L'école et le HPI : regards croisés

l'Humanité, L'Existence, la Métaphysique, la Guerre, la Religion, le Bien, le Mal, la Morale, le Monde, l'Etre, le Non-Etre... Pourquoi, Comment, Qui, Que, Quoi, Dont, Où...?
vouvinch
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Re: L'école et le HPI : regards croisés

Message par vouvinch »

Bon texte retiré. C'est trop long, je vais le raccourcir....
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blue hedgehog
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Re: L'école et le HPI : regards croisés

Message par blue hedgehog »

Fanetys semblait intéressée par mon expérience d'élève même s'il ne s'agit pas de l'Education Nationale française.

Il m'a fallu un peu de temps pour m'y mettre, maintenant j'espère que ce ne sera pas trop long :huhu: mais voici :
Je suis entrée à l'école maternelle à 4 ans, c'était l'âge normal pour faire 2 ans de "jardin d'enfants" avant d'entamer les primaires. Avant ça je parlais français, mais l'école que je fréquentais était (est) une école allemande. Donc j'ai appris l'allemand. Il paraît que 3 mois après la rentrée, il n'y avait plus de différence de niveau avec mes camarades. Il paraît parceque moi je ne me souviens pas de ce détail.
En première primaire, je ne comprenais pas pourquoi cela prenait tant de temps à certains pour apprendre à écrire leur nom par exemple. Il faut dire que quand mon frère de 2 ans mon aîné est rentré en primaire, je trouvais ses livres et ses devoirs très intéressants, je ne me souviens plus des détails, mais je sais que j'ai passé du temps planté à côté de lui quand il faisait ses devoirs. Donc 1ère primaire super facile, 2e aussi mais avec le recul sans doute trop facile, car si les maths m'amusent, mon niveau en lecture, écriture dimine légèrement. Ces 2 premières années, mon instit est chouette, tout roule. Années 3 et 4, j'accroche pas avec l'instit, mes notes en lecture, écriture chutent, orthographe catastrophique, j'ai un 5, plusieurs 4 en notation allemande (échec quoi). Bref, c'est pas top! Fin de la 4e, un test d'orientation est effectué en gros pour déterminer si on est capable d'aller en secondaire général, technique ou pro (Gymnasium, Real-, Hauptschule). Je me souviens que mes parents m'ont dit que mon niveau était OK pour aller en filière technique.
Mais cela n'a pas eu d'importance, sauf peut-être pour mon estime perso, car fin de 4e j'ai changé pour le système belge francophone.
La dictée de rentrée en 5e me reste en tête comme un moment de honte. C'était la cata! En fait, je ne parlais quasi plus français depuis ma rentrée à 4 ans. La seule personne à qui je parlais encore français c'était ma grand-mère. Et le vocabulaire était familier, jamais scolaire et surtout pas écrit.
Suite à mes lacunes avérées en français, j'ai bénéficié de cours de soutiens 1h par semaine jusqu'à Pâques cette année là. C'était organisé par l'école, sur le temps où mes camarades apprenait le néerlandais. J'ai pas mal progressé cette année là, j'accrochais bien avec l'instit, j'étais motivée à apprendre. Bon socialement c'était un peu la misère... on me lançait du "sale boche" à la récréation et je n'avais pas vraiment les moyens de me défendre verbalement, ne connaissant pas les injures à la mode ( en français). Mais je réussis cette 5e et la 6e aussi avec des notes vraiment correctes. Il faut dire que je fais mes devoirs mais je n'ai pas besoin d'étudier pour les interrogations/ examens.
Tout le cycles de secondaire inférieur (années 1 à 3, soit 5e à 3e en France) c'est assez pareil, j'écoute suffisamment en classe et je fais les travaux, je n'étudie pas, je relis mon cours vaguement à la veille des examens. Je réussis très bien avec des profs que j'aime, bien quand j'accroche moins. En fait, la 4e suit le même rythme, avec une prof de français toute mimi (et très enceinte sur la fin :) ) qui m'a donné goût à la lecture en français (oui parce que une fois quitté le système allemand, moi qui n'aimait pas lire, j'ai lentement commencé, mais en allemand pas en français, ;) il n'y avait plus de prof pour m'empêcher d'aimer ça :grin: ).
A mon époque, en 5e et en rétro (1ère et terminale) on pouvait composer notre horaire plus ou moins à la carte. Il y avait certaines règles mais si j'y repense c'était vraiment très libre. Du coup j'ai composé une grille avec le maximum d'heures, on était que 2 sur environ 200 à avoir pris tant d'heures et j'étais seule avec mon petit cocktail à moi. Au menu plein de maths, option physique, option néerlandais et anglais et option littérature française + toute la base imposée... un peu de tout quoi. Mais c'était tout à fait admissible, mais si j'avais pu prendre plus d'heures je l'aurais sans doute fait... A cette époque je ne travaillais que pour rendre les travaux, et pour les contrôles de physique ou il fallait que je refasse les exos une fois pour ne pas me planter aux examens. Ces années là j'ai passé énormément de temps à regarder par la fenêtre, à m'ennuyer, à rêver, à me poser pleins de questions, à essayer de comprendre la vie..
Après le CESS ( le bac), j'ai tenté un an d'université, horreur... Le côté usine avec jusqu'à 300 personnes par auditoire, aucun lien avec les profs etc, ça ne fonctionnait pas pour moi. Alors j'ai changé, trouvé une école, une petite filière, j'y ai retrouvé une ambiance comme en secondaire, J'ai eu mon diplôme sans soucis, sans trop travailler non plus (tant mieux car j'étais engagée dans plein de projets extra-scolaires :grin: ).

