Chronique du sexisme ordinaire

l'Humanité, L'Existence, la Métaphysique, la Guerre, la Religion, le Bien, le Mal, la Morale, le Monde, l'Etre, le Non-Etre... Pourquoi, Comment, Qui, Que, Quoi, Dont, Où...?
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Za
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Re: Chronique du sexisme ordinaire

Message par Za » jeu. 18 mai 2017 09:10

Je ne suis peut-être pas entièrement d'accord avec tout ce qui a été dit dans la première - et effectivement, comme souvent, tout réduire à une petite BD donne un résultat forcément un peu simpliste, pas applicable à tous.

Mais même si la seconde donne des pistes, elle me semble terriblement naïve. Et pour tout dire, limite insultante. Totale internalité, et comme l'a fait remarquer Kalimeris, c'est, on le découvre au fil des années de recherche, assez loin de ce que semble être la réalité, et en prime particulièrement culpabilisant.
Ça sent le "y a qu'à, faut que", du genre : "hé les filles, moi je suis très heureuse, alors il n'y a aucune raison que vous ne le soyez pas, vous vous pourrissez la vie vous-mêmes et en plus, hein petites cachottières, au fond c'est juste parce que vous voulez le pouvoir !!!" - ou, plus simplement, "mais si vraiment tu le voulais, ben fallait lui dire !"

J'ai l'impression de revoir les photos "je ne suis pas féministe parce que..." :1cache:

Tout commence là : "Ça serait donc la faute de mon conjoint si j'ai une charge mentale. Ou bien la faute de la société".
Oui, ben non.
Ce n'est la "faute" de personne, et surtout pas, mais alors surtout pas du conjoint !!! Jamais il n'a été question de ça ! Là encore, ce serait cool de laisser deux secondes les lunettes "internalité".
La première BD expliquait pourtant assez bien (mais peut-être est-ce une question de familiarité avec les articles tournant autour du sexisme ?) que c'était une construction sociétale.

Et oui, oui, parfois (souvent ?) on n'est pas responsable de son état ! Sans même aller vers un déterminisme forcené, cette phrase-ci mérite qu'on s'y penche deux secondes, non ? Oui en effet, on a des leviers pour faire bouger les choses, mais ce n'est pas la même chose !! Vous croyez vraiment que tout ce que vous vivez à l'heure actuelle est le fruit uniquement des choix que vous avez faits ? Si on entrouvre seulement le rideau de la psychologie, on sait bien que c'est faux.
La responsabilité (à supposer qu'il y en ai une) d'un état de fait actuel n'est pas la responsabilité qu'on peut prendre de le changer. Et cette dernière ne s'improvise pas.

Le premier levier de changement, on le connaît en rééducation et en thérapies cognitives et comportementales, c'est la prise de conscience.
C'est exactement ce à quoi s'attelle la première BD.
Il ne s'agit pas de faire culpabiliser les mecs, de dire : "oui ben les garçons, vous êtes méchants avec nous, vous nous laissez tout faire et après on est trop fatiguées, c'est trop injuste". Juste que chacun, hommes et femmes, prennent conscience du travail invisible que ça demande.
► Afficher le texte
Alors le "libre à moi de la poser", il est bien gentil, mais tout dépend d'où sortent les deux protagonistes. Il y a, fort heureusement, des hommes qui ont été élevés à cette responsabilité, ou qui ont pu la construire tout seuls en vivant seuls, parce qu'ils avaient le tempérament pour. Je pense d'ailleurs qu'ils se multiplient seulement depuis notre génération. Mais ce n'est pas une généralité.

Oui, pour ma part j'étais ravie à l'idée que mon conjoint puisse gérer seul ces tâches, qu'il faisait auparavant sous ma supervision, au fond. Par contre la passation de flambeau est loin d'être une sinécure ; et ils sont nombreux les "mais tu ne m'avais pas dit qu'il fallait faire comme ça !" qui relevaient pour moi de l'évidence la plus criante.

Donc oui, quand il se trouve que, contrairement à moi, tu as des gamins à la maison et que peut-être tu n'habites pas juste à côté de ton boulot, que tu as aussi d'autres charges à assumer et même que tu es plus pointilleuse que moi sur ce que doit être une maison bien tenue, et puis surtout que ton mec n'est pas forcément prêt à écouter et assimiler ces "histoires de bonnes femmes" et à devenir un "homme d'intérieur" (merci beau-papa), ben non, tu n'as peut-être pas les moyens de poser cette charge. Et je n'ai pas à t'envoyer à la gueule ton "infériorité"... sur l'échelle du déterminisme.
J'ai mis mon képi dans la cage
et je suis sorti avec l'oiseau sur la tête...
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Re: Chronique du sexisme ordinaire

Message par sandrinef » jeu. 18 mai 2017 21:08

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Aaaaaaahhhhhh! Enfin! Merci Za :respect:
"Le Monde ne te doit rien. Il était là avant toi" M.Twain

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Re: Chronique du sexisme ordinaire

Message par Fish » ven. 19 mai 2017 22:50


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Re: Chronique du sexisme ordinaire

Message par madeleine » sam. 20 mai 2017 16:28

:D
Merci Fish, c'est terrifiant !
le chemin est long et la pente est rude, oui, mais le mieux, c'est le chemin, parce que l'arrivée, c'est la même pour tout le monde... Aooouuuh yeaah...
avec l'aimable autorisation de P.Kirool

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Re: Chronique du sexisme ordinaire

Message par Troglodyte-mimi » sam. 20 mai 2017 20:14

:hai:

