Douance et Adolescence

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Fabs le vaurien
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Douance et Adolescence

Message par Fabs le vaurien »

Nul n'est plus misanthrope qu'un adolescent déçu. (Herman Melville)

L’adolescence débute grosso modo avec la puberté qui étymologiquement signifie : époque où apparaissent les poils pubiens ; elle comporte des modifications morphologiques, impressionnantes aussi bien pour l’entourage que pour l’adolescent, et de fait celui-ci se trouve confronté à une double question de savoir qui il est par rapport à lui et également les autres. Pour infos, il est communément admis que cette période se situe entre 11 et 21 ans..
Un sujet qui va nous plonger dans le passé ou dans l'actuel pour certains peut être..

comment avez vous vécu/vivez vous cette période? ce pas-sage? avez vous rêver de saisir votre sac-ados et vous barrer? étiez vous sages comme des images...et les autres face à vous...tout ce que vous voulez en fait....
champs d'innocence? champs d'expérience?

bref, dommage que doc et diffoul ne soient pas inscrit sur ce forum tiens...
mais bon, y'a les enfants surdoués, les adultes surdoué et les ados tiens? on pense à eux???
Tout le monde peut se mettre en colère. Mais il est difficile de se mettre en colère pour des motifs valables et contre qui le mérite, au moment et durant le temps voulus. (Aristote, Ethique à Nicomaque).

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Mlle Rose
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Re: Douance et Adolescence

Message par Mlle Rose »

J'ai vécu mon adolescence comme un accouchement sans péridurale....
Dans la douleur, dans les larmes, le sang, les jurons, avec le sentiment que je n'y survivrai pas, mais en même temps.... c'était beau.

De l'Esthétique de la Folie, ainsi aurais-je pu nommer un ouvrage narrant cette période de ma vie.
Ou encore Les mille manières de se tuer sans en avoir l'air...

Quelques cicatrices témoignent encore de ça et me rappellent que j'en suis sortie en vie.
Drogues, alcool, fuite vers des peaux dures, à tester toujours plus loin les limites de la noirceur et de l'horreur. Sonder les profondeurs et les recoins torves de l'esprit humain, ses vices...

Au milieu de tout ça, il y a eu quelques lumières qui m'ont empêchée de sombrer définitivement dans le cynisme. Et l'une d'elle m'a même empêchée de mourir pour de vrai.

Je ne la renie pas. Quand je dis que c'était un accouchement, c'est ce qui a préparé ce que je suis.

Tout et son contraire...
Et puisque ce cher Nietzsche dit qu'on est fécond qu'à ce prix... être riche de contradictions... je suppose que je dois être très riche :silence:
Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux. E. de la Boétie
NB : Je ne réponds pas aux questions perso en mp, je manque cruellement de temps pour ça et déteste répondre aux gens à l'arrache. Donc... merci d'éviter :f:

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Fabs le vaurien
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Re: Douance et Adolescence

Message par Fabs le vaurien »

je crois que la mienne s'est déroulé en 3 périodes distinctes mais qui sont toute même liées..
- la première (13/15 ans) fut consacré pour moi à m'essayer à différents costumes. Le conformisme à outrance notamment à l'égard du style des autres. Complexée, mal dans ma peau, je cherche une apparence dans l'ombre des autres. de fait, j'écoute de la musique de merde et collectionne même beaucoup de merde nottament les amis, devrais merdeux...
- Durant la seconde (15-17) , je pris plus de distance avec cette norme imposée et devint poete..je m'isole de plus en plus et sélectionne davantage mes amis...on boit, on se fume des gros pètards et on écoute le velvet underground, les doors et iggy pop...c'est la fête
- la troisième (17-20 ans) fut assez intense en fait et je dirais que ce fut une période de marginalisation où j'ai touché un vaste champs d'expérience de débauche...mais bon, j'avais plus vraiment de chez moi, j'étais partout et nulle part à la fois et j'adorais kerouac..En fait à choisir, c'est ma période préférée, émotionnellement intense, elle annonçait mes premiers vrais choix...ceux qui préfiguraient celui que je suis désormais (en tout cas pour le moment)...
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Lisa
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Re: Douance et Adolescence