Pendant tout ce temps j'ai complètement ignoré avoir un HPI. J'étais vraiment à mille lieux de l'imaginer.
Une bougie offre sa lumière aux alentours, pendant qu'elle se consume. (Proverbe chinois)

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Brunehilde
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Re: L'école et le HPI : regards croisés

Message par Brunehilde »

Bon, je vais probablement faire un pavé donc j'annonce direct :arag

Je lorgne ce sujet depuis son apparition et je remercie vivement les contributeurs, ces points de vues multiples et multidirectionnels sont je trouve très éclairants :)

Donc :
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Je vois aux témoignages précédents que pour les jeunes d'aujourd'hui il y a quand même plus de solutions, mêmes si il y a encore des préjugés. J'espère que ça va continuer dans le bon sens et que les dérives du "surdoué malheureux" ne vont pas trop s'infiltrer par là.
Croisons les doigts !
Pourquoi se préoccuper des chevaux à rayures quand on peut chevaucher des loups !
:guitare

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Gail
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Re: L'école et le HPI : regards croisés

Message par Gail »

En tant que maman, ce fil soulève chez moi tout un tas de questions et de débats intérieurs :

- Quel est le rôle de l'école face à un enfant surdoué ?
Est ce qu'une partie du problème des enfants surdoués (en dehors des histoires de harcèlement) n'est pas lié au fait qu'on présente l'école comme un endroit où on apprend plein de choses (avec une grosse déception à la clé)?
Est ce que, finalement, l'école n'est pas là pour apprendre les autres et la différence, la relativité des idées ?

- Faut il encourager l'enfant surdoué à utiliser pleinement ses capacités ?
Faut il à tout prix enrichir et condenser?
Il faut faire attention à lui apprendre l'effort mais n'est il pas aussi important d'apprendre à supporter ce qui n'est pas passionnant, à s'occuper sans stimulation?

Et, en s'éloignant du sujet, faut il tester quand tout va bien en dehors d'une estime de soi dans les chaussettes et que l'école ne signale rien???

