Dire sa douance : comment et à qui

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sanders
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Re: Dire sa douance : comment et à qui

Message par sanders »

Merci pour vos réponses.

J'ai le choix en fait.

Je n'avais pas réfléchis au fait de m'adresser à quelqu'un qui d'emblée connait cette particularité. Je vais intégrer ça à ma réflexounette du soir ;) .
Le premier jour du reste de ma vie : Un jour, J'ai pu observer que la poutre que je voyais dans l'oeil de mon voisin, je l'avais fait devenir paille dans le mien. Alors même que nous buttions sur les mêmes (em)bûches. Depuis, plus rien n'est pareil..

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-Olivier-
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Re: Dire sa douance : comment et à qui

Message par -Olivier- »

Bonjour sanders,
Tu parles de baisse de confiance de ta part si la personne en face n'est pas à l'aise avec la notion de haut potentiel.

J'ai du mal à comprendre comment tu pourrais te sentir en confiance, ce qui est indispensable dans ta démarche, si tu soupçonnes la professionnelle d'être hostile à cette notion. Cela relèverait certainement pour toi d'une pauvreté d'esprit rédhibitoire à tout travail constructif. Mais peut être que je me trompe...

Dans les tous premiers posts, Fabs le vaurien a dit ceci:
Fabs le vaurien a écrit :est on si mal à l'aise avec notre potentiel pour qu'en parler relève de l'aveu?

Coming out?
J'ai pensé à cette analogie au moment ou j'ai lu ton message.

Imaginons que nous sommes homosexuels (pour ceux qui ne le sont pas évidemment) plutôt que doués.
Nous sommes d'accord que ce n'est pas une tare, mais de la même façon, nous n'en parlerions pas avec n'importe qui.
Devant un psy, je ne vois pas comment nous pourrions cacher cet aspect de notre personnalité. Nous ne pourrions pas envisager approcher l'intime avec un professionnel potentiellement homophobe.

Bref, pour moi cela reste inenvisageable d'arriver masqué chez un(e) psy, mais cela n'engage que moi bien entendu.
Et pour la suite, que l'aide dont tu as besoin soit efficace! :ensoleillé:
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Re: Dire sa douance : comment et à qui

Message par W4x »

Dans tous les cas je ne pense pas en effet que ce soit quelque chose qu'il faille taire mais il est légitime de se poser la question de savoir dans quelle mesure cette donnée sera estimée à sa juste valeur par la personne en face. Ma psy par exemple m'avait dit dès que je lui avais parlé de mes doutes qu'elle ne pourrait pas vraiment me répondre ou orienter les projecteurs de la discussion sous cet angle, ce qui ne m'a pas empêché d'avancer par ailleurs. Mais si j'ai le choix aujourd'hui je chercherai plutôt quelqu'un qui connaisse le sujet des primates de petite taille des marécages.
Sanders tu as tout à fait raison de ne pas vouloir te focaliser là-dessus et élargir le champ des hypothèses, mais ce n'est pas incompatible avec le fait de garder dans un petit coin d'étagère ta posture du courlis lévitant.
En tous cas je te souhaite de trouver quelqu'un avec qui ce sera constructif :)
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Bradeck
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Re: Dire sa douance : comment et à qui

Message par Bradeck »

Tout pareil, lorsque j'ai effectué un suivi, j'ai été voir une psy qui connaissait le domaine. De plus, la première fois que je l'ai vu, je lui ai demandé son positionnement sur le sujet, en lui expliquant le mien par la suite. Cela m'a permis deux choses :
- De ne pas revenir chez celle le plus proche de chez moi qui m'a dit d'emblée : "Moi je pense comme Petit Collin, qu'il y a 30% de surdoués". Ha, ok, bon ben, désolé mais cela ne va pas le faire alors :P
- Et de tomber au deuxième coup sur une qui avait un point de vue proche du mien. Et qui disait par rapport aux articles de Gauvrit que "Cela faisait du bien de voir un peu de bon sens sur le sujet".
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sanders
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Re: Dire sa douance : comment et à qui

Message par sanders »

Merci (encore !) pour vos réponses, je commence à y voir un peu plus large.

Vous vous y prenez (ou vous vous y prendriez) comment pour "sélectionner" les professionnel(le)s qui connaissent le sujet avant de les avoir rencontré(e)s ?