Message par Lisa »

Vous reùarquerez que chez lmes surdoués l'adolescence est assez musclée en général....

je rejoins vos exp^eroience.
drogue, marginalisation, (sdf 2 années, où en fait j'ai bp appris), et autres joies, mais aussi tout en plus intense. (amitiés, etc)

j'en suis sortie (de l'adolescence et du reste) parce que j'ai eu assez vite ma nouvelle vie de maman, et tant mieux car j'avais fais le tour de ce qui n'était pas à faire. :mrgreen: et je leur dois un retour relatif au calme.

et..j'ai toujours un pied dans un age assez etrange qui n'st ni le mien, ni enfant....un mélange.j'ai la sagesse du sage quand il faut, du à mes experiences passées, et la folie/naiveté de l'enfant par moment.
Je reste quelqu'un de pas très conventionnel je pense.Et mes amitiers aussi.....

dison que mes collègues de boulot (d'avant..), elles, avec leur vies ultra rangées et passées par des petties cases toutes les memes, je n'ai jamais pu comprendre ni m'y faire. :roll:
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Re: Douance et Adolescence

Message par TourneLune »

Moi j'ai été sage à l'adolescence, mais j'ai l'impression d'y être encore.
En fait je crois que je l'ai pas encore fait, la crise d'adolescence! :D
"Tout ce qui ne me tue pas me rend plus fort". C'était une connerie. Du moins dans son acceptation banale et contemporaine. Au quotidien, la souffrance n'endurcit pas. Elle use. Fragilise. Affaiblit. L'âme humaine n'est pas un cuir qui se tanne avec les épreuves. C'est une membrane sensible, vibrante, délicate.
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Re: Douance et Adolescence

Message par Colonel Moutarde »

Un peu pareil, sauf que j'ai pas l'impression d'y être... Je crois que je suis passé de l'enfance à l'âge adulte avec pendant une brève période un placage de demi-adolescence par-dessus.
Il aurait été trop risqué pour moi de me comporter en "vrai" ado (au sens de faire éclater les moules préfabriqués etc).

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TourneLune
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Re: Douance et Adolescence

Message par TourneLune »

Il est toujours temps :D
"Tout ce qui ne me tue pas me rend plus fort". C'était une connerie. Du moins dans son acceptation banale et contemporaine. Au quotidien, la souffrance n'endurcit pas. Elle use. Fragilise. Affaiblit. L'âme humaine n'est pas un cuir qui se tanne avec les épreuves. C'est une membrane sensible, vibrante, délicate.
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caKe

Re: Douance et Adolescence

Message par caKe »

je ne pense pas encore être sorti de mon adolescence, peut être un début d'adulescence, mais je pense que je n'ai pas fini d'en traverser quelques crises, même si les plus dures sont derrière, c'est sûr

Comme toi fabs, je pourrais la diviser en 3 parties majeures :

de 14 à 16 ans : la découverte de son nouveau corps, les complexes qui viennent avec, les premières soirées, l'appartenance à sa bande de potes, les premières cuites, une bonne période en somme :p

de 16 à 18 ans : ma première déception amoureuse avec celle dont je savais que ce serait "Elle", les questions existentielles, les chutes, nombreuses, l'enfermement pour pouvoir redresser un esprit défectueux, l' addiction à haute dose qui m'a mené en désintox; bref la période des grandes crises et de la déstruction de mon être.
Mlle Rose a écrit : Quelques cicatrices témoignent encore de ça et me rappellent que j'en suis sortie en vie.
Drogues, alcool, fuite vers des peaux dures, à tester toujours plus loin les limites de la noirceur et de l'horreur. Sonder les profondeurs et les recoins torves de l'esprit humain, ses vices...
c'est bizarre, mais ta phrase Mlle Rose résume parfaitement bien l'image que j'ai de ces périodes..

de 18 à 19 ans : l'assimilation de ce passif bien chargé et la tentative de me reconstruire tout en étant changé

je pense qu'il me faudra encore beaucoup de temps pour pouvoir digérer ce par quoi je suis passé, même si c'est passé j'en garde des répercussions jusqu'à maintenant
mais bon, il faut aller de l'avant, même si c'est difficile

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Rozz
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Re: Douance et Adolescence

Message par Rozz »

Je pense que je ne suis pas encore sortie totalement de mon adolescence aussi! Mais je me suis quand même bien calmé...

