du temps des premiers murmures...

Cette section est ouverte à tous les membres : elle doit permettre un partage d'expériences autour des problématiques liées à la découverte de la douance.
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Scrat
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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Scrat » mer. 15 mai 2019 15:39

Bon, les choses avancent doucement ici: entretien téléphonique prévu vendredi midi avec une psy conseillée par l'AFEP de mon département. Si le feeling est bon, nous déterminerons la date de passation de la WAIS.

Cela me stresse, j'ai toujours cette peur latente de me fourvoyer, de n'être pas concernée par tout ça, qu'on ne trouvera rien de spécial dans mon profil et que mon éternelle sensation d'étrangeté dans ce monde demeurera sans réponse. Et, tout à la fois, une force intérieure (qui ne m'a que rarement dupée) me pousse de toutes ses forces à aller au bout de cet intrigant voyage.
"Je suis fatigué patron, fatigué de devoir courir les routes et d'être seul comme un moineau sous la pluie.
Fatigué d'avoir jamais un ami pour parler, pour me dire où on va, d'où on vient et pourquoi.
Mais surtout je suis fatigué de voir les hommes se battre les uns contre les autres.
Je suis fatigué de toute la peine et la souffrance que je sens dans le monde. Il y en a trop.
C'est comme si j'avais des bouts de verre dans ma tête." La Ligne Verte

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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Holi » jeu. 16 mai 2019 09:40

@Roland c'est bien écrit et ça donne le vertige... Je suis très touchée par tes mots.
En espérant que le petit et le grand garçon se retrouvent.
À force de penser à ce que les autres pensent de nous, on en oublie de se penser soi-même.
Christophe André

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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Scrat » ven. 17 mai 2019 18:20

Bon, les murmures seront réduits au silence ou à la certitude le 26 juin. Passation de la WAIS IV sur une journée entière, anamnèse, 14 subtests et restitution 3 semaines plus tard. Le 26 juin, je serai enceinte de 8 mois, ça va être une épreuve aussi physique qu'intellectuelle :whew: mais finalement le plus dur, la prise de contact, est passé! J'espère avoir un petit indice du diagnostic le jour-même parce que rien ne dit que je ne serai pas en train d'accoucher 3 semaines après! :huhu:

J'ai d'ailleurs l'impression d'avoir dit n'importe quoi au téléphone, du moins d'avoir été fort décousue dans mes propos mais en guise de préambule j'ai prévenu la dame que j'étais légèrement handicapée du téléphone. Bref, j'ai évoqué les suspicions de précocité de ma fille, celles qui avaient été émises par une de mes institutrices petite, mes lectures bouleversantes de TIPEH et de la nouvelle édition de Bost, de mon hypersensibilité et tout et tout. Ma démarche ne lui a pas semblé incongrue, même après que j'ai exprimé mes propres doutes quant à une possible douance.

Pour la grande névrosée que je suis, c'est un énoooorme pas de fait! :rock:
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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Mlle-Qui » ven. 17 mai 2019 18:37

Bravo Scrat, quel beau pas en avant !!
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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Napirisha » ven. 17 mai 2019 20:40

C'est chouette de lire vos premiers murmures, merci :)
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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Toupaie » mer. 5 juin 2019 23:04

J'ai adoré lire vos murmures, j'ai lu les 20 pages et j'ai souvent vu mises en mots de manière claire et intelligible des choses que je ressentais mais qui restaient diffuses et bordéliques dans ma petite tête. Voici mes premiers murmures de manière plus structurée que pendant mon entretien d'anamnèse qui a eu lieu il y a une semaine...
Hors-sujet
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Les éléments de base qui ont fait que le feu a pris quand quelqu'un a craqué une allumette (comprenez quand ça m'a retournée qu'on me dise "toi t'es HP c'est sûr", cf le dernier point) :
  • Quand j'ai compris que j'étais différente de la majorité
Cela date littéralement d'aussi longtemps que je me souvienne. Un de mes tout premiers souvenirs, en petite section de maternelle, était que l'on nous faisait chanter tout un tas de chansons, frère Jacques, au clair de la lune et j'en passe. Je refusais mordicus de chanter, je trouvais les chansons nulles, je ne voyais pas l'intérêt de bramer comme ça dans un élan commun. Quand bien même j'aurais voulu j'étais bloquée, le son ne sortait pas de ma bouche. Tout le monde avait l'air de s'éclater mais moi clairement je ne voyais pas l'intérêt. Mais surtout eux ne comprenaient pas que je ne veuille pas et me le faisaient bien sentir. A chaque fois la maîtresse me faisait un cinéma pour que je chante, avant, pendant, après les chansons. Pour avoir la paix j'ai fini par faire semblant de chanter en bougeant la bouche mais sans sortir aucun son. La maitresse a effectivement cru que je chantais et a fait venir les maitresses/assistantes maternelles (je ne faisais pas encore la différence) de la classe du dessus et me voila avec trois femmes accroupies autour de moi pour me féliciter et me dire que j'avais une si jolie voix, qu'elles m'avaient entendu de l'étage d'au dessus, c'était super et blablabla. J'ai regardé mes pieds en mode huître, consternée. Bref, ce sentiment de décalage avec la majorité est resté toute ma vie, en filigrane ou de manière plus flagrante selon le contexte. J'ai quelques personnes proches avec qui je partage beaucoup mais globalement je sens bien que la majorité et moi on n'est pas dans la même dimension et que souvent, ben la majorité n'aime pas ça.