A mes yeux dans le, je peux t'aider qui certes délègue l'organisation il y a me semble-t-il (ou peut y avoir) une part de gène à intervenir dans un espace qui est devenu (pour une bonne ou une mauvaise raison!) l'espace de l'autre. Je m'explique, chez nous, c'était avant la naissance des enfants très simple :) , chacun faisait ce qu'il y avait à faire sans trop se poser de questions tout était à peu près naturellement équitablement partagé, cuisine, ménage, courses, etc. Et puis il y a eu mes grossesses et les naissances que je n'ai pas très bien vécues étant épuisée à la fois physiquement et moralement :'( . Conclusion pendant des mois, c'est monsieur qui a tout fait à la maison parce que je n'en étais clairement plus capable... Ensuite heureusement, j'ai repris du poil de la bête et ai donc pu recommencer à faire des choses. Sauf que je ne savais plus lesquelles faire tellement j'étais déconnectée :worried: , je n'osais pas de peur de mal faire ou pas comme il aurait voulu et d'ailleurs quand j'essayais, je tombais souvent à côté de la plaque ne faisant que "la moitié des choses" alors c'est moi qui me suis trouvée dans le rôle du : je peux t'aider car je ne trouvais pas mieux! Non pas pour lui laisser la charge de quoi que ce soit, mais parce que j'étais bel et bien perdue :nesaitpas: et que les "évidences" n'en etaient plus et que j'avais l'impression de ne rien faire bien et d'empieter sur son domaine et aussi que de toutes facons il ne me faisait pas/plus confiance pour bien faire etc. Bref des impressions paralysantes qui n'étaient pas dues à lui ni vraiment à moi, mais au besoin de déconstruire ensemble un état de fait qui à un moment donné il faut bien le reconnaitre nous a permi de nous en sortir. Et lui de son côté avait clairement selon ses dires "perdu l'habitude" de compter sur moi et donc faisait les choses sans meme penser à m'en parler. Tout cela pour dire que oui il y a très certainement un coté culturel et pression sociale et tout le reste à la fois chez les femmes et chez les hommes j'en suis persuadée! Mais je pense qu'il y a aussi une fois un fonctionnement ancré des blocages de situation qui ne sont peut etre pas là ou nous le pensons... En tous les cas chez nous une bonne discution et un tableau de répartitions pendant quelque temps nous ont permis à chacun de retrouver notre rythme et de reconstruire ensemble quelque chose de plus égalitaire. Pour moi, cela m'a permis de retrouver une place et une certaine légitimité dans mes actions à la maison que je ne trouvais plus et à monsieur de savoir qu'il pouvait compter sur moi pour telle ou telle tache qui serait faite pour l'heure dite, indépendament de mon organisation que je pouvais choisir librement. Aujourd'hui, le tableau sert à noter ce qui manque pour les prochaines courses... 8)
C'est un exemple personnel :1cache: certes, mais il me semble qu'il apporte un éclairage intéressant sur une partie du "blocage" qui explique peut-être parfois la persistance d'une situation déséquilibrée chez des ménages pourtant de bonnes volontés?
Cela reste une question ouverte, passionnante mais fort complexe aussi ce "témoignage" ne doit en aucun cas être pris comme une véritée édictée et figée mais bien comme un exemple de processus de blocage dans la répartition des taches qui ne se trouve peut etre pas toujours où on le pense et que la 'caricature' qui a le mérite de faire réagir! ne mentionne pas forcément.
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arizona
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Re: Chronique du sexisme ordinaire

Message par arizona » mar. 23 mai 2017 00:13

Je crois n’avoir jamais participé à ce topic, alors que j’en ai tout lu. Certains posts en diagonale, c’est vrai, pardon, mais comme j’ai tout lu plusieurs fois, j’ose espérer que ceux que j’ai lu de cette façon ont été traversés de plusieurs diagonales différentes.

Mais aujourd’hui, j’ai envie de participer, parce que plusieurs fois je n’ai tout simplement pas compris ce qui était écrit. Je ne comprends pas ce que d’autres comprennent, et je ne comprends pas que d’autres ne comprennent pas ce que je comprends.

Il me semble que le titre de ce topic, c’est le sexisme ordinaire. Donc parler de ce que devrait être idéalement pour chacun l’éducation d’un enfant, oui, c’est intéressant, mais ne fait pas vraiment partie du sujet.
Ce qu’est le sujet, c’est le contact entre deux adultes, ou, éventuellement, le contact entre un adulte - celui qui écrit, et un individu qui à tout le moins estime avoir le statut d’adulte, donc au minimum un grand adolescent.

Dans le contact entre deux adultes, on peut appliquer ce qui a beaucoup fait rire la population Facebook, ou autre, disons internet, un certain temps, et qui était : ce que ma mère pense que je fais, ce que mon boss pense que je fais, ce que mes amis pensent que je fais, etc, ce que je crois que je fais, ce que je fais réellement. Exemple ici: http://knowyourmeme.com/photos/248699-w ... -really-do

Ce qui est bien avec ce genre de petites séries, c’est que c’est présentée sous l’angle de l’humour, que celui qui le publie se moque aussi bien des autres que de lui-même, et donc c’est acceptable pour tout le monde, parce que chacun s’y reconnait. Et en fait, personne n’a la vérité, ni le voisin, ni la mère, ni l’ami, ni le boss, ni en fait, soi-même.

Et ce qui est vraiment intéressant, c’est : moi-même, je n’ai pas la vérité sur ce que je fais.

Grabote, la personne que souvent je ne comprends pas dans ce topic, que tu as toi-même lancé, et que par ailleurs je trouve intéressant, c’est toi.
Je ne comprends pas, comment dans le MEME post, tu peux écrire ( le 2 avril ):
«  Il enseignent leur vision du monde, très légèrement caricaturale ‘ l »homme » la force brute et « la femme » la douceur « .
Puis, 10 lignes plus loin : «  pour moi, l »’homme », » la femme », ça ne veut rien dire."
Et encore 10 lignes plus loin : «  je me sens bien mieux depuis que je me suis reconnectée avec mon côté masculin ( action, défense du territoire, affirmation de soi…) d’autant plus que, surprise, ça a eu comme effet secondaire de redonner une place à mon féminin positif ( féminité, douceur, souplesse…)."

En fait tu passes de : je ne comprends pas ce qu’ils disent, parce que pour moi, il n’y a pas de différence, à : mais en fait il y a des différences, les vraies, et les voici.

Ne penses-tu pas que tu fais exactement ce que tu reproches aux autres de faire, mais en appliquant tes valeurs à toi, qui te semblent les seules bonnes, les seules valables humainement ? As-tu remarqué que tu utilises le même mot, douceur ? Dit par eux, il te semble caricatural, dit par toi, il te semble vrai ?

Et donc : il y -a-t-il des différences, ou il n’y en a pas ?
Comme tu nous dit que non il n’y en a pas, puis ensuite, très rapidement, que oui il y en a, ne penses-tu pas que l’on peut légitimement être un peu confus ? Ne plus savoir ce que tu veux dire exactement ? Ne pas savoir si tu penses que oui il y en a , ou non, il n’y en a pas ?

Que veux-tu dire en fait ?

Si tu veux dire que toi, Grabote, tu te sens agressée lorsqu’il se passe ceci ou cela, alors je pense que tout le monde peut le comprendre. C’est ton ressenti, et un ressenti est difficilement discutable.

Mais il y a une différence entre avoir une ressenti, et appliquer son ressenti à tout le monde comme étant une vérité.
Et si il faut parler caricature, ce que tu fais dans ce que je cite plus haut, je crois que beaucoup pourront dire que attribuer le terme souplesse à une femme, c’est de la caricature. Dans mon vécu à moi, les hommes sont plus souples que les femmes. Plus diplomates. Ils ont plus d’humour, donc plus de souplesse. Ils sont moins susceptibles aussi. Prennent peut-être, parfois, les choses plus légèrement. Elles ont simplement moins d’importance. Pourquoi ? Je ne sais pas, mais quelque part, c’est sans importance. Je crois que dans tout mon environnement féminin, la seule personne qui échappe à ce que je viens de dire, c’est ma mère. Cela ne fait pas beaucoup de personnes.
Je ne prends qu’un des attributs que tu as énoncé, mais je pourrais avec d’autres.