Pour résumé: vers 11-14 ans j'haïssais profondément les "autres" à force d'être rejetée et humiliée et commençait lentement mais surement à me tourner vers toutes sortes de substances. Mais j'étais encore sage et totalement à l'écart des autres alors qu'étant enfant j'étais plutôt sociale. J'adorais les tueries dans les collèges, lycées, genre Harris et Claybold. Je me renfermais peu à peu dans mon imaginaire pour m'éloigner du quotidien.

15-21ans: cuite à gogo, drogues et marginalisation et déception à foison. J'en garde une impression mitigée mais de bons souvenirs quand même jusqu'à mes 18 ans. J'étais très solitaire. En fait, je détestais mes congénères, je me croyais monstrueusement laide et je voulais me faire sauter le caisson. Comme tu le dis Mlle Rose, les cicatrices sont à présent là pour rappeler cette période. Je voulais aller de plus en plus loin dans ma propre noirceur...
Mais le plus important pour moi a été la découverte de certains genre musicaux, les Velvet et Iggy aussi, et les Doors, Nirvana, L7, Black Sabbath, Judas Priest... La musique à vraiment eu un effet salvateur sur moi, mon pilier. Elle a changé ma vie! J'en garde une passion indéfectible, chaque note coulant dans mes veines, faisant corps avec tout mon être jusqu'à ce que je ne sois plus rien qu'une infime parcelle de ces mélodies... Dead Can Dance, rien qu'à les écouter j'ai l'impression de mourir tellement c'est beau!

Finalement, je passais mon temps à tenter de fuir vainement jusqu'à ce que je rencontre une personne qui m'est cher et m'a aidé à me réveiller.
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Prudence
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Re: Douance et Adolescence

Message par Prudence »

C'est marrant cette recurrence des cuites et de la fumette pour s'echapper, j'ai l'impression que vous etes tous passes par la, moi j'ai toujours bien fui, en petite fille modele a ne pas suivre, j'ai plus passe mon temps a me faconner des atteles et des masques pour sortir en paix, mais ca ne collait jamais vraiment. Je me deguisais pour qu'on m'aime, en fait j'ai passe mon adolescence a chercher a me faire aimer de tous et n'importe comment. C'etait un peu ca mon addiction et ma fuite.
En fait en vous lisant c'est toujours ca qui ressort, la fuite, et ca me fait penser a la chanson de noir desir qui decrit bien mon adolescence : 'Nous n'avons fait que fuir, nous cogner dans les angles.'

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TourneLune
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Re: Douance et Adolescence

Message par TourneLune »

Moi j'aimais pas sortir, c'était plein de gens avec qui je ne partageais pas grand chose...

Je demandais même parfois à ma mère de refuser de me laisser sortir pour avoir une excuse :D :D
"Tout ce qui ne me tue pas me rend plus fort". C'était une connerie. Du moins dans son acceptation banale et contemporaine. Au quotidien, la souffrance n'endurcit pas. Elle use. Fragilise. Affaiblit. L'âme humaine n'est pas un cuir qui se tanne avec les épreuves. C'est une membrane sensible, vibrante, délicate.
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Re: Douance et Adolescence

Message par Mlle Rose »

Dead Can Dance! Tout le monde me prenait pour une mysticotarédlatête quand j'écoutais ça :D
Et les Doors.... :amour2:
J'écoute toujours d'ailleurs ;)

je crois qu'il y a un sujet d'ailleurs ici, sinon il est à faire (merci à celui qui m'a filé l'article)
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Re: Douance et Adolescence

Message par Rozz »

