Le trouble anxieux généralisé

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Marquise de Cerfeuil
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Le trouble anxieux généralisé

Message par Marquise de Cerfeuil » jeu. 22 mars 2018 10:53

Bonjour à tous,

J'ai lancé une recherche au sujet du TAG et ne voyant pas de sujet apparaître, je me lance !

Voici un descriptif de la maladie : https://www.anxiete.fr/troubles-anxieux ... alise-tag/

Je suis atteinte de ce trouble depuis six mois et la thérapie TCC que j'ai commencée il y a environ 3 mois se passe à merveille. Les progrès sont lents mais visibles.
J'ai toujours été très anxieuse, avec des périodes de vie plus ou moins difficiles à vivre, mais cette fois-ci, mon anxiété est arrivée à un point tel que j'ai fait une dépression et que je n'ai plus pu aller travailler (ni prendre le bus, ni prendre le métro, ni aller au ciné. J'en étais arrivée à un point où j'avais même peur de prendre ma douche). Je crois que mon corps et mon esprit, après 30 ans d'accumulation, ne pouvaient plus rien supporter.

En ce moment avec ma psy, on travaille sur l'origine de mon TAG, sur comment il s'est construit. C'est très complexe, le TAG met du temps à se construire et il est dépendant de beaucoup, beaucoup de facteurs, dont le haut potentiel, les traumatismes, et l'hérédité. Accepter ma vulnérabilité aussi n'est pas chose aisée.

J'ai récemment rejoint à Lyon une association qui regroupe des personnes souffrant d'anxiété, et les rencontrer samedi dernier m'a fait beaucoup de bien. On y rencontre beaucoup de personnes à haut potentiel. Cependant, je n'ai pour l'instant, pas rencontré beaucoup de personnes souffrant d'un TAG là-bas, la majorité souffrant de phobie sociale ou d'agoraphobie.

Y a-t-il des personnes sur ce forum qui ont un TAG ? Qui s'en sont sortis ? A quoi ressemble votre vie sans le TAG ? Combien de temps cela a-t-il duré ? Comment l'analysez-vous par rapport à votre histoire de vie ?
Je cherche des témoignages, à échanger, à apprendre sur ce trouble qui est un vrai handicap pour moi à l'heure actuelle.

Très bonne journée à tout le monde :)

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enufsed
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Re: Le trouble anxieux généralisé

Message par enufsed » jeu. 22 mars 2018 11:50

Je ne sais pas si mes aléas anxieux entrent sous la dénomination TAG, mais je vais te décrire mon petit parcours personnel qui, c'est l'intérêt, a évolué dans le bon sens :

- J'ai surtout été victime de crises de panique / spasmophilie (je sais que ce terme est franco-français) : première à 24 ans, lendemain de cuite à comater devant la formule 1 // sensation de mort imminente // pompiers // temesta.
- Ensuite les choses se sont installées avec aussi une dépression au point que je ne pouvais plus monter un escalier sans faire de pause.
- Pilulier xanax / lexomil obligatoire : le moindre oubli provoquait une crise dès l'instant où je constatais l'absence de ma béquille chimique.
À l'époque j'étais dans une phase classique à cet âge : la perte de mes illusions et l'adieu à ma jeunesse.

Ensuite, des changements de vie successifs qui ont amené chaque fois des modifications dans les manifestations et leur fréquence. À force de consulter des médecins pour divers symptômes qui chaque fois étaient clairement assimilés à l'anxiété, j'ai fini par évacuer la dimension dramatique de la chose pour en faire un baromètre ou une boussole.

Aujourd'hui je ne prends aucun médoc et ce depuis bien des années, j'ai parfois des périodes avec des trucs désagréables (le roi des désagréable étant l'installation temporaire d'extrasystoles ventriculaires), heureusement j'ai toujours échappé grosso modo aux insomnies. Mais c'est sous contrôle parce que je prends le truc comme un instrument et pas une punition, ça fonctionne comme une clôture électrique : c'est une vilaine sensation mais ça permet de pas se perdre.

Bilan avec 20 ans de recul : on apprend à reconnaître l'anxiété comme telle et plutôt que de la fuir, on doit se poser la question "de quoi est-elle le signe ?". Ce questionnement m'a amené a quitter une femme après 22 ans, à passer le test qui justifie ma présence sur ce forum, à reprendre des études et je pense que ça provoquera encore pas mal de bifurcations.
Je suis intimement convaincu que vouloir étouffer ces crises sans en traiter la cause est la plus mauvaise idée du monde : une vraie thérapie psy ça peut aider et surtout être à l'écoute de son corps, qui nous gueule ce qu'on n'accepte pas d'entendre. Si je pose mon pied nu sur un charbon ardent, je le retire aussitôt. La difficulté quand tout notre corps hurle à travers l'anxiété, c'est souvent qu'on peine à se connaître soi-même et à reconnaître ses soumissions à l'existence. C'est cela qu'il faut trouver et changer, ce qui souvent implique un saut dans l'inconnu de la vie tout aussi anxiogène, mais c'est une peur dans l'action, positive.

Y avait une histoire comme ça d'un astronaute (réelle ou pas peu importe) qui devenait dingue à cause d'un bruit métallique répétitif dans sa capsule dont il était prisonnier, et on lui a dit "apprend à aimer ce bruit", de la même manière j'ai donc adopté une règle de vie librement inspirée d'Archimedes : "Eurêka j'ai paniqué !"

Je sais pas si mon témoignage cadre avec tes attentes ;)

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Lyra
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Re: Le trouble anxieux généralisé

Message par Lyra » jeu. 22 mars 2018 12:12

enufsed a écrit :
jeu. 22 mars 2018 11:50
Je suis intimement convaincu que vouloir étouffer ces crises sans en traiter la cause est la plus mauvaise idée du monde : une vraie thérapie psy ça peut aider et surtout être à l'écoute de son corps, qui nous gueule ce qu'on n'accepte pas d'entendre. Si je pose mon pied nu sur un charbon ardent, je le retire aussitôt. La difficulté quand tout notre corps hurle à travers l'anxiété, c'est souvent qu'on peine à se connaître soi-même et à reconnaître ses soumissions à l'existence. C'est cela qu'il faut trouver et changer, ce qui souvent implique un saut dans l'inconnu de la vie tout aussi anxiogène, mais c'est une peur dans l'action, positive.