  • quand j'ai compris que parfois, de manière éphémère, j'étais franchement pas conne (j'ai du mal à le dire :tmi: )
Jusqu'à environ 8 ans je n'avais pas vraiment d'avis sur ma valeur au sens général et sur mon "niveau d'intelligence", en gros ça allait. Cela s'est effondré en grandissant et/ou suite à une combinaison de facteurs : divorce de mes parents, changement d'école, arrivée du beau-père aux méthodes d'éducation bien sévères et exigeantes auxquelles ma mère a adhéré, passage de l'école de musique municipale au conservatoire pour les cours de violon, unique copine qui me traite comme un bouche-trou... ça a été parti pour 8-9 années d'un niveau estime de moi très bas, sur tous les aspects. Je me trouvais bête, moche, maladroite, sans mémoire, incapable de m'intégrer alors que de l'extérieur il suffit d'avoir des Nike air, un eastpak et de connaitre la comédie Notre-Dame de Paris par cœur (je préférais dragon ball Z et Daria mais bon, j'étais prête à faire un petit effort :huhu: ).
Mes résultats scolaires étaient globalement bof, assez pour passer d'une classe à l'autre mais j'étais abonnée aux "peut mieux faire" et flicage à la maison parce qu'en dessous de 16 c'était pas bien. Sauf que de temps en temps il y avait des flashs, des coups d'éclat improbables, un passage de 8 à 18 en dictée en 6eme quand la prof de français a réussi à m'insuffler l'envie d'y arriver, un passage de 6 à 14 de moyenne en maths quand on m'a menacée de me faire redoubler la 1ere, quelques 20 en SVT sans ouvrir mon cahier une fois pour réviser, un 20 en philo au bac (pauvre correcteur il s'est tapé 16 pages de mes pattes de mouches, c'était une étude d'un texte de Kant sur la politique des états, j'étais sortie en me disant he ben ma vieille tu as parlé d'Hitler dans la synthèse, tu as atteint le point Godwin c'est pas brillant).
Bref, le bac se passe, je pars en classe prépa BCPST (bio-véto) dans une autre ville au seul endroit ou je suis acceptée avec mes notes moyennes. Et là, en dépit de la pression, du stress, de la difficulté, je me sens vivante. Clairement j'ai des lacunes et pas l'habitude de travailler donc je suis classée en milieu de classe mais dans ma tête ça pulse. Mes coups d'éclat arrivent une fois par mois et pas une fois par an, quand les profs s'exaspèrent qu'on ne fasse pas les liens entre les matières ou entre les différents chapitres, moi je les vois, aucun soucis (enfin, je mobilise ce qu'on apprend en chimie et physique pour comprendre la bio, mais les maths pour comprendre la chimie et la physique comment dire :1cache: ). Tout ça me laisse avec des sentiments contradictoires, j'ai toujours la conviction que je suis coconne chevillée au corps (les taules en math et en anglais y contribuent) mais en même je suis un peu obligée de voir que je comprend des choses que les autres ne comprennent pas alors que c'est assez simple :nesaitpas:. Depuis j'ai fait une école d'ingénieurs agro, puis bifurqué en thèse et continué en post-doctorat, avec à peu près la même impression : les coups d'éclats et les taules alternent. Cet aspect rejoint le précédent dans le sens où ces pointes de jugeote s'expriment quand je prend la tangente (voire la perpendiculaire) par rapport à la manière d'aborder les choses de la majorité.

  • Quand j'ai compris que mon émotivité faisait partie de ma nature et que ce n'était pas de l'immaturité
Je ré-entend parfaitement ma mère dire et répéter sur un ton à la fois surpris et fataliste "halalaaaaa qu'est-ce qu'elle est sensiiiiiiiiible ma Toupaïette". Je pleurais facilement, pour des choses peu importantes, l'émotion montait et explosait (enfin toujours aujourd'hui). Jusqu'à environ 24-25 ans je l'ai plutôt subit, il y a plein de circonstances ou pleurer en public/au travail a des conséquences pas top. J'ai longtemps pensé, poussée dans cette voie par ma mère entre autres, que j'avais un souci d'immaturité / contrôle de moi-même / pas digéré et surmonté des choses qui me seraient arrivées petite. J'espérais qu'avec le temps, en travaillant sur moi et en grandissant / vieillissant cela irait mieux, ce qui n'a évidemment pas été le cas. A 25 ans j'ai rencontré mon copain et dès le début de notre relation il m'a dit que j'étais sensible, mais dans sa bouche c'était plein de bienveillance, quasiment un compliment. Parfois je lui demande ce qui ne va pas parce que je le sens pas dans son assiette et il me répond "ha oui tu as raison, je ne m'étais même pas encore rendu compte que ça n'allait pas.". En y réfléchissant j'ai compris que cette sensibilité me permettait de vivre des choses intenses aussi bien en positif qu'en négatif et que c'était aussi ça qui me donnait des capacités de perception peu courantes.
Un peu plus tard j'ai vu le documentaire Ce que mes gènes disent de moi et lu le livre qui l'avait inspiré : my beautifull genome. Je n'ai pas adhéré à tout mais cela a enfoncé le clou et maintenant je comprend qu'il y a des traits qui font partie de ma nature, qui me définissent, et des traits qui sont l'expression de mes problèmes. Le tout étant de faire la différence et de ne pas prendre les uns pour les autres comme j'ai pris la sensibilité (nature) pour de l'immaturité (problème), mais bon je m'éloigne c'est un autre sujet.

