Les copies

l'Humanité, L'Existence, la Métaphysique, la Guerre, la Religion, le Bien, le Mal, la Morale, le Monde, l'Etre, le Non-Etre... Pourquoi, Comment, Qui, Que, Quoi, Dont, Où...?
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Youpla
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Les copies

Message par Youpla » ven. 31 mai 2019 23:40

1ère copie : Je lis, je relis, je tergiverse pour savoir si je dois mettre 0 point, 1 point à cette question qui vaut 2 points. Je finis par trancher au bout d'un long moment, ce sera 1 point sur 2.
Je passe à la question suivante. Non mais c'est pas possible, c'est toujours plus ou moins faux mais je ne peux pas mettre 0, il y a quand-même un bout de raisonnement correct ici... Tergiversation intérieure... je mets 0,5 point à cette question qui vaut 1 point.
Et ainsi de suite jusqu'à la dernière question de la 1ère copie.
Ouf, fini. Je regarde le résultat final : 10/20. Bon j'ai quand-même réussi à lui mettre la moyenne... je ne suis pas certaine qu'il ait compris la moitié des notions ! En plus il n'a répondu juste à aucune des questions du devoir ! Ca me laisse pensive...
Bon , je passe à la suivante.

1ère question : Arf, c'est faux aussi. Mais c'est pas le même genre d'erreur que le précédent... Mais est-ce une erreur moins "grave" ou plus "grave" ou équivalente ? Tergiversation intérieure... je décide de mettre 1 point sur 2, comme pour le précédent.
Allez, 2ème question : pfff, encore à moitié faux. Qui a dit que les maths c'est juste ou c'est faux, que c'est facile à corriger ?! Mais c'est moins "grave" que l'erreur de l'élève précédent. Qu'est-ce qu'il avait écrit déjà ? Je feuillète... Ah oui. Oui, c'est moins "grave". Mais c'est quand-même faux ! L'autre avait eu 0,5/1. Pfff, j'aurais dû mettre cette question sur 2... Tergiversation intérieure... je décide de ne pas changer le barème et de mettre 0,75/1 !...

A la 10ème copie, je reconnais une erreur qu'un autre élève a déjà commise. Mince c'était qui déjà ? Je cherche... ah ça y est, c'était la 4ème copie... Je lui avait mis 0,25/1...
Et au fait lui au final, il avait eu quelle note ? C'était mieux ou moins bien que lui ? Faudrait pas qu'il ait une meilleure note, dans l'ensemble c'est moins bien...
Et puis, des tas et des tas d'annotations, de commentaires sur les copies qui sont rougies comme c'est pas permis... (mais pas aussi rouges que moi !)

Au bout d'une trentaine d'heure, j'ai corrigé 18 copies de 1ère S de niveau faible.

Jamais je n'aurais cru que les élèves soient si faibles, jamais je n'aurais cru qu'on puisse faire autant d'erreurs différentes (des erreurs de raisonnement que je n'aurais jamais imaginées). Et puis des trucs incroyables comme un raisonnement faux, des tas de calculs avec à chaque étape une nouvelle erreur et à la 10ème ligne de calcul, le résultat final qui resurgit !!! J'hallucine !!! "Mais madame, j'ai le bon résultat, pourquoi je n'ai pas eu tous les points ?" :tronco:

Et puis le sentiment d'avoir moi aussi réalisé un travail plus ou moins erroné...

C'était mon 1er lot de copies, il y a une petite dizaine d'années de cela.

Alors oui, je me suis améliorée depuis. Oui, j'ai banni les 1/4 de points, non, je ne cherche plus à faire un classement de toutes les copies. Mais je suis quand-même trèèès longue, toujours la dernière à sortir le jour de correction du brevet. Enfin plus maintenant car depuis que j'ai été convoquée alors que j'étais en arrêt (arrêt-bébé), et qu'ils ont dû me remplacer, je ne suis plus appelée pour cette honorable mission. Je crois que j'ai été sortie des listes de correcteurs, tout bêtement... Alléluia !!! :cheers:
Ca m'a toujours barbée les corrections mais depuis que je suis retournée au travail après la naissance de ma fille, c'est de pire en pire. J'ai commencé à dépasser les deadlines que je m'étais fixées, à accumuler les retards, pour ne plus rendre les copies.

Alors j'ai une petite lueur d'espoir car l'année prochaine, je ferai partie d'un dispositif qui va tenter la 6ème sans notes (oui, on est en retard de ce côté là dans mon collège), donc évaluation uniquement par compétences. Dans l'équipe de maths, aucun collègue n'évalue par compétences mais on va être 3 à intégrer le dispositif.