Je voulais partager mes incertitudes mais je n'ai pas le temps de mieux formuler, veuillez m'en excuser...
Tourne toi vers le soleil et l'ombre sera derrière toi.
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Pascalita
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Re: L'école et le HPI : regards croisés

Message par Pascalita »

Gail a écrit : mar. 10 août 2021 12:55 Il faut faire attention à lui apprendre l'effort mais n'est il pas aussi important d'apprendre à supporter ce qui n'est pas passionnant, à s'occuper sans stimulation?
C'est pas ça, l'effort ? B) :grin:

Et je fais le lien avec ceci :
Gail a écrit : mar. 10 août 2021 12:55 Faut il encourager l'enfant surdoué à utiliser pleinement ses capacités ?
Je vois, à partir de mon vécu (pas seulement d'enfant) et avec le petit recul que j'ai, du haut de mon âge mur, les choses plutôt dans l'autre sens : s'il y a motivation (et la motivation vient de la passion, du plaisir), alors il y a utilisation pleine et enrichissante et joyeuse des capacités, et développement de celles-ci. Si l'enfant est nourri, dans ce qu'il aime, dans ce qui l'intéresse et l'attire, je pense qu'il développe dans ces domaines les capacités qui conviennent le mieux parmi celles qu'il a dans son escarcelle. Et peu importe que ce soit dans des matières académiques ou non, dans le domaine scolaire ou hors-scolaire, dans ce qui est considéré comme intellectuel ou comme non-intellectuel : si on nourrit ses intérêts et qu'on encourage sa capacité à se passionner, on a certainement la base, qui permettra peut-être aussi d'apprendre l'effort, la persévérance, et de supporter l'ennui - ou du moins une certaine dose d'ennui. Et par ce biais, on peut peut-être aussi lui apprendre à faire naître lui-même la stimulation.

Si c'est le cas à l'école, c'est chouette, parce que l'enfant s'y sentira bien. (Moi, l'école m'a fait apprendre plein de choses, et il se trouve que je voulais apprendre plein de choses. :) ) Sinon c'est aux parents d'essayer de compenser, de proposer autre chose, dans la mesure où l'enfant est en demande, voire en besoin. J'imagine que ce n'est pas toujours facile, par contre, de comprendre son enfant et de repérer ses manques ou ses besoins fondamentaux...

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Petite Plume
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Re: L'école et le HPI : regards croisés

Message par Petite Plume »

@Gail Je ne sais pas trop si c'est le sujet du topic, mais je me sens plus mère d'enfants HP que HP moi même :lol:
Bref, les questions que tu te poses, je me les suis posées également.

Avec mon petit recul de parents d'ados lycéens : jusqu'à la fin du collège, il n'y a pas grand chose à attendre de l'école en terme de savoir. Certes, ils apprennent à lire, à écrire à compter, un peu d'histoire-géo mais le contenu est faible et surtout le rythme très lent en comparaison à ce qu'il faudrait pour un enfant HP. Comme je le disais plus haut, je ne pense pas que les sauts multiples soient une solution miracle.
Par contre, l'école est un lieu de sociabilisation. Je crois malheureusement que j'ai passé plus de temps à me plaindre de la pauvreté du contenu scolaire devant mes enfants qu'à vanter les mérites de l'école dans les apprentissages.... Je ne sais pas si c'était bien avisé comme comportement, en tout cas, mes enfants ne s'en portent pas plus mal :honte:
Et j'ai l'impression que Fiston a fait une scolarité plutôt tranquille sans problème, avec beaucoup beaucoup de temps libre.
Les difficultés de ma fille sont plus dus à ses dys pour la partie scolaire, et à des problèmes de harcèlement en primaire.

Permettre à un enfant de s'investir dans autre chose (sport, musique, arts, échecs, etc.) c'est lui offrir l'opportunité de trouver un autre exutoire à leur envie d'apprendre.

Pour le test, je me suis aussi posée la question...
Pour la grande, c'était à la demande de la maitresse, et elle avait une estime d'elle même assez pitoyable... Le test a été le préalable à la suite des investigations (multi-dys).
Pour le petit, il allait bien socialement, scolairement, à la maison, bref, l'enfant sans aucun problème et plein d'énergie et de joie de vivre. Nous avons décidé de le faire tester également pour anticiper un saut de classe.
Après, si tout va bien, je dirais que c'est plus une question financière versus le bénéfice que cela apporte. Je déteste l'incertitude, mais honnêtement, le test de mon fils ne m'a pas appris grand chose. Je savais déjà qu'il "pédalait" vite dans sa tête. Il fallait être aveugle à l'époque pour ne pas s'en rendre compte :D Le test a facilité la partie administrative pour sauter le CP, mais ensuite, je ne suis même pas sure que l'école puis le collège aient été au courant de quoique ce soit.
Par contre le test m'a mis une sorte de pression parentale sur "la réalisation de ce potentiel". Quelques parts, je me devais de tout mettre en oeuvre pour qu'il "réalise son potentiel" si extraordinaire sur le papier.
Je mets des guillemets car finalement, avec le temps cela m'est un peu passé. HP ou pas, quelques parts, en tant que mère, je fais de toute manière au mieux de ce que je peux pour lui. Il fera ce qu'il voudra de son potentiel le jour où il trouvera sa voie.

