Douance et Enseignement => quitter le navire

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Modulo12
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Douance et Enseignement => quitter le navire

Message par Modulo12 » dim. 28 sept. 2014 19:06

Bonsoir à tous,

Je m'excuse par avance tout d'abord de la longueur du texte, puis du fait que je déballe un peu ma vie en mode plaintif (je comprendrai que les modos cliquent en conséquence sur la petite croix), et enfin du fait que les problématiques soulevées dans ce post puissent exclure de facto les personnes ne travaillant pas dans l'EN. Ça ne vous empêche cependant strictement en rien de donner votre point de vue :)


Pour introduire le propos : je suis actuellement enseignant de mathématiques, en poste fixe, malgré mon jeune âge, dans un collège nommé "le pays des toupoutous", avec des collègues géniaux (dont plusieurs que je considère maintenant comme amis) et une direction qui tient à peu près la route. Bref, le cadre idéal. De plus, j'estime, au regard de mon récent rapport d'inspection, des retours de la direction, des parents, et des élèves, que je ne suis pas un mauvais enseignant, voire que ça se passe bien dans mes cours. Je vais même jusqu'à dire, dans ma grande prétention, que j'ai la vocation pour l'enseignement.

Et pourtant, voici un an que j'entame des démarches pour arrêter ce métier. En septembre 2015 au plus tard je ne serai plus enseignant.

Les raisons sont multiples (et données dans le désordre) :

- Mon métier est dévalorisé au niveau salarial. Compte tenu des compétences et du diplôme requis, en particulier en mathématiques, je considère que je ne suis pas bien payé. J'entame ma 5e année avec un Bac +5 en maths, et je viens de recevoir une paye de 1810.97 euros nets. Certains de mes potes de master, surtout les apprentis Kerviel, rigolent bien quand nous discutons de nos payes respectives.

- Mon métier est dévalorisé dans la vision qu'en ont les citoyens. Bon, il est vrai qu'à chaque fois que le Figaro fait un article sur les enseignants, je me flagelle en lisant les commentaires. Mais si seulement la déconsidération était circonscrite à cette feuille de chou, ce serait bien. Seulement, je croise encore des gens, parfois que je considère (malgré tout) comme des amis, qui me renvoient à la gueule mes "vacances", mes "18h", et que mon métier est un "truc de planqués". Bordel, pourquoi les concours de recrutement ne font pas le plein alors ?

- Délégué syndical déchargé en partie de cours pour assurer des permanences au local, je me rends compte de ce qui se passe au niveau académique et national dans la gestion de l'EN. Et je pourrai vous donner des millions d'exemples de gestion ubuesque, genre tout le monde n'est qu'une case excel, mais ça alourdirait le propos : je vous demande donc de me croire sur parole. Pour les curieux tout de même, voici un exemple : http://blogs.mediapart.fr/blog/tatiana- ... -nationale

- Mon métier est émotionnellement aliénant. Chaque heure de classe, je me retrouve avec un nombre de bombes émotionnelles compris entre 24 et 29, qui peuvent exploser à tout moment. De plus, dans une volonté de toujours vouloir faire quelque chose de parfait, on souhaite que tous les élèves réussissent et soient au meilleur de leurs capacités. Sauf que, n'ayant pas le don d'ubiquité, je ne peux, à chaque heure, être derrière Kévin le dyslexique, Cunégonde la dyspraxique, Nelson l'autiste, Kévina l'hyper-active, Brandon le dyscalculique, Robert-Eude le relou de service, Paola la surdouée et Vincent, Juliane, Jennyfer, Peter, et les 17 autres élèves sans adjectif notable. Ce qui implique, de fait, de laisser à chaque heure des élèves sur le carreau, en fonction de mon humeur. Pour ceux qui ont vu le film Amen, j'ai vraiment l'impression de vivre la scène où le prêtre désigne ceux qui doivent mourir, même si j'entends que l'image choisie est peut-être un rien disproportionnée.

- Et enfin, le plus important : j'ai l'affreuse impression de ne servir à rien. Aucune volonté de la part des élèves de s'élever, plus de curiosité, plus d'envie. Alors, bien sûr, on me dit que sur ma classe, il y en a toujours au moins quelques uns pour qui j'enseigne vraiment. Peut-être, mais sur mes 29 élèves de 4eZ, il y en a 27 qui me renvoient une image d'inutilité. Voire de vacuité de mon métier, comme si je m'échinais pour rien, une espèce de quête vide de sens. Et subir ça à chaque heure de cours, c'est éprouvant.

Du coup, je sens que j'angoisse profondément devant l'inanité de mon métier, à tel point que je ne souhaite que d'en partir. Seulement, lorsque j'en parle à mes collègues, j'ai l'impression de ne pas être compris.

L'une des raisons pour lesquelles je me suis fait tester récemment est justement ce rejet quasi épidermique de ma profession : en effet, quand je vois le nombre de collègues qui partagent la même analyse des soucis actuels dans l'EN, mais qui pourtant persistent dans leur métier en faisant du mieux qu'ils peuvent, je me demandais si je n'étais pas en train de faire un gros caprice digne d'un collégien. Heureusement, suite au test, je me permets de penser que le résultat de ma douance peut, en partie, expliquer ce besoin de prendre le large pour ne plus souffrir de cette angoisse envahissante. Mais ça ne doit pas non plus être un joker ultime face à ce problème. Et surtout, je me demande si ce sentiment ne me poursuivra pas quel que soit le métier que je fais.


Je soulève donc ici plusieurs questions, même si en parcourant le forum plusieurs ont trouvé en partie des réponses :
- Ami enseignant, ressens-tu aussi ce malaise ? Si oui, quels sont tes moyens pour y faire face ?
- Ami forumeur, es-tu déjà tombé dans une situation similaire, à savoir d'être dans un travail pour lequel tu pensais être fait, et que tu as été contraint de quitter ? Si oui, la nouvelle situation a-t-elle reproduit le schéma, ou as-tu trouvé une voie stable ?

Merci à vous pour la lecture.
Essayons d'être heureux. Ne serait-ce que pour donner l'exemple.
Jacques Prévert

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axolotl
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Re: Douance et Enseignement => quitter le navire

Message par axolotl » dim. 28 sept. 2014 20:31

Il y a des topics qui ne concernent qu'une partie des membres du forum (arrêt de la clop, régimes, construire sa propre maison...) et tes interrogations actuelles, que tu élargis à toute personne en réflexion sur sa carrière, méritent bien à mon sens de partager sur ce thème.