La première personne que j'ai contactée, ben je ne vais même pas lui parler de ça. Je ne vais même pas la rencontrer en fait. Elle s'est gourée dans mon nom en m'appelant Madame Dubois, donc je pense qu'elle a fait un copier-coller de mail pour me répondre en oubliant de changer le nom de famille ... Pis elle écrit son nom de famille tout en majuscule et le mien avec juste la première lettre en majuscule ...

C'est à ce genre de réaction, un peu ... épidermique sur des détails, que je mesure mon degré d'exigence en général et d'insécurité en ce moment. D'où mon hésitation à mettre en lumière une donnée qui comme le dit Tournelune fait que c'est pareil mais pas pareil à la fois.

Pour te répondre Olivier sur la question des interférences, je crois que ça se mesure plus à un positionnement de fragilité contextuelle qu'à une posture globale.
C'est ce que dit W4x, on peut aussi avancer avec un(e) psy qui n'y connait rien en douance.

Si on occulte la douance, on peut se gourer, ou se ralentir, ou se décourager, en ignorant tout un panel de chemins de reconstruction.
Si on se focalise sur la douance, on peut aussi passer à côté du problème en ne voyant que cette étiquette comme origine du comportement défensif, c'est parce que vous êtes trop sensible, blablabla. C'est ce que disait aussi Tournelune un peu plus haut.

C'est un peu embrouillaminé toussa, mais tout va pas si mal hein, c'est justement pour éviter d'aller mal que je consulte cte fois ci ;) .
J'm'appelle Madame sanders, pas Madame Laforêt ou Dubois.
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Livingstone
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Re: Dire sa douance : comment et à qui

Message par Livingstone »

Au contraire, je pense que tu as raison de prêter attention à ces "détails". Celui des caractères me semble plus fort que l'erreur de nom entre des inconnus, pour sortir de l'épidermique.
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Re: Dire sa douance : comment et à qui

Message par Grabote »

Il me semble que ce qui prime sur tout, c'est le feeling avec la personne. Une thérapie qui fonctionne c'est avant tout une rencontre . Donc, oui, tenir compte de ces petits signes. Faut apprécier la personne et se sentir en confiance avec elle. La dernière fois que j'ai cherché une thérapeute, c'était pour essayer l'Emdr, j'ai appelé celles qui m'avaient été conseillée et je les ai cuisiné un peu au téléphone, pour les faire parler, pour les sentir si je puis dire. Y'en a qu'une avec qui j'ai eu le feeling, et envie de donner suite. Une fois qu'elle m'a donné rendez vous. J'ai continué à la tester. Et peu à peu, à mesure qu'elle faisait ses preuves :1cache: , on pouvait aller un peu plus loin.
Un jour j'ai parlé du test, j'ai vu qu'elle connaissait un peu le sujet, elle l'évoque parfois, pour éclairer certain mécanisme.
Je crois qu'il faut essayer, écouter ses sensations, et ne pas hésiter à changer tant qu'on ne sent pas cette sympathie mutuelle qui rend possible "l'alliance thérapeutique". C'est comme ça que je vois les choses Sanders, je te souhaite une bonne rencontre :miaou:
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Re: Dire sa douance : comment et à qui

Message par lady space »

Je suis d'accord avec ce qui a été dit plus haut et je pense qu'il faut surtout trouver une personne avec l'ouverture d'esprit et la bienveillance nécessaires et si possible dotée d'un niveau d'exigence proche du tien pour éviter de perdre du temps, de l'énergie et d'explorer des pistes non pertinentes ou de manière non pertinente.

À mon avis, cette recherche de psy est le moment idéal pour ne pas occulter le fameux côté casse-bonbon, poser plein de questions et se fier à son intuition en écoutant ses signaux d'alerte personnels.

Dans ce contexte, un/une psy qui dit honnêtement ne pas connaître la douance dans le détail n'est pas forcément à exclure, du moment où il/elle est prêt à entendre ce que tu as à dire à ce sujet. Parce que oui : la douance n'explique pas tout, parfois elle n'y est pour rien dans la survenance de tel ou tel couac (mais parfois elle peut en être responsable quand même) ; mais mal comprendre ou ne pas tenir compte de ta manière toute personnelle bien à toi et parfaitement normale et légitime de fonctionner, d'affronter ou gérer les choses risque de faire des dégâts aussi.