Y avait une histoire comme ça d'un astronaute (réelle ou pas peu importe) qui devenait dingue à cause d'un bruit métallique répétitif dans sa capsule dont il était prisonnier, et on lui a dit "apprend à aimer ce bruit", de la même manière j'ai donc adopté une règle de vie librement inspirée d'Archimedes : "Eurêka j'ai paniqué !"
Je suis totalement d'accord ; avec un peu moins de bouteille, certes (je suis loin des 20 ans de recul), mais depuis que j'ai décidé de voir mes crises d'anxiété comme un signe, un outil, elles me sont beaucoup moins handicapantes. Elles restent paralysantes, mais... disons que plutôt que de me dire "tout est fini", je vais me dire "bon, ça ne va pas, je me repose et j'analyse(rai)". J'accepte l'inaction le temps de l'anxiété, et profite des petits moments lumineux pour y réfléchir, ça en devient même ludique parfois ! (Si si...)

Ca peut durer 15min, 1h voire des jours ou des semaines ; j'accueille le moment de panique/dépression/anxiété et le laisse faire son chemin, il n'est pas là pour rien et a finalement beaucoup à m'apprendre.

(Je ne dis pas que c'est facile, très loin de là. Il y a de longs moments dont on pense ne jamais sortir, où l'on souhaiterait mourir, où tout recul est impossible ; j'essaie de tout faire pour l'accepter et "vivre avec le temps de")

Je te souhaite en tout cas de trouver tes solutions, celles qui t'aideront à aller de l'avant avec tout ça. Et courage. :)
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Re: Le trouble anxieux généralisé

Message par Louise » jeu. 22 mars 2018 12:28

Je peux me joindre aux récits.
Si ce trouble n'a pas été officiellement diagnostiqué, je n'ai personnellement aucun doute sur le fait que c'est ça que j'ai traversé.
La première crise de panique de ma vie a eu lieu lors de mon premier mois de chômage, à 20 ans. J'ai cru mourir au milieu de la rue.
S'en sont suivis 6 mois-un an de plongée dans les phobies et angoisses diverses : claustrophobie, agoraphobie, hypocondrie, somatisation perpétuelle (j'ai du passer 4 mois non stop sous antibios...). Je ne prenais plus les transports en commun, ne conduisais plus, n'allais plus au supermarché, et ne sortais de chez moi qu'en ayant préparé un parcours avec des pharmacies sur le trajet de "au cas où je tombais dans les pommes". Je ne pouvais plus rester seule. Sans parler des courbatures dues aux muscles contractés, des maux de tête, des extrasystoles, le petit cortège... Je n'ai pas vécu pendant cette période. J'étais une boule de stress repliée sur son angoisse.

J'ai repris des études, ce qui m'a sortie de la période aigue, mais le mal était fait, j'ai passé un bon paquet d'années ensuite à apprivoiser les automatismes que mon corps avait appris. Je ne peux plus monter dans un manège, tant les sensations vertigineuses me rappellent le début des attaques de panique.
J'ai passé un an chez une psy, honnêtement, je ne sais pas trop ce qu'elle m'a apportée, on a fait le tour de mon enfance, rien de traumatisant, aucune prise de conscience, tout ce que je lui racontais de pertinent, je l'avais déjà identifié. (à savoir pendant 20 ans, tu construis ta personnalité sur le fait de réussir tout ce qu'on te demande sans aucune difficulté, où tout le monde te répète à l'envi que tu es brillante et que tu as tout pour réussir, et que à la sortie de tes études, bin, tout simplement, t'as pas de taf. Pis comme t'as 19 ans, puisque tu as eu la bonne idée d'avoir un an d'avance, bah t'es jeune, tu touches 0 euro, et t'as pas de taf ni de perspective.)

Le désir d'enfant et le désir de pas en faire tant que je n'avais pas réglé ce qui était à régler m'a fait chercher des solutions toutes seules. J'en ai trouvé du côté de la pleine conscience, du yoga et de la méditation. J'ai ré-éduqué mon cerveau et mon corps. J'ai lu des témoignages. (youpi je ne suis pas seule, je ne suis pas folle)
J'angoisse encore, j'ai toujours un fond d'hypocondrie, mais je suis je pense un peu comme une ancienne alcoolique. Je ne me mets pas dans des situations dont je sais qu'elles vont me stresser, si je sais que je n'ai pas les ressources pour les supporter en face (après tout, un concert peut être une épreuve, donc je ne vais pas à beaucoup de concert.. et c'est pas grave), et puis je sais rapidement désamorcer. Je ne vais pas dans un grand supermarché un Samedi PM. (en fait, de toute façon et pour plein de raisons, je ne vais PAS dans un grand supermarché... plus ça va, plus je me dis que c'est ceux qui les supportent qui sont un peu barrés :D)
Un bain, une ballade en bord de mer, des potes, de la respiration, ne pas fuir, accepter.
J'ai même réussi il y a 3 ans, à passer au dessus d'une phobie de l'avion développée comme par hasard à cette même époque. Une belle victoire.

Là cet après midi je vais avoir une grosse décharge émotionnelle, et je ne peux pas y échapper. Je sais en plus qu'on sera dans un endroit confiné, qu'il fera chaud, que je suis déjà un peu fatiguée. Eh bien je commence par ne pas lutter contre. Je sais que si stress il y a, ça ne sera QUE du stress. Que non, je ne vais pas mourir. Que je n'aurai que des proches bienveillants et compréhensifs autour de moi, et que quand bien même, qu'est ce que ça peut foutre si j'ai une crise d'angoisse devant des gens. Ne pas prétendre être wonderwoman-perfection incarnée, c'est un gros boulot, mais qui fait redescendre le niveau de stress de manière drastique.

