Votre rapport aux autres

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Rusch
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Re: Votre rapport aux autres

Message par Rusch »

Je comprends ce que tu veux dire quand tu dis que l'intelligence est rejetée mais je dirais que ça dépend quand même des personnes etc. Un exemple qui me revient est un entrainement de foot il y a quelques années. Un des joueurs disait avec connivence à ses amis qu'il ne voulait pas regarder Arte pour pas s'éclater les neurones. Au-delà de la question sur la qualité intrinsèque d'Arte et de ses programmes :-) , ce qui transpirait derrière était le fait que l'intelligence n'était pas quelque chose à rechercher et fallait mieux faire le con et pas avoir de bon résultat en cours. Aussi dans une mécanique de groupe je pense comme quoi pas besoin d'être surdoué pour ressentir ça :-)
Ceci dit, je ne sais pas si ce climat, qui encore une fois me semble être relativement répandu mais pas partout non plus, existe plus aujourd'hui qu'auparavant. Il y a plein de programme pourris et débilitants à la télé mais en même temps avant il y avait une chaîne unique au contenu étroitement contrôlé et avant il n'y avait que la radio. Le monde d'aujourd'hui est quand même celui qui offre le plus grand accès au savoir avec télé, internet, etc. et qui y sensibilise les gens grâce à un accès large à l'école qui permet d'avoir accès au savoir et de le partager (lecture, écriture). Les gens qui passaient la vie aux champs ou dans les mines ne devaient, en général, pas être très curieux du Savoir non plus au 19e ou début 20e siècle (vu leur temps de travail extensif) pour faire un raccourci. Après, y avait -il un rejet de l'intelligence, c'est une autre question mais je ne saurais pas y répondre.

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Thibaud
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Re: Votre rapport aux autres

Message par Thibaud »

Rusch a écrit : Ceci dit, je ne sais pas si ce climat, qui encore une fois me semble être relativement répandu mais pas partout non plus, existe plus aujourd'hui qu'auparavant. Il y a plein de programme pourris et débilitants à la télé mais en même temps avant il y avait une chaîne unique au contenu étroitement contrôlé et avant il n'y avait que la radio. Le monde d'aujourd'hui est quand même celui qui offre le plus grand accès au savoir avec télé, internet, etc. et qui y sensibilise les gens grâce à un accès large à l'école qui permet d'avoir accès au savoir et de le partager (lecture, écriture). Les gens qui passaient la vie aux champs ou dans les mines ne devaient, en général, pas être très curieux du Savoir non plus au 19e ou début 20e siècle (vu leur temps de travail extensif) pour faire un raccourci. Après, y avait -il un rejet de l'intelligence, c'est une autre question mais je ne saurais pas y répondre.
Il est vrai que nous avons la chance d'avoir un accès plus large à la culture, mais aujourd'hui la majeure partie des chaines proposent du divertissement, et non pas de la connaissance, et ce divertissement (il n'y a qu'a regarder une grille de programme tv) est sensiblement le même d'une chaine à l'autre. Mais je parle ici que de la tv.
Il faut faire un effort de la part du spectateur pour chercher un programme pas médiocre. il y a arte, et il y a certain programme dans la nuit, mais pendant les heures de grandes écoutes, c'est le néant.
Le problème vient donc du spectateur qui va être demandeur des ces programmes. Il vient aussi des chaines de tv, qui ne diffusent plus d'émission culturelles à des heures de grandes écoutes (et le chat se mord la queue, parce qu'il y aussi une très faible demande pour ses programmes)
Quant à internet le problème est tout autre:
Chaque internaute a accès à une masse infinie d'informations et de savoirs, mais peu de personnes l'utilisent: l'exemple flagrant est 'l'audimat" des sites les plus fréquentés: wikipedia n'étant que le seul présent dans les 50 premiers...
Il y a aussi un aspect important dans internet c'est que l'on est inondé d'informations, mais l'information ne fait pas la culture.
Avoir accès à la culture ne veut pas dire que l'on va y aller de soi même, beaucoup de facteurs sociologiques entrent en jeu pour faire cette démarche. Pour beaucoup d'entre nous accéder à la culture, accroitre nos connaissances est un acte normal, mais ce n'est pas le cas d'une grande partie de la population.
Pour me recentrer sur le rejet de l'intelligence (il y a pas mal de recherches à effectuer sur cela d'ailleurs), ce n'est pas qu'elle rejetée en tant que telle, c'est la disparité entre l'intelligence des individus qui pose problème, parfois même tabou. Comme cela a été dit avant, parler de l'intelligence et de ses disparités c'est souvent remettre en cause le mode de pensé d'un individu et le réflexe de survie c'est "il se la pète" ou "je peux pas parler avec toi tu veux toujours avoir raison.
Et cela remet en cause un élément fondamentale de notre mode de pensée actuel: non nous ne naissons pas tous égaux, et cela est souvent très dur accepter. C'est la que l'égo entre en jeu à son tour, reconnaitre l'autre comme étant plus intelligent que soit est un pas quasiment impossible à franchir, donc on rejette l'autre plutôt que de l'accepter et la boucle est sans fin.
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Kan
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Re: Votre rapport aux autres

Message par Kan »

Thibaud a écrit : C'est la que l'égo entre en jeu à son tour, reconnaitre l'autre comme étant plus intelligent que soit est un pas quasiment impossible à franchir, donc on rejette l'autre plutôt que de l'accepter et la boucle est sans fin.
C'est même pas vrai :-) Il m’est plusieurs fois arrivé d’entendre une personne dire d'une autre qu'elle est très intelligente ou beaucoup plus intelligente qu'elle même.

C'est sûr que t'as plus (+) envie de dire de quelqu'un de sympa qu'il est intelligent que de quelqu'un qui se la raconte.
C'est comme le pognon: le mec qui l'étale fièrement on l'aime pas. Le mec simple, accessible et sympa, quand il a le dos tourné, t'as tout le monde qui dit:
Il est sympa hein ? En plus, tu te rend compte il est pété de tune !

Mais faut pas penser "intelligent" / "pas intelligent".

L'intelligence peut servir à plein de choses différentes. Il y a tant de combinaisons possibles que ses manifestations extérieures sont, à mon avis, difficiles à percevoir.

L’idéal serait d'ailleurs de se servir de l'intelligence pour être pleinement soi-même. La relation avec l'autre serait dans ce cas un indicateur et un résultat.

Thibaud a écrit : Parler de son intelligence aujourd'hui dans un cercle de personnes qui ne sont pas des hqi c'est presque un crime. Comme cela a souvent été dit, posséder un qi élevé c'est atout, mais cet atout se retrouve chez un sportif qui excelle dans son domaine.
Un crime je pense pas, par contre, si ton auditoire n'est pas présentement intéressé par le sujet ça risque de les saouler grave :lol:

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Thibaud
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Re: Votre rapport aux autres

Message par Thibaud »

Kan a écrit :
L’idéal serait d'ailleurs de se servir de l'intelligence pour être pleinement soi-même. La relation avec l'autre serait dans ce cas un indicateur et un résultat.
Tu as tout à fait raison, même si souvent la relation avec l'autre s'en trouve souvent dégradée.

