Les dérives de la psychanalyse

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Mei Run
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Re: Les dérives de la psychanalyse

Message par Mei Run » mar. 6 déc. 2016 16:04

Chacoucas a écrit : Et là dedans, une bonne étude de texte n'a même pas besoin de séparer une approche stylistique 'une approche mythocritique ou psychanalytique (etc.). Chaque apport et compréhension se mélange assez naturellement au reste. Ce sont des outils comme compas, équerre, rapporteur, règle etc. pour étudier et reproduire une figure géométrique... Ca serait absurde de faire ça "que au compas" et 'opposer à "que à l'équerre": pis ça montrerait de terribles erreurs de fait :)
C'est un peu ce que j'ai tenté d'expliquer avec ma comparaison du Menuisier et sa "caisse à outils" quoi. Sauf que j'ai essayé de faire simple avec un vocabulaire ras-des-pâquerettes voire vulgaires, parce que j'ai pô le temps de taper de la pavasse en utilisant des périphrases pour exprimer ce qui va bien plus vite avec un simple "il passe pour un con" :vgeek:
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Re: Les dérives de la psychanalyse

Message par Chacoucas » mar. 6 déc. 2016 16:49

Mea culpa, Mei ^^

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Re: Les dérives de la psychanalyse

Message par Maitresse Rita » mar. 6 déc. 2016 17:32

Mei Run a écrit :A mon sens, la psychanalyse est un outil comme un autre, parmi les autres, dans ta boîte à outil de professionnel, et tu devrais choisir en fonction du patient et de sa demande/problématique, l'outil adéquat pour l'aider au mieux.
Je suis entièrement d'accord avec ça.

Ce qui me frappe, que ce soit avec la psychanalyse ou avec une autre grille de lecture, c'est à quel point bon nombre de professionnels de l'humain ne comprennent pas les enjeux réels cachés derrière les situations professionnelles qu'ils vivent. C'est limite flippant. Des profs qui passent une carrière entière à avoir des chouchous et des boucs-émissaires sans voir que c'est du transfert et une faute professionnelle inadmissible, des médecins qui considèrent leurs patients comme des machines cassées à force de penser dans un système rationaliste forcené et des psys qui ne comprennent pas ce qu'est un symbole.

Dans mon jargon, on considère la multiréférentialité comme un pilier essentiel du métier d'éducateur. Parce que dans le tas des grilles de lecture disponibles, on finira bien par en trouver une qui sera pertinente ici et maintenant. Par exemple, je pense que les profs gagneraient à faire de la psycho de l'apprentissage ou de la socio des groupes, les médecins à faire de la philo de l'altérité, et les psychanalystes à accepter de penser le monde en-dehors du symbolisme, surtout si celui-ci est aussi mal compris que dans les exemples que tu donnes. Certains font cette démarche et d'autres malheureusement pas.

La pensée unique, à plus ou moins long terme, c'est toujours une source de connerie. Mais quand on intervient dans la vie des autres et qu'on a leur avenir entre les mains, cela devrait être obligatoire de se former perpétuellement et de se faire superviser par un professionnel multiréférencé. Ca éviterait bien des situations scandaleuses.
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Re: Les dérives de la psychanalyse

Message par W4x » mar. 6 déc. 2016 17:53

En effet, et c'est ce que Chacoucas et Mei ont bien dit aussi... Ce qui me surprend c'est que depuis le temps que ces outils existent, on ait mis aussi longtemps à se rendre compte (et encore, c'est loin d'être généralisé) que le problème vient de l'utilisation et non de l'outil. C'est la même chose dans l'enseignement, où l'on n'aura jamais autant et aussi vite changé les pédagogies, avec pourtant des résultats peu probants. Parce qu'à mon avis, comme on dit dans l'informatique, le problème est en amont et vient de l'interface chaise-clavier ^^. Je pense que l'évolution des mentalités est aussi freinée par la situation de "supériorité" dans laquelle se trouve le soignant ou le formateur, rendant la remise en question bien moins acquise.
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Re: Les dérives de la psychanalyse

Message par PointBlanc » mar. 6 déc. 2016 18:00

Sentiment de supériorité qui lui vient entre autres des outils qu'il a dans les mains et auxquels il est attaché comme à des emblèmes phalliques :)
Vous qui vivez qu'avez-vous fait de ces fortunes ?

