De l'hypersensibilité.

La partie consacrée à la Santé dans sa globalité. Principalement la psychologie, psychologie sociale, la psychiatrie, les troubles de l'humeur, de la personnalité, les handicaps, l'autisme...
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Osia
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De l'hypersensibilité.

Message par Osia » ven. 9 févr. 2018 11:44

Je vous remercie pour les conseils que vous apportez sur les nombreux posts du forum où il est question d’hypersensibilité. N’ayant pas trouvé de sujet adapté où poster ce message, je me permets de créer ce post (grand merci à l’équipe de la modération du forum qui m’a aidé à m’orienter quant à où placer ce sujet).

Ce diagnostic d’hypersensible m’a été donné par deux psychologues, renforcé cette année par une psychanalyste “hors-norme”. Je suis émotionnellement “dense”. Je ne vais pas m’attarder à vous parler de la muraille que j’ai construit entre moi et les autres, j’ai pu lire sur ce forum de nombreux posts où il en est question.
Pour moi le problème est que je me sens “boule d’amour irradiante” (qualificatif donné par une de ces psychologues et que j’ai adopté tant je m’y retrouve). C’est particulièrement agréable lorsque je suis en compagnie de gens avec lesquels je me sens en confiance, qu’il s’agisse de membre de ma famille ou d’amis: ils savent que je les respecte en tant qu’individu quoi qu’ils pensent et quoi qu’ils fassent.
Professionnellement, c’est plus difficile à gérer. Parce que je travaille au contact d’une patientèle dite “chronique” dans un contexte non-agréable pour le patient. Les collègues avec lesquels je travaille me font part de leur impression que je sois la “chouchou des malades”, et les patients me montrent une affection qui gêne réellement mon travail.
Au quotidien, c’est épuisant: physiquement car je lutte pour retenir cet amour pour l’autre, moralement parce que l’autre est en droit de ne pas avoir besoin de se sentir aimer par moi et qu’il me faut alors m’enfermer dans une indifférence protectrice où je me sens entravée.
Techniquement, sur conseil des différents thérapeutes que j’ai rencontré, je chante, je danse, j’écris, je fais plusieurs sports en contact direct avec la nature, et j’ai l’impression que cela renforce juste cet amour pour ce qui m’entoure.
J’ai trouvé de nombreux posts sur le “comment gérer des émotions négatives”, beaucoup moins sur le “comment gérer son amour de/pour l’autre”. Aussi je dépose ici mon petit questionnement: auriez-vous des lectures et/ou des pistes de réflexion à me conseiller à moi, ainsi qu’à ceux qui “aiment trop” ?
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Oniriquiqui
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Re: De l'hypersensibilité.

Message par Oniriquiqui » ven. 9 févr. 2018 13:02

Bonjour!

Ce sujet m'a d'emblée accrochée, de par la rareté du questionnement pris dans ce sens.
Tu parles de patients, je ne sais pas bien dans quelle mesure tu es amenée à les approcher (soins corporels, psychiques?). Mais cela me rappelle nombre d'infirmières et aide-soignantes que j'ai été amenée à côtoyer et qui m'ont confié des questionnements similaires.

Pour ma part, un des conseils (livré par un psychomotricien) qui m'a le plus aidé à "moins distribuer" ou me sentir redevable de distribuer ce trop-plein de tendresse, c'est de "savoir camper une mauvaise position au lieu de toujours rester dans le mélioratif". Ca m'a fait l'effet d'une douche froide, m'a pas mal turlupiné, bref, m'a fait sortir de ma zone de confort. C'était brutal car formulé à un moment où je ne m'y attendais absolument pas, mais en ce qui me concerne, il avait totalement raison, dans le fond.
D'une part parce que se sentir trop proche de ses patients peut bloquer certains aspects du travail avec eux (risque de projection d'une part de soi sur l'autre? Phénomène de "contagion"?). On peut risquer de perdre une distance professionnelle.
D'autre part parce que ne pas être apprécié d'un patient n'a parfois pas grand chose à voir avec soi, mais plus avec une place à laquelle il nous assigne, et qu'il est bon de savoir ne pas prendre pour soi. Egalement, parce qu'être dans cette position d'être parfois même "pas supporté" par le patient peut aussi donner une latitude intéressante, permettre d'observer des phénomènes qui n'auraient pas pu se déployer autrement. Enfin, parce que je trouve que ça donne aussi une certaine liberté (le droit de ne pas être parfait).

Je ne sais pas si ma tirade peut servir à quoi que ce soit, mais ça n'est que ma vue sur ce sujet, et l'angle particulier que tu apportes.
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Osia
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Re: De l'hypersensibilité.

Message par Osia » sam. 10 févr. 2018 06:41

Merci Oniriquiqui.

Oui, ta tirade m'est utile :)
J’ai la chance d’être soutenue par la responsable de l’unité de soins où je travaille. Elle m’a expliqué que par mes actions je place mes collègues dans une situation inconfortable. Je fais les gestes que je fais parce que j'aime les faire. Ils ne sont pas inscrits dans le code du travail ou le décret de compétences de ma profession.
Pour réussir à me sentir à l’aise avec mes collègues, j’apprends à me nier. J'ai testé: ça marche bien. Ça m'épuise, je pleure, mais ça marche.
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Je laisse loin de moi l'idée de “vouloir être meilleure”, je me sens assez rabaissée pour comprendre que "vouloir être meilleure" (en quoi ? par rapport à quoi/qui ? de quel point de vue ? selon quel référentiel ? .....) peut me créer des problèmes. J’ai tendance à être agressive, en particulier lorsque je vois quelqu’un juger quelqu’un d’autre, parce que j’estime que chacun a le droit d’être qui il est. Pour que je puisse garder mon job actuel, il me faut accepter de regarder sans réagir les fautes et les jugements des professionnels et des patients. Pour moi c’en est “bugant”. Et pendant ce temps, je continue à me trouver débordante d'amour alors que détester me ferait du bien (des fois, j'arrive à détester un peu ma psy mais au final je l'aime bien !).
Ceux dont je m’occupe ont des croyances très différentes des miennes, viennent d’une classes sociales différentes. C’est une aide pour ne pas me projeter dans ce que je pense qu’ils peuvent être et pour rester à ma place. C’est également une aide pour garder une conscience professionnelle et une distance thérapeutique. Je pense sincèrement que le débordement serait "pire" si les patients dont j’ai à m’occuper avaient les mêmes origines que moi (Eve, Adam, qu'ekchozàdir ?).
Oniriquiqui a écrit :Ça m'a fait l'effet d'une douche froide, m'a pas mal turlupiné, bref, m'a fait sortir de ma zone de confort.
C’est l’impression que j'ai de ce que moi je fais à mes collègues: Je les bouscule, je les gêne.
Les patients me connaissent “sévère et juste”. Que j’ai le sourire face à eux n’est pas ce qui est important pour moi dans mon travail ni pour eux dans le traitement de leur pathologie. Même si tout et n’importe quoi me donne le sourire, et que comme moi j’aime tout et n’importe quoi, ben j’aime aussi sourire !
Je me rappelle que je ne sauverais pas l’univers seule, que je peux lutter à mon échelle contre les maux des autres, je trouve encore des excuses pour essayer.
Bref, au quotidien, cette hypersensibilité à ce qui m’entoure me fatigue. Et j’aimerais vraiment bien comprendre comment m’en détacher.