Autre, par exemple, c’est ce que devrait ressentir une femme dans une circonstance donnée.
Tu vois, moi, je ne me vois pas souvent comme une femme. Je me vois comme une personne. Et donc, je fais comme toi, comme presque tout le monde d’ailleurs. J’attribue à l’autre ce que je pense moi-même. Grossière erreur sans doute. Et donc, j’estime que la personne en question ne me voit pas comme une femme, mais comme une personne. Je ne « pense » pas cela, bien sûr. Je veux dire que ce n’est pas une pensée consciente. Mais conscient ou pas, c’est cela qui me détermine, cela qui me conduit dans le monde. Alors oui, cela m’a joué des tours parfois, cela m’a sauvé la vie aussi parfois. Oui aussi, parfois, mais parfois seulement, je dois revoir ma copie, et me considérer comme femme lorsque c’est non pas ce que me renvoie l’autre, mais ce que l’autre m’oblige à être, si je veux rester dans une relation sans conflit. Cet autre, parfois c’est un homme, parfois c’est une femme.
Mais me voir comme une femme, me sentir considérée comme une femme, ne détermine en rien ma conduite. Je me conduis non pas comme une femme, mais comme moi-même. Et qui est moi-même ? Une personne. Parfois une femme, parfois pas.

Donc lorsque quelqu’un me propose de l’aide, je ne me sens pas comme une pauvre faible femme qui a besoin d’assistance. Je me sens comme une personne mise en difficulté, ou dans l’embarras, ou mise en retard, en tous les cas comme une personne qui n’a pas envie de vivre ce qu’elle vit, ou pas le temps. Parce que qui a envie de changer la roue de sa voiture ? Personne.
Lorsque quelqu’un me demande de l’aide, ( ton deuxième exemple, celui de la marmite ), de nouveau, je le prends en tant que personne, jusqu’à ce qu’il me soit démontré le contraire. Déjà, ton histoire est hyper délirante. On pourrait en faire un film. Vraiment, il y a des gens qui se baladent avec leur marmite, et qui demandent aux villageois de les chauffer ? Peut-être c’est courant là où tu vis, mais là où je vis, ce ne l’est pas. Et celui qui fait cela, je ne le prends pas pour un sexiste, je le prends pour un égaré, qui demande aide à la première personne sur laquelle il tombe. En l’occurence toi, non pas une femme, mais une personne. Et lui, ce n’est pas un homme, c’est un égaré, un asocial, un perdu, une personne. T’es tu demandée pourquoi il avait besoin que quelqu’un chauffe son repas ? Il n’a pas de maison ? ll ne vit pas là ? Qui est-il ? Peut-être lorsqu’il t’a vu, il y a cru, il s’est dit : quelle chance, c’est une femme, et non un homme, parcequ’il a appliqué les termes que tu as utilisé pour les femmes : souplesse, douceur ? Souplesse, tu peux interrompre ton travail pour l’aider ? Douceur, peut-être tu peux lui adoucir sa journée, parce que, dis-moi, crois-tu qu’il est facile d’aborder les gens pour leur demander de l’aide ? Juste pour manger ? Oui, je sais que tu as dit qu’il était exigeant, c’était tout de suite, pas après. Mais peut-être qu’il a senti tout ce qu’il se passait en toi, et que c’est sa réponse à lui, face à ta réponse à toi ? Réponse non verbale, les fameuses deux minutes pour comprendre dont tu parles. Ben il s’est bien trompé, erreur, les femmes, ce n’est ni douceur, ni souplesse, parfois. Et pourquoi ? Parce que elles pensent que lui il pense que…… Merde, le mec a juste faim.

Une personne, c’est aussi ce que un homme peut penser qu’il est. Non pas un homme, mais une personne. Combien d’hommes ne sont pas regardés par les femmes parce qu’ils ne font pas assez homme ? Ils sont trop petits, trop geek, trop gentils, trop femme, trop intelligents, trop doux.Trop faibles, quoi.

Et je me demande : qui, dans la société, demande à un homme d’être un homme. Les hommes ? Ou bien les femmes.
Combien de femmes sont responsables de l’attitude des hommes ?

Je te demande, à toi Grabote, avec sincérité : peux-tu être amoureuse et partager ta vie avec un homme qui mesure 50 cm de moins que toi, qui est moins fort physiquement que toi, et qui pèse 20 kg de moins que toi, mais qui a les qualités de coeur que tu aimes ?
Si tu me dis oui, je te crois. Mais combien de femmes vont répondre oui ? Très peu.
Si nous n'étions pas d'ici, nous serions l'infini.
D'une chanson.

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Re: Chronique du sexisme ordinaire

Message par Grabote » mar. 23 mai 2017 07:36

:o arizona ! Je suis flattée de l'intérêt que tu portes à ce que je peux penser.
C'est amusant car je parlais de toi il y' a peu, et tada te revoilà.
Bon, j'avoue que c'est pas super agréable de se retrouver sur la sellette comme ça au p'tit dej, mais j'avais qu'à pas allumer l'ordi !
Bref, oui tu n'es visiblement pas la seule à me trouver confuse et je procrastine une explication de ma façon de voir les chose. Je crois pas que je vais le faire ce matin ni en réponse à ton message que je trouve un peu trop "à charge".

Une amie asienne me disait récemment qu'elle ne comprenait pas non plus mon positionnement sur le fil alors qu'elle me comprend bien quand nous en parlons ensemble (ce qui ne veut pas dire qu'elle soit d'accord avec moi).
Il est vrai que je suis plus à l'aise à l'oral qu'à l'écrit et que je ne développe sans doute pas suffisamment ma pensée.
Mais bon, en même temps je remarque que tout les mots que j'écris ne sont pas lus donc pas sur que ça passerai mieux si j'en mettais plus ...
J'aimerai d'ors et déjà attirer votre attention sur le fait que dire "les femmes sont douces" et " la douceur est une énergie que je relie à mon coté féminin" ce n'est pas du tout la même chose ...
Féminin et femme ce n'est pas le même mot et ça ne désigne pas la même chose,
masculin et homme non plus vous en conviendrez je pense.
L'essentiel est sans cesse menacé par l'insignifiant. René char

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Re: Chronique du sexisme ordinaire