Je ne fais pas partie des personnes auxquelles tu poses des questions à la fin de ton post, mais la problématique m'est familière puisqu'une de mes amies a quitté l'EN il y a quelques années. J'ai réussi à retrouver son blog où elle mentionne un forum qui pourrait t'intéresser :

Quitter l'enseignement... ou pas !
Je ne l'ai pas parcouru, donc je ne sais pas s'il pourra t'être utile. Mais peut-être le connais-tu déjà ?

Edit : il y a également une page FB

Dans son blog : Une vie de prof, elle évoque sa nouvelle carrière, deux ans après qu'elle ait quitté l'Education Nationale.

Je suis en fin de carrière (encore huit ou dix ans avant la retraite, vu que je ne pourrai pas partir à l'âge légal) mais, si j'avais la possibilité d'aller être plus utile ailleurs, tout en conservant la sécurité de l'emploi, je n'hésiterais pas. Moi aussi, j'ai cette "affreuse sensation de ne servir à rien".
« J’aimerais pouvoir m’exprimer avec mes sens. Les mots sont parfois très handicapants. »
(Björk)

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Re: Douance et Enseignement => quitter le navire

Message par Cyrielle » dim. 28 sept. 2014 20:58

Je ne suis pas enseignante, mais infirmière (hospitalière).
Les cinq raisons que tu cites (et quelques autres) ont justifié mon départ de l'hosto, il y a maintenant 13 ans.
Reprise d'études, changement de crèmerie (et de continent) : je me suis épanouie et enrichie ; ça a duré dix ans.

Puis je suis revenue au front, à mon premier métier.
Toute neuve, pleine d'un indécrottable enthousiasme que n'ont plus depuis bien longtemps les collègues de mon âge...

Les "cinq raisons" sont toujours là, pires qu'avant (ça c'est fichtrement dégradé en dix, et la chute s'accélère de façon vertigineuse)... mais moi, ça va mieux (de ce côté-là, en tout cas :lol: ). Et puis je sais que j'ai cette "deuxième corde à mon arc", pour le jour où j'en aurai à nouveau ras-la-cornette^^.

Il me semble que, globalement, c'est dur d'être un agent du Service Public ce moment, quel que soit le secteur. On voudrait crier aux gens que nos métiers, c'est leur qualité de vie... mais on est si peu nombreux à se mobiliser, et les médias sont de si mauvais porte-voix pour ces causes-là... Je pense de plus en plus souvent, avec un profond dégoût, qu'il vaut mieux être jeune, riche intelligent et en bonne santé... et dommage pour nous les autres :'( .

Solidairement : bon courage à toi :rock: !
Y'a trop de monde sur les gradins... Le spectacle du monde nous appartient !

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Yniel
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Re: Douance et Enseignement => quitter le navire

Message par Yniel » lun. 29 sept. 2014 09:59

Pour moi, comme dit sur d'autres sujets, enseigner était une vocation. Je ne vois vraiment pas ce que je pourrais faire d'autre, je n'y ai jamais réfléchi et je crois bien (pour avoir essayé ces derniers temps de me poser la question) que je ne saurais pas travailler autrement...

Mais j'ai eu de la chance, et j'ai "fui" le système, d'une certaine manière : j'ai demandé un détachement.

Juste après le passage du CAPES, j'ai testé les ZEP et les remplacements, en collège ou lycée. Malade tout le temps : moi qui somatise énormément, et chaque journée m'apportant son lot d'empathie difficilement supportable, j'étais en "gastro" perpétuelle. Malade d'angoisse. Mais tout sourires et toute patience avec ces ados que j'avais devant moi, et que la vie déjà n'avait pas gâtés.
Ma grande victoire la première année, année de stage : une élève qui ne prenait jamais ses cours, et sortait en classe son maquillage de son sac à mains, qui sort, la dernière semaine, un stylo et une feuille... Cette année là ils m'ont fait le plus beau compliment possible, mais aussi le plus cruel : vous partez madame, l'année prochaine on va être à nouveau nuls.

Je ne pouvais pas continuer dans ces conditions, j'ai fait un dossier pour être détachée en lycée militaire. Pas des élèves futurs militaires, juste à la base des enfants de militaires (mais ouvert maintenant à tous les ministères), le but étant de leur permettre de suivre une scolarité correcte avant le bac, alors que les parents souvent sont en déplacement. Du coup avec internat.
J'y ai passé neuf ans. Les élèves étaient fantastiques, je me suis pliée en quatre pour eux, j'étais enfin bien, j'avais vraiment l'impression d'être utile. Mais pour les profs c'est souvent la planque, et là, grosse désillusion : le boulot que je faisais m'a mis pas mal de monde à dos. Harcèlement professionnel. Je ne pouvais plus regarder un collègue sans me demander ce qu'il allait raconter dans mon dos. J'ai tenu bon, me suis imposée par la qualité de mon boulot (reconnue par l'inspecteur donc je peux bien le dire !). Mais un changement de proviseur et tout recommence... je suis partie.

J'ai demandé le retour à l'EN, croisé les doigts toute l'année dernière pour avoir un poste correct (bah oui, on peut être apprécié pour le travail fourni en lycée auprès de TS, option physique, leur faire réussir les concours niveau bac, être dispo et tout et tout, et la mutation, bah... on ne tient pas compte de vos compétences, juste de l'ancienneté : 9 ans d'ancienneté ? --> collège pourri. J'ai eu de la chance).
J'ai hérité d'un BTS super intéressant, et je sers encore à quelque chose (même si sur 15 élèves inscrits, 5 sont absentéistes et viennent à 1 cours sur 5....). Nouveau programme à préparer, un boulot monstre, surtout que je n'ai pas fait d'optique depuis 15 ans à ce niveau.

Sauf que mon poste disparait l'année prochaine (ou dans deux ans si je garde mes élèves sur leurs deux ans de BTS avant l'examen sauf que j'ai une collègue qui joue déjà des pieds et des mains pour les prendre elle ne veut pas être virée, mais bon ça revient au même...) et ensuite j'irais où ?

Alors je commence à sérieusement me poser la question de l'après ce poste.

Mais je ne sais pas du tout quoi faire.

Je ne sais rien faire d'autre.

