Quand le "fake" entrave la thérapie

La partie consacrée à la Santé dans sa globalité. Principalement la psychologie, psychologie sociale, la psychiatrie, les troubles de l'humeur, de la personnalité, les handicaps, l'autisme...
Détrash

Quand le "fake" entrave la thérapie

Message par Détrash » dim. 2 oct. 2016 09:46

Bonjour à tous

J'ouvre cette discussion car il ne me semble pas l'avoir vu, traité de cette manière, sur le forum.

Je crois que j'ai dévéloppé, depuis un moment (je ne sais pas trop combien de temps exactement), une fause personnalité qui m'empêche d'avoir un véritable échange avec la psychiatre.

Pour résumer, lorsque je suis devant la psychiatre, la fille insomniaque qui pleure quasiment toutes les nuits disparait, comme par magie, laissant place à une autre personne qui a l'air bien dans ses baskets. Lorsqu'elle me demande de quoi je veux parler, je commence par ma petite enfance, pensant que c'est "la procédure" à suivre.
La dernière fois qu'on s'est vu, elle m'a quand même demander si je voulais revenir...Je crois qu'elle pense que j'ai juste un besoin de reconnaissance (de mes parents?) qui ne constitue, en soi, pas quelque chose de grave.

Je voudrais lui paraître "vrai" au moins pendant une minute pour pouvoir espérer une thérapie, mais comment faire si elle s'est déjà faite une opinion?
L'un de vous a-t-il déjà été confronté à la frustration de ne pas pouvoir demander de l'aide à cause d'un faux-self? Comment vous en êtes vous sortis?

J'ai pensé à changer de psy, mais je crois vraiment que c'est à moi de persévérer car je me rend compte que le problème s'est posé avec tous les psychologues que j'ai vu jusque-là.
Je renvoie une image fausse qui provoque des réactions négatives qui elles-mêmes "enferment" mon vrai "moi" de plus belle.

Cette situation me rend encore plus mal et j'aimerais avoir vos avis, expériences, ou même suggestions car je suis très affaiblie psychologiquement et physiquement. Je veux m'en sortir, mais pour la première fois de ma vie, j'avoue avoir besoin d'aide.

J'espère que ce topic n'est pas de trop et merci d'avance pour vos réactions.

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galou
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Re: Quand le "fake" entrave la thérapie

Message par galou » dim. 2 oct. 2016 09:58

Salut !

Dans un premier temps, il faudrait peut-être que tu lui dises ça, non ? Et après, voir sa réaction et aviser... Je crois aussi qu'il faut tomber sur la bonne personne.

Mon expérience: j'ai vu 2 psychologues dans ma vie. La première, faux-self aidant, je ne l'ai vue que 2 fois et je suis repartie, croyant moi-même que j'allais bien (je n'avais pas conscience de mon faux-self, je sais, c'est bizarre).
La seconde a été parfaite avec moi et a creusé (c'est elle qui m'a parlé de mon faux-self). Par exemple, après 2 mois de thérapie, j'avais l'impression que tout allait bien, et elle m'a fait faire un exercice (celui de la petite fille). J'ai fondu en larmes... Donc elle m'avait bien repérée et ma thérapie a été un succès (enfin, je crois :P ). Par contre, elle est spécialisée dans les surdoués (je ne le savais pas à l'époque), donc ça a dû l'aider vis-à-vis des mécanismes de défense, le faux-self semble assez répandu chez les extra-terrestres :1cache:

Mais je pense vraiment qu'il faut que tu en parles avec elle, c'est comme cela, et selon sa réaction, que tu pourras avoir une relation de confiance. Pour le moment, tu te protèges d'elle comme des autres.
"Si je devais résumer ma vie aujourd’hui avec vous, je dirais que c’est d’abord des rencontres. Des gens qui m’ont tendu la main [...] je chante la vie, je danse la vie!"

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Re: Quand le "fake" entrave la thérapie

Message par soazic » dim. 2 oct. 2016 11:12

Je pense également que ce serait aidant de lui dire, est ce que tu te sens pleinement en confiance avec elle?

