Et SI le test disait non...

Cette section est ouverte à tous les membres : elle doit permettre un partage d'expériences autour des problématiques liées à la découverte de la douance.
Répondre
Avatar du membre
Audette
Messages : 17
Enregistré le : dim. 28 janv. 2018 17:22
Présentation : Toc toc toc ?
Profil : Diagnostic +
Test : WAIS
Localisation : Dans le micro et le macro
Âge : 20

Re: Et SI le test disait non...

Message par Audette » sam. 10 mars 2018 12:13

Bonjour à tous,

Inscrite il y a peu, j'ai écumé le forum et ses richesses. Celui-ci a considérablement participé à réduire mes craintes quant à la passation éventuelle d'un test de QI.

J'ai donc décidé de sauter le pas et de partir en quête d'un psychologue averti pour enfin obtenir une réponse à propos de cette question qui me taraude l'esprit depuis si longtemps. De ma démarche, je ne tiendrai personne au courant, je veux réaliser cette rencontre seule avec moi-même et cela ne peut se faire que dans l'intimité et la discrétion la plus totale. J'ai 19 ans mais je paierai le bilan moi-même, j'y tiens, c'est un investissement que je veux faire.

Ma volonté de passer les tests est ambivalente. Je souhaite me faire tester pour enfin éliminer ce "Et si c'était ça ?" qui me bouffe l'esprit. Je veux savoir pour enfin passer à autre chose. La vérité est que je suis quasiment convaincue de ne pas l'être et que mon fonctionnement, qui s'apparente à celui d'un adulte HP, est simplement dû à mon parcours personnel. Mais je suis la reine des effets Barnum (à moitié hypocondriaque, j'ai déjà cru être atteinte d'un cancer sans avoir aucun symptôme...) et me sens si seule que je cherche depuis des années à me raccrocher à un groupe. Je suis persuadée que je vais obtenir un "non"... J'ai une phobie de me biaiser, de m'être convaincue de quelque chose qui n'est pas moi. Alors je prends les devants, il est temps d'affronter la "vérité".

Je n'en peux plus de cette guerre permanente dans ma tête, voici pourquoi je choisis d'y mettre un terme en décidant de passer la WAIS. Désormais, que la réponse soit "oui" ou "non", cela m'est (presque) égal. Je veux pouvoir avancer, sans refouler dans un coin de mon cerveau la possibilité d'être HP. Le test me permettra de mieux me percevoir. Je suis consciente qu'il ne m'apportera pas toutes les solutions vers un mieux-être mais je le vois maintenant comme un moyen et non plus comme une fin.

Si le test dit non j'y serais préparée car je ne conçois pas sérieusement une autre réponse. Je pense malgré tout que poindra la déception de ne pas m'être trouvée et d'être "juste moi"...

Bien entendu, je ne suis pas entièrement sereine mais l'angoisse me semble gérable et normale puisque la connaissance de soi n'est pas aisée et remue bien souvent. J'y suis prête et terriblement soulagée à l'idée de bientôt emprunter le tremplin du test qui me lancera vers une autre quête de moi-même. Et ce, quelqu'en soit la réponse. :clin:
"Comme un ange... Un ange qui s'était brûlé les ailes au feu de ce qu'il ignore"

Avatar du membre
Traum
Messages : 443
Enregistré le : jeu. 15 janv. 2015 22:22
Présentation : Il y a tellement d'étoiles dans le ciel…
Profil : Diagnostic +
Test : WAIS
Localisation : D'est en ouest
Âge : 31

Re: Et SI le test disait non...

Message par Traum » sam. 10 mars 2018 14:59

Audette a écrit :
sam. 10 mars 2018 12:13
Ma volonté de passer les tests est ambivalente. Je souhaite me faire tester pour enfin éliminer ce "Et si c'était ça ?" qui me bouffe l'esprit. Je veux savoir pour enfin passer à autre chose. La vérité est que je suis quasiment convaincue de ne pas l'être et que mon fonctionnement, qui s'apparente à celui d'un adulte HP, est simplement dû à mon parcours personnel. Mais je suis la reine des effets Barnum (à moitié hypocondriaque, j'ai déjà cru être atteinte d'un cancer sans avoir aucun symptôme...) et me sens si seule que je cherche depuis des années à me raccrocher à un groupe. Je suis persuadée que je vais obtenir un "non"... J'ai une phobie de me biaiser, de m'être convaincue de quelque chose qui n'est pas moi. Alors je prends les devants, il est temps d'affronter la "vérité".