Alors j'attends en faisant mon boulot le mieux possible.
« La vérité est recherchée pour elle-même. Et ceux qui sont engagés dans une quête du savoir par goût de la vérité ne sont pas intéressés par autre chose. La recherche de la vérité est difficile et la route qui y conduit est ardue... »

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Re: Douance et Enseignement => quitter le navire

Message par Boby » lun. 29 sept. 2014 10:35

- Et enfin, le plus important : j'ai l'affreuse impression de ne servir à rien. Aucune volonté de la part des élèves de s'élever, plus de curiosité, plus d'envie. Alors, bien sûr, on me dit que sur ma classe, il y en a toujours au moins quelques uns pour qui j'enseigne vraiment. Peut-être, mais sur mes 29 élèves de 4eZ, il y en a 27 qui me renvoient une image d'inutilité. Voire de vacuité de mon métier, comme si je m'échinais pour rien, une espèce de quête vide de sens. Et subir ça à chaque heure de cours, c'est éprouvant.
Je compatis Modulo12.
Dans un cas comme dans l'autre c'est vraiment difficile comme décision.
J'ai eu la chance d'avoir quelques profs qui ont réussi à changer un bout de ma vie (Même si il faut du temps pour s'en rendre compte).
Après si cela devient insoutenable, c'est légitime de vouloir arrêter.

A tous les profs de vocation,que la force soit avec vous. :ensoleillé:
Nous verrons cela... Destinée ... ou PAS !

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Re: Douance et Enseignement => quitter le navire

Message par altima » lun. 29 sept. 2014 13:17

Hello ami Modulo12,

je suis dans ce cas.
Je n'ai pas la vocation cependant. Ca doit quand même faire une sacrée différence, je pense; je n'ai pas d'états d'âme à quitter ce métier.

Donc mes moyens pour y faire face: s'écouter, voir que ça ne servait à rien dans mon cas de continuer à brasser de l'air pour zéro satisfaction, partir. Je ne voyais pas l'intérêt de continuer à faire face, car pour c'était synonyme de bataille contre ma nature.

Bon courage à toi, avec le recul je me demande comment j'ai pu tenir là-dedans.

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Re: Douance et Enseignement => quitter le navire

Message par Vertanis » mar. 30 sept. 2014 09:59

Bonjour Modulo12,
Modulo12 a écrit :j'ai l'affreuse impression de ne servir à rien. Aucune volonté de la part des élèves de s'élever, plus de curiosité, plus d'envie. Alors, bien sûr, on me dit que sur ma classe, il y en a toujours au moins quelques uns pour qui j'enseigne vraiment. Peut-être, mais sur mes 29 élèves de 4eZ, il y en a 27 qui me renvoient une image d'inutilité. Voire de vacuité de mon métier, comme si je m'échinais pour rien, une espèce de quête vide de sens. Et subir ça à chaque heure de cours, c'est éprouvant.
Je suis contractuelle depuis mars 2014, donc c'est assez récent, et puis je n'ai pas encore retrouvé de remplacement depuis la rentrée, mais pinaise, j'aurais pu dire mot pour mot la même chose que toi!!
Je comprends donc tout à fait ce que tu peux ressentir.

Et c'est vrai également qu'ayant connu le monde de l'entreprise, je préfère largement le relationnel et les sujets de conversation riches et variés qui existent dans une salle des profs que l'ambiance autour de la machine à café en entreprise où les sujets se limitent aux couches-culottes du ptit dernier et au prix des sacs poubelle chez Leclerc.
Personnellement, je ne me vois pas revenir en entreprise, je n'en aurai pas la force psychologiquement, émotionnellement parlant. Je ne me sentais jamais à ma place, j'étais sans cesse oppressée, me sentant comme dans un carcan. Quant à l'enseignement, même si le fait d'avoir une certaine liberté sans les contraintes horaires du 9h-18h (bien que l'emploi du temps bardé de trous ne soit pas non plus des plus agréables) et d'être actif, "sur le terrain", en interaction, me plaisent, il est vrai que je ne me vois pas non plus rester là-dedans.

Je ne pense pas être faite pour l'enseignement, du moins pour des adolescents. J'ai trop tendance à vouloir être gentille et à être toujours dans une empathie extrême, chose dangereuse dans ce métier.

Je ne sais pas du tout dans quoi tu souhaites te reconvertir, en tout cas ne ce qui me concerne, si je peux me permettre d'apporter mon petit témoignage, je suis toujours à la recherche d'un remplacement (à temps partiel) parce qu'il faut bien payer son loyer, ses factures, ses impôts, ses courses et j'en passe, mais en parallèle je viens de reprendre des études de philo pour ensuite faire une thèse, tenter l'agreg et tenter le concours de maître de conf.

C'est pas gagné, certes, mais au moins, je suis bien dans ma vie (bien qu'horriblement stressée à l'idée de ne pas retrouver de travail rapidement, mais ça, curieusement, mon esprit en fait un peu abstraction, tellement j'adore ce que j'étudie).

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Re: Douance et Enseignement => quitter le navire

Message par Modulo12 » mar. 30 sept. 2014 18:47

Merci pour vos réponses, pour vos encouragements et pour les liens donnés :)
► Afficher le texte
@ Cyrielle : J'admire ton retour aux sources, ainsi que ton changement de continent. Je suis content de trouver un exemple de personne qui a pu reprendre un métier qu'elle avait déserté. J'imagine donc que la bouffée d'air a été salutaire pour reprendre cette position. C'est un peu comme ça que je vis ma volonté de changement : comme une respiration dans mon apnée actuelle. Je ne tire pas un trait sur l'enseignement (que je continue de croire comme une vocation) mais simplement je le mets entre parenthèses.

Ton exemple est un espoir, grand merci :) Question tout de même : quand tu avais quitter ton premier métier, savais-tu que tu y reviendrais ? Ou est ce le fruit du hasard et de la vie ?

@ Yniel : j'ai pensé aussi à tenter ma chance sur d'autres postes au sein de l'EN. Notamment, cette année, je souhaitais faire des remplacements de chef adjoint d'établissement (les "faisant fonction" pour les LV2 EN). Seulement, ça m'a été refusé. Pour une raison que j'estime bête, mais que je comprends : "Monsieur Modulo, si vous remplacez un chef adjoint, alors il faudra vous remplacer vous sur votre poste. Mais il n'y a plus de remplaçants en maths.". Ça renforce d'ailleurs mon sentiment de gestion à la petite semaine de l'EN. Comme je n'ai pas l'ancienneté nécessaire pour passer le concours de chef, je m'en vais, en passant d'autres concours de la Fonction Publique comme les finances publiques ou les IRA.