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Fanetys
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Re: L'école et le HPI : regards croisés

Message par Fanetys »

Avec l'accord de Ouinon, je recopie ici son intervention sur un autre fil, car il me semble qu'elle apporte un éclairage supplémentaire sur ce sujet :
(intéressante, la remarque sur l'extérieur même quand la météo est mauvaise, je n'y aurais pas pensé...)
Ouinon a écrit : Depuis la naissance de notre fille aînée, nous envisagions l'IEF comme une voie naturelle, un prolongement des choix que nous avions fait jusque là. Finalement, je me rends compte que ce choix était nourri pour ma part uniquement du rejet de l'Education Nationale sous sa forme actuelle mais que je n'étais pas animée par l'envie "pure" d'instruire mes enfants en famille. A partir de là, le projet riche et familial perdait de son sens.
Fanetys a écrit :Hors-sujet
Une question que je me pose : qu'est-ce qui pourrait te faire opter pour une scolarisation classique ? Si je te disais "dans ton école de secteur, on ....", que devrais-je mettre à la place des pointillés pour que cela te convainque de tenter l'aventure pour ton fils ? Pas que je sois une militante anti IEF, mais parce qu'en tant qu'enseignante, je veux croire qu'il est encore possible d'améliorer l'école pour qu'elle joue correctement son rôle de service public (oui, je suis une grande rêveuse :$ )
La question ne m'est pas adressée mais je me permets de répondre également puisque je me suis posé ces mêmes questions et que ma fille fera finalement sa première rentrée à l'école vendredi.
Elle n'ira toutefois pas à l'école de secteur. Chez nous les élèves de petite section sont 34 par classe. Voilà. C'est juste impensable pour n'importe quel enfant (et adulte d'ailleurs) d'après moi, que ce soit en terme de rythme, de stimulations sensorielles, de lien avec l'enseignant.
L'école pour laquelle nous avons opté et nous aimerions que l'école publique le propose aussi :
- un effectif "raisonnable" que ce soit du côté des élèves et de l'équipe, permettant de conserver quelques idéaux didactiques et pédagogiques sans être écrasés par le poids de la "réalité de terrain"
- un cadre avec un minimum de nature, que les enfants aillent dehors même quand la météo est mauvaise (plusieurs écoles ici privilégient les films dès qu'il pleut, en Normandie je vous laisse imaginer)
- Des classes à plusieurs niveaux, pour le contenu mais aussi pour les aspects sociaux (en ce qui nous concerne : TPS/PSM/MSM puis GSM/CP/CE1, je suis moins sûre pour la suite mais je crois que c'est CE2/CM1, les CM2 seuls)
- une école "ouverte" qui intègre pleinement les parents (projets portés par les familles, sollicitation des compétences de chacun, participation à l'entretien des locaux, etc.).
La liste pourrait être plus précise et infiniment plus longue, mais les éléments principaux sont là !
"J'ai la peau de l'âme trop sensible. Il faudrait apprendre à son âme à marcher pieds nus." Jean Cocteau

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Rune
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Re: L'école et le HPI : regards croisés

Message par Rune »

@Fanetys : merci, je trouvais de même que cette intervention avait bien sa place aussi sur ce fil !
Ouinon a écrit : mar. 31 août 2021 21:11 les élèves de petite section sont 34 par classe
Juste : AAAAAAHHHH, mais comment est-ce possible ?! (En vrai, pour m'être renseignée, je sais que c'est légal, il n'y a plus d'effectif maximum plafonné dans les classes = on peut dépasser les 30 en collège, les 35 en lycée... Sympa, d'ailleurs, quand s'ajoutent aux élèves les AESH et que les salles sont prévues pour 30 ou 35 élèves max... Mais j'avais tendance à penser qu'en maternelle, il y avait un effort de fait. Ben non, faut croire...)