:pale: je viens de voir la longueur de mon message... je file vite sans quoi je vais l'effacer !

[EDIT] pour des coquillages.
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Re: De l'hypersensibilité.

Message par dani » sam. 10 févr. 2018 14:15

Que te dire.... !!!

J'enseigne dans le monde des soins infirmiers, et c'est bien "ça", tes pratiques individualisées, que nous essayons de faire passer à nos étudiants. S'pa gagné.. mais ça leur parle. Ils sont, eux aussi, heurtés par les pratiques souvent peu réfléchies des milieux cliniques. Mais ça change, gentiment (mais en Suisse on a aussi plus de personnel et de nettement meilleures conditions de travail qu'en France, incomparable, c'est donc motivant aussi pour le personnel de s'améliorer car c'est bénéfique pour tout le monde)

Si tu es soutenue par ta cheffe, ce ne serait pas possible de mettre en place des situations de supervision : chaque semaine prendre la situation d'un nouveau patient, la décortiquer et voir comment ensemble vous pouvez l'améliorer ?

La cheffe pourrait argumenter que dans les perspectives des démarches de qualité des institutions, ça va être incontournable.... et tenter de comprendre aussi pourquoi les collègues agissent ainsi : fatigue par manque de personnel, manque de soutien des cadres et des collègues et donc manque de sens à leur travail, manque connaissances et pas de formation continue etc.... il faudrait que l'institution fasse son auto analyse et mette en place les structures d'amélioration nécessaires (ça va bien aussi dans le sens actuel de travailler sur la base des meilleures pratiques fondées scientifiquement etc... pourquoi ne pas être une fois dans les institutions meneuses... ça pourrait motiver l'administration générale ça, de briller face à l'extérieur...)

Ne lâche rien ! Et sinon commence à loucher vers les autres lieux de travail qui ont bonne réputation sur les soins dispensés aux patients (facile à dire, c'est partout un peu la même chose, je sais...)

Ou alors, tu as déjà pensé à l'enseignement dans ton domaine de soins (pour moi c'est pas clair, tu es infirmière ? éducatrice ou autre ?)

EDIT : je me relis et je suis un peu hors sujet avec mon commentaire. Mais j'ai vraiment l'impression que ton hypersensibilité n'est pas vraiment le "problème", mais que ton institution n'a peut-être pas clarifié sa vision "humaniste" du soin : avez vous une charte par exemple ? Bref, j'espère ne pas avoir été trop inutile avec ce commentaire :)
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Re: De l'hypersensibilité.

Message par Osia » dim. 11 févr. 2018 11:36

C'est professionnellement que je me sens le plus en sécurité. Je souhaite tout de même réussir à vous présenter cette hypersensibilité de façon plus juste.
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De l’hypersensibilité, il m’a été dit que c’est une chance. Pour moi c’est une source d’angoisse et de fatigue. Ne pas craquer en public est une rumination permanente. Et avec l’amour que j’ai de ce qui m’entoure, le monde de dehors est un ennemi, les inconnus un risque de fuite. Les psy m’apportent des réponses au “pourquoi l'hyperémotivité est liée à l'hypersensibilité” mais pas au “comment m'adapter à cette hypersensibilité et à l’émotion qui l’accompagne dans le monde qui m’entoure”. Qui a écrit une méthodologie de “comment réduire votre audition en 10 leçons” ou “comment détruire les transmissions de vos récepteurs sensoriels en trois jours” ?

dani, je te remercie simplement. Pour revenir à ton message: au boulot, je m’accroche à des rêves en lien avec des sujets théoriques. Et quand j’ai envie de faire un truc, le résultat est celui dont j’ai parlé: des collègues avec qui je ne m'entends pas.
Effectivement, j’ai eu l’occasion d’enseigner dans le domaine sportif. La confiance de mon employeur a été suffisante pour que j’y trouve un réel plaisir. Reprendre ce type d'activité n'est pas réalisable actuellement.

Je l’ai déjà dit, j’aime toucher différente texture, j’aime sentir les odeurs, j’aime écouter des sons et le pire: j’aime les gens ! (ouais les gens, faites “lol” si vous voulez)
Je lutte contre l'hypersensibilité avec le mouvement: je bouge.
J'aimerai bien trouver le moyen de me poser un peu.
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Re: De l'hypersensibilité.

Message par dani » dim. 11 févr. 2018 12:45

As-tu tenté la méditation pleine conscience ? il y a vraiment des effets biologiques mesurés par IRM sur les zones en rapport avec la gestion des émotions http://pages.rts.ch/emissions/36-9/8133 ... 84#8244184

et ici, un reportage d'arte (on ne le retrouve plus sur leur site, mais ici apparemment il est encore accessible, c'est ce reportage qui m'a décidée à m'y mettre https://positivr.fr/vertus-bienfaits-me ... aire-arte/ ... zut, ce n'est que le lancement, mais tu dois pouvoir le commander ou le visionner en streaming)

Je dois venir en parler à l'occasion sur le fil viewtopic.php?f=53&t=1141&hilit=mindfulness : J'en fais depuis quelques semaines 8 minutes par jour (plus, ça m'agace encore) à l'aide d'un CD de Christophe André : très bon effet sur mon hypersensibilité et la gestion du flux de pensées

Et un travail plus corporel, sur les fascias, par exemple, pourrait te convenir aussi peut-être, en apaisant un peu cette hypersensibilité viewtopic.php?f=53&t=9142#p266338 (le résumé ne parle pas de cet effet spécifiquement, mais le reportage l'aborde indirectement en évoquant l'effet du stress sur les fascias, et donc sur les douleurs, effet qui semble réciproque, si on travaille sur les fascias il est possible de rétablir aussi un équilibre émotionnel),

Sinon il y a les techniques d'EMDR viewtopic.php?f=53&t=2041&hilit=EMDR et d'EFT (j'en parle ici, et le fil en lui-même peut te parler aussi viewtopic.php?f=53&t=8137&p=241823&hilit=EFT#p241823 et la communication non violente, toujours utile quand on se fait agresser viewtopic.php?f=53&t=8137&p=241823&hilit=EFT#p241165

Ces techniques sont utiles en cas de bouffées intenses d'émotion, et avec l'EFT on devient vite autonome (perso, je ne m'en passe plus, même si j'oublie parfois de l'utiliser au bon moment)

EDIT : concernant l'eft, il commence à y avoir des revues systématiques et même méta analyses, comme par exemple celle-ci en résumé https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27889444
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Re: De l'hypersensibilité.

Message par Osia » lun. 12 févr. 2018 10:52

Merci dani !

rapidement:
A propos de la méditation. J'en ai eu de très bon écho, j'ai donc essayé. Bon... ne pas bouger pendant plus de deux minutes est un calvaire.
J'ai également essayer de faire du yoga et la méthode Pilate, même constat: ça ne bouge pas assez pour moi.
J'ai pu lire le post que tu as créer sur les fascias, c'est très intéressant. Et le docu d'Arte est vraiment super !
L'EFT pique ma curiosité, en particulier pour l'aspect autonomie dont tu parles, je vais aller fouiller un peu.
J'ai rencontré une praticienne EMDR d'accord pour dire que cette technique pourrait m'être utile. Elle m'a parlé de faire dix entretiens avant la première séance d'EMDR. :o Je me sentais déjà mal à l'aise lors de cette première rencontre, l'idée d'en faire dix autres dans le même état d'esprit à presque cent euros la séance, je me suis sauvée de chez elle.
La technique du Rythmo (proche de l'EMDR) m'a permis d'avoir de bons résultats rapidement, j'y retourne dès que j'ai besoin d'être au clair avec mes émotions.
Bref, merci beaucoup pour les infos que tu m'as apporté, je continue la lecture :)
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Re: De l'hypersensibilité.

