Ecris, soignant(e), écris...

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Traum
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Re: Ecris, soignan,t(e), écris...

Message par Traum »

Je ne sais pas ce qui est le plus dur, avec ce virus… Si c'est la privation induite dans les services quant au fait de pouvoir boire et manger (les masques sont rationnés et toute sortie est rationalisée), si c'est la tension quant à la quantité de matériel (un coup les masques FFP2 manquent, un coup c'est les gants, un coup c'est les surblouses…), si c'est le manque d'organisation du service, si c'est fait de voir les patients faire des allers-retours entre la réanimation, les services de médecine, ceux qui meurent dans le service (parce qu'ils ne seront pas admis en réanimation), si c'est le fait de les voir mourir, même pas toujours de manière confortable parce que l'on manque de sédatifs (« qui sont pour la réa »), ou encore si c'est d'assister à la fluctuation de leur état, si c'est le fait de tisser un lien et de les voir partir (en tant que médecin, on a davantage une place d'inspecteur des travaux finis, les infirmiers et les aides-soignants sont beaucoup plus exposés)…
Dans certains services, leurs masques sont périmés depuis 2012, alors ils se sont faits une raison. Chez nous, la qualité des masques varie mais cela reste des masques FFP2. Les surblouses ont vu leur finesse s'accroître et leurs manches se raccourcir. Le discours change en fonction des moyens disponibles. Au début, on nous a dit de mettre des gants pour (presque) tout. Récemment, face à la pénurie de gants, on nous a dit de ne les mettre que pour toute exposition possible aux liquides ; pour le reste, eh bien, on peut se laver à l'eau et au savon, ou à la SHA. Ce n'est pas faux. Mais devant ses revirements fréquents de discours, on se dit parfois en plaisantant que l'on pourrait aussi bien y aller tout nu puisque tout se lave.

Le plus dur à l'heure actuelle, pour moi, c'est la fatigue physique. Je ne suis pas habituée à travailler en douze heures. Je me lève tôt, rentre tard, espère que mon fils ne pleure pas avant que je parte pour tenter d'être à l'heure, m'arrange pour tirer mon lait deux fois par jour (et tirer sur mes trois masques par jour), rentrer le soir, tout nettoyer, ranger, préparer le lendemain et vite aller dormir pour espérer avoir six heures devant moi. J'arrête dans deux semaines. Non sans une certaine hâte, mais non sans culpabilité non plus. J'aurai l'impression de laisser tout le monde tomber. Alors que je n'étais pas obligée non plus de venir, ni d'aider, alors que j'ai un enfant en bas âge et que j'aurais juste pu rester chez moi sans m'exposer, alors que je demande à toute ma famille de payer un coût important…
Mais je suis contente d'être là parce que c'est comme ça que mon métier a du sens.

Et je trouve ça difficile parce que personne ne peut dire où on va. Juste que ce n'est pas fini. Que c'est même très loin d'être fini. Je savais la vie nourrie d'incertitudes. J'ai l'impression d'avoir encore plus de mal à pouvoir faire des projets parce que pour tout, maintenant, le virus s'est invité dans nos vies.
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Bulle d'o
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Re: Ecris, soignan,t(e), écris...

Message par Bulle d'o »

Je ne suis pas soignante, je ne suis pas au front. Mais depuis le début de la pandémie, comme second support des soignants, mon monde professionnel (puisque le second, "les fleurs", a fermé) sait qu'il va être utilisé bientôt.

En 20 ans, je n'avais jamais entendu la profession de "travailleur social" nommée dans un discours politique. Ni même je n'avais vu un mot glorieux sur cette profession. J'ai au contraire au fur et à mesure, entendu de plus en plus de discours de commerciaux, de gens de rentabilité, de décisionnaire politique, l'envisager comme un agglomérat de post-soixante-huitards, hippisants, faisant miroir aux personnes qu'ils soutenaient, mixé à de nouvelles générations aussi droguées ou sensibilo-déprimées. Cela pouvait expliquer leurs illusions à aider les plus démunis.

Et tout à coup, de métier de rien, de petites mains, nous devenons à notre tour, non plus l'outil pour "redresser les torts" ("oui, monsieur, il y a une partie de mon métier qui vous demande de vous conformer. Je sais, c'est difficile car votre situation à vous c'est ...."), mais une réserve pour s'occuper des conséquences d'une gestion douteuse du point de vue sanitaire, pour TOUS. Et par là, tout à coup, on parle de nous, ces travailleurs souterrains.

