Le perfectionnisme

La partie consacrée à la Santé dans sa globalité. Principalement la psychologie, psychologie sociale, la psychiatrie, les troubles de l'humeur, de la personnalité, les handicaps, l'autisme...
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Zyghna
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Re: Le perfectionnisme

Message par Zyghna » sam. 10 mai 2014 13:33

Cela faisait longtemps que j'avais ce texte sous le coude et qu'il fallait que je prenne le temps de le traduire. C'est enfin chose faite et cela permettra d'avoir une approche du perfectionnisme davantage ciblée sur la douance, et en lien direct avec la théorie de Dabrowski.


Linda Kreger Silverman. - " Petunias, Perfectionism and Level of Development ". In : Susan Daniels & Michael M. Piechowski, Living with Intensity, Scottdale, Great Potential Press, 2009, pp 145-164.


Le perfectionnisme constitue une force puissante qui peut immobiliser ou devenir source d'énergie, suivant la manière dont est mobilisée l'attention. Les perfectionnistes ont des critères personnels très élevés et ne pas les atteindre peut être cause de grande peine. Ils sont alors assiégés par la honte et la culpabilité, ce que peu de personnes peuvent comprendre. Même lorsqu'ils sont félicités, ils se sentent souvent misérables, conscients de leur éloignement par rapport à leurs aspirations. Ils ont l'impression de mystifier les autres en n'utilisant pas pleinement leurs capacités. Ceux qui s'auto-critiquent ainsi en permanence ne sont jamais satisfait et sont à l'origine de la mauvaise presse du perfectionnisme.



Douance et perfectionnisme

Les surdoués visent souvent des valeurs irréalistes, se battent contre des moulins à vent, persistent quand les autres abandonnent et envisagent les possibilités même face à l'imminence d'une catastrophe. Ils se poussent à dépasser le caractère raisonnable de leurs propres limites pour atteindre leur but, ce qui leur semble important. Cet idéalisme, alors même qu'il semble incompréhensible pour un observateur extérieur, porte en lui le potentiel de changer le monde.
La douance et le perfectionnisme sont des âmes-sœurs. Le perfectionnisme est un concept abstrait. Il nécessite un esprit abstrait afin de l'appréhender et de caresser l'idée d'une vision qui n'existe pas dans ce monde concret - aspirer à ce qui devrait être. La facilité par rapport à l'abstraction constitue un sine qua non de la douance.
Le développement asynchrone des surdoués engendre le perfectionnisme. Les enfants précoces ont des standards qui correspondent à leur âge mental et non à leur âge biologique. Dès leur plus jeune âge, les enfants surdoués possèdent des capacités cognitives leur permettant de prédire leurs actions ; de fait, ils ont plus de chance que les autres enfants de réussir dès leurs premières tentatives et d'éviter les échecs, quelle que soit la difficulté.
L'école exacerbe les tendances perfectionnistes des enfants précoces. En donnant le même travail aux enfants, sans tenir compte de leurs capacités, on habitue l'enfant surdoué à avoir toujours les meilleures notes, ce qui peut entraîner une dépendance aux meilleures notes. Le manque de challenge et de stimulation peut aussi entraîner un autre type de perfectionnisme. Si le travail scolaire est trop facile, certains enfants chercheront à corser la difficulté, jusqu'à atteindre ce qu'ils estiment être la perfection. Il n'y a aucune joie à maîtriser rapidement ce que d'autres mettent un temps long à apprendre. Des compensations, comme les meilleures notes ou des récompenses sont alors recherchées et conduisent à un perfectionnisme négatif.

Dans le contexte de la théorie de Dabrowski, le perfectionnisme prend une nouvelle signification. Dans les bas niveaux de développement, il s'agit d'une distorsion du désir d'auto perfection. Au service du développement cela devient une force conductrice qui imprègne la vie de l'individu de hautes valeurs. Le perfectionnisme se manifeste par de l'insatisfaction vis-à-vis de ce qui est et par une aspiration envers ce qui devrait être. Il y a une conviction intime qu'il y a davantage dans la vie que la banalité, un désir de donner du sens à sa vie en donnant le maximum de soi.



Mesurer le perfectionnisme

Le perfectionnisme constitue un champ de recherches très controversé. Il y a des chercheurs qui étudient ce trait sous un éclairage positif, et d'autres sous un éclairage négatif. Ceux qui reconnaissent des aspects positifs au perfectionnisme sont plus enclin à établir un lien avec la douance. Quand on le conceptualise comme pathologique, seules de petites évidences émergent du perfectionnisme des surdoués. Le problème provient souvent de l'instrumentation. Des biais de la part des chercheurs suintent inévitablement des instruments qu'ils conçoivent et interprètent. Ainsi des enfants surdoués font souvent exprès de se tromper pour attirer l'attention ou se faire accepter par ceux de leur classe, alors que des tests mesurant le perfectionnisme partent du principe que l'erreur entraînera une déception de la part des proches.
On retrouve ainsi mêlé sans distinction idéalisme, introversion, préoccupation envers ses propres défauts, peur de ne pas être à la hauteur des attentes des autres, aspiration à atteindre l'excellence, tenir compte des demandes abusives de autres. Tout cela conduit à de longues listes de maladies et pathologies.