Sinon, @Ouinon , tu décris un peu mon école idéale. (Mais oui, la présence de la nature, ça change tellement tout par rapport à une cour bétonnée sans rien d'autre !)
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Ouinon
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Re: L'école et le HPI : regards croisés

Message par Ouinon »

Cela fait plusieurs fois que j'ai envie de répondre à ce fil, allez aujourd'hui je ne procrastine plus !

1. En tant qu’anciens élèves, quels souvenirs avez-vous de votre scolarité ? Diriez-vous, comme @mr_ludo

J'ai un double regard sur ma scolarité, celui de mes yeux d'élève, et celui que j'ai aujourd'hui. Les deux diffèrent un peu. Et puis il y a mon point de vue d'adulte et de professionnelle sur la scolarité en général.

D'abord en tant qu'élève, j'ai adoré l'école ! J'ai une sœur du côté de mon père de 14 ans mon aînée, avec qui j'ai de très bonnes relations mais nous n'avons jamais vécu ensemble, j'ai donc été élevée en fille unique avec des parents plutôt "âgés" pour le modèle d'il y a trente ans. Ajouté à cela assez peu de relations sociales et une maladie psychiatrique paternelle, l'école a été pour moi un formidable moyen de me faire des amis et de côtoyer d'autres enfants.
Je n'y ai rencontré aucune difficulté, le contenu scolaire étant plutôt secondaire, j'étais bien occupée à bavarder tout étant en tête de classe jusqu'en seconde sans travailler outre mesure.

J'y ai ai trouvé une grande valorisation qui me motivait bien. La petite fille sage vous voyez. Au collège, j'ai su me rapprocher des groupes "populaires" et j'ai beaucoup travaillé ma répartie du coup je n'ai jamais été la cible des autres. Avec le recul, je trouve que tout cela était une d'une violence inouïe, ce qu'on peut se balancer à la figure juste pour ne pas faire partie "des faibles" donne à réfléchir.

Bref, l'école et le collège c'était génial, le début du lycée aussi. Ensuite est venu le temps de choisir sa filière... Et là ça a été le drame. Je suis une littéraire dans l'âme, mes parents ont refusé catégoriquement je suive cette voie pour "m'ouvrir des portes". Bah oui, c'était idiot de se contenter de lire et philosopher avec des notes comme ça, il fallait faire du scientifique.
Je me suis donc retrouvée en S, c'était l'horreur. Deux années interminables, où ma moyenne s'est trouvée largement divisée par 2, une estime de soi proche du néant dans un lycée élitiste où on a failli me faire passer en candidat libre au final pour ne pas faire baisser les statistiques...
Bon finalement j'ai eu le bac avec des notes inattendues. Mes profs m'ont demandé comment j'avais fait, toujours sympa.

J'ai appris à l'âge adulte qu'un saut de classe avait été envisagé. Je ne sais pas si ça aurait changé quelque chose, moi sincèrement ça m'a plus d'avoir toujours fini en avance (notamment parce que je n'arrive pas à me concentrer longtemps), ça me laissait tout le loisir d'être dans mes pensées. En primaire j'ai le souvenir d'avoir eu du travail en plus, ça me ne me dérangeait pas, en revanche ça n'encourageait pas beaucoup la curiosité, c'était juste aller plus vite mais pas plus loin.
Avec mon regard d'adulte c'est le grand reproche que je fais à l'école : encourager à être "lisse", je n'ai jamais eu de problèmes de comportement donc ça passait bien et on ne cherchait pas plus. Jamais je ne me suis sentie encouragée à approfondir, aller plus loin, me creuser la tête. Ce n'est pas quelque chose que je trouvais chez moi non plus, j'ai le sentiment d'être passée à côté de plein de possibilités.
J'ai commencé à "m'ouvrir" pendant mes études supérieures, mais où la charge de travail a été plus importante et où j'ignorais alors HPI et TDA/H.
Je crois que ça n'aurait eu aucune importance pour moi de le savoir avant si ce n'est de me mettre la pression, chose que je savais déjà parfaitement faire. En revanche, au début de ma vie adulte, je crois que ça aurait été vraiment bénéfique.