Message par laurette » mar. 23 mai 2017 08:00

Pour ce que vaut mon avis, je décide ,pour une fois de le donner quand même.
Ari, je suis entièrement d'accord avec tout ce que tu dis. Je ne comprends pas toujours tout de ce que qui est écrit dans ce fil. Mais pas que dans celui-là. Et, bizarrement, sur ce coup là, je suis à peu près sûre de ne pas être la seule.
Je lis, souvent en diagonale (moi aussi), je suis d'accord, ou pas. Je développe des arguments... ou pas. Dans ma tête, souvent. Car je SAIS, que je ne saurai pas défendre mes ressentis, mes arguments, ma "pauvre" façon de ne pas savoir argumenter, la confusion des mots alors que les choses sont claires dans ma tête. Je n'ai pas ce courage.
Grabote, je ne comprends pas toujours ce que tu dis, ni où tu veux en venir, mais je "ressens" ce que tu dis (ce n'est pas clair hein?... je vous l'avais dit...) et ce courage que tu as de persévérer, de tenir.
Voilà, pour moi Grabote est une personne. Une personne qui n'a pas toujours le bon mot ou la bonne formulation, qui n'arrive peut-être pas toujours à transmettre le fonds de sa pensée, de ses ressentis. Ca me fait penser à quelqu'un, ça...
Ca me fait penser à plein de "personnes" en fait. Merci Grabote pour ton courage (que je trouve très "féminin") :rock:
Mon intelligence? elle va de là..................... à de là.

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Re: Chronique du sexisme ordinaire

Message par TourneLune » mar. 23 mai 2017 08:36

En fait, Grabote, faudrait peut-être juste utiliser d'autres mots pour ce que tu appelles féminin/masculin. Ça clarifierait peut-être largement la communication. Parce que là j'ai l'impression que tu en as une définition qui t'est toute personnelle et qui ne permet pas de se comprendre.
Ca ne résoud à mon avis pas toute la problématique d'une telle vision binaire mais ça évite des contresens vu que le sens normal de féminin renvoie naturellement à femme.

Enfin prends ton petit dej d'abors et garde à l'esprit que si plusieurs personnes ne comprennent pas, c'est peut-être pas malveillant ou à charge, mais juste pas clair ;)
"Tout ce qui ne me tue pas me rend plus fort". C'était une connerie. Du moins dans son acceptation banale et contemporaine. Au quotidien, la souffrance n'endurcit pas. Elle use. Fragilise. Affaiblit. L'âme humaine n'est pas un cuir qui se tanne avec les épreuves. C'est une membrane sensible, vibrante, délicate.
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Re: Chronique du sexisme ordinaire

Message par lady space » mar. 23 mai 2017 10:01

Merci Arizona d'avoir mis des mots sur ce qui trottait dans ma tête depuis un moment et que je n'ai pas pris le temps de formuler au clair sous forme de post ici.

J'aurais en grande partie écrit la même chose que toi, à la seule différence que je n'aurais pas utilisé le mot "personne" mais "être humain" pour décrire comment je me vois moi et les autres aussi.

Après, comme tu le pointes très bien, je pense qu'une partie de l'incompréhension suscitée par la façon de s'exprimer de Grabote réside dans le fait qu'on ne sait pas sur quel volet de langage elle se place et que ce n'est pas forcément le même d'une phrase à l'autre.

C'est certes fastidieux et ça ne fluidifie pas la lecture, mais je pense que, pour aborder un sujet aussi complexe et émotionnel que le sexisme, il convient de prendre quelques précautions langagières. À savoir expliciter en amont l'approche adoptée en utilisant tel ou tel terme.

Prenons l'exemple du mot "femme" : est-ce que je l'utilise de manière technique, neutre, dans le sens de "être humain de sexe féminin, doté d'organes reproducteurs destinés à porter et nourrir sa progéniture" ? Ou bien j'utilise ce mot pour désigner l'ensemble de stéréotypes auxquels il renvoie ? Ou tout à fait autre chose ?

Idem pour "féminin" : est-ce que je l'utilise dans le sens couramment admis, avec sa part de stéréotypes, ses connotations, etc. ? Ou bien ai-je adopté une vision orientale, du type Yin et Yang ? (Question que le renard avait posé il y a un moment déjà et qui n'a pas eu de réponse, si ma mémoire est bonne.)

Pareil quand on parle des qualités féminines et masculines : est-ce que, par qualité, on entend un synonyme de propriétés/caractéristiques ? Auquel cas il conviendrait de se passer du mot "qualité" qui renvoie facilement à une notion de valeur.

Donc, pour être clair dans son discours et éviter le plus possible les malentendus, il vaut mieux recourir à quelques contorsions langagières telles "les caractéristiques qualifiées de féminin par le langage courant/l'inconscient collectif/ce que vous voulez (rayez la mention inutile)" au lieu de "qualités féminines" par exemple.

Procéder de cette façon demande à prendre du recul, de ne pas écrire "à chaud", mais de démêler d'abord soi-même de quoi on est en train de parler au juste, aussi de distinguer le ressenti, les émotions, des faits. On n'en a pas forcément envie, ça prend du temps, ce n'est pas très spontané, mais je pense que c'est le prix à payer si l'on veut aboutir à quelque chose de constructif.
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(Slogan allemand des années 70/80 qui rappelle que nous sommes tous des étrangers quasiment partout dans le monde, sauf dans notre pays d'origine.)

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Re: Chronique du sexisme ordinaire

Message par Choupinne » mar. 23 mai 2017 12:55

Et aboutir a quelque chose de constructif c'est aussi réussir a déceler et écarter la part de sexisme, de stéréotypes, de patriarcat et compagnie, en nous. Que l'on soit un homme, ou une femme. Et c'est franchement pas évident. (Moi je préfère vous lire et y réfléchir que de me plier à l'exercice :D)
"Il me fallait une bonne citation à mettre en signature, mais j'ai rien trouvé de sympa..."
- Choupinne

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Re: Chronique du sexisme ordinaire

Message par arizona » mar. 23 mai 2017 22:48

Tu as raison Grabote, j'ai été un peu agressive.
Toi et moi on se connaît, tu sais que je peux m'emporter et devenir dure, excuse-moi.
Le but n'est pas de dénoncer, ou de pointer du doigt. Comme l'a dit Laurette, tu tiens ta position, courageusement, et par cela même, tu prouves qu'elle te tient à coeur, que les situations sont plus importantes pour toi que pour moi, par exemple. Mais malgré tout, j'ai parfois du mal à comprendre pourquoi cela te va si loin, pourquoi tu vois noir lorsque je vois neutre, pourquoi des situations qui me semblent, et pas seulement à moi, banales, voire gentillettes, pourquoi elles t'enflamment et te choquent.
Je crois qu'au fond, c'est cela que je voulais dire. Est-ce si grave qu'un homme t'aborde pour te demander de chauffer sa marmite ? Peut-être qu'il a toqué à des portes qui sont restées closes, parce que les gens sont absents, et puis soudain il est tombé sur toi ? Non pas une femme, comme je l'ai dit, mais juste quelqu'un, enfin quelqu'un ?