Ce qui ressort tout de même de vos réponses, c'est que le changement est inévitable. Pas forcément de métier, mais de cadre (Lycée militaire, quelle classe !). Au final, s'entêter dans la voie ne semble avoir été choisi par personne. Merci pour le constat.
Essayons d'être heureux. Ne serait-ce que pour donner l'exemple.
Jacques Prévert

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Re: Douance et Enseignement => quitter le navire

Message par zwip » mer. 1 oct. 2014 11:33

C'est la crainte de cet effet "boîte de Pandore" qui m'a fait hésiter d'abord à répondre à ce topic.
EDIT : et puis j'ai ouvert la boîte et en ai sorti ce pavé (dans la mare) :

S'entêter, je suis en effet de plus en plus convaincue que c'est loin d'être bénéfique. Je vois bien que malgré mes efforts j'aborde sans joie, c'est peu de le dire, ma cinquième semaine de cours, et il y en a un paquet d'autres qui suivent avant les grandes vacances.
Je précise que je n'ai pas la vocation, prof reste pour moi un boulot alimentaire, mais un boulot que j'ai pratiqué assez longtemps sans trop de déplaisir, et en essayant de faire au mieux pour les élèves.
Depuis environ 3 ans l'envie de quitter l'enseignement me taraude. Mais
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Parmi les points que tu relèves :
Modulo12 a écrit :Mon métier est dévalorisé au niveau salarial.
C'est un fait. Ça fait une douzaine d'années que j'enseigne, j'ai le bac + 5 de rigueur. Je suis passée par différents statuts et mon ancienneté a été gommée à chaque changement : salariée de droit privé (prof en CFA), contractuelle du ministère de l'Agriculture puis contractuelle de l'EN (lycée privé). Suite à ma récente augmentation et supplément familial compris, mon salaire atteint 1200€ pour un temps légèrement partiel (= environ 1350€ en plein temps).
Modulo12 a écrit :(...) je me rends compte de ce qui se passe au niveau académique et national dans la gestion de l'EN. Et je pourrai vous donner des millions d'exemples de gestion ubuesque, genre tout le monde n'est qu'une case excel, mais ça alourdirait le propos : je vous demande donc de me croire sur parole.
Je confirme, j'aurai des exemples personnels hauts-de-gamme à donner mais je ne vais pas m'étendre. Juste signaler en passant l'absence de droits qui caractérise le statut de contractuel (comme celui de vacataire) - exemple : tu voudrais arrêter l'enseignement, ça tombe bien car tu arrives en fin de CDD. Mais on te propose un renouvellement, et si tu le refuses tu n'auras pas droit aux allocations de Paul Emploi, car on considérera que tu n'es pas "involontairement privé d'emploi" (ce qui conditionne leur versement). Alors tu re-signes un CDD, car tu es pieds et poings liés. Voilà, ça, c'est ma situation depuis 4 ans :@ .
Modulo12 a écrit :Mon métier est émotionnellement aliénant. (...) De plus, dans une volonté de toujours vouloir faire quelque chose de parfait, on souhaite que tous les élèves réussissent et soient au meilleur de leurs capacités. (...) de fait, de laisser à chaque heure des élèves sur le carreau, en fonction de mon humeur.
Ce perfectionnisme est épuisant à la longue, car rien n'est fait pour que tu puisses réellement faire du bon travail. Avant, je parvenais à aider tous les élèves : jamais assise, filant de table en table. Mais comment tenir ça sur la durée ? J'avoue que je baisse souvent les bras, aujourd'hui, je ne trouve plus l'énergie nécessaire et il y a trop de différences de niveau au sein d'une même classe. Résultat : ceux qui ont des difficultés progressent à peine et ceux qui ont des facilités stagnent et s'ennuient.

J'ajouterais à tes constats :

- Le manque de liberté pédagogique : plus ça va et plus les programmes, de nouvelle mouture en nouvelle mouture, prennent une tournure dirigiste. On pourrait l'accepter s'ils étaient bien pensés. Or, ils sont souvent impraticables (dans ma matière le nouveau programme est beaucoup plus dense que le précédent, alors que la durée de cours à été réduite : Passant de 1h30 à 1h par semaine) et inadaptés au public à qui ils sont destinés.

- La dévalorisation des formations et des diplômes, du moins dans les filières professionnelles (par changement des méthodes d'évaluation, et...
► Afficher le texte
Résultat : les employeurs hésitent beaucoup à embaucher ces jeunes qui viennent d'avoir leur bac pro, ils leur préfèrent des un peu moins jeunes, même à niveau de diplôme inférieur (retours d'employeurs qui affirment que ceux qui ont eu un CAP il y a 4 ans ont un meilleur niveau que ceux qui ont eu un bac pro de la même spécialité récemment...).
Modulo12 a écrit :Et enfin, le plus important : j'ai l'affreuse impression de ne servir à rien. Aucune volonté de la part des élèves de s'élever, plus de curiosité, plus d'envie (...) Et subir ça à chaque heure de cours, c'est éprouvant"
Ces petits jeux avec les taux de réussite et leurs conséquences rajoutent une couche à cette impression d'inutilité (ou d'impuissance, dirais-je, plutôt, en ce qui me concerne - car que puis-je changer, à mon niveau, pour améliorer la situation ?). Et la baisse du niveau de formation, la facilité du diplôme et sa non-reconnaissance dans le monde du travail ont aussi un impact sur la motivation et la volonté des élèves...

Bon, étant moi-même à la recherche de pistes pour fuir j'ai plutôt tendance à enfoncer le clou, et je ne te suis sans doute pas d'une grande aide... Bon courage pour cette dernière année quoi qu'il en soit :-)
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Re: Douance et Enseignement => quitter le navire

Message par Cyrielle » mer. 1 oct. 2014 15:07

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Modulo12 a écrit :Pour la première fois je pose des mots écrits sur mon mal-être professionnel, en tentant de circonscrire le problème. Du coup, j'ai l'impression qu'avoir ouvert une boite de Pandore, et suis en pleine tempête émotionnelle au travail.
"Tempête émotionnelle au travail" : comme tu décris bien le sentiment qui prévaut dans ces jours d'incertitude, de gamberge encore accentuée, d'aller-retours entre une décision et l'autre, de recherches frénétiques d'informations ou d'expériences tous azimuts, de ras-le-bol et de désinvestissement professionnel, de conflits personnels, de nuits blanches, d'hésitation devant le dossier à remplir, devant le téléphone, devant la boite aux lettres... Quelles périodes difficiles !
J'ai vécu ça un peu seule, à chaque fois (mais à la fois personne ne pouvait se mettre vraiment à ma place, et les gens qui s'intéressaient à mon sort et me questionnaient me mettaient encore plus en difficulté), alors si je peux aider !?
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Re: Douance et Enseignement => quitter le navire

Message par Maithril » sam. 4 oct. 2014 16:14

Effectivement l'EN manque cruellement de prof de maths. Il faut dire que le salaire d'un jeune prof de maths est très peu attrayant par rapport à celui d'un jeune BAC +5 en maths qui se dirige vers l'informatique ou la finance! Sacré loi de l'offre et de la demande...