Si je n'avais pas lu un article posé sur le fil "Société COVID 19", je n'aurais pas écrit. Mais il a fait écho à mes écoeurements très actuels.

Voilà, mon métier bascule pour moi en ce moment, et je ne sais où je vais mettre mon prochain pas quand l'urgence actuelle sera passée.

Ce que je sais par contre, c'est que quand on a demandé notre volontariat, je n'ai pas hésité une seconde à dire "ok" pour du terrain auprès de deux grandes populations exposées particulièrement aux conséquences létales probables de la pandémie : les personnes à la rue.

Pourquoi je n'ai pas hésité : parce que j'ai été formée pour ces interventions, même si je n'en fais plus depuis quelques temps. J'ai été notamment formée par les actions conjointes secteur social/services de soins. Ces formations étaient dispensées par des équipes plurielles dans un hôpital qui n'avait pas encore souffert de restriction budgétaire, au point de ne plus pouvoir transmettre son savoir faire. Et ce savoir faire nous a permis de prendre en charge le lien de ceux qui sont éloignés de tout, pour les mener vers le soin.

Et j'ai dit "oui" car dans l'action qui nous est confiée là, je fais partie de 3% qui savent faire ça, là où je bosse. Pas par magie, par apprentissage empirique et théorique.
Et pourtant, dans ce contexte, c'est 50 % de l'effectif de travail qui sera mobilisé pour agir en définitive. Donc 47 % de pairs, qui eux, ne sauront pas faire, sans qu'ils n'en soient responsables pour autant. Ils sont en cours de formation de base (je le sais, je les forme). Une partie des personnes à rencontrer, n'est simplement pas "leur public habituel".

Les conséquences peuvent, en l'absence d'approches adaptées, consister à faire un "tri" de facto de "qui aura des soins de préventions, qui n'en aura pas. Qui aura un risque accru de mort par corona-virus, qui en sera préservé, dans les semaines à suivre".

Alors pourquoi je saute à deux pieds joints là-dedans? Ben, parce que ça aurait pu se faire autrement, si on avait demandé à ceux qui savent, de le faire. Les structures sont nombreuses. Mais pour des nébuleuses que je préfère ignorer - sans quoi je crains de n'y trouver qu'un écueil amère et redondant de rentabilité ou de parcours politique et stratégique - la tâche n'a été allouée qu'à un seul interlocuteur pour deux populations très très très distinctes (au sein de l’appellation "SDF" générique). En gros, on aurait pu mener le projet à bien pour tous. Mais le choix est autre.

Alors j'y vais, car je refuse de fermer les yeux sur ce que je sais. Parce que si je les ferme, c'est moi, qui n'arriverais pas à vivre avec, au delà de cette urgence là. On est 3% à savoir faire, on fera donc le travail de 3%, pas plus, on tentera 3%.

Ça faisait un moment que j'avais pas eu ce nœud, là, dans la gorge. Un nouveau symptôme de l'urgence sanitaire actuelle?
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Cyrielle
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Re: Ecris, soignan,t(e), écris...

Message par Cyrielle »

Merci pour cet autre regard, Bulle d'O !
Comme je te l'ai déjà dit ailleurs, je trouve ton métier bien plus ingrat que celui de soignant, et je "te laisse la place"^^. C'est pour cela que je suis toujours très très admirative des AS (entre autres travailleurs sociaux) qui ont su garder leur humanité sans se laisser briser.
Les aberrations sont toujours bien présentes partout, comme avant, comme après… alors bien sûr, pour ceux de la rue, hein :?.
Je suppose que les deux populations dont tu parles sont différentes par leur situation "administrative" ? Quoi qu'il en soit, j'espère que la vague épidémique les épargnera (tu as des nouvelles du centre d'hébergement où s'était déclaré plusieurs cas ? ).
Bon courage pour tenir auprès d'eux… et aussi de tes collègues à former, qui ne seront peut-être pas tous réceptifs ni volontaires ?
Bonne nuit, bonne journée !
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Re: Ecris, soignan,t(e), écris...

Message par Léo »

Bon courage Bulle et vous les soignants... je trouve ça très important et enrichissant d’avoir des nouvelles du terrain directement. Si seulement les gouvernements pouvaient fonctionner de pair avec ces/ses acteurs...
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Re: Ecris, soignan,t(e), écris...