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Re: Les dérives de la psychanalyse

Message par Fish » mar. 6 déc. 2016 19:40

Girlo, je ne connais pas grand chose à la psychanalyse, mais je rejoins le sentiment partagé par d'autres: tes interventions sont tellement tranchées qu'elles m'inspirent plus le rejet que l'intérêt.

Il y a eu plusieurs interventions pour dissocier la psychanalyse comme discipline, des psychanalystes. Ce n'est pas parce qu'il y a des charlatans que la psychanalyse est à rejeter dans son ensemble, et c'est vrai pour n'importe quel domaine. Il y a eu nombre de charlatans en science, et on n'en déduit pas qu'il faut refuser les sciences en bloc. Or tu continues de faire l'amalgame.

Bon bref, je me permet juste de donner mon avis avec un œil naïf et désintéressé: ce n'est pas en sortant des arguments coup-de-poing que tu vas convaincre. En tant que lecteur, l'avis que je me fais n'est pas une moyenne arithmétique des différentes interventions, et il ne suffit pas de verser dans l’exagération pour tirer cette moyenne dans la direction qu'on veut. Ça provoque même l'effet inverse.
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Re: Les dérives de la psychanalyse

Message par Livingstone » mar. 6 déc. 2016 19:45

W4x a écrit :Je pense que l'évolution des mentalités est aussi freinée par la situation de "supériorité" dans laquelle se trouve le soignant ou le formateur, rendant la remise en question bien moins acquise.
...le formateur inclut le formateur de formateurs, bien sûr.
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Re: Les dérives de la psychanalyse

Message par Za » mer. 7 déc. 2016 09:11

Pour ma part, j'ai vu des gens "subir" la psychanalyse.
Et d'autres qui s'en sont saisi pour avancer.

On va donc repartir de là :
Girlo a écrit :Il n'y a pas une seule façon d'interpréter les choses, il y en a plusieurs. Plusieurs qui sont correctes, plusieurs qui sont mauvaises, il y a de tout. Et ce qui permet de les distinguer, se nomme "logique".

La psychanalyse est un problème, car certains psychanalystes sont formés pour croire qu'il n'y a qu'une seule façon d'interpréter l'inconscient des gens, et c'est avec/par/pour le sexe !
En toute logique, on peut donc dire que le problème, c'est la formation de ces psychanalystes. "La psychanalyse" en elle-même ne forme pas des gens. Et il n'y a pas qu'une seule psychanalyse il me semble.

Ce qui est vrai, c'est qu'il y a en effet un problème de dogme dans la psychanalyse en France, et dans certains autres pays.
Ce qui est vrai aussi, c'est qu'heureusement le vent tourne, qu'un recul est pris, et qu'a priori on est en bonne voie pour cesser d'utiliser un marteau pour visser des trucs. Tard c'est vrai. Mais je crois qu'on est en bonne voie.
Je m'occupe notamment d'enfants autistes et je suis aussi en première ligne pour voir les dégâts que ça peut faire. Oui, ils sont réels, et surtout oui ils sont évitables. Et oui aussi, c'est révoltant et ça donne envie de gerber.
Maintenant, si on veux réfléchir avec logique, il faut aussi prendre du recul par rapport à nos affects et essayer de voir le problème sous d'autres angles.
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Re: Les dérives de la psychanalyse

Message par lady space » mer. 7 déc. 2016 11:02

soazic a écrit :Vu que ce débat m'affecte, et que c'est un signe que j'ai l'habitude d'écouter, je passe la main et vous laisse débattre :-)
Merci soazic pour cette belle preuve de prise de recul !
Girlo a écrit : Il n'y a pas une seule façon d'interpréter les choses, il y en a plusieurs. Plusieurs qui sont correctes, plusieurs qui sont mauvaises, il y a de tout. Et ce qui permet de les distinguer, se nomme "logique".
Je ne pense pas qu'une approche binaire utilisant des jugements et oppositions de type "vrai/faux" ou "bien/mauvais" s'applique dans tout ce qui concerne l'humain.

Puis, pour procéder de manière logique, il convient de distinguer le volet émotionnel, le ressenti et ses effets de l'argumentation logique, factuelle.