Si tu veux changer de boulot, surtout ne démissionne pas. Au pire prends une dispo. Car en tant que fonctionnaire de catégorie A, tu peux essayer de te vendre en tant qu'attaché administratif dans toutes les administrations. Tu passes alors en détachement et peux très rapidement y demander ton intégration.

Enfin, n'hésite pas à prendre rdv avec le drh de ton rectorat. Dès que j'ai 5 min, je te fais un MP pour discuter plus avant avec toi des pistes qui peuvent s'offrir à toi.

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Re: Douance et Enseignement => quitter le navire

Message par Modulo12 » lun. 6 oct. 2014 19:53

Maithril a écrit :Si tu veux changer de boulot, surtout ne démissionne pas. Au pire prends une dispo. Car en tant que fonctionnaire de catégorie A, tu peux essayer de te vendre en tant qu'attaché administratif dans toutes les administrations. Tu passes alors en détachement et peux très rapidement y demander ton intégration.

Enfin, n'hésite pas à prendre rdv avec le drh de ton rectorat. Dès que j'ai 5 min, je te fais un MP pour discuter plus avant avec toi des pistes qui peuvent s'offrir à toi.
Merci pour les conseils :)

Je ne comptais effectivement pas démissionner. Le problème étant qu'une demande de disponibilité est soumise à l'avis de l'administration. Comme on m'a déjà refusé de faire du remplacement de chef adjoint étant donné ma matière, je ne me fais pas trop d'illusions sur une demande de dispo pour convenance personnelle. Mais je tenterai quand même.

Par contre, je ne connaissais pas du tout la possibilité d'attaché administratif. Je passe actuellement d'autres concours (Finances publiques, IRA, Banque de France), je connais les possibilités de détachement notamment via le site de la BIEP, mais j'avais l'impression que les compétences acquises (et manquantes) dans le métier d'enseignant permettait assez peu l'exportation.
Essayons d'être heureux. Ne serait-ce que pour donner l'exemple.
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Re: Douance et Enseignement => quitter le navire

Message par W4x » mer. 8 oct. 2014 16:56

Comme l'a dit Maithril, la première chose à faire est de ne pas te précipiter pour démissionner. Tu peux effectivement demander une mise en disponibilité, ou un congé de formation (pas certain de l'obtenir du premier coup, mais les demandes s'accumulant d'une année sur l'autre, plus ça rate plus ça a de chances de réussir... ;) (proverbe Shadok fort à propos lorsqu'il s'agit de l'EN^^) ). Et tu as aussi d'autres concours offrant une reconversion.

Pour ce qui est de ma pomme, je ressens bien souvent le malaise, le décalage ou sentiment d'inutilité dont tu parles. Ceci dit ce n'est pas parce qu'une classe te semble particulièrement amorphe qu'elle se fout vraiment de ce que tu dis et que tu auras prêché dans le désert. Avec l'expérience et la variété des publics, pour peu que j'en aie (c'est ma 8e année), je pense pouvoir dire que le fait qu'une classe soit "calme" ou "bordélique" n'a pas spécialement de lien direct avec ce que les élèves auront retenu de ton message à la fin de l'année (à condition que celui-ci soit adapté au contexte évidemment). Par contre l'impression que toi tu en retireras sera bien différente, et je suis d'accord que c'est ce qui peut être usant au quotidien. Mais j'insiste sur le fait que ça ne laisse pas spécialement présager de ce qu'aura été ton impact réel sur ces élèves à la fin. L'être humain, particulièrement lorsqu'il est adolescent et en groupes de 30, est une sorte d'huître (émotionnellement, je ne parle pas du QI :P ) comparable à un iceberg : on peut en cerner les 15% émergés, deviner les 5% juste en dessous de la surface, et pour les 80% restants on ne sait rien du tout.

Je n'ai évidemment pas de solution miracle, mais pour ma part c'est chaque petit succès, chaque petite chose positive du quotidien qui fait que ce métier continue de me plaire. Émotionnellement ça vaut bien le double d'emmerdements je trouve^^ Et puis il ne faut pas hésiter à se remettre en question et changer sa pratique, ne serait-ce que pour ne pas succomber à l'auto-ennui. Quitte à expérimenter des choses nouvelles et d'apparence farfelues, après tout qu'est ce qu'on a à perdre, pas notre emploi en tous cas. Comme je l'avais dit dans un autre fil, se sentir dans l'impasse peut parfois déboucher sur de bonnes surprises.

Les considérations de salaire, de reconnaissance, jouent aussi mais me semblent secondaires. Je veux dire par là que si j'étais démissionnaire ce ne seraient ni le salaire ni les lauriers qui m'en empêcheraient. Enseigner, et en avoir la vocation c'est avant tout un boulot humain. Personne ne devient prof par soif de l'or.

Je pense que globalement les impressions que tu décris sont transposables à beaucoup de métiers au contact du public, où le contact humain revêt au moins la même importance que la seule compétence. Alors c'est peut-être encore accentué chez des surdoués, on peut percevoir les choses avec plus d'intensité, d'acuité, mais je pense que quiconque a une réelle conscience professionnelle pourrait faire le même constat. Avec plus de recul peut-être, ce serait la différence.
Avec les années et au fil des inutiles grèves (pléonasme), j'ai appris à passer outre ce sentiment décourageant d'impuissance, face à la granitique EN dont le sommet est totalement coupé de la base.
Justement, cette coupure signifie pour moi plus de liberté d'action, d'initiative, pédagogique. En gros je fais ce que je veux (c'était d'ailleurs la conclusion de mon précédent chef d'établissement lors de mon pot de départ^^), et ça, ça n'a pas de prix. Hormis un inspecteur mal embouché qui me noterait mal (et encore c'est relatif), je n'ai de comptes à rendre à personne en dehors des élèves envers qui le contrat moral est de fait acquis. Et ça c'est une bouffée d'oxygène vitale.
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Re: Douance et Enseignement => quitter le navire