Les personnes surdouées ont tendance à travailler dur pour atteindre des objectifs difficiles. Elles peuvent s'immerger pendant des années dans une quête. Idéalistes, elles sont souvent déçues quand elles découvrent que les autres ne partagent pas leurs valeurs. Beaucoup ne sont satisfaites que lorsqu'elles ont donné le meilleur d'elles-mêmes.

10 ans après la parution de l'échelle de mesure de Burn (1980) ont été mises au point des échelles multidimensionnelles de mesure du perfectionnisme. Les deux les plus usités dans les études sur les surdoués portent le même nom : The Multidimensional Perfectionism Scale (FMPS et HMPS), avec respectivement 35 et 45 items (celle de Burn n'en comprend que 10). Toutefois les deux échelles sont également basées sur une vision négative du perfectionnisme.
Il faut attendre 10 années de plus pour voir apparaître, en 2001, une échelle qui prenne en compte les différents aspects. Almost Perfect Scale - Revised (APS - R) est composée de questions permettant de savoir si le perfectionnisme est adaptatif ou non.
La plus récente échelle de mesure, Positive and Negative Perfectionism Scale (PNPS-12) a été développée par David Chan (2007). Dans sa conceptualisation, le perfectionnisme peut être positif et bon pour la santé quand il se focalise sur les valeurs élevées de l'individu et des aspirations réalistes à l'excellence. Il peut être négatif et mauvais pour la santé quand il se focalise sur une adhésion rigide à des principes personnels, comme le fait de ne surtout faire aucune erreur.



Recherches sur le perfectionnisme et la douance

Des études ont été menées dans des écoles pour surdoués afin de valider les tests et de déterminer si les surdoués sont plus perfectionnistes que le reste de la population, et si ce trait est adaptatif ou non. Les résultats sont équivoques mais les surdoués semblent davantage concernés. La façon dont est abordé et définit le perfectionnisme joue un rôle critique dans l'obtention des résultats. Burn précise ainsi qu'il faut distinguer la poursuite saine de l'excellence chez celles et ceux qui aspirent à de hautes valeurs, de celles et ceux qui cherchent compulsivement à atteindre des buts impossibles et qui mesurent leur propre valeur en fonction de leur productivité et de leurs accomplissements. La définition proposée par Frost & al. est une "mise en place de valeurs élevées de performance qui s'accompagnent d'auto-évaluations critiques".
Hamachek (1978) semble avoir été le premier à suggérer un double aspect du perfectionnisme : l'aspect sain et l'aspect névrotique. Il explique que les perfectionnistes "normaux" tirent du plaisir à accomplir des tâches difficiles tandis que les perfectionnistes névrotiques estimeront toujours que ce qu'ils ont fait n'est pas assez bien. Plusieurs recherches vont dans le sens d'un perfectionnisme sain chez les surdoués.
(Une étude réalisée sur 400 élèves surdoués laisse apparaître 32,8% de non perfectionnistes, 41,7% de perfectionnistes sains et 25,5% de perfectionnistes "dysfonctionnels").
Une autre étude (Schuler 1997, 2000) permet de mieux définir les traits caractéristiques des deux tendances de perfectionnisme. Les perfectionnistes sains ont un fort besoin d'ordre et d'organisation, ils acceptent les erreurs, ils apprécient le fait que leurs parents attendent beaucoup d'eux, ils trouvent des façons positives de gérer leur perfectionnisme, prennent comme modèle des adultes qui donnent le meilleur d'eux-mêmes et perçoivent les efforts comme une part importante de leur perfectionnisme.
Les perfectionnistes "dysfonctionnels" sont continuellement anxieux à l'idée de faire des erreurs, ils ont des critères extrêmement élevés envers eux-mêmes, ils ont l'impression que les autres ont pour eux des attentes disproportionnées, ils intériorisent les remarques négatives des autres, questionnent leurs propres jugements et exhibent un constant besoin d'approbation.



Les niveaux de Dabrowski conçus comme modèle


La théorie de Dabrowski permet d'aborder avec un éclairage différent le perfectionnisme chez la population surdouée, ce dernier se présentant différemment en fonction des niveaux de développement.

Niveau 1
Au premier niveau, l'individu est seulement concerné par lui-même. Au service de l'égocentrisme, les perfectionnistes deviennent tyranniques. Ils ne perçoivent pas leurs propres imperfections et se focalisent sur celles des autres. Une personne du premier niveau se servira des autres pour s'autogratifier et se surestimer. Les besoins des autres ne sont jamais pris en compte, seule l'image qu'ils leur permettent de renvoyer à de l'importance.
La devise du niveau 1 serait "je suis parfait, mais pas vous".