Dans le cas présent, la logique permet de dire certaines choses, à savoir qu'une utilisation inappropriée de la psychanalyse peut faire de gros dégâts, que la psychanalyse est une approche parmi d'autres, qui a son utilité dans certains domaines et qui n'est pas du tout à sa place dans d'autres.

Ce qui pose problème n'est donc pas tant la psychanalyse en soi mais le manque de discernement avec lequel certains praticiens s'en servent, fût-ce la majorité d'entre eux, ce dont je ne sais rien. C'est en tout cas ce qui ressort des différentes interventions ci-dessus à mon avis.

Bien entendu, ce manque de discernement plus d'autres défauts en qualités humaines, telles la prise de recul, la bienveillance, le non-jugement et une certaine humilité, sont déplorables et peuvent avoir des conséquences dramatiques. Mais on ne les rencontre pas exclusivement chez les représentants du courant psychanalytique, ni chez tous ceux qui emploient la psychanalyse. Comme ces défauts peuvent se trouver chez n'importe quel être humain, ils ne constituent pas une condition suffisante pour invalider la psychanalyse. Autant détruire tous les couteaux parce que certains s'en servent pour tuer...

Après, rejeter en bloc, condamner la psychanalyse et tous ses praticiens est à mon sens juste le même excès à l'inverse, je n'y trouve pas de recul, ni de non-jugement, etc. non plus.

Est-ce que c'est en restant dans cette opposition de "tout psychanalytique vs. aucune psychanalyse" qu'on va réussir à faire avancer les choses ? Certainement pas.
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Re: Les dérives de la psychanalyse

Message par Mei Run » mer. 7 déc. 2016 13:54

Puisqu'on en parle...
De l'eau pour le moulin : http://www.allodocteurs.fr/maladies/cer ... 21012.html
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Re: Les dérives de la psychanalyse

Message par madeleine » mer. 7 déc. 2016 19:10

Je suis également personnellement touchée par ce débat, auquel je ne peux ni ne veux participer rationnellement, étant entendu que chacun utilise la grille de lecture qui lui paraît pertinente. Je suis soulagée de savoir que les députés se sentent enfin concernés par les pratiques les plus déviantes et les moins utiles de ce courant de pensée.Dans la mesure où il s'agit de soin et de droit, il était temps.
On ne parle pas dans le cas de l'autisme de personnes qui choisiraient librement d'explorer leur esprit.
Quelle suite aura cette proposition de loi, voilà ce qui permettra de mesurer le poids que pèse encore le lobby d'une certaine psychanalyse - loin de celle de Traum ou Rita - en France.
le chemin est long et la pente est rude, oui, mais le mieux, c'est le chemin, parce que l'arrivée, c'est la même pour tout le monde... Aooouuuh yeaah...
avec l'aimable autorisation de P.Kirool

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Re: Les dérives de la psychanalyse

Message par O'Rêve » jeu. 8 déc. 2016 17:34

Pour ma part, j’ai des clignotants qui s’allument quand je lis, entends le rejet d’un courant (ici la psychanalyse) dans son entièreté et je suis décontenancée par la violence, le rejet allant parfois jusqu’à la haine.
Comme beaucoup, je suis choquée par les dérives de certains psychanalystes (mais les dérives, elles n’existent pas que dans cette branche). Les dérives (sous couvert de rationalisme, études scientifiques) existent également. Et le bouclier « savant » qui légitime, la validité scientifique qui fait foi, énonce des vérités est parfois encore plus pernicieux.
L’ouverture, le doute, la remise en question permanente me semblent des garde-fous contre l’intolérance et les rejets hâtifs, et la détention d’une vérité.
A titre personnel, je ne suis pas une spécialiste de psychanalyse, je n’ai pas été accompagnée par des thérapeutes psychanalystes. Mais j’ai lu certains ouvrages que j’ai appréciés (et d’autres non). Je n’apprécie pas les jargons de cette discipline, qui peuvent la rendre trop souvent difficilement accessible.
Sinon, ce matin, j’ai écouté une partie de cette émission (qui rejoint tout à fait ce sujet).
https://www.franceinter.fr/emissions/le ... embre-2016
J’ai été touchée par le témoignage d’une maman (Sophie, je crois), qui évoquait la richesse d’une prise en charge multidisciplinaire de son enfant autiste (ergothérapeute, psychanalyse…)