J'ai quand-même peur de l'usine à gaz avec tableau comportant des dizaines de compétences et des élèves qui ont du mal à situer leur niveau global (et je ne parle pas des parents !).
J'ai peur d'un tableau de compétences avec aucun point vert, ni aucun point rouge mais uniquement des points jaunes (tout plus ou moins juste, plus ou moins faux).
Enfin, je suis quand-même contente de tenter autre chose qui me paraît avoir plus de sens que les notes.

Et vous, votre relation à la note, à l'évaluation, à la correction ? Votre expérience ? Vos solutions ? :)

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Re: Les copies

Message par Bulle d'o » sam. 1 juin 2019 03:12

Merci youpla d'avoir partagé cela. Sans aucune connaissance de ce que peut représenter ces corrections aujourd'hui dans l'intimité professionnelle des professeurs, ce témoignage m'apporte beaucoup, en tant que parent.

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Judith
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Re: Les copies

Message par Judith » sam. 1 juin 2019 04:34

A titre personnel, je suis opposée aux notes, mais l'Université m'oblige à en passer par là.
Je connais à peu près les mêmes difficultés que toi : perfectionnisme, scrupules, consternation face au contenu de certaines copies et même, hélas, face à celui de certains mémoires de Master.
Pour lutter contre l'envahissement de mon temps par les corrections, je me suis fixé des contraintes : pas plus de telle durée de correction par copie, par exemple. Il n'est pas toujours possible de m'y tenir, mais je note tout de même une amélioration.
Pour ce qui est des méthodes d'évaluation, c'est une autre histoire : on ne peut pas tellement les changer. J'en ai parfois discuté avec des collègues, mais le fatalisme semble prédominer en la matière dans la fac où je travaille. A suivre...

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Re: Les copies

Message par blue hedgehog » sam. 1 juin 2019 05:40

Ah les notes. Un vaste sujet. C'est une histoire sans fin, personnellement j'ai vécu plusieurs systèmes lorsque j'ai fréquenté l'école. Appréciation écrite, simple note sur 10 ou 20 ou 100 et une tentative hybride. Si dans une matière comme les mathématiques, il semble plus ou moins légitime de pouvoir évaluer la justesse d'une réponse, cela me semble bien plus compliqué dans des matières ne faisant pas partie des sciences exactes.
Moi je suis à l'autre bout de la note, encore aujourd'hui je la reçois et ne la donne que très rarement. Pendant 6 ans c'était tous les jours où les 2 jours. Maintenant c'est un peu moins fréquent parce que le nombre de formations que je donne a diminué.
Oui je suis formatrice pour adultes. Et oui, c'est moi qui suis notée à la fin de la session, par les apprenants.
Cette évaluation comporte plusieurs critères, comme la connaissance de la matière, la structure de la formation, la disponibilité etc. Et puis il y a une appréciation globale que la personne indique en pourcentage. Je dois dire que je ne suis pas fan de ce système. Et ce, pas parce que mes performances sont scrutées, ni à cause des résultats que j'obtiens, mais parce que énormément de personnes ont un mal fou à donner la note maximale alors qu'ils sont tout à fait satisfaits.
J'irai même plus loin, quand j'étais à l'école, nous savions que dans certaines matières la note maximale ne pouvait pas être atteinte. C'était le cas en français en 5e et en Rhétorique. Il s'agissait de philo ou encore de dissertation (Oui je ne doute pas que le programme soit différent en France.)
C'était aussi le cas lors de mes études supérieures, pour tous les cours artistiques, croquis, peinture, restauration...
Alors Youpla, si je comprends tout à fait ton point de vue et que je ne prétends pas détenir la vérité, je pense surtout que la note doit être objective. Ou plutôt que l'écart entre la note maximale et la note donnée doit être justifiable selon des critères objectifs. Donc oui pour moi, il y a bien un boulot à faire la dessus. Mais toutes ces questions que tu te poses en corrigeant, je trouve que ça va dans la bonne direction :) .
Une bougie offre sa lumière aux alentours, pendant qu'elle se consume. (Proverbe chinois)

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Re: Les copies

Message par PointBlanc » sam. 1 juin 2019 07:13

J'aimerais pouvoir dire que la correction de copies tient pour moi du devoir sacré, que je me sens pénétré à chaque nouveau paquet de l'honneur qui m'est fait d'avoir à indiquer, comme ça, la voie du vrai, du bon et du beau à ceux qui me sont confiés.
Mais non, en fait. C'est comme les sorties scolaires, c'est surtout important dans la tête de l'enseignant ; dans celle d'une majorité d'élèves (je n'ajoute pas écrasante mais je le pense très fort) il n'y a pas vraiment d'enjeu a priori (la note, juste ou non, la plupart s'en foutent plus qu'on n'ose le penser) - et ils ont bien raison.