Niveau 2
Le champ de la psychologie perçoit généralement le perfectionnisme comme un trouble névrotique. La plupart des formes névrotiques du perfectionnisme sont issues du 2ème niveau. Au niveau 2, les individus sont à la merci du groupe social. Ils se demandent constamment ce que les autres vont penser d'eux si... Ils expérimentent les sentiments d'insécurité et d'infériorité envers les autres. C'est le niveau du tout ou rien.
Les perfectionnistes de ce niveau essaient d'être à la hauteur des attentes des autres ou de ce qu'ils pensent être leurs attentes. Ces valeurs qu'ils intériorisent et font leur sont toujours dictées par la famille, les amis, les médias, les groupes religieux, etc. Ils focalisent leur attention sur les propres imperfections et perçoivent leur vie à travers un miroir déformant, rarement à leur avantage. L'auto dépréciation constitue un aspect débilitant du perfectionnisme.
La devise du niveau 2 serait "je ne suis pas assez bon. Je ne serai jamais assez bon".

Niveau 3
Les formes plus saines du perfectionnisme émergent dans les hauts niveaux de développement. Au 3ème niveau, l'individu devient un "chercheur d'autoperfection". Au lieu de se sentir inférieur par rapport aux autres ou d'avoir l'impression de ne pas être en adéquation avec les attentes des autres, la personne devient consciente de son potentiel à devenir humain et sent que son action n'est pas à la hauteur de ce potentiel. Apercevoir en soi ces possibilités d'intégrité, d'empathie, de sagesse et d'harmonie constitue une formidable incitation à grandir. Commence un long chemin de reconnaissance et de transformation des instincts les plus bas.
Toutefois, si l'individu du niveau 3 perçoit cette réalité, il est le plus souvent incapable de la trouver. Il en résulte que l'individu du niveau 3 vit intérieurement une tension verticale entre ce qui est et ce qui devrait être.
La devise du niveau 3 serait "je vois où je veux aller, mais je ne vois pas de route pour y arriver".

Les dynamismes de ce niveau marquent clairement une expérience déplaisante:
- Hiérarchisation (perception critique et évaluation de ses propres valeurs)
- Insatisfaction personnelle (frustration et colère face à ce qui est)
- Sentiment d'infériorité (frustration et inadéquation personnelle)
- Stupéfaction vis à vis de soi-même (surprise et choc face à ce qui est)
- Honte (embarras face à ses propres déficiences)
- Culpabilité (angoisse à propos de ses fautes morales)
- Inadéquation positive (antagonisme entre l'opinion sociale et la protestation découlant des violation des principes moraux intrinsèques).
(Dabrowski, 1977, p 44).

Ces forces servent de catalyseur à une transformation intérieure : les hauts niveaux de réalité exercent une force beaucoup plus puissante sur l'individu du niveau 3 que les bas niveaux de réalité.
Une personne qui expérimente ces sentiments intenses peut facilement ne pas être comprise par un thérapeute pour qui le concept de perfectionnisme se limite aux manifestations que l'on retrouve au niveau 2.

Niveau 4
Au niveau 4, l'individu est capable de s'engager sur une vie assujettie à ses idéaux. Il gagne une grande capacité à l'autoréflexion, à l'acceptation des autres et de lui-même. Il y a davantage d'autorégulation. Au lieu d'être contrôlé par des désirs basiques, comme la possession ou les envies de contrôler les autres, il accède facilement à la compassion et à la compréhension des conditions des autres.
Le perfectionnisme à ce niveau est global et la vie est appréciée pour sa perfection inhérente.
La devise du niveau 4 serait " ce qui devrait être sera, je le ferai advenir".

Niveau 5
Le dernier niveau représente la perfection de la personnalité. C'est une vie sans conflits, dirigée par des principes directeurs très élevés. À ce stade du développement humain, l'individu devient un professeur, un guide, un exemple pour les autres. Il vit sa vie au service de l'humanité, et non au service de son ego.
La devise du niveau 5 serait "tout est amour".



Le perfectionnisme sain

Alors que pour beaucoup la conception d'un aspect sain du perfectionnisme semble être un oxymore, il est important de reconnaître que pour les surdoués les "rêves impossibles" peuvent être à portée de main. Viser des critères élevés constitue un aspect positif du perfectionnisme, en particulier quand il s'accompagne de la croyance en cette possibilité à atteindre ces buts.
À partir du moment où le perfectionnisme ressort si souvent chez les surdoués on peut envisager la possibilité que ce trait fasse partie intégrante de la personnalité du surdoué et qu'il doit donc apprendre à se l'approprier. Le perfectionnisme, à ce stade, ne peut ni être généré ni soigné. Il apparaît comme naturel.
Et si ce trait n'est pas guérissable, il importe d'apprendre à canaliser cette énergie afin qu'elle ne soit pas source de paralysie.