Bodji
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Re: Quand le "fake" entrave la thérapie

Message par Bodji » dim. 2 oct. 2016 11:26

Bon .... moi une psy qui n'a as compris d'elle-même qu''il fallait creuser , euh.... comment dire ...

il te faudrait une Psy à qui on ne la lui raconte pas et qui tienne vraiment la route, qui sache toucher là où il faut ...une qui sache y faire avec les surdoués, non ?

Mon expérience : un psy qui allait chaque fois toucher là où j'avais pas envie d'aller, trois grains de sel et une pointe de poivre bien sentis... j'avais pas besoin de le voir souvent car j'en avais pour 6 semaines à digérer ... mais j'ai avancé vite et bien. Mais spécialisé dans la thérapie des surdoués ... il en est un lui même et connaissait toutes nos stratégies pour le rouler dans la farine :-) , impossible de tricher avec lui

Détrash

Re: Quand le "fake" entrave la thérapie

Message par Détrash » dim. 2 oct. 2016 13:23

"(je n'avais pas conscience de mon faux-self, je sais, c'est bizarre)."

Je ne trouve pas ça bizarre, au contraire...
C'est pareil pour moi, je viens de le comprendre et si je suis inquiète c'est plus pour anticiper le prochain entretien.
En effet je ne sais pas si j'arriverai à le lui dire sans que justement, ça ne sonne "trop faux", la première impression ayant été faussée à cause de cette attitude "calculée".
je ne l'ai vu que deux fois et c'est en partie lorsqu'elle a évoqué "la crise d'identité" que ça a fait "tilt" en moi sans que je ne puisse, dans un premier temps, comprendre pourquoi.
Ce n'est qu'une fois chez moi, que j'ai réanalyser la discussion, en essayant de faire abstraction du malaise que j'ai ressentie lorsqu'elle m'a donné l'impression de ne pas me prendre au sérieux...

Finalement c'est elle qui m'a amené (peut-être sans le vouloir) sur ce chemin. C'est pour ça que je veux encore essayer et voir si j'en trouve un autre ou pas.

Ce sera mon défi de la semaine prochaine, on verra bien.

Merci Galou

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Re: Quand le "fake" entrave la thérapie

Message par Petite ourse » dim. 2 oct. 2016 13:26

J'ai rencontré ce même problème il y a quelques années.
Tout comme Galou, j'ai vu plusieurs psychologues sans avoir conscience de ce faux-self, et achevais donc systématiquement les thérapies en un temps court, en me disant, qu'après tout, je ne devais pas aller si mal que ça, et même peut-être bien après tout.

A force d'introspection, j'en suis venue à réaliser qu'il y avait ce que j’appelais - ne connaissant pas le terme - une sorte de dualité, une "Petite ourse" et une "Petite ourse face à..." qui me poussait a mettre le masque social du "tout va bien, je suis équilibrée, pas névrosée pour un sous youpitralalavivelavie ".
J'ai dans la foulée recommencé une thérapie, en espérant pouvoir moi-même, en réalisant ce phénomène, passer outre. Et ce fût un échec cuisant.

Mon faux-self s'est mis en place comme une protection (entre autre), pour ne pas être vulnérable aux yeux des autres, même de ces autres qui étaient là pour m'aider. Il me collait à la peau, se fondait dans ma personnalité au point où la limite entre les deux était ténue.
Par rapport à ce que tu disais, Bodji, peut-importe qui était en face de moi. J'ai rencontré toute une ribambelle de psy(-chologue-chanalyste-chiatre), certains me croyant sur parole, d'autres plus incisifs, essayant de gratter à droite à gauche... Mais je ne lâchais rien face à eux et savais me montrer convaincante. Même si c'était contre-productif, je n'arrivais pas à faire autrement, j'étais blindée.
J'ai donc, comme il a été conseillé plus haut, fini par en parler directement à la personne qui me suivait. Lui expliquant, que, malgré ma volonté d'être plus transparente sur les difficultés que je rencontrais, je n'arrivais pas à abattre les murs que j'avais scrupuleusement et solidement construits au fil des années. J'ai mis tout ça sur papier, et je lui ai lu en séance. Il a fallu que je réitère plusieurs fois le passage à l'écrit avant d'arriver à lâcher petit à petit le faux-self, mais ça a fini par arriver...