J'enseigne le français en collège : dans ma matière, les seuls exercices notés qui échappent plus ou moins complètement au soupçon de subjectivité sont ceux qui évaluent la maîtrise de la langue : dictées, évaluations de grammaire, ainsi de suite. Il suffit d'avoir assisté (participé, dans mon cas, c'est beaucoup dire) aux interminables ergotages sur le barème des questions de brevet blanc pour deviner que là aussi, la subjectivité du correcteur entre en jeu, et cela va de la marge de tolérance à l'erreur jusqu'à l'acception de telle ou telle notion.
Bref. Il faut savoir à un moment ce que c'est que corriger, à quoi sert une note, même ce que c'est qu'intégrer un savoir. ou tout au moins, il faut savoir où on se situe par rapport à tout ça, et pourquoi.

Pour moi, une copie, c'est avant tout contractuel : l'élève a fourni un effort, on va fournir l'effort de se pencher sur le résultat - dans des délais plus ou moins raisonnables selon le degré d'ensoleillement ; mon record date de cette année, où je suis monté à six semaines pour deux paquets ; le reste du temps, ça peut être dans la semaine ou du cours pour le suivant. Plus le délai est long et plus cette dimension contractuelle de la copie s'évapore : "J'ai bossé, mais en fait il/elle s'en fout." En somme, c'est un témoignage d'attention qui peut faire une grosse différence pour des gosses dont la scolarité, par ailleurs, ne préoccupe pas grand monde.
La note me sert avant tout de signal : quand je suis déçu du travail d'un excellent élève, je la baisse en-deçà de ce que cela vaudrait objectivement ; quand la copie d'un élève moyen témoigne d'efforts importants, je la surnote d'un point ou deux. Je ne m'en cache pas : les élèves savent que j'attends de chacun des choses différentes, et je n'ai pas de mal à m'en justifier. Je ne fais pas de barèmes, je note autant que possible en gros, même pour les questionnaires de lecture : je note le niveau atteint, pas le fait que tout soit traité.
Je peux mettre vingt à la seconde version d'un devoir d'expression écrite : si c'est au-delà de ce que j'espérais, pourquoi pas ? Et justement, le fait que la note maximale puisse être atteinte est comme un défi lancé aux meilleurs.

Qu'est-ce qui importe le plus pour moi ? Par ordre d'importance, que mes élèves écrivent beaucoup, qu'ils soient exigeants quant à la qualité de ce qu'ils écrivent, qu'ils développent un goût pour l'interprétation, qu'ils aient le souci de la clarté, et qu'ils soient familiers de certaines notions grammaticales : ça ne passe pas par l'évaluation. C'est par une pratique constante que ça passe. Il y a beaucoup de copies, beaucoup de notes, seulement parce que c'est la preuve que nous travaillons beaucoup. Se prendre interminablement le chou sur des barèmes ou des tableaux de compétences pour se donner le sentiment qu'on mérite sa solde, je l'ai fait, j'en suis revenu. Ce qu'il y a d'intéressant se passe entre mes classes et moi, et les copies ne sont qu'un instrument au service de cette relation - surtout pas une fin.
Vous qui vivez qu'avez-vous fait de ces fortunes ?

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Re: Les copies

Message par Loupiotte » sam. 1 juin 2019 11:10

Je réponds rapidement parce que je n'ai pas beaucoup de temps... Au tout début de ma carrière (qui n'est quand même pas très longue), je pouvais me poser les mêmes questions que toi, Youpla, à tes débuts. Mais maintenant, je me simplifie la vie pour la notation. Ce qui compte pour moi, c'est la maîtrise de ce que j'enseigne. A partir de là, (je vais être un peu radicale), c'est ou tu maîtrises ou tu ne maîtrises pas. Point barre.
L'année dernière dans mon collège, nous avions fait pas mal de réunions d'équipe pour réfléchir sur la note et sa valeur. Nous voulions essayer un dispositif classe sans notes. Finalement, nous nous lançons à la rentrée prochaine dans un projet de classes coopératives avec notes car nous n'avons pu nous mettre d'accord sur un système à mettre en place pour les remplacer.
Bref, ce sont les collègues de sport qui m'ont le plus apporté et qui m'ont appris à arrêter de "me prendre la tête" pour la notation. Chez eux, ou l'élève maîtrise la compétence, ou il ne la maîtrise pas. Le rouge est réservé aux élèves, très rares, qui n'ont fourni aucun effort et ne sont pas entrés dans l'apprentissage. Le jaune est réservé à ceux qui sont en cours d'acquisition (peu importe que leur performance vaille 8/20 ou 15/20) et le vert à ceux qui maîtrisent parfaitement la notion. Au début, je me disais qu'on ne pouvait pas mettre la même couleur ou compter faux à un élève qui commence seulement à maîtriser la notion ou un élève qui a presque maîtrisé la notion. Si on met une note chiffrée, 8/20 n'est pas égal à 15/20. Et puis finalement... je trouve qu'il y a beaucoup de bon sens dans cette règle. Puisqu'on en est resté aux notes, mon échelle de notation reste assez large mais je n'hésite pas à compter faux même s'il y a un début de raisonnement juste. La notion n'est pas maîtrisée, un point c'est tout.
Par contre, je suis également extrêmement lente à corriger mes copies car je ne peux m'empêcher d'expliquer à l'élève pourquoi son raisonnement n'est pas juste et ce qu'il aurait dû faire... Et là, ça me prend un temps... J'essaie de me restreindre, de ne pas trop annoter mais c'est plus fort que moi. Je ne peux pas m'empêcher de faire des commentaires même sur les copies de brevet blanc qu'on se partage entre collègues et dont je ne connais pas les auteurs. A vrai dire, je trouve ce travail plus important que la note. Ce n'est pas tant le résultat qui compte pour moi ou le fait de pénaliser les erreurs. Ce que je souhaite, c'est que l'élève comprenne pourquoi il y a eu une faute et qu'il puisse se corriger et ne pas recommencer ultérieurement. Le problème, c'est que outre le temps que ça me prend, je vois bien que les élèves rechignent à relire leur copie et mes commentaires. Seule la note les intéresse et c'est bien dommage.