J'ai aimé les études supérieures, pour tout l'aspect social (alors même que je suis une grande solitaire par ailleurs) mais je n'ai travaillé qu'au pied du mur et dans la précipitation. J'ai oublié les trois quarts du contenu. Ce que je mémorise toujours aujourd'hui c'est ce sur quoi je suis revenue plus tard sans "menace" des notes et à la lumière de l'expérience de terrain.

Je trouve, concernant ma filière en tout cas, que les enseignements manquent de cohérence. Trop d'intervenants, ce qui est une richesse, mais qui ne se concertent pas et du coup proposent du contenu redondant ou lacunaire.

2. Si vous êtes parents d’enfants HP, quelle vision avez-vous de l’école ? Y sont-ils heureux, frustrés, malheureux ? Leur différence est-elle un problème pour eux, avec les enseignants, avec les camarades ? Pensez-vous que l’Institution a évolué sur l’accueil des HP? Avez-vous fait le choix d’une école alternative ou de l’école à la maison ? Avez-vous des expériences de scolarisation dans d’autres pays ? Que souhaiteriez-vous voir s’améliorer dans l’Éducation Nationale ?

Mes enfants sont tout-petits, ma fille venant de faire sa première rentrée et mon fils n'a pas encore 1 an et demi. Je ne sais pas s'ils sont HP ou pas mais j'ai des ambitions sur l'école. Et beaucoup...

D'abord au niveau professionnel j'accompagne des enfants présentant des troubles du neuro développement (TND), pour le moment les relations que j'ai avec l'école sont donc basées sur des situations "difficiles" et "atypiques". Cela ne m'aide pas à avoir une image positive de ce qui est proposé aux enfants qui sortent du moule, je peux paraître sévère. Je vois tellement d'enfants noyés.
Je travaille en parallèle au sein d'une unité d'enseignement à temps partiel, ce qui me redonne quand même foi en l'Institution.

Je pense que pour beaucoup, l'école avec sa lourdeur hiérarchique/administrative/manque de moyen (vous pouvez ajouter ce que vous souhaitez à la liste qui peut être longue), est maltraitante. Voilà, c'est dit. Elle l'est pour les enfants, pour les adultes qui y travaillent et certaines familles.
Le manque d'information (même pas de formation, je n'en espère plus tant) de certains adultes sur le développement de l'enfant est désolant. Les demandes sont parfois en parfaite inadéquation avec la trajectoire développementale, ça me rend malade ! Alors imaginez quand l'enfant à une courbe différente...
Tout cela résulte d'un manque évident de moyens mis dans l'Education. Par ailleurs, je trouve qu'il y a un tel écrasement des programmes, de la course à l'efficacité que le bon sens est perdu. C'est un mal plus général qui touche la société entière mais qui s'ancre profondément dès les premières années d'école.

Ce que j'aimerais voir s'améliorer dans l'EN :
- Une formation solide sur le développement de l'enfant/l'adolescent.
- Plus de sous ! plus de sous ! plus de sous ! Car l'argent, c'est du temps... :clin: Enfin, c'est un taux d'encadrement plus élevé et donc plus de temps pour la singularité de chaque personne, élève et enseignant, mais aussi pour développer d'autres pédagogies, faire des projets, etc.
Le but étant de réussir à sortir de "on fait ce qu'on peut pour sauver les meubles" à "on a des ambitions les gars !". Ne plus viser le remplissage par les connaissances mais de permettre aux personnes de s'Elever, dans leur globalité.

Il y a évidemment des tas de nuances avec des aspects plus positifs, mais le message est axé sur ma vision globale. C'est ce qui m'a fait longtemps repousser ma participation, je n'arrive pas à transcrire l'ensemble de ce que je peux ressentir à propos de l'école.