Je ne peux donc qu'aller dans le sens de Galou et Soazic... Si tu te sens bien avec elle, en confiance, il serait sans doute bon de verbaliser cette difficulté.

Détrash

Re: Quand le "fake" entrave la thérapie

Message par Détrash » dim. 2 oct. 2016 13:29

"
soazic a écrit :Je pense également que ce serait aidant de lui dire, est ce que tu te sens pleinement en confiance avec elle?
"

Soazic
J'avoue ne pas être très à l'aise avec elle. Je ressens la même chose avec la plupart des psy que j'ai vu, car j'avoue les trouver assez froids la plupart du temps...

Détrash

Re: Quand le "fake" entrave la thérapie

Message par Détrash » dim. 2 oct. 2016 13:52

[quote="Petite ourse"]

"Mon faux-self s'est mis en place comme une protection, pour ne pas être vulnérable aux yeux des autres, même de ces autres qui étaient là pour m'aider. Il me collait à la peau, se fondait dans ma personnalité au point où la limite entre les deux était ténue.
Par rapport à ce que tu disais, Bodji, peut-importe qui était en face de moi. "


J'ai grand mal à faire confiance, car la dernière fois que j'ai "réellement" essayé de demander de l'aide à un médecin (c'était mon médecin généraliste...), j'ai été "traitée" de névrosée, de manière très froide, alors je crois que ma confiance ne pourra éventuellement venir qu'avec le temps et les réactions du psy face à ce que je dirai.

"J'ai mis tout ça sur papier, et je lui ai lu en séance. Il a fallu que je réitère plusieurs fois le passage à l'écrit avant d'arriver à lâcher petit à petit le faux-self, mais ça a fini par arriver..."


Moi aussi je pensais à faire une lecture, pour m'obliger à aborder clairement le sujet...
Je trouvais ça un peu bizarre, mais je vais le prendre en plan B.

"Je ne peux donc qu'aller dans le sens de Galou et Soazic... Si tu te sens bien avec elle, en confiance, il serait sans doute bon de verbaliser cette difficulté"


Je vais essayer de lui parler, si ça ne passe pas, je chercherai un autre psy.

Ayame
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Re: Quand le "fake" entrave la thérapie

Message par Ayame » dim. 2 oct. 2016 16:05

detrash a écrit :"
soazic a écrit :Je pense également que ce serait aidant de lui dire, est ce que tu te sens pleinement en confiance avec elle?
"

Soazic
J'avoue ne pas être très à l'aise avec elle. Je ressens la même chose avec la plupart des psy que j'ai vu, car j'avoue les trouver assez froids la plupart du temps...
Salut,

Le problème, dans ce genre de situation, je crois, c'est qu'il faut savoir pourquoi tu ressens ce malaise. Est-ce le psy qui pose problème, parce que tu n'as pas rencontré pour l'instant la bonne personne? Ou est-ce ton faux-self qui empêche le professionnel de bien te connaitre, et d'être plus "chaleureux"? Dans le sens où tu mettrais sans le vouloir une distance entre tes émotions/ton intériorité et le psychologue. Si c'est le cas, forcément, il t'apparaitra comme froid.

Je vis la même situation que toi, alors je me permets de mettre un peu de mon vécu.
Je trouve tout comme toi que les consultations avec ma psy sont froides, qu'elles ne conduisent à pas grand chose de productif. Alors comme toi, j'ai un faux-self, et je me rends compte que je produits des réponses très rationnelles, c'est-à-dire que j'analyse mon comportement, que j'essaie d'expliquer avec des liens logiques, causes/conséquences toussa, et que finalement peu d'émotions ressortent. Et quand je sens qu'on rentre dans la sphère des émotions, et bien cela bloque, "je me protège" (c'est quelque chose que la psy a bien souligné d'ailleurs, je reconnais :) ).