Message par o_laurent_o » mar. 13 févr. 2018 07:22

4aorOsia a écrit :
ven. 9 févr. 2018 11:44
J’ai trouvé de nombreux posts sur le “comment gérer des émotions négatives”, beaucoup moins sur le “comment gérer son amour de/pour l’autre”. Aussi je dépose ici mon petit questionnement: auriez-vous des lectures et/ou des pistes de réflexion à me conseiller à moi, ainsi qu’à ceux qui “aiment trop” ?
Cela car les émotions négatives sont une problématique universelle tandis que le surplus d'empathie est souvent considéré comme un syndrome d'un trauma au regard des psy.

Dans tous les cas, si tu fais des séances d'EMDR, tu auras des réponses. Moi même embarqué sur une thérapie de ce type, je peux maintenant dire que l'EMDR est plus de l'exorcisme que de la méditation. On installe un lieu sûr dans lequel on se prépare à recevoir, ou plutôt à voir surgir, ses vieux démons pour un combat épique et bien violent.

Hum... Ce pourrait être un bon scénario pour un RPG-serious game thérapeutique. :heralkes:

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Re: De l'hypersensibilité.

Message par dani » mar. 13 févr. 2018 10:46

Ah mais je suis tout à fait d'accord avec toi o_Laurent_o (l'EMDR n'a en effet rien à voir avec la méditation, désolée si je me suis mal exprimée)

Perso, je suis devenue moins empathique compulsive quand j'ai abordé mes démons en profondeur, mais mon cas ne ne peut être généralisé. Mais il peut être intéressant d'envisager que l'empathie extrême soit un signe que quelque chose chez nous a peut-être besoin d'être vu-soigné, etc... (mais bon, là je fais un peu psy café du commerce... mais c'est par ailleurs assez typique chez les infirmières, et surtout les étudiantes infirmières que je côtoie depuis 24 ans qd même, le syndrome du St-Bernard... quand on creuse un peu on voit qu'il y a souvent derrière un besoin de soigner quelque chose en soi ou dans son histoire familiale. On s'éloigne de l'empathie, mais l'empathie est nécessaire pour être un St Bernard efficace :huhu: )

Quand à ton expérience de la méditation 4aorOsia je comprends tellement bien ! En fait c'est sur les conseils d'un membre de AS en mp que j'ai utilisé les méditations guidées de Christophe André. De l'écouter évite le "vide" de la méditation, on fait ce qu'il nous dit (nous recentrer sur les sensations de nos membres, de la respiration etc...) et il nous déculpabilise d'avoir des pensées parasites etc... Mais bon, ça ne convient pas à tout le monde, on est bien d'accord ! mais j'ai réalisé à quel point je ne cessais de penser, et surtout à quel point ces pensées étaient auto dévalorisantes (alors que je pensais avoir bien avancé sur le sujet.. autant pour moi... ça a été très très désagréable comme prise de conscience, mais depuis j'arrive à mieux maîtriser mes mouvements cycliques négatifs (mais dès que j'arrête, et c'est le cas depuis quelques jours, c'est à nouveau plus difficile... bref....un travail de longue haleine). Et le bouquin qui accompagne le CD est parfait aussi (méditer pour ne plus stresser... les méditations sont bien dites par C. André mais le bouquin (qui contient bien sûr le CD) est de Mark Williams et Danny Penman.
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Zouky

Re: De l'hypersensibilité.

Message par Zouky » mar. 13 févr. 2018 19:50

Je me reconnais tellement dans vos propos à tous sur l'hypersensibilité.
J'ai essayé la sophrologie mais je n'arrive pas à rester en place. Je me sens moins seule sur le fait de pas rester en place
Quand je ressens un trop plein d'émotion, je vais me promener dans la nature cela m'apaise. J'observe, j'écoute et je me laisse envahir par cette sérénité qui en émane. Cela m'aide aussi à réfléchir sur certaine chose.
Mais quand je suis en colère, pour moi, il y a pas mieux que le sport. Ca un effet défouloir, ca fait du bien ^^

Ce sont mes petite astuces, en espérant que ça peut marcher pour toi aussi :)

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Re: De l'hypersensibilité.

Message par Osia » jeu. 15 févr. 2018 08:01

4aorOsia a écrit :
ven. 9 févr. 2018 11:44
J’ai trouvé de nombreux posts sur le “comment gérer des émotions négatives”, beaucoup moins sur le “comment gérer son amour de/pour l’autre”. Aussi je dépose ici mon petit questionnement: auriez-vous des lectures et/ou des pistes de réflexion à me conseiller à moi, ainsi qu’à ceux qui “aiment trop” ?
o_laurent_o a écrit :
mar. 13 févr. 2018 07:22
Cela car les émotions négatives sont une problématique universelle tandis que le surplus d'empathie est souvent considéré comme un syndrome d'un trauma au regard des psy.
J’ai l’impression que les gens autour de moi veulent acheter et posséder. Comme si aimer était un perte de temps pour eux. Est-ce que reconnaître aimer aimer est si difficile ? Je m’interroge sur l’influence de la société sur ce point: est-ce parce qu’on vit dans une société où l’avoir est valorisé, où la violence est banalisée ? Comment en vient-on naturellement à penser l'amour et l'empathie comme le résultat pathologique associé à un traumatisme ?
Je fais un lien avec une réflexion menée sur le livre de Daniel Kahneman ("Système 1, système 2" -édition Flammarion):
si le cerveau «comporte un mécanisme conçu pour accorder la priorité aux mauvaises nouvelles, [...] les menaces sont prioritaires par rapport aux opportunités» (p.361), les messages alarmants auront donc un impact plus important sur nous (je pense entre autre à des campagnes affichant des slogans tels que "les organismes génétiquement modifiés sont du poison", "les fruits sont remplis de pesticides"...). Est-ce que cela peut être suffisant pour expliquer l'hyper-émotivité ressentie par un sujet: l'idée qu'une chose effrayante puisse se réaliser force l'humain à consacrer ses ressources à chercher à prévenir et anticiper cette chose sans tenir compte des probabilités qu'elle a de se réaliser vraiment. Je me demande dans quelle mesure c'est vrai et quelles sont alors les possibilités de contrôler ce mécanisme de penser. Est-ce que les gens qui vivent sur un territoire où (par exemple) l'activité cyclonique est forte organisent leur vie uniquement en fonction de cette donnée menaçante pour eux ?
dani a écrit :
mar. 13 févr. 2018 10:46
(mais bon, là je fais un peu psy café du commerce... mais c'est par ailleurs assez typique chez les infirmières, et surtout les étudiantes infirmières que je côtoie depuis 24 ans qd même, le syndrome du St-Bernard... quand on creuse un peu on voit qu'il y a souvent derrière un besoin de soigner quelque chose en soi ou dans son histoire familiale. On s'éloigne de l'empathie, mais l'empathie est nécessaire pour être un St Bernard efficace )
Un livre qui peut intéresser les soignants autant que ceux qui les forment:
“Souffrance et médecine” par Serge Daneault
Serge Daneault est médecin de soins palliatifs, professeur et chercheur à l’université de Montréal. La philosophie de penser le soin qu’il aborde dans ses livres recoupent de nombreux autres courants de pensées: Platon, Jung, Laborit mais également d'Ormesson et Saint-Exupéry. Je le lis en ce moment, je verrais à faire un résumé plus complet de ce livre lorsque je l’aurais terminé.