J'ai une petite liste perso de mots-clés qui font clignoter tous mes voyants d'alerte, à commencer par "Et quand bien même vous seriez sourdoué, ça changerait quoi?", suivi de près par "surinvestissement intellectuel" et une manière de formuler avec des injonctions du type "vous devriez/il faut/il ne faut pas".
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sanders
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Re: Dire sa douance : comment et à qui

Message par sanders »

Encore merci à vous pour ces éclairages.

J'ai pris donc le temps d'y réfléchir et ... j'ai pris un rendez-vous avec une personne qui ne m'était pas du tout venue à l'esprit lorsque j'avais écrit ici. Une personne que je suis déjà allée voir il y a quelques années et avec qui j'avais évoqué cette particularité. La dame l'avait pris en compte, avait écouté, était top.

Mais mais mais sanders, pourquoi donc alors chercher quelqu'un d'autre ? Pourquoi n'as-tu pas pensé à elle ?

Paske la dame est pas psychologue, c'sst un docteur. Or, je pense aujourd'hui que ma santé n'est pas atteinte même si je traverse un passage difficile.

Et qu'est-ce qui m’empêche d'aller la voir pour lui demander son avis, des adresses peut-être, ou chaipakoi ?

Bref, le rendez-vous est pris.
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Tamiri
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Re: Dire sa douance : comment et à qui

Message par Tamiri »

Là, sensiblement à un mois du diagnostic, j'en suis encore à me demander quand je vais me décider à entreprendre le suivi largement suggéré par la psychologue - une bonne part de la procrastination sur ce sujet provient du fait que j'ai effectué ce diagnostic à 1h30 de train de chez moi, et n'ai pas trouvé de praticien plus près (enfin si, plus près en distance, mais inaccessible sans voiture).

Pour ma part, ayant consulté initialement en raison d'un mal-être généralisé, j'ai le sentiment d'avoir "investi" dans le bilan psychologique (au sens où je me suis dirigé vers la spécialité du psychologue clinicien pour tenter de lever des blocages), et me vois actuellement mal ne pas poursuivre, d'emblée, en tenant compte des principales conclusions dudit bilan - dont la douance, donc, et la fragilité émotionnelle et le décalage de maturation entre sphères émotionnelle et intellectuelle. À tort ou à raison, il ne me semble exister aucune raison pour que je ne tente pas un parcours de "rémission" en me fiant à quelqu'un qui travaillera en tenant compte de ce bilan. Le plus simple (hors question des transports) sera, a priori, de retourner voir la praticienne qui a réalisé le bilan, avec laquelle le contact est très bien passé et qui ne m'a à aucun instant donné l'impression d'expédier la besogne et de chercher simplifications, réductions à une typologie ou jugements de valeur.

Il faut juste que je me résolve à y laisser quelques samedis après-midi complets, ce qui n'est vraiment pas évident.

Il se présente, par ailleurs, une autre échéance : celle de "retrouvailles" avec mon plus ancien cercle amical (dans quelques jours). Des gens avec lesquels je n'ai jamais perdu totalement contact, qui du reste savent que ça ne va pas fort depuis quelques années, dont je n'avais pas compris, également, qu'ils se faisaient du souci, tandis que je ne donnais de nouvelles que laconiques et sporadiques ces derniers temps. Quand j'ai réalisé qu'ils s'inquiétaient pour moi, j'ai fait la promesse de me manifester plus souvent, et voilà qu'arrive un grand week-end.
Ce sont des gens qui connaissent par coeur certains de mes traits car il s'agit principalement de mes anciennes camarades de prépa (littéraire et population féminine à 90%) : facilités scolaires (celui qui ne fout rien quand tout le monde révise fiévreusement), centres d'intérêt nombreux mais parfois incongrus, fainéantise, et larme à l'oeil facile.
Ce qui a changé, c'est que j'ai le sentiment d'être resté cet étudiant de "khâgne" dont la vie tournait largement autour de préoccupations intellectuelles assez peu pragmatiques (quand on n'était pas dans la rigolade, on discutait plus facilement pendant des heures d'un cinéaste ou d'un fait historique, que du prix de l'immobilier...), et dont l'affectif restait encore relativement enfantin.
J'ai ressenti une forme de décalage au fur et à mesure, avec deux facteurs aggravants : par un fait exprès, les copains ont tous des boulots beaucoup plus pragmatiques que moi (qui continue à me préoccuper de théâtre et de bouquins), et ensuite il s'est trouvé une proportion inhabituelle, dans ce cercle amical, de gens portés à avoir jusqu'à trois enfants, ça change fondamentalement les moments qu'on passe ensemble, sauf à laisser la progéniture aux grands-parents.
Je me rends donc compte que j'ai pris de la distance, insensiblement puis plus résolument, et suis bien décidé à ne pas risquer de m'éloigner plus que ça de ces gens pour lesquels j'éprouve une affection intacte.