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Re: Les copies

Message par Swinn » sam. 1 juin 2019 11:39

Pourquoi de plus en plus de réflexions se créent sur l'utilité de la note et de la nécessité à vouloir la supprimer ?
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Re: Les copies

Message par Proxima » sam. 1 juin 2019 11:53

J'ai ressorti mes bulletins de collège pour me prononcer, et je me rends compte que mes souvenirs ne sont pas vraiment liés à la réalité des notes que j'avais.
Je me demande si mes souvenir ne tiennent pas d'avantage à l'affect des relations que j'avais avec les enseignants. J'ai fais ma scolarité du CP à la 4ème dans des établissement privés catholiques, et la 3ème dans le publique.
J'espère ne choquer personne ici vu qu'il y a des profs, et je ne sais pas où chacun enseigne, mais je n'ai jamais compris pourquoi ma mère s'obstinait à nous mettre dans des établissements catho, ou l'enseignement coûte chère, la qualité est médiocre, et les profs sont pour la moitié névrosés. J'ai vécu cette période comme un internement psy, avec énormément de violence du corps enseignant. Violence en paroles, violence en jugement, violence en égalité de traitement.
Cela donne le contexte, car pour la question qui est posée, le contexte est important.

De toutes les matières, l'orthographe et celle qui de loin, me donnait le plus de difficultés. A vrai dire, ça me paraissait tellement absurde que je n'avais absolument aucun espoir de m'améliorer. Ce qui est triste à pleurer, c'est que j'ai commencé à faire des progrès significatifs quand j'ai quitté l'école pour entrer dans le monde du travail. La maturé de l'age joue peut être, mais je pense surtout que rien, et je répète, rien, dans l'enseignement que j'ai reçu de cette matière ne m'a apporté la moindre aide, je pense même qu'elle ne faisait que me maintenir constamment la tête sous l'eau.
Mes souvenirs sont des successions de dictées sans correction ou explication valable qui avaient pour seul but d'aligner les 0 sur mes bulletins. Je crois que c'est à peu près la seule matière où la note ne servait pas à évaluer l'acquisition d'une connaissance, mais à simplement occuper des heures de cours en maintenant chacun à son niveau sans le faire avancer d'un iota. Les heures perdues en dictées stériles étaient suivies d'une espèce de démonstration de toute puissance du/de la prof qui jubilait dans l'expression de son mépris pour les élèves qui n'avaient pas les facultés qui lui avait permises d'exercer dans cette matière. La distribution des notes se faisait immanquablement à haute voix, histoire d'enorgueillir celui qui n'avait pas de difficulté dans la matière, et d'humilier les plus mauvais.
J'imagine que tous ces profs détraqués devaient imaginer que l'humiliation représente une forme de motivation qu'ils offraient aux élèves, que ça leur donnait envie de travailler encore plus, dans une ambiance positive et valorisante...
Comme ça ne suffisait pas, j'ai également eu des profs capables de mettre des notes négatives, et me donner des heures de colle qui n'étaient évidement pas des heures où on m'aurait expliqué quelques règles ou astuces pour m'améliorer, mais juste perdre une matinée de la manière la plus stérile qui soit.

La réalité est que je n'étais pas si mauvais que ça. Le français était divisé en 4 disciplines :
Expression orale, expression écrite, orthographe, grammaire.
En expression orale j'étais bon, en expression écrite j'étais moyen, et en orthographe/grammaire je retrouve très peu de ces successions de 0 qui m'ont traumatisés. En fait, je me rends compte qu'au collège, elles n'ont existées qu'une année en 5ème, mais cela à pris toute la place dans mes souvenirs et dans mon estime.