J'ai enfin lu les derniers liens qui ont été postés, les bd, l'article du huffington, super intéressant d'ailleurs, ainsi que les commentaires qui vont avec.
Exemple : Une maman dont la fillette de 7 ans revient en pleur de l'école parce que un garçon l'a frappé. C'est parce qu'il doit bien t'aimer, lui a dit sa maîtresse. Super le message. Si un garçon t'aime bien, il te frappe. Heureusement pour cette enfant qu'elle a des parents pour se révolter - non pas contre le gamin qui a frappé, ce n'est qu'un gamin, et va t'en savoir ce qu'il se passe chez lui, à l'école, etc. Mais la prof ?? Misère.
Si nous n'étions pas d'ici, nous serions l'infini.
D'une chanson.

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Grabote
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Re: Chronique du sexisme ordinaire

Message par Grabote » mer. 24 mai 2017 12:38

Merci Arizona pour ta modération.
Ton message et ceux qui ont suivi ont eu le mérite de me pousser à cesser de procrastiner, j'ai donc finalement pris le temps d'écrire ces explications si souvent demandées.

Donc voilà un peu comment je me raconte les choses à propos de Masculin – Féminin. Un récit intérieur personnel que je construis à travers mes expériences, mes lectures, ma vie. Un récit qui me rassure en donnant du sens au chaos qui m'habite et à celui qui m'entoure. Ce n'est pas un dogme, ce n'est pas une religion, ce n'est pas une certitude.
Juste des mots dont mon mental a besoin pour avoir l'illusion de contrôler la situation.;-)

Une femme c'est un être humain de sexe féminin (une vulve) avec un fonctionnement hormonal spécifique.
Un homme c'est un être humain de sexe masculin (un pénis) avec un fonctionnement hormonal spécifique.

Pour moi, n'en déplaise aux adeptes de la théorie du genre, c'est une différence physiologique qui a des conséquences.
Mais une différence qui est juste une différence parmi une multitude de similitudes et de différences.
Une différence qui ne peut pas suffire à qualifier une personne pour autre chose que son sexe et son fonctionnement hormonal et le rôle qu'il joue dans la reproduction de l'espèce.
L'humain est un être vivant d'une grande complexité. Un mélange subtil et pluri-factoriel qui fait de chacun-e d'entre nous une personne unique. Qui fait que je peux me sentir plus proche de certains hommes que de certaines femmes.

Pour en venir à mon emploi de féminin-masculin puisque c'est surtout ça qui pose problème si j'ai bien compris ?
Oui, je me sens animée d'énergies différentes que je classe (quand je les théorise, finalement assez rarement, la plupart du temps, je les vis tout simplement) comme des énergies féminines ou des énergies masculines. Je vais même plus loin, dans mon classement, il y a :
énergies féminines positives et énergies féminines négatives
énergies masculines positives et et énergies masculines négatives .
Quand je suis à l'écoute de mes ami-es par exemple, je suis dans une énergie féminine positive.
Quand je m’apitoie sur mon sort, dans une énergie féminine négative.
Quand je m'affirme face à mon voisin ou dans mon boulot, je fais appel à mon masculin positif.
Quand j'impose mon point de vue, masculin négatif.
Comme je l'ai écrit de nombreuses fois, ces énergies animent potentiellement tous les êtres humains sans distinction de sexe. Une énergie, ce n'est pas un trait de caractère c'est juste une énergie qui m'anime à un moment T.
Pourquoi les classer de cette façon ? je crois que ça s'inscrit dans une vision globale du monde.
Une vision en cohérence avec un ressenti : le vivant comme un mouvement de balancement entre deux polarités. La nuit et le jour, la lune et le soleil, l'été et l'hivers ...
Ce n'est pas moi qui l'invente, je baigne dedans à chaque instant.
Il y'a des forces complémentaires qui sont à l'oeuvre quand on s'érige et qu'on pénètre, et, quand on s'ouvre et qu'on accueille. Cette rencontre de forces complémentaires perpétue la vie, il n'y a donc rien d'étonnant à ce que la culture en soit le reflet. Je suis pétrie de nature et de culture.

Le vrai problème ne vient pas, de mon point de vue, de la différenciation mais de la hiérarchisation.
Ce n'est pas parce qu'il y'a 2 termes que l'un est nécessairement supérieur à l'autre.
Certain-es pensent qu'en niant culturellement la dualité, en construisant intellectuellement une neutralité factice nous pourrions arriver à une égalité de fait, par défaut finalement.
Personnellement je ne le crois pas, pour moi c'est une pure construction mentale déconnectée du corps.
Je crois qu'il serait bien plus utile de déconstruire la hiérarchisation : ce n'est pas parce qu'il y'a 2 termes qu'il y' a forcément une hiérarchisation, personne n'aurait l'idée de dire que l'été est supérieur à l'hivers.
C'est pour ça que j'essaye de redonner une visibilité au féminin à l'écrit par exemple. Pas pour les femmes, mais pour tout le monde. Les énergies féminines sont dévalorisées pour tout le monde .
Et il me semble que c'est une source de tension, de souffrance, de déséquilibre pour tout le monde.
Il y a de nombreuses femmes qui méprisent leur coté féminin et se coupent ainsi d'une partie de leur puissance. D'autant plus que, dans mon expérience, l'un ne va pas sans l'autre et que de ce fait c'est leur coté masculin négatif qui se renforce. J'en ai fait partie un certain temps.
Il y'a de très nombreux hommes qui étouffent leur coté féminin (pas la peine de développer pourquoi, n'est ce pas?) et de ce fait renforce leur coté masculin négatif. Le mépris du féminin nous entraine tous dans un mal être, une diminution de notre force, et nous sépare les un-es des autres.
De l'égalité nécessaire, de la complémentarité du féminin et du masculin naitra inéluctablement l'égalité de fait entre les hommes et les femmes. Amen

Est ce que ça répond à vos questions ?
Est ce que ça explique comment je peux écrire ça
« ils enseignent leur vision du monde,très légèrement caricaturale "l'homme" la force brute et "la femme" la douceur » et ça « Je me sens bien mieux depuis que je me suis reconnectée avec mon coté masculin positif (action, défense du territoire, affirmation de soi ...) d'autant plus que, surprise, ça a eu comme effet secondaire de redonner une place à mon féminin positif ( féminité, douceur, souplesse ...) » et n'y voir aucune incohérence bien au contraire ?

