Reportage : le jeûne, une nouvelle thérapie ? Des résultats scientifiques

La partie consacrée à la Santé dans sa globalité. Principalement la psychologie, psychologie sociale, la psychiatrie, les troubles de l'humeur, de la personnalité, les handicaps, l'autisme...
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Adena
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Re: Reportage : le jeûne, une nouvelle thérapie ? Des résultats scientifiques

Message par Adena » sam. 3 mars 2018 10:23

Bonjour à tous !

Moi aussi, j'ai vu ce reportage il y a quelques années de ça maintenant et j'ai été assez bluffée. Suffisament pour avoir envie d'essayer moi-même et j'ai fait mes propres expériences de jeûnes de 24 à 36 heures, pour le fun, sans grands objectifs thérapeutiques et le résultat était à la hauteur de l'objectif, quasi nul (normal, quoi :huhu: ).

Mais le principe m'intéressait vraiment et j'ai pris le temps de creuser le sujet au plan théorique pour comprendre ce qui pouvait se passer dans un corps jeûnant et pourquoi c'était potentiellement thérapeutique (étant une grande migraineuse et sujette à toutes les maladies atopiques du monde, le topo me plaisait bien quand même et j'avais envie d'y voir une piste d'amélioration). J'ai donc épluché des traités de nutrition à l'usage des médecins (et non des bloggeurs new age). Autant vous dire que faire des recherches plus poussées m'a vite refroidie et je vais essayer d'expliquer pourquoi.

L'argument n°1 : Le jeûne, c'est détox (lol, nope) !

Déjà, j'aimerai bien, quand on me parle d'effet "detox" qu'on m'explique quelle toxine est ciblée exactement et par quelle moyen d'action elle est évacuée. Parce même le grand Thierry Casasnovas himself (vous savez, le grand prêtre du jeûne qui sévit sur la chaîne youtube Regenere.org et qui est fiché à la mivilude, l'observatoire des dérives sectaires ?) est infoutu de citer une seule vraie molécule incriminée. Ce sont les "toxines", c'est tout, deal with it.

Dans le métabolisme normal, le foie et les reins se chargent très bien d'évacuer les toxines liées à l'alimentation, en temps réel. S'ils sont saturés, alors les toxines seront le plus souvent stockées avec le gras (en mode on enterre les déchets nucléaires). Un jeûne n'a que peut d'intérêt à ce niveau là, au sens ou soit il est trop court pour que le foie et les reins aient fini leur boulot précédent, soit il est assez long et alors le corps commence à brûler du gras pour s'alimenter, libérant joyeusement du même coup tout un tas de toxines en dormance dont on se serait bien passé. Il aurait mieux valu les éliminer peu à peu en ayant un apport calorique raisonnable qui nous permette de brûler du gras sur la durée, sans mettre notre corps en détresse énergétique ET en saturation de toxine à éliminer en même temps...

D'ailleurs, parlons-en, du gras qu'on brûle pendant le jeûne. Parce que pour cette raison, un jeûne est en soi une intoxication à l'acétone. Le carburant de base de l'organisme, c'est le sucre, nos cellules brûlent du glucose et certains organes ne peuvent consommer que ça pour un fonctionnement optimal : c'est le cas du coeur et du cerveau, dont les besoins en sucre sont énormes. Privé de sucre, l'organisme va mettre en route un nouveau mode d'alimentation, imparfait mais nécessaire : Il va brûler des graisses pour produire des corps cétonés, nouveau carburant qui contrairement au glucose, ne brûle pas proprement mais produit un déchet, l'acétone, que l'on retrouve chez les jeûnants massivement concentré dans les poumons et les urines, et qui donne à leur haleine cette odeur douceâtre désagréable. Et ça, c'est pas très détox. D'ailleurs, une cétose prolongé peut amener à une détresse métabolique grave, l'acidocétose. Déconnez pas trop avec votre corps quand même, hein.

Argument 2 : le jeûne, ça soigne des trucs, le cancer, le rhume et même le psioriasis !

Là encore, on manque franchement de données expérimentales sérieuses sur le sujet. Rappelons quand même qu'en science, le témoignage direct ou indirect ou l'étude d'un cas unique est le PLUS FAIBLE NIVEAU DE PREUVE qui puisse exister. Qui dit que la méthode thérapeutique est meilleure que de ne rien faire (le fameux rhume qui guérit en 7 jours si on le traite, en une semaine si on ne fait rien), meilleure qu'un effet placebo ? Que la balance bénéfice/risque est en faveur du traitement ? Qu'il est plus efficace de façon significative qu'un autre traitement déjà existant et que cela ne constitue pas une perte de chance ou d’énergie pour le patient ? Quand on parle de santé publique, il faut des protocoles solides.
Je trouve que cette petite vidéo, intitulée de manière provocante "pourquoi je vais mieux avec une thérapie de merde" illustre assez bien ce propos en psychologie et est transposables aux autres champs de la thérapeutique : https://www.youtube.com/watch?v=r9UwT149d7Q
Le risque majeur de ce genre d'approche étant quand même de détourner le patient d'un parcours de soin classique sur la base de spéculations, parfois au risque de sa vie : comme pour les thérapies alternatives, dont le jeûne, qui augmente considérablement la mortalité dans de nombreux cancers.
Par ailleurs, encore une fois, priver son organisme des ressources dont il a besoin pour fonctionner normalement, même pour une courte période, alors qu'il est déjà affaibli, le mettre en situation de stress immunitaire (oui, c'est un effet du jeûne, qui explique un succès relatif sur certaines maladies auto-immunes), l'intoxiquer à l'acétone et puiser un peu plus chaque jour dans son propre stock de protéine de plus en plus vitales...bof.

Le tout est dans la mesure, un régime alimentaire sain, sur la durée, pauvre en viande et en laitage difficiles à digérer, en sucres raffinés, etc., du bon sens quoi, vaut bien mieux que tout les jeûnes du monde. D'ailleurs, j'ai réussit à conséidérablement diminuer la fréquence de mes migraines en supprimant quasiment les sucres rapides de mon alimentation. C'est une question d'équilibre nutritionnel, chacun à le sien et je ne pense pas que l'embargo total soit jamais la solution.

Cela reste mon opinion, forgé à la lumière de nombreuses lectures. Après, chacun fait ce qu'il veut avec son corps. Et ces principes n'abordent pas les aspects "spirituels" du jeûne que chacun vit à l'aune de ses croyances et besoins en la matière.
S'il y a autant de neurones dans un cerveau que d'étoiles dans la galaxie, on a pas fini d'avoir des idées brillantes !

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Message par Louise » sam. 3 mars 2018 10:39

Au sujet du détox, une BD du pharmachien sur le sujet m'avait particulièrement faite pouffer. (Une femme en moi kiffe la détox et la sensation de purifier son organisme, avec effet placebo évident, et une autre femme en moi regarde la première d'un air navré en secouant la tête)
http://lepharmachien.com/toxines/

Ahahaha, si! Le jeûne pourrait être à visée thérapeutique dans mon cas, parce que je suis une flippette de la bouffe. Je ne peux pas sauter un repas, j'ai l'impression d'être faible et que je vais mourir si je saute mon petit déj', autant dire que la perspective d'un jeûne me file des palpitations direct. Néanmoins cette relation à la bouffe étant pas loin du pathologique, passer par une période de "regarde, tu n'as pas mangé depuis 24h, et rien de gravissime ne se passe, ton organisme gère, on peut donc en déduire que tu peux sortir de chez toi sans risquer l'inanition" ne serait pas une connerie en soi pour apprendre à mon cerveau à ne pas paniquer en absence de nourriture.