Du constat sur le terrain, j'observe des soignants qui disent avoir de l'empathie, et qui semblent bloqués lorsqu'il s'agit de vraiment comprendre le patient, comme si accepter de vraiment comprendre cet autre présentait un danger pour eux. Alors je veux bien reconnaître que lorsque le soignant a une empathie exacerbée et qu'il arrive au milieu de patients ayant tous une expérience de vie différentes, ce soit pour lui (le soignant) quelque chose de violent. Il devient alors possible d'admettre la nécessité pour le soignant d'un besoin de maintenir cette empathie à distance de lui et de s'interroger sur le fait que cette empathie soit nocive à son efficacité sur son lieu de travail. Peut-être auriez-vous quelques idées à me proposer à ce propos.
dani a écrit :
mar. 13 févr. 2018 10:46
Et le bouquin qui accompagne le CD est parfait aussi (méditer pour ne plus stresser... les méditations sont bien dites par C. André mais le bouquin (qui contient bien sûr le CD) est de Mark Williams et Danny Penman.
Ha ? Je suis fortement intéressée ! Peux-tu me transmettre les références du livre dont tu parles ?
Zouky a écrit :
mar. 13 févr. 2018 19:50
J'ai essayé la sophrologie mais je n'arrive pas à rester en place. Je me sens moins seule sur le fait de pas rester en place
Quand je ressens un trop plein d'émotion, je vais me promener dans la nature cela m'apaise. J'observe, j'écoute et je me laisse envahir par cette sérénité qui en émane. Cela m'aide aussi à réfléchir sur certaine chose.
Mais quand je suis en colère, pour moi, il y a pas mieux que le sport. Ca un effet défouloir, ca fait du bien ^^
:D Je comprends tellement bien ! Je suis là, assise à mon bureau, je m'observe: je remue.
Comme toi, je profite de la nature pour trouver une sensation d'apaisement. Quand je fais une balade en foret, j'ai l'impression que mon corps est "en mode automatique": il marche. Et moi j'ai l'impression d'avoir le droit à ce moment là de ne pas contrôler ma pensée, de ne plus l'entendre. J'écoute les oiseaux, le vent, je regarde le décor. A l'inverse de ce que tu écris, j'écris que ça m'aide aussi à ne pas réfléchir sur certaines choses. Et ça m'apaise.
Pour ce qui est de la gestion de ma colère, je n'ai pas encore la possibilité d'en parler. Dernièrement, il m'a été conseillé d'essayer le krav maga. Je commence à y penser sérieusement (j'ai un peu peur que ce soit trop agressif pour moi comme sport... est-ce qu'il y a des gens ici qui le pratique et qui pourraient m'en dire plus ?)

Bon... c'est un peu long, j'espère juste que vous avez pu ne pas vous endormir en me lisant !
:) Merci à chacun d'entre vous pour ces messages.
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Re: De l'hypersensibilité.

Message par dani » jeu. 15 févr. 2018 09:16

4aorOsia a écrit :
jeu. 15 févr. 2018 08:01
Un livre qui peut intéresser les soignants autant que ceux qui les forment:
“Souffrance et médecine” par Serge Daneault
Serge Daneault est médecin de soins palliatifs, professeur et chercheur à l’université de Montréal. La philosophie de penser le soin qu’il aborde dans ses livres recoupent de nombreux autres courants de pensées: Platon, Jung, Laborit mais également d'Ormesson et Saint-Exupéry. Je le lis en ce moment, je verrais à faire un résumé plus complet de ce livre lorsque je l’aurais terminé.

Du constat sur le terrain, j'observe des soignants qui disent avoir de l'empathie, et qui semblent bloqués lorsqu'il s'agit de vraiment comprendre le patient, comme si accepter de vraiment comprendre cet autre présentait un danger pour eux. Alors je veux bien reconnaître que lorsque le soignant a une empathie exacerbée et qu'il arrive au milieu de patients ayant tous une expérience de vie différentes, ce soit pour lui (le soignant) quelque chose de violent. Il devient alors possible d'admettre la nécessité pour le soignant d'un besoin de maintenir cette empathie à distance de lui et de s'interroger sur le fait que cette empathie soit nocive à son efficacité sur son lieu de travail. Peut-être auriez-vous quelques idées à me proposer à ce propos.
Tu as raison, je parlais des étudiants qui sont parfois plus dans la sympathie que dans l'empathie, et passer de l'une à l'autre nécessite en effet un sérieux regard réflexif sur ses propres émotions, et ce n'est pas facile à faire seul.

En fait, quand l'empathie est envahissante et devient "douloureuse", c'est que l'on est donc probablement plutôt dans la sympathie (mais la frontière entre les deux n'est pas toujours claire, on est d'accord), et ce n'est que là qu'elle devient un "problème" que le soignant va (mal) régler en mettant des barrières émotionnelles . Merci pour ta référence, je me réjouis de lire ton commentaire, j'irai voir aussi (la pile de nouveaux bouquins à lire s'accroît de jour en jour :P ) .

Je suis également convaincue que si le système de soins prenait un peu plus en compte la souffrance des soignants, ceux-ci s'autoriseraient à se risquer à plus d'empathie. Par exemple, en prévoyant des moments de supervision où les multiples émotions pourraient être partagées. Certaines ne sont pas forcément douloureuses, mais plutôt culpabilisantes car incompatible avec l'idéologie infirmière qui crée une sacrée pression normative (les soignants peuvent ressentir certains patients comme détestables, ou dégoûtants, ou être choqués de certains comportements déshinibés ou au contraire se sentir très attirés par eux etc...). Pour trouver "la bonne distance" avec le patient (entendre : être réellement dans l'empathie sans se laisser submerger par les émotions) ces émotions doivent être explorées, entendues, partagées sans tabou pour pouvoir être dépassées. Le soignant donc doit percevoir qu'il y a réel un soutien institutionnel avec des structures de partage et de supervision, et qu'il ne sera pas jugé négativement sur ce qu'il ressent. Sinon, les forcer à l'empathie sans les accompagner, c'est leur donner des injonctions supplémentaires sans les outils nécessaires pour l'intégrer réellement dans les soins sans s'épuiser.

Un bouquin assez pratico pratique mais vraiment utile sur le terrain pour travailler sur cette "bonne distance" (il y parle aussi de la tendresse et toussa... !) https://www.unitheque.com/Livre/lamarre ... 05946.html

Et le dernier numéro de santé mentale sur la tendresse dans les soins http://www.santementale.fr/la-revue/numero-du-mois/ (les textes évoquent le soin en psychiatrie, mais c'est assez aisément transférable dans d'autres lieux de soins)
4aorOsia a écrit :
jeu. 15 févr. 2018 08:01
dani a écrit :
mar. 13 févr. 2018 10:46
Et le bouquin qui accompagne le CD est parfait aussi (méditer pour ne plus stresser... les méditations sont bien dites par C. André mais le bouquin (qui contient bien sûr le CD) est de Mark Williams et Danny Penman.
Ha ? Je suis fortement intéressée ! Peux-tu me transmettre les références du livre dont tu parles ?
Voici :) https://www.odilejacob.fr/catalogue/psy ... 129420.php

Et merci à toi pour ces beaux échanges :) !
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Lyra
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Re: De l'hypersensibilité.