  • Quand mon petit frère a été diagnostiqué précoce, avec pour alerte des traits que nous avons en commun
Mon deuxième frère est né quand j'avais 16 ans, et quand il a eu 9-10 ans, ma mère m'a annoncé que mon petit frère avait été diagnostiqué précoce. Etant donné que depuis sa naissance elle le trouvait extraordinaire en tout et lui passait le moindre caprice, j'étais pour le moins perplexe (pas que j'ai pensé que mon petit frère était stupide, au contraire). Clairement je n'avais pas la moindre idée de ce qu'étaient les enfants précoces, j'en avais l'image de ceux qui sautent des classes comme un 110 mètres haies. Bref je demande à ma mère ce qui l'a poussé à faire tester mon frère et si vraiment ces tests sont bien sérieux. Quand elle a décrit mon frère j'ai eu l'impression qu'elle me décrivait au même âge. Qu'il rêvait en classe, qu'il éclatait en sanglots dès qu'il n'arrivait pas à faire quelque-chose, qu'il posait des questions sur la mort, que pour lui tous les devoirs étaient soit faciles soit impossibles... Il s'en est suivit une engueulade monumentale parce que je trouvais dégueulasse que pour la même chose on m'ait mis des torgnoles et dit que mes pleurs n’apitoyaient personne donc que je pouvais arrêter ma comédie alors que pour mon petit frère on se disait "ho le pauvre il est perturbé parce qu'il est précoce". Je suis partie en rogne, persuadée que mon petit frère était intelligent et avec le même caractère que moi mais que le fait qu'il soit précoce était une lubie de ma mère.

  • Quand mon chef m'a dis que j'étais HP et qu'après l'avoir envoyé paître je suis allée voir les caractéristiques et ha heu gloups je m'y reconnais vraiment beaucoup quand même :pale:
C'était il y a un peu plus d'un an, j'ai balayé l'idée en me disant "mais non la plupart du temps t'es bête regarde ce matin tu as sorti tes clefs pour passer le portique du métro ça risquait pas de marcher". 95% du temps je suis persuadée que je n'en suis pas et que quand même je ferais bien d'acheter des bas de contention pour traiter mes chevilles pendant les 5% du temps ou je pense que c'est plausible.
Là je crois que la suite aurait plus sa place dans le topic Hésiter à consulter et passer des tests, mais bon, pas pour ce soir vu le pavé que je viens de pondre 8o
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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Napirisha » mer. 5 juin 2019 23:16

Il est très lisible, ce pavé ;) Merci :)
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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Roland » jeu. 6 juin 2019 04:36

Bonjour @Toupaie ,

Bon...ben.. je commence la journée les yeux lubrifiés...

Cordialement,
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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Anatole » jeu. 6 juin 2019 07:36

Merci Toupaïe !
Je me reconnais dans beaucoup de points de ton récit.

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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Toupaie » jeu. 6 juin 2019 20:01

@Roland @Napirisha @Anatole merci beaucoup :) . Roland j'espère que je n'ai pas trop perturbé ton équilibre hydrique global quand même.

Par contre je viens d'avoir le diablotin dans ma tête :diabloo: qui me souffle que j'écrirais à dessein des textes dans lesquels se retrouvent les membres du forum, dans le but inavouable de générer ce type de réponses et créer un "effet miroir retourné", c'est-à-dire que si des gens diagnostiqués + se retrouvent dans ce que je raconte alors cela impliquerait peut-être que j'en suis. :porte:
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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Napirisha » jeu. 6 juin 2019 20:05

Alors, au risque de te décevoir, ce n'est pas un critère, ça... Le seul, l'unique, le vrai fil authentique sur les critères où se reconnaître, il est
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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Toupaie » jeu. 6 juin 2019 20:10

Napirisha a écrit :
jeu. 6 juin 2019 20:05
Alors, au risque de te décevoir, ce n'est pas un critère, ça... Le seul, l'unique, le vrai fil authentique sur les critères où se reconnaître, il est
oui oui j'ai bien conscience de l'absurdité totale du raisonnement :1cache: :violent: . Je m'en vais collecter mes hauts faits de broyage de gonades auprès de mon entourage B) . et arrêter le HS par la même occasion.

Edit : houlalala le point 29 de casse-couillitude, prise en flagrant délit :tmi:
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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Vakhtang » sam. 8 juin 2019 22:26