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Re: Reportage : le jeûne, une nouvelle thérapie ? Des résultats scientifiques

Message par Grabote » sam. 3 mars 2018 10:56

ah oui, j'adore, "thérapie de merde" on sent vraiment bien le respect et la bienveillance.
L'essentiel est sans cesse menacé par l'insignifiant. René char

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Re: Reportage : le jeûne, une nouvelle thérapie ? Des résultats scientifiques

Message par Armie » sam. 3 mars 2018 11:32

Super sujet, qui donne l'occasion de s'interroger sur des questions fondamentales: une amélioration constatée suite à un traitement est-elle spécifique, durable, reproductible, et par quels mécanismes le traitement opère-t-il ?...

Je comprends Grabote que le titre "thérapie de merde", ça te choque, et c'est vrai que le terme n'appelle pas au respect et à l'échange bienveillant. Mais le fond de la vidéo reste très pertinent: si un traitement n'est pas plus efficace que l'effet placebo ou que l'amélioration spontanée, en quoi est-il un traitement? Et surtout, n'est-ce pas discutable éthiquement de le monétariser?...
Ce qui ne veut pas dire que l'effet placebo n'est pas puissant. Il l'est véritablement. Certaines personnes y sont plus réceptives que d'autres: dans ce cas, pourquoi se priver? Du coup, je comprends ceux qui prennent l'homéopathie parce que ça marche pour eux: mais il est plus sain cognitivement d'avoir conscience que c'est l'effet placebo qui nous soigne, et pas la mémoire de l'eau. Cela permet aussi de reconnaître les limites des traitements placebo, pour chercher de l'aide médicale plus musclée quand nécessaire.

Pour en revenir au jeûne, je l'ai beaucoup pratiqué dans ma jeûnesse. (désolée fallait que je la fasse, c'était fatal)
Pour moult raisons, et avec moult effets; je serai contente de vous faire un petit retour d'expérience tout à l'heure, le temps me manque à l'instant.

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Re: Reportage : le jeûne, une nouvelle thérapie ? Des résultats scientifiques

Message par W4x » sam. 3 mars 2018 11:49

Grabote a écrit :
sam. 3 mars 2018 10:13
8o comparer le jeûne à une prise d'opiacé ... c'est ... osé :lol:
Avec tout le respect que j'ai pour toi, W4x, comparer la complexité extraordinaire de notre corps à une locomotive ne me paraît pas pertinent pour comprendre son fonctionnement et les effets positifs ou pas de jeûner de temps en temps.
J'ai excessivement simplifié, me disant que parfois ça aide... ou pas ^^
Grabote a écrit : Par contre je pense qu'il peut être très bénéfique à petite dose en hygiène de vie quand on est bien portant, qu'on a envie de le rester et qu'on le fait de façon éclairée (= pas illuminé mais renseigné). ET qu'il l'est aussi dans le cas de certaines pathologies, pas pour guérir (on n'est jamais trop prudente) mais pour améliorer un état général, ou en soutient à certains traitements.
Ça change tout ;) Je n'ai jamais dit que l'expérience de ton amie était à jeter à la benne, mais on est bien d'accord que la question de cesser de s'alimenter ne doit être abordée à la légère :nod:

Pour la vidéo effectivement ils auraient pu choisir un autre titre... on va passer outre et voir le contenu.
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Re: Reportage : le jeûne, une nouvelle thérapie ? Des résultats scientifiques

Message par dani » sam. 3 mars 2018 15:39

@Adena : ton opinion est amenée de manière bien construite, merci, si tu nous trouves des références pour appuyer tes propos, ce serait cool. C'est un peu dommage que les publications scientifiques amenées plus haut ne changent rien à ton opinion, mais cela t'appartient.

Je ne comprends par contre pas très bien l'intérêt de ta vidéo : il parle de l'effet placebo de manière très générale. L'effet placebo est réel, c'est clair, et par ailleurs très intéressant. Il existe de toute façon, dans toute thérapie (allopathique ou non), c'est bien pour cette raison qu'il faut réaliser des études expérimentales randomisées : ceci permet de savoir si une approche est réellement plus efficace que son effet placebo. Dans son film, il explique donc un mécanisme (réel) et l'exploite pour alimenter son opinion personnelle sur les approches non médicamenteuses (toutes dans le même paquet, que ce soit l'homéopathie ou n'importe quelle autre approche complémentaire commme des pompons roses dans les oreilles :P ). Il ne cite AUCUNE source scientifique. Celles-ci existent pourtant, les essais cliniques sont de plus en plus nombreux, et révèlent que certaines approches non médicamenteuses sont efficaces, d'autres moins, et le défi est justement d'identifier lesquelles sont à utiliser, dans quel contexte clinique, quelle population, quelle pathologies etc...

C'est un peu ce que j'espérais avec ce fil sur le jeûne : mettre en lumière quand il est utile, quand il l'est moins ou pas du tout, quelles sont les pathologies qui y sont sensibles, quand le jeûne est il au contraire dangereux etc...

Là il me semble que l'on glisse dans une guerre des tranchées : le jeûne c'est bien ou c'est nul. Le sujet semble déchaîne des émotions très fortes (mise en quarantaine de mardi après-midi à hier soir pour juste.... pour déplacer le fil des "sciences" à "santé et psycho" c'est révélateur de quelque chose.... de quoi je n'en n'ai pas la moindre idée, mais ça semble éveiller quelque chose de très compliqué !).

C'est très étonnant pour moi de voir cette attitude : en Suisse, faire usage de médecines complémentaires est de plus en plus commun, 50% des hôpitaux suisses en utilisent une ou plusieurs. Même les hôpitaux universitaires s'y mettent. Et il les choisissent en se documentant, en n'adoptant que celles qui se révèlent efficaces sur le plan scientifique et pour certaines situations cliniques spécifiques. Comme pour les médics. Normal quoi. Alors je ne dis pas qu'il n'y a pas de résistances, mais comparativement à ici... c'est bien moins émotionnel :huhu: https://www.letemps.ch/suisse/medecines ... t-hopitaux

Donc moi je ne suis pas sûre d'avoir envie de continuer à faire des efforts de documentation scientifique quand je vois qu'une opinion personnelle sans sources scientifiques et avec une vidéo hors sujet suscite plus de "remerciements" que de la documentation scientifique.

Là c'est le WE, je vous laisse à vos opinions. Et pour ceux qui sont réellement intéressés par le sujet, j'ai trouvé sur youtube ce reportage de Arte sur le jeûne de 2017, qui va tout à fait dans le sens de celle de 2011 et des articles scientifiques.

Et si j'ai la motivation (mais là je l'ai perdue pour le moment), je ferai une fois un point solide sur les indications du jeûne, les contres indications, ses limites etc....

Et désolée pour le titre du documentaire, c'est exagéré, mais ce n'est pas moi qui l'ai choisi :P

https://www.youtube.com/watch?v=7x7OzHb6Bqo
Ever tried. Ever failed. No matter. Try again. Fail again. Fail better. Samuel Beckett

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Re: Reportage : le jeûne, une nouvelle thérapie ? Des résultats scientifiques

Message par TourneLune » sam. 3 mars 2018 16:06

Le fil a été mis en quarantaine non pour le fond du sujet mais parce que certaines réactions n'avaient rien à faire sur le forum ni vraiment à voir avec le sujet.
Pour les mp qui ne sont pas à caractère personnel, merci d'envoyer vos messages au groupe " modérateurs globaux", ce sera plus efficace ;)

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Re: Reportage : le jeûne, une nouvelle thérapie ? Des résultats scientifiques

Message par Louise » sam. 3 mars 2018 17:36

dani a écrit :
sam. 3 mars 2018 15:39
C'est un peu ce que j'espérais avec ce fil sur le jeûne : mettre en lumière quand il est utile, quand il l'est moins ou pas du tout, quelles sont les pathologies qui y sont sensibles, quand le jeûne est il au contraire dangereux etc...
C'est vachement ambitieux, ça :D. En fait, je pense (mais je n'ai pas creusé) que justement, il n'y a pas de consensus scientifique sur le sujet, faute de données, et que du coup, répondre à ces questions, c'est forcément aller vers du "moi je crois que" ou du "en l'état actuel des connaissances" + conditionnel. Après, des pistes, c'est déjà intéressant, hein.