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Re: Les dérives de la psychanalyse

Message par Louise » mar. 17 janv. 2017 16:52

Ce sujet m'évoque plusieurs choses :

1 - je suis entrée en psycho avec ma vision transversale habituelle, et la violence des scissions dans les approches (on est loin des guéguerres de chapelle qui opposent les différents théoriciens, là on a vraiment passé le cran supérieur) m'a heurtée de plein fouet (comme quand j'ai accouché dis donc et qu'il fallait choisir un camp entre être POUR ou CONTRE l'allaitement). Ici c'est au point de devoir choisir une fac ou un master selon le courant, avoir des profs qui te saquent ou non... En plus j'en ai testé deux, un fac plutôt pro psychanalyse, et auj une fac plutôt anti-... la dérive dans la première est qu'on oublie à mon sens de replacer au niveau des cours le modèle psychanalytique dans un contexte critique (c'est enseigné comme UNE Vérité), dans la seconde la dérive est au niveau des élèves, je trouve les cours mesurés et critiques, mais les élèves moquent et dénigrent la psychanalyse (alors qu'au pire, c'est une approche historique à connaître car fondamentale)

2 - la scientificité ou non de la psychanalyse (article intéressant ET un peu rebutant ici : http://www.philosciences.com/Pss/philos ... ientifique )

3 - la place/nécessité/intérêt de la scientificité dans les approches thérapeutiques (= la clinique). (sur quels critères différencie-t-on un guignol d'un prêcheur d'une méthode valide et validée?)

4 - Sinon, ça m'évoque les cours sur Lacan, et je vous jure que des fois j'ai envie de crier KAMOULOX!

PS :
Les dérives (sous couvert de rationalisme, études scientifiques) existent également. Et le bouclier « savant » qui légitime, la validité scientifique qui fait foi, énonce des vérités est parfois encore plus pernicieux.
L’ouverture, le doute, la remise en question permanente me semblent des garde-fous contre l’intolérance et les rejets hâtifs, et la détention d’une vérité.
J'avoue ne pas comprendre, la démarche scientifique intègre, de base, le doute, la remise en question permanent et l'ouverture, ce sont ses fondations. La science n'énonce pas des vérités : elle propose des modèles, en les replaçant dans le contexte, avec le postulat de base, que ceux ci vont par NATURE être soumis à évolutions. Sinon, on est dans le domaine des croyances. (et ça n'est ni bien ni mal, c'est juste autre chose)
La science se repasse elle même au crible et fait régulièrement des mesures des biais qu'elle s'est elle même appliqué ou n'a pas mesuré :)

PS 2 :
Mais quand on intervient dans la vie des autres et qu'on a leur avenir entre les mains, cela devrait être obligatoire de se former perpétuellement et de se faire superviser par un professionnel multiréférencé. Ca éviterait bien des situations scandaleuses
AMEN

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Re: Les dérives de la psychanalyse

Message par O'Rêve » mar. 17 janv. 2017 18:14

J'avoue ne pas comprendre, la démarche scientifique intègre, de base, le doute, la remise en question permanent et l'ouverture, ce sont ses fondations. La science n'énonce pas des vérités : elle propose des modèles, en les replaçant dans le contexte, avec le postulat de base, que ceux ci vont par NATURE être soumis à évolutions.
Dans ce fil, j’ai pu avoir l’impression que le courant psychanalytique pouvait être rejeté dans son entièreté en raison des dérives de certains psychanalystes.
Je faisais juste un parallèle avec les dérives de la science : ce n’est pas parce que certaines personnes utilisent ou détournent des conclusions d’études (ou falsifient des études), ou leur font dire plus que ce qu’il y a à dire (et malheureusement, oui ces cas de figure et dérives existent), qu’on va rejeter la démarche scientifique dans son ensemble. (Alors pourquoi le faire avec la psychanalyse?)