L'idée que je soulevais avant c'était plus que si l'on se "confronte" directement à l'autre, il y a toujours un décalage, et ce décalage, est souvent mal vécu de part et d'autre des personnes concernées, hqi et non hqi.

Je ne sais plus qu'elle psychologue disait dans l'un de ces ouvrages qu'il y a autant d'écart de compréhension d'un monde entre une personne avec un qi 140 et un personne avec un qi de 100 qu'il n'y a d'écart entre une personne avec un qi de 100 et une autre avec un qi de 70, c'est à dire qu'il démontre par la, que notre compréhension du monde n'est pas du tout la même selon le qi, mais il est évident que quelqu'un qui a une qi de 140 n'a pas plus raison que quelqu'un qui a un qi de 70, loin de la, mais si tu déplaces le problème, et tu demande à une personne avec un qi de 100 si elle s’ennuie avec quelqu'un qui a un qi de 70, elle va le plus souvent te répondre oui. Et bien souvent, c'est le même phénomène qui se produit entre une personne hqi et une personne normale. Ce cas s'applique pour des discussions dites "sérieuse" ce n'est pas le cas systématiquement.
MAIS il y a un facteur très important la dedans, c'est la socialisation de l'individu qui entraine souvent une manière d'approcher l'autre de façon très différentes, et c'est ce qui fait que notre rapport aux autres n'est pas linéaire d'un membre à l'autre du forum.
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Re: Votre rapport aux autres

Message par Tinou »

Thibaud a écrit : notre rapport aux autres n'est pas linéaire d'un membre à l'autre du forum.
Cela me semble normal, nous sommes tous différents les uns des autres, nous avons un "vécu" différent et je vais dire heureusement !

Diagnostiquée + depuis un mois seulement, je suis pile sur le sujet "comment intégrer cette nouvelle donnée dans mes relations avec les autres ?"

Je pense que je n'arriverai jamais à faire comprendre ma vision du monde aux personnes "normales": c'est comme si je regardais le monde à travers un prisme dont l'angle est différent du leur.
M'évertuer à leur expliquer est une perte de temps (ils ne comprendront jamais) et comme, j'estime que je ne dois pas " m'enfermer" qu'avec d'autres HP, que tout individu a une "richesse" à m’apporter je continue ma vie avec monsieur et madame "tout le monde".
C'est à moi de faire la part des choses.
Maintenant que je sais que je suis différente, que mon cerveau fonctionne différemment, je me sens plus à l'aise et quand on me regarde comme ça :roll: :-o :shock: je m'en sors avec une pirouette, avec humour, je dis "ben vous savez bien, c'est moi "
Toute ma vie on m'a regardée comme ça et je me pensais "anormale", "folle" alors maintenant quel soulagement de connaître le "pourquoi" :cheers:

Dans mes relations avec les autres, je dois également "travailler" sur mon perfectionnisme : je suis très exigeante avec moi et donc avec les autres :mrgreen: Lorsque je fais partie d'un groupe, je ne comprend pas leurs attitudes, je les trouve "je m'en foutistes" et cela me rend malade ... A moi de mettre la barre plus bas :angel4:
Quand dans ta vie, des moments difficiles viendront...
Repose-toi s'il le faut, mais n'abandonne surtout
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Re: Votre rapport aux autres

Message par Kayeza »

Tinou a écrit :Maintenant que je sais que je suis différente, que mon cerveau fonctionne différemment, je me sens plus à l'aise et quand on me regarde comme ça :roll: :-o :shock: je m'en sors avec une pirouette, avec humour, je dis "ben vous savez bien, c'est moi "
:clap: Ça me plait beaucoup. Faut peut-être que je recoure à la pirouette plus souvent... :-)
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Re: Votre rapport aux autres

Message par Za »

Je me permets de prendre part à la conversation puisque le sujet de départ et les dernières pages soulèvent des débats passionnés et passionnants ! :lire2:

D'abord je suis un peu intriguée par ce postulat : "nous sommes différents". Certes, mais j'ai l'impression qu'il résonne un peu comme un "nous, nous sommes PLUS différents que les autres". Nous sommes donc plus isolés que le bègue qui voit tous les regards se détourner quand arrive le blocage ? Plus isolés que le type un peu trop foncé qui voit les gens serrer inconsciemment leurs petites affaires contre eux quand il entre dans un wagon de train (je n'y croyais pas, j'ai vérifié) ?...

Et donc, si c'était plus une question de codes culturels, de tolérance générale et d'ouverture d'esprit, que d'intelligence ? Je me pose la question lorsque je constate que l'accueil est bien différent selon les milieux mais aussi selon la région du monde.
Si je devais résumer mon sentiment, je dirais qu'il y a des endroits où les gens sont moins snobs et où nos habitudes incongrues peuvent être perçues comme enrichissantes PARCE QUE différentes. Migrez, vous verrez ! :D
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Re: Votre rapport aux autres

Message par clairphénix »

bonsoir

*za*: je pense que le sujet ici présent n'est pas forcément à prendre :"vu que nous sommes plus intelligents, comment voyons-nous le monde?", je préfère le prendre au sens :"tiens, si on parlait de notre rapport aux autres ;) ". Enfin c'est ma vision des choses, peut-être me trompe-je?
J'ai déjà tenu ce genre de discussion avec des amis , pas forcément HP et je n'ai pas l'impression que le fait de tenir ce genre de propos entraîne une mise à l'écart particulière. Mais encore une fois, ce n'est que mon avis.

Me concernant, mon rapport aux autres est et a toujours été compliqué! Il semblerait que je sois très exigeante envers les autres (et bien plus envers moi même) et que cela ne soit pas très facile à vivre (dixit une de mes amie). Je suis dans le tout ou rien, ce qui est difficile à envisager pour beaucoup de personne. De ce fait, le nombre de mes amis tient sur les doigts d'une main. D'aussi loin que je me souvienne, ça a toujours été le cas. Petite, j'étais l'associable et ma sœur la sociable.
Aujourd'hui ça ne me pose pas de problèmes particuliers et heureusement, mon mari réagit de la même manière (une chance que nous ayons réussi à nous mettre ensemble lol).
Lorsqu'on aborde les relations familiales, ça se corse une peu. Mais nous avons en partie résolu le problème en mettant 500 kms entre eux et nous il y a deux ans.

Le fait d'avoir été diagnostiquée + il y a trois semaines n'a rien changé dans mon rapport aux autres. J'essaie chaque jour d'arrêter de vouloir m'excuser de vivre, d'arrêter de penser que je n'ai pas ma place dans cette vie mais c'est plutôt très dur. Néanmoins, je vois quelques évolutions dans mon comportement: je commence à défendre un peu plus mes idées, j'ai franchit le cap de la recherche d'un emploi à mon niveau (n'y voyez là aucune prétention, je m'explique. Avant lorsque je cherchais un emploi, je m'orientais toujours vers des emplois plutôt précaires et non qualifiés malgré mon Bac +3). Serait-ce les prémices de ce que l'on appelle "la confiance en soi"?
Bref le chemin est encore long et laborieux mais je crois qu'un jour je m'autoriserais à vivre et de ce fait, j'arrêterais de me laisser marcher sur les pieds par le premier venu.

