Narcissisme et estime de soi

La partie consacrée à la Santé dans sa globalité. Principalement la psychologie, psychologie sociale, la psychiatrie, les troubles de l'humeur, de la personnalité, les handicaps, l'autisme...
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Ayame
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Narcissisme et estime de soi

Message par Ayame » mar. 2 janv. 2018 20:56

Bonsoir à tous,

J'ai une question légèrement "étrange" à vous poser. Je vais vous parler narcissisme.

J'étais en train de réfléchir à cette problématique très importante en spiritualité qu'est l'égo. De manière générale et triviale, les problèmes d'égo sont vus comme des problèmes concernant des personnes qui ont une trop haute estime d'elles-mêmes, qui ont besoin de dominer et de s'élever parce qu'elles considèrent qu'elles valent bien mieux que la mêlée, mais le revers d'un tel comportement, c'est le fait qu'inconsciemment la personne qui s'enfle d'orgueil a un égo atrophié dans le sens où elle a une trop faible estime d'elle-même, et par conséquent elle a besoin de dominer son monde pour se sentir exister en tant que sujet.
Dans la même veine, on peut penser les "problèmes d'égo" comme une ambiguité, voire un paradoxe entre le fait de se sur-évaluer et de se sous-évaluer en même temps. Je vais prendre un exemple : une personne qui reçoit des compliments. Disons que cette personne reçoit ce compliment, récurrent : "tu dessines particulièrement bien". Disons aussi que cette personne a une "construction narcissique" (excusez-moi si le terme est impropre) pas assez développée, dans le sens où on (les parents, l'entourage) ne lui a pas donné assez d'amour pour que son estime en fasse une personne équilibrée.
Je vois deux façons pour cette personne de recevoir le compliment. De façon la plus consciente, elle va rejeter ces éloges répétés et se persuader que les personnes qui complimentent sont victimes d'un leurre, qu'elles ne voient pas à quel point ses dessins sont mauvais, qu'un jour elle sera démasquée, etc. Mais de façon peut-être plus inconsciente, ces compliments vont s'imprimer dans son esprit, de façon d'autant plus nette qu'ils sont récurrents, et la personne se constituera (malgré elle) l'image d'une personne qui dessine particulièrement bien. Le problème, c'est que du fait de son égo atrophié, deux conceptions d'elle-même vont s'affronter, et j'ai l'impression que dans ces cas ce sont deux extrêmes qui vont s'affronter : soit la personne se voit comme la plus grande dessinatrice de tous les temps, soit elle est la plus piètre dessinatrice que le monde n'ait jamais connu.

D'où ma question : est-il possible que ce soit ce genre de "schémas" qui créent chez certaines personnes la croyance/lubie* selon laquelle elles font partie du cercle très fermé des génies qui vont changer la face du monde? Ou en tout cas des personnes qui seront les plus renommées dans leur domaine d'expertise?

En fait j'ai lu un papier dont une partie parlait de ces gens qui se projettent dans une destinée exceptionnelle. Je crois qu'ils liaient ce genre de fantasme à un désordre psychologique. Mais je ne me souviens plus du papier en question. Et la question me taraude en ce moment, donc je la soumets ici :P

*Je parle de lubie, mais il peut aussi s'agir de souhait très fort

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soazic
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Re: Une lubie

Message par soazic » mar. 2 janv. 2018 21:08

Un désordre mégalomaniaque?

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Armie
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Re: Une lubie

Message par Armie » mar. 2 janv. 2018 22:13

Bonjour Ayame,
Peut-être que le papier dont tu parlais parlait du trouble de la personnalité narcissique?... En effet, parmi les critères il y a les fantasmes de succès, pouvoir, beauté, splendeur, etc. illimités, mais ce n'est qu'une des manifestations possibles. Il y a aussi, entre autre, le manque d'empathie, l'arrogance, le besoin d'être admiré, l'idée que tout serait dû, etc.
Et c'est un mode général de fonctionnement, dans diverses situations du quotidien.
Mais si tu fantasmes de temps en temps sur ta destinée exceptionnelle, ça ne fait pas forcément de toi une personne ayant un trouble de la personnalité.

Dans l'exemple que tu mentionnes, il y a plein d'options possibles. La personne pourrait avoir une mauvaise estime de soi de façon globale ("je suis nul"), et le compliment viendrait entrer en contradiction avec cette croyance qu'elle a sur elle-même , auquel cas elle ne va tout simplement pas le remarquer, ou en tenir compte.
Ou alors, elle pourrait avoir une estime d'elle même assez moyenne, mais dans le domaine du dessin, avoir plutôt confiance en ses capacités. Auquel cas le compliment vient renforcer cette petite poche de confiance en soi pour cette tâche particulière, ce qui impactera probablement positivement ses futures performances en dessin.
Ou encore, c'est la première fois que cette personne dessine de sa vie, elle ne s'attendait pas à obtenir un résultat qui ressemble à quelque chose, et le compliment qu'elle reçoit est détonnant par rapport à certaines croyances qu'elle a d'elle même (par ex: "je suis nul pour toutes les activités pratiques"). Si elle a confiance dans le jugement de celui qui complimente, elle pourrait être amener à revoir cette croyance suite à cette épreuve du réel.
Ou encore mille autre possibilités.