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Re: Les dérives de la psychanalyse

Message par Girlo » jeu. 16 févr. 2017 15:31

La critique existe et elle est légitime :
  • Source Française:
  • Lionel Naccache avec son livre: "Le nouvel Inconscient. Freud, Christophe Colomb des neurosciences"
  • Michel Onfray avec son livre: "Le Crépuscule d'une idole"
  • Jacques Van Rillaer avec son livre: "le livre noir de la psychanalyse"
  • Nadine Kirchgessner avec son livre: "Les surdoués atteints de haut potentiel"
  • "Le mur : la psychanalyse à l'épreuve de l'autisme" par Sophie Robert
  • "La psychanalyse en France - Entretien avec Sophie Robert", par Xavier Ristat
  • "Les deconvertis de la psychanalyse", par Dragon Bleu TV
  • "Le Phallus et le Pas tout, ou le zizi et la zézette", par Sophie Robert
  • Etc.
École de la cause freudienne, la Libre Association Freudienne, Institut Freudien de Psychanalyse, ... Et les autres ne sont guère mieux, "Lacan était un charlatan conscient de ce qu'il était" cf: Noam Chomsky. Sur 193 pays, il n'y a que l'Argentine et la France qui donne du crédit à la psychanalyse ; et ce n'est pas à cause de certains psychanalystes.

Le courant psychanalytique est rejeté avec rationalité, et ce n'est pas à cause de certains psychanalystes.
Cette méprise réduit considérablement les critiques portés à la psychanalyse. Cela en devient presque insultant pour le travail de réflexion des gens qui osent critiquer la psychanalyse, en France. Cette erreur de jugement, est-elle faite exprès pour défendre la psychanalyse ? Je pose la question, car le doute est malheureusement permis, dans ce milieu où chaque information influence fortement la clientèle (ou le nombre de patients).

L'émotion dont j'ai fait preuve (ou celle des autres) face à certaines situations en lien avec la psychanalyse, est une conséquence humaine. C'est normal d'être émotif, face à l'injustice.

La psychanalyse n'est pas une science, ni une médecine, mais cela reste un sujet passionnant.
Par contre, les interprétations abusives et intouchables de la psychanalyse d'obédience freudienne sont du même ressort que l'astrologie. Si cela permet d'aider des gens, tant mieux pour eux. Mais, ça pratique reste douteuse, et sa popularité ralentie la recherche (La loi de Brandolini ou le principe d'asymétrie du baratin : un défi pour les scientifiques, article publié par Laurent Vercueil, le 9 décembre 2016, dans EchoScience Grenoble).
La psychanalyse pourrait être une formidable science cognitive, si ces partisans étaient capables de remettre en cause ces fondements arriérés et stéréotypés (l'idée est bonne, mais l'outil est mauvais et ces utilisateurs dérivent). Car la critique ne vise pas certaines psychanalystes, la critique vise la démarche de la psychanalyse.

Quant à la science, elle ne dérive pas. Ceux qui décrédibilisent la science sont les premières personnes dont je me méfie. La science ne dérive pas, car ce n'est qu'un outil ! Est-ce que le marteau du forgeron dérive ? Non ! Car ce n'est qu'un outil, c'est le forgeron qui utilisera mal son outil qui dérive !
La science est critiquable et perfectible, c'est l'humain susceptible, maladroit ou avec de mauvaises intentions qui dérive ! C'est pour ça, qu'on ne rejette pas la démarche scientifique, parce que certaines personnes détournent ou falsifient des études ; et qu'on se permet au même titre de critiquer la démarche psychanalytique (en prenant certains exemples pour expliciter la critique).
La psychanalyse n'est pas une science, car elle n'est pas capable de se remettre en cause comme l'y incitent les nombreuses critiques à son égard. Et il ne faut pas réduire une critique à ces exemples, il faut essayait de la comprendre dans son ensemble ! La critique scientifique ne doit pas être un tabou.

(texte écrit avec https://www.scribens.fr/)

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Re: Les dérives de la psychanalyse

Message par Chacoucas » jeu. 16 févr. 2017 16:05

Sinon, définis "la psychanalyse", ça m'intrigue ce concept...