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Re: Votre rapport aux autres

Message par clairphénix »

Au fait Cyrano, je comprend complètement ce que tu ressens face à la situation que tu décris. Si tu savais le nombre de fois où cela m'est arrivé. Des situations vraiment similaires (sauf pour le type d'association) et la même incompréhension et de la colère face à une situation qui m'échappe et que personne ne m'explique. C'est vraiment rageant! La dernière fois, c'était au sein de l'association de parents d'élèves à l'école de mes filles et bien j'ai fuit. Je n'en suis pas fière mais la situation m'a miné les nerfs pendant des semaines et puis (éclair de lucidité sûrement), je me suis dit que cela ne valait vraiment pas toute cette dépense inutile d'énergie.

J'espère que ta situation a pu s'apaiser un peu.

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Re: Votre rapport aux autres

Message par Za »

clairphénix a écrit :je pense que le sujet ici présent n'est pas forcément à prendre :"vu que nous sommes plus intelligents, comment voyons-nous le monde?", je préfère le prendre au sens :"tiens, si on parlait de notre rapport aux autres ;) "
Désolée, je reformule parce que je me rends compte que ce n'était pas clair :oops:désolée je me rends compte que je suis systématiquement confuse à l'écrit, ça mineeeeeeeerve !!!. Il ne s'agissait pas du tout de notre façon de voir le monde, mais, au contraire, de la façon dont les autres nous perçoivent dans nos relations. Puisque, en effet, leurs différentes réactions vont avoir un net retentissement sur nos rapports avec eux. Disons que je prenais le problème dans le sens : "les rapports des autres avec nous".
clairphénix a écrit :J'ai déjà tenu ce genre de discussion avec des amis , pas forcément HP et je n'ai pas l'impression que le fait de tenir ce genre de propos entraîne une mise à l'écart particulière.
C'est exactement mon sentiment ! Bref, je n'ai ni l'impression que l'intelligence soit particulièrement rejetée, ni que l'écart de QI entraîne nécessairement une incompréhension mutuelle (ce dont il avait été question plus haut, mais je suis peut-être simplement à la traîne...!).
Pour moi c'est avant tout une question d'ouverture d'esprit en général, ni plus ni moins que face à toute autre différence. (C'est valable des deux côtés bien sûr...)

Et comme tu le dis, il y a effectivement des groupes où....... :@ enfin c'est pas possible !! Pour ma part, les groupes en général, c'est très dur... Je ne sais plus qui a dit : "quand on est plus de 2, on est une bande de cons". Mais je me console avec ça...
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Re: Votre rapport aux autres

Message par Pier Kirool »

Bonjour à tous,
Je n'ai pas relu tout le topic et je vous prie de m'excuser si je redis des trucs.
Je ne prétends pas inventer quoi que ce soit non plus, mais je voudrais à l'occasion d'un échange récent sur un autre topic dire et redire que le peu de pouvoir qu'on a peut-être sur les autres, c'est de leur donner de l'importance ou non. Sans bien sûr promouvoir la tour d'ivoire, l'enfermement ou le repli sur soi, je pense que les autres sont parfois toxicissimes, en particulier si "on" est 1 sur xx xxx personnes à penser comme on pense et à vivre ce qu'on vit de la façon dont on le vit.

Je pense que "les gens qui jugent" sont surement passés à coté de toutes leurs insuffisances et n'ont donc pas le recul nécessaire (mais pas toujours suffisant) pour comprendre les erreurs, les errances, les faiblesses de ceux qu'ils jugent.

Qu'on n'a pas besoin de mépriser l'autre, d'être plus fort que lui quand on a juste la conscience que la différence peut ne pas être une rivalité, mais que c'est d'elle que naît la richesse et non pas de la reproduction des stéréotypes de base.

Post dédié à tous les parents qui ont détruits une partie de leurs enfants en les... là vous mettez ce que vous voulez ... et les ont amené à courir toujours après l'impossible.
A ces enfants là, je dis qu'il "faut" (facile à dire) laisser (ou remettre) ces parents là à leurs places. Celles qu'ils ont prises eux-mêmes en se comportant avec vous comme ils se sont comportés. Ils ne vous en aimeront pas forcément moins. Vous vous aimerez forcément plus.

Enfonçage de portes ouvertes ? Si vous voulez. Mais ça m'a fait du bien.
Ces utilisateurs ont remercié l’auteur Pier Kirool pour son message (2 au total) :
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Re: Votre rapport aux autres

Message par Za »

Pierre Kirool a écrit :Je pense que "les gens qui jugent" sont surement passés à coté de toutes leurs insuffisances et n'ont donc pas le recul nécessaire (mais pas toujours suffisant) pour comprendre les erreurs, les errances, les faiblesses de ceux qu'ils jugent.
C'est mille fois vrai Pierre, je le constate sans cesse dans ma famille (enfin moins depuis que j'ai mis qqs milliers de km entre eux et moi ...) et d'ailleurs je ne me gêne pas pour le leur répéter (ça ne rentre pas on dirait).
Mais malheureusement, de prendre le la distance face au jugement des autres, c'est parfois dur quand malgré toi, chaque petite remarque vaguement négative te fait en arrivant l'effet d'un énorme coup de poing. Tu as beau essayer de balayer tout ça, c'est comme une souffrance physique.
Alors quand ça vient de tes parents, ceux qui devraient (normalement) porter le regard le plus bienveillant sur toi... comment faire, concrètement ?
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Re: Votre rapport aux autres

Message par galou »

Bon, je me décide à m'incruster dans ce fil, même si désolé, je n'ai pas tout lu ou relu (comme PK, sorry si je répète des choses...)
*Za* a écrit :Mais malheureusement, de prendre le la distance face au jugement des autres, c'est parfois dur quand malgré toi, chaque petite remarque vaguement négative te fait en arrivant l'effet d'un énorme coup de poing. Tu as beau essayer de balayer tout ça, c'est comme une souffrance physique.
Alors quand ça vient de tes parents, ceux qui devraient (normalement) porter le regard le plus bienveillant sur toi... comment faire, concrètement ?
Je plussoie *Za* ! La moindre remarque de la part des gens me blesse, alors les remarques de la famille, et surtout des parents... Mais j'en parlerai sur un autre fil pour ne pas être hors sujet.