Bref, si ta question était: "est-ce qu'un narcissisme pathologique peut provenir ou se manifester par une estime de soi en dents de scie", à ma connaissance la réponse est non, mais ça n'empêche pas de pouvoir être égocentré pour autant. ;)
(c'est toute la différence entre un simple trait de personnalité et un fonctionnement global figé)

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Re: Une lubie

Message par TourneLune » mar. 2 janv. 2018 22:51

Par contre pourrais tu trouver un titre plus explicite afin que ce soit plus clair pour les lecteurs du forum?
Pour les mp qui ne sont pas à caractère personnel, merci d'envoyer vos messages au groupe " modérateurs globaux", ce sera plus efficace ;)

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Obsidian
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Re: Une lubie

Message par Obsidian » mer. 3 janv. 2018 01:23

Ayame a écrit :
mar. 2 janv. 2018 20:56
Dans la même veine, on peut penser les "problèmes d'égo" comme une ambiguité, voire un paradoxe entre le fait de se sur-évaluer et de se sous-évaluer en même temps.
Il me semble que l'on devrait différencier deux notions : confiance en soi et estime de soi. On pourrait logiquement penser que les deux ne peuvent qu'évoluer en même temps et dans le même sens, mais pas forcément. Ainsi, il est possible qu'une faible confiance en soi soit dû à une trop forte estime de soi. La personne aura donc conscience de ses capacités élevées (dans le domaine du dessin, vu que tu le prends comme exemple) et bien supérieures à celles des personnes qui l'entourent, mais elle aura des difficultés à les montrer, parce qu'effrayée, ne se sentant pas suffisamment en sécurité, ou peur de finalement ne pas avoir le niveau que son estime lui fait percevoir d'elle-même.
Ayame a écrit :
mar. 2 janv. 2018 20:56
Je vois deux façons pour cette personne de recevoir le compliment. De façon la plus consciente, elle va rejeter ces éloges répétés et se persuader que les personnes qui complimentent sont victimes d'un leurre, qu'elles ne voient pas à quel point ses dessins sont mauvais, qu'un jour elle sera démasquée, etc.
Ce passage fait référence à ce qu'on appelle plus communément "le syndrome de l'imposteur". Je vais directement citer Wikipédia : "Les personnes atteintes du syndrome de l'imposteur expriment une forme de doute maladif qui consiste essentiellement à nier la propriété de tout accomplissement personnel. Ces personnes rejettent donc plus ou moins systématiquement le mérite lié à leur travail et attribuent le succès de leurs entreprises à des éléments qui leur sont extérieurs (la chance, un travail acharné, leurs relations, des circonstances particulières). Elles se perçoivent souvent comme des dupeurs-nés qui abusent leurs collègues, leurs amis et s'attendent à être démasquées d'un jour à l'autre."

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Re: Une lubie

Message par Miss souris » mer. 3 janv. 2018 11:54

Sans compter qu'il y a aussi l'option "on me complimente, mais c'est parce que les gens en face ne connaissent rien au dessin ..." ou c'est pour me faire plaisir, ou par politesse...Dévaloriser le compliment pour ne pas avoir à l'affronter vraiment. Soit parce que c'est "mal" de réussir mieux que quelqu'un d'autre, soit parce que ça perturbe trop la voix qui dit "tu es nulle"...
Ce n'est que mon extrapolation de ce qui est dit, j'interprète ta réflexion. J'y vois personnellement la marque de jolis souvenirs destructeurs ...
Et Obsidian : effectivement, il me semble que quelqu'un qui aurait confusément une haute idée de ce qu'il "doit" accomplir en ayant aussi une conscience encore plus aigüe de ses limites ne peut que terminer avec la confiance en soi dans les chaussettes ... Un ego boursouflé parce qu'atrophié. Ou détruit parce qu'hypertrophié. Ou le contraire.

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Re: Une lubie

Message par W4x » jeu. 4 janv. 2018 18:28

Ce que tu décris semble plutôt faire état d'une faille dans l'ego, au contraire d'une recherche de reconnaissance à tout prix. Entre l'acceptation inconditionnelle et le rejet complet de l'appréciation de l'autre il y a un juste milieu à trouver et cela ne peut se faire sans être en paix avec soi-même. Comment sinon interpréter à leur juste valeur le retour de nos semblables sur nous-mêmes et se positionner au plus juste vis-à-vis de cela?
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