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Re: Les dérives de la psychanalyse

Message par Fish » jeu. 16 févr. 2017 17:17

Girlo, tu utilises les trucs et astuces détestables des discours flous:
- utilisation du "on" indéfini (que ce "on" soit un pays, un courant, ou même éclipsé grâce à l'utilisation de la forme passive).
- vision manichéenne: c'est soit bien, soit mal; C'est soit pour, soit contre. Tous d'un coté, ou tous de l'autre.
- inventer toi-même les arguments et les intentions de ceux qui ne sont pas d'accord, d'une manière qui t'arrange, pour mieux taper dessus.
- présenter une situation où des lobbys obscurs - suivis par une quantité de moutons pas méchants mais pas bien malins - tentent de réduire au silence une poignée de personnes éclairées et courageuses qui se battent pour faire surgir la vérité. Oh! Et tu en ferais partie!
- et une bonne dose de mauvaise foi trollesque, histoire de susciter des réactions épidermiques et d'accentuer le coté "tout le monde est contre moi".

La ficelle est grosse, ici elle passe mal. Tu aurais plus de chances sur un forum conspirationniste.

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Re: Les dérives de la psychanalyse

Message par Girlo » jeu. 16 févr. 2017 18:04

Fish, j'utilise la logique et si cela te déplaît, j'en suis désolé.
- J'ai utilisé le mot "on" seulement une fois dans cette conversation sur la psychanalyse. Donc, ta remarque n'est pas pertinente. De plus, je ne suis pas le seul à l'employé et encore moins l'un de ceux qui l'utilise le plus, et pourtant c'est à moi que tu reproches cette forme ! Étonnant, non ?!
- Je n'ai pas une vision manichéenne. Mais je constate la facilité déconcertante que tu as d'imposer ton interprétation abusive. Étonnant, non ?!
- Tu as démontré que j'avais inventé quelque chose, ou tu ne fais que l’énoncer dans ta liste de mensonge ? Parce qu'il y a une différence. Étonnant, non ?!
- Je n'ai pas fait mention de lobby, ni de moutons ou de méchant. Étonnant, non ?!
- Je ne prétends pas faire partie d'une poignée de personne éclairées et courageusement qui se battent pour faire surgir la vérité. Étonnant, non ?!
- Tu as démontré que je faisais preuve de mauvaise foi trollesque, ou tu ne fais que l'énoncer dans ta liste de mensonge ? Parce qu'il y a une différence. Étonnant, non ?!

La prochaine fois, concentre-toi sur la conversion, plutôt que d'essayer de me nuire.
Et je crois qu'on appelle ça du sophisme. C'est ce qu'utilisent les manipulateurs, non ?

Chacoucas a écrit :Sinon, définis "la psychanalyse", ça m'intrigue ce concept...
Mais avant ça, il y a le concept de la "politesse". L'impératif est un mode utilisé pour exprimer (entre autres) un ordre. L'emploi de l'impératif est malvenu dans une conversation. "Ordonner" est différent de "demander" ! Tu ne le savais pas ?

Pour le reste, tu peux utiliser ce lien: https://www.google.fr/search?q=psychanalyse

(texte écrit avec https://www.scribens.fr/)

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Re: Les dérives de la psychanalyse

Message par Chacoucas » jeu. 16 févr. 2017 18:48

Politesse? (c'est un Hors sujet qui s'annonce?)
Hors-sujet
hop, par sécurité: donc tu me juges impoli (ou me supposes selon un certain nombre d'éléments): ça me laisse 2 interprétations, la première, c'est un jugement et tu es sur de toi. Et mon impératif s'incluant dans une discussion supposée basée sur un échange d'arguments et de connaissances, je te demande des informations (la demande est une autre fonction de l'impératif)
La seconde, tu es exaspéré par la résistance que ton propos (réitéré, obstiné, mais qui se teintait de petites marques de compromis dans les positions, ce qui m'a fait répondre), reçoit.
Dans ce cas-là je ne t'en veux pas (parce qu'un jugement basé sur mon impératif peut être pris comme une impolitesse... dans ce cas là la conversation est finie, bravo).
Donc je vais te demander de montrer un peu de bonne foi et de proposer ta définition, et non pas un petit troll condescendant: condition évidente pour avoir un échange.

Autre solution largement adoptée sur ce fil il me semble: juger que tu n'es pas dans une démarche d'échange ni de discussion. Dans ce cas, bravo, tu t'es trollé toi-même.
indice in-topic pour te recaler sur la condescendance: c'est légèrement un brin polysémique, "psychanalyse", si tu veux, ça désigne beaucoup de choses. Que tu ne détailles absolument pas. Donc tu demandes une révolution (genre c'est en notre pouvoir et on a que ça à faire) contre quelque chose qui est mal précisé. Je dis ça pour t'aider, hein.