A contrario du français, j'excellais dans les matières scientifiques, mais à cela aucune gloire car je n'ai jamais fait le moindre effort pour y arriver.
C'est assez triste de constater qu'on puisse rester mauvais dans une matière où on se donne du mal, et être excellent dans d'autres qui ne sont rien d'autre qu'un jeux. Cela soulève un point important : la note ne représente en rien le travail fourni. Ce n'est pas la finalité de la notation, mais je trouve important de dire que l'habileté d'un élève dans une matière n'a presque aucun lien avec le mal qu'il peut se donner pour y arriver. C'est assez fataliste.
Donc je crois que le raisonnement qui consiste à dire qu'un élève est bon dans tel matière parce qu'il travaille, et mauvais dans tel autre parce qu’il ne travaille pas, est un raisonnement faux à 80% (et donc, les commentaires sur mes bulletins sont pour la plupart non pertinents, tant pour les matières où j'étais bon que pour les autres).

Une autre matière marquante lorsque je regarde mes notes est la musique.
Les cours de musique m'ont toujours désespérés parce que c'est une matière dans laquelle j'aurais vraiment aimé avoir des "vrais" cours, mais ce n'était toujours qu'une vaste récréation, avec des profs dilettantes, où je n'ai jamais pu exprimer ce que je savais faire. Je me souviens m'être toujours limité pour ne pas être trop différent du reste de la classe. Je pensais avoir des notes juste dans la moyenne, alors qu'en réalité ça se rapprochait d'avantage des 2 ou 3. Ca m'a choqué, mais c'était peut être la moyenne de la classe. Je n'en avais pas souvenir, j'ai juste le souvenir de la médiocrité extrême des cours. Telle que je le ressens, ces notes étaient à la hauteur de la qualité d'enseignement. C'est peut être pour ça que je n'ai retenu que le gâchis d'une matière dont j'attendais beaucoup.

Concernant mon ressenti par rapport à la notation, je dirais que je n'ai jamais remis en cause l'utilité d'une note, qui doit correspondre à l'évaluation d'un acquis. Mais que malheureusement, et d'une manière assez générale, les notes ne servaient pas à évaluer l'avancement d'un élève ou à l'aider dans ses difficultés, mais simplement à classer les élèves comme pour un concours. Ces évaluations n'avait aucunement le sens qu'elles auraient dû avoir : diriger l'enseignant dans son devoir de transmission, aider l'élève à progresser. C'était plutôt un mode char d'assaut : le prof lit le contenu d'un manuel comme un robot, réponds parfois aux questions quand il en est capable, et classe régulièrement les élèves pour dire qui est le premier et qui est le derniers. L'enseignement des connaissances étant seulement un idéal tout à fait facultatif. Les corrections étaient le plus souvent bâclées, ce qui pose l'intérêt du contrôle. Si la correction ne permets pas à l'élève de ne plus faire les mêmes fautes, le contrôle n'avait aucun intérêt. Evaluation et notation inutiles.
Je pense aussi que l'esprit dans lequel les notes sont retransmises et bien plus important que la note elle même, et qu'il ne faut pas tomber dans la confusion que les notes représenteraient les efforts fournis.

Tout cela n'est que mon ressenti personnel, et je sais bien que je suis assez différent de la plupart. Je ne pense pas qu'il y ait de solution miracle en mélangeant tous les élèves comme s'ils étaient des boites vides bonnes à farcir, sans émotion et tous égaux.
PS : je ne fais pas ici une généralité sur l'enseignement. J'écris juste ce que j'ai ressenti à cette époque, et n'ayant pas d'enfant, je ne suis de toute façon plus confronté à ce problème.

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Re: Les copies

Message par Holi » sam. 1 juin 2019 13:06

Je me pose la même question que @Swinn pourquoi cette remise en question des notes ?
En plus de se positionner par rapport aux autres (ce qui peut être discutable) je trouve que ça permet quand même de situer sa propre production et d'évaluer les progrès.
Dans l'exemple des 3 couleurs vert /jaune /rouge, je trouve qu'on a fait d'énormes progrès en passant de 8 à 15, mais ça ne ressort pas on est toujours jaune... Ça n'encourage pas... :(
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Re: Les copies

Message par Unesoprano » sam. 1 juin 2019 14:07

@Proxima, l'expérience de mon frère dans ses études rejoint la tienne concernant l’orthographe. Et il a traîné longtemps cette image de lui-même « mauvais et bête » notamment car il avait eu une prof de français qui enlevait 4 points par faute. :? Il s’est repris en main lui-même quand il a été au CNSM de Paris, entre autre dans une matière dite « d’érudition ». Sous le regard bienveillant d’un de ses enseignants qui lui a fait remarquer que ça le desservait en écrit et que, du coup, les notes n’étaient pas représentatives de ses réelles qualités, il a acheté de quoi se remettre au niveau, et bien malin aujourd’hui qui peut se rendre compte de la mauvaise réputation qu’il avait sur ce point auparavant...