Le premier murmure, je crois que c’est ce sentiment de décalage que j’ai ressenti très tôt, confusément au début (une sorte de malaise bizarre en compagnie des autres enfants) puis de plus en plus nettement, jusqu’à ce que je prenne conscience, en C. M. 2, que j’étais tout simplement différente (ce qui manquait un peu de précision, d’accord, mais c’était déjà un progrès). Concevoir la différence, c’était la première étape.
Ensuite, pendant des années, j’ai décrit dans mon journal l’immaturité, la cécité intellectuelle des collégiens qui m’entouraient. Ce qui est marrant, c’est que je n’ai jamais fait le lien (ni au collège, ni au lycée) entre ce sentiment omniprésent et le H. P. I., à cause, malheureusement, de la définition erronée qui circule et qu’on intègre inconsciemment (= être surdoué, c’est être un prodige ou un élève supra-performant).
À l’école, on m’a vanté sans relâche mes capacités (on m’a reproché de ne pas les exploiter, surtout), au point que le mot « potentiel », aujourd’hui, me donne vaguement envie de :tronco:. J’ai eu des tas de surnoms évocateurs, étant successivement associée à un dictionnaire, une encyclopédie... Je me souviens aussi d’un mec de ma classe de 5° qui me surnommait carrément « 400 de Q. I. », ce qui non seulement sonne très mal mais n’a absolument aucun sens quelle que soit l’échelle. :huhu:
Ironie : mon père, en 6° (comprenant, ne serait-ce qu’à demi, que l’école n’était pour moi qu’un mélange d’ennui et de souffrance et voyant bien ce que m’inspiraient mes camarades de classe), a proposé (comme ça, un soir) qu’on me mette dans un collège spécial. Il a prononcé le mot « surdoué », sans vraiment savoir ce que ça voulait dire, mais il l’a dit. Et j’ai rigolé. :clap: Autre anecdote dans le même genre : la tante de ma mère, alors que j’étais au lycée, m’a qualifiée ainsi en entendant parler de mes prouesses en langues. Et j’ai encore rigolé, en mode « wesh, j’suis pas surdouée, tu déconnes ». :cheers:
Pour résumer, j’avais d’une part mon propre constat, auquel je ne pouvais pas me fier complètement et qui n’engendrait finalement aucune réponse concrète, et d’autre part la vision de mon entourage, qui semblait aller dans le même sens mais effleurait à peine la surface. L’hypothèse à proprement parler n’a pu se constituer que lorsque j’ai su ce qu’était vraiment le H. P. I.

Roland
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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Roland » sam. 8 juin 2019 23:35

Hors-sujet
Jeudi prochain, deuxième rendez vous chez ma Psychologue.
Doute, encore le doute, toujours le doute. J'ai commencé à en parler autour de moi .. c'est fou le nombre de personne se déclarant "###pigeon lévitant en posture du courlis###" autour de moi ( du moins ceux qui sont restés dans le temps). Hasard, coïncidence, folie de leur part, part de ma folie ?
Je cède peut être à un phénomène de mode.. Je vais essayer d’accélérer le processus et demander le test. Il faut que je sache.

Elya
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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Elya » mar. 11 juin 2019 17:06

Bon, eh bien voilà. Je suis ici, moi aussi, pour écrire mes premiers murmures. J'en ai lu de nombreuses pages, qui m'ont émue aux larmes, dans lesquelles parfois je me suis retrouvée, et même si je ne suis peut-être pas du tout ###Charcutier-zingueur en reprise d’études ###, je cède à certaines caractéristiques. Et il est terriblement difficile d'en parler.

Tout d'abord, j'ai toujours été une enfant sensible, capable de pleurer ou de m'énerver pour un rien. Ma vie a fait que cette sensibilité, au sein de l'environnement familial (qui était pour ainsi dire le seul que je connaissais, tant on ne côtoyait personne) a été maintes fois refoulée, car elle énervait mes pairs, ou m'heurtait à de l'indifférence, voire de la violence, ou à un débordé de paroles hallucinantes et dramatiques (beaucoup de soucis psy au sein de ma famille), très rarement à de la véritable compréhension et tendresse. Je me sentais à la fois coupable d'éprouver des émotions aussi fortes, car de toute évidence, c'était plus considéré comme de la faiblesse qu'autre chose, et je me sentais aussi juste, dans mon droit, forte de cette pensée à part qui se construisait à partir de rien. L'essentiel de ma scolarité s'est effectuée au CNED, et puis un beau jour (on va passer ce qui soit survenu entre-temps), me suis retrouvée en CAP en Esthétique. Une voie suivie par défaut plus que par réelle conviction. Cette année de formation au lycée et en stages a été terriblement dure, avec un quotidien morne et triste à chaque retour à la maison. Souvent, pour tenter d'échapper à la cohue générale, tout ce bruit, cette agitation, cette superficialité, je me réfugiais dans les toilettes, ou au froid sous un escalier. Cela me paraissait plus enviable que de côtoyer des élèves lors de mes pauses, alors que je n'aimais personne. N'aimer personne, et pourtant n'être indifférente à rien, voici un paradoxe qui me poursuit depuis longtemps. Et qui s'heurte à bon nombre d'autres paradoxes, comme le fait d'apprécier terriblement quelqu'un en très peu de temps.