J'espère que ce texte apportera quelque chose à certain-es d'entre vous et permettra à celles et ceux qui le souhaitent de mieux me comprendre.
En ce qui me concerne, cette façon de voir m'apporte une sensation de cohérence et de quiétude.
Je peux réagir à des situations que je ressens comme sexiste mais je ne suis pas dans la guerre des sexes, je souhaite « la réunification des deux corées » comme dirait Joël Pommerat.
Je crois que nommer les choses comme ça, me permet de me rendre compte de ce qui se joue à certain moment et de choisir, en conscience, de cultiver mes forces positives plutôt que les négatives.
Mais la plupart du temps, dans ma vie je ne me dis pas ce genre de chose, je vis et c'est tout.
Un moment important dans mon cheminement sur ce sujet, fût quand, grâce à mon auto-protocole thérapeutique, j'ai commencé à me reconnecter avec certaines de mes forces (à m'affirmer ou à me défendre) et qu'en parallèle l'envie de porter des jupes a surgit spontanément, ça m'a vraiment questionné car pendant plus de 20 ans je n'en portais qu'au cœur de l'été quand il faisait vraiment très chaud. Et là sans que ça soit réfléchi ou décidé, j'ai eu envie d'en mettre de plus en plus souvent.

Les retours que j'ai eu en privé sur ce texte m'incite à vous prévenir que je vais prendre un peu de recul avant de venir lire vos réactions. Pas qu'elles ne m'intéressent pas, certainement pas, si c'était le cas je n'aurai pas pris ce temps pour m'exprimer parmi vous, mais juste que je me protège.
Je ne suis pas à un moment propice pour requestionner mon système de pensée, et écrire ce texte m'a déjà trop éloignée de mes préoccupations actuelles.
Ces retours vont dans le sens de certaines réactions à mes posts ici, à savoir que mon positionnement est sexiste « si on considère qu'il valide et entretient les stéréotypes de genre. » 

Personnellement je ne le vois pas comme ça dans la mesure où je n'assigne pas un genre à un sexe ni ne les hiérarchise.
L'essentiel est sans cesse menacé par l'insignifiant. René char

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Re: Chronique du sexisme ordinaire

Message par dani » mer. 24 mai 2017 14:06

Je me demande si comminiquer autour des différences-similitudes du féminin et du masculiln est réellement possible, tant la représentation de ces notions est très influencée culturellement, socialement et de par la génération à laquelle on appartient (et ici j'ai l'impression que le groupe AS est très hétérogène sur tous ces plans)

Je comprends pour ma part plutôt bien Grabote, peut-être parce que je suis proche de sa génération (je suis juste un peu plus âgée qu'elle (51 ans)). Je suis assez à l'aise avec sa manière d'aborder les choses, sachant que cette manière est bien sûr est un peu caricaturale et que le "féminin" et "masculin" ce n'est pas que ça, ou pas vraiment ça. Que d'autres perceptions se tiennent aussi, qu'elles sont peut-être même plus nuancées c'est vrai. Mais pour moi elles permettent moins l'échange de ressentis que l'approche de Grabote.

L'histoire de la casserole à réchauffer l'illustre : on n'y était pas, donc difficile de savoir ce que la personne pensait vraiment. Difficile de savoir aussi si cette personne aurait abordé Grabote exactement de la même manière, avec les mêmes demandes, si elle avait été un homme, si elle avait été plus jeune, si l'homme avait été très jeune etc... J'en doute un peu. Les hommes d'un certain âge ont souvent certaines attentes vis à vis des femmes. C'est comme ça, c'est culturel, sans être du sexisme. Dans ma vie courante je dois souvent "réajuster " les choses, car de la part d'une femme de 52 ans certaines personnes s'attendent à d'autres attitudes que les miennes, car dans mon groupe social en Suisse, il est rare que quelqu'un comme moi travaille à plein temps, assume tout à la maison parce que je peux difficilement confier cela aux enfants peu présents (les réparations courantes, planter les clous, changer les roues de la voiture, les repas, les massages et l'entretien des fleurs etc), gagne plus que bien des hommes, demande à ses enfants de faire leur lessive et leur repassage. Et dans d'autres groupes sociaux et d'autres pays c'est la norme et personne ne s'en étonnera. Donc les questions de genre on n'en sort pas si on ne tient pas compte de ces autres paramètres pour nuancer les définitions (et là les dictionnaires, qui sont censés nous aider, je les remercie pas :-D http://www.larousse.fr/dictionnaires/fr ... nine/33208 !!)
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Re: Chronique du sexisme ordinaire

Message par hazy » dim. 28 mai 2017 22:25

J'ai pas lu tout le fil, désolé.

Je trouve souvent une certaine confusion, entre le sexisme, machisme, patriarcat, et la domination masculine, la société patriarcale, etc.

Les premiers sont des opinions, cultures, bref, sont personnels. Les seconds sont politiques.

Je ne suis pas d'accord à dire que les femmes sont exploités, méprisées, sous-traitées, etc.

Comme les femmes sont mal traitées, comme toutes les autres minorités, on considère que Femme entraine moins de droits que les autres.

J'en sens qui vont s'énerver là, mais lisez la suite d'abord :)

Les femmes luttent pour la cause de leur minorité, comme les LGBT, les Clandestins etc.

Car de mon point de vue, les femmes sont bien une minorité. Minorité en terme de pouvoir, de richesse, de crédibilité, de salaire, etc .

Pourtant les femmes ne sont pas, démographiquement et en terme d'activité ou de production, minoritaires.

Donc, quoi. Les femmes ne sont pas traitées comme elles sont sans raison. Mais en plaçant uniquement le débat sur les droits de la femme, par exemple, on se range comme minorité.

Mais les personnes exploitées et maltraitées sont largement majoritaires.

Le souci, je le verrai plutôt dans la domination, la légitimation de la domination. La domination d'un grand nombre par une minorité est une invariable. Aujourd'hui, le débat s'est déplacé.

Chez les singes, le dominant est le plus fort. C'est sa légitimité. Point barre. Plus de force, plus de légitimité.

Chez certains humains aussi, plus ou moins selon les régions.

Mais chez certains humains, la domination s'est socialisé. Sa légitimité ne pouvait plus être la force. Donc, comment conserver sa légitimité à dominer ? En trouvant d'autres raison. Plein. Une raison pour chacun.

Aujourd'hui, on ne chercher plus à remettre en cause la légitimité et la domination du dominant.

On cherche à se que sa minorité obtienne les mêmes droits que la "norme ".

J'y vois la une domination beaucoup plus importante. La Domination devient une état de fait, une norme naturelle.