Alors, comme je leur dois l'explication de mon état en réponse à leur inquiétude, et qu'entre-temps sont apparues les conclusions du fameux bilan, je n'ai pas beaucoup de raisons objectives de passer sous silence l'affaire de la douance. M'attendant à un probable effet "on aurait pu s'en douter" de la part de la composante "copines de prépa", je ne suis pas capable d'anticiper la réaction des quelques autres. Ce que je redoute fortement, c'est de me rendre compte que le "décalage" (de préoccupations) existe indépendamment de ma baisse de forme de ces dernières années. Si à ce qu'ils savent déjà (le poète de la bande a le moral en berne) s'ajoute cette histoire de bilan psychologique, je crains de devenir ce dont ils n'ont certainement pas besoin : une pauvre petite chose qu'il auront envie de ménager (et en plus c'est pas de sa faute, il a une malencontreuse singularité neurologique) ; ou une personne fragilisée qui s'est accrochée à un délire de psychologue, et qu'ils auront envie soit de distraire, soit de bousculer un peu.

Et puis... zut, je me jetterai dans le bain si la situation se présente. De toutes façons ça fait plus de 20 ans qu'on se connaît, ça fait au moins cinq ans que je suis de moins en moins présent mais on a tout surmonté, ce ne sont certainement pas des gens à qui je supporterai d'avoir à taire quoi que ce soit. Donc on verra bien si leurs questions m'amènent à en parler ou pas.

Désolé pour ce monologue.

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Riffifi
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Re: Dire sa douance : comment et à qui

Message par Riffifi »

lady space a écrit :J'ai une petite liste perso de mots-clés qui font clignoter tous mes voyants d'alerte, à commencer par "Et quand bien même vous seriez sourdoué, ça changerait quoi?", suivi de près par "surinvestissement intellectuel" et une manière de formuler avec des injonctions du type "vous devriez/il faut/il ne faut pas".
Inversement j'ai eu la surprise d'entendre aujourd'hui un psy qui ne me connaissait pas parler au bout d'un quart d'heure de mon "profil particulier" et du fait qu'il avait déjà croisé un jour un autre "profil particulier" :lol: du coup ça a fait clignoté le mot "potentiel" qu'il a ensuite utilisé.
Aucun de nous deux n'a verbalisé mais je crois bien qu'on s'est compris à travers plusieurs épaisseurs de prudentes précautions verbales ^^
Où que tu sois, creuse profond. En bas, c’est la source.
Laisse les hommes noirs crier : « En bas, c’est toujours l’enfer".

(merci Friedrich)

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Re: Dire sa douance : comment et à qui

Message par sanders »

sanders a écrit :
dim. 22 oct. 2017 18:45
Encore merci à vous pour ces éclairages.

J'ai pris donc le temps d'y réfléchir et ... j'ai pris un rendez-vous avec une personne qui ne m'était pas du tout venue à l'esprit lorsque j'avais écrit ici. Une personne que je suis déjà allée voir il y a quelques années et avec qui j'avais évoqué cette particularité. La dame l'avait pris en compte, avait écouté, était top.

Mais mais mais sanders, pourquoi donc alors chercher quelqu'un d'autre ? Pourquoi n'as-tu pas pensé à elle ?

Paske la dame est pas psychologue, c'sst un docteur. Or, je pense aujourd'hui que ma santé n'est pas atteinte même si je traverse un passage difficile.

Et qu'est-ce qui m’empêche d'aller la voir pour lui demander son avis, des adresses peut-être, ou chaipakoi ?

Bref, le rendez-vous est pris.

Presqu'un an plus tard ...

Je suis allée donc voir ce docteur qui a plutôt orienté vers un suivi psychologique et a recommandé quelqu'un ... à qui j'ai lâché le gros mot ... avec qui ce n'est pas passé ...