Après m'être sortie de cette année (avec mon diplôme, ouf), j'ai pris non pas une, mais deux années sabbatiques, à l'écart de presque tout le monde. Là encore, je vais passer nombre d'évènements et chocs qui soient survenus pour que j'en arrive là. Ces années, pour leur aspect positif, m'ont permis de me recentrer. Et puis, l'année dernière, le grand boom. Je découvre l'existence de l'hypersensibilité, et cela me mène à un nombre de questionnements invraisemblable, jusqu'à la douance. Perdue dans un univers de doutes et de réflexions, je songe à ce qui m'a démarquée à tout âge. A cette impression de sentir mon cerveau et ma conscience s'étendre de plus en plus largement, sans traverser ce qu'on appelle la crise d'adolescence, la bêtise du jeune adulte, la béatitude de l'enfance. Au fait que je me sois souvent mieux entendue avec les animaux et les adultes censés, même si attention ! J'adore raconter un tas de bêtises lorsque je suis détendue, c'est d'ailleurs l'une de mes activités préférées. Et puis toutes ces remarques "Tu as treize ans ? Je croyais que tu en avais dix-huit.", "Tu parles comme une femme de quarante ans", "Qu'elle est calme et mature, voici une jeune fille bien élevée", etc... Et à côté, je suis une paumée maladroite qui dit parfois des trucs insensés en étant distraite. Ne retiens pas un chemin tout simple, même au bout du cinquantième parcours. Ne réussit pas à reproduire un geste vu un milliard de fois. Ou peut commettre d'énormes fautes, alors que ça provient d'une information grosse comme le nez au milieu du visage et que tout le monde connaît pertinemment, mais c'est juste car ma tête était ailleurs. Parfois, je parle à peine, et d'autres je parle des heures car le sujet m'intéresse ou que j'ai envie d'y participer. Et il m'arrive de devenir cinglée intérieurement si je ne suis pas assez reposée, si je suis stressée, ou si je n'ai aucune intimité.

Bref, vous le comprendrez, j'essaie de relater certains éléments de cet embrouillis simulo-déficitaire-supérieur. Et ça fait du bien de se confier en sachant que ce que l'on dit va être accueilli avec bienveillance.

Merci de m'avoir lue.

Mariesand
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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Mariesand » mer. 12 juin 2019 16:29

Bonjour à tous,

je pense que je vais être redondante Elya :clin: , et raconter des murmures bien proches de tous....
j'espère que mon pavé sera aussi fluide que ceux des autres ici :huhu:

J'ai 53 ans, un fils de 27 ans diagnostiqué à l'age de 10 ans et pour mon plus jeune fils, c'est en cours. Pour moi, je viens de le prendre en pleine tète de la part de mon médecin et ma psy, et un rdv déjà pris, en attente de réponses.

J'ai des souvenirs très anciens de mon enfance : je me souviens même de l'appartement ou ont vécu mes parents jusqu’à mes 8 mois. Je me souviens de fêtes de fin d'année et de la cour de récréation en maternelle et également l'appartement que j'ai quitté à 4 ans (même la déco).
Mais ce dont je me souviens le plus, c'est une grande solitude, un vide sidéral. Je n'ai pas été aidé par mon père qui était très "écrasant", très érudit et autoritaire, il était rabaissant et cassant, voir humiliant envers moi et ma sœur. Ce qui ne m'a pas aidé à faire naître une certaine estime de moi. Tout ce que je faisais n'était jamais assez bien, je n'étais jamais capable de, et couramment prénommée feignasse. A l'école, tout était parfait jusqu’à l'arrivée en 4éme ou là j'ai totalement décroché.
Me sentant désespérément seule et dans un ennui envahissant, je n'ai rien trouvé de mieux que de me tourner vers ceux qu'on regardait : les bad boys :rock:
Pour pouvoir faire partie de cette "bande", j'ai donc commencé à prendre des drogues.... à 13 ans ! (j'avais 1 an d'avance après avoir sauté une classe en primaire)
Inutile de dire que la chute et le décrochage n'ont fait que commencer....
J'ai néanmoins été, par je ne sais quel miracle, jusqu'en licence.

Comme je l'avais dit au 1er psy que j'ai vu : il fallait que je roule à 180km (c'est une image) pour me sentir vivre, sinon je tombais.
J'étais pourtant très timide, réservée, très mal dans ma peau, persuadée (encore aujourd'hui) d’être si peu de chose par rapport aux autres, je me suis toujours sentie décalée, mais décalée inférieure, pas assez ci, pas assez ça.. J'analysais tout, ou plutôt tous les comportements, les façons de s'exprimer, de se tenir, de marcher, de rire, etc...
Comme je n'avais pas le droit de bouger à table, je passais ces longs moments de repas en famille, à étudier chacun des comportements des personnes que je voyais.

Ensuite je me suis mariée et j'ai eu 3 enfants. Tout cela couronné par une bonne dépression qui aura duré 20 ans !
Non seulement je m'ennuyais, mais je n'avais aucune énergie à faire quoi que ce soit, je vivais prostrée. je disais souvent que je vivais dans ma tète, si j'avais été autant productive dans ma tète que dans ma vie, j'aurais surement déplacé des montagnes !! :lol:

Par rapport aux autres femmes, je me suis toujours sentie à l'écart, différente. je me suis toujours ennuyée dans leurs conversations qui tournaient autour de l'éducation des enfants, la cuisine, l'entretien de la maison, la gestion des papiers, etc..... je ne critique pas, je dis simplement que je ne vivais pas dans ce monde là, je n'arrivais pas à y trouver d’intérêt. Du coup, j'ai toujours culpabilisé car j'étais persuadé que c'était moi qui avait un problème, que je n'étais pas normale, pas assez mature (pas assez ci... tiens ça me rappelle qq'un!), pas assez impliqué dans la vie familiale, etc... j'avais le sentiment (et je l'ai toujours) d’être une éternelle ado qui a besoin de vivre en marge, de faire monter l’adrénaline, d’être à contretemps des autres, etc
Et même encore aujourd'hui, quand je suis face à une personne de mon age, je me sens inférieure, pas assez ci... comme une ado qui regarde un adulte.