Message par Lyra » jeu. 15 févr. 2018 10:48

4aorOsia a écrit :
jeu. 15 févr. 2018 08:01
Pour ce qui est de la gestion de ma colère, je n'ai pas encore la possibilité d'en parler. Dernièrement, il m'a été conseillé d'essayer le krav maga. Je commence à y penser sérieusement (j'ai un peu peur que ce soit trop agressif pour moi comme sport... est-ce qu'il y a des gens ici qui le pratique et qui pourraient m'en dire plus ?)
Alors, le krav maga m'a été conseillé également pour gérer la cocotte minute. Résultat : je m'y suis terriblement ennuyée. :D
Je ne veux pas généraliser, ça dépend certainement des cours et des professeurs. Mais ici, chaque scéance commençait par 15min de cardio (qui défoule un peu) mais ensuite c'était très "apprentissage technique" : répétition des mêmes gestes afin d'acquérir les automatismes, puis mise en pratique en duo de ces dits geste (en les répétant encore, bien entendu !).

Ca m'a fait un peu le même effet que ce vous disiez sur la méditation : je ne tenais pas en place, regardais l'horloge toutes les minutes, j'avais envie de mouvement et d'oubli et finalement ça me faisait l'effet inverse.

Là où j'ai étonnamment fini par trouver mon bonheur pour oublier et canaliser la colère, c'est dans la danse classique et ses exercices dérivés (barre au sol notamment). Posture, souplesse, concentration et belle musique, je me sens littéralement coupée du monde et ancrée dans mon corps. J'en ressors à chaque fois sereine et sur un petit nuage. :)

Comme tout, pas de recette magique ; je te souhaite de trouver ce qui te fera du bien !!
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Re: De l'hypersensibilité.

Message par Zouky » jeu. 15 févr. 2018 15:43

4aorOsia a écrit :
jeu. 15 févr. 2018 08:01
J’ai l’impression que les gens autour de moi veulent acheter et posséder. Comme si aimer était un perte de temps pour eux. Est-ce que reconnaître aimer aimer est si difficile ? Je m’interroge sur l’influence de la société sur ce point: est-ce parce qu’on vit dans une société où l’avoir est valorisé, où la violence est banalisée ? Comment en vient-on naturellement à penser l'amour et l'empathie comme le résultat pathologique associé à un traumatisme ?
Je me suis posée la même question. J'ai remarqué que dans la société d'aujourd'hui tout ce qui peut mettre l'humain dans un état de bien-être n'est pas forcément le bienvenue et c'est aussi d'une certaine manière mal vu.. Pourquoi? Est ce que à travers la surconsommation, la surcharge de travaille, la surcharge et stress financier fait que on est plus enclin à céder à nos émotions négatives ou est ce que le fait de voir à la TV ou autre média des catastrophes, des injustices, du sang, de la violence qui nous incite d'une manière à reproduire se même schémas sans se poser de question?

J'ai aussi remarqué que malgré tous ses paramètres, l'humain cherche à être bien. Il y a certain qui se tourne vers la spiritualité, d'autre qui se tourne vers des activités artistique... Je pense que l'amour est l'essence même de l'humain. Si, on remonte à la naissance, on retrouve l'amour indéfinissable de la mère envers son enfant, l'amour de son prochain à qui on ne veux aucun mal.. l'amour, au sens large, est présent dans nos veines, on s'y sent bien et je pense qu'on recherche tous cette état de "bien-être".
En ce qui concerne, les pathologies sur l'empathie ou autre ce sont des excuses pour nous en éloigner. Il y a beaucoup de métier qui œuvre pour son prochain mais pourquoi ne sont-il pas mis en valeur? pourquoi c'est la compétition qui est mis sur le devant de la scène? Je pense qu'il y a anguille sous roche de ce point de vue.

Personnellement, aimer est facile. C'est compliqué pour certain de le recevoir, selon son vécu mais avec de la douceur on y arrive toujours. J'ai l'idée utopique que tout le monde soit heureux.. mais certain ne le veulent pas ( selon leur vécu et ce qui connaissent) et d'autre part à travers les autres c'est mal vu. Je m'en fiche que pour les autres sa soit mal vu tant que ca fait du bien à la personne concerné. Et si, on ne veux pas de cette amour dans ce cas là, je le garde pour moi. Il faut aussi savoir prendre sur soi quand c'est nécessaire ( par exemple, ca me fait mal au cœur quand je vois que des personnes âgées se sentent seule et sont triste mais je sais que je peux rien pour eux à part leur accorder un peu de mon temps) Il faut savoir les limites afin de se protéger soi-même de ce trop plein d'émotion. Pour moi, ma limite c'est quand ma personne peut être en danger.

Pour la nature oui c'est vraiment apaisant ^^ quand je dis que j'aime bien réfléchir pendant que j'y suis c'est que j'ai des sujets favori à réfléchir qui me font du bien mais parfois je dérape et je pense à tout et à rien à la foi :) mais se concentrer sur ce qui nous entoure c'est super apaisant. Ils vous arrivent-il de "parler" avec les oiseaux ou les animaux?
Lyra a écrit :
jeu. 15 févr. 2018 10:48
Là où j'ai étonnamment fini par trouver mon bonheur pour oublier et canaliser la colère, c'est dans la danse classique et ses exercices dérivés (barre au sol notamment). Posture, souplesse, concentration et belle musique, je me sens littéralement coupée du monde et ancrée dans mon corps. J'en ressors à chaque fois sereine et sur un petit nuage. :)

Comme tout, pas de recette magique ; je te souhaite de trouver ce qui te fera du bien !!
Je suis agréablement surprise que la danse classique te permet d'être sereine et sur un petit nuage après un sentiment de colère. C'est vrai que la musique classique m'apaise. :) il y de tout dans le monde ^^ moi c'est sûr que je suis ton opposé quand je suis en colère, il faut que je me défoule de façon "violente" pour "extraire" toute ces émotions négatives

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Tamiri
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Re: De l'hypersensibilité.

Message par Tamiri » lun. 19 févr. 2018 21:04

Là dessus je crois que j'ai un blocage. Bon, je ne suis pas dans le secteur médical ni même social (faible exposition professionnelle à la détresse d'autrui par rapport aux gens de ces secteurs), par ailleurs j'ai des difficultés importantes avec l'implicite, et donc n'ai pas une capacité immédiate d'empathie avec toute l'humanité car je ne sais pas spontanément voir au delà des carapaces, lire les souffrances derrière les formes apparentes d'agressivité, de cynisme, les comportements énigmatiques ou taciturnes. Je pourrais donc dire que dans une certaine mesure, ça me protège partiellement. Et cependant quand je perçois les problèmes (fût-ce après explication par des gens plus subtils que moi) je craque facilement, et me mets occasionnellement en "danger professionnel" (voire pire) par des réactions mal contrôlées.