Pour en revenir au rapport aux autres, je pense que la construction de l'adulte est selon la façon d'agir des parents, douance ou pas, et certains aspects sont exacerbés par la douance. Perso, ayant depuis toujours entendu que je devais m'adapter aux autres, j'ai développé un faux-self très difficile à gérer. Je ne m'en rend compte que maintenant, grâce à ma psy... En réalité, je sais très bien me faire accepter dans tout milieu, j'ai plein d'"amis", je suis "sociable", et tout ça sans m'en rendre compte...et j'ai besoin qu'on m'apprécie, je ne supporte pas que quelqu'un ait une dent contre moi, même quelqu'un que je n'apprécie pas...J'en ai aussi perdu mon identité et je ne sais plus, finalement, ce que je veux, ce que je suis, etc.
Bref, tout ça pour dire que j'ai le sentiment que notre rapport aux autres dépend aussi, voire beaucoup, de notre éducation. Un besoin d'amour entraîne peut-être une suradaptation, etc. Et du coup, mieux accepter les autres et s'accepter soi-même, si ce n'est pas fait tout petit en appréhendant mieux nos différences (par un suivi ou des explications des parents notamment), est très difficile à réaliser à l'âge adulte...
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Re: Votre rapport aux autres

Message par Pier Kirool »

*Za* a écrit : Alors quand ça vient de tes parents, ceux qui devraient (normalement) porter le regard le plus bienveillant sur toi... comment faire, concrètement ?
Concrètement, évidemment, je n'ai pas de conseil à donner, mais la rupture, couper le cordon, prendre de la distance ou rentrer dedans une bonne fois, dire ses 4 vérités ou se taire définitivement, expliquer ou hurler ou je-ne-sais-pas-quoi pour leur dire, au moins, leur montrer qu'on est pas dupes, que nous aussi on peut les juger... Que c'est pas toujours dans le même sens que ça se passe... ?
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Re: Votre rapport aux autres

Message par galou »

Pierre Kirool a écrit :rentrer dedans une bonne fois, dire ses 4 vérités ou se taire définitivement, expliquer ou hurler ou je-ne-sais-pas-quoi pour leur dire, au moins, leur montrer qu'on est pas dupes, que nous aussi on peut les juger... Que c'est pas toujours dans le même sens que ça se passe... ?
Oui Pk, il me semble que, "concrètement", et uniquement selon mon expérience perso puisque chaque situation est différente, il faudrait effectivement dire ses 4 vérités (à défaut d'avoir une réponse, ça soulage), puis prendre assez de recul pour ne plus attendre des choses qu'on n'aura jamais...Sauf si la discussion devient possible...

Perso, c'est cette deuxième étape que je trouve vraiment complexe. Comment ne plus rien attendre, comment faire quand, depuis tout petit, on attend de la reconnaissance et de la compréhension, et qu'encore aujourd'hui, à l'âge adulte, les torts sont soit-disant tous de notre côté ? Il apparaît que la construction de soi doit être, en quelque sorte, reprise à zéro, pour gagner de la confiance, de l'estime de soi, être sûr qu'on n'est pas un raté, quoiqu'il se soit passé avant... Et plus on est âgé, plus la tâche est difficile...
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Re: Votre rapport aux autres

Message par Pier Kirool »

galou a écrit : Comment ne plus rien attendre, comment faire quand, depuis tout petit, on attend de la reconnaissance et de la compréhension, et qu'encore aujourd'hui, à l'âge adulte, les torts sont soit-disant tous de notre côté ? Il apparaît que la construction de soi doit être, en quelque sorte, reprise à zéro, pour gagner de la confiance, de l'estime de soi, être sûr qu'on n'est pas un raté, quoiqu'il se soit passé avant... Et plus on est âgé, plus la tâche est difficile...
Je parle "à l'aise" car je n'ai pas souffert à ce point. Enfin je crois.
Donc mes remarques ne valent peut-être rien. Enfin pas rien, mais rien d'applicable...
Evidemment la référence, c'est les parents... au début.
Mais, cependant, est-ce qu'on ne peut pas arriver à repérer des référentiels (personnes ou ensemble de personnes) que soi-même on choisit de respecter (je ne dis pas qu'on ne respecte pas ses parents, mais c'est peut-être aussi là le truc : les dé-respecter, les dé-piedestaliser d'une manière ou d'une autre parce qu'on n'a jamais eu le choix d'eux et qu'ils ne sont peut-être pas non plus à la hauteur de ce qu'on attend) et à qui donc, on choisit de confier la réparation de soi, puis la reconstruction, de zéro ou presque ?
Evidemment, c'est compliqué dans le monde d'aujourd'hui. Les Amis, pas les potes, pas les copains, pas les relations de travail, pas la famille (quoique "ça" peut se trouver là aussi); mais les Amis; la confiance, la bienveillance, (même et surtout dans la critique), la gentillesse (non péjorative, la bonté quoi) ; les repérer elles (que du féminin, tiens) et les choisir, choisir ces personnes là comme référentielles...
Ce sont deux ordres de relations aux autres différents : les parents nous ont "éduqués", ils ne nous ont pas choisi, et nous non plus, donc on leur doit quoi (si c'est seulement le gite, le couvert qu'on leur doit réellement, on rembourse comment : on paye la maison de retraite ?) ? Est-ce qu'on ne doit pas plus à ses enfants qu'à ses parents ? Surtout si eux ne se comportent pas comme ça ? Donc, on leur doit rien de particulier à partir d'un certain moment, on est plus complètement dans leur référentiel. Quand on peut...
Bon ; c'est un peu clivant comme position, mais je suis mobile...
:-)
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Re: Votre rapport aux autres

Message par clairphénix »

Pierre Kirool a écrit : Concrètement, évidemment, je n'ai pas de conseil à donner, mais la rupture, couper le cordon, prendre de la distance ou rentrer dedans une bonne fois, dire ses 4 vérités ou se taire définitivement, expliquer ou hurler ou je-ne-sais-pas-quoi pour leur dire, au moins, leur montrer qu'on est pas dupes, que nous aussi on peut les juger... Que c'est pas toujours dans le même sens que ça se passe... ?

Oh non PK, ce n'est pas toujours une bonne idée. Je l'ai fait et je me suis retrouvée à terre et démolie. Donc même si cette solution peut être envisageable je pense qu'il est nécessaire d'y réfléchir à deux fois.

"galou: j'ai l'impression qu'aujourd'hui nous en sommes au même point. Je ne peux me défaire de l'image qu'ont de moi mes parents. Cette souffrance me ronge et il est très difficile de ne focaliser que sur les images positives que me renvoient les autres autour de moi. J'ai l'impression d'avoir attendu toute ma vie que mes parents me regardent et soient enfin fiers de moi, qu'ils m'aiment tout simplement. Et devoir se résigner à ne jamais obtenir ça est très dur. Et cela, même si j'ai deux filles exceptionnelles qui, elles m'aiment sans conditions et sans limites. "

Oups, j'espère ne pas avoir fait de hors-sujet! (dans le doute, je me mets une partie de ma réponse entre guillemets)

*za*: ne soit pas confuse, je t'en prie. Il n'y a aucun soucis tu sais.

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galou
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Re: Votre rapport aux autres

Message par galou »

Oui Clairphénix, je me reconnais énormément dans tes mots ! Il y a un travail de "deuil" à faire, qui semble insurmontable... Je t'invite à venir sur ma présentation, pour en parler si tu veux, mais surtout pour lire ce qu'a écrit Shinoune (je fais de la retape pour elle :-) ). Son témoignage sur ce sujet m'a donné beaucoup d'espoir et t'aidera peut-être aussi !