Message par Modulo12 » mer. 8 oct. 2014 18:31

W4x a écrit :Ceci dit ce n'est pas parce qu'une classe te semble particulièrement amorphe qu'elle se fout vraiment de ce que tu dis et que tu auras prêché dans le désert. Avec l'expérience et la variété des publics, pour peu que j'en aie (c'est ma 8e année), je pense pouvoir dire que le fait qu'une classe soit "calme" ou "bordélique" n'a pas spécialement de lien direct avec ce que les élèves auront retenu de ton message à la fin de l'année (à condition que celui-ci soit adapté au contexte évidemment). Par contre l'impression que toi tu en retireras sera bien différente, et je suis d'accord que c'est ce qui peut être usant au quotidien. Mais j'insiste sur le fait que ça ne laisse pas spécialement présager de ce qu'aura été ton impact réel sur ces élèves à la fin. L'être humain, particulièrement lorsqu'il est adolescent et en groupes de 30, est une sorte d'huître (émotionnellement, je ne parle pas du QI :P ) comparable à un iceberg : on peut en cerner les 15% émergés, deviner les 5% juste en dessous de la surface, et pour les 80% restants on ne sait rien du tout.
Le problème est peut-être précisément dans le fait que ce qui est retenu par les élèves, le message dont tu parles, n'est plus l'acquisition des connaissances. Tu mets toi même le mot "émotionnel", ce qui ne relève plus du domaine de la connaissance.

Pour être clair, j'ai l'impression que l'essence même du métier d'enseignant, à savoir apporter des connaissances et les transmettre, est devenu accessoire. En tout cas, ça me semble vrai pour l'enseignement public. J'ai l'impression d'être avant tout un personnage de théâtre avant d'être un relais.
Avec les années et au fil des inutiles grèves (pléonasme), j'ai appris à passer outre ce sentiment décourageant d'impuissance, face à la granitique EN dont le sommet est totalement coupé de la base.
Justement, cette coupure signifie pour moi plus de liberté d'action, d'initiative, pédagogique. En gros je fais ce que je veux (c'était d'ailleurs la conclusion de mon précédent chef d'établissement lors de mon pot de départ^^), et ça, ça n'a pas de prix. Hormis un inspecteur mal embouché qui me noterait mal (et encore c'est relatif), je n'ai de comptes à rendre à personne en dehors des élèves envers qui le contrat moral est de fait acquis. Et ça c'est une bouffée d'oxygène vitale.
J'admire ton détachement, et ta faculté d'abstraction. J'ai peut-être trop besoin d'unité pour pouvoir supporter le délitement de notre institution. Il est vrai que notre bien le plus cher commence une fois la porte fermée et les élèves dans la classe, et que c'est un bien inestimable. Mais ce que tu appelles "liberté" est devenu pour moi une forme d' "errance".

Bon allez, demain, première épreuve de concours !

Encore une fois, merci pour vos réponses :)
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Re: Douance et Enseignement => quitter le navire

Message par W4x » mer. 8 oct. 2014 23:39

Modulo12 a écrit :Pour être clair, j'ai l'impression que l'essence même du métier d'enseignant, à savoir apporter des connaissances et les transmettre, est devenu accessoire. En tout cas, ça me semble vrai pour l'enseignement public. J'ai l'impression d'être avant tout un personnage de théâtre avant d'être un relais.
C'est plus ou moins accentué selon les endroits, mais c'est assez vrai en effet. Il est des endroits où un prof doit en premier lieu justifier son rôle, et gagner sa légitimité. C'est ahurissant, le monde à l'envers mais c'est comme ça... et je comprends que ça puisse décourager. Mais après comme en d'autres situations de crise, on peut le déplorer ou se retrousser les manches et tenter quelque chose à notre petit niveau, vu qu'on ne peut compter que sur soi et éventuellement son équipe. Si l'on n'essaie pas de recréer ce lien perdu ou en déliquescence, ça ne risque pas de s'arranger de soi quand les gosses auront grandi. Mais je suis bien d'accord qu'on dépasse là largement nos attributions/formations et que c'est en dehors des capacités de bien d'entre nous.
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Re: Douance et Enseignement => quitter le navire

Message par altima » jeu. 12 mars 2015 14:37

Hello Modulo12,

Je reviens sur ton topic. Que deviens-tu, où en es-tu ?

En relisant ton premier message, ce point m’a interpelée :

J’ai eu la même problématique.
Le fait est que oui, dans mon cas j’ai tendance à être une insatisfaite permanente ; être enseignante n’était pas une vocation mais un choix mûrement réfléchi et conditionné. Je savais pourquoi précisément je souhaitais changer pour aller dans cette voie et combien de temps je me donnais dans ce métier.

Me vient à l’esprit l’idée que collaborer avec d’autres profs HQI serait peut-être bénéfique. J’entends par là monter et mener des projets avec eux pour vos classes (bon, pas forcément HQI hein, mais peut-être que des gens avec un profil similaire au tien trouveraient intéressant de bosser avec toi). Ca peut être des sorties scolaires comme des séquences pédagogiques. On travaille souvent relativement seul quand on est prof.

Personnellement, mon insatisfaction débouchant sur ma volonté de partir était très lié à ce problème de perfectionnisme. Et aussi à l’aspect control freak du boulot. Or on ne peut pas tout maîtriser, par définition on fait de l’humain et donc pas de la manipulation de machines programmables. Je rejoins donc W4x sur l’illusion de la perfection dans les métiers en relation avec un public. Et je te rejoins toi Modulo sur cette polyvalence toujours accrue impliquée par la posture d’enseignant. Personnellement, je savais qu’il fallait être psychologue à ses heures, qu’on était à la limite du social etc, mais en l’espace de très peu de temps j’ai vu s’amplifier la tâche de prise en charge globale des maux de la société (ça fait très exagéré, pourtant ça l’est à peine) et du coup, plus possible pour moi.
Il y avait ça et il y avait aussi l’immense frustration de ne pouvoir toucher du doigt le résultat de mon travail. Déjà, pas de reconnaissance, c’est pas toujours facile (surtout quand on n’a pas confiance en soi) mais il faut admettre que c’est pareil dans plein de métiers. Par contre, ne pas voir de résultat tangible, ça pour moi ce n’était plus possible.

Donc mes besoins premiers, ça a été de me dire qu’il me fallait changer pour trouver un boulot où je pourrais maîtriser davantage la mise en œuvre de ma réflexion (et pas constamment m’adapter, ce qui m’usait énergétiquement) et obtenir un résultat concret (tout en acceptant l’imperfection du résultat).