Je travaille dans une structure musicale non diplômante, aussi nous ne notons pas. Nous évaluons par contre, j’y reviendrai plus tard. En 13 ans de travail au sein de celle-ci, je constate (ainsi que mes collègues) plusieurs constantes. Cet enseignement différent a permis à certains élèves d’avoir le courage de se maintenir dans un système scolaire traditionnel, puisque notre structure n’est accessible que si ils restent scolarisés dans les établissements de collège et lycée avec lesquels nous sommes partenaires. Inversement, certains, alors qu’ils ont été volontaires pour présenter l’audition d’entrée ne travaillent pas et sont extrêmement passifs tout le long de leur scolarité. Les rares examens ou évaluations notées montrent que les passifs souvent se mobilisent, parce qu’il y a « la note ». Cela nous désole, parce que nous aimerions transmettre le goût du beau, du travail bien fait par exemple, et que cela n’a pas besoin de passer par ce biais pour exister. Les motivations intrinsèques ne sont donc pas toujours présentes chez des élèves ayant pourtant eu un réel désir de venir intégrer notre structure.

Nous avons pas mal travaillé sur cette question : comment évaluer alors que nous ne sommes pas un système Musical traditionnel, c’est à dire conservatoire. Nos élèves se produisent et c’est principalement par ce biais qu’une évaluation se fait, ou se constate. Ma collègue de Formation Musicale a mis au point une évaluation par ceinture, comme au judo. Elle permet que les élèves puissent avoir une certaine idée de leurs points forts et plus faibles, et également qu’ils aient une hétérogénéité qui puisse progressivement aller vers une homogénéité de leurs acquisitions. Ainsi, pour résumer, ils peuvent être « ceinture verte » en rythme, « ceinture blanche » en lecture de note... mais cela lui a pris beaucoup de temps pour concevoir ce projet, et hélas, je pense que cela partira avec elle, quand elle partira en retraite l’année prochaine. Les élèves adorent : ils arrivent à se situer lorsqu’a lieu une évaluation, et en même temps ce n’est pas « noté » comme au collège. Cependant, c’est une super pédagogue, et elle gère des classes à plusieurs niveaux musicaux, puisque notre structure est accessible à qui réussit les tests d’entrée et non à qui a déjà un passé musical.

En chant, nous avions décidé de faire, un temps, des « défis à relever ». L’idée était de pouvoir maintenir une pédagogie différenciée et de garder l’élève actif dans sa pratique. Ça marchait avec certains, et on gardait l’idée qu’il puisse avancer à leur vitesse. Les défis, on en faisait autant que possible, sachant que certains sont forcément plus difficiles que d’autres, voire vont se représenter suite à la croissance, ou parce qu’on peut désormais aller plus loin plus tard. Il y avait par exemple « ne pas respirer au milieu d’un mot » « être attentif à sa posture générale », « détendre ses épaules », « chanter dans une langue étrangère »... ça a été arrêté suite à l'arrêt d’un cahier de l’élève que nous avions conçu et que nous avons finalement cessé de faire. Je l’ai regretté car je trouve que cela donnait des résultats pas mal, quand même. Mais de nouveau, y’a des discussions pour relancer la machine pédagogique, donc on va recommencer à cogiter, à créer...

Sinon, en tant qu’élève, j’ai l’excellent souvenir d’un professeur d’allemand que j’ai eu au lycée et qui exerçait également en faculté je crois ou grandes écoles. Il avait un système de notation que j’ai beaucoup apprécié. Il traçait 4 lignes verticales dans la marge de la copie (et je crois qu’il nous demandait de rajouter un peu de marge) ; chaque colonne correspondait à une catégorie. De mémoire : déclinaison, orthographe, conjugaison et puis vocabulaire peut-être ? Et je crois bien qu’il faisait des croix dans deux couleurs afin de dire le réussi et le moins réussi. Du coup, c'était très intéressant, parce qu’on pouvait vraiment constater là où il était intéressant de travailler pour nous. Mais c'était un super prof, avec vraiment « sa » pédagogie. Il expliquait en début d’année que tel jour serait le jour du « carnet de vocabulaire ». On devait chaque semaine arriver avec un certain nombre d’expressions choisies par nous-mêmes (entre 5 et 10 je crois). Il nous avait indiqué un livre où on pouvait en trouver suivant les sujets. Et on était interrogé sur le carnet une fois par semaine. J’avais beaucoup travaillé sur les expressions en lien avec la musique, et je l’ai remercié par écrit des années plus tard, car j’ai pu suivre des stages de chant en 1993 et 96 avec des pédagogues allemands en langue allemande sans me sentir perdue, grâce au carnet! Bon également aussi car j’avais fait de nombreux séjours là-bas, mais vraiment pas que...
Nos têtes sont rondes pour que nos idées puissent changer de direction. Françis Picabia