Je n'en peux plus de cette guerre permanente dans ma tête, voici pourquoi je choisis d'y mettre un terme en décidant de passer la WAIS. Désormais, que la réponse soit "oui" ou "non", cela m'est (presque) égal. Je veux pouvoir avancer, sans refouler dans un coin de mon cerveau la possibilité d'être HP.
Bonjour Audette,
Ton message me parle énormément puisque, avec dix ans de plus que toi, c'est dans cet état d'esprit que je m'étais résolue à passer le test. Cela faisait dix ans que je me posais la question et, de guerre lasse, je sentais qu'il fallait que je lui donne une réponse pour juste arrêter de me poser la question. J'étais bien sûr convaincue que je n'étais pas HPI, et que tout n'était que le fruit de mon histoire personnelle. (Sur quoi j'avais déjà bien travaillé, et il y avait effectivement de quoi.)

Il se trouve que, pour moi, la réponse a été finalement oui.
Mais ta démarche, en soi, est très saine. Parce que tu envisages à peu près toutes les possibilités, que tu n'attends rien de miraculeux du test, que tu y vois en plus une possibilité de mieux te connaître et que, d'ici le résultat du bilan psychologique, tu te protèges bien. (Et ce dernier point est une réelle qualité aussi : ce qu'il faut pour avancer, ce qu'il faut pour le faire avec prudence…)

Bon courage pour ton bilan.
« Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait. » Mark Twain

Avatar du membre
Audette
Messages : 17
Enregistré le : dim. 28 janv. 2018 17:22
Présentation : Toc toc toc ?
Profil : Diagnostic +
Test : WAIS
Localisation : Dans le micro et le macro
Âge : 20

Re: Et SI le test disait non...

Message par Audette » sam. 10 mars 2018 18:50

Bonjour Traum !
Traum a écrit :J'étais bien sûr convaincue que je n'étais pas HPI, et que tout n'était que le fruit de mon histoire personnelle. (Sur quoi j'avais déjà bien travaillé, et il y avait effectivement de quoi.)
J'ai également travaillé sur mon vécu et sur moi-même (psychothérapie analytique). J'étais persuadée que celle-ci m'aiderait à résoudre ce sentiment de décalage permanent. Sauf que non. :huhu: Après m'être posée la question "HP ou pas ?" par intermittence des années durant, il est temps pour moi de savoir. Je suis assez solide pour encaisser la réponse, peu importe soit-elle !

Evidemment, je ne demeure pas sans interrogations, je suis du genre à tout envisager et extrapoler comme une folle ! Mais rester sans savoir me semble encore plus difficile que d'affronter l'épreuve du test. J'ai longtemps pu mettre cette petite voix au placard mais là ce n'est plus possible, ça devient du masochisme de continuer de la sorte... :huhu:

Voilà, le test n'est que le début de l'aventure finalement.
"Comme un ange... Un ange qui s'était brûlé les ailes au feu de ce qu'il ignore"

Avatar du membre
Owelie
Messages : 18
Enregistré le : jeu. 1 févr. 2018 13:22
Présentation : C'est par ici
Profil : Diagnostic +
Test : WAIS
Âge : 30

Re: Et SI le test disait non...

Message par Owelie » dim. 11 mars 2018 23:21

Bonsoir,

Premier rdv psy : J+3

Ca, c'est fait. Ca s'est bien passé, c'était même très positif. Je me suis sentie rassurée, comprise, pas jugée. Parce que ça peut quand même paraître super orgueilleux de venir avec ses gros sabots et lancer un truc genre "Salut madame! j'crois que je suis "surdouée", tu peux m'faire passer un test histoire de calmer mes angoisses?". Nous sommes restées 1h30 à discuter et curieusement j'étais plutôt détendue. Il faut dire que mon bébé-presque-tout-neuf était avec moi et que elle, c'est mon calmant naturel. Ou était-ce simplement cette femme que je sentais bien? (je "sens" les gens... Pas que je les renifle hein, mais rien qu'à la tête je peux dire si je peux faire confiance ou pas et curieusement je me trompe rarement). Bref.