Et ce faisant :

D'une part, beaucoup des notions relevant de la méditation et des autres "techniques de contrôle" plus ou moins liées à l'émotionnel appartiennent pour l'instant si peu à mon bagage culturel que je ne sais pas exactement comment en parler sans faire d'amalgames ;

D'autre part, j'éprouve une répulsion, fondamentalement, envers l'idée de tenter de contrôler ma réceptivité émotionnelle ou ma faculté de réaction, car : je ressens comme un blocage vis-vis de tout ce qui pourrait ressembler à une "désensibilisation" : si je me "protège", qu'est-ce qui me garantira désormais du risque d'intégrer une part de cynisme ou d'indifférence à mon comportement ?

J'ai un "défouloir" émotionnel, à savoir la "surexposition" à l'émotion d'origine artistique et esthétique qui constitue à la fois mon boulot et mes loisirs, ça me permet d'évacuer une partie de mon fort potentiel lacrymal à des moments précis et sans conséquence, mais pas d'en faire abstraction. Je ne sais pas si c'est pour des raisons d'éducation, j'ai tellement l'habitude de tenir la sensibilité pour une qualité que je m'en voudrais d'aller à son encontre. Et pourtant, je constate qu'en pratique elle me met en difficulté, c'est une posture qui devient intenable.

Ajoutez à ceci une formidable, incommensurable, gigantesque paresse qui fait qu'entreprendre n'importe-quoi qui supposerait un effort, heu... je le ferai plus tard.

Zouky

Re: De l'hypersensibilité.

Message par Zouky » lun. 19 févr. 2018 23:38

Tamiri a écrit :
lun. 19 févr. 2018 21:04
[...]
D'autre part, j'éprouve une répulsion, fondamentalement, envers l'idée de tenter de contrôler ma réceptivité émotionnelle ou ma faculté de réaction, car : je ressens comme un blocage vis-vis de tout ce qui pourrait ressembler à une "désensibilisation" : si je me "protège", qu'est-ce qui me garantira désormais du risque d'intégrer une part de cynisme ou d'indifférence à mon comportement ?
[..]
Je te rejoins sur ce point aussi, c'est même impensable de me "fermer" à ma réceptivité émotionnelle. Ca ne me viendrait même pas à l'esprit pour te dire... D'une certaine manière ça fait partie de moi, parfois ma sensibilité m'est douloureuse, parfois d'autres personnes en abusent, parfois c'est extraordinaire de ressentir tellement de chose. Il y a des mauvais côtés comme des bons.

J'ai toujours voulu me protéger et devenir quelqu'un de "fort" à retenir mes larmes.. mais maintenant, je comprend, et je fais avec :)

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Re: De l'hypersensibilité.

Message par Choupinne » mar. 20 févr. 2018 08:14

Mais être fort, c'est pas retenir ses larmes, c'est les laisser couler, et les assumer sans en avoir honte. Et encore plus pour les mecs !
"Il me fallait une bonne citation à mettre en signature, mais j'ai rien trouvé de sympa..."
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Re: De l'hypersensibilité.

Message par Zouky » mar. 20 févr. 2018 12:09

Assumer et ne pas avoir honte. Je prend note pour la suite :)
Je n'aime pas qu'on me voit dans ces moments là, est ce du a une certaine pudeur ou a une peur?

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Re: De l'hypersensibilité.

Message par alouette » mar. 20 févr. 2018 14:08

Hypersensibles... bonjour :cheers:

Encore un post qui me touche tout particulièrement. Se cacher par pudeur ou par peur ? Je dirais les deux. Même les normosensibles (oui oui je viens d'inventer ce mot, à moins que quelqu'un l'ait déjà fait ?) ne s'affichent pas dans ces moments là. Pudeur parce que bon, quand même, c'est dérangeant pour autrui (et ça ne fait pas toujours très adapté malheureusement). Et peur parce qu'on se met à nu, on se dévoile et donc on est plus vulnérable. Si quelqu'un de mal attentionné nous voit comme cela, il pourrait en profiter (mais ne voyons pas le mal partout, la plupart des gens qui le voit sont plein de bonnes intentions :) ).

Après j'aimerais soulever la question de la prise de recul. Est-ce que l'hypersensibilité peut être à l'origine d'un manque de recul (parce que des fois, il n'y pas de drame dramatique) ou alors l'inverse ? Ou encore, peut-on être hypersensible mais quand même avoir du recul ? Pour ma part, ce n'est pas tant mon hypersensibilité qui me dérange mais vraiment le fait qu'on me reproche mon manque de recul ("c'est pas la peine de pleurer pour ça" ou alors des analogies avec les enfants pleurnicheurs qui peuvent m'enlever l'idée que je suis mature).

Ceci dit, petite louange à l'hypersensibilité : comme on se sent vivant ! Certes il y a les gros moments de déprime... Mais n'oublions pas les petits bonheurs qui nous émeuvent au possible alors que d'autres passent complètement à côté. Et en art, quel qu'il soit, la sensibilité est un vrai plus qu'il ne faut pas refreiner. C'est bien cela qui est compliqué d'ailleurs... Vivre avec son hypersensibilité, savoir quand lui laisser la place et quand la rabrouer (gentiment mais fermement :huhu: ).

Hâte d'encore vous lire :hai:

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Re: De l'hypersensibilité.

Message par VictorMenard » mar. 20 févr. 2018 16:39

Hors-sujet
Tamiri a écrit :
lun. 19 févr. 2018 21:04

D'une part, beaucoup des notions relevant de la méditation et des autres "techniques de contrôle" plus ou moins liées à l'émotionnel appartiennent pour l'instant si peu à mon bagage culturel que je ne sais pas exactement comment en parler sans faire d'amalgames ;

D'autre part, j'éprouve une répulsion, fondamentalement, envers l'idée de tenter de contrôler ma réceptivité émotionnelle ou ma faculté de réaction, car : je ressens comme un blocage vis-vis de tout ce qui pourrait ressembler à une "désensibilisation" : si je me "protège", qu'est-ce qui me garantira désormais du risque d'intégrer une part de cynisme ou d'indifférence à mon comportement ?
Sois rassuré, dans la méditation de pleine conscience (je ne sais pas pour les autres types, et je m'en fous), il ne s'agit absolument pas de contrôle, mais d'attention. Il n'est pas question de contrôler quoi que ce soit, mais d'observer ce qui se passe, d'abord pour s'apercevoir que c'est là, et ensuite se réconcilier avec si besoin.

Je ne peux pas savoir si cela peut aider les hypersensibles ni en quoi. Au moins, peut-être que cela peut leur permettre de 'prendre la vague', comme je continue à apprendre à le faire avec les crises d'angoisse, mais il faudrait demander à des gens qui connaissent mieux que moi.

Mais il n'y a en tout cas aucune raison de croire que cela diminuerait la profondeur ou l'intensité des émotions, et encore moins de les refouler ou les supprimer.
Autrefois j'étais indécis, mais à présent je n'en suis plus aussi sûr.

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Re: De l'hypersensibilité.

Message par dani » mer. 21 févr. 2018 08:37

VictorMenard a écrit :
mar. 20 févr. 2018 16:39
Hors-sujet
Tamiri a écrit :
lun. 19 févr. 2018 21:04
j'éprouve une répulsion, fondamentalement, envers l'idée de tenter de contrôler ma réceptivité émotionnelle ou ma faculté de réaction, car : je ressens comme un blocage vis-vis de tout ce qui pourrait ressembler à une "désensibilisation" : si je me "protège", qu'est-ce qui me garantira désormais du risque d'intégrer une part de cynisme ou d'indifférence à mon comportement ?
Je ne peux pas savoir si cela peut aider les hypersensibles ni en quoi. Au moins, peut-être que cela peut leur permettre de 'prendre la vague', comme je continue à apprendre à le faire avec les crises d'angoisse, mais il faudrait demander à des gens qui connaissent mieux que moi.