Canaliser le perfectionnisme

Pour les thérapeutes
Maslow (1971) encourage le zèle perfectionnisme : immergé dans ses projets, dans l'instant présent, l'individu oublie toutes ses défenses, sa tristesse.
Robinson (1996) perçoit également le perfectionnisme chez les surdoués comme un élément sain et exhorte les thérapeutes à développer ce perfectionnisme positif.
En se basant sur les études sur le perfectionnisme, Perrone et al. (2007) arrivent à la même conclusion.

Pour les enseignants
Il est important de fournir assez de travail nécessitant de faire des efforts aux enfants surdoués afin qu'ils expérimentent des difficultés à apprendre. Dweck (2006) recommande de féliciter les enfants pour les efforts fournis plutôt que pour le résultat. Les enfants sont ainsi encouragés à essayer des choses nouvelles, à prendre des risques, à comprendre et apprendre de leurs erreurs.

Pour les parents
Traditionnellement, le perfectionnisme est perçu comme une conséquence de trop fortes attentes parentales. L'enfant sert de faire-valoir, il est utilisé pour remonter l'estime qu'ont les parents d'eux mêmes. Les études sur les enfants surdoués montrent que les parents ne sont aucunement la cause de ce perfectionnisme, et que ce dernier tient davantage à un besoin inné d'ordre, d'une aversion au chaos.
L'étude de Schuler (2000) rapporte que les perfectionnistes "sains" se perçoivent plus perfectionnistes que leurs propres parents, tandis que c'est le contraire qui se passe pour les perfectionnistes "dysfonctionnels".
En règle générale, les perfectionnistes engagés sur une voie saine, auto-orientée, ont des parents qui n'attendent nullement la perfection chez leurs enfants mais qui leur procurent un amour et un soutient inconditionnel.

Pour vous
- Appréciez le trait et comprenez qu'il peut servir un but utile. Les idéaux et valeurs élevées sont importants, même si cela vous remue quand vous cherchez à les atteindre.
- Envisagez les erreurs comme des sources d'expériences, comme des informations permettant de se rapprocher de vos buts. Ce sont les choses qui nous paraissent mauvaises, erronées, qui nous font prendre conscience de ce qui est bon et juste.
- Établissez des priorités. Autorisez-vous à être perfectionniste dans les activités qui ont une réelle importance pour vous, et non dans tous les domaines. On ne peut être parfait partout, il faut établir des choix certes difficiles mais nécessaires.
- Commencez un projet plutôt que de procrastiner. Commencer une tâche est souvent le plus difficile, ensuite le perfectionnisme travaillera pour vous. Si l'échéance est cause de stress et de paralysie, agissez en amont et commencez plus tôt votre projet.
- Maintenez des valeurs élevées pour vous-mêmes mais ne les imposez pas aux autres.
- Gardez espoir, même si les premiers résultats ne sont pas à la hauteur de vos espérances. C'est par la pratique qu'on se rapproche petit à petit de ses buts. Lisez les biographies de personnes célèbres qui ont connu d'intenses frustrations et ont dépassé ces obstacles grâce à leur persistance.
- Ne vous flagellez pas pour vos manquements. Focalisez votre énergie sur vos futurs succès. Ne vous dites pas "j'aurais pu mieux faire", dites-vous "la prochaine fois, je procéderai différemment".
- Portez vos idéaux et croyez en votre capacité à les atteindre.
- Reconnaissez qu'il existe des aspects positifs et négatifs dans le perfectionnisme. Vous pouvez choisir comment vous souhaitez utiliser votre perfectionnisme.
- La peine peut accompagner le perfectionnisme. Reconnaissez-le et ne laissez pas cette peur vous bloquer. C'est une bonne souffrance car mise au service de vos aspirations. Si vous ne pouvez pas l'éviter, vous pouvez la surmonter.



Conclusion

Le perfectionnisme appliqué à soi-même peut aider à accomplir de grandes choses, alors qu'appliqué aux autres il entraine attentes, déceptions et ressentiment. Le perfectionnisme transcrit comme le fait d'essayer encore et encore conduit au succès, tandis que le perfectionnisme qui résulte de la paralysie, de l'évitement, de l'anxiété conduit à l'échec.
L'important est de comprendre comment établir des priorités.
Cela demande un courage considérable de vivre le grand écart entre "ce qui est" et "ce qui devrait être" et d'essayer de le réduire. Le désir d'autoperfection conduit à la souffrance, et tout le monde n'est pas prêt à l'endurer. C'est ce qui sépare une personne adulte portée par un engagement moral élevé d'une personne apathique qui s'est adaptée aux limitations qui existent couramment en chacun de soi et dans le monde.
En tant que thérapeutes, parents et enseignants, notre rôle n'est pas de protéger les enfants surdoués de la souffrance, mais de leur assurer qu'ils possèdent en eux la force suffisante pour mettre cette souffrance au service de leur développement personnel.
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Re: Le perfectionnisme