Mlle Rose a écrit :Dead Can Dance! Tout le monde me prenait pour une mysticotarédlatête quand j'écoutais ça :D
Et les Doors.... :amour2:
J'écoute toujours d'ailleurs ;))

:cheers: Tu m'étonnes! La musique du groupe fait même peur à certains..! Jamais écouté une musique aussi sublime que DCD, la voix de Lisa Gerrard est vraiment incroyable... Et pour les Doors c'est un de mes groupes fétiches!
Mlle Rose a écrit :je crois qu'il y a un sujet d'ailleurs ici, sinon il est à faire (merci à celui qui m'a filé l'article)
J'avais déjà entendu parler de ça. Mais bon, ça dépend beaucoup du milieu dans lequel chacun grandit et de la trop grande sensibilité (je parles aussi bien émotionnelle que de la perception des choses) qui influe là-dessus.
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Prudence
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Re: Douance et Adolescence

Message par Prudence »

Ah les Doors en faisant des sables de Noel... :D

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Coccinelle
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Re: Douance et Adolescence

Message par Coccinelle »

l'adolescence a été la pire période de ma vie: j'essayais de rentrer dans un groupe mais on me rejetait sans que je sache pourquoi? ma mère buvait, j'avais un look de petite fille snob anglaise alors que c'etait la mode du grung, mais je ne comprenais pas que les autres se moquent de moi sur un sujet aussi futile...mais je n'ai pas réellement fait de crise d'ado, j'étais sage extérieurement et me pliait aux différentes exigences que mes parents avaient de moi. J'étais contre la fumette, et ne buvait quasiment jamais... de toute manière j'étais presque jamais invitée aux soirées et quand je l'étais j'avais tellement la trouille d'y aller et de pas savoir quoi dire, de pas savoir faire comme les autres que j'étais bien contente que ma mère me dise plus ou moins non....mais j'avais les chevaux qui m'ont permis de pas fuguer et d'avoir une raison de vivre et qui m'ont permis de vivre un truc à fond!

Puis après le lycée, ça a changé, je suis partie de la maison pour faire mes études (donc plus de chevaux tous les jours), j'ai eu des amis avec qui je ne m'ennuyais pas bien au contraire (j'étais même devenue la pitre de service!), j'ai beaucoup fumé (alors que j'étais archi contre avant) pris des cuites affreuses, couché à droite à gauche ...une période un peu destroy en gros de 20 à 24 ans, mais sans jamais dire merde à mes parents (avec un vraie grosse TS vers 20 ans). Vers 24 ans j'ai eu le choix soit de me ranger (d'arrêter les tentatives de débilisation par différentes substances) soit d'accentuer l'autodestruction, je me suis calmée. Pourtant je n'ai pas la sensation d'avoir réellement fait une crise d'adolescence, pas dans le sens où je n'ai jamais osé m'opposer aux attentes de mes parents, ni de la société. C'est aujourd'hui que je commence à m'affranchir du jugement de mes parents....

Prudence
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Re: Douance et Adolescence

Message par Prudence »

Mais tu ne vois pas la crise d'adolescence plutot contre l'enfant que tu ne peux plus etre que contre les parents ou la societe ?

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Maluna
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Re: Douance et Adolescence

Message par Maluna »