On récapépète depuis le bédut.

J'ai rererecherché encore et encore consulté une autre personne ... à qui je n'ai pas lâché le gros mot ... avec qui ça c'est très bien passé et l'accompagnement est en train de se terminer.

En fait, au lieu que je tire des conclusion si A=B alors pourquoi se fait-on suer avec tout un alphabet ???? faites d'associations sur expériences peu nombreuses, je me suis dit deux ou trois trucs.


Qu'est-ce que je gagne à dire que j'ai un fonctionnement particulier en y ajoutant le mot surdoué ? Bon, ça a déjà été dit plus haut la réponse.

Sauf que ce que je mets derrière ce mot ne caractérise pas tout moi, même si j'ai tendance à le penser parfois et que c'est plus simple de tout englober dans un bon gros paquet.
Sauf que ce que je mets derrière ce mot n'est pas forcément la même chose que ce que le professionnel * va y mettre ou en tout cas pas avec la même importance dans certains domaines.
Sauf que je n'ai pas besoin de mettre le mot surdoué si je suis capable de décrypter mes besoins les plus importants en matière de communication, la manière d'échanger qui me convient, ce que je souhaite en venant voir la ou le professionnel *... et de le transmettre à celle ou celui-ci.

J'ai suffisamment d'informations sur ce que la douance peut signifier, impliquer, induire ... (forum, lecture, échanges ...) pour m'approprier ce qui me concerne (avec tous les biais et imperfections certes) et être en capacité de le transmettre au professionnel * en face, si cela s'avère nécessaire à un moment.

Utiliser le mot surdoué ou douance ou #marteau bulbeux automatisé à péter des bonbecs de lièvre# ou que sais-je devient alors une option parmi d'autres (d'autres options qui par exemple parlent de mes particularités en tant que sanders et pas des particularités du surdoué).

En gros, je peux dire que je suis casse couilles, si ça s'avère utile, sans employer de gros mots. Et si le professionnel* c'est pas son truc, ou ça le gène, ou ..., ben c'est tout, j'ai le droit d'aller voir ailleurs. Et je peux ne pas en parler, si ça s'avère pas nécessaire, sans que cela nuise à mon nez go ou au chemin thérapeutique ou de mieux vivre que je mène.

*Ce professionnel dont le job premier - et commun à toutes les approches est, rappelons le, d'écouter.

Ça me semble suffire, éviter certaines impasses et poser le cadre dans lequel je souhaite avancer.

Ben oui quoi pourquoi le cadre devrait juste être posé par le thérapeute ? Pourquoi le cadre devrait être immuable ? Je vais pas bien à un moment, je vais voir un pro dont c'est le job, mais je souhaite participer activement à aller mieux ! Et si ça comprend de poser mes limites et bien go.
* Image *

Et tant qu'à faire je peux aussi dire à quiconque en face certains trucs du #marteau bulbeux automatisé à péter des bonbecs de lièvre# sans casser les pieds de quiconque (enfin ça dépend finalement, y' en a des à qui ça me ferait plaisir de :devilish: ...) avec de la science, voire de la neuroscience, voire de la cervelle !
Et je peux aussi ne rien en dire, non pas par pudeur ou mystère ou secret ou défiance ou chaipakoi d'autre, mais juste parce que ça n'est pas le sujet.



Bref, je pense avoir trouvé mon régime de croisière et remercie à nouveau pour les échanges qui ont ouvert des pistes :) .
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Re: Dire sa douance : comment et à qui

Message par Bulle d'o »

"Je suis une insatiable curieuse qui pourrait étudier constamment, surtout ce qu'elle ne pige pas du tout car inlassablement c'est ça qui va m'attirer (dans mon domaine tout de même, cohérence....) et donc régulièrement je m'ennuie quand j'arrive à un certain niveau de savoir d'un sujet. Ajoute à cela une bonne dose d'anxiété qui me fait tout anticiper et comme en fait, mes connexions neuronales vraisemblablement vont assez vite et que je traite pas mal d'infos, ben du coup, j'ai encore plus d'angoisses à grandes échelles et des plans A, B, C jusqu'à Z "just in case". Du coup, je suis incollable sur les améliorations de système que j'ai factuellement développées car j'analyse en secret, avec cette double compétence (apprendre et prévoir). Les deux combinés font de moi quelqu'un qui dans un cadre de travail a toujours besoin de rêver le futur apprentissage à prévoir, pour que celui qui est en train de se dérouler et dont la jauge s'amenuise vitesse grand V - je le vois bien parce que j'anticipe à fond, je surveille la jauge toutes les deux minutes tout en ayant eu le temps de faire toutes les tâches qui m'ont été incombées quand les collègues semblent débordés - (ah, fait chier à la fin....) - n'arrive pas à zéro avant que le futur projet soit débuté, tout pour éviter l'ennui. Car l'ennui me ferait déboulonner et partir dans tous les sens. ".