Message par fake_empire » sam. 10 mai 2014 15:31

Merci infiniment Zyghna, c'est fou ce que ça fait du bien un nouvel éclairage sur le perfectionnisme, même si c'est assez proche des conclusions auxquelles j'étais arrivé à force de réfléchir sur le sujet, le voir formulé aussi clairement et intégré à la théorie de Dabrowski, ça redonne la motivation ! :clap:
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Re: Le perfectionnisme

Message par Zyghna » sam. 10 mai 2014 16:44

L'article m'a interpelée sur la notion d'acceptation de la souffrance et de sa mise à disposition de ses idéaux. Je crois que j'irai faire un tour du côté de Boris Cyrulnik, parce que je sens qu'il y a un lien très fort entre la résilience et le perfectionnisme positif.
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Re: Le perfectionnisme

Message par fake_empire » dim. 11 mai 2014 09:20

Oui, c'est vrai que ça y ressemble un peu, ce serait intéressant d'essayer de définir ce type de souffrance un peu plus précisément. Je pense qu'il faut d'or et déjà la distinguer de ce qui ce rapprocherait de l'ascétisme au sens nietzschéen (c'est à dire l'ascétisme vu comme une auto-flagellation complaisante, en (très) gros). Je pense même qu'en travaillant sur cette souffrance induite par le perfectionnisme, on peut lui façonner un visage bien différent de celui que l'on attribue généralement à la souffrance plus commune.
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Re: Le perfectionnisme

Message par sandrinef » dim. 11 mai 2014 09:37

Zyghna a écrit :L'article m'a interpelée sur la notion d'acceptation de la souffrance et de sa mise à disposition de ses idéaux. Je crois que j'irai faire un tour du côté de Boris Cyrulnik, parce que je sens qu'il y a un lien très fort entre la résilience et le perfectionnisme positif.

Merci pour ton travail, Zyghna.
Bonne remarque...
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Re: Le perfectionnisme

Message par Zyghna » dim. 11 mai 2014 11:39

La souffrance est quelque chose de totalement subjectif et personnel, elle s'exprime différemment suivant les personnes, les contextes, etc. Je ne pense pas utile de justement la définir puisque ce serait automatiquement réducteur. Par contre le travail sur l'acceptation et sa transformation en énergie est beaucoup plus intéressant. (Étonnement je remarque que c'est ce que propose le bouddhisme et ce qui m'a permis de trouver ma voie pour sortir du niveau 3).

Dans l'article, j'ai particulièrement accroché sur les devises de perfectionnisme propres à chaque niveau. Comme d'habitude, c'est le niveau 3 qui est le mieux renseigné / exploité vu que c'est celui qui concerne le plus les surdoués.
Toutefois, ceux qui ont de gros problèmes d'estime de soi devraient trouver des éléments qui devraient les aider dans les critères du niveau 2.

Pour revenir au perfectionnisme lié au niveau 3, la devise "je vois où je veux aller, mais je ne vois pas comment y arriver" est extrêmement importante, selon moi, dans le cadre de la douance. Elle met en exergue le contraste flagrant entre ce qui est et ce qui devrait être et explique la souffrance induite par la lucidité extrême du surdoué, qui ne voit pas de possibilités permettant de réduire l'écart entre ces deux conceptions. La procrastination est d'autant plus puissante qu'aucune solution ne semble envisageable, l'énergie ne trouve alors comme exutoire que la colère (face à l'injustice et face à sa propre incapacité à changer les choses), qui se retourne contre soi ou contre la société, ou la résignation, accompagnée de tous les sentiments de déprime, d'inutilité, d'absence de sens à la vie.
Linda Silverman explique qu'il est essentiel de pouvoir faire des choix quant aux domaines où appliquer son perfectionnisme. Quand on perçoit toutes ses actions ou réactions en terme d'énergie, cela devient plus clair et l'on conçoit aisément que si on éparpille son énergie aux 4 vents, les résultats ne seront jamais à la hauteur de nos attentes. Reste qu'il est difficile, à mon avis, pour un surdoué de procéder à de tels choix dans le sens où l'on perçoit le monde dans sa globalité et que l'on voit le lien entre toutes choses (on en revient au problème du choix, développé dans un autre topic).
Alors forcément, le niveau 3 peut vite devenir un cul de sac, d'autant plus frustrant que l'on sait qu'il existe une autre possibilité, libératrice, mais qu'elle est inaccessible, un peu comme si l'on se trouvait devant une vallée verdoyante, séparée de nous par un précipice, et aucun pont visible.