Miss souris
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Re: Le trouble anxieux généralisé

Message par Miss souris » jeu. 22 mars 2018 13:00

Pendant longtemps j'ai fait des crises d'angoisse, de spasmophilie comme on disait...Ça a commencé à l'adolescence, en contexte familial difficile, ça s'est maintenu de façon ''aleatoire'' ( je veux dire hors des sources d'angoisse repérées) durant vingt ans. Je pense aujourd'hui que ce qui les déclenchait ( voir ce que dit Enufsed plus haut) c'est le hurlement d'un corps et d'un esprit auxquels je ne prêtais pas attention. Par manque de connaissance de soi. Aujourd'hui je sais que vue la dépense émotionnelle que va me coûter, disons, une après midi dans une zone commerciale ( bruit lumière circulation espace fermé absurdité du tout et j'en passe) il ne sera pas surprenant que je me sente hypermal après. Mais je sais pourquoi, et je laisse passer, puisque ça va passer ( merci la méditation de pleine conscience...), je ne me dis plus que je suis tarée, et je me prends en compte...( Et j'informe mon entourage aussi : je vais me coucher à huit heures parce que j'en ai besoin, pas parce que je suis fâchée.) Ce qui rejoint ce que disait Louise.

Et sinon, entre les deux périodes, vers la trentaine, j'avais développé de façon très empirique un moyen d'agir sur les signes avant coureurs en amont, avec observation du corps et de la respiration. La pleine conscience de Mme Jourdain...

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Re: Le trouble anxieux généralisé

Message par Marquise de Cerfeuil » jeu. 22 mars 2018 23:11

Lyra a écrit :
jeu. 22 mars 2018 12:12
enufsed a écrit :
jeu. 22 mars 2018 11:50
Je suis intimement convaincu que vouloir étouffer ces crises sans en traiter la cause est la plus mauvaise idée du monde : une vraie thérapie psy ça peut aider et surtout être à l'écoute de son corps, qui nous gueule ce qu'on n'accepte pas d'entendre. Si je pose mon pied nu sur un charbon ardent, je le retire aussitôt. La difficulté quand tout notre corps hurle à travers l'anxiété, c'est souvent qu'on peine à se connaître soi-même et à reconnaître ses soumissions à l'existence. C'est cela qu'il faut trouver et changer, ce qui souvent implique un saut dans l'inconnu de la vie tout aussi anxiogène, mais c'est une peur dans l'action, positive.

Y avait une histoire comme ça d'un astronaute (réelle ou pas peu importe) qui devenait dingue à cause d'un bruit métallique répétitif dans sa capsule dont il était prisonnier, et on lui a dit "apprend à aimer ce bruit", de la même manière j'ai donc adopté une règle de vie librement inspirée d'Archimedes : "Eurêka j'ai paniqué !"
Je suis totalement d'accord ; avec un peu moins de bouteille, certes (je suis loin des 20 ans de recul), mais depuis que j'ai décidé de voir mes crises d'anxiété comme un signe, un outil, elles me sont beaucoup moins handicapantes. Elles restent paralysantes, mais... disons que plutôt que de me dire "tout est fini", je vais me dire "bon, ça ne va pas, je me repose et j'analyse(rai)". J'accepte l'inaction le temps de l'anxiété, et profite des petits moments lumineux pour y réfléchir, ça en devient même ludique parfois ! (Si si...)

Ça peut durer 15min, 1h voire des jours ou des semaines ; j'accueille le moment de panique/dépression/anxiété et le laisse faire son chemin, il n'est pas là pour rien et a finalement beaucoup à m'apprendre.

(Je ne dis pas que c'est facile, très loin de là. Il y a de longs moments dont on pense ne jamais sortir, où l'on souhaiterait mourir, où tout recul est impossible ; j'essaie de tout faire pour l'accepter et "vivre avec le temps de")

Je te souhaite en tout cas de trouver tes solutions, celles qui t'aideront à aller de l'avant avec tout ça. Et courage. :)

Oui, je suis absolument d'accord avec vous. L'anxiété est un indicateur, c'est vrai. J'avais tellement l'habitude de vivre avec depuis toute petite que je n'ai pas été capable d'écouter les signaux. Je pensais que c'était normal vu que je n'ai jamais vécu sans stress. J'ai toujours au moins subi les agressions de ma mère qui me provoquaient un degré "minimum" (mais en réalité déjà beaucoup trop élevé) de stress avec lequel j'étais contrainte de vivre. Aujourd'hui, même si l'anxiété a atteint un stade très problématique, enfin, je l'écoute. Il a vraiment fallu qu'elle hurle mais elle a réussi à se faire entendre. Aujourd'hui, je n'ai pas le recul, mais vos messages me donnent de l'espoir, et je suis sûre que je saurai en tirer du positif à l'avenir. Ca sera l'opportunité pour moi de me tenir plus à l'écoute de moi-même, ce qui n'est pas chose aisée quand on ne connaît pas ses limites et qu'on a toujours été habitué à trop supporter.
En tout cas merci pour vos messages.

Louise a écrit :
jeu. 22 mars 2018 12:28
Je peux me joindre aux récits.
Si ce trouble n'a pas été officiellement diagnostiqué, je n'ai personnellement aucun doute sur le fait que c'est ça que j'ai traversé.
La première crise de panique de ma vie a eu lieu lors de mon premier mois de chômage, à 20 ans. J'ai cru mourir au milieu de la rue.
S'en sont suivis 6 mois-un an de plongée dans les phobies et angoisses diverses : claustrophobie, agoraphobie, hypocondrie, somatisation perpétuelle (j'ai du passer 4 mois non stop sous antibios...). Je ne prenais plus les transports en commun, ne conduisais plus, n'allais plus au supermarché, et ne sortais de chez moi qu'en ayant préparé un parcours avec des pharmacies sur le trajet de "au cas où je tombais dans les pommes". Je ne pouvais plus rester seule. Sans parler des courbatures dues aux muscles contractés, des maux de tête, des extrasystoles, le petit cortège... Je n'ai pas vécu pendant cette période. J'étais une boule de stress repliée sur son angoisse.
Louise, ton récit ressemble en tout point à ce que je vis. Les contractures, les extrasystoles, les maux de tête, je connais bien. Et l'hypocondrie est ce qui est le plus ancré et le plus difficile à vivre pour moi. J'ai lu ton témoignage avec attention, et en effet, je pense qu'il me serait utile aussi de ne pas trop m'en demander pour l'instant. Comme tu dis, ne pas aller à un concert, ce n'est pas grave. Je réalise que je me mets trop la pression pour aller mieux le plus vite possible, c'est le cercle vicieux de l'angoisse. Je dois apprendre à me montrer plus bienveillante envers moi-même. Merci

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Re: Le trouble anxieux généralisé

Message par Daenerys » dim. 25 mars 2018 17:57

Bonjour,

Depuis plusieurs mois j'ai des sensations du type tête qui tourne / dans le coton, quasiment tous les jours surtout l'après-midi, ainsi que des palpitations du cœur au moment du coucher, et un ventre gonflé. Les médecins ont d'abord pensé à une carence (je suis quasi vegan) ou au SOPC (syndrôme des ovaires polykystiques) mais tous mes résultats sanguins sont bons. J'ai lu que ces symptômes pouvaient indiquer un TAG... Qu'en pensez-vous? Quels sont vos symptômes physiques, si vous en avez?