Outre le fait que je sois une personne qui se mette trop la pression et qui soit trop exigeante envers elle même :roll: , selon ses dires, elle a vite écartée mon idée de troubles bipolaires :whew: (idée à laquelle je croyais d'autant plus après des recherches douteuses de mon ami Google, pendant l'insomnie précédant ce rdv - victime du syndrome Doctissimo quoi). Elle a bien compris mon obsession - soyons clairs, au sujet de la douance et qui m'anime depuis 2 mois, et que j'avais besoin de réponses, rapidement de préférence.

Je passe volontairement à la trappe le côté plus personnel du rdv, mais elle m'a beaucoup déculpabilisé. Et ça pfiouuuuuuuuuuu! Ca fait du bien!

Rdv est donc pris pour passer le test, dans 11 jours maintenant (tic, tac, tic, tac :rock: ) Je suis apaisée mais il reste toujours un petit démon dans le coin de ma tête qui me souffle des idées de merde farfelues dépréciatives. :devil: Je n'ai pas fini de me prendre la tête étant donné qu'elle m'a annoncé un délai de 15 jours entre le test et la restitution du résultat 8o Autant dire que mes nerfs et ceux de mon entourage (surtout les leurs je pense :think:) vont être mis à rude épreuve... :drunk:

Evidemment, comme elle me l'a dit, comme je me le dis "il n'y a pas d'enjeux". Mais au fond de moi, tout au fond, la petite fille que j'étais attend beaucoup de ce test...

Avatar du membre
Audette
Messages : 17
Enregistré le : dim. 28 janv. 2018 17:22
Présentation : Toc toc toc ?
Profil : Diagnostic +
Test : WAIS
Localisation : Dans le micro et le macro
Âge : 20

Re: Et SI le test disait non...

Message par Audette » lun. 12 mars 2018 10:40

Bonjour Owelie,

Ton rendez-vous a l'air de s'être bien passé, c'est super ! La mise en confiance est tellement importante. D'autant plus que l'on passe souvent le test en proie à des questionnements intenses.

Quant au fait qu'il n'y ait pas d'enjeux, je pense pour ma part qu'il y en a mais qu'effectivement le test ne doit pas être appréhendé comme une terrible sentence qui va sceller totalement notre avenir. Pour ma part, je tente d'y donner du sens sans y accorder une importance démesurée. Ce n'est pas facile.

---

Les doutes reviennent fortement. J'ai contacté une psychologue et j'attends qu'elle me rappelle. Je suis persuadée de ne pas être HP, je pense que cette conviction me permet d'anticiper la potentielle déception et de protéger mon égo si fragile.

De plus, j'ai des inquiétudes. Suite à une grave dépression, mes capacités intellectuelles ont été très entamées. J'ai perdu ma super mémoire et j'éprouve des difficultés à me concentrer. Je recouvre actuellement mes facultés mais c'est... long de tout récupérer. Si je passe le teste ce sera donc avec ce handicap. Cependant je ne me sens plus capable de repousser l'échéance car l'attente devient insupportable.
"Comme un ange... Un ange qui s'était brûlé les ailes au feu de ce qu'il ignore"

Spirited
Messages : 8
Enregistré le : jeu. 10 mai 2018 01:12
Profil : En questionnement
Test : NON
Âge : 21

Re: Et SI le test disait non...

Message par Spirited » jeu. 10 mai 2018 23:05

Hors-sujet
J'ai lu les 13 pages du topic et c'est un plaisir de parcourir les témoignages de chacun. Même si, pour être franc, je flippe toujours à l'idée d'un non au test et je n'ose pas encore franchir le pas. Même s'il faudra à bien à un moment, cette question ne pourra de toute façon pas rester perpétuellement en suspens (procrastination quand tu nous tiens :D)...

Avatar du membre
Paztèque
Messages : 21
Enregistré le : lun. 2 juil. 2018 11:20
Profil : En questionnement
Test : NON
Âge : 26

Re: Et SI le test disait non...