Par rapport à tes fonctions syndicales, tu te trouves certainement au contact de beaucoup de collègues qui veulent partir d’une façon ou d’une autre (dispo, détachement) : ça peut te faire une bonne banque de renseignements. Et sinon, cette fonction te plaît ? As-tu pensé à t’investir encore davantage là-dedans, ce qui te permettrait de ne plus exercer en classe mais d’être toujours dans le monde de l’enseignement ?

Zwip, je me suis beaucoup retrouvée également dans ton témoignage. Où en es-tu de ton côté ?

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Re: Douance et Enseignement => quitter le navire

Message par FelixBox » jeu. 12 mars 2015 22:19

Youp.

Merci pour ton intervention Altima (et aussi pour ton blog, au passage ;) ) qui permet de reposer la question : où en es-tu, Modulo 12 ?

Je suis également concerné par le sujet, étant moi aussi en cours de quittage de navire.
Professeur des écoles déjà usé, j'ai commencé ma carrière dans le secondaire - Lycée et collège.

La première étape, c'est le passage à mi-temps, pour me lancer pleinement dans mon projet de reconversion.
Bon courage à tous ceux qui passent par ce sujet et souhaitent se jeter à l'eau avant que le navire ne s'écrase en plein vol.

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Re: Douance et Enseignement => quitter le navire

Message par Modulo12 » ven. 13 mars 2015 14:33

Bonjour ! Et merci de prendre des nouvelles :)

Et bien pour ma part, depuis ce premier message, j'essaye de me tenir à une idée : je n'enseigne plus en septembre 2015.

Cela passe par deux choses :

1/ Autres concours passés comme inspecteur des impôts (premier non admissible, ce qui a été une bonne surprise vu le nombre de candidats et de place ; je retente donc l'an prochain), et contrôleur des impôts (résultats vendredi 27 mars, je suis un peu sur les dents :punch:)
2/ Dans le cas où le deuxième concours rate aussi, demande de disponibilité pour l'an prochain. En gros, je suis toujours fonctionnaire, mais sans travail (et donc sans paye). Et là, c'est l'aventure, car il va falloir retrouver un autre travail. Je te remercie d'ailleurs altima pour ton blog, que j'ai dévoré :) Je me questionne aussi sur un PVT en Nouvelle Zélande, tant que je le peux encore.
altima a écrit : Par rapport à tes fonctions syndicales, [...] cette fonction te plaît ? As-tu pensé à t’investir encore davantage là-dedans, ce qui te permettrait de ne plus exercer en classe mais d’être toujours dans le monde de l’enseignement ?
Le côté syndical est quelque chose de complexe. À mes yeux, l'univers syndical est scindé en deux parties : la vindicative (exiger des sous, des moyens, discuter avec les instances rectorales/ministérielles, etc.), et la juridique (renseigner les collègues, connaitre les droits, expliquer les règles qui gèrent les fonctionnaires...).

La deuxième m'intéresse bien plus que la première. Sauf que, pour persévérer dans l'univers syndicaliste, il faut plutôt être porté dans la première. Cette année, suite aux élections professionnelles, je suis devenu commissaire paritaire académique (en gros, délégué du personnel pour les non LV2 fonction publique), mais c'est le truc le plus haut auquel je peux accéder avec cet état d'esprit. Cette fonction me plait, mais me permet de me rendre compte encore plus fort (puisqu'aux premières loges) de la stupidité profonde de notre institution :)

Enfin, quelque part, j'ai toujours été dérangé par les militants qui n'ont plus d'activité devant élève. Je ne sais pas comment tu peux comprendre un métier et le représenter si tu n'en fais plus vraiment partie. Du coup, hors de question pour moi de me mettre dans cette position.
Essayons d'être heureux. Ne serait-ce que pour donner l'exemple.
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Re: Douance et Enseignement => quitter le navire

Message par Cyrielle » ven. 13 mars 2015 19:11

Hors-sujet
Modulo12 a écrit : Le côté syndical est quelque chose de complexe. À mes yeux, l'univers syndical est scindé en deux parties : la vindicative (exiger des sous, des moyens, discuter avec les instances rectorales/ministérielles, etc.), et la juridique (renseigner les collègues, connaitre les droits, expliquer les règles qui gèrent les fonctionnaires...).

La deuxième m'intéresse bien plus que la première. Sauf que, pour persévérer dans l'univers syndicaliste, il faut plutôt être porté dans la première. Cette année, suite aux élections professionnelles, je suis devenu commissaire paritaire académique (en gros, délégué du personnel pour les non LV2 fonction publique), mais c'est le truc le plus haut auquel je peux accéder avec cet état d'esprit. Cette fonction me plait, mais me permet de me rendre compte encore plus fort (puisqu'aux premières loges) de la stupidité profonde de notre institution :)

Enfin, quelque part, j'ai toujours été dérangé par les militants qui n'ont plus d'activité devant élève. Je ne sais pas comment tu peux comprendre un métier et le représenter si tu n'en fais plus vraiment partie. Du coup, hors de question pour moi de me mettre dans cette position.
Je vois que nous avons la même conception (et motivation) de l'action syndicale.
S'ajoute pour moi un sentiment d'injustice et d'impuissance insupportable devant des situations individuelles graves où le cynisme de l'institution (la "machine à broyer de l'humain"... avec en plus dans mon cas le paradoxe pour l'hôpital qui est censé soigner !) a toujours le dernier mot. En plus d'une allergie grave à la "réunionite"...
C'est pour cela que j'ai abandonné rapidement mes responsabilités syndicales, et que j'admire ceux qui persévèrent, même si cela devient parfois hélas, comme tu dis, un métier à part entière (et du coup bien loin des réalités de ceux qu'on est censé représenter !).
Bon courage pour ta réorientation !
La Nouvelle Zélande... ça doit aussi être une chouette expérience ! Et du coup je me demande si tu as pensé à un exercice de quelques années outre-mer ou dans des établissements français à l'étranger, en tant que prof' mais dans des conditions bien différentes ?
Y'a trop de monde sur les gradins... Le spectacle du monde nous appartient !

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Re: Douance et Enseignement => quitter le navire

Message par Modulo12 » ven. 27 mars 2015 23:05

Cyrielle a écrit : Bon courage pour ta réorientation !
La Nouvelle Zélande... ça doit aussi être une chouette expérience ! Et du coup je me demande si tu as pensé à un exercice de quelques années outre-mer ou dans des établissements français à l'étranger, en tant que prof' mais dans des conditions bien différentes ?
J' avais déjà pensé à cette question de l'exercice à l'étranger. Seulement, les endroits intéressants sont souvent convoités, et il faut avoir un peu bourlingué avant d'avoir sa candidature acceptée. Ou alors, il faut demander les coins peu habituels, mais là, ça venait se heurter à des problèmes de santé perso.