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Re: Les copies

Message par Youpla » sam. 1 juin 2019 14:33

Pour répondre à @Swinn et @Holi , de ce que je peux dire de mes évaluations c'est que la mesure du progrès n'est pas liée à l'évolution de la note aussi simplement qu'on pourrait l'imaginer.
Une 1ère raison est que je ne donne pas le même devoir deux fois de suite. Peut-être qu'on aura une interrogation puis une autre interrogation sur une autre notion puis un DS plus conséquent qui mélangera l'utilisation de ces deux notions. La difficulté étant croissante, les notes (en moyenne) baissent. C'est d'ailleurs quelque chose d'observé sur la totalité des classes d'un collège (dixit mon principal) que les moyennes sont les plus hautes au 1er trimestre, baissent au 2ème et encore un peu au 3ème.

Il faut aussi prendre en compte l'endurance des élèves. Il fatiguent à mesure que l'année passe (et les profs aussi !) et même les élèves sérieux peuvent montrer une baisse de régime.
A cela, il faut ajouter que les nouvelles notions s'accumulent. Entre le 1er brevet blanc et le 2ème brevet blanc, le programme est plus vaste, rendant (a priori) l'épreuve plus complexe, puisqu'il faudra maitriser un plus grand nombre de notions (et savoir choisir parmi elles...).

Aussi, souvent j'aime alterner les différents "domaines" des maths pour ne pas lasser les élèves (et moi-même). Comme par exemple, après avoir travaillé sur des constructions géométriques, on va travailler sur des problèmes qui demandent une résolution numérique. L'évolution des notes ne sera pas réellement le reflet de progrès mais, là où je rejoint @Proxima , le reflet de plus grandes facilités ou difficultés dans tel ou tel domaine. Un élève peut passer "facilement" de 8 à 15 (ou l'inverse de 15 à 8 ) sans avoir fourni plus ou moins d'efforts (et dans le 2ème cas, c'est effectivement un peu plombant pour l'élève).

Bref, de multiples raisons qui font que l'évolution de l'élève n'est pas toujours bien reflétée dans les résultats chiffrés.
Peut-être que @PointBlanc y arrive mieux en ajustant sa note avec ce qu'il a perçu des efforts de l'élève ?
J'ai tendance à "surnoter" un élève faible mais je ne fais pas de miracle, quand je le fais passer de 3 à 5, c'est pas wahou non plus.

J'aimerais arriver à noter "à la louche", d'après un ressenti final de la copie pour être plus juste mais je n'y arrive pas. Je repère bien les élèves très faibles, les élèves très bons et toutes les nuances entre les deux, je m'y perds et j'aurais tendance à tous les mettre dans le même panier (désolée pour l'image).
J'aimerais arriver à noter comme cela parce que ça me semble plus juste au final.

Il paraitrait (désolée, je n'ai pas de références) qu'il y a une plus grande différence dans les résultats pour des copies de maths que pour des copies de rédaction de français, selon les correcteurs. Le barème strict, question par question, laisse, contrairement à ce qu'on pourrait imaginer, plus de place à interprétation et en fin de copie, les 1/2 points s'accumulent et donnent de plus grands écarts.

Dernière chose, la note représente quoi ? Des acquis ?
Les élèves qui maitrisent tout ou les élèves qui ne maitrisent rien sont les plus "faciles" à évaluer. Mais passé ces caricatures de profils d'élèves, tous les autres, avec des difficultés multiples et variées, je ne sais pas si les notes chiffrés les renseignent sur leurs acquis.

Prenons cet élève qui a 10/20. A-t-il répondu à la moitié des questions, auxquelles il aurait répondu juste, ayant ainsi validé un certain nombre de compétences, ou a-t-il répondu à toutes les questions, avec des choses bonnes et moins bonnes un peu partout dans la copie, à différents stades de l'acquisition ? Selon le correcteur, celui-là passe facilement de 5 à 10... Et peut-être que cet autre aura maitrisé une seule notion très bien tout au long du devoir qui lui permet quelques réussites mais aucune autre notion maitrisée, contrairement à cet autre qui a su se débrouiller avec plusieurs notions mais à peine maitrisées.
Bref, c'est vaste et très coloré la palette de ce que l'on peut observer.

Dans la majorité des cas, l'élève qui reçoit 10/20 se dit "ça va, j'ai quand-même la moyenne" (je ne parle pas du très faible, ni du très bon).
Alors les appréciations permettent de limiter un peu cet effet mais même si j'annote beaucoup mes copies, la plupart du temps, ils ne lisent pas, ou survolent et ne reviennent pas dessus.
Et puis, soyons honnête, c'est surtout moi que ça rassure. Parce que, quand on a passé plusieurs semaines sur le théorème de Thalès et que l'élève ne sait pas l'appliquer, ce ne sont pas mes annotations qui vont lui permettre le déclic !
Il faudrait un réel travail sur l'erreur pour qu'elle puisse être bénéfique. Souvent, on a peu de temps pour faire un travail profond et efficace sur les erreurs.