Message par Paztèque » jeu. 2 août 2018 10:09

J’ai parcouru ce topic et je dois avouer que je suis rassurée. Rassurée parce que je vois que je ne suis pas seule à me poser ces questions et aboutir aux mêmes hypothèses…
J’ai moi aussi très peur de passer le test et surtout que les résultats de celui-ci ne soient pas ceux que j’attendais. D’ailleurs, qu’est-ce que j’attends ?
Déjà, je ne m’y rends pas en pensant que je suis peut-être surdouée car c’est ma psy qui le croit, pas moi. Ce n’est pourtant pas elle qui m’a incitée à passer le test : j’y suis allée de mon propre chef car je ne supportais plus de me poser toutes ces questions, de perdre mon temps à faire toutes ces recherches pour trouver les preuves que je ne peux pas être surdouée.
Ma vie est un échec. Certes, je n’ai que 26 ans (et dans deux mois, j’en aurai 27) mais depuis 5 ans, je ne fais rien de ma vie. J’ai réussi ma scolarité en fournissant les efforts nécessaires pour que les profs et mes parents soient contents de moi, au prix d’un stress immense. Ce stress qui m’a accompagnée jusqu’à devenir chronique lors de mes 4 années d’études, qui n’ont pas été brillantes mais qui pourtant ont abouti sur les félicitations du jury, que je n’ai pas l’impression d’avoir vraiment mérité car mon travail n’était pas parfait.
Mon diplôme ne m’a pour l’instant servi à rien car je travaille actuellement dans un domaine qui n’en nécessite aucun, mais qui me permet de m’épanouir et me découvrir certaines qualités (ça fait bateau mais c’est vrai).

Je m’étale un peu désolée.

Si le test disait non, je me sentirais confortée dans cette position comme quoi je ne vaux pas grand chose, que je ne suis qu’une citoyenne lambda, ni plus « … » ni moins « … » que les autres. Cela me ferait TRÈS MAL dans le sens où ma psy m’a orientée vers cette hypothèse pour ensuite me considérer comme une surdouée alors que je n’avais pas encore passé de tests. Elle m’a collé ce qualificatif, elle est persuadée que j’ai la pensée en arborescente, que j’ai un fonctionnement rapide, que mes doutes et mes galères sont ceux de beaucoup de surdoués. Mais moi, je pense qu’ils sont ceux de n’importe qui, enfin je veux dire, de quelques personnes qui peuvent être surdouées ou non surdouées. Elle m'aurait donc orientée sur cette voie, et elle aurait eu TORT ?

J’ai d’ailleurs lu dans ce forum que certains avaient passé le test car leurs psy les croyaient surdoués. Ils se retrouvaient à fond dans les descriptions faites dans les bouquins, et arrivaient au test avec la quasi-conviction de le « réussir », pour finalement s’entendre dire qu’ils n’étaient pas surdoués. Et il faudrait encaisser ça…

Je crois que si le test disait non, je me retrouverais à la case départ. J’ai envisagé pas mal d’hypothèses sur mon cas (celles d’être borderline / maniaco-dépressive / artiste, tout simplement / une estime de soi catastrophique qui est à l’origine de tout, oui, mais quelle est l’origine de cette estime de soi catastrophique à l’origine de tout ??), mais celle d’être surdouée me paraît illusoire et insensée. Je recherche une réponse que j'ai peur de ne pas obtenir.

J’ai moi aussi du mal à parler à mes proches de mon futur passage à l’acte (le test, je veux dire ^^), car moi aussi j’ai peur qu’on me demande « alors, ce test, ça a donné quoi ? » pour répondre : « ben en fait ça a montré que je ne suis pas surdouée ». Et pour me retrouver dans cette gêne affreuse, cette honte d’avoir envisagé cette possibilité d’être supérieure aux autres (j’emploie cette image d’Épinal volontairement car pour le commun des mortels, non averti, le mot « surdoué » renvoie à une idée de supériorité). Ce sentiment d’être nulle, d’être différente (beurk ce mot), d’être à la ramasse, ne serait pas expliqué par un fonctionnement hors normes. Il serait donc expliqué par… ben on sait pas. Du coup, on repart en thérapie. Et ce blocage va encore durer je ne sais combien d’années.

Voilà pour mon cas…

Répondre