Moi non plus je ne me reconnais pas dans les crises d'ado qui vous decrivez. J'ai passe l'adolescence sans trop d'encombres, c'est aujourd'hui que ca se gate en fait :D
J'etais une petite fille modele jusqu'a 13-14 ans ou attention j'ai brave l'autorite de ma mere et j'ai commence a mettre des mini jupes :lol: alors qu'avant c'etait jupe plisse, soquettes et chaussures vernies!! C'est a cette epoque que j'ai commence a frequenter des gens plus vieux que moi, 18-20 ans, que j'ai commence a ecouter les berus, les garcons bouchers, noir desir, puis la mano. Quand les autres filles fondaient je ne sais quel acteur a la mode du moment moi je bavais devant Clint Eastwood dans le Bon la brute et le Truand, ou encore Antony Hopkins, John Malkovich. Au lieu de George Michael et Madonna, j'ecoutais les Rolling stones, les Beatles, les vieux albums de Michael Jackson et des Jacksons, les Doors oui Dead Can Dance... Je m'eclatais devant les Almodovar, ses tous premiers films en pleine Movida, je crois que j'aurais adore vivre a cette epoque depravee!!
Je m'affirmais par bribes, par petites touches mais je n'ai jamais ose je crois etre ce que je que j'etais vraiment, cette envie de s'affirmr mais pas trop pour ne pas etre trop a la marge car je n'en avais pas le courage je crois...
J'ai pris mes premieres cuites vers 17 ans en Espagne justement lors d'un voyage scolaire ou les profs finissaient plus bourres que nous, tronchaient dans tous les coin :D J'ai bien profite autour de 20-25 ans des fetes avec les copains, un peu fume, un peu bu mais sans tomber dans l'exces. J'ai rencontre mon mari a 21 ans, on a bien bringue ensemble :smile: pendant quelques annees avant de se marier d'avoir nos enfants et une vie assez rangee :wink:

Rien de tres excitant au final :D
"La seule certitude que j'ai, c'est d'être dans le doute" (P. Desproges)

Flodepiano
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Re: Douance et Adolescence

Message par Flodepiano »

Difficile de qualifier une période dans laquelle on se situe encore. Je vais quand même essayer de décrire au moins ce qui m'est arrivé avant.

Entre 11 et 14 ans, période assez tranquille, j'avais enfoui au plus profond de moi l'idée de ma douance, à l'école ça marchait plutôt bien, sans rien faire, vie sociale satisfaisante,chouchou des profs. Je me voyais déjà en école d'ingé.. Mais, déjà, sentiment de décalage qui commence à apparaître, aussi j'ai commencé à rougir pour un rien, j'étais alors le seul comme ça dans ma classe, pas de copine. J'étais relativement insouciant et naÏf.
Mais, déjà vers la 3ème: premières périodes de tristesse, solitude intérieure, et mal-être que je n'arrivais pas à comprendre. J'oubliais: besoin de se fondre dans la masse dominant: automutilation intellectuelle, période "kikoolol".

14 à 16 ans: lycée: nouvelles rencontres, période de découvertes, expériences, mais aussi instabilité marquante dans ces nouvelles relations: sentiment d'insécurité affective, renforcé par l'hypersensibilité. De grosses remises en question identitaires: pourquoi dois-je toujours être si différent des autres ?pourquoi ne comprennent-ils pas ma sensibilité? pourquoi n'ont-ils pas les mêmes intérêts que moi? pourquoi ont-ils un regard différent sur moi? d'où me viennent ces attitudes différentes? pourquoi ai-je autant de facilité à me faire des amies , alors que sinon les filles ne font attention à moi que pour me complimenter sur mes yeux plutôt que ma personnalité? pourquoi alors est-ce que je n'arrive pas à me trouver une copine?
Je vais arrêter là pour les questions identitaires ^^. Sinon, c'est aussi la période où j'ai fait des expérimentations éthyliques, mais pas régulières.
J'ai aussi eu des problèmes scolaires sérieux à cette période: en maths et physique alors que j'étais justement en S..., mais je n'arrivais pas à comprendre pourquoi , puisque pendant les cours, tout me paraissaient clair, mais je n'arrivais à rien lors des contrôles.. J'ai malgré tout réussi à obtenir mon BAC avec mention AB. Je ne savais vraiment plus quoi faire de ma vie aussi, et je ne savais plus d'où me venaient tout ces problèmes, grandes variations d'humeur, avec un côté "froid" qui commence un peu à se mettre en place.

17 ans à maintenant (18 donc): Je me lasse de plus en plus des soirées où tout le monde finit fin bourré, je deviens plus raisonnable (sans avoir été réellement excessif). A la suite d'une drôle d'expérience affective, je redécouvre ma douance, et des recherches sur internet m'ont alors ouvert les yeux, sur toutes les souffrances que j'ai pu éprouver, mon décalage, ma dépendance affective, etc... J'ai versé quelques larmes en lisant dans les rayons de la FNAC TIPEH de JSF, j'étais assez euphorique de me retrouver, ça a fait remonter trop de souvenirs de mon enfance et de mon adolescence.
Désormais, je suis encore très instable, je comprends que depuis le lycée je cherchais un miroir, que je n'ai jamais tout à fait trouvé, notamment en ce qui concerne la sensibilité. Au moins, pour ce qui est des études, je pense avoir trouvé ma voie, reste à voir dans le temps.En revanche, côté affectif, c'est toujours pas la joie.