(Pour être honnête moi dans ma tête le consensus actuel c'était plutôt pas bénéfique que bénéfique, mais encore une fois c'est purement intuitif, bourré de biais, le premier d'entre eux étant que la pratique me faisant naturellement fuir, je ne me suis absolument pas renseignée sur le sujet)
Je prendrai le temps d'aller explorer tes liens, que j'ai seulement survolés, mais à ce stade, plus que des études isolées (qui ouvrent des pistes, mais encore faut il estimer la crédibilité de l'équipe, l'impact factor du canard dans lequel elles ont publié, etc... parce que bon, sur le HP par exemple, on en voit passer des études dans des revues à comité de lecture, où il y aurait beaucoup beaucoup à redire niveau méthodo..., je dis pas que tout cela n'a pas de valeur, je dis simplement qu'il faudrait fouiller plus profond, et que ça prend du temps), est-ce qu'il faudrait pas aller à la pêche aux meta analyses, et à l'identification des équipes pointues sur le sujet?
"Fasting" sur medline amène 107 000 résultats, mais "fasting glucose" par exemple, veut dire taux de glucose à jeun, et là j'en ai une tripotée. Va falloir jouer de l'opérateur booléen.

Réflexion personnelle qui n'engage que moi et tout le monde est bien libre de penser autrement (je précise en éditant parce que je suis pas sûre que ce soit clair, vu le message qui a suivi, moi j'appelle à rien chez personne :D) : Ne pas manger, c'est quand même une activité qui amène au décès des individus. (en ce moment je suis un cours sur le vieillissement, et c'est amusant parce que des chercheurs se sont posés cette même question : pourquoi on vieillit, puisque d'un point de vue survie, force est de constater que vieillir amène au décès? pourquoi donc la Nature nous fait-elle vieillir? Eh bien je vous promets que les différentes théories sont surprenantes)
Les stratégies visant à ne pas manger pendant certaines périodes utilisées par d'autres animaux, hibernation par exemple, sont des stratégies de survie dans un environnement hostile. Alors il me paraîtrait logique et intuitif que chez un homme normal et en bonne santé, le jeûne dérègle plus qu'il ne règle quelquechose. En revanche, il me paraîtrait tout aussi logique et probable que dans des cas particuliers, ces mécanismes exceptionnels puissent être utiles, d'ailleurs de ce que je viens de lire cet aprèsm certaines pistes visent à fabriquer des médicaments qui reproduiraient les effets du jeûne... sans le jeûne et ses potentiels effets affaiblissants.

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Re: Reportage : le jeûne, une nouvelle thérapie ? Des résultats scientifiques

Message par Za » sam. 3 mars 2018 18:33

Louise, attention quand même à l'appel au bon sens :)
En soi, faire du sport semble totalement absurde si on pense en termes de survie. Pourtant, dans les conditions où nous vivons, c'est bénéfique et même souhaitable. Donc pourquoi pas le jeûne ?

J'ai un point de vue assez proche du tien (et d'autres) sur ce sujet d'ailleurs, jusque là, mais justement c'est intéressant d'entendre d'autres sons de cloches. Et aussi : quand on a déjà un avis sur quelque chose, c'est là qu'il faut lire et écouter avec attention les infos contraires, et aussi garder un recul critique sur celles qui abondent dans notre sens.

Puisqu'il n'y a même pas encore de consensus scientifique dans le domaine, il me semble évident que ce sujet n'a pas vocation à y aboutir. On peut par contre partager et discuter études plus ou moins larges, anecdotes et témoignages, en les prenant pour ce qu'ils sont.
Même s'il est bon de rappeler les éventuels biais, ce serait bien que ça ne devienne pas le sujet majeur de la discussion, qui est autre.
J'ai mis mon képi dans la cage
et je suis sorti avec l'oiseau sur la tête...
J. Prévert

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Re: Reportage : le jeûne, une nouvelle thérapie ? Des résultats scientifiques

Message par TourneLune » sam. 3 mars 2018 18:37

Parce que le jeûne est extrême et qu'on ne parle pas de manger léger mais bien de cesser de manger ce qui équivaudrait, en terme de comparaison sport/survie, pratiquer un sport jusqu'à épuisement... et encore la comparaison est fortement limitée....
Pour les mp qui ne sont pas à caractère personnel, merci d'envoyer vos messages au groupe " modérateurs globaux", ce sera plus efficace ;)

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Re: Reportage : le jeûne, une nouvelle thérapie ? Des résultats scientifiques

Message par O'Rêve » sam. 3 mars 2018 19:26

Les stratégies visant à ne pas manger pendant certaines périodes utilisées par d'autres animaux, hibernation par exemple, sont des stratégies de survie dans un environnement hostile. Alors il me paraîtrait logique et intuitif que chez un homme normal et en bonne santé, le jeûne dérègle plus qu'il ne règle quelquechose
J’ai connaissance d’études chez les animaux (datant un peu…1988) dans un cas très précis (lors de fièvre provoquée, mimant un épisode inflammatoire aigu).
Chez les animaux, l’hypophagie (baisse d’appétit et de prise alimentaire) lors de fièvre a pu être interprétée comme un moyen de réduire l’ingestion de certains nutriments (fer, zinc) nécessaires à la croissance de certains microorganismes (bactéries…) (ex : HART B.L. Biological Basis of the Behavior of Sick Animals)

Ces recherches se sont inscrites dans des travaux plus larges autour de la fièvre, qui essayaient de démontrer que la fièvre facilitait la lutte contre les infections chez l’homme ou chez l’animal. Elles ont conduit au développement de perspectives montrant que les modifications comportementales, comme l’hypophagie accompagnant la fièvre d’un individu malade pourraient correspondre à une stratégie de l’organisme pour combattre la maladie.

Dans ce cas, on ne parle pas précisément de jeûne (mais plutôt d’hypophagie). En tout cas, des hypothèses et études ont été menées sur un lien possible entre baisse de prise alimentaire et stratégie pour combattre une maladie (lors d’infections).

Avec les limites que cela peut comporter…l’hypophagie pourrait avoir des effets bénéfiques en phase aigue de lutte face à l’infection, mais l’inverse pourrait également se révéler lorsque l’organisme n’arrive pas à lutter seul contre une infection, si l’organisme commence à s’épuiser…

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Re: Reportage : le jeûne, une nouvelle thérapie ? Des résultats scientifiques

Message par Za » dim. 4 mars 2018 05:50

TourneLune a écrit :
sam. 3 mars 2018 18:37
Parce que le jeûne est extrême et qu'on ne parle pas de manger léger mais bien de cesser de manger ce qui équivaudrait, en terme de comparaison sport/survie, pratiquer un sport jusqu'à épuisement... et encore la comparaison est fortement limitée....
Mais de quel type de jeûne parles-tu ? Le jeûne est extrême si on le pratique de manière extrême, certes.
Mais il n'est pas question de ces extrémités-là ici, si ?

(et pour le sport "jusqu'à l'épuisement" d'ailleurs, qu'en est-il des sports d'endurance, qui sont plutôt très conseillés par le corps médical justement ? quid de courir pendant 2 à 3 jours, sur 170km et 11 000 de dénivelé positive ? Ça semble absurde, et pourtant c'est très couramment pratiqué en trail, avec (comme pour le jeûne) des contre-indications bien sûr, mais l'expérience montre que la plupart des personnes en bonne santé sont en réalité tout à fait capables d'y parvenir avec un entraînement régulier, et avec globalement plutôt des bénéfices il me semble).