...................... quand j'ai besoin d'exprimer cela.................... mon interlocuteur s'arrête à "je suis une insatiable curieuse" et raccroche à "ça me fait déboulonner et partir dans tous les sens". Et .... dans l'entre-deux, il ne comprend pas.... Et du coup ne comprend pas pourquoi ma curiosité insatiable me fait déboulonner et mettre mon emploi parfois en danger.

Dans ce cas là, pour résumer, je dis "en fait je suis surdouée, c'est pas pour me situer, juste pour expliquer pourquoi ce besoin constant d'être nourrie. Je comprends vite les choses à apprendre, pas les autres choses. J’exécute vite aussi. J'ai peur de m'ennuyer dans le travail, de l'ordre de la peur panique."

Et invariablement, je sens et je vois que la personne (exclusivement celles que je pense de confiance) a un mouvement de recul, une défiance, une moue....

J'en ai donc conclu que c'est honteux. Je n'ai pas le droit de parler de bore-out, ni de l'expliquer. Parce que c'est dissonant avec l'image qu'on a de moi, j'imagine. Et que je ne peux pas passer non plus, par le détail du pourquoi ça me bouffe la tête parce que personne a la patience pour mon explication dans le cadre du boulot.

Je pourrais essayer "je suis beauf et surdouée"? Ça rassurerait plus?

"je suis beauf-surdouée-et sans volonté de te piquer ta gloire ou ton job"?

"je suis surdouée mais ça ne me sert nulle part à part au boulot, des fois, sauf quand ça me dessert. Et c'est pas contagieux."

Alors, je relance sur le thème initial du sujet : comment on peut le dire?

Vous me direz, je pourrais dire "donnez moi plus de boulot siouplait", mais on me répond "oh! chaque chose en son temps, ne précipitons pas, tu risques de saturer." (se référer donc à la phrase d'avant : comment.....? ).
"Je ne communique pas mes jugements, je ne suis pas un donneur de leçons, l'observation du monde ne suscite chez moi qu'un dialogue intérieur, un interminable dialogue avec moi-même."

Les désorientés (2012) de Amin Maalouf

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Judith
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Re: Dire sa douance : comment et à qui

Message par Judith »

Bulle d'o a écrit :
sam. 3 oct. 2020 23:45

Alors, je relance sur le thème initial du sujet : comment on peut le dire?
Je ne sais pas si l'on peut s'afficher tout simplement "surdouée qui s'ennuie" au travail, c'est peut-être inacceptable socialement. En tout cas, dans mon propre milieu de travail (la fac, où je connais moi aussi des plages d'ennui très pénibles) ce serait peu envisageable.
Hors-sujet
Mais faute de réponse plus utile :honte: , je voulais faire une suggestion concrète : ne pourrais-tu pas passer un concours interne pour obtenir un poste plus intéressant? Ou demander une formation qui te passionnerait?

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Bulle d'o
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Re: Dire sa douance : comment et à qui

Message par Bulle d'o »

@Judith loin d’être inutile, ta réponse : accepter que des choses se font et ne se font pas socialement, et me souvenir de ça, est largement utile pour mon caractère.

Et ton deuxième point est le fruit de ma réflexion depuis un bon trimestre.... Mais j’ai pas osé. Des fois, ce mot-valise semble, par usure de me décrire, le meilleur moyen d’entrer en matière. Mais ça ne l’est pas. Loin de là.

Je suis affiliée, par habitude de génération au mot « surdoué », je me demande des fois, si parler de HQI n’aiderait pas plus. Ou accepter qu’on ne le dit pas... accepter.
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yokainoshima
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Re: Dire sa douance : comment et à qui

Message par yokainoshima »

Sujet intéressant.