Cette domination là ne devrait pas être laissée tranquille.

Les minorités qui se battent pour elles même entérinent aussi, malgré tous les bons résultats, cette légitimité aveugle de la seule minorité réelle : les dominants.

Je précise que c'est un point de vue additionnel, qui ne remet en rien en cause les luttes actuelles.
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Re: Chronique du sexisme ordinaire

Message par W4x » dim. 28 mai 2017 22:54

Je ne suis pas bien sûr de saisir tous les sens que tu donnes au mot "minorité", qui désigne tantôt l'oppressé, tantôt l'oppresseur?
Le terme n'est peut-être pas le plus approprié...? Le fait que soient bafoués des traitements qui devraient être équitables ne met pas les femmes en position de minorité. Se baser uniquement sur le terrain des droits, peut-être est-ce réducteur, mais n'est-ce pas pourtant d'une équité des droits que beaucoup de choses pourraient découler?
Se battre pour une cause, aller à contre-courant d'un mouvement, oui ça l'entérine mais quelque part reconnaître ce qui dysfonctionne et le rendre visible aux yeux de tous c'est à mon avis la première étape indispensable de tout combat. Mais ce n'est pas pour autant que ça légitime les "dominants" dans leur position.
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Re: Chronique du sexisme ordinaire

Message par hazy » lun. 29 mai 2017 06:05

Je ne suis pas bien sûr de saisir tous les sens que tu donnes au mot "minorité", qui désigne tantôt l'oppressé, tantôt l'oppresseur?
Les femmes sont une minorité en terme de représentativité dans les instances de pouvoir, de richesse par exemple, tandis que les dominants sont minoritaires en nombre.

Comme je pense que les minorités politiques, économiques etc .. sont factices, à mes yeux la seule minorité est celle des dominants.
Le fait que soient bafoués des traitements qui devraient être équitables ne met pas les femmes en position de minorité
Je considère de mon point de vue que les femmes sont une minorité au sens politique. Sous représentées, sous légitimées, leur condition de femme leur donne, de fait, moins d'amplitude à compétence égale.
Se baser uniquement sur le terrain des droits, peut-être est-ce réducteur, mais n'est-ce pas pourtant d'une équité des droits que beaucoup de choses pourraient découler?
L'équité devant la loi est indispensable et a porté ses fruits, bien sûr. Cependant je trouve qu'une partie du débat est occultée.
La domination perdure, et sa légitimité n'est pas remise en cause. On refuse que les femmes soient victime de domination, on ne refuse pas la légitimité de la domination.
reconnaître ce qui dysfonctionne
Qu'est ce qui dysfonctionne ? Le fait que les femmes, les noirs, les nains, les homos, les idiots, les sans papiers, et tous les autres soient victimes des même mécanismes d'exploitation ?

Le dysfonctionnement viendrait des caractéristiques " minoritaires " de 80% de la population ?

J'ai comme un doute, je trouve le raisonnement biaisé.
La matière n'est qu'une conséquence.

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Re: Chronique du sexisme ordinaire

Message par W4x » mar. 30 mai 2017 22:35

hazy a écrit :La domination perdure, et sa légitimité n'est pas remise en cause. On refuse que les femmes soient victime de domination, on ne refuse pas la légitimité de la domination.
Je ne vois pas bien la différence. Se battre contre la perpétuation de clichés sexistes aussi bien que l'émergence de nouveaux schémas qui le sont tout autant et font le lit de la dite "culture du viol", n'est-ce pas déjà remettre en cause cette "légitimité" ? On n'en est pas/plus à "défendons nos amies les femmes" / "touche pas à mon pote", si ?
reconnaître ce qui dysfonctionne
Qu'est ce qui dysfonctionne ? Le fait que les femmes, les noirs, les nains, les homos, les idiots, les sans papiers, et tous les autres soient victimes des même mécanismes d'exploitation ?

Le dysfonctionnement viendrait des caractéristiques " minoritaires " de 80% de la population ?

J'ai comme un doute, je trouve le raisonnement biaisé.
Ça fera plaisir à toutes ces "minorités" que d'être rassemblées ^^ Mécanismes d'exploitation, c'est-à-dire?
On a toujours moyen via le filtre qu'on veut de rendre minoritaire qui l'on veut... 80 ou même 95% des gens.
Ce qui dysfonctionne, c'est un modèle éculé appliqué à -excusez-les du peu- la moitié de la population.
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Re: Chronique du sexisme ordinaire

Message par Raphaël » mer. 31 mai 2017 13:47

A mon boulot (une salle de Live Escape Game), j'ai remarqué quelques petites choses:

- Les groupes de filles ont largement plus tendance à dire "on est nulles" dès lors qu'une énigme les met en échec, ou qu'un indice leur montre que la solution n'était pas si difficile. Là où des groupes masculins face aux mêmes énigmes, et aux mêmes indices ont plus tendance à s’enorgueillir de leur succès.

- Les collègues féminines ont plus tendance à être coupées ou insultées par les clients. Ce qui est particulièrement sensible quand c'est une collègue qui s'est occupé d'un groupe, et que c'est moi qui les suit, et donc les écoute avec mon casque devant l'écran.
Voiles et plumes
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Re: Chronique du sexisme ordinaire

Message par hazy » jeu. 1 juin 2017 21:38

Je ne vois pas bien la différence. Se battre contre la perpétuation de clichés sexistes aussi bien que l'émergence de nouveaux schémas qui le sont tout autant et font le lit de la dite "culture du viol", n'est-ce pas déjà remettre en cause cette "légitimité" ?
D'une point de vue social, je suis d'accord. Mais dans ton exemple, on trouve très bien ma problématique:

C'est la perpétuation de clichés sexistes aussi bien que l'émergence de nouveaux schémas qui le sont tout autant qui fait le lit de la culture du viol.

Alors que de mon point, la clé du problème devrait être le viol. On lutte contre les facteurs de banalisation de la domination, voire de légitimation, qui ne sont que des phénomènes.
Mécanismes d'exploitation, c'est-à-dire?
La culture du viol, c'est la légitimation de l'exploitation forcée d'autrui. Dans ce cas, de son corps. Parfois de son temps de travail, de ses organes etc ..
On a toujours moyen via le filtre qu'on veut de rendre minoritaire qui l'on veut... 80 ou même 95% des gens.
N'est ce pas justement le cas, et donc la vraie victoire des dominants ?

Si toutes ces luttes singulière s'attaquaient à la cause de leur ostracisation, les 1% de psychopathes et leurs sous fifres, on remettrait le problème à sa place: dans le cerveau du dominant.
La matière n'est qu'une conséquence.