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Re: Les dérives de la psychanalyse

Message par Réglisse » jeu. 16 févr. 2017 18:52

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Bel exercice de langue de bois... tu as fait l'ENA?
Sur le fond, tous t'a déjà été répondu (et de toute façons il n'y en a aucun dans ton message, désolé, rien de personnel mais là...). Si tu ne peux pas mettre un peu de modération dans ton propos et admettre des avis divergent comme ce qui t'a été répondu précédemment comme étant un "certes la psychanalyse connaît des dérives, MAIS...", bin moi je suis très gêné par ton insistance a vouloir nous ouvrir les yeux sur cette vérité des psys-qui-profitent-de-nous (ok j'exagères, à peine).
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Girlo a écrit :Si vous avez peur d'une critique tranchée, c'est que vous n'avez pas la démarche logique nécessaire pour la comprendre, ou la juger :(
Ouf, je prend ça dans mes dents... merci pour mon ego mais c'est pas très Charlie comme remarque. En gros je trouves que tu y vas un peu fort et du coup je suis un con :(

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Re: Les dérives de la psychanalyse

Message par Fish » jeu. 16 févr. 2017 19:23

J'ai utilisé le mot "on" seulement une fois
Tu utilises des indéfinis à tour de bras:
les autres ne sont guère mieux
"Les autres": indéfinis
il n'y a que l'Argentine et la France qui donne du crédit à la psychanalyse
Un pays est un ensemble vaste d'individus, de groupes, d’institutions publiques ou privées, c'est totalement indéfini.
Le courant psychanalytique est rejeté avec rationalité
Par qui ? Forme passive, indéfini
des gens qui osent critiquer la psychanalyse
"Des gens" = indéfini
C'est normal d'être émotif, face à l'injustice.
L’injustice de qui ? Indéfini.
si ces partisans étaient capables
Partisans = groupes indéfinis
chaque information influence fortement la clientèle (ou le nombre de patients).
La clientèle et les patients: groupe indéfinis
La psychanalyse n'est pas une science, car elle n'est pas capable de se remettre en cause
Comme pour les pays: la psychanalyse n'est pas une personne physique à qui on peut prêter des intentions. C'est encore indéfini. Il y a au sein de la psychanalyse plein de courants de pensée, des gens qui ne sont pas d'accords, etc.


Bon, ce n'est que pour ta première remarque. Je ne vais pas tout reprendre point par point.


Tout, dans ton discours, est nauséabond. Ça me rappelle les rebelles à 0,30 euros que j'ai croisé dans mes diverses activités "altermondialistes" (oh que je n'aime pas ce mot!). Des gars qui se croient plus intelligents que les autres, plus conscients politiquement que les autres, qui se croient anarchistes alors qu'ils tentent en permanence d'établir un rapport de domination sur les autres, qui se disent "du peuple" alors qu'ils ont un mépris profond pour le commun des mortels, qui voient des complots partout. Les mêmes qui plébiscitent "Loose Change", qui s'engueulent bien au chaud derrière leur clavier à coup de commentaires incendiaires sur Indymedia.

Puisque tu cites Noam Chomsky, tu devrais lire cet article sur les théories conspirationnistes à propos du 11 septembre (en partie de lui, en partie de Jean Bricmont).
http://www.investigaction.net/Chomsky-e ... pos-du-11/

Ça n'a rien à voir avec la psychanalyse, mais l'argument de fond reste valide: ceux qui cherchent des conspirations tout azimut ne font finalement que servir le "système" qu'ils critiquent avec tant d'ardeur: en propageant un discours caricatural, ils détournent l'attention des vrais problèmes. En critiquant la psychanalyse de manière si tranchée, tu masques les vraies critiques qui pourraient être émises à son encontre. Mais je pense que la psychanalyse n'est qu'un prétexte. Ça aurait pu être n'importe quoi d'autre du moment que ça te permettait de jouer au coq.

Ah! Et puis, des vrais anars, j'en ai croisé deux en tout et pour tout dans ma vie. Ce sont des gens géniaux. Bon, très casse-couilles parce qu'ils te mettent en face de tes contradictions, mais il le font à bon escient.