Pour en revenir à ce que tu écris PK, oui, on peut essayer de changer de référentiel...Mais ce changement induit que le travail de "deuil" sur nos attentes vis-à-vis des parents doit être fait, afin d'aborder les choses avec plus de lucidité. Je m'explique, parce que je ne suis pas sure d'être claire.

Quand on s'est construit d'une certaine façon, avec au fond de soi une attente profonde de reconnaissance et d'amour de ses parents, on a développé des mécanismes pour pouvoir avancer, plaire, etc. De mon côté, j'ai développé un faux-self énorme et je suis capable de m'adapter à peu près à tous les milieux et de me faire apprécier... Mais je ne suis à priori pas moi-même et je garde une grande mésestime de moi... Donc le travail est d'abord à faire sur soi avant de chercher un autre référentiel, non ? Je me dis que le fait de choisir un autre référentiel, sans se connaître soit même, ce n'est que déplacer le problème : si un jour un conflit apparaît, comment réagirons-nous ?

De plus, tant que l'on ne s'est pas accepté soi-même, on ne pourra pas entendre et comprendre les compliments, l'amour ou l'amitié des autres. C'est du moins ce que je ressens : mon mari est merveilleux, mais je n'arrive pas à comprendre pourquoi il est avec moi, pourquoi il me soutient et m'aime... Il a beau me répéter le contraire, j'ai toujours l'impression d'être (excusez-moi l'expression) un boulet et qu'il serait plus heureux sans moi...

Tout ça pour dire que le rapport aux autres est, à mon sens, largement conditionné par l'estime et la connaissance de soi. Cette meilleure connaissance qui implique une meilleure gestion de nos émotions et donc un avenir plus serein (du moins je l'espère !)
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Re: Votre rapport aux autres

Message par Za »

galou a écrit : Tout ça pour dire que le rapport aux autres est, à mon sens, largement conditionné par l'estime et la connaissance de soi. Cette meilleure connaissance qui implique une meilleure gestion de nos émotions et donc un avenir plus serein (du moins je l'espère !)
Tu as raison de souligner le problème de la gestion des émotions (leur compréhension et leur expression).

J'ai longtemps cherché pourquoi une petite remarque pouvait me mettre à terre, et pourquoi sans me sentir "bête" ou "nulle", j'ai toujours été persuadée que mon existence était secondaire, subordonnée à celle de n'importe qui d'autre. Je me reconnais aussi beaucoup dans ce que tu décris, galou.
Pourtant contrairement à vous, je crois que mes parents m'ont toujours encouragée, ont valorisé ce que je faisais. Le problème il me semble c'est que chez moi on n'a jamais, jamais exprimé la moindre émotion : compliments purement "objectifs", éducation soignée et intelligente, mais jamais nos émotions n'ont été parlées. C'est pas seulement une question de connaissance de soi, ça s'apprend. J'ai au final l'impression d'être en continuelle recherche de l'amour des autres sans jamais réussir à le reconnaître chez personne. Et je cherche cet amour tout simplement... en essayant d'être parfaite. Beau projet !!!! :doh:
@Clairphénix :
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C'est bien simple, sur le plan des émotions, j'absorbe comme une éponge ce qui émane des gens qui m'entourent sans reconnaître de quoi il s'agit, et dans le même temps j'intellectualise tout pour essayer de comprendre (encore la position de l'entomologiste...). Bon, en même temps, ça occupe...
Si je vacille sous les critiques, je suis aussi incapable de recevoir un compliment : j'ai toujours ce moment de panique : qu'est-ce que je dois faire ? que dois-je répondre à ça ???
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Re: Votre rapport aux autres

Message par lady space »

Je suis ce débat depuis un petit moment sans vraiment arriver à synthétiser tout ce qu'il m'inspire.
J'ai l'impression qu'il y a x niveaux qui s'y téléscopent.

Un post de *Za* me fait tilter parce qu'il met l'accent sur un point très intéressant: ce sont bien TOUTES les différences qui sont mal perçues dans les groupes ayant besoin de se retrouver autour (ou dans) un système de fonctionnement avec des codes et des caractéristiques bien précis, le tout pour se sécuriser.

Sans vouloir verser dans le nombrilisme, je vais essayer d'illustrer ma pensée à l'exemple de mon vécu au sein de ma belle famille: ce sont des gens sympas, bien comme il faut, fiables et solides, serviables, avec leurs valeurs morales et tout le tralala, mais il n'ont pas beaucoup de culture de la réflexion, ni de curiosité ou d'ouverture d'esprit (le milieu socio-culturel et le niveau d'études ne s'y prêtent pas trop). Je débarque donc dans ce groupe en tant qu'immigrée (j'ai eu du bol, je suis juste allemande, et j'ai les mêmes yeux bleus qu'eux, j'en aurais morflé plus si j'avais la peau plus foncée ou si je m'appelais Aïcha ou Fatou), qui plus est avec un autre niveau d'études et des parents un peu friqués. Le tout avant que je me sache surdouée en plus. J'ai donc eu plein de couacs rien qu'à cause de la différence dans les habitudes de vie, j'ai récolté plein de sourcils au plafond en disant ne serait-ce qu'une partie infime de ce que je pensais, et pourtant j'en ai fait des efforts d'adaptation. Tout ça a tout juste abouti à ce que l'on reste poli envers moi, mais sans chercher à comprendre ce que je voulais dire. J'ai fini par arriver à la conclusion qu'il m'est impossible de plaire à tout le monde, que j'allais me contenter de faire ce qui me paraît juste, dans le respect des autres, bien entendu, mais sans vouloir les "missionner". Et dans ce contexte d'immigrée c'était relativement simple, parce que j'avais l'explication toute faite devant les yeux. Et ce n'est finalement pas mon problème, ni de ma faute, si certaines personnes se sentent insécurisées juste parce que mes manières de faire ne sont pas les mêmes que les leurs. Parce que, finalement, l'enjeu est de leur côté, s'ils ne supportent pas ma différence d'éducation qui remet trop en question leurs certitudes, je n'y suis pour rien. Il faut juste que je compose avec cet état des faits. Et ça devient difficile en effet lors de certaines discussions quand on me rétorque "ça, je veux pas l'savoir" - comment s'entendre quand quelqu'un ne veut pas écouter tel ou tel argument? Mystère et boule de gomme...

Ce qui m'emmène vers la vision d'un sage bouddhiste au nom imprononçable qui dit en gros que tout être vivant est animé par la même motivation: "être heureux et ne pas souffrir". En gardant cette idée en tête face à une attitude qui me dépasse, j'arrive parfois à garder un certain recul en estimant qu'untel est en train d'adopter une stratégie dans le but d'être heureux et de ne pas souffrir qui n'est juste pas la mienne. Mais si la personne estime que ça fonctionne pour elle, je n'y peux rien, ça ne me remet pas en cause. Cette personne fait ce qu'elle peut avec les moyens dont elle dispose à un moment T et à sa manière - c'est légitime. Et c'est tout aussi légitime que je fasse pareil à ma manière.