Bon, sinon il y a quand même une chose que j'aimerais ne pas voir changer :
- L'enthousiasme et la volonté de beaucoup de personnes qui se tapent des contraintes de folie et qui pourtant font le job. (petit côté bisounours :D ).

Merci pour ce post qui est vraiment intéressant à lire et qui ouvre beaucoup d'interrogations.

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Traum
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Re: L'école et le HPI : regards croisés

Message par Traum »

Fanetys a écrit : dim. 4 juil. 2021 18:021. En tant qu’anciens élèves, quels souvenirs avez-vous de votre scolarité ?
Globalement pas très bons.
En maternelle, j'ai été le souffre-douleur d'une institutrice qui se trouvait être la directrice. Je l'ai eue deux ans, en petite et en grande section. Je ne compte plus les punitions, les fois où j'ai été exclue, envoyée au dortoir, brimée, où on m'a tiré les oreilles, mise au ban, punie pour ne pas avoir compris des consignes peu claires… Des parents ont tiré la sonnette d'alarme auprès de mes parents qui… n'ont rien fait. Un jour, mon père m'a demandé pourquoi je n'avais rien dit ; au-delà du côté culpabilisant d'une telle phrase, je n'ai jamais osé lui dire que je ne voyais pas une grande différence de traitement entre l'école et la maison. Pour moi, c'était normal qu'on lève la main sur moi parce que j'étais considérée comme une enfant « difficile ».
Heureusement, j'avais des ATSEM bienveillantes et j'ai eu un an une institutrice qui m'a prise en pitié.
Cette directrice m'a propulsée vers le primaire avec le viatique suivant : « Toi, tu ne sauras ni lire ni écrire, tu n'arriveras à rien dans la vie. » Ça, et l'idée que c'était normal de me faire cogner, n'a pas aidée à m'ouvrir aux autres et me dénigrait sur tout.

Je n'ai pourtant jamais été une élève en difficulté, hormis un léger blocage sur la lecture (curieusement). J'étais en primaire une élève plutôt moyenne dans mon souvenir, dans la moyenne haute, avec une mère qui me poussait déjà et me refaisait une partie de l'école à la maison. L'école ne m'intéressait pas. Je m'ennuyais. Je préférais lire mon livre de français sur les genoux (ou tout autre livre dès que j'ai su lire), jouer avec mes crayons, rêver, me réfugier dans mon monde imaginaire, attendu que le monde réel était tout sauf satisfaisant. J'ai été plusieurs fois le bouc émissaire de mes camarades. Je ne savais pas nouer des relations avec les autres.
Le collège a été pire. J'ai été harcelée jusqu'à la seconde. Je me suis beaucoup investie dans la vie du lycée. Bonne voire très bonne élève quand l'environnement me convenait. Un redoublement injuste sur fond de conflit familial en classe de première, parce que je ne voulais pas faire ma terminale S à l'époque (c'était trop… j'étais allée au bout du désir maternel, il était temps de trancher).
Je me suis plutôt révélée progressivement dans le supérieur. Mais j'ai perdu foi dans le système éducatif français. Trop d'ennui, trop de demande à se fondre dans la masse, trop d'homogénéisation… J'ai l'impression que l'on m'a laissée végéter, voire que l'on m'a tirée vers le bas. On me demandait de performer quand j'étais déjà bonne sans m'aider à m'épanouir, ou on me laissait dans mon coin et tant pis si je m'ennuyais aussi souvent, aussi longtemps, comme un rat mort. Je ne me suis pas sentie valorisée ni par mes parents, ni par le système.
Fanetys a écrit : dim. 4 juil. 2021 18:022. Si vous êtes parents d’enfants HP, quelle vision avez-vous de l’école ? Y sont-ils heureux, frustrés, malheureux ? Leur différence est-elle un problème pour eux, avec les enseignants, avec les camarades ? Pensez-vous que l’Institution a évolué sur l’accueil des HP? Avez-vous fait le choix d’une école alternative ou de l’école à la maison ? Avez-vous des expériences de scolarisation dans d’autres pays ? Que souhaiteriez-vous voir s’améliorer dans l’Éducation Nationale ?
À l'heure actuelle, nous n'envisageons pas de faire tester notre fils. C'est un enfant éveillé. Surtout c'est un enfant qui semble sécurisé, et c'est le plus important.
Il est soumis à l'obligation scolaire à compter de septembre 2022, à notre grand dam. Je n'ai pas confiance dans la capacité du système à le porter. Il y a des bonnes volontés, il y a des instituteurs.rices merveilleux.ses, mais c'est du cas par cas, et je n'ai pas envie de jouer à la roulette russe le bien-être de mon enfant, encore moins à un moment où l'on nous laisse de moins en moins le choix en tant que parent, où il faut justifier les absences, etc.
Nous aurions aimé pouvoir envisager une école Montessori, mais pour nous sur Paris, c'est hors de prix. On a déjà d'autres frais pour notre seule survie de tous les jours. On aurait aimé l'IEF mais avec la restriction liée au régime d'autorisation et la potentielle de mes études médicales, c'est difficile à envisager. Du coup, comme c'est encore possible pour cette année, on lui a trouvé une place en jardin d'enfants, qu'il commencera dès le mois prochain. (Il est le plus vieux de sa crèche.) On sait que ça ne durera qu'un an : le temps pour nous, on l'espère, de quitter la France. On envisage de partir dans un des pays du Nord. Mon idéal serait la Finlande sur les aspects de scolarisation et d'éducation, mais ce n'est pas le pays le plus accessible (notamment en termes de langue).