Le perfectionnisme est alors très insidieux et peut être source de pathologies ou amplificateur de névroses. Quoi de plus désespérant, de plus enrageant, que de vouloir que tout soit parfait, ordonné, comme cela devrait l'être, mais de savoir avant de commencer que c'est vain car il nous manque une clé. Et forcément, expliquer cela a quelqu'un qui ne conçoit pas une autre réalité, qui pense que les niveaux 4 et 5 ne sont que des utopies, peut être destructeur. Car séparer l'idéalisme du perfectionnisme n'est pas possible dans le cadre de la douance, cela ne peut conduire qu'à une petite mort.
De fait, j'aime beaucoup cette possibilité, évoquée dans l'article, de canaliser le perfectionnisme sur ces aspects positifs et de l'accepter afin de le transformer en outil à notre service, et non de le laisser nous entraîner n'importe où.

Au niveau 4, le perfectionnisme trouve sa pleine puissance et permet de faire advenir une autre réalité, parallèle à celle dans laquelle on évolue. Pour reprendre l'exemple de la vallée luxuriante, au niveau 4, on n'est plus à la recherche d'un passage, on examine notre environnement et on s'attaque à la construction d'un pont. Du coup, la perception de la perfection se déplace totalement : il n'y a aucune importance à ce que le pont soit esthétique, original, ou autre. Sa seule perfection réside dans sa finalité, devenir un passage. Qu'il soit fait de bric et de broc, qu'il ne correspondent nullement à l'image idéalisée d'un pont, perd son sens. La perfection consiste à avoir établi un pont et de percevoir que ce petit détail, si imparfait en lui même, change notre rapport au monde et offre aux autres la possibilité d'accéder à cette autre réalité. En changeant notre rapport au monde, c'est la conception même que l'on se fait de la perfection qui se modifie.
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Re: Le perfectionnisme

Message par Korydween » dim. 11 mai 2014 14:17

Merci beaucoup pour ce travail Zyghna. Ce qui est développé ici est passionnant.
Je m'interroge beaucoup sur les échelles évoquées en début d'articles, servant à mesurer le perfectionnisme. J'ai fait quelques recherches sur la dernière (PNPS-12) et j'ai trouvé ce qui semble être l'un des articles de base de l'auteur sur cette échelle (s'il y a des intéressés, en anglais : http://files.eric.ed.gov/fulltext/EJ777787.pdf)
Or il semble selon cet article (je n'ai lu que la partie décrivant l'échelle) que cette échelle est basée uniquement sur une batterie d'assertions dont les "testés" doivent dire s'ils sont "entièrement d'accord", "à peu près d'accord"... l'échelle de notation étant de 5 points. Cette échelle se base donc sur une auto-évaluation. Je me pose donc la question : le fait de ne considérer qu'une auto-évaluation et non pas des critères / observations extérieures peut-il biaiser le résultat obtenu, et si oui à quel degré ? En effet, personne n'est plus subjectif que nous-même quand cela nous concerne, les "autos-diagnostiques sauvages" de douance en sont des exemples frappant. Est-ce que cela ne pourrait pas être également le cas pour la mesure du perfectionnisme ?
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Re: Le perfectionnisme

Message par Zyghna » dim. 11 mai 2014 14:25

Je vais laisser les psy (ou autres passeurs de tests) répondre sur les conditions de passation de ce genre de tests à items. Si je ne m'abuse, ce sont des tests complémentaires qui sont administrés par un professionnel pour valider ou invalider un diagnostic et donner une tendance. Bien sur que c'est subjectif, mais pas forcément plus que lors d'une séance avec un thérapeute. Tout dépend de la façon dont on se sert de l'outil je suppose.
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Re: Le perfectionnisme

Message par RandolphCarter » mer. 14 mai 2014 09:28

Merci beaucoup Zyghna, pour ta traduction et ton message du 11 mai. Je n'ai pas fini de turbiner la dessus, et je pressens que ça risque de me faire beaucoup de bien.

Concernant les test à item, j'attends avec impatience la réponse des psys sur le sujet. Je n'ai pas trouvé de sujet traitant spécifiquement de la psychométrie (et des tests psychométriques dont les RH sont les premiers consommateurs).
La réalité c'est ce qui refuse de disparaître quand on cesse d'y croire.
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Re: Le perfectionnisme

Message par Holi » mar. 5 févr. 2019 11:39

En reprenant les textes d'origine proposés par Zyghna et vos interventions il y a 2 points qui m'interpellent.

Le perfectionnisme comme "ressource" dans un désir de reconnaissance et l’assujettissement au regard et à l'approbation de l'Autre
Zyghna a écrit :
dim. 2 mars 2014 00:34
Le perfectionnisme est un trait qui touche de nombreuses personnes, et les surdoués semblent particulièrement concernés. Certains arrivent à le gérer sans qu'il soit trop intrusif, et pour d'autres il est réellement handicapant.
...
[*]Le perfectionnisme est un système de croyances addictif et autodestructeur qui alimente principalement cette pensée : si j'ai l'air parfait et que je fais tout parfaitement, je peux éviter ou atténuer les sentiments douloureux de honte, de jugement et de reproche.
...
[*]Le perfectionnisme est addictif, parce que quand on expérimente régulièrement la honte, le jugement et le reproche, on est persuadé que c'est par manque de perfection. Plutôt que de questionner la logique défaillante du perfectionnisme, on s'attache encore plus à la quête d'un comportement parfait et d'une apparence parfaite.
[/list]