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Re: Les copies

Message par Loupiotte » sam. 1 juin 2019 18:19

@Proxima Je suis bien d'accord avec toi, la note n'est pas toujours le reflet des efforts de l'élève et les commentaires des bulletins de professeurs qui soulignent l'investissement et les efforts dans la matière ne sont pas toujours justes.
Cependant, il est aussi prouvé que si tu soulignes les facilités des élèves et non leur travail, ces élèves "doués" auront tendance à penser que leurs compétences leur tombent du ciel et ils risquent, à la longue, de ne pas vouloir se lancer dans un travail difficile de peur de voir leur supposé don s'effondrer. Ces élèves auront donc tendance à être davantage paralysés par la peur. (Je m'appuie sur ma lecture de l'excellent livre "Mets-toi ça dans la tête" réalisé par des chercheurs en neurosciences. Je sais, les neurosciences sont à la mode mais ce n'est pas forcément une mauvaise chose.)

@Youpla a très bien montré le problème que posent les notes à beaucoup de professeurs. J'ai bien aimé le "j'ai 10/20 donc ça va", commentaire qui me désespère. Non ça ne va pas !!! :violent: Évaluer par compétences permet à l'élève de mieux situer ses lacunes et les progrès à faire. Par exemple dans une rédaction, on pourrait noter que la maîtrise des temps du récit est acquise, par contre le pluriel des mots est à retravailler. C'est quand même bien plus utile pour progresser ! Et puis, souvent, dans la tête des élèves, il y a l'idée que "la fée école" s'est penchée sur le berceau de certains et pas des autres. Du coup, ils ont justement l'impression d'être doués ou de ne pas l'être et de ne rien pouvoir faire pour y remédier. Noter par compétences, permet aussi de montrer que les bonnes notes ne relèvent pas de la magie ou d'une quelconque préférence du professeur envers quelques élèves. Il s'agit bien de répondre aux exigences demandées.
Un autre problème se pose, très bien illustré par l'exemple de Youpla en début de ce topic : l'élève est souvent noté par rapport aux autres plutôt que par rapport à son travail particulier. Et je pense que tous les professeurs font ça. Si on n'a que des excellents élèves, on ne leur mettra pas tous d'excellentes notes. On arrivera à les étaler et peut-être à descendre à 13 ou 14/20 alors que les mêmes élèves au milieu d'autres dont le niveau sera très faibles obtiendront 18, 19 ou même 20/20. A quel moment est-ce donc seulement la performance dudit élève et rien d'autre qui est en jeu ?
Enfin, avec des élèves décrocheurs, la note risque sans cesse de leur confirmer leur faible niveau et les renvoie à l'image qu'ils se font bien souvent d'eux-mêmes. Supprimer la note, peut les raccrocher au système scolaire car cela évite de les dévaloriser encore inutilement. Personnellement, je surnote comme c'est pas permis les élèves décrocheurs car je sais ce que ça leur en coûte, simplement de me rendre un travail. Dans ce cas, je note la mise au travail et c'est tout. Le niveau réel, ce sera pour plus tard.

La méthode de @PointBlanc est bonne. Finalement, qu'on ait un barème ou pas, la note finale sera sensiblement la même. Le barème n'empêche pas la subjectivité dont parlait Youpla. Pourtant, je n'arrive pas à l'appliquer car je veux que les élèves sachent pour quelle raison ils ont eu leur note. Mais je sais bien à quel point c'est inutile, souvent, car pour eux, c'est le chiffre qui compte et pas le reste. Je peux rêver pour voir une relecture de copie. Déjà que faire une correction avec la copie de l'élève à côté, c'est la galère. "Mais Madame, j'ai pas besoin de noter la correction, j'ai presque eu bon". :roll: Ou alors, "Où est passée ta copie ?" -Je l'ai perdue. - Comment ça tu l'as perdue ??? Mais je l'ai rendu tout à l'heure. Retrouve-la tout de suite et compare à la correction."

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Re: Les copies

Message par Proxima » dim. 2 juin 2019 13:15

Loupiotte a écrit :
sam. 1 juin 2019 18:19
"j'ai 10/20 donc ça va", commentaire qui me désespère.
J'ai souvent entendu ce jugement relatif à la moyenne. Comme si au-dessous de 10, on était dans le rouge, et au-dessus on est dans le vert. Si venant d'un élève, c'est agaçant, que penser du système qui autorise le passage en classe supérieure à partir de 10 si ce n'est la validation de ce raisonnement. Je crois qu'aujourd'hui les redoublements n'existent plus, mais ce n'était pas le cas lorsque j'étais au collège, et c'était la moyenne générale qui servait de validation. Il y a peut-être une cause à chercher de ce coté-là.

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