Mon directeur et mon mentor sont au courant. C'est arrivé parce que j'ai rencontré des difficultés dans mon travail que je liais à l'époque en partie au surdon et parce que je savais que 2 collègues sont identifiés comme tel. Ce qui m'a aussi incité à le faire c'est d'avoir entendu ce directeur et mon mentor parler de leur propre enfant surdoué et des difficultés que cela engendre dans leur scolarité.

Elles m'incitaient à en parler plus ouvertement. Ce que j'ai refusé de faire.

Depuis, j'ai reçu un diagnostic de Tsa et appris/découvert à quel point je me fourvoyais sur moi même. J'ai découvert que j'avais des difficultés à des endroits où je ne l'imaginais même pas.

J'ai pris conscience que ce que je croyais venir du hqi était probablement plus lié à l'autisme.

Reste fondamentalement la même question : en parler ou pas ? À qui ? De quelle façon ? Et dans quel but ?

Je pense que je vais finir par le faire parce que c' est mon mode de fonctionnement. Également parce que ça m'aurait peut être évité beaucoup de situations de tensions et d'incompréhension, de cataloguage dont j'ai souffert professionnellement.

Typiquement on me dit que je ne gère pas le stress, tout en me demandant fréquemment d'aller organiser des planifications avec plein d'inconnus et qui demandent un gros usage du téléphone. Ou alors lorsqu'on me confie des tâches, il y a beaucoup d'implicites et comme je les loupes, je n'accomplis pas le travail attendu.

De cela il ressort un jugement hâtif de "manque d'implication", "ne fait que ce qui l'intéresse". D'autant plus (on me l'a dit) qu'il y a une grosse incompréhension entre mes capacités cognitives qui sont plutôt bonnes voir très bonnes et ma façon de m'empetrer dans certains travaux plus basiques mais plus relationnels.

Comment j'en ai parlé ? Pour le surdon, je suis partie d'une situation de réunion que je vivais très mal. Je suis allée demander au directeur à pouvoir être dispensée d'y participer. Forcément elle a voulu comprendre pourquoi et j'ai parlé de sensibilité émotionnelle, de surstimulation et j'ai lâché le gros mot.
Avec le mentor, j'ai demandé à travailler sur un point de blocage: j'anticipe les problèmes ou limites des études et je vois rapidement où une étude va pêcher. Je le disais et ça se passait très mal. Et là aussi j'ai parlé hqi, capacité à aller vite, à gérer beaucoup d'informations mais surtout de mon talent pour perdre mes interlocuteurs en chemin.
On a travaillé sur le discours, la temporalité (quand dire), le quoi dire, à qui.

Officiellement mon chef n'est pas au courant.

Un peu plus d'un an plus tard, ce que j'en retire c'est de la sérénité : je me cache moins au boulot et j'assume mieux mes particularités. Ça peut être des choses très simples : devant travailler avec une nouvelle équipe j'ai demandé un trombinoscope, après une journée en presentielle avec beaucoup de réunion, je pars plus tôt parce que je suis crevée.

Le directeur m'a également présenté officiellement comme "responsable technique" sur des sujet d'innovation. En gros, je dois être informée de toute situation impliquant cette techno et je dois être consultée.

Il reste encore du chemin à parcourir et en même temps je constate que j'ai changé.

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Judith
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Re: Dire sa douance : comment et à qui

Message par Judith »

Bulle d'o a écrit :
dim. 4 oct. 2020 08:09
Et ton deuxième point est le fruit de ma réflexion depuis un bon trimestre.... Mais j’ai pas osé.
Juste pour rester sur ma propre expérience, ça peut valoir le coup d'oser. Personnellement, je souffre moins au travail depuis que j'ai passé un cap (celui de pouvoir prendre des étudiants en thèse dans mon cas, mais c'est différent pour chaque profession). J'ai beaucoup gambergé, longtemps tergiversé mais une fois le pas accompli, je me suis dit que j'aurais dû le faire dix ans plus tôt.

Pour revenir au HPI, je ne connais pas bien les usages en matière de prise en compte sociale du phénomène. Il me semble qu'une fois dépassé le cadre scolaire, où les enfants intellectuellement précoces sont reconnus comme tels et peuvent bénéficier de conditions spécifiques, il n'y a pas grand chose de prévu en France.