Au travail, j'ai toujours souffert de ce sentiment d'imposteur, qui m'a tiraillé pendant si longtemps, au point, dans une certaine période, de mettre des couches (on ne rigole pas :huhu: ), car je me pissais dessus de stress quand on me questionnait. Je me sentais tellement nulle ! aujourd'hui encore je bafouille, je perds mes mots, je réponds à coté, je donne des réponses qui n'ont ni queue ni tète.... mais je ne me pisse plus dessus ! quel progrès !! :rofl:

Depuis qq années, j'avance, je travaille beaucoup sur moi et avec l'aide d'une psy.
Je me suis inscrite dans un cours de chant (mon prof me disait que j'avais l'oreille absolue) mais j'ai quand même arrêtée... par peur.
Je suis revenue à la peinture, je m'autorise enfin à peindre (car avant, je devais savoir peindre comme Delacroix avant de commencer !).
Je suis toujours très seule, et me réfugie et m'isole souvent. J'en ai besoin, c'est une refuge nécessaire pour éviter la saturation. la saturation de quoi ? je ne sais pas bien... besoin de calme surtout.
Je suis bien sur hypersensible, ne regarde plus depuis très longtemps ni les infos ni les films violents, j'ai l'impression de le vivre, c'est insupportable. Je peux passer d'un calme absolue à une tempête dévastatrice, on m'a d'ailleurs souvent qualifié de limite bipolaire.
Et d'un autre coté, j'ai eu la force, que je n'ai jamais soupçonné, de me battre contre vents et marées, lors de ma séparation, quand je me suis retrouvée seule, sans emploi et sans chômage, sans appartement, avec mes 3 enfants dont un bébé de 3 mois (résilience ? je ne sais pas mais je me pose la question...)
J'ai appris il y a peu que j'étais aussi synesthète spacio temporel : le calendrier et la disposition des nombres.
j'ai toujours eu beaucoup de mal à supporter les odeurs (mais comme j'ai été hospitalisé plusieurs fois bébé, je pensais que ça venait de là) et le bruit également, mon homme me dit souvent que je cherche les bruits !

Inutile, au vu de mes écrits ci-dessus, de préciser que je ne me sens pas du tout plus "intelligente". Différente oui, mais pas ayant plus de capacités.
Plus artiste oui, plus sensible, plus cyclothymique, plus explosive dans bcq de domaines oui, mais le reste non.....

Merci à vous d'avoir pris le temps de lire :coucou:

Elya
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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Elya » mer. 12 juin 2019 17:03

Merci du témoignage, @Mariesand, et non, je ne te trouve pas redondante. C'est ce qui m'a frappée en lisant les murmures, on peut parler des mêmes choses, mais ce sera totalement unique et nouveau à chaque fois, selon notre vécu et notre personnalité. En tout cas, ton humour m'a fait sourire, et je te trouve très courageuse :)

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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Mariesand » jeu. 13 juin 2019 13:16

Merci Elya..
Pour l'anecdote et faire sourire, suis en formation et ce midi au déjeuner ça parlait de quoi ? De thermomix et d'aspirateur !! Je suis cernée ! 😂😂Suis hors sujet mais c'était juste un rappel de mon post... 😉😉😉

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Jujul19
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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Jujul19 » lun. 9 déc. 2019 11:34

Tout d'abord merci pour tous vos touchants témoignages ! J'avoue que ça fait du bien... On se sent un peu moins "anormal" :)

Pour ma part, des premiers murmures qui n'en sont presque pas si j'ose dire, tellement ils furent discrètement étouffés et zappés par moi et mes proches.

Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours était très sensible et très observateur. Je pensais sincèrement que les autres étaient comme moi, mais que comme moi, ils n'osaient pas se dévoiler. Je suis également depuis bien longtemps un très mauvais perdant qui à toujours eu beaucoup de mal à gérer la défaite. De ce fait, j'évite un maximum toutes sortes de compétitions sauf celles où je suis quasiment sur de gagner :huhu: .

Cependant, concrètement voici quelques situations qui auraient du me mettre la puce à l'oreille.

* Le concours kangourou au collège où j'ai terminé devant les meilleurs de ma classe alors que j'étais en échec scolaire avec une moyenne en math qui devait tourner autour de 5/20. Sincèrement j'ai toujours cru que j'avais eu énormément de chance à ce concours et c'est ce que tout le monde pensait autour de moi.

* J 'ai toujours été nul en orthographe et mes notes en dictée affichaient toujours 0. Les dictées forcées que ma mère me faisait le soir et le week-end pour corriger mon orthographe n'y changeaient rien. Seulement voilà, à la fin de ma 6ème, vers le mois d'Avril/Mai, j'ai découvert la collection "Chair de poule" ( Livres d'horreur pour enfants/ados). Je me suis pris de passion pour ces histoires et j'ai littéralement engloutit l'espace de quelques mois ( de Mai à Septembre) au moins une trentaine de ces bouquins ! Je remercie au passage mes parents d'avoir eu la gentillesse de m'acheter tous ces bouquins :honte: . Arrive la rentrée en 5ème, ainsi que la première dictée. Je l'écris sans réelles convictions sachant pertinemment que j'étais nul en dictée... À ma grande surprise, j'ai obtenu un 17/20 ! Sans même savoir comment !! En fait, en me mettant à lire beaucoup, je pense que mon petit cerveau a assimilé tout seul l'orthographe ( Par contre j'ai toujours eu plus de mal avec l'orthographe sur l'ordinateur... Je ne sais pas pourquoi.). C'est la seule explication que j'ai trouvé. Depuis mes notes en dictée furent excellentes.