Message par Balalaïka »

sandrinef a écrit : lun. 30 mars 2020 08:30 Je ne sais pas si le titre de ce sujet est bien explicite... Je propose ici aux professionnels du soin, de l'aide à la personne, du care, enfin ceux qui, par leur profession sont confrontés à une réalité un peu difficile, d'écrire. De témoigner, de déposer un peu. Pour se sentir moins seul, moins seule. Cela pourrait peut-être permettre de nous soutenir moralement, de se sentir ensemble malgré tout, je ne sais pas... Et cela pourrait permettre à ceux qui sont étrangers à notre milieu professionnel, d'appréhender notre quotidien de manière plus vraie. Je ne dis pas plus réaliste car chacun et chacune vit la situation selon son propre prisme ...
Je trouve le titre terriblement explicite...et même plus, il semble, à lui seul, déjà doté d'une voix invisible et chargée d'un besoin impérieux et profond...et les mots qui suivent portent quelquechose qui vont bien au-delà du simple témoignage...C'est, du moins, ce que j'ai ressenti.

En raison d'un problème de vue, j'ai pris le temps d'imprimer vos mots afin de pouvoir en grossir les caractères, puis les lire et les relire, attentivement...Je suis dans le milieu du soin mais je n'ai pas pu travailler pendant la période de confinement. Néanmoins, ce que j'ai lu a résonné en moi...

Il serait intéressant d'analyser les mécanismes qui régissent les réactions des êtres humains dans les contextes angoissants (guerre, pandémie...) : agressions gratuites, déni, aveuglement, égocentrisme...mais cela pourrait, peut-être, faire l'objet d'un autre sujet.

Merci pour ce partage.

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Cyrielle
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Re: Ecris, soignan,t(e), écris...

Message par Cyrielle »

Mon cœur s'est serré en lisant le coup de gueule de [mention]yokainoshima[/mention] au sujet de son appel au 15 viewtopic.php?p=324844#p324844.

C'est anormal que, alors que le virus est toujours là, qu'on sait bien que la "deuxième vague" arrivera tôt ou tard, les citoyens soucieux de Santé Publique ne puissent plus être informés et pris en charge à la source...

Mais aujourd'hui, à l'hôpital, les choses vont encore plus mal qu'avant l'épidémie. Ce n'est pas une surprise. Pour autant les médias ne s'en soucient plus beaucoup.

Bien sûr il n'y a quasiment plus de cas hospitalisés, les services ne sont pas débordés.
Mais les soignants sont fatigués (arrêts et accidents de travail à la pelle en témoignent), les aberrations ont repris de plus belle (postes vacants depuis deux mois non pourvus... et non affichés : il n'y a pas de petite économie !), la fameuse prime a davantage divisé que réconforté (40% du personnel de mon CHU a eu 1500, tout le monde a eu 500, certains ont eu 1000 : incompréhensible pour ceux qui ont du mal à boucler les mois), le Ségur de la Santé est un gros foutage de g. (augmentation de 180€ qui ne nous amènera même pas à la moyenne européenne, et en plus accompagnée d'un "assouplissement des 35h" donc heures supp non payées, une diminution de notre temps légal de repos, et on le craint suppression de la prime annuelle déjà inférieure à un 13è mois : le bénéfice réel de cette mascarade sera sans doute nul).
Les arrêts ne sont pas remplacés, on auto-remplace les congés d'été ; donc on cumule des vacations et week-end de travail en étant quand même en sous-effectif.
Les services transversaux sont aussi en souffrance et n'assurent pas (manque de linge, de médicaments, repas servis dans des barquettes...), etc.
Tous les dispositifs mis en place lors de l'épidémie ont bien sûr été supprimés, notamment le renfort médical des répondants au 15, mais aussi les centres d'appel et d'information. Le dépistage se poursuit mais là aussi le personnel a été réduit.

Evidemment, cela a des conséquences du coté des malades et famille (je vis aussi cet aspect-là en ce moment), les visites restent restreintes dans certains services, rendant les hospitalisations difficiles à supporter, les examens sont annulés in extremis, les soins de base sont faits à la va-vite, les soignants n'ont pas le temps d'informer, sont parfois à peine aimables voire jémefoutistes (je ne sais que trop que cela dépend de chaque personne, mais la surcharge de travail n'aide pas).