Bien sûr c'est tout un apprentissage, ça demande une grande vigilance de tous les instants pour voir quand je me laisse à nouveau embarquer dans des enjeux qui ne me concernant pas vraiment, comme l'hostilité de certains groupes envers toutes sortes de différences p.ex. Mais ça en vaut la peine, même si je n'y arrive qu'une fois sur 10 ou 100. Mais en tout cas ça m'épuise nettement moins que de me révolter contre des faits ou des comportements sur lesquels je n'ai aucune prise.
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Re: Votre rapport aux autres

Message par Herbe rouge »

Et comment faire alors lorsqu'il faut collaborer professionnellement (ou pas en fait) avec des individus qui ne sont pas en mesure d'avancer dans la même direction que nous ou bien nous qui ne pouvons avancer dans la même direction qu'eux. Comment faire si l'ouverture d'esprit qui permettrait une discussion pour arriver à un compromis n'est pas disponible? Il y a parfois une obligation de résultat et pour une certaine échéance. Je comprend qu'on ne puisse pas changer les autres mais il y a des situations qui se retrouvent dans l'impasse si les deux parties sont incapable de remettre en question. Si l'autre est inflexible, doit-on plier l'échine pour autant et manquer de respect envers soi-même en acceptant de suivre le choix de l'autre vu qu'il est dans l'incapacité de réaliser un compromis. N'est-ce pas un manque de respect envers soi-même de brider notre position et de laisser l'autre dans cette rigidité?

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Re: Votre rapport aux autres

Message par galou »

*Za* a écrit :Si je vacille sous les critiques, je suis aussi incapable de recevoir un compliment : j'ai toujours ce moment de panique : qu'est-ce que je dois faire ? que dois-je répondre à ça ???
C'est exactement ça ! entre recherche d'amour, d'affectation et incompréhension quand on en a...*Za*, je me retrouve exactement dans tes écrits ! Lorsqu'on ne nous a jamais appris l'expression et la gestion de nos sentiments, il est difficile de les trouver "normaux", de les comprendre et de les accepter. Comme j'ai pu le lire ici et là, un surdoué est incapable de ne penser qu'avec sa tête, il inclue forcément ses émotions. Une éducation où les émotions ne sont pas exprimées est alors d'autant plus "destructrice" pour l'estime de soi (le mot est sûrement trop fort, mais je ne vois pas comment l'exprimer autrement). C'est donc un long apprentissage, à refaire à l'âge adulte. Et cela peut être d'autant plus difficile selon le mécanisme de défense que l'on a mis en place.

Lady Space, merci pour ton témoignage ! Le recul que tu as su prendre pour accepter que les autres ne conçoivent pas forcément les choses de la même façon que toi, et surtout voir que ce n'est pas de ton fait, est un exemple pour moi. Dans ce que tu écris, il me semble que comprendre les tenants et les aboutissants d'une situation pour chacune des parties est important. En effet, il est possible que la remise en question de soi amènerait l'autre partie à quelque chose de plus difficile à affronter. Pour exemple, je pense qu'une personne de mon entourage a subi un traumatisme il y a longtemps, et son mécanisme de défense a été, justement, de ne plus se remettre en question, pour pouvoir avancer, paraitre sûr de lui, etc. Ainsi, si on le force, un jour, à se remettre en question, tout son monde s'écroulerait et sa douleur serait trop forte...Bon, ce n'est qu'un exemple, qui reste assez extrême, mais c'est juste pour monter qu'on ne sait pas forcément ce qu'il se passe dans la tête de l'autre. Peut-être a-t-il aussi des difficultés à s'exprimer (émotions, etc.) et peut-être que ses réactions sont dictées par une mésestime de soi...
lady space a écrit : Et ça devient difficile en effet lors de certaines discussions quand on me rétorque "ça, je veux pas l'savoir" -
Peut-être ont-ils un sentiment d'infériorité, du genre "oui, on sait, tu as raison, mais fiche-nous la paix ?" Ce n'est qu'un hypothèse, bien sûr...

Et du coup, Herbe Rouge, on en vient à ce que tu dis.Je crois que ce que tu exprimes est l'ultime étape de l'amélioration de notre rapport aux autres. Savoir appréhender les conflits plus ou moins fort, sans manquer de respect ni envers l'autre, ni envers soi. Avec des relations "de tout les jours", il "suffit" d'éviter les sujets qui fâchent, même si les relations semblent alors relativement superficielles... Mais quand on est dans le milieu professionnel, c'est une autre histoire puisqu'on a plus ou moins l'obligation de résultat. Il me semble que le travail d'équipe est toujours difficile. Ma façon de fonctionner (depuis que j'essaie de me dire que tout n'est pas de ma faute :think: ) est d'essayer de découper un projet en plusieurs tâches, et, tout en faisant en sorte de garder de la cohérence, de partager ces tâches. Comme cela, chacun fait comme il le sent, du moment qu'on a le bon résultat à la fin. Mais je sais, ce n'est pas applicable partout...

Pour résumer, j'ai l'impression que, pour améliorer son rapport aux autres, il y aurait 3 étapes :
- améliorer sa compréhension de soi, sa gestion de ses émotions et son estime de soi
- comprendre les enjeux de la remise en question de soi, aussi bien pour soi que pour les autres
- réussir à trouver un équilibre dans ses relations, dans le respect de l'autre mais aussi de soi-même
... Tout un programme!!! :saoul:
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Re: Votre rapport aux autres

Message par Za »

Tout un programme en effet !! Je crois bien que c'est mon sujet d'étude n°1 depuis... disons la 4ème, et j'en découvre tous les jours... mais le jeu en vaut la chandelle non ? :-)

Lady Space, tu confirmes un de mes sentiments : le fait de te définir comme "immigrée" te rend les choses plus simples puisque qu'à Rome, n'est-ce pas, il faut faire comme les Romains... ce sentiment d'être immigrée, je dirais même "accueillie", je le ressens depuis mon enfance (sans l'être dans les faits), et je crois qu'on est nombreux ici dans ce cas. J'ai fait avec et me suis donc comportée comme une immigrée en recherche d'intégration, ce qui fonctionne pas mal mais qui reste psychologiquement difficile puisque, si tu n'es pas chez toi ici, alors où l'es-tu ?
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lady space a écrit : Ce qui m'emmène vers la vision d'un sage bouddhiste au nom imprononçable qui dit en gros que tout être vivant est animé par la même motivation: "être heureux et ne pas souffrir". En gardant cette idée en tête face à une attitude qui me dépasse, j'arrive parfois à garder un certain recul en estimant qu'untel est en train d'adopter une stratégie dans le but d'être heureux et de ne pas souffrir qui n'est juste pas la mienne. Mais si la personne estime que ça fonctionne pour elle, je n'y peux rien, ça ne me remet pas en cause. Cette personne fait ce qu'elle peut avec les moyens dont elle dispose à un moment T et à sa manière - c'est légitime. Et c'est tout aussi légitime que je fasse pareil à ma manière.
C'est aussi ce que j'essaie de faire depuis quelques années, ma formation et mon métier dans le soin m'y ayant bien aidée d'ailleurs. Je ne sais plus de qui vient cette idée aussi que toute personne agit pour le mieux au moment où elle agit selon son vécu et ses possibilités. Je garde cette idée en tête et reste seulement inflexible face à la médisance - que j'ai également bannie de mon propre comportement. Et miracle ! ça porte ses fruits, et en plus ce n'est pas si difficile et ça fait du bien. :levi
Ce qui peut aider aussi, paradoxalement, c'est de côtoyer des personnes au comportement extrême (tout en se protégeant !!!). Une fois que vous vous êtes penché sur leur façon d'agir, une fois le premier choc passé, une fois que vous arrivez à concevoir leur vision des choses (ce qui peut demander un réel effort intellectuel), il est plus facile d'accepter les comportements légèrement abusifs du tout-venant.