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Re: Les dérives de la psychanalyse

Message par Chacoucas » jeu. 16 févr. 2017 19:29

Hors-sujet
Pour le coup de la critique tranchée, étant donné que "tranché" est ici vaguement synonyme de simplification (binaire: tranché ou pas tranché, point) et qu'un critique avisé perçoit plutôt des complexités, je pense qu'il faut pas le prendre personnellement: petit argument de colère sans véritable logique critique. Enfin, je pense: à Girlo de nous dire si vraiment il pense que la logique sert à trancher ou pas trancher à la base. Ou de ne pas relever puisque finalement c'était pas à prendre comme une attaque ;)

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Re: Les dérives de la psychanalyse

Message par Girlo » ven. 17 févr. 2017 02:24

Et sinon, vous avez un avis sur la psychanalyse, autre que (je résume) "ho non, c'est normal, ça ne me dérange pas" ? Vous n'avez pas l'air de réagir sur des faits, qui montrent les problèmes de la démarche psychanalytique.

Hors-sujet : juger les autres, c'est plus facile !
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Re: Les dérives de la psychanalyse

Message par TourneLune » ven. 17 févr. 2017 04:51

C'est vrai que Fish a pour habitude de troller et les gens ici sont fans de psychanalyse et ne cherchent qu'à t'embêter... C'est même juste pour ça qu'on a créé le forum.
Bravo Girlo tu nous as tous démasqués et tu m'auras bien fait rire.....


Allez je retourne me coucher mais à demain, t'inquiètes, l'équipe va repasser par là....
En attendant je verrouille le sujet. Suite des évènements demain.
"Tout ce qui ne me tue pas me rend plus fort". C'était une connerie. Du moins dans son acceptation banale et contemporaine. Au quotidien, la souffrance n'endurcit pas. Elle use. Fragilise. Affaiblit. L'âme humaine n'est pas un cuir qui se tanne avec les épreuves. C'est une membrane sensible, vibrante, délicate.
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Re: Les dérives de la psychanalyse

Message par Néoplume » mer. 23 mai 2018 23:39

Pour avoir travaillé plus de 20 ans dans un service de pédopsychiatrie et donc avoir pris en soins des enfants souffrant d'autisme et donc leur famille, j'ai un petit avis et une grande expérience.

Il y a des familles avec qui il est possible d'instaurer, de construire et de développer une alliance thérapeutique et là, effectivement l'enfant s'ouvre et avance et peut aller jusqu'à sortir de ses traits autistiques.

Il y a aussi des familles (de plus en plus nombreuses) avec qui il est impossible d'échanger, de discuter et donc impossible d'entrer en relation et donc de pouvoir créer la moindre alliance thérapeutique.

Il y a aussi de plus en plus de familles qui réclament un diagnostic d'autisme à tout prix... et depuis on voit des glissements sémantiques, des étiquettes "enfermantes" qui sont réclamées et posées à tout va... Nous sommes passés de 1 sur 9000 à 1 sur 100 enfant souffrant de traits autistiques puis TED et enfin TSA (DSM V)... Certes 1 sur 9000 c'était peut-être réducteur mais 1 sur 100 c'est du grand n'importe quoi.

J'ai toujours travaillé dans un cadre psychodynamique donc oui on pourrait dire que je crois à la psychanalyse... La psychanalyse est un outil que chacun s'approprie ou pas... il est vrai que certains psychanalystes sont fermés, dogmatiques comme on retrouve en quelque sorte les mêmes c*** dans d'autres disciplines "scientifiques".

L'essentiel de la prise en soins de l'enfant souffrant d'autisme est une prise en charge globale, cohérente, partagée, dialoguée et quand tous les partenaires (dont sont la famille, l'enfant) osent une authenticité, osent la parole, osent abandonner leur toute puissance... L'enfant s'ouvre et peut sortir de cet enfermement autistique.

Il y a aussi un fait important, si nous avions diagnostiqué tous les enfants présentant des traits autistiques comme "autistes", nous aussi nous pourrions revendiquer des chiffres mais c'est une autre conception du soin, c'est une autre éthique qui nous a poussé à ne pas enfermer un enfant dans une collection de symptômes.
"Par la parole, l'homme est une métaphore de lui-même", Octavio PAZ

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