Mais il n'y a en tout cas aucune raison de croire que cela diminuerait la profondeur ou l'intensité des émotions, et encore moins de les refouler ou les supprimer.
Oui, c'est tout à fait ça, je rejoins Victor.

En usant de ces "techniques", la réceptivité émotionnelle n'est pas entamée, elle devient surtout plus consciente, plus lucide, plus contextualisée. Il me devient de plus en plus aisé de discriminer ce qui m'émeut vraiment: Très souvent, une bonne part de mon émotion générée par une situation est due à la réactivation d'émotions rattachées à des événements personnels.

Avec des techniques comme l'EFT ou la méditation (et je pense que c'est ce qui se fait aussi avec l'EMDR), c'est surtout sur cette part là que je tente d'agir (et ça, pour moi c'est un enjeu majeur, j'ai décidé une fois pour toute que mon passé (et donc les émotions reliées à certains événements) influenceraient de moins en moins comment je vis mon présent), pour ramener l'intensité émotionnelle plus en phase avec ce qui se passe réellement. Autant il est normal d'être bouleversé par des événements qui me touchent personnellement ou touchent mes proches, autant je refuse d'être bouleversée à la même intensité par les événements difficiles que vivent des inconnus. Et si j'arrive à canaliser un peu cette intensité émotionnelle, lui enlever ce qui n'a rien à voir avec la situation mais qui au contraire m'appartient (et appartient surtout à mon passé), je ne deviens pas moins sensible, mais plus "vraie" : la personne en face comprend très bien que je ne sois pas émue autant qu'elle face à ses difficultés, elle va au contraire apprécier mon aptitude à comprendre ce qu'elle vit sans me laisser happer par son émotion à elle qui lui appartient et dans laquelle je n'ai pas à m'embarquer. Et là, je peux vraiment l'aider à traverser ce qu'elle vit, jusqu'à ce qu'elle remonte un peu de sa vague (arrive à prendre sa vague comme dit VM, c'est vraiment ça). Et quand je parlais de la nécessité de mettre en place de la supervision pour les soignants dans les institutions, c'est un peu la même chose : pouvoir parler de ses ressentis, sans tabou, avec des personnes bienveillantes, permet aussi de traverser la vague afin d'agir ensuite de manière plus adaptée, avec une plus grande lucidité sur soi-même et sur la situation. L'empathie n'est pas tuée, mais au contraire nourrie car il est alors d'autant plus aisé de rencontrer le patient là où il est dans sa souffrance sans être soi-même happé.

En fait, ces approches permettent finalement de juste mieux surfer dans le monde émotionnel, il ne s'agit pas de le nier (bien au contraire, et connaître ces outils permet aussi d'affronter aussi des émotions pas toujours jolies jolies), mais de composer avec, de s'y frayer le meilleur passage pour aller de l'avant.

Cette meilleure "maîtrise" de ses propres émotions dans les moments difficiles permet aussi de leur laisser un total libre cours dans les moments sans aucun enjeu. J'ai l'impression de pouvoir encore mieux savourer la beauté de la nature, les émotions suscitées par l'Art sous toutes ses formes sont encore plus intenses, les instants précieux avec mes proches me font souvent monter les larmes aux yeux (actuellement, je suis bouleversée par la belle évolution de certains jeunes qui m'entourent que je trouve tellement matures, sains, intelligents... en vieillissant, je me sens au contraire encore plus hypersensible et touchée par trois fois rien, tellement la beauté se révèle dans des détails. Mais je me refuse à prendre toute la douleur du monde...juste ma part, j'ai déjà assez à faire avec ça :) ).

(je dois aller bosser, j'ai relu, mais c'est encore un peu décousu, désolée, mais je laisse ainsi)
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Re: De l'hypersensibilité.

Message par Osia » mer. 21 févr. 2018 13:42

Tamiri, à quelques lignes près, je dis "pareil". Je bosse entourée de gens, mon défouloir émotionnel est différent du tiens, pour le reste je me retrouve beaucoup dans ce que tu as écrit.
VictorMenard, tu parles d'une vague à surfer. Je t'avoues que lorsque la vague devient un tsunami, j'ai envie de plonger dessous très profondément et très rapidement pour qu'elle passe sans que je sois emportée avec ! Prendre une vague émotionnelle me permet (avis perso) d'avancer. Comme tu le dis, ce n'est pas ce qui diminue la profondeur ou l'intensité d'une émotion. Ce que je trouve difficile est d'accepter l'empathie lorsque les émotions autour de moi sont "haine" ou/et "colère". C'est dans ces cas où la vague devient haute et où j'ai tendance à aller me réfugier dans un coin pour pleurer afin de mettre hors de moi ce déplaisir.
dani a écrit :
mer. 21 févr. 2018 08:37
Et si j'arrive à canaliser un peu cette intensité émotionnelle, lui enlever ce qui n'a rien à voir avec la situation mais qui au contraire m'appartient (et appartient surtout à mon passé), je ne deviens pas moins sensible, mais plus "vraie" : la personne en face comprend très bien que je ne sois pas émue autant qu'elle face à ses difficultés, elle va au contraire apprécier mon aptitude à comprendre ce qu'elle vit sans me laisser happer par son émotion à elle qui lui appartient et dans laquelle je n'ai pas à m'embarquer.
Je te rejoins sur ce point dani, celui qui est en face parvient alors à trouver une place où il se sent compris sans être étouffer. En tant que soignant, je peux effectivement l'aider en gardant ma juste place. Et cette personne se sent alors plus écoutée, sa confiance en elle pour me parler est plus importante.
Mes amis me connaissant et ne me posent pas de questions si je pleure alors qu'il "n'y a pas de raison", ils ont même fini de se moquer de moi. Choupinne, je ne sais pas si c'est "être fort" que se donner le droit de pleurer. Je sais que c'est quelque chose que je me donne le droit de faire sans honte lorsque j'en éprouve le besoin. (je pleure pour tout et n'importe quoi, pas par tristesse mais impression d'avoir de la chance de voir autant de grandiosité (ha il n'existe pas ce mot ?) dans le monde qui m'entoure).
Zouky a écrit :
jeu. 15 févr. 2018 15:43
J'ai remarqué que dans la société d'aujourd'hui tout ce qui peut mettre l'humain dans un état de bien-être n'est pas forcément le bienvenue et c'est aussi d'une certaine manière mal vu..
Bon, là je ne suis pas d'accord. Outre le point de vue historique de la civilisation judéo-chrétienne et le fait que de nombreux plaisirs soit à bannir si on se réfère aux modèles religieux (comment ? la gourmandise devrait être abolie ? argh !), je pense que la société occidentale moderne se sert de l'état de bien-être que chacun semble vouloir atteindre comme d'un produit marketing. Je vois le nombre de conférences et de livres à ce sujet augmenter, je vois que s'ouvrent de plus en plus les salons de relaxation, de massage, de "que-sais-je-encore" dont le seul but est de vendre du bien-être. J'ai vraiment l'impression qu'on nous vend une "obligation de bien-être".
De fait, comme il l'a déjà été dit, pleurer est alors considéré comme une absence de cet état de bien-être et donc mal perçu, voir honteux pour un grand nombre de gens.
Et associé "bien-être" et "amour" ne me semble pas une obligation, le bien-être n'étant pas une émotion.
alouette a écrit :
mar. 20 févr. 2018 14:08
Après j'aimerais soulever la question de la prise de recul. Est-ce que l'hypersensibilité peut être à l'origine d'un manque de recul (parce que des fois, il n'y pas de drame dramatique) ou alors l'inverse ? Ou encore, peut-on être hypersensible mais quand même avoir du recul ?
Alors là alouette, merci pour ta question ! Je t'avoue qu'ayant du mal à être d'accord avec moi-même, ton interrogation va m'occuper un petit moment :D Est-ce par manque de recul ou parce que le recul est trop important ? Est-ce parce que je reste fixée sur le sujet qui est devant moi ou parce que ce sujet m'amène à réfléchir à une échelle qui peut me dépasser ?