Dans les études mentionnées plus haut, il s'agit surtout de jeûnes courts ou partiels (restriction alimentaire). Je cite :
Diverses formes d'apport calorique réduit telles que la restriction calorique (CR) ou le jeûne démontrent un large éventail d'effets bénéfiques capables d'aider à prévenir les tumeurs malignes et d'augmenter l'efficacité des thérapies contre le cancer. Alors que la CR chronique procure à la fois des effets bénéfiques et néfastes ainsi que des défis de conformité majeurs, le jeûne périodique (PF), les régimes imitant le jeûne (FA) et les restrictions alimentaires sans réduction des calories apparaissent comme des interventions potentiellement largement utilisés pour prévenir et traiter le cancer. Ici, nous passons en revue des études cliniques précliniques et préliminaires sur la restriction alimentaire et le jeûne et leur rôle dans l'induction de la protection cellulaire et la résistance à la chimiothérapie.
Le jeûne intermittent ou le jeûne d'une journée peut être une option pour obtenir une perte de poids et une maintenance.
La restriction calorique (RC) prolonge la durée de vie et a démontré une réduction des maladies liées à l'âge, y compris le cancer, le diabète et les maladies cardiovasculaires et neurodégénératives dans des modèles expérimentaux. Des études translationnelles récentes ont testé le potentiel des mimétiques CR ou CR en tant que thérapies adjuvantes pour améliorer l'efficacité de la chimiothérapie, de la radiothérapie et des nouvelles immunothérapies.
Les rapports préliminaires indiquent que le jeûne pendant jusqu'à 5 jours suivi par un régime normal, peut également protéger des patients contre la chimiothérapie sans causer la perte chronique de poids.
Le jeûne intermittent (IF, fréquence de repas réduite) et la restriction calorique (CR) prolongent la durée de vie et augmentent la résistance aux maladies liées à l'âge chez les rongeurs et les singes et améliorent la santé des humains en surpoids. [...] Fait intéressant, les effets cellulaires et moléculaires de l'IF et du CR sur le système cardiovasculaire et le cerveau sont similaires à ceux de l'exercice physique régulier, ce qui suggère des mécanismes partagés. Une meilleure compréhension des mécanismes cellulaires et moléculaires par lesquels IF et CR affectent les vaisseaux sanguins et les cellules cardiaques et cérébrales mènera probablement à de nouvelles stratégies préventives et thérapeutiques pour prolonger la durée de vie.
Ça serait quand même bien de pouvoir discuter d'un contenu nuancé et documenté, et non d'idées générales partant du principe que jeûne = grève de la faim interminable.
On en est au stade d'hypothèses actuellement explorées par la science, sans qu'un consensus n'émerge, si j'ai bien compris. Qu'il s'agisse de jeûne thérapeutique ou de jeûne "hygiénique".

Quant aux simples témoignages, même d'ordre plus spirituel cette fois, moi, ils m'intéressent : je suis toujours curieuse de savoir ce qu'il se passe dans le corps et dans la tête lorsqu'on est en situation fortement inhabituelle. Encore une fois je trouve que la démarche rappelle celle de l'endurance (c'en est une, d'ailleurs).
Ce n'empêche pas de garder en tête que les risques existent, qu'il faut un avis médical, que ce n'est pas à faire à la légère. Globalement toute pratique menée de manière extrême est sans discernement est potentiellement dangereuse, ce n'est pas nouveau.
Hors-sujet
C'est très étonnant pour moi de voir cette attitude : en Suisse, faire usage de médecines complémentaires est de plus en plus commun, 50% des hôpitaux suisses en utilisent une ou plusieurs. Même les hôpitaux universitaires s'y mettent. Et il les choisissent en se documentant, en n'adoptant que celles qui se révèlent efficaces sur le plan scientifique et pour certaines situations cliniques spécifiques. Comme pour les médics. Normal quoi. Alors je ne dis pas qu'il n'y a pas de résistances, mais comparativement à ici... c'est bien moins émotionnel :huhu:
Là, par contre, je suis étonnée, parce que l'article mentionne l'homéopathie... j'ai du mal à admettre que les études suisses reconnaissent l'efficacité de l'homéopathie, au contraire de toute la littérature mondiale !
Pour les autres thérapies citées, je ne sais pas, mais l'homéopathie, j'ai eu l'occasion de me plonger dedans, quand mon conjoint faisait sa thèse (bibliographique, donc revue d'études) sur les applications de l'homéopathie dans le cas d'une pathologie particulière.
Nous partions tous deux plutôt favorables, mais le nombre impressionnant des études aux résultats clairement négatifs (= sans effets, pas de différence d'avec un placebo) et surtout l'inanité des écrits d'Hahnemann, l'inventeur de l'homéopathie, nous ont assez rapidement fait changer de point de vue.
Je ne suis pas contre l'exploitation de l'effet placebo à l'hôpital, bien au contraire ; je pense même que ce serait sain et humain (parce que la relation soigné/soignant y a son rôle à jouer), mais engraisser des millionnaires vendeurs de sucre encapsulé dans des tonnes de plastique pour ça, là non.
Certes d'autres médicaments révèlent sans cesse leur inefficacité, mais quand c'est le cas, ils sont retirés du marché, c'est bien normal. Il faut adopter la même démarche pour tout le monde. Et oui, les lobbys font parfois pression de manière éhontée, mais c'est le cas aussi pour l'homéopathie. Mêmes millions, mêmes gros zozos pleins aux as.
Sérieusement, au prix au kilo que ça coûte, je crois que les coupeurs de canne auraient de quoi négocier une hausse conséquente de leurs revenus :D

Je sais que c'est sensible, moi aussi je me suis pris la tête avec des gens quand j'y "croyais"... donc j'invite simplement les curieux à lire ce qu'a écrit Hahnemann et laisser infuser. Pour commencer.

Bref, OK pour faire entrer des médecines alternatives dont l'efficacité a été prouvée à l'hôpital, mais si c'est cela qu'on appelle "prouvées"... alors oui, il y a un problème de société, et de taille, je pense.
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Re: Reportage : le jeûne, une nouvelle thérapie ? Des résultats scientifiques

Message par TourneLune » dim. 4 mars 2018 07:03

Excuse moi je n'ai pas le temps mais pour ta preliere quesrion, le jeûne c'est ne pas manger. Le reste c'est manger peu. Autant je peux comprendre le 2eme surtout dans une société d'excès, autant le 1er c'est pas juste l'équivalent de faire un footing. De toutes façons la comparaison est limitée je rebondossais juste là dessus.

Pour le reste ce n'est pas du tout contre toi et lié à des événements exterieurs mais je n'ai le temps ni le courage de lire pour l'instant.
Pour les mp qui ne sont pas à caractère personnel, merci d'envoyer vos messages au groupe " modérateurs globaux", ce sera plus efficace ;)

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Re: Reportage : le jeûne, une nouvelle thérapie ? Des résultats scientifiques

Message par Za » dim. 4 mars 2018 07:56

D'accord, on n'utilisait effectivement pas la même signification et je comprends mieux. Pas de lézard.
Il est donc peut-être préférable d'accorder les définitions de chacun : encore une fois, on risque des incompréhensions fâcheuses.

Le jeûne est défini comme la privation totale ou partielle de nourriture et/ou de boisson, sur une durée plus ou moins longue.
Au niveau médical, on considère qu'un jeûne débute à partir de la 6ème heure après le dernier repas.

(Sources dicos et Wikipédia.)