Au total, je plains vraiment tous les usagers de Santé qui ne connaissent pas le milieu hospitalier et ne savent donc pas s'adapter, en appelant au bon moment, en posant les bonnes questions et en étant vigilant sur les bons aspects.
Je leur demande pardon de ce qu'on leur fait vivre.
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Re: Ecris, soignan,t(e), écris...

Message par Holi »

C'est effrayant, que faudra t-il qu'il arrive pour enfin prendre le problème au sérieux ?
Courage à toi :clin:
À force de penser à ce que les autres pensent de nous, on en oublie de se penser soi-même.
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Cyrielle
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Re: Ecris, soignant(e), écris...

Message par Cyrielle »

18 mois après avoir été opportunément érigés en héros qu'on envoyait sans protection au devant d'un virus inconnu et potentiellement gravissime, les soignants deviennent les contamineurs.

Je suis vaccinée depuis longtemps, contre le covid et aussi contre la grippe (36% des infirmiers et 21% des aide-soignant vaccinés en 2018 !) et toutes les autres maladies à prévention vaccinale. Mais je suis contre une coercition stigmatisante en ces temps si sombres pour l'hôpital public.

Si les soignants ne sont pas convaincus de l'utilité du vaccin, qui le sera ? On doit se poser la question de la formation et de l'éducation à la santé.
Il faut réexpliquer la vaccination, montrer ce qu'était la variole, ce que sont toujours toujours le tétanos et la poliomyélite, ce que redeviennent hélas la rougeole et la coqueluche. Les riches se payent le luxe d'être antivax et ce sont les pauvres et les fragiles qui meurent.
J'ai vu en 2016, en Aquitaine, une gamine de 17 ans, jolie comme un cœur, mourir de la rougeole après des mois de lutte des équipes de réanimation. C'est inacceptable.

Les décès par covid ne sont pas un fantasme, ils ont été déjà très, trop nombreux, parfois dans une déchéance insupportable, même s'ils ont été cloitrés, réservés à nous les ex "héros" de l'hôpital public, invisibilisés, déshumanisés par des décisions iniques.
Les morts à venir seront difficiles à tolérer par ceux qui y seront confrontés (les proches et les soignants) si on soupçonne qu'elles auraient pu être évitées.

Les effets secondaires à court-moyen terme du vaccin sont rarissimes comparativement, et il est maintenant prouvé que cela évite la transmission asymptomatique. Me faire vacciner moi, c'est protéger les gens à risque de forme grave et de décès, ceux que je connais et ceux que je ne connais pas. Redisons-le, répétons-le, convainquons.

Mais contraindre c'est avouer qu'on ne sait pas, qu'on ne se donne pas les moyens d'éduquer.
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Fanetys
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Re: Ecris, soignant(e), écris...

Message par Fanetys »

Je te lis (avec beaucoup de respect), et je voudrais comprendre... Saurais-tu expliquer pourquoi certains soignants, pourtant aux premières loges pour voir les dégâts causés par ce virus, pourtant (au moins pour une partie d'entre eux) formés pour appréhender ce qu'est un vaccin et comment il fonctionne, se montrent aussi réticents ? Je me sens totalement désarmée face à ces réactions que je ne comprends pas... Faut-il expliquer encore et encore, dans cette course contre la montre, ou est-il temps de contraindre, j'avoue que je ne sais plus. Je suis tout aussi perplexe en lisant sur des forums d'enseignants (dont je suis... profession censée savoir lire et comprendre des informations basiques), des propos dignes des pires complotistes... Merci en tout cas de dire et de re-dire ici l'importance de la vaccination. :)
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Re: Ecris, soignant(e), écris...

Message par Pascalita »

Je partage les interrogations de Fanetys. Depuis longtemps je me demande pourquoi les soignants sont réfractaires à ce vaccin - peut-être à d'autres aussi, je ne sais pas ? Il me semble me rappeler qu'il y a également un faible taux de vaccination contre la grippe. De là à dire que la raison est la même, il y a peut-être un trop grand pas - d'autant que je ne sais pas exactement non plus quelle est la raison pour la grippe (que la maladie est bénigne pour une personne en bonne santé et ne justifie donc pas de se faire vacciner ?)...

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Re: Ecris, soignant(e), écris...