Mais effectivement, comme le disait Herbe Rouge, le problème c'est le groupe. Même en partageant les tâches, il y a toujours un moment ou le côté abrutissant de la troupe l'emporte et où on a l'impression de faire face à un troupeau bêlant. Non ?
Au niveau professionnel, j'ai laissé tomber l'affaire par prudence en choisissant le libéral (je savais que je n'y survivrai pas !), mais en dehors, je choisis en général de recueillir les avis de chacun séparément autant que faire se peut. Ca permet souvent de faire émerger un juste milieu qui peut être éloigné de ce que le "groupe" semblait clamer au départ (puisque qu'on dit souvent bêtement "oui" à ce que dit le voisin). Et lorsque tu reproposes ce compromis après en avoir discuté en particulier, il est souvent mieux accepté. Bien sûr, c'est pas toujours possible de mettre ça en oeuvre, et le pire c'est qu'il y a toujours le risque de passer pour un manipulateur ou un lèche-cul... :shock:

Donc, à l'ouvrage !! observons, avec rigueur et bienveillance, et prenons part avec modestie...
...sans oublier toutefois de remettre de temps en temps les autres face à face avec leurs paradoxes... avec tact et mesure... :mrgreen:
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Re: Votre rapport aux autres

Message par lobo »

*Za* a écrit : Lady Space, tu confirmes un de mes sentiments : le fait de te définir comme "immigrée" te rend les choses plus simples puisque qu'à Rome, n'est-ce pas, il faut faire comme les Romains... ce sentiment d'être immigrée, je dirais même "accueillie", je le ressens depuis mon enfance (sans l'être dans les faits), et je crois qu'on est nombreux ici dans ce cas. J'ai fait avec et me suis donc comportée comme une immigrée en recherche d'intégration, ce qui fonctionne pas mal mais qui reste psychologiquement difficile puisque, si tu n'es pas chez toi ici, alors où l'es-tu ?
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C'est fou, j'ai eu exactement la même idée l'autre jour et je me suis arrêté pour la noter. Je me suis dit à moi-même (par devers moi évidemment :grattelatete: ) :
"pourquoi les surdoués seraient plus souvent dans des situations décalées ou se retrouvent dans d'autres milieux, ou à l'étranger ? Pourquoi vont-ils plus facilement aller là où d'autres n'iraient pas ? "
- "parce que lorsqu'on se sent toujours un peu décalé et différent, finalement ça ne change pas grand chose de s'exiler ou d'aller vers des gens totalement différents. Etranger pour étranger, finalement, autant y aller franco, au moins on sait pourquoi on est décalé".

Je perçois un danger à cette manière de faire qui serait de perdre ses repères, son identité (je ne dis pas ça comme une critique bien sûr mais plutôt quelque chose qui me fait peur personnellement, de devenir trop décalé justement..)

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ragged
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Re: Votre rapport aux autres

Message par ragged »

Un vieux topic que je déterre, j'ai un peu tout survolé et je dois admettre que je me reconnais à fond dans tout ces propos...Bon, ma réponse est longue, je me raconte, mais il y a peut-être des points qui parleront à d'autres...

Le rapport aux autres a toujours été très variable pour moi.
Sans parler du sentiment de décalage permanent, j'ai toujours réussi à donner le change pendant de très longues années, parce que j'étais dans une dynamique ultra positive, curieux des autres et surpris des sentiments que je pouvais avoir envers eux. C'est à partir de ce point que les choses ont commencés à partir en vrille :

- Voir les amis/collègues comme des frères et soeurs : j'ai toujours aimé trés/trop vite les gens que je rencontrais. J'avais besoin de cet amour pour échanger avec eux, parce qu'il me semblait que les relations devaient partir de ça. Pas la peine de vous faire un dessin : y a pas plus casse gueule ! En amitié d'abord, l'amour porté à mes proches (et ce que ça implique d'écoute, de partage etc..) ne m'a jamais été rendu et j'ai mis plus de 25 ans à m'en apercevoir ! Niveau boulot, pire, considérer que les collègues peuvent être des frères d'armes a été la pire erreur qui m'a amené à être pris pour un faible et à subir le harcèlement moral en entreprise. Autant dire que quand on propose de l'amour et qu'on reçoit de la manipulation et de la toxicité, c'est pas terrible pour le moral !

- les mondanités : je dirais que jusqu'à 30 ans, ça allait à peu prés même si je ne me sentais jamais vraiment dans le même état d'esprit des autres. Alcools et drogues aidant, j'ai pu donner le change. Passé 30 ans, j'ai commencé à réaliser à quel point je me fourvoyais sur ma perception des autres : je faisais des efforts pour leur ressembler ou intégrer leurs cercles alors qu'en réalité, je n'en avais rien à faire parce que je m'ennuyais profondément, leur conversation tournaient en rond, le manque de curiosité était abyssale, l'exploration de concepts inexistantes et la portée de vision de leur esprit focalisé sur leur petit monde et surtout pas au delà.

- le retrait : c'est ce qui se passe depuis maintenant prés de deux ans, l'évitement. Je m'emmerde tellement avec les autres que je peux parfois partir au milieu d'une phrase. On me demande toujours d'expliquer ce que je dis et j'en peux plus de devoir me justifier sur tout. Sans compter les critiques permanentes sur ma façon d'être ou de vivre de la part de personnes qui n'ont rien de fabuleux à proposer en échange. Il ne s'agit pas d'un jugement de valeur mais plutôt le sentiment d'être sur une route parallèle avec aucun raccordement vers la route des autres.

- le sauvage : c'est clairement ce que je vis aujourd'hui (et ce n'est pas la première fois). Le sentiment de vivre comme un sauvage, sans horaires, j'ignore la plupart du temps le nom du jour présent, je ne fais les choses que quand j'ai envie de les faire (mais comme je fais plein de choses, suis toujours occupé). J'arrive encore à donner le change quand je vais à des réunions (que j'avorte la plupart du temps parce que c'est trop mou et je m'ennuie) mais en terme de vie sociale, je dirais qu'en réalité : je ne comprends absolument pas les autres, leur conversation, leur point d'intérêt, je suis complétement à côté de tout ça. J'en souffre parfois mais globalement, c'est préférable ainsi pour le moment, je me sens mieux en tant que sauvage plutôt qu'en tant que citoyen...