Autant dire que ça laisse le choix entre de multiples variantes, d'où l'intérêt d'être rigoureux sur le type de jeûne dont on parle, car ce qui est vrai sur de courtes durées peut être faux sur les longues, etc. D'emblée les sources qui parlent de "jeûne" sans plus de précisions me semblent peu crédibles.
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Re: Reportage : le jeûne, une nouvelle thérapie ? Des résultats scientifiques

Message par dani » dim. 4 mars 2018 10:01

Merci Za !
Je reviendrai sur l’histoire de l’homeopathie en Suisse mais là je profite de mon WE 😊!!

(Sache juste qu’elle n’est pas utilisée dans la hôpitaux)
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Re: Reportage : le jeûne, une nouvelle thérapie ? Des résultats scientifiques

Message par Grabote » dim. 4 mars 2018 10:05

Suite aux messages d'Armie et de W4x, je me suis forcée à regarder la vidéo postée par Adena jusqu'au bout, et je dois dire que ce ton méprisant et condescendant m'a littéralement écœurée. Pour moi, ce mec est une "putaclic" pour personnes qui se croient supérieurs et sa vidéo aurait plus sa place sur le fil "douance et arrogance". Le Une partie du contenu est certes intéressant pour expliquer l'effet placébo et tous les facteurs qui entrent en ligne de compte dans un processus de prise en charge thérapeutique. Par contre les personnes souffrant ou ayant souffert de dépression seront sans doute étonnées d'apprendre que c'est une maladie qui se soigne toute seule et quoi qu'il en soit, cette pseudo démonstration ne me semble pas être pertinente par rapport au sujet. L'adhésion collective à ce genre de ... production, me confirme dans mon élan d'éloignement. J’espère que vous penserez avec gêne à ce topic quand la science expliquera certains faits par rapport aux jeûnes comme elle est en train de le faire pour la danse. Et oui, il semblerait que danser ne soit pas une thérapie de m...e, danser fait monter le taux d'ocytocine et de dopamine et baisser celui de cortisol. Je suis bien contente d'avoir choisi la voie de la danse et de la marche en forêt comme thérapie plutôt que les molécules chimiques que me proposaient les psychiatres diplômés dans le cadre "d'un parcours de soin classique". Désolée, mais je ne vais pas faire l'effort de retrouver mes sources. :hai:
ps: ce n'est pas d'une seule amie dont j'ai pu observer l'amélioration de l'état général après un jeûne (de 3 à 7 jours) mais malheureusement, de plusieurs personnes. Cette observation n'a évidemment pas valeur de preuve mais elle m'a amenée à réfléchir au sujet et à remettre en question certains préjugés que je pouvais avoir à ce propos. Pour moi c'était juste un rituel religieux obsolète.
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Re: Reportage : le jeûne, une nouvelle thérapie ? Des résultats scientifiques

Message par Za » dim. 4 mars 2018 10:46

Hors-sujet
Diantre/Saperlipopette/Palsambleu/Au nom du ciel ! Est-ce qu'on pourrait juste dépassionner le débat s'il vous plaît ? :1cache:
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Re: Reportage : le jeûne, une nouvelle thérapie ? Des résultats scientifiques

Message par Armie » dim. 4 mars 2018 15:16

Za a écrit :
dim. 4 mars 2018 05:50
Quant aux simples témoignages, même d'ordre plus spirituel cette fois, moi, ils m'intéressent
Bon alors je me lance. J'ai pas osé hier, parce qu'en effet je suis mal à l'aise avec l'orientation "pour/contre" du débat, et que je ne suis militante de rien du tout.
J'ai fait mon premier jeûne tout simplement par envie de vivre cette expérience. Je trouvais l'idée de pouvoir vivre quelques jours sans manger fascinante, et surtout, je me demandais si j'étais capable de le faire, vu à quel point je suis gourmande! Comme Louise, sauter un repas me semble carrément une cruauté, alors arrêter volontairement de m'alimenter? Wouah. Mais les témoignages semblaient dire que tout adulte en bonne santé peut le faire, et j'avais envie de relever le défi. J'aimais aussi l'idée de prendre un temps pour moi, un peu hors du monde, d'ailleurs je me suis isolée à la campagne pendant ces 5 jours de jeûne. Un genre de retraite santé, un peu spirituelle aussi, qui me donnait l'occasion de penser à ma relation à la nourriture, aux forces insoupçonnées de mon corps...
J'étais plutôt convaincue par l'idée que le jeûne fait partie de notre condition d'êtres vivants, plutôt par obligation que par choix d'ailleurs. En particulier pour l'être humain, historiquement chaque année en fin d'hiver sous nos latitudes, quand le printemps tarde et que les réserves de farine s'épuisent... Le fameux carême catholique à la sortie de l'hiver me semblait une tradition religieuse plutôt cohérente avec le calendrier agricole. Donc ça ne me faisait pas plus peur que ça de tenter l'aventure.
Je ne savais pas trop quoi penser de cette histoire de purifier son organisme, personnellement je n'étais ni malade ni en surpoids, mais je trouvais une certaine logique à l'idée que mettre mon système digestif au repos pouvait aider mon corps à s'occuper de tâches de fond, un peu comme un soin préventif en quelque sorte. Sans être allée chercher plus loin les preuves ou non-preuves de la chose.
J'ai suivi à la lettre les recommandations d'un livre sur le jeûne. En fait, un jeûne de 5 jours demande en fait bien plus de temps, il faut quelques jours en amont pour diminuer progressivement la variété de la nourriture ingérée, et surtout en aval car la réalimentation demande environ la moitié du temps de jeûne. Suivre les recommandations du bouquin m'a permis de ne pas ressentir de faim, et de ne pas avoir de soucis physiques particuliers lors de l'arrêt de l'alimentation, et de la réalimentation. Je n'ai pas ressenti pour autant une super forme ou une créativité incroyable pendant le jeûne, par contre oui j'étais plus reposée mais évidemment, j'étais en vacances :angel: .
Cette première expérience a été très intéressante: déjà, parce que je me suis rendue compte que j'en étais capable. Ensuite, parce que je me suis rendue compte à quel point l'acte de me nourrir prenait de la place dans ma vie, quand on met bout à bout les courses, la préparation des repas, le temps de repas, la digestion, etc. Pendant le jeûne, les journées semblent infinies! Alors, évidemment, ça met à jour un vide. Que faire, quand soudain on n'a plus besoin de se nourrir et qu'on a enfin le temps pour "faire ce qu'on n'a jamais le temps de faire"? Et qu'on n'a plus la nourriture pour combler?
Vaste question...
Cela met en lumière notre rapport complexe à la nourriture, qu'elle soit individuelle ou sociétale: dépendance psychologique (qui va au delà du besoin physiologique de se nourrir), peur du manque (le fameux "je vais mourir si je loupe un repas" <-- en fait, non), omniprésence des appels à la bouffe (publicités, sociabilité française autour du partage de repas, etc.), suralimentation généralisée (taille des portions, grignotage, malbouffe, etc.).