Brené Brown. - Le pouvoir de la vulnérabilité. Paris, Guy Trenardiel ed., 2014, pp 152-154
Ce que je trouve intéressant dans cet article, c'est qu'il place le sentiment de reconnaissance au cœur même du désir de perfectionnisme, et que s'interroger sur les motifs qui poussent à ce désir de perfection peut permettre d'en apprendre beaucoup sur son propre fonctionnement et sur ses peurs (notamment de ne pas être à la hauteur de ce que l'on m'imagine que les autres attendent de nous). Au delà de cet extrait, je ne saurai que trop conseiller cet ouvrage pour les personnes qui ont des problèmes d'estime de soi.
Dans la mesure où l'on tente d'atteindre un but chimérique c'est forcément une quête sans fin et on ne peut que s'enfoncer de plus en plus dans ce (dys)fonctionnement.
Je n'ai pas fait assez, assez bien, je dois pouvoir faire mieux, je dois pouvoir .....
On ne peut donc qu'être insatisfait et frustré devant la prestation fournie et en conclure que décidément on n'est pas à la hauteur.
Comme le souligne Zyghna cela entame un peu plus l'estime de soi déjà défaillante puisque c'est cette défaillance qui peut être à l'origine de cette recherche de perfection.
Le parfait cercle vicieux !
Il faudrait donc plutôt aller creuser l'estime de soi et la dépendance à l'approbation de l'Autre.

Le 2ème point le perfectionnisme serait le produit d'un conditionnement
lady space a écrit :
lun. 3 mars 2014 13:05
Très intéressant ce sujet.

La question de comprendre pourquoi certaines personnes se pourrissent autant la vie à courir après une notion impossible à atteindre me taraude depuis un bon moment et ton extrait apporte quelques clés.

Il y a juste un point qui me semble trop simpliste:
Zyghna a écrit :
[*]Le perfectionnisme n'a rien à voir avec le fait de devenir meilleur. L'essence du perfectionnisme est de tenter d'obtenir l'approbation d'autrui. La plupart des perfectionnistes ont grandi en étant loués pour leurs comportements et leurs accomplissements (diplômes, manières, obéissance aux règles, apparences, performances sportives). Quelque part en chemin, ils ont adopté ce dangereux et débilitant système de croyances : "je suis ce que j'accomplis et la manière dont je l'accomplis. Faire plaisir. Accomplir. Parfaire". Les efforts sains sont centrés sur soi : comment puis-je m'améliorer? Le perfectionnisme est centré sur autrui : que vont-ils penser? Le perfectionnisme est une arnaque.
On peut très bien tomber dans le panneau de la croyance "je suis ce que j'accomplis" sans avoir été l'heureux bénéficiaire de louanges. Ça fonctionne aussi quand on n'a essuyé que des remarques critiques ou, au mieux, du genre "pas mal, mais..."

Le résultat est le même: on cherche désespérément une approbation qui ne vient jamais (entre autres parce que nos parents ont été éduqués dans la fausse idée que féliciter un gamin risque de générer orgueil et autre grosse tête). Et comme l'approbation ne vient pas, on se dit que c'est logique parce qu'on n'a toujours pas fait assez bien. Et on en remet une couche qui ne sert à rien, bien sûr, vu que la perfection n'existe pas...
Que ce conditionnement vienne de trop ou de trop peu de félicitations et d'encouragements il induit une incapacité à s'accepter imparfait et une très faible résistance à l'erreur.

On arrive alors au profil suivant :
- Estime de soi défaillante engluée dans un dysfonctionnement qui ne peut permettre de l'améliorer.
- incapacité à se reconnaître et à s'accepter pour ce que nous sommes avec nos failles et nos forces.
Il me semble que ce profil est très fréquent parmi les HP présents sur le forum et qu'un bon nombre de sujets, présentations, questionnements ramènent finalement à cela.
Est ce que le perfectionnisme est une particularité des surdoués ?
Zyghna a écrit :
sam. 10 mai 2014 13:33
Cela faisait longtemps que j'avais ce texte sous le coude et qu'il fallait que je prenne le temps de le traduire. C'est enfin chose faite et cela permettra d'avoir une approche du perfectionnisme davantage ciblée sur la douance, et en lien direct avec la théorie de Dabrowski.


Linda Kreger Silverman. - " Petunias, Perfectionism and Level of Development ". In : Susan Daniels & Michael M. Piechowski, Living with Intensity, Scottdale, Great Potential Press, 2009, pp 145-164.