Il n'empêche, aujourd'hui, la question ne se pose plus : je viens d'être admis au concours de contrôleur des finances publiques. Je ne serai plus enseignant au premier octobre :)
Essayons d'être heureux. Ne serait-ce que pour donner l'exemple.
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Re: Douance et Enseignement => quitter le navire

Message par altima » sam. 28 mars 2015 16:48

Félicitations Modulo12! Quel soulagement ce doit être. Une nouvelle vie commence donc. :-)

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Re: Douance et Enseignement => quitter le navire

Message par Cyrielle » sam. 28 mars 2015 16:57

Félicitations Modulo12 ! (et merci Axo : j'avais loupé cette bonne nouvelle)
Tu as du mérite : ce concours-là non plus n'est pas si facile...
Y'a trop de monde sur les gradins... Le spectacle du monde nous appartient !

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Re: Douance et Enseignement => quitter le navire

Message par Azore » jeu. 2 avr. 2015 22:25

Personnellement, j'ai toujours voulu être prof de français. J'ai fait d'autres études et travaillé en entreprise, mais le malaise que je ressentais m'a rendue malade. Le sentiment d'étrangeté qui m'avait toujours plus ou moins suivie depuis mon enfance était décuplé et je ne comprenais pas ce qui se passait autour de moi. J'avais la nette impression d'être dans le Truman Show. Par instinct de survie, je suis partie et j'ai repris des études de lettres pour devenir prof de français. J'ai choisi de passer le concours du privé, car je savais que faire ce métier dans le public était certes plus courageux et plus louable, mais que j'en étais parfaitement incapable.

J'ai commencé mon nouveau métier en septembre dernier. J'en ai bavé comme rarement dans ma vie, notamment à cause d'une classe avec laquelle les choses se sont très mal passées en début d'année scolaire. J'ai failli tout arrêter plusieurs fois. Mais l'enjeu de cette reprise d'études était tel et j'avais une telle angoisse à l'idée de retrouver les discussions absurdes de la machine à café que j'ai décidé de prendre les choses en main pour faire ce métier que j'avais choisi, que je savais me correspondre. J'ai entamé une thérapie Vittoz avec un médecin que m'a indiqué Geocoucou. En quelques mois, j'ai appris à me défaire de mon perfectionnisme (qui est l'un des pires ennemis du surdoué dans ce métier), à stopper mon anxiété dès qu'elle pointe, à réagir avec plus de justesse et de discernement, à agir quand il le faut (capacité indispensable mais qui fait souvent défaut au surdoué), à m'exposer sans trop avoir peur. Et ça marche ! Ce n'est pas parfait, mais comme il n'est plus question de l'être, ce n'est pas grave. Ça me fait penser qu'il faudra que je poste sur la méthode Vittoz et sur pourquoi elle me semble particulièrement adaptée aux surdoués...

Je suis dans un contexte privilégié, j'en ai pleinement conscience, mais je sais aussi que je n'aurais pas pu exercer ce métier dans des conditions vraiment difficiles. Aujourd'hui, je suis tellement habitée par la littérature que je me sens presque invincible. Je sens mon charisme grandir de jour en jour et j'ai la conviction que cette puissance intellectuelle et spirituelle peut venir à bout de tout, même des gamins les plus incrédules. Il me semble qu'en sentant les élèves, en se connectant à eux et en leur donnant sans peur tout ce qu'on a, tout ce qu'on est, rien n'est impossible. Il faut devenir un héros, un prophète de sa matière si l'on veut : il me semble que personne n'est insensible à un prof flamboyant.

En ce qui concerne les programmes, j'ai compris récemment qu'ils ne sont contraignants que si on les considère comme tels. Qui m'empêche de faire étudier l'Odyssée non pas sous l'angle du héros épique comme tout le monde, mais sous l'angle du voyage initiatique et de la quête de sagesse ? Qui m'empêche de faire étudier les fabliaux sous l'angle de la théâtralité plutôt que sous l'angle du pur comique ? Personne ! Cela dit, le programme de français est certainement moins contraignant que le programme de math ou d'anglais.

Pour finir, je pense très simplement qu'il y a deux facteurs déterminants pour s'épanouir dans ce métier : il faut pouvoir choisir les conditions dans lesquelles on exerce (j'en connais certains qui ne pourraient pas enseigner en ZEP et d'autres qui s’ennuieraient à mort dans un établissement élitiste) et il ne faut pas être prof à moitié. Cette dernière condition est aussi déterminante pour contrer les autres problèmes qui ont été soulevés : mépris de la société pour le métier, absence de valorisation en termes de salaire, etc. Il faut avoir la foi et je pense que s'entourer de profs surdoués est une bonne méthode pour entretenir ce feu-là.

Bon, après, je ne suis qu'une stagiaire qui vient d'entrer dans le métier. Puisse mon discours demeurer le même dans cinq ou dix ans ! :ensoleillé:

A bien vite ! :fleur:
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Re: Douance et Enseignement => quitter le navire

Message par Yniel » ven. 3 avr. 2015 19:43

Et je le plussoie ton discours, il est dur à tenir sur la durée (si on laisse une certaine lassitude s'installer, pour moi il me faut changer mes cours tous les ans pour ne pas m'endormir, et passer l'agreg est un plus intelelctuel), mais quand on tient, il est super ce boulot :up:
« La vérité est recherchée pour elle-même. Et ceux qui sont engagés dans une quête du savoir par goût de la vérité ne sont pas intéressés par autre chose. La recherche de la vérité est difficile et la route qui y conduit est ardue... »

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Re: Douance et Enseignement => quitter le navire

Message par Modulo12 » ven. 3 avr. 2015 23:56

Yniel a écrit :il est super ce boulot :up:
Oui, beaucoup, énormément même. En tout cas, dans son essence de base : la transmission.

Je sais une chose une chose que je vais perdre : l'heure de cours face aux élèves. Expliquer, de plusieurs manières s'il le faut, les notions, les concepts. Faire réfléchir (j'ai vécu un beau moment durant l'heure de cours, avec mes 5e, post Charlie hebdo : une heure de "philosophie" autour des différentes notions liées à cette histoire).

Mais vraiment, c'est ce qui est AUTOUR de l'essence du métier qui est problématique.
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