Cela m'a semblé assez sain de m'interroger sur tout cela, j'en suis ressortie beaucoup plus lucide sur la place de l'alimentation dans ma/nos vies.
Au niveau pondéral, j'avais perdu environ 1kg par jour, du coup évidemment à la fin j'étais super fine, mais comme prévu, j'ai repris tranquillement mes kilos en me réalimentant normalement. J'ai adoré la phase de réalimentation: jamais la nourriture ne m'avait paru aussi bonne, mes expériences sensorielles étaient démultipliées, une simple pomme cuite à la vapeur et c'était l'extase!
Par contre, autant quand j'étais toute seule à la campagne, je n'étais relativement pas tentée de rompre le jeûne, autant de retour chez moi, les effluves de gratins que se préparaient mes coloc' étaient un supplice pour la volonté. J'ai tenu, mais selon la force de la dépendance à la nourriture, cela peut être une souffrance plus ou moins forte de se priver. Avec des pensées plus ou moins obsessionnelles sur "ce qu'on mangera après le jeûne". :grin:

Voilà pour cette première expérience qui était somme toute positive!
J'ai réitéré peut-être un an après, pendant un peu moins longtemps. Et puis encore 6 mois plus tard, etc.
Et c'est là où j'ai commencé à m'apercevoir d'un effet pervers du jeûne, mais attention je ne parle que de mon expérience et je ne fais pas de généralisation!
En fait, si on a quelques kilos en trop, comme le jeûne s'accompagne d'une perte de poids importante, si on se nourrit sainement lors de la réalimentation, et bien le corps ne reprend pas la surcharge pondérale. Et c'est là où le bât blesse.... Très rapidement, le jeûne peut devenir une stratégie de contrôle du poids! Un genre de régime ultra efficace parce qu'en une semaine c'est plié.
Sauf que... Efficace, vraiment? Pas tant que ça. J'ai commencé à me rendre compte que ça favorisait chez moi le laisser-aller alimentaire en période ordinaire, avec l'idée insidieuse qu'"au pire je peux jeûner un peu". Je me rendais bien compte que ce n'était pas une idée très saine, c'est pourquoi au bout d'un moment, j'ai décidé de revenir aux faits. Est-ce que, vraiment, la pratique du jeûne me permettait de stabiliser mon poids en mangeant comme je voulais le reste du temps?...
"Data e basta!", réclamait la scientifique en moi. :grin: (Et c'est là où j'aimerais bien pouvoir faire une étude longitudinale sur un grand groupe de gens qui jeûnent régulièrement!) J'ai consciencieusement ressorti mes carnets de jeûne, dans lesquels j'avais noté pour chaque jeûne mon poids initial et la perte pondérale jour après jour. Résultat sans appel: mon poids de base était en hausse, d'année en année... Un genre de yo-yo des régimes, en version miniature. C'est à ce moment que j'ai décidé d'arrêter de pratiquer le jeûne, car cela me semblait favoriser chez moi des troubles du comportements alimentaires avec une obsession du poids.
Au final, je pense qu'il faut faire très attention avec le jeûne si on est sujet à la restriction cognitive, ou encore à des troubles alimentaires avérés, ou même j'imagine à une insatisfaction corporelle importante liée à sa morphologie ou son poids. Le sentiment de self-contrôle que procure le jeûne peut rapidement dériver vers des exigences irréalistes envers son corps, ce qui est justement à l'inverse de l'idée d'origine qui est de "prendre soin de soi" en jeûnant. La pratique de la "détoxification" de l'organisme, ou purification de son corps par diverses techniques me semble relever du même risque: passer de la simple et naturelle envie d'être en bonne santé et de faire attention à son corps, à une obsession de la toxine qui peut virer à l'orthorexie ou l'addiction à une pratique de purification, avec des pensées dysfonctionnelles concernant le corps (vu comme sale, gros, à dompter, impur ou malade en puissance, etc.).
J'imagine que c'est à chacun de se poser la question de sa propre vulnérabilité psychique face à ce genre de risques, car on n'est pas tous logés à la même enseigne!
Hors-sujet
Grabote, concernant la dépression, j'en profite pour apporter quelques éléments de connaissances qu'en effet la vidéo n'apportait pas. Il existe un phénomène de rémission spontanée de la dépression à 6 à 12 mois, ce sont des processus d'auto-guérison dont on connaît mal les mécanismes à l'heure actuelle. Le problème, c'est que c'est une maladie hautement récidivante, et que chaque rechute augmente le risque de rechute ultérieure.
Cela ne m'étonne pas que la danse t'ait bénéficié, car il est prouvé depuis longtemps que l'activité physique est efficace pour réduire les symptômes, diminuer le risque de rechutes, et surtout lutter contre les pathologies somatiques associées. Idem avec la marche en forêt, il y a beaucoup de travaux par exemple sur la marche en pleine conscience. Donc, personne n'a dit que la danse était une "thérapie de m..."... Ni que les anti-dépresseurs du parcours classique étaient la panacée. Y a même des études qui comparent l'efficacité des médicaments à l'activité physique, et aux thérapies type TCC. Mais c'est un autre débat! :)

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Re: Reportage : le jeûne, une nouvelle thérapie ? Des résultats scientifiques

Message par dani » dim. 4 mars 2018 16:32

Louise a écrit :
sam. 3 mars 2018 17:36
dani a écrit :
sam. 3 mars 2018 15:39
C'est un peu ce que j'espérais avec ce fil sur le jeûne : mettre en lumière quand il est utile, quand il l'est moins ou pas du tout, quelles sont les pathologies qui y sont sensibles, quand le jeûne est il au contraire dangereux etc...
C'est vachement ambitieux, ça :D. En fait, je pense (mais je n'ai pas creusé) que justement, il n'y a pas de consensus scientifique sur le sujet, faute de données, et que du coup, répondre à ces questions, c'est forcément aller vers du "moi je crois que" ou du "en l'état actuel des connaissances" + conditionnel. Après, des pistes, c'est déjà intéressant, hein.

(Pour être honnête moi dans ma tête le consensus actuel c'était plutôt pas bénéfique que bénéfique, mais encore une fois c'est purement intuitif, bourré de biais, le premier d'entre eux étant que la pratique me faisant naturellement fuir, je ne me suis absolument pas renseignée sur le sujet)
Je prendrai le temps d'aller explorer tes liens, que j'ai seulement survolés, mais à ce stade, plus que des études isolées (qui ouvrent des pistes, mais encore faut il estimer la crédibilité de l'équipe, l'impact factor du canard dans lequel elles ont publié, etc... parce que bon, sur le HP par exemple, on en voit passer des études dans des revues à comité de lecture, où il y aurait beaucoup beaucoup à redire niveau méthodo..., je dis pas que tout cela n'a pas de valeur, je dis simplement qu'il faudrait fouiller plus profond, et que ça prend du temps), est-ce qu'il faudrait pas aller à la pêche aux meta analyses, et à l'identification des équipes pointues sur le sujet?
J'adhère, j'avoue que j'ai rédigé mon post un peu vite, et qu'il visait surtout à faire savoir que je souhaite ici (comme c'est le cas sur les autres fils d'ailleurs) des avis critiques, pour ou contre pour faire un peu les contours du sujet (à notre niveau, c'est clair, cela n'aura jamais plus de valeur que d'identifier juste des pistes en effet !).

Sinon, concernant l'impact factor, c'est un indice que l'on ne peut pas vraiment prendre en compte pour des sujets qui intéressent peu la communauté scientifique, comme le jeûne : ces revues sont prises d'assaut par les chercheurs, et elles n'acceptent que les articles les plus susceptibles d'être lus. Sinon, bien sûr qu'il faut rester critique, c'est bien pourquoi j'ai mis les liens de chacun des résumés, que ceux qui peuvent les trouver et les analyser nous fassent un retour. Pour ma part, pas le temps. Mais le fait qu'elles soient publiées dans des revues peer-reviewed spécialisées et qu'elles aillent toutes dans le même sens joue en leur faveur. Mais comme je l'ai dit plus haut, c'est peut-être dû à mes mots clés, donc n'hésitez pas à faire connaître les publications qui présentent d'autres résultats bien sûr !

Concernant la dimension physiologique du jeûne un ppt assez complet ici : comme il est accessible sur le site d'un hôpital universitaire suisse je me dis que c'est une référence utile, même si il n'est pas daté et que les références indiquées ne sont pas très récentes. L'avantage est qu'il est assez vite consulté http://www.chuv.ch/gastro-hepato/glg_sy ... mottet.pdf

Il évoque aussi des études portant sur l'effet du jeûne sur diverses pathologies, et rappelle les limites de ces études : pas possible de les faire aveugle, on ne peut donc pas éliminer l'hypothèse d'un effet placebo , certaines de ces études ne sont pas randomisées, etc....