Merci pour votre aide!

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Re: Le trouble anxieux généralisé

Message par madeleine » dim. 25 mars 2018 21:09

Le sujet de l'anxiété avait fait l'objet d'une discussion où glaner des informations et des ressentis : viewtopic.php?f=53&t=3481&hilit=l%27anxiété
le chemin est long et la pente est rude, oui, mais le mieux, c'est le chemin, parce que l'arrivée, c'est la même pour tout le monde... Aooouuuh yeaah...
avec l'aimable autorisation de P.Kirool

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Re: Le trouble anxieux généralisé

Message par soazic » dim. 25 mars 2018 21:28

Merci Madeleine, je viens du coup de survoler le topic en question et vais me le mettre sur l'oreille pour y revenir plu tard.
Anxiété ici aussi, durant la scolarité c'était difficile à gérer mais on n'en parlait pas donc je l'ai subie. La spasmophilie a été nommée à un moment, j'ai souvenir de cures de magnesium. Après je n'ai pas dévéloppé de phobies mais je pense que tout ce qui me permettait de focaliser sur autre chose était le bienvenu ainsi qu'un évitement pour certaines situations, et j'ai connu les premiers traitements à ma majorité. Aujourd'hui après un long parcours thérapeutique pour d'autres choses, je constate que l'anxiété est toujours là, moins forte certes mais j'ai vraiment un pb avec certaines situations et certains espaces clos et prises de paroles, je fais de la cohérence cardiaque ou me pose en observatrice pour m'extraire de la situation. Je ne connais pas la cause, le jugement des autres n'en ai pas une car mon estime perso est déjà basse, donc mystère.

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Re: Le trouble anxieux généralisé

Message par Marquise de Cerfeuil » lun. 26 mars 2018 08:46

Daenerys a écrit :
dim. 25 mars 2018 17:57
Bonjour,

Depuis plusieurs mois j'ai des sensations du type tête qui tourne / dans le coton, quasiment tous les jours surtout l'après-midi, ainsi que des palpitations du cœur au moment du coucher, et un ventre gonflé. Les médecins ont d'abord pensé à une carence (je suis quasi vegan) ou au SOPC (syndrôme des ovaires polykystiques) mais tous mes résultats sanguins sont bons. J'ai lu que ces symptômes pouvaient indiquer un TAG... Qu'en pensez-vous? Quelles sont vos symptômes physiques, si vous en avez?

Merci pour votre aide!
Si tu as des doutes et que tu te sens anxieuse, tu devrais consulter un psychologue ou un psychiatre. Les diagnostics sont longs à poser, impossible de le faire par internet par des non professionnels. Le TAG n'est pas que des symptomes physiques et les symptomes que tu décris sont trop généraux

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Re: Le trouble anxieux généralisé

Message par BarbieTuriq » mer. 25 avr. 2018 12:01

Bonjour Marquise de Cerfeuil,

Un psychiatre m'avait diagnostiqué un TAG et une anxiété sociale (il m'arrivait de ne plus "pouvoir" sortir de chez moi, voire de ma chambre).
Ce qui m'a le plus aidée est de rencontrer mon compagnon et un antidépresseur (IRSNa).

Cet antidépresseur me met en quelque sorte sous un état de "stress positif" permanent (effet de la noradrénaline), qui m'a au début poussé à agir malgré la peur. Le premier coup de pédale est le plus difficile, puis j'ai accueilli plus facilement les aléas de la vie parce que j'ai pris confiance en ma capacité à agir. Bien ou mal, là n'est pas la question : agir est toujours salvateur.
Ceci m'a permis d'affronter mes peurs et donc de les relativiser - plus je m'en rapproche et plus elles rétrécissent. Il suffit de mettre le doigt dessus pour les anéantir.
L'anxiété est toujours là en toile de fond, mais elle ne me tétanise plus. Quand elle s'exacerbe, c'est un signal que quelque chose me stresse, et si je suis suffisamment à l'écoute, je peux comprendre ce qui ne va pas et donc chercher des solutions.

C'est là que mon super Namoureux entre en jeu : il écoute sans jamais juger, propose des solutions (ou pas, si je n'en veux pas), et m'aide à comprendre et relativiser. Y a-t-il quelqu'un dans ton entourage qui peut t'apporter un soutien émotionnel, affectif, et une écoute active ? Si oui, je te conseille d'"oser" en profiter (faire du bien à quelqu'un est valorisant, c'est du donnant-donnant), si non, il reste toujours possible de trouver tout ceci auprès de différentes personnes. Un psychiatre ou psychologue doit normalement maîtriser cette écoute active, ce que la famille et les amis ne savent pas toujours faire.

Sur moi, j'ai aussi constaté que soigner mon alimentation et faire du sport de temps en temps (un p'tit footing de 20-30 minutes suffit) avait un réel effet bénéfique.