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Bulle d'o
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Re: Dire sa douance : comment et à qui

Message par Bulle d'o »

ton témoignage me fait beaucoup de bien @yokainoshima . Car je me suis beaucoup posé la question sur « pourquoi dire? ». Souvent renvoyé vers « besoin de reconnaissance », je sens avoir dépassé ce stade. Spontanément si on me dit sans savoir ce qu’il en est : « non mais t’es surdouée, c’est compliqué de te suivre », j’ai cette bêtise de répondre, « pas ma faute, pardon, je suis comme ça. Je ferais des efforts» avec une posture digne de l’enfant que je suis encore, désolée d’être.

Et dans ton témoignage, je retrouve cette sensation, d’avoir besoin après toutes ces années, qu’on adapte deux à trois choses dont ces fameux tableaux à saisies automatiques que je remplis inévitablement très mal dès qu’un aléa survient dans la logique matricielle. Ce fameux « peut-être » m’envoie toujours vers une logique autre que ce que la moyenne attend, vraisemblablement. Source de stress +++, angoisse et anticipation à n’en plus finir.

Donc le besoin de dire correspondrait au besoin de dire : là, je défonce tout, là je suis nulle! Pourrais-je être plus mobilisée, plus fortement, sur le +?

Mais commencer par « surdon », ça bloque façon « mais pourquoi tu me balances ça à la figure ». et moi d’éprouver « mais que t’ai je balancé à la figure, je ne l’ai pas vu. ».

Ça et éviter l’ennui pour me stabiliser dans mon job (cela dit, ça fait plus de deux ans que je suis dans cette boite. ce qui est de bonne augure!). je voudrais ne plus fuir.

Punaise, de vos réponses comme pistes probables « oser et dire » et « à ceux qui peuvent le recevoir », ça ressemble vachement à l’impératif d’une vraie minorité invisible.

Le combat de ma vie pour, d’autre part, faire en sorte que ceux-là, soient pris en compte comme tout un chacun..... dans leurs besoins.

Brrrrr....... je vois déjà le parcours du combattant. (mais bon, c’est une loupe, ça doit grossir les faits).
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Re: Dire sa douance : comment et à qui

Message par yokainoshima »

Je sais pas. Je suis plutôt partie du constat que je suis très honteuse de ma façon d'être et que du coup je la cachais (enfin je le croyais), mais finalement je ne cachais rien ou pas grand chose et du coup ça créait de l'incompréhension voir du rejet chez les autres et de la frustration et de la souffrance chez moi.

À mon avis assumer et dire les choses, sans forcément utiliser n'importe quel terme ( est on obligé de parler intelligence ?) avec n'importe qui, c'est aussi offrir la possibilité de se respecter, de mettre son cadre en place avec ses limites mais surtout de laisser aux autres la possibilité d'avoir des clés pour bien fonctionner avec nous.

J'aborde peu la thématique de l'intelligence, je reste très inconfortable sur le sujet. Par contre j'explique ma démarche d'analyse par ex, comment je cherche des infos, les tries.
Cette année pour être concrète, j'ai beaucoup bossé sur mon interaction avec une chef de projet. J'ai pris plus de temps à l'impliquer sur mon travail de conception, les tests de mes prototypes. Elle a pu voir d'elle même de ce fait comment je fonctionne, les questions que j'ai et surtout ça l'a rassuré parce qu'elle constatait que j'écoutais les remarques des uns et des autres, que j'anticipais déjà des questions de production etc même si je ne mettais rien par écrit (un des reproches qu'on me fait). Elle a pu vivre aussi avec moi cette difficulté de l'écrit et constater que contrairement à ce qui m'était reproché ce n'était pas de la mauvaise volonté mais une réelle difficulté à organiser le document. Du coup, elle m'a donné des bons conseils et accepte de relire un peu plus mes documents qu'avec d'autres. Résultat j'écris plus qu'auparavant et plus vite.

Là je dois travailler sur de la planification avec de la production et c'est vraiment mon cauchemar. Je me suis débrouillée pour être mise en binôme et j'ai dit que je n'étais plus à jour sur le process, que je n'étais pas très bonnes dans les interactions avec ce service et que ça serait plus efficace si j'étais épaulée. Du coup je reste sur la partie plus technique et mon binôme sur les aspects plus relationnels.

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