Au-delà de l'Éducation Nationale, c'est tout un système qui pense l'enfant qui est à revoir. Il y a quelques jours, avec mon mari, on voyait un groupe d'enfants de maternelle sortir de l'école et on a entendu encore parler de bons points et de mauvais points… Ça nous a glacé tous les deux qu'on en soit, encore, là… Je ne me suis pas vue mettre mon enfant dans un système où on lui apprendrait à suivre des règles sans explication, à lui apprendre à fonctionner selon un système de récompenses, de notes, d'images, de bons points, alors que ce n'est pas comme ça que fonctionne la vie et ce n'est pas ce qu'on lui souhaite. Et il y a encore tellement de choses…
Pour l'Éducation Nationale plus particulièrement, je regrette sincèrement le manque de formation des maîtres.ses, que ce soit de la formation initiale ou de la formation continue.
Je regrette aussi la lourdeur, le manque de moyens face aux élèves en difficulté, et le manque d'ambition face à ceux qui ont des dispositions qui sortent un peu plus de l'ordinaire. Je regrette le manque de souplesse d'un système. Et je regrette, sur le plan pédagogique, même le découpage en matières qui est avant tout plus historique que pédagogique, et bride les élèves dans leur créativité, les coupe de leur curiosité et du sens de ces apprentissages…
Au risque de paraître radicale, mais je crois en la capacité de l'enfant d'apprendre sans qu'on lui enseigne des choses. Je regrette que l'on pense selon un système vertical où ce serait l'adulte sachant qui transmettrait le savoir et les connaissances à un élève réceptacle. Je suis très sensible, là-dessus, à l'approche Montessori ou encore aux postulats de l'unschooling.
Fanetys a écrit : dim. 4 juil. 2021 18:023. Vous êtes ou avez-vous été enseignant : Avez-vous été confronté à des élèves HP ? Avez-vous adapté vos méthodes ou pensez-vous que ce n’est pas nécessaire, ou pas faisable ? Comment la salle des profs réagit-elle quand on désigne un élève comme étant « surdoué » ? Etes-vous informés des aménagements prévus par l’Institution ? Manquez-vous de formation ou en avez-vous bénéficié ? Les parents de ces élèves sont-ils en attente d’adaptations ou souhaitent-ils simplement que leurs enfants soient mieux compris ? Sont-ils en confiance ou plutôt critiques vis à vis de l’école ?
J'ai été enseignante dans le supérieur comme vacataire ; je ne suis donc pas concernée par les aménagements pour les élèves HP, pour qui plus rien n'est proposé une fois qu'ils ont obtenu leur bac.
« Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait. » Mark Twain

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