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education et HPI

Posté : lun. 27 févr. 2017 01:29
par cobaye80
petite intro pour situer le débat, j'essaie de pas trop m'étaler: Je suis maman de 3 enfants 11, 9 et 6ans, la dernière n'est pas -encore- diagnostiquée, les 2autres oui. Quand on m'a annoncé que mon aîné faisait partie des 1 pour mille de la population a avoir un QI qui pète le plafond, je me suis demandé comment on allait faire (c'était il y a 4ans). Et puis il a sauté une classe, on a accepté qu'il balance tout contre le mur quand il est en colère (dans sa chambre et sans rien casser). Maintenant ça roule. Ma deuxième fait des crises de rages abominables pour toute frustration un peu trop importante ou sentiment d'injustice, elle a encore du mal avec les règles (de politesse, de vie en société etc) sauf si c'est logique. Bon ben elle va hurler dans sa chambre (en évitant les coups de pieds) et on en reparle après et on tente d'arrondir les angles avec la famille quand elle refuse de dire bonjour/au revoir.

Bref tout ça pour vous dire que j'ai bien lu (y compris dans ce sujet sur le très haut potentiel) que LA clef pour être un adulte surdoué heureux, c'est d'avoir eu une éducation compréhensive de vos particularités, bienveillante et aimante. Mais j'ai pas l'impression que ce soit si différent que pour d'autres enfants, si? J'ai juste l'impression de les élever "normalement" mes enfants c'est à dire en essayant d'écouter et de prendre en compte ce qu'ils sont mais en leur faisant entendre aussi qu'il y a des autres que leur nombril autour d'eux... et vous, avez-vous l'impression qu'il y a une "spécificité" dans l'éducation des enfants précoces? On parle beaucoup de l'accompagnement scolaire des enfants HPI mais assez peu de l'accompagnement éducatif. Qu'en pensez-vous?

Re: education et HPI

Posté : lun. 27 févr. 2017 09:25
par Dromadaire
Ma réponse est à prendre avec des pincettes, ce n'est que mon expérience personnelle, je ne suis pas mère, ni professeur, ni aucune autre profession en lien avec des enfants (j'ai été animatrice de colo pour des 8-12 ans, ca compte ?), et je ne suis diag+ que depuis peu :

- Concernant la spécificité, bien sûr que pour tous les enfants il faudrait (selon notre mode sociétal occidental, ce n'est pas la seule facon d'éduquer un adulte heureux, mais là n'est pas la question !) privilégier une éducation bienveillante et compréhensive. Plus que ca, je dirais personnellement qu'il faudrait dans l'idéal reconnaître l'enfant comme une personne singulière au même titre qu'un adulte, donc reconnaître ses différences et ses spécificités en tant qu'individu.

- Mais il vaut mieux garder dans un coin de sa tête que l'on parle d'enfants qui s'écartent de la norme. Un enfant qui s'écarte de la norme peut avoir des réactions ou des besoins moins "prévisibles" qu'un "neurotypique".
Dans un style différent, un enfant trisomique mérite lui aussi une éducation bienveillante, aimante, compréhensive, cadrante... Mais pas exactement la même qu'un neurotypique.
J'entends par là que tu sais qu'il peut y avoir des particularités chez ces enfants "un peu différents" et ca aide à les prendre en compte.


Plus largement, je ne sais pas si c'est "LA" clef pour faire un adulte heureux. Je suis beaucoup moins tranchée : je ne pense pas qu'une enfance ""parfaite"" soit nécessaire ou suffisante pour faire un adulte heureux, même si c'est une très bonne base pour en devenir un !

Personnellement, avec le recul, je pense que ce qui a fait (en terme d'éducation) que je ne suis pas trop paumée, c'est d'avoir beaucoup de stimulation intellectuelle, artistique, sportive et sociale : mon père qui me faisait résoudre des problèmes de maths à l'oral dans la voiture, des activités à remplir l'emploi du temps à bloc, etc.
Par contre, ce qui m'a coûté, c'est ce sentiment de ne jamais être entendue et reconnue "à ma juste valeur", d'être toujours vue comme "un peu pataude", ou "bien marrante". Et d'être beaucoup prise pour plus jeune que je ne l'étais "dans ma tête", j'avais toujours l'impression qu'on me parlait comme si j'étais demeurée. Je prenais aussi extrêmement mal les remarques du genre "une jeune fille de ton âge, ca met son écharpe comme ca" (donc toi aussi met la comme ca...).
Le résultat ? Un gros faux self en béton parce que j'ai appris à me conformer le plus possible à la norme et à ce que j'imaginais que l'on attendait de moi... Donc des grosses crises de larmes, et des épisodes de dépression à chaque grand changement, parfois avec 6 mois de "retardement" (6ème, déménagement en 4ème, fin de première, début de prépa, école d'ingé, stage, entrée dans la vie active...), incompréhensibles pour moi comme pour les autres.



En sachant des enfants HPI, à mes yeux, on peut être plus "sensible" à certaines alertes, les considérer avec sérénité et bienveillance, sans se moquer ni diminuer les changements d'humeur.
Alors oui ca sera ca pour tous les enfants, mais disons, les HPI, "encore plus" !

Leur montrer des astuces pour évacuer, pour s'exprimer, pour mieux vivre son quotidien. Ne pas les obliger à "rentrer dans le moule" mais parfois leur montrer que ca peut être plus pratique de "faire semblant" d'être dedans.


J'édite mon message pour ajouter une chose :
cobaye80 a écrit :on tente d'arrondir les angles avec la famille quand elle refuse de dire bonjour/au revoir.
Ah, ca :D . Je me reconnais et je reconnais certains enfants de ma famille ici...
Mon opinion est que la réponse dépend de ce que tu entends exactement par "dire bonjour/au revoir". S'il s'agit de dire (avec les mots), je pense que la solution passera probablement par l'explication (pourquoi salue-t-on les gens ?).
S'il s'agit de contact physique, c'est différent : je pense (c'est mon opinion, pas une loi universelle) que l'on ne devrait pas forcer un enfant, HPI ou pas, à avoir un contact physique dont il n'a pas envie. Et que l'on peut l'expliquer à la famille qui voudrait plein de bisous (mais un enfant n'est pas un distributeur ou un receveur de bisous, c'est une personne, et il a le droit, comme toute personne, de décider à qui il donne ou pas ses bisous).
Désolée de réagir là-dessus. :-| C'esr un sujet qui me tient à coeur.

Bon courage :).

Re: education et HPI

Posté : lun. 27 févr. 2017 09:29
par hazy
Un point important est d'expliquer. Tant qu'ils ne comprennent pas, qu'il y a un truc qui cloche, ça risque de mal passer.

Argumenter jusqu'à plus soif, en gros.

Je pense que les grosses colère et la violence ne sont pas nécessaires, ni souhaitables. Sauf exception, bien sûr.