Justement, je voulais vous demander (que ce soit d'autres ados ou des anciens ados), comment fut votre vie affective durant l'adolescence, et comment cela a évolué ensuite. Aussi , je voulais savoir si à votre avis si cela a un rapport avec la douance.
En ce qui me concerne, je n'ai jamais eu ce que je voulais, j'ai toujours cherché une profondeur dans mes relations, ce qui n'était pas vraiment le cas des autres personnes (je ne pointe pas du doigt les filles). Donc, forcément, je ne plaisais pas aux filles, mis à part pour l'amitié, là j'avais beaucoup de facilité. Les quelques relations que j'ai tenté ont été des échecs, soit la fille n'était pas fait pour moi, soit je me faisais juste manipuler (naïveté quand tu nous tiens). Donc, le problème, c'est que déjà je n'ai jamais eu très confiance en moi, mais en plus j'ai développé une certaine méfiance systématique à l'égard des femmes qui viendraient me parler..
A part ça, il y a un autre aspect dont je me demande si je suis le seul à avoir vécu ça. D'une part, j'ai l'impression que l'hypersensibilité masculine a tendance à "faire peur" aux femmes, parce-que ce serait synonyme de faiblesse, fragilité, et que du coup ça ne m'a pas aidé. Ensuite, et là je m'adresse tout particulièrement aux autres hommes du forum, je ne sais pas si vous avez eu le même genre d'expérience, mais moi je me fais assez souvent draguer par des gays, avec qui par ailleurs je m'entends assez bien, par rapport à la sensibilité, il semblerait qu'eux seuls soient sensibles aux particularité de ma personnalité d'une part, et d'autre part, il semble que je leur plaise aussi physiquement.

Alors autant vous dire que c'est assez frustrant de se dire qu'on est aimé par ceux que l'on ne peut pas aimer et que celles que l'on aime ne veulent nous aimer ^^. Suis-je le seul à avoir (eu) ce problème?
Tu seras un homme, mon fils.

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Petite Plume
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Re: Douance et Adolescence

Message par Petite Plume »

Allez, je déterre un peu ce sujet !

J'ai envie d'essayer d'équilibrer un peu les témoignages d'adolescences difficiles :tourne:

11/12 ans, solitaire, je ne comprenais pas pourquoi, mais visiblement, je n'étais pas jugée "fréquentable"...
Ce n'est que maintenant que j'ai passé le test que j'ose me dire que finalement, il y avait peut être un peu de ça dedans. :wasntme:
13/14 ans, une amie, par hasard. Une fille qui s'était fait jeter de la "bande" populaire, qui s'est retrouvée seule et s'est dit qu'elle allait venir me parler. Une période vachement sympa, même si je crois bien que j'étais encore en décalage, ca n'empêche pas que j'ai vraiment apprécié.
15/18, les années lycées. J'ai rencontré un groupe d'amis, bizarrement, que des bons élèves. On pardonne beaucoup aux bons élèves. Je ne suis jamais autant sortie en boite de nuit que l'année de la terminale. Mais ayant toujours détesté la fumée et l'alcool, je suis restée un poil à part. Enfin bon, j'ai quand même testé pas mal d'alcools différents pour en arriver à la conclusion, que le problème de toutes ces boissons, c'est l'alcool... Le rhum c'est très bon quand c'est cuit....