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Re: Le trouble anxieux généralisé

Message par Marquise de Cerfeuil » jeu. 26 avr. 2018 15:27

Bonjour ! Et merci pour ton partage d'expérience !
Depuis quelques semaines maintenant, je vais beaucoup mieux. Je suis sortie de mon état depressif et depuis, chaque jour est un pas de plus vers le mieux être. Le travail que je fais avec ma psy TCC porte ses fruits ! J'ai repris goût aux activités, l'anxiété est toujours là mais j'ai beaucoup d'espoir car elle se pointe de moins en moins (surtout le soir et maintenant je sais qu'apres une bonne nuit de sommeil, tout va mieux). Le cercle virtueux est enclenché. J'ai également rejoint un groupe de parole pour personnes souffrant de troubles anxieux, et cela m'aide beaucoup. Mon compagnon me soutient beaucoup, sans que je lui fasse peser une trop grande charge sur les épaules, et c'est vrai que ça aide aussi pas mal.
Je continue ma thérapie, au programme bientôt, quelques séances d'EMDR pour atténuer l'impact causé par les traumatismes vécus enfant. Je suis confiante, je continue et je persévère :)
Prochaine grande étape: la reprise du travail en septembre. J'ai demandé un aménagement sur les conseils de mon médecin.
Je revis !
À très bientôt

Détrash

Re: Le trouble anxieux généralisé

Message par Détrash » jeu. 26 avr. 2018 17:38

Moi j'ai toujours été anxieuse, à coup de crampes d'estomac, crises de panique, sursauts exagérés pour un oui pour un non.
Le pire c'est quand j'étais étudiante. Les maux s'accumulaient et je n'avais pas la moindre idée de tous les traumatismes que j'avais alors, donc je ne cherchais pas plus loin que "j'ai toujours été comme ça".
De plus mon médecin de l'époque me refilait sans cesse des cachets qui ne me calmaient que temporairement biensur. Le premier "calmant" efficace que j'avais trouvé à l'époque était le sport. Il n'y en avais pas un en particulier, je faisais tout ce qui me passait par la tête, du moment que ça m'épuisait, je fonçais.
J'ai toujours eu une vie plutôt saine bien que très mélancolique, pourtant ça m'arrivait souvent d'être épuisée et de ne pas fermée l'oeil de la nuit. Il y a même des années où je ne savais plus ce que c'était que dormir sans imaginer toutes sortes de scénarios tous plus horribles les uns que les autres. Sueurs froides à répétitions quoi. Bah tout ça a mené directement à la dépression...
C'est bizarre à dire mais avoir fait une dépression m'aura obligé à faire face à certaines choses car c'est vrai qu'on ne peut pas feindre l'ignorance indéfiniment.
Je suis encore anxieuse, mais ce n'est quand même plus pareil vu que même les jours de grosse rechute, je sais à peu près le pourquoi du comment et ça aide à relativiser et à se rappeler de l'instant présent.

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Re: Le trouble anxieux généralisé

Message par Marquise de Cerfeuil » lun. 30 avr. 2018 08:56

Detrash, Ton récit ressemble beaucoup à ce que j'ai vécu. Toujours anxieuse, et j'ai cumulé jusqu'à ce que je fasse une dépression aussi et que mon anxiété se généralise.
J'ai eu un weekend horrible, grosse rechute, avec crise de panique en plein milieu d'un parc. J'essaie de le prendre avec philosophie, je suis certainement fatiguée et j'ai dû trop faire de choses depuis que je vais mieux. Du coup c'est repos. C'est difficile de trouver un equilibre en attendant d'aller mieux

Détrash

Re: Le trouble anxieux généralisé

Message par Détrash » lun. 30 avr. 2018 20:10

Marquise de Cerfeuil a écrit :
lun. 30 avr. 2018 08:56
Detrash, Ton récit ressemble beaucoup à ce que j'ai vécu. Toujours anxieuse, et j'ai cumulé jusqu'à ce que je fasse une dépression aussi et que mon anxiété se généralise.
J'ai eu un weekend horrible, grosse rechute, avec crise de panique en plein milieu d'un parc. J'essaie de le prendre avec philosophie, je suis certainement fatiguée et j'ai dû trop faire de choses depuis que je vais mieux. Du coup c'est repos. C'est difficile de trouver un equilibre en attendant d'aller mieux
Ah oui, on se sent seul, pis on se rend compte que malheureusement ce qui nous est arrivé n'est pas si rare. D'un autre côté, ça aide aussi à déculpabiliser.
C'est bien que tu le prenne avec philosophie. Il arrivera un moment où tous ces efforts finiront par porter leurs fruits.
Je t'encourage vivement à persévérer, moi ça s'est beaucoup amélioré.
:ensoleillé:

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Louise
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Re: Le trouble anxieux généralisé

Message par Louise » mar. 1 mai 2018 11:36

Le processus n'est pas linéaire. Des fois je fais le parallèle avec les anciens alcooliques, on n'est jamais totalement "guéri", on circonscrit et on sait comment éviter/gérer/replacer une rechute dans son contexte. On va de plus en plus souvent et de plus en plus longtemps mieux, et les stratégies pour couper l'herbe sous le pied à la crise d'angoisse qui démarre sont de plus en plus efficaces.

Détrash

Re: Le trouble anxieux généralisé

Message par Détrash » mar. 1 mai 2018 18:12

Louise a écrit :
mar. 1 mai 2018 11:36
Le processus n'est pas linéaire. Des fois je fais le parallèle avec les anciens alcooliques, on n'est jamais totalement "guéri", on circonscrit et on sait comment éviter/gérer/replacer une rechute dans son contexte. On va de plus en plus souvent et de plus en plus longtemps mieux, et les stratégies pour couper l'herbe sous le pied à la crise d'angoisse qui démarre sont de plus en plus efficaces.
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Pascalita
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Re: Le trouble anxieux généralisé

Message par Pascalita » jeu. 27 déc. 2018 23:10

Je voudrais aussi apporter un témoignage (redondant sur bien des points, mais un témoignage de plus pour dire qu'on peut sortir du cercle vicieux, je pense que c'est bon à prendre).

Ce dont j'ai fait l'expérience (il y a plus de vingt ans maintenant) se rapproche beaucoup de ce que vous décrivez, et en particulier de ce qu'écrit Louise (ç'en est troublant), notamment dans l'étude de l'emplacement des pharmacies de mon quartier mais aussi pour la conduite, les supermarchés, la peur de rester seule et en même temps la peur d'avoir un malaise devant les autres...

Pour moi non plus, ça n'a pas été diagnostiqué au début (je vois mal comment ça l'aurait été, vu que je n'ai consulté aucun médecin ni psy), et ça m'a menée (avec un ou deux autres trucs pas glop) à un effondrement total.