Message par O'Rêve »

Pascalita a écrit : mar. 13 juil. 2021 21:51 Je partage les interrogations de Fanetys. Depuis longtemps je me demande pourquoi les soignants sont réfractaires à ce vaccin - peut-être à d'autres aussi, je ne sais pas ? Il me semble me rappeler qu'il y a également un faible taux de vaccination contre la grippe. De là à dire que la raison est la même, il y a peut-être un trop grand pas - d'autant que je ne sais pas exactement non plus quelle est la raison pour la grippe (que la maladie est bénigne pour une personne en bonne santé et ne justifie donc pas de se faire vacciner ?)...
Concernant les médecins généralistes, cette étude peut apporter quelques explications à vos interrogations :
https://www.mesvaccins.net/textes/vacci ... tiques.pdf

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Re: Ecris, soignant(e), écris...

Message par Cyrielle »

Ben non je ne peux pas expliquer.

Voici un article qui pourra peut-être vous éclairer Intentions vaccinales des soignants en France en juin 2020

Et une réponse (d'une infirmière inconnue) piochée sur facebook qui me parait intéressante
► Afficher le texte
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Pascalita
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Re: Ecris, soignant(e), écris...

Message par Pascalita »

Merci à toutes les deux pour vos liens.

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Re: Ecris, soignant(e), écris...

Message par Fanetys »

Merci beaucoup !
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Re: Ecris, soignant(e), écris...

Message par Miss souris »

Merci à vous deux. Ça m'interroge ( on va dire qu'il y a un faisceau de raisons...). Et ça me fait penser que dans Devenez savant devenez sorcier, Georges Charpak disait il me semble que les professions les plus perméables au paranormal au sens large étaient...les enseignants et les infirmiers ( peut-être dans l'ordre inverse).
Je ne sais pas sur quoi il s'appuyait pour dire ça, mais quand je regarde chez les profs, il arrive souvent de rencontrer des gens éduqués, qui ont fait des études raisonnables, et qui sautent à pieds joints dans les théories complotistes, par manque de confiance dans les autorités ( que j'aurais assez tendance à partager...) et confiance exagérée dans leur propre aptitude ( études et pratique de l'écrit et d'internet) à trouver La vérité ( là nos chemins se séparent. ) Et souvent les réponses ne sont pas claires quand je demande les sources. ( il semble que le fait que le média ne soit pas mainstream lui donne des points de crédibilité supplémentaires sans autre analyse...mais je raccourcis et ne m'appuie que sur quelques constatations.)

Bref. Ça fait beaucoup de si...mais je me dis que si le même processus ( manque de confiance dans l'autorité et confiance exagérée en ses capacités à chercher l'info) est à l'œuvre chez les profs et les soignants, avec un beau nappage de frustration, non reconnaissance et sentiment général de foutage de gueule, ça peut rejoindre le faisceau des causalités.

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Re: Ecris, soignant(e), écris...

Message par Wal »

Il me semble que l'on récolte malheureusement les fruits d'une communication calamiteuse depuis le début de cette crise, que ce soit de la part des pouvoirs publics ou des professionnels de santé présents dans les médias.
Cette cacophonie générale n'a pas aidé à instaurer un climat serein pour diffuser une information comprise de tous, soignants ou pas...
En tant qu'époux de soignante, je comprends la colère exprimée par l'infirmière que cite Cyrielle.
Si le principe d'une vaccination obligatoire ne me dérange pas en soi, cela se fait déjà, la manière de procéder est par contre tout aussi choquante qu'irrespectueuse.
Cyrielle a écrit : mar. 13 juil. 2021 16:52 Il faut réexpliquer la vaccination, montrer ce qu'était la variole, ce que sont toujours toujours le tétanos et la poliomyélite, ce que redeviennent hélas la rougeole et la coqueluche. Les riches se payent le luxe d'être antivax et ce sont les pauvres et les fragiles qui meurent.
Un autre effet pervers de cette pandémie, la vaccination infantile à l'arrêt dans les pays pauvres:
Vaccination des enfants: l'ONU alerte sur un risque de «catastrophe absolue»

Bon courage à tous les soignants.
Se préparer au pire. Espérer le meilleur. Prendre ce qui vient. (Confucius)

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Cyrielle
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Re: Ecris, soignant(e), écris...

Message par Cyrielle »

Merci @Wal, vraiment.
Je crois que les gens ne réalisent pas bien ce que l'on a vécu et vit encore, et que l'on (pas même les soignants eux-mêmes) ne prend pas assez la mesure du stress post-traumatique à l'œuvre actuellement.
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