Je trouve qu'il est facile de dire "aimer". Ce n'est qu'un mot. L'émotion elle est plus difficile à ressentir, pour moi en tout cas. Je la canalise pour qu'elle ne me déborde pas.
Je sais qu'aimer entraîne des variations au niveau hormonal dans mon organisme et modifie certaines ondes cérébrales, je sais qu'aimer modifie la perception et l'interprétation que je fais des signaux que je perçois, peut-être est-ce ce qui m'empêche de me laisser aller à aimer librement lorsque je suis entourée d'autres gens.
Pour Helen Fisher (spécialiste en anthropologie biologique), l'émotion "amour" est liée à trois systèmes: le désir est principalement lié à la testostérone, l'amour romantique est lié à la dopamine, la sérotonine et l'adrénaline, l'attachement est lié à l’ocytocine et la vasopressine. Je me reconnais comme incapable de maîtriser (ou d'agir volontairement sur) le taux d'hormones qui se libère dans mon organisme.

Bref... c'est déjà bien assez long, je passerais vérifier qu'il n'y a pas trop d'incorrection orthographique après avoir dormi !
Et comme j'aime bien mélanger un peu tout ça, je m’intéresse aux travaux de Humerto Maturana. Si quelqu'un a un titre de livre ou un article à me conseiller !
«Les grandes personnes sont décidément très très bizarres».
Le Petit Prince

Zouky

Re: De l'hypersensibilité.

Message par Zouky » mer. 21 févr. 2018 15:28

alouette a écrit :
mar. 20 févr. 2018 14:08
Est-ce que l'hypersensibilité peut être à l'origine d'un manque de recul (parce que des fois, il n'y pas de drame dramatique) ou alors l'inverse ? Ou encore, peut-on être hypersensible mais quand même avoir du recul ? Pour ma part, ce n'est pas tant mon hypersensibilité qui me dérange mais vraiment le fait qu'on me reproche mon manque de recul ("c'est pas la peine de pleurer pour ça" ou alors des analogies avec les enfants pleurnicheurs qui peuvent m'enlever l'idée que je suis mature).
C'est une très bonne question: Pour ma part, j'essaye de faire la part des choses entre mes ressentis et ceux des autres. Est ce que ce serait nécessaire dans cette situation de me laisser aller à l'émotion ou justement est ce que la situation me permet de prendre un certain recul sur ce que je ressens?
Dans la plupart des cas, je prend conscience de cette émotions et je l'accepte pour ce qu'elle me produit et après je me demande qu'est ce que je fais?
Je dirais que le recul se fait selon la situation et selon les cas s'adapter en fonction.
Osia a écrit :
mer. 21 févr. 2018 13:42
Bon, là je ne suis pas d'accord. Outre le point de vue historique de la civilisation judéo-chrétienne et le fait que de nombreux plaisirs soit à bannir si on se réfère aux modèles religieux (comment ? la gourmandise devrait être abolie ? argh !), je pense que la société occidentale moderne se sert de l'état de bien-être que chacun semble vouloir atteindre comme d'un produit marketing. Je vois le nombre de conférences et de livres à ce sujet augmenter, je vois que s'ouvrent de plus en plus les salons de relaxation, de massage, de "que-sais-je-encore" dont le seul but est de vendre du bien-être. J'ai vraiment l'impression qu'on nous vend une "obligation de bien-être".
Justement, ne serait ce pas les conséquences du surplus de travaille, de plusieurs cas de dépression, de plusieurs cas de burn out? On remarque que d'avantage de personne se sentent mal, se remette en question et recherche cette quête d'être heureux.. Dans un sens commerciale, plus il y a de demande il y aura par conséquent plus d'offre. Vu les maux, la médecine traditionnel c'est vu être à mal et les personnes se tournent vers d'autre pratique naturelle comme les ergothérapie, la sophrologie.. ces concepts n'existaient pas avant mais il y a eu de la demande pour que c'est pratique se développe.
Dans un sens, est ce que c'est pas parce que au niveau société, l'humain a été mis à mal qui cherche une solution pour s'en sortir? Pour s'évader?

Je suis d'accord avec toi Dani :)
Au début, quand on me confiais des soucis , je ressentais le mal-être de la personne.. C'est tellement intense que je me dois de l'aider à tout prix pour que cette personne soit dans une bonne dynamique et la protéger de cette douleur mais ça finissait souvent en crise car je percevais le problème intime dont eux même n'ont pas eu conscience... Assez problématique et aussi intrusif pour la personne. (Je reconnais aussi que je ne mettais pas les formes)
Désormais, j'apprends que si une personne se confie c'est uniquement dans le but premier d'avoir seulement une oreille attentive (une forme de purgeoir émotionnel) et après seulement à sa demande d'avoir une réponse mais ce n'est pas systèmatique.
Ça peut paraître évident pour certain, mais pour moi chaque problème a une solution et je ne comprenais pas pourquoi on parlait d'un problème si ce n'est pas pour le résoudre.

Tchoutchou
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Re: De l'hypersensibilité.

Message par Tchoutchou » mar. 24 avr. 2018 09:17

Coucou Osia !

Je viens juste de voir ton post (il est vrai que le forum est tellement vaste, qu’on met du temps à faire le tour :))
Ce sujet me touche particulièrement car je suis comme toi, hypersensibilité positive.
Le point qui me dérange (pas vis à vis de toi mais de la société) c’est que l’on doit cacher cet hypersensibilité.
J’aurais tendance à dire que si elle était négative pourquoi pas (c’est sur que les autres n’ont pas à pâtir de nos états d'âme négatif ) mais dans ton cas et le mien ce n’est que du positif on donne de l’amour !

Longtemps j ai aussi contenu tout cet amour que j’avais en moi et cela me faisait souffrir.
Suite à la thérapie que je suis, ma psychologue m’a fait ouvrir les yeux.
Primo : se ficher du regard des autres (bon facile à dire quand on a aucune confiance en soi)
Secondo : devenir un peu plus égoïste et penser à soi d’abord.

Et à ses yeux (et depuis également aux miens) pourquoi contenir quelque chose d’aussi bénéfique pour moi et pour les autres que le don d’amour ?

Là est la vraie question !!

Si je peux te donner un conseil, sois toi même, rien ne nous oblige à rentrer dans le moule et puis de toute façon en étant surdoué c’est perdu d’avance 😂

Depuis que j’ai ouvert les yeux je me sens beaucoup mieux dans ma peau et dans ma tête !

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