Plusieurs années très difficiles... J'ai arrêté mes études et ai... disons "hiberné" pendant six mois, puis je me suis un peu secouée et ai trouvé un travail... que j'ai failli lâcher peu après mais auquel je me suis finalement tenue - et qui m'a tenue - du bout des doigts (et avec l'aide très précieuse d'un ami). Mais le tout avait eu le temps de faire beaucoup de dégât.

J'étais toutefois revenue en-dessous du stade le plus critique, c'est-à-dire à "seulement" de l'agoraphobie, mais avec une anxiété extrême, des crises d'angoisse et un évitement de plus en plus important de toutes les situations anxiogènes. C'était très handicapant, et pour tout dire, limite - une fois de plus.

J'ai suivi le conseil de mon ami et suis allée voir une psychiatre, qui m'a proposé soit un traitement médicamenteux, soit une TCC (au choix) en me précisant que les deux étaient efficaces. (Au passage je me suis rendu compte moi aussi, que non, je n'étais pas folle. Rien que ça, ça fait un bien fou.)

J'ai choisi la TCC, je ne voulais pas de médicaments. Techniques respiratoires, liste des situations anxiogènes et exposition progressive auxdites situations, rendez-vous réguliers pour faire le point (je ne suis plus très sûre de la fréquence, je pense que c'était une fois par semaine au début, puis ça s'est espacé au fil de mes progrès).
Ça a marché - bien mieux que je n'aurais pensé et bien plus vite. Avec presque un sentiment de toute-puissance quand j'ai constaté que je supportais finalement les situations dans lesquelles auparavant je m'enfuyais honteusement.

En trois mois, j'allais partout où il fallait que j'aille.
Ensuite, très vite, j'ai pu aller partout où j'avais envie d'aller. Et ça, c'est juste fantastique. L'impression de revivre, effectivement.

Et ça n'est plus jamais revenu. J'ai eu une autre phobie contre laquelle j'ai dû m'employer (celle de l'avion, bizarrement, pour moi aussi...) mais l'agoraphobie et les crises de panique, plus jamais. L'anxiété non plus. Et je sais que ça ne reviendra jamais. Je ne sais pas comment je le sais ni pourquoi, mais j'en suis intimement persuadée.

La seule chose qui reste pour moi aussi (décidément !), c'est l'impossibilité de monter sur un manège, pour les mêmes raisons que Louise...

Sinon, vingt ans après, ça donne ça (viewtopic.php?f=78&t=7720&p=284873#p284873).

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Re: Le trouble anxieux généralisé

Message par Bulle d'o » ven. 28 déc. 2018 00:05

je lis avec un parfait enthousiasme vos échanges et suis surprise d'un chose. Il me semble bien que l'on m'ait indiqué avoir un trouble anxieux généralisé (mon fils aussi, ca c'est certain, pauv' loulou) après m'avoir indiqué plusieurs fois des troubles anxieux réactionnels (dans le cadre du boulot, et justifiés largement à l'époque par les traumatismes causés).

Mais je n'ai jamais vécu profondément ce que vous indiquez soit un "blocage total".

Mais je me suis faite suivre pour une phobie, autre que sociale (encore que...) et j'ai appris à dire "stop!" à voix haute pour ne pas rentrer dans des cercles vicieux d'envahissement du sommeil, notamment (mais je peux encore ponctuellement en avoir besoin en plein jour). J'ai changé ma vie très régulièrement, ce qui fait que j'ai été beaucoup taxée "d'instable" mais j'ai appris à argumenter avec cela. PAS INSTABLE - CURIEUSE - PAS PERDUE - A PART, à la limite. Et j'ai été définitivement traumatisée par ma mère qui refusait de vivre une quelconque émotion négative, sans lexomil, et qui s'ingurgitait ces petits cachés en quart, sans suivi thérapeutique aucun, ni réellement médical, ce qui fait que j'ai eu de la défiance très jeune à l'égard de ces produits (certainement à tort, hein).

Du coup, ça m'a valu des nuits parfois courtes, des effondrements sous ma couette rose, des pleurs, des cris, des scénarios catastrophes à ne plus pouvoir en sortir, des ignorances de mon entourage pour "troubles de la comédie", des vomissements réguliers et j'ai presque failli développé un ulcère (et là, j'ai eu un super médecin) ... Mais je n'ai pas vécu d'arrêt réel ni de mes projets, ni de mes emplois, ni de mon quotidien.

Du coup, je me demande si la thérapeutique a eu des effets préventifs concernant ce TAG ou si finalement, ca n'en est pas, simplement. Ou une forme soft. Ou encore, est ce que ca peut être variable, soit des périodes avec et après des périodes sans?

Ce que j'ai de façon assurée est une anticipation permanente de ce qui pourrait aller mal et des sursauts pour tout et pour rien (auditif ou ombre), ce qui fait beaucoup rire de monde et qui moi, m'énerve de moi même et des autres qui "jouent encore avec ça".

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Re: Le trouble anxieux généralisé

Message par Pascalita » ven. 28 déc. 2018 10:23

Il ne me paraît pas impossible que la thérapie t'ait aidée à contenir l'angoisse, ou encore que tu l'aies apprivoisée petit à petit, et qu'elle n'ait donc jamais atteint un niveau de blocage total.

Pour ma part, le processus a été inverse. Je ne m'étais jamais perçue comme une personne anxieuse, bien au contraire. (La question suivante serait "Peut-on être anxieux inconsciemment ?" - je ne sais pas... peut-être bien.)
L'anxiété est arrivée après les crises de panique, a été provoquée par elles, et je suppose donc qu'elle ne rentre pas exactement dans la définition du TAG d'après le lien donné par la marquise dans le premier message, et notamment sur ce point :

"L’anxiété quasi permanente
Le TAG se définit par la présence d’une anxiété quasi permanente ou flottante ne survenant pas dans une situation déterminée, la personne se faisant du souci et s’attendant à des malheurs divers.
Cette inquiétude et ces soucis envahissent l’esprit de la personne qui ne peut ni les contrôler ni se raisonner."