- l'emprise des autres : une autre chose qui me bloque dans mon rapport aux autres, c'est l'emprise inconsciente qu'ils ont sur moi. Il suffit que j'aille à une soirée ou un apéro pour qu'ensuite je passe les deux jours suivants à ressasser tout ce qui a été dit et à refaire toutes les conversations, chercher la petite bête. C'est épuisant. Et ce qui me tue, c'est que quand je revois des personnes et que je leur parle d'un truc dont on avait déjà discuté mais qu'il me semblait bon de clarifier, et bien, ils ont tout oublié de la conversation ! Donc rien n'avance.

- brasser du vent :
c'est ce qui ressort de ces dernières années. Apéro, diner, soirée.... Qu'en ai-je retiré pour avancer dans la vie ? Rien.

- Jalousie/défiance/envie : je ne sais pas trés bien quel mot mettre là dessus. Mais une chose qui me démotive complétement dans mon rapport aux autres, c'est la façon dont je suis critiqué voir rejeter dés que je tiens à faire quelque chose pour moi-même : pratique artistique, voyage etc... Toutes ces choses qui me font briller les yeux quand ça vient de quelqu'un d'autre ont l'air au contraire de susciter la méfiance ou la jalousie chez les autres quand ça vient de moi (suis-je clair?)... Je n'arrive pas à comprendre comment on peut envier ou jalouser un ami. Cela ne m'est jamais arrivé (bon sauf peut-être pour des histoires de fesses et encore, suis pas en reste..).
Un autre truc aussi, c'est cette espèce de méfiance ou défiance que je lis dans les regards quand je parle d'un sujet qui me tient à coeur. Comme en général il s'agit de quelque chose dont on ne parle pas tout les jours, j'ai l'impression de mettre mal à l'aise les gens et qu'ils me jugent et ferment l'échange...
Un exemple : quand je suis parti faire mon tour du monde, j'ai tenu en parti un blog qui racontait mon voyage. Au bout de quelques semaines, ma copine d'alors (qui était resté en France) m'a dit qu'elle n'était pas étonné, en lisant mes récits, que je provoque des réactions extrêmes chez les autres à cause de ma façon de percevoir le monde (ce n'était pas un jugement de valeur)... Ce qui me fait flipper car je devrais alors me taire pour ne pas provoquer de remous ?

- servir de modèle : cela peut paraitre assez contradictoire avec ce qui a été dit avant mais dans mes fréquentation, il y a toujours eu une ou plusieurs personnes qui m'ont avoué à demi mot que j'étais leur modèle (ce qui me met particulièrement mal à l'aise). Et du coup, ils s'octroient le droit d'agir, se comporter comme moi : mêmes expressions et façon de parler, de s'habiller, captation de mes centres d'intérêts, cela va même jusqu'à la décoration de leurs appartements entièrement pompé sur les lieux où j'ai vécu !! Au final, j'ai l'impression qu'on me vole ma substance, mon être et ça laisse parfois un vide dont l'autre ne se rend pas compte...C'est comme si certaines personnes me dépossédaient de ce qui me constitue...C'est pas agréable du tout...

- low profile : d'une façon générale, les seules personnes avec qui j'arrive à m'entendre correctement sont les "low profiles", ces personnes discrètes, humbles qui ne cherchent pas à prouver quoi que ce soit aux autres. Ce sont souvent des personnes d'une extrême gentillesse, d'une grande curiosité et posé. Mais c'est rare.

- A l'étranger : là, par contre, je ne rencontre plus aucun problème. Dés que je voyage, c'est comme si d'un seul coup, le coeur des gens s'ouvraient. J'ai voyagé avec des gens de pas mal de nationalité différente, rencontré et passé du temps avec tout les locaux de tout les pays que j'ai traversé et ça c'est toujours bien passé, même plus que bien, les meilleurs souvenirs de rapport aux autres en fait.

- rapport courte durée : je me rends compte que très souvent, les rapports éphémères (en voyage, en soirée) m'apportent plus que la relation durable. L'attrait de la nouveauté peut-être ou le fait de savoir que la relation ne sera pas inscrite dans le temps donc il faut en profiter un maximum. Mais très clairement, je retiens plus d'une rencontre brève qu'une relation suivi. Un exemple : lors de mon dernier voyage en thailande, un russe s'est engueulé avec sa femme dans le bungalow à côté du mien. Il est parti hercher des bières et est venu squatter ma terrasse. Il a parlé russe et moi français pendant plus d'une heure. C'est comme si on se comprenait, un échange fabuleux que je retiendrais toute ma vie (dans beaucoup de pays j'ai eu des échanges comme ça où chacun parlait son langage, on ne se comprenait pas par les mots mais par les intonations...c'était parfait..)

- le monde tel qu'il est : je vais faire une très grosse généralité mais le fait est que tel qu'il est, le monde contemporain ne me plait pas, je n'y suis pas à l'aise. Bien sûr, il y a tout un tas de trucs supers dont je profite mais d'une façon général, j'ai l'impression que le monde traine, que les masses sont trop manipulées, que l'humain et la nature n'ont pas la place qu'ils méritent, que d'une façon générale on sous estime la capacité de l'humain dans trop de domaines...

- décalage temporel : le sentiment quand je vois les ados d'aujourd'hui qu'en fait, j'aurais dû faire partie de leur génération. Que je suis né trop tôt. Je sais pas trop comment expliquer cela. Je vois dans la jeunesse des idées ou idéaux que j'ai eu il y a 15 ans et pour lesquels je me suis fait jeté alors qu'aujourd'hui ça passe comme une lettre à la poste...

D'une façon plus générale :

Je reconnais parfaitement que ce problème de rapport aux autres vient de moi. Ce ne sont pas les autres qui ne sont pas à la hauteur, inférieur ou supérieur, pas de jugement de valeur là dedans.
Mais avec le temps qui passe et les désillusions, il y a quand même trop de mécanismes de défense et de méfiance qui s'installent et au bout du compte, ça crée un blocage complet. Et surtout, plus envie de faire des efforts d'intégration puisque de toute façon, je ne retrouverais pas chez les autres la même intensité d'émotion et de ressenti, doc me casserais la gueule à chaque fois à plus ou moins long terme.

J'ai lu et entendu dire beaucoup de choses sur les rencontres IRL des membres du forum. Et ce qui en ressort à l'air tout simplement génial, j'arrive pas à imaginer que lorsque vous vous rencontrez, hop, tout s'emboite parfaitement entre vous et vous vivez une expérience hors du commun...
Mais d'une certaine façon, ça me blesse un peu de me dire que je ne pourrais être à l'aise qu'avec d'autres HP...Et pire encore, j'anticipe le fait qu'au contraire, en rencontrant d'autres HP, je retombe dans le même schéma qu'avec les non HP...là, ce serait une vrai catastrophe !! Si dans une IRL je me rendais compte que je suscite le rejet...je serais bon pour m'acheter un ile déserte et y passer le reste de ma vie ! :ensoleillé:

Voilà, désolé, c'était un peu long et un peu fouillis....
Tout commence aujourd'hui, tout continue demain...

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