Jamais de rebellion envers ma mère, mais un fort sentiment de honte. Oui j'avais honte de ma mère notamment parce qu'intellectuellement... comment dire ? ben c'est pas ça du tout du tout. Je voulais partir de la maison, découvrir d'autres choses.
18/23 ans, école d'ingénieur. A nouveau, un groupe d'amis qui s'est créée assez naturellement. Après, je suis sûre qu'il y avait également pleins de surdoués dans mon école, pour autant, je ne me suis jamais sentie vraiment en phase avec les autres. Je pense que plus qu'une question de QI, c'est surtout ma personnalité. Je ne suis pas très fêtarde, et je n'aime décidément pas l'alcool.
J'ai quand même fait quelques belles rencontres pendant ces années là.

En résumé, mis à part que je voulais vite partir de la maison, j'ai été sage comme une image ! jamais pris une seule cuite, jamais même testée la fumette, ni même la clope d'ailleurs. Encore moins d'autres drogues.
Pas même de dévergondage, je me suis très vite rangée avec mon futur mari.
Fin de collège, début du lycée, mes amies m'imaginaient même prisonnière d'un couvent plus tard :D Il faut dire que j'étais (et je le suis toujours encore un peu) d'une immense naïveté.

Maintenant, et bien je suis toujours aussi sage, surement plus responsable et organisée. J'accepte ma mère telle qu'elle est.
Et j'appréhende un peu l'adolescence de mes enfants :$ (mais pour le moment, ils sont supers sympas envers leur maman, pourvu que ca dure ! )

lumerk
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Re: Douance et Adolescence

Message par lumerk »

Il semble qu'on soit nombreux à avoir connu 3 phases, et je ne fais pas exception :)

Une première phase qui a duré de ma plus jeune enfance jusqu'à 12-13 ans : impossible de m'intégrer dans un groupe ou une classe, avec du harcèlement scolaire, des moqueries et des violences en bonus. Faut dire que j'étais assez borné sur un point : "Je suis comme je suis et je changerai pas pour eux. Si j'ai des amis je les prendrai comme ils sont et j'attend la même chose d'eux". Bref, adaptation 0 et c'était sans doute pas l'approche la plus intelligente.

De 13 ans à 17 ans : par mimétisme, je me fondais dans la masse, j'ai su être plus ou moins l'ado anecdotique, dans la moyenne. A qui on échange quelques mots au détour d'un couloir mais qu'on ne remarque pas plus que ça (et avec qui on a pas envie d'être ami mais qu'on va pas non plus emmerder). Après la première phase c'était déjà une victoire d'avoir un peu la paix, mais ça n'allait toujours pas : le mimétisme faisant que je me retrouvais perpétuellement dans un mode de "pilote automatique" ou j'attendais que les journées passent, sans but, sans ambition, et toujours sans relations sociales riches. En plus, ça me conduisait à me niveler par le bas sur le plan scolaire : surtout, ne pas être remarqué. Aujourd'hui, j'en paie encore un peu les pots cassés, dur de sortir d'une telle habitude, mais ça s'arrange doucement.

De 17 à 19 ans (aujourd'hui :o) : Retour à la case départ, je réaffirme ma personnalité (en ayant mis du temps à la retrouver ...), je commence à me fixer des objectifs pour les années à venir, j'ai rencontré par hasard un ami, que je qualifierai de seul vrai ami, avec lequel on partage énormément de points communs et avec qui je me sens juste bien - détendu - en sécurité, en sa présence. L'impression de le comprendre et d'être compris par lui. Se pose désormais le souci de la dépendance affective (quand on se parle pas pendant longtemps, ça va pas :p), mais je préfère cela à la solitude ^^ . Et niveau relations sociales c'est toujours chaotique avec les jeunes de mon âge, mais j'ai plus l'occasion de croiser et discuter avec des adultes que dans mon enfance, et je me suis rendu compte qu'avec les plus jeunes ça marchait aussi relativement bien. Seulement, à part l'ami évoqué un peu avant, rien de naturel et l'impression de jouer perpétuellement dans une pièce de théâtre grandeur nature.

Pour ceux qui sont passés par ce souci de tranche d'âge, parce qu'apparemment c'est assez courant, êtes vous parvenus à échanger avec des gens du même âge que vous plus ou moins naturellement ? Si oui comment ?

Merci :)

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