Mon anxiété était certes quasiment permanente mais focalisée sur une seule situation : la peur d'avoir un "malaise" (j'appelais ça comme ça) en public et loin de chez moi, qu'on me voie, qu'on me regarde, et de ne pas pouvoir m'enfuir rapidement pour me claustrer dans ma chambre. Comme ça pouvait arriver partout (et que ça arrivait effectivement peu à peu partout, c'est-à-dire même dans des situations qui au début n'étaient pas problématiques - c'est tout le charme du cercle vicieux), mon angoisse était de plus en plus étendue (et profonde) et de plus en plus handicapante.

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Re: Le trouble anxieux généralisé

Message par Excentrick » mer. 2 janv. 2019 13:49

Et bien, voilà un sujet qui ne peut que m'interpeller. Aussi, j'aimerais apporter mon humble pierre à cet édifice des angoisses ^^

Etant un éternel angoissé, et ceux depuis ma prime jeunesse, je ne peux que bien connaître la difficulté de gérer ces tempêtes émotionnelles qui bouillonnent en permanence. Les mains moitent (même en dehors d'une situation anxiogène). Les pensées qui palpitent. Le cœur qui s'emballe. D'où le fait qu'il existe effectivement ce genres d'angoisses diffuses et constantes. Oscillant en permanence d'une heure à l'autre, d'un jour à l'autre. Sans nécessairement provoquer de crises d'angoisse, elle est toujours en arrière-fond. Comme une bête tapie dans l'ombre qui parfois s'éveille et s'agite et rugit, tantôt s'endort. Se repose. Mais omniprésente. Toujours omniprésente. Dans ce cas, il s'agit bien évidemment de TAG. Contrairement à un sentiment d'angoisse isolé ne se présentant que dans un contexte bien précis (face à un objet craint, auquel cas il s'agira d'une phobie, ou d'un événement particulier comme un entretien d'embauche ou un examen, mais ici ce genre d'appréhension est « normale », c'est un stress positif). Mais comme tout cela à déjà été soulevé, je vais plutôt me borner à exposer quelques réflexions (tout à fait personnelles, celles-ci n'engagent que moi), au regard de mon vécu et de mon expérience.

Car, ayant l'avantage, d'être un naturel anxieux, j'ai aussi eu le privilège (si tant est qu'il en soit un), d'avoir pu expérimenter les périodes d'angoisses mais aussi les phases de rémission. Et les TCC peuvent effectivement être un bon outil sans pour autant être la seule solution. En tout cas, je ne les ai jamais vu que comme un « outil ». Cela à d'ailleurs été évoqué dans les commentaires plus haut. Je pense également qu'il est parfois nécessaire de s'attaquer au problème de fond. Dans mon cas, à chaque fois que je suis passé par une période d'accalmie c'est toujours parce que j'avais accompli un « acte de libération » par rapport à une problématique bien précise.

L'exemple le plus flagrant fut lors de mon passage du collège au lycée. Car nous ne pouvons pas dire qu'au collège je débordais de joie de vivre. Harcèlement scolaire, phobie scolaire, et j'en passe, m'abattaient quotidiennement au point de m'envahir d'un stress permanent. Toujours crispé. Toujours sur la défensive. Toujours sur le qui-vive. Au point que c'en est devenu un « mode de vie ». Je ne me rendais même plus compte du caractère anormale de la chose. D'ailleurs, plus qu'une boule au ventre, il m'arrivait de vomir le matin, tant j'étais rongé par l'angoisse et le stress. Quatre ans. C'est long quatre ans...:(

Puis je suis entré au lycée. Abandonnant l'environnement toxique du collège, j'ai pris sur moi. Etouffer le cercle vicieux du harcèlement scolaire dans l'oeuf. L'occasion de redémarrer une nouvelle vie (puisque tout semblait être sur le point de recommencer, et ce dès le premier jour). Mes camarades de classe eurent la brillante idée de m'affubler du doux surnom de « Roméo ». Ironique bien évidemment. Histoire de me rappeler que je suis pas une gravure de mode... Après trois jours, j'ai dit « non, hors de question que je retombe là-dedans »... Aussi, dans la mesure où j'abhorre la violence physique, je m'en sortirais avec la force de l'esprit. « Vous n'arrêtez pas, je vous jette un sort ! ». Attaque simple mais efficace. La raison se trouve dans ; premier point : lycée de banlieue. Deuxième point : la majorité des élèves sont originaires du moyen-orient (donc une culture où la croyance en la magie noire est très ancrée). Je ne souhaitait pas que l'on me craigne. Ni que l'on m'admire. Je voulais juste qu'on me laisse tranquille. Et bien croyez-le ou non, le respect s'est imposé de lui-même. Pourtant, ce n'était pas gagné. La frontière entre eux et moi était une véritable crevasse. Eux et leurs : « Tu l'as bouillave ? » « Wallah, sur l'Coran d'la Mecque » et moi avec mes « Nonobstant, nous pourrions spéculer qu'au regard des propos que tint Descartes en son temps,... ». Et bien malgré cela, ce furent les deux plus belles années de ma vie :'(

En m'affirmant j'ai construit un environnement plus vivable. Mon esprit et mon corps se sont relâchés. J'étais plus serein. Joyeux. Sifflotant même, en allant en cours. Malheureusement, on ne se refait pas. C'est la raison pour laquelle je gardais toujours quelques inquiétudes (peur d'être en retard, peur de ne pas avoir correctement fermé la porte à clé, etc..), mais avec une intensité si moindre qu'affronter ces peurs, à ce stade, devenait presque un jeu. Percevoir nos limites. Voir jusqu'où nous pouvons les dépasser. Finir par mieux se comprendre et enfin s'accepter. N'est-ce pas ce qui a de plus amusant et instructif ? Je répondrais que « si » ^^

Puis, plus tard, je suis retombé. Puis tombé encore plus bas. Avant de tomber encore. Je me demande d'ailleurs quel AD ou anxio, je n'ai pas encore testé. Puis je suis remonter ; arrêté AD et anxio... Pour retomber encore. Là j'attends de remonter à nouveau, mais ça,... C'est une autre histoire ;)