* Quelques années plus tard, j'étais en 2eme année de BEP et mes notes en Math étaient catastrophiques depuis la nuit des temps. Nous avons eu, le temps d'un trimestre, un professeur de math remplaçant. J'ai tout de suite accroché avec ce monsieur, je ne saurais pas expliquer pourquoi. Toujours est-il que, alors que mon retard en Math était abyssal, j'ai réussir à obtenir sur ce trimestre une moyenne de 17/20 ! Je me souviens avoir supplier ce monsieur de rester.... Puis il est parti... Et mes notes sont retombées.

* À l'age adulte, un ami nouvellement diagnostiqué me posa cette question :

- Quels sont tes centres d’intérêt actuels ?

Je répondis " La lecture, l'écriture, les livres anciens, l'histoire, le sociologie, l'astrologie ...etc... En fait, beaucoup de choses attirent ma curiosité."

Et là, il m'a simplement répondu " Tu crois que c'est normal ? " ... Je connaissais la réponse.

Voilà quelques exemples de mes murmures.
" Quand on s'endort avec le cul qui gratte, on se réveille avec les doigts qui puent " Grand Vénérable Sage Maître Coluche.

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ederl
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Re: du temps des premiers murmures...

Message par ederl » mar. 10 déc. 2019 06:30

Tous ces témoignages me donnent envie de pleurer, c'est très beau même si c'est dur quelque fois, j'ai envie de témoigner aussi même si je change d'avis sur mon éventuelle douance très souvent.
Les premiers murmures, quels beaux mots, quelle belle idée.
Ma mère m'a raconté que j'en ai très eu vite marre du biberon et j'ai très petite bu dans un bol, ensuite vient le temps de la maternelle, là, il parait que j'ai pleurer pendant 1 ans car je ne voulais pas y aller, je ne me souviens pas pourquoi, je me souviens des graines qu'on faisait germer, des phasmes et de ces premiers spectacles qui me faisaient totalement rêver.
Le temps de la primaire, je n'ai pas su lire tôt, normalement je dirais, mais au CP l'instit m'ennuyait, elle était trop rigide pour moi. Au CE1 j'ai eu un instit super, qui nous emmener voir les moulins, la force hydraulique... Il nous faisait travailler en atelier et je m'étais fait engueuler car j'avais fait preuve de trop d'autonomie, il m'a déçue... Au CE2 maldonne, c'était la directrice et elle était très rigide et très sévère, tout le monde avait peur d'elle, je n'ai rien foutu cette année là, c'était pas intéressant d'apprendre des règles de conjugaisons et de grammaires par cœur sans logique ( d'où mes fautes d'orthographe ), elle ne m'aimait pas et je lui rendais bien, au moins en pensées. Un jour j'étais en CM1, j'avais une super instit, la directrice est arrivée et m'a vue en train de regarder le ciel, elle m'a traitée de molasse devant toute la classe. Une autre fois, cette même année j'étais première de la classe, il y avait une autre élève qui d'habitude était première, une casse coup,"la chef de la classe", je suis sortie après l'annonce de ce résultat dans la cour, j'avais à peine descendu les quelques escaliers que presque toute la classe m'est littéralement tombée dessus, je me suis fait écraser, je me suis relevée toute étourdie, la chef rigolait et j'ai demandé à un de mes camarades : pourquoi ? je m'en doutais, c'était elle qui avait monté ce coup.
Mes plus proches camarades à cet époque était des élèves rejetées comme moi, car en général j'avais du mal à m'adapter aux jeux et aux pensées de mes camarades de classe.
J'avalais les livres avec passion, je me souviens que mon livre préféré à 9 ans était un condensé des misérables de Victor Hugo, je me souviens encore de la couverture.
Puis patatra à 10, 11 ans il m'est arrivé un problème de famille, un peu de ce qu'on ne parle pas, par tabou et par pudeur, il n'était pas très très grave mais les mots qui ont été mis dessus ne correspondaient pas à l'acte et étaient à l'opposée de certaines réactions. Alors je me suis perdue dans les méandres de mon cerveau, petit à petit ce problème non résolu prenait toute la place et donc je n'arrivais plus à gérer les autres plus petits qui arrivaient. Je n'arrivais plus à étudier, plus à lire, ma vie était devenue très triste et là c'est un enchainement de misère jusqu'à la découverte de ma schizophrénie, du moins l'annonce du diagnostic qui ne date pas de si longtemps que ça, il y a 9 ans environ et cette annonce m'a sauvé la vie car j'ai pu chercher, me renseigner sur le mal dont j'étais atteinte depuis mes 27 ans.
Et là flop, en écoutant une émission de radio ça me fait écho, et je suis là en train de vous lire, de vous écrire et c'est bien agréable, je crois que demain je vais m'acheter un bouquin sur la douance, histoire de ne pas oublier que je pourrais peut-être être comme la plupart de vous, HPI.

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Re: du temps des premiers murmures...

