstacle pour l'apprentissage.)
Et certaines académies ont mis en place des choses géniales pour intégrer les EIP au même titre qu'elles font des efforts pour ménager la place qui revient aux élèves porteurs d'un handicap.
Le chemin est là... la route est longue.

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