Donc, oui. Il est possible de se sortir de ces Ténèbres tout comme il est possible d'y re-sombrer. Ne nous le cachons pas. Parce que cette bête, ce dragon (si bien décrit dans les anciens « textes »), lui, ne meurs jamais. Il reviendra toujours. Le combat ne s'arrête jamais. Oui, il a un instinct de survie, ce dragon. Il va se défendre. Et il revient, plus belliqueux. Plus fort à chaque fois... Son attaque est violente, son souffle sulfureux, mais la lutte mérite d'être conduite, car à « vaincre sans péril, l'on triomphe sans gloire ». C'est l'opportunité qu'il nous donne : devenir des héros, mes amis. Des héros, vous dis-je ! A l'instar de Jason et sa quête de la Toison d'or. D'Hercule et l'Hydre de Lerne. Nous pouvons aussi citer « Le conte des deux frères » (des Frères Gimm et reprit d'un ancien conte égyptien) dans lequel la lutte avec le dragon est terrible au point que la princesse s'en évanouit. Bref, autant de combats dans lequel il est rapporté la pénibilité de la tâche.

Mais, je pense aussi que le tout est de ne pas prendre cela trop au sérieux. Un peu comme l'enfant qui, parce qu'il a peur du noir, descendra lui-même à la cave pour trouver en lui les ressources nécessaires pour affronter l'inconnu. Jusqu'à ce qu'il se rende compte qu'il n'y a rien à craindre... Et surtout pas de l'obscurité. Et nous tous, adultes que nous sommes, avons déjà emprunté ce chemin, enfant. Pourquoi les choses seraient différentes aujourd'hui ? Elles prennent peut-être une autre forme mais au final, tout ça... Ce ne sont que des « peurs » ;)

Alors, prends ton épée, jeune guerrier(e). Aux armes ! Et que force et courage guide tes pas.

Après, je pourrais digresser bien plus et approfondir le sujet d'avantage, mais nous partirions trop loin. Sans compter que la problématique autant que la solution doit, à mon sens, être prise au cas par cas. Aussi je crois que je vais m'arrêter là pour aujourd'hui ^^
"Que vois-je ici ?
Qui peut entrer ainsi
Dans mon laboratoire ?
A moi, mon vieux grimoire !"

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Re: Le trouble anxieux généralisé

Message par PointBlanc » mer. 2 janv. 2019 15:53

C'est un vrai soulagement de lire ce fil. Je ne sais pas si c'est bien ce qui me poursuit depuis de très longues années (sans que je consulte pour ça, par honte ou par peur que ce soit autre chose) mais ça expliquerait beaucoup des symptômes divers que je peux expérimenter.

La bonne nouvelle du jour, c'est que manifestement on peut vivre très longtemps dans un état d'anxiété chronique. Pas toujours très bien, mais longtemps.
Vous qui vivez qu'avez-vous fait de ces fortunes ?

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Re: Le trouble anxieux généralisé

Message par dani » jeu. 3 janv. 2019 17:18

PointBlanc a écrit :
mer. 2 janv. 2019 15:53
La bonne nouvelle du jour, c'est que manifestement on peut vivre très longtemps dans un état d'anxiété chronique. Pas toujours très bien, mais longtemps.
Point Blanc, je m'incline devant tant d'humour noir.... que d'émotion pourtant à te lire, à vous lire.

Anxieux ET brillants, ça vous fait beaucoup à gérer en effet.

J'ai vu l'EMDR faire des miracles (et je n'exagère pas, la situation d'un proche lui avait généré un stress post traumatique élevé). Est-ce adapté à l'anxiété généralisée ? je ne sais pas. Pour ma part j'ai attaqué mes peurs avec l'EFT (technique de tapotage sur des points précis du visage et du corps). ça marche pas trop mal. Huit ans cette année que j'arrive à vivre autrement que dans une peur continue et incessante absorbant toutes mes pensées, toute mon énergie.

ça a été, c'est toujours du boulot, rien de miraculeux, il faut traquer tous les fils de la dense pelote des émotions douloureuses. Mais les trêves sont de plus en plus longues, et j'avais presque oublié cet état de peur incessante et violente qui revient dès que je ne gère pas à la perfection une nouvelle situation. Et ce qui me terrifie c'est que si je panique dans des situations inconnues, ce n'est même pas qu'elle sont complexes (ça, ça me faciliterait les choses, je serais plus sympa avec moi-même). Non, elles sont nouvelles mais somme toute très très banales. Mais je vois les autres s'en sortir mieux et plus vite que moi, alors mon esprit se paralyse et la descente aux enfers s'enclenche. Plus un mot, plus un geste adéquat. Je sais alors que cette fois ma nullité se verra au grand jour, que mon imposture est démasquée et que je ne m'en remettrai jamais. Envie de disparaître à jamais (et ce n'est pas juste une métaphore).

Mais j'ai appris une nouvelle fois que je m'en remets toujours. Mais que c'est usant de gâcher des journées ainsi, je me déteste de me faire autant de mal. Vraiment. Je m'insupporte quand je suis ainsi, je me sens un cas désespéré qui survit au quotidien mais qui, au fond, est encore bien handicapé au moindre imprévu.

Ah, elle commence fort l'année 2019 ! Je vais passer à l'EMDR je crois (génial, le projet de l'année :P )
Rien ne vous emprisonne excepté vos pensées, rien ne vous limite excepté vos peurs, rien ne vous contrôle excepté vos croyances. (Marianne Williamson)

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Re: Le trouble anxieux généralisé

Message par madeleine » jeu. 3 janv. 2019 18:45

J'ai le même projet, à voir si ça se concrétise. ..
le chemin est long et la pente est rude, oui, mais le mieux, c'est le chemin, parce que l'arrivée, c'est la même pour tout le monde... Aooouuuh yeaah...
avec l'aimable autorisation de P.Kirool

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Re: Le trouble anxieux généralisé

Message par PointBlanc » ven. 4 janv. 2019 20:11

dani a écrit :
jeu. 3 janv. 2019 17:18
Anxieux ET brillants, ça vous fait beaucoup à gérer en effet.
On peut toujours se trouver un petit animal totem à la fois anxieux (du moins on dirait) et brillant.

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Vous qui vivez qu'avez-vous fait de ces fortunes ?

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