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Re: Chronique du sexisme ordinaire

Message par Bradeck » ven. 2 juin 2017 13:29

Euh... hazy, je suis perplexe... outre que le fait que je ne comprends vraiment pas ton utilisation de "minorité", quelque part dire : au lieux de tenter de s'occuper à éradiquer les discriminations, il vaudrait mieux s'attaquer au problème de base, c'est à dire la domination, cela me semble un peu blanc bonnet et bonnet blanc.
J'imagine que pour toi, les discriminations sont le symptômes d'une cause : la domination mise en place par les dominants, ces derniers ne représentant que 1% de la populations.

Je ne suis absolument pas d'accord, mais pour éviter un dialogue de sourd, et pour l'exercice, je te pose une question :
- Que propose-tu pour lutter contre le problème de la domination ?
Au lieux d'aller tout azimut, et comme nous sommes dans le fil "chronique du sexisme ordinaire", je te propose de circonscrire cela aux questions sur le sexisme (NdR : rappelons que le sexisme est un comportement discriminatoire vis-à-vis d'un membre d'un sexe donné, qu'il soit féminin ou masculin).
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Re: Chronique du sexisme ordinaire

Message par gabriailes » sam. 10 juin 2017 21:24

:@ :@ voici le propos que j'ai recueilli auprès d'un jeune homme de moins de trente ans. :@ :@

Ames sensibles, s'abstenir.


- Les femmes, avant d'avoir le droit de vote, avait la chance d'avoir le pouvoir au foyer, sans les responsabilités dues aux hommes.

- Le viol "sans violences physiques (comprendre par là tout viol ne se passant pas dans une ruelle sombre) ne devrait pas être puni, cela donne à la femme un statut de femme faible, ce contre quoi les féministes se battent.

- Et quoi, maintenant, pour un bisou volé, je me ferai traité de violeur?

- Les femmes sont faites pour entretenir le foyer, c'est dans leur constitution.

- Les femmes passent une heure et demi dans la salle de bain, c'est dans leur constitution.

- Je ne taperai jamais contre des transsexuels ou des homos, mais je ne pense pas que banaliser cette déviance soit sain.

- Les femmes ont une intelligence émotionnelle. Les hommes une intelligence rationnelle.

- La société se féminise.

- Une femme ambigüe quant à ses intentions sexuelles ne doit pas s'étonner de se faire "serrer".

- Dans l'idéal, je trouverais important que les membres d'un couple puissent s'épanouir tout deux à l'extérieur, mais il me semble quand même plus important que l'homme ait droit à cette "liberté"

-La femme peut plus facilement trouver sa "liberté" au sein de son foyer.

-Le féminisme dynamite le noyau familial.

- L'augmentation des anti-dépresseurs va de paire avec l'émancipation de la femme en occident.

Je ne vous retransmets ici qu'un condensé de l'horrible discussion que j'ai tenue il y a peu. Sortie de ça en pleurant, j'ai bien envie d'en faire, d'en écrire quelque chose. La violence de ces propos, et le regard qui les soutenait font froid dans le dos. En appelant une amie après, elle m'a dit qu'il était sans doute plus à plaindre que moi. Malheureusement, je ne crois pas que cela soit le cas. Il souffre et souffrira moins que toutes les femmes saoules et violées de ce monde, que toute celles qui voudront porter plainte et à qui l'on dira que la jupe était courte, que toutes ces chercheuses, magistrates et docteurs que l'on prendra longtemps encore pour des secrétaires, que toutes ces femmes qui se feront traiter de putes, de boudin, de laides, ou de salopes. Pour lui, ça roule. Il sait même comment il réagirait, lui, s'il se faisait violer. C'est dire.

Voilà, je suis un peu abasourdie. Je n'avais jamais vécu ça en vrai, en direct, et adressé à moi.

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Re: Chronique du sexisme ordinaire

Message par Le Renard » dim. 11 juin 2017 21:31

L'ensemble me fait beaucoup trop penser à l'idéologie portée par des gars comme Roosh Valizadeh et consorts. Il y a une importante cyber communauté anglophone qui tourne autour de ça. Tu as dû tomber sinon sur un de ses membres, au moins sur un consommateur convaincu.

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Re: Chronique du sexisme ordinaire

Message par Hum! » dim. 11 juin 2017 22:15

Je comprends ta tristesse Gabriailes. Il y a quelques années encore,avec d'autres membres d'une association, j'intervenais -dans des collèges, lycées, parfois en Centre d’éducation fermé, sur la prévention des violences sexistes et sexuelles. Ce que nous entendions nous semblait inouï .. Je me souviens de ce jeune collégien disant sans la moindre gêne:" si ma meuf me trompe , je la viole et je la tue!" Alors nous demandions aux autres jeunes d'exprimer ce qu'ils en pensaient pour faire émerger 'une autre parole, susciter un questionnement pour créer une faille, fragiliser leur conditionnement, mais nous avions le cœur gros. Le pire était parfois de découvrir que ces jeunes étaient sincères ainsi je me souviens d'un autre collégien qui venait..enfin ....d'admettre qu'il "valait mieux" demander son accord à une fille avant d'avoir une relation sexuelle avec elle. Il ajouta, comme plein de bonne volonté :
-"Si je lui ai demandé une fois je ne vais tout de même pas lui demander à chaque fois,non!" d'un air de me dire :- "là [/i]tu exagères,!:
Souvent je m'interroge: Que deviendront ces jeunes, quelle société créeront-ils? Que pouvons-nous faire?
je crois beaucoup à l'importance de l'éducation.
Et vous pensez-vous que soit aussi important?

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Re: Chronique du sexisme ordinaire

Message par gabriailes » dim. 11 juin 2017 22:25

Cher Le_Renard, tu viens de me faire tomber un abysse incroyable. Je ne sais pas si j'ai envie de rire ou de vomir. Mais, c'est le malaise, sans aucun doute.

Je viens donc de découvrir ce site, par exemple...

http://neo-masculin.com/

Si le sujet vous intéresse, cliquez, sinon, ne leur donnez pas le privilège d'une visite, c'est vomitif...


Cher Hum! , J'ai passé la nuit à écrire sur le sujet, parce que mon cerveau ne me laissait pas tranquille. Je suis partie en boucle depuis hier.

Je vis dans un milieu socio-culturel qui me sécurise grandement. Rentrer en collision avec des discours de cette trempe, c'est très rare pour moi.

Je suis moi-même relativement démunie face à tant de haine et d'ignorance mêlées... Témoigner de cette violence, je crois que c'est déjà important. C'est la banalisation qu'il faut fuir... Mais quel chemin complexe que celui de raconter, quand face à nous se dressent des abrutis violents... Ce que je dis n'est pas transcendant. Mais il n'y a que ça que je puisse dire, pour le moment.

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