Donc pour le moment, il faut rester prudent bien sûr et ne pas aller trop loin dans les conclusions. Mais, clairement, rien n'amène non plus à rejeter le jeûne (outre les contre indications citées dans un de mes posts. Et, de toute façon et très logiquement, il faut avoir un minimum de lipides à utiliser aussi.... donc lors d'anorexie, de dénutrition etc... c'est à bannir bien sûr !!!)

@Armie : merci pour ton témoignage que je trouve très très intéressant !

Concernant l'homéopathie, le sujet a été discuté en mp car ne concerne pas ce fil.
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Tartempion
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Re: Reportage : le jeûne, une nouvelle thérapie ? Des résultats scientifiques

Message par Tartempion » lun. 5 mars 2018 02:01

"Le travail du Dr Katherine Flegal conforte aussi le fait que, pour les personnes âgées, mieux vaut être en surpoids modéré (IMC 27-28) plutôt qu’en état de maigreur, les stocks de graisse fournissant une réserve d’énergie qui peut faire la différence sur un organisme malade."

Sachant que l'IMC est une variable très incomplète mais tellement rapide à calculer.

Mettre au ralenti les 200 millions de neurones de notre tube digestif doit avoir un effet sur ceux de notre cerveau (désolé, je n'ai pas trouvé de publication sur ce sujet).

Ayant un IMC inférieur à 19 (sur les cinq dernières années), je crains qu'un jeûne de plusieurs jours n'ait des effets plus que néfastes sur mon organisme.
L'erreur est humaine, mais un véritable désastre nécessite un ordinateur.

Les systèmes de croyances créent des filtres à travers lesquels le chaos se résout en ordre.

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Re: Reportage : le jeûne, une nouvelle thérapie ? Des résultats scientifiques

Message par dani » lun. 5 mars 2018 07:07

Tartempion a écrit :
lun. 5 mars 2018 02:01
"Le travail du Dr Katherine Flegal conforte aussi le fait que, pour les personnes âgées, mieux vaut être en surpoids modéré (IMC 27-28) plutôt qu’en état de maigreur, les stocks de graisse fournissant une réserve d’énergie qui peut faire la différence sur un organisme malade."

Sachant que l'IMC est une variable très incomplète mais tellement rapide à calculer.

Mettre au ralenti les 200 millions de neurones de notre tube digestif doit avoir un effet sur ceux de notre cerveau (désolé, je n'ai pas trouvé de publication sur ce sujet).

Ayant un IMC inférieur à 19 (sur les cinq dernières années), je crains qu'un jeûne de plusieurs jours n'ait des effets plus que néfastes sur mon organisme.
Je pense qu'il vaut mieux éviter ici de discuter de situations individuelles, nous ne sommes pas habilités à le faire ! si quelqu'un décide suite à ce fil d'entreprendre un jeûne, c'est lui de s'informer si pour sa situation personnelle le jeûne pourrait lui convenir ou non, et en cas de doute (état de santé, prise régulière de certains médicaments etc) il doit impérativement en parler à son médecin.

Mais, d'un point de vue général, si les réserves lipidiques sont insuffisantes c'est une contre indication, en effet, ce que semble indiquer un IMC inférieur à 19 !

Pour les personnes âgées ça doit être de cas en cas, selon son état de santé et son état nutritionnel, sa pratique antérieure ou non du jeûne etc... je ne connais pas assez le sujet pour répondre, si quelqu'un trouve de la littérature à ce sujet volontiers ! Mais pour moi ce n'est pas parce que quelqu'un fait un jeûne de quelques jours qu'il ne peut pas récupérer ensuite ses kilos tout en adoptant une alimentation saine (d'ailleurs, de manière générale, si l'objectif visé est la perte de poids et que la personne n'améliore pas son hygiène de vie et son alimentation après le jeûne, c'est une perte de temps et d'énergie. A ce que j'ai compris, le jeûne doit s'accompagner aussi d'une amélioration de son comportement envers sa santé (bouger, se nourrir très progressivement après le jeûne et reprendre une alimentation normale et saine) sinon il en perd vite les bénéfices ! c'est ce qui biaise d'ailleurs aussi les études sur le jeûne qui est rarement réalisé "seul": les individus ont souvent en même temps d'autres comportements qui peuvent aussi avoir un impact positif sur la santé, comme marcher, méditer, se reposer, d'hydrater plus etc...)

Je rappelle les contre indications (et j'ai toujours pas trouvé un site médical pour ça), il faut vraiment faire preuve de bon sens et bien s'informer avant d'entamer un jeûne, un avis médical est nécessaire dans certaines situations (voir ci-dessous)

tiré d'ici : https://www.passeportsante.net/fr/Thera ... _1998_2_th

"Contre-indications

Fatigue, anorexie et boulimie, immunité affaiblie, faiblesse et arythmie cardiaques, cancer, ulcères peptiques, maladies rénales, tuberculose, états pré et post-chirurgicaux, carences nutritionnelles, allaiter et être enceinte sont tous des états et des affections qui sont contre-indiqués pour entreprendre un jeûne, particulièrement s'il s'agit d'une jeûne radical à l'eau. Plus le jeûne est long, plus ses effets seront marqués.

Règle générale, les maladies laissant l'individu très affaibli ou affectant les organes très sollicités par le jeûne, comme le foie et les reins, sont des contre-indications au jeûne.

Il va de soi que les jeûnes prolongés (plus d'une semaine), étant donné l'importance des changements qu'ils entraînent dans le métabolisme, devraient toujours être faits sous supervision médicale."

et aussi tiré d'ici https://www.lanutrition.fr/jeune-therap ... ndications

"Les contre-indications[/b] :

Le jeûne est déconseillé dans les situations suivantes :

Cachexie
Anorexie et troubles du comportement alimentaire
Hyperthyroïdie non contrôlée
Insuffisance cérébrovasculaire avancée ou démence
Insuffisances hépatique et rénale sévères
Grossesse et allaitement

Les indications qui présentent un risque et doivent être supervisées par un médecin :


Addictions
Diabète de type 1
Troubles psychotiques
Maladie coronarienne instable ou grave
Décollement de rétine
Ulcère duocdénal ou ventriculaire
Cancer

Traitements qui doivent être ajustés pendant un jeûne thérapeutique

Médicaments anti-inflammatoires non-stéroïdiens
Corticoïdes systémiques
Antihypertenseurs (surtout bêta-bloquants et diurétiques)
Antidiabétiques
Contraceptifs
Anti-coagulants
Psychotropes (surtout neuroleptiques et lithium)
Anticonvulsivants

Quand interrompre un jeûne thérapeutique

Non-observation du jeûne par le patient
Arrythmies cardiaques sévères
Reflux et troubles gastriques
Troubles électrolytiques sévères (potassium <3.0 mmol/L, sodium <125 mmol/L, ou chlore <90 mmol/L)
Décompensation cardiaque
Tartempion a écrit :
lun. 5 mars 2018 02:01
Mettre au ralenti les 200 millions de neurones de notre tube digestif doit avoir un effet sur ceux de notre cerveau (désolé, je n'ai pas trouvé de publication sur ce sujet).
Oui, certainement, vu que la jeûne entraîne des changements dans le microbiote selon le lien que j'ai mis dans mon post précédent, cela peut en effet j'imagine avoir des effets aussi sur le système nerveux (sujet à développer aussi, merci ). Et effets pas forcément négatifs, peut-être même au contraire, mais au fond j'en sais rien :)
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Re: Reportage : le jeûne, une nouvelle thérapie ? Des résultats scientifiques

Message par Chacoucas » lun. 5 mars 2018 10:05

Personnellement j'ai fini par m'y intéresser en dehors du préjugé "c'est un truc pour les gens à moitié anorexiques ou boulimiques qui veulent maigrir" ou "c'est pour les religieux et la purification de l'âme" par le biais d'une amie qui faisait des "jeunes cascade" 2 fois par an. Le principe était simple et a priori très contrôlé, c'est ça qui m'a rendu curieux. Un jour alimenté par des fruits (jus maison ou bouillon), 1 jour jeune, 2 jours fruits, 2 jours jeune etc. puis decrescendo. Au final ça lui prenait facilement 2 semaines (et elle avait expérimenté beaucoup plus, mais ça devient un peu forcé après).