Message par UnPosteur » mar. 10 déc. 2019 09:26

Jujul19 a écrit :
lun. 9 déc. 2019 11:34
Seulement voilà, à la fin de ma 6ème, vers le mois d'Avril/Mai, j'ai découvert la collection "Chair de poule" ( Livres d'horreur pour enfants/ados). Je me suis pris de passion pour ces histoires et j'ai littéralement engloutit l'espace de quelques mois ( de Mai à Septembre) au moins une trentaine de ces bouquins !
Le feu Chair de Poule ! J'en ai lu beaucoup aussi en primaire.
:angel:

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Re: du temps des premiers murmures...

Message par Bettie » mer. 11 déc. 2019 18:20

Bon a mon tour, après avoir un peu parcouru le forum, c'est la seule section ou je me sens légitime de poster n'étant qu'au début du questionnement. Du coup j'ai regardé le déroulé de ma vie jusqu'ici sous un autre angle, c'est intéressant je trouve.
J'avais écrit un énorme pavé il y a quelques jours, je me suis dit bon c'est trop long je vais pas le poster, et mon ordi a planté juste après le point final, donc c'était réglé :D

Je vais donc tacher de faire court (spoiler: j'ai pas réussi) et tout ne sera pas exactement dans l'ordre!

Petite je parlais peu et je pleurais beaucoup, on ma beaucoup charrié la dessus dans ma famille. Un peu plus grande je passais beaucoup de temps seule à lire (toute la collec du club des cinq), ou à rester perchée dans "mon" cerisier dans le jardin, à fabriquer des potions lol. J'ai toujours eu peu de copines, j'étais plutôt du genre a avoir une seule très bonne copine.

Au collège je commence a sentir que je suis pas interressée par les mêmes choses que les autres qui commencent a draguer, j'en suis pas là du tout, mais j'ai tout de même une ou deux copines dans le même cas donc ça va. En troisième je commence à sortir franchement du lot niveau "style".

La scolarité en gros, je bossais pas donc j'étais bonne dans certaines matières sans savoir par quel miracle (surtout en anglais), et très mauvaises dans d'autres (les maths!) deux redoublements faute de savoir vers quoi m'orienter, ce qui n'aura servi à rien. Quelques semaines en fac arts plastiques, quelques mois au Beaux arts mais trop de connards prétentieux et trop de fiesta le week end (et rencontre de mon (ex)conjoint fêtard) ... CAP tapisserie d'ameublement en un an, CAP coiffure en un an, ça commence à faire beaucoup d'années de perdues... Je passe les détails mais j'ai eu des périodes ou j'avais du mal a sortir de chez moi, des périodes d'angoisse. Mais j'ai toujours continué a créer et peindre, seul fil rouge dans ce bordel.

Les années fiesta je me sentais plutôt normale, mon ex étant très sociable je suivais le mouvement, et puis l'alcool et le reste, ça aide a parler de rien avec n'importe qui. Je pensais que j'étais "guérie" socialement, que j'étais enfin "normale".

Puis j'en ai eu marre de me retourner le cerveau tout les week end. Du coup les soirées entre potes je supportais plus, je comprenais pas comment on pouvait parler de rien jusqu'a 6 heures du mat', et passer son dimanche en mode épave. Au bout de quelques années on s'est séparés avec mon conjoint, principalement à cause de cette différence de sociabilité. (mais pas que). Une histoire de 13 ans quand même.

Une fois seule, je me rend compte que ça ne va pas être simple, je travaille seule (ménage a domicile, pour ne pas côtoyer de gens et choisir mes horaires), je vis seule, les rares vraies amies que j'ai habitent loin voire dans un autre pays...petit coup de mou mais ça va quand même.
Je m'intéresse au développement personnel et à la méta cognition, j'arrive à m'auto rebooster à fond, jusqu'à décider de changer de région, avec mon chien mon chat et mon poney! Je prépare ça bien, je vend tout ce que j'ai, et fin juin de cette année je charge mon Picasso ras la gueule et GO dans le sud ouest!

Super contente et fière d'avoir réussi ce challenge, mais voilà, depuis quelques semaines je me rend compte que je suis au même point, je travaille seule, je vis seule, je n'arrive pas a développer tout ce que je fais à coté (auto entreprise de créations), l'impression de "me gâcher" (je fais tjrs du ménage), de rater ma vie. Je n'arrive à pas à me faire des amis (en même temps je ne rencontre pas trop de monde), heureusement mon frère est pas trop loin, et lui il est cablé comme moi (sauf qu'il a "réussi"). Je commence à me dire que je vais abandonner, arrêter d'essayer de faire partie de ce monde de cinglé, arrêter d'espérer rencontrer un jour des gens un peu "comme moi".

Une émission de radio et bim, me voilà sur ce forum, sur youtube, "attend mais ils sont comme moi eux!"
Tout s'expliquerai... même ma sensibilité à la lumière! au bruit! pourquoi au bout de deux heures dans un centre ville je suis mal, pourquoi j'ai besoin d'être seule si souvent, pourquoi les gens me fatiguent, pourquoi j'analyse tout, tout le monde, tout le temps, tout ce que je pense, tout ce que je pense qu'ils pensent... :rofl: a finir zinzin! Je suis obligée de faire de la méditation et auto hypnose régulièrement sinon les angoisses reviennent... j'ai des moments où je suis au top, et des fois pendant quelques jours je suis down, je peux plus créer ni rien... et puis ça revient. Bon le principal c'est de savoir que ça fini toujours par remonter lol!


Voilà! j'ai pas pu faire court au final. :huhu:

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