Le perfectionnisme constitue une force puissante qui peut immobiliser ou devenir source d'énergie, suivant la manière dont est mobilisée l'attention.
...
Je n'intègre pas la totalité du texte (il est un peu plus haut) ni ne reviens sur la théorie et les niveaux de Dabrowski, mais il semble que quand le perfectionnisme est un frein on est dans le cadre d'un dysfonctionnement.
Pour ce qui me concerne , je dois de toute évidence être en plein dysfonctionnement.
Lors du passage des tests ce fameux perfectionnisme m'a joué des tours et fait perdre un temps précieux sur certains subtests et lors de la restitution la psy m'a dit qu'elle avait remarqué à quel point je vérifiais et re vérifiais mes réponses au lieu de me faire confiance. Qu'à la suite d'une erreur je perdais tous mes moyens.
Et c'est sans doute pour la même raison que je me trouve parfois plus lente que les autres sur certaines taches.
je ne sais plus qui sur le fil a cité : "Le mieux est parfois l'ennemi du bien" c'est peut être sage...
Est ce que certains d'entre vous ont franchi le niveau 3 ?
"La devise du niveau 3 serait "je vois où je veux aller, mais je ne vois pas de route pour y arriver"."

Bon tout ça n'est pas super clair dans ma tête, mais j'espère que mon message lui l'est...
La vie n’est facile pour aucun de nous. Mais quoi, il faut avoir de la persévérance, et surtout de la confiance en soi. Il faut croire que l’on est doué pour quelque chose, et que, cette chose, il faut l'atteindre coûte que coûte.
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Re: Le perfectionnisme

Message par Unesoprano » mar. 5 févr. 2019 11:56

Passionnant ce fil, il rejoint mes préoccupations d’enseignante car en musique on peut facilement avoir ce désir très fort d’aller vers notre «idéal »: de son, d’interpretation... et que celui-ci finisse par être déprimant au lieu de nous tirer en arrière.

J’ai pour ma part, quand je me suis intéressée à ce sujet, beaucoup aimé le livre de Frédéric Fanget « Toujours mieux : Psychologie du perfectionnisme » . On y trouve bien des pistes pour aller vers un perfectionnisme sain.

Enfin, j’ai également travaillé autour de l’anxiété de performance qui peut être en lien avec le perfectionnisme.
Voici une ressource qui en parle :

https://www.usherbrooke.ca/etudiants/fi ... rmance.pdf

Je pense que c’est une piste intéressante pour que le perfectionnisme soit un moteur.
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Re: Le perfectionnisme

Message par Tamiri » jeu. 21 févr. 2019 20:21

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Re: Le perfectionnisme

Message par Bulle d'o » jeu. 21 févr. 2019 20:51

Je t'applaudis pour ces mots, Tamiri, ils sont justes, précis et réconfortants. Car il y a un superbe message de cohérence avec soi et d'intégrité dans ce que tu exposes et on voit peu le principe de l'approfondissement suivi du choix de l'arrêt comme cela. On aurait plutôt tendance à les tirer vers des aspects noirs et leurs prêter le doux nom quelque peu dévalorisant de lubie.
Ce message m'a fait beaucoup de bien par la réflexion qu'il amène de "voir le côté positif". (bon, sans compter cette perfection d'écriture, de rythme...)

Et vive Armie, donc!

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Re: Le perfectionnisme

Message par Armie » jeu. 21 févr. 2019 22:12

:D
En vrai, je suis ravie de t'avoir encouragé, par cet intérêt, à témoigner ici Tamiri. Bulle a raison, c'est très inspirant et rassérénant, de lire ton expérience. :sun:

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Re: Le perfectionnisme

Message par Utopiste » lun. 22 avr. 2019 15:25

Je reprends ce fil (=discussion ?) parce qu'il me semble que le perfectionnisme peut être cause de procrastination ou d'inachèvement pour la réalisation d'un projet .
Soit parce que l'on voit rapidement où il va nous amener , et que si les tenants et les aboutissants nous paraissent évidents, on a du mal à les relier sans s'éparpiller : je pars d'un problème à résoudre qui s'avère avoir plusieurs causes , qui à leur tour ont chacune plusieurs solutions possibles. Et il va falloir que TOUTES ces pistes soient ramenées à un UNIQUE point de départ. (Je ne sais pas si je me fais bien comprendre ). Résultat : le matin où je dois rendre ma copie, je suis encore à la rédaction d'un pavé (hors délai et pas fini) 😰.
Soit je réalise d'emblée que coucher ce projet par écrit va prendre des plombes alors que j'en ai une vision très synthétique (Mais dans ma tête, pas dans celle de la hiérarchie 😰). Dans les deux cas, c'est fichu 😱.
Je me demande si ne jamais finir dans les délais, et repousser en espérant que le manque de temps m'obligera à la concision, est un défaut partagé par beaucoup d'entre vous, et si cela vous procure un désagréable sentiment d'incompétence 🤦‍♀️.
Qui aurait trouvé des solutions ? La quasi-totalité de mes collègues n'a pas ce souci et ne coupe pas les cheveux en quatre...
Merci !

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