L'autre alternative plus simple c'était genre de temps en temps un 24 h. Ou 12h. Ou un 3 jours (question de metabolisme à changer entre autre). Je me suis rendu compte que je faisais fréquemment des 24h quand je partais faire des trucs en ville (peu habitué au petit dej et satisfait de la sensation de faim relative en étant actif). sans même y faire attention. Alors je me suis concentré un peu dessus pour sentir ce que ça donnait, et j'ai testé les 3 jours. Avec et sans eau. Sans eau c'est radical je conseille pas (le corps reste relativement hydraté puisque douche, brossage de dents etc. mais ça fatigue bcp et ça multiplie les pensées obsédantes: c'est un bonheur un verre d'eau ^^ ). Disons que la nourriture c'est plus facile, il y a une sensation de faim le premier ou second jour au matin puis ça passe, on se sent léger, un peu faible mais guilleret, fatigué tout en étant au contraire léger, paradoxal et difficile à décrire. On prête plus d'attention à beaucoup de choses, moins à d'autres (période de vacances je précise). On peut être plus porté à observer ou méditer des choses de manière un peu plus simple et sensorielle, moins de dépendance aux stimulis du quotidien... Ca rejoint donc ici l'intérêt du jeun spirituel je pense, il y a bien un effet psychologique de recul sur les choses pendant une période. (mais il y a plusieurs périodes, liés aux changements de metabolisme: au fond l'idée serait de sortir un peu de l'illusion d'ordre et dépendance du quotidien pour se ramener à celui du corps et ses besoins/demandes, rendus plus explicites et puissants: du genre "oh c'est bon de manger/boire/respirer/dormir/se promener).

Et l'ingestion de nourriture pour ma part à la sortie du jeun mérite d'être légère genre fruits ou légumes (sous peine de remontées et sensation de lourdeur/écoeurement très désagréables avec par exemple un truc style roulé feuilleté à la viande). Tout parait extrêmement lourd et fatiguant. Tout a "un effet" sur le corps, une fois ingéré. Et sur la conscience. Du coup partagé entre la mentalité habituelle qui serait "me gaver de ce que je veux si je veux" et la sensation de légèreté et de prudence sur ce qu'on avale qui reste du fait d'avoir pendant une certaine durée pensé à faire ce tri. Une bière par exemple est délicieuse et fraiche, mais une demi bière ou 3 gorgées suffisent. ET ennivrent énormément. Un truc type gratin pâtes ou patates remplit le ventre et l'alourdit un peu bêtement (envie d'être plus léger que ça en moyenne, de temps en temps, mais sinon c'est trop) etc. L'estomac un peu rétréci limite beaucoup la limite de sensation de satiété aussi.


Enfin pour quelques exemples. Je dirais que c'est un exercice intéressant à faire, sans nécessairement le prolonger (au fond déjà 24 h ça repose un peu, ou 12h et ça ne se sent absolument pas c'est comme sauter le petit dej), mais pour "reprendre prise" avec ce qui compte vraiment, genre soi et le corps, une ou deux fois par an ou en préparation d'un truc sportif quelques semaines plus tard pour mettre en place un rythme plus sain et contrôlé. Après comme dit Armie on est pas tous à la même enseigne sur les troubles alimentaires ou addictifs (c'est lié: circuit de récompense) et ça n'est surement pas un procédé avec des résultats et vécus identiques selon personnes et situations.
Et ça permet aussi de bien penser à ce qu'on avale et l'effet que ça a sur nous. Enormément limité la consommation de choses pas cuisinées par moi, de trucs gras et cuits, de pâte, ou de sucres non fruitiers par exemple. Me sens mieux en limitant ça.
Niveau "thérapeutique" je ne saurais pas dire, je ne suis pas une preuve et il y a bien trop de facteurs entremêlés. Mais de fait je tombe très rarement malade depuis que je veille un peu plus sur ce que j'avale.

Conditions testées température douce mais pas chaude, poids normal avec largement suffisamment de lipides, santé générale correcte, RAS.

(je livre mes observations, ça n'est pas une demande de commentaires en soi :) )

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Re: Reportage : le jeûne, une nouvelle thérapie ? Des résultats scientifiques

Message par Louise » lun. 5 mars 2018 10:40

Une amie danseuse a expérimenté une semaine de jeûne en "immersion" avec promenade et méditation. Aime bien manger, mais rapport à la nourriture "tranquille". (J'essaie de retranscrire ce qu'elle m'en a dit sans galvauder.)
Elle a en effet rapporté le côté progressif, et dans la suppression des aliments, et dans leur ré-introduction.
En gros, ( le cadre et les autres activités s'y prêtaient), c'est que cela a amené à des questions introspectives sur sa relation au temps (plus que sa relation à la nourriture, qui paraît plus évidente), tout ce temps qu'on passe à manger, qui rythme nos vies, et bien du coup elles se rythment sur autre chose.
Elle a aussi évoqué la conscience accrue du goût et des aliments quand on les ré-introduit.

Cela me fait penser : Quand on parle de rythme, elle n'a pas évoqué de troubles du sommeil ou de l'activité (de toute façon, elle était "hors cadre"), cependant la prise alimentaire étant soupçonnée d'être un synchroniseur des rythmes biologiques, supprimer celle-ci pourrait avoir des effets sur la synchronisation du rythme circadien chez l'homme? (synchronisation qui est à la fois interne, et calée sur des composants exogènes comme la lumière du jour)

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Re: Reportage : le jeûne, une nouvelle thérapie ? Des résultats scientifiques

Message par Chacoucas » lun. 5 mars 2018 11:16

Pour moi, narcoleptique, il y a un effet paradoxal: endormissements plus présents (de fait je ne prenais plus de stimulants non plus pour "jeun", et stoppé quelques jours avant pour comparer: le jeun accentue la présence des endormissements). Mais vague dépendance moindre à la durée de sommeil: je me réveillais plus tôt, et rythme de vie meilleur, par exemple moins d'ordinateur (qui me donne envie d'avaler des trucs). Au final donc une sorte d'hibernation relative avec des rythmes plus solaires ou "tôt".

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Re: Reportage : le jeûne, une nouvelle thérapie ? Des résultats scientifiques

Message par Grabote » lun. 5 mars 2018 14:46

Une conférence du Dr Françoise Wilhelmi de Toledo invitée par l' ESSEC Business School qu'on ne peut pas je pense soupçonner d'illumination.
Elle donne notamment une réponse au questionnement de W4x et sa locomotive. Elle aborde cette pratique de façon très large et éclairée par les dernières recherches sur le sujet, sa pratique personnelle et son parcours de médecin. Elle évoque toutes les précautions à prendre et les contre-indications.
On sent sa rigueur, sa maitrise du sujet et sa façon de s'exprimer est très simple et agréable.

http://www.youtube.com/watch?v=kTAQFmQ6SOo&feature=youtu.be
L'essentiel est sans cesse menacé par l'insignifiant. René char

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