Tout ça pour dire que si tu as une gêne avec tes émotions (et chaque personne qui porte un faux-self la possède), ce n'est pas étonnant que tu aies ce malaise. D'autant plus que c'est la plupart des psys que tu as rencontrés qui te font cet effet (du coup, tu n'as pas ressenti ça avec certains d'entre eux?).

Alors effectivement, la meilleure solution, et je rejoins les autres, et de parler de ton malaise, de ton sentiment de ne pas être naturelle, et de voir au fil des séances s'il y a une évolution.

En sachant qu'elle n'arrive pas forcément, et qu'il ne faut donc pas se culpabiliser. J'ai introduit le concept de faux-self avec ma psy (qui finalement n'aime pas qu'on parle en termes psycho, mais davantage avec des mots "de tous les jours" pour s'exprimer), et je n'ai pas l'impression que cela ait changé grand-chose. Ça ne me "débloque" pas, et je reste très "rationnelle" dans les échanges...

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Re: Quand le "fake" entrave la thérapie

Message par Bodji » dim. 2 oct. 2016 19:44

Je pense que cela prend du temps pour oser se livrer vraiment, ce n'est pas forcément du "faux self".... le temps de voir si en face la personne est solide, a du doigté, montre qu'elle est digne de confiance pour oser lever ses barrières, toucher aux émotions .. c'est un peu inquiétant d'arriver sur ce terrain, on se contrôle moins bien donc on veut qu'en face le répondant soit à la hauteur. Pour moi, c'est un peu comme "tester le psy", pour voir comment il réagit face à notre rationnalité, notre bonne humeur.. on sait bien que l'on triche alors qu'il me semble qu'avec un faux self on en est moins conscient.... après, la discussion peut porter sur "pourquoi je garde autant de barrières" et là je pense que les réactions du psy sont révélatrices de si on peut vraiment lui faire confiance ou non et se livrer vraiment. Et si la réponse est négative, chercher jusqu'à ce que l'on trouve le bon psy.

Mais je suis peut-être à côté avec ma réponse, ce serait cool qu'un psy expérimenté donne son avis, il y en a sur le forum non ?

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Re: Quand le "fake" entrave la thérapie

Message par Boby » dim. 9 oct. 2016 13:50

Désolé pour l'orthographe, je suis sur tablette en mousse... :1cache:

J ai vu beaucoup de psy egalement et j'ai vécu cela quelques fois.
Je pense qu'en effet, a un certain moment, si le psy n'arrive pas a se rendre compte que tu le mène en bateau (pardon pour l'image) il faut aller en voir un autre.
Un personne qui te conviendra mieux reussira à se douter de quelque chose, derriere le masque, et creuser aura pour effet de lever ces barrières.
Ca fait très "elitiste" comme façon de faire, mais pour moi, ca n'a jamais marché autrement, meme lorsque j'ai donné le meilleur pour jouer franc jeu. :nesaitpas:
Nous verrons cela... Destinée ... ou PAS !

Détrash

Re: Quand le "fake" entrave la thérapie

Message par Détrash » mar. 18 oct. 2016 12:44

Je suis désolée de cette réaction tardive à certaines réactions à mon sujet.
J'avais besoin de prendre du recul car très bouleversée par les récentes découvertes sur moi. De plus j'ai quelques problèmes de vue qui m'obligent à limiter l'utilisations des écrans...

J'ai finalement arrêté de consulter cette psy qui ne réussissait qu'à réveiller mes peurs et angoisses sans toutefois comprendre/proposer comment y remedier.

À vrai dire je ne consulte plus personne car je préfère prendre le temps d'en trouver un qui me convienne, après l'obtention des résultats de tous les tests qui se sont avérés nécessaires à la suite des incohérences révélés par le WAIS (je complèterai tout ça dans ma présentation).

Quand à mon faux-self, j'ai cherché et réussi à en trouver quelques raisons :

- La peur de décevoir
Ayant grandit dans une atmosphère qui ne tolérait pas la moindre "bêtise" , j'ai constamment peur de décevoir. La preuve, avec certaines personnes (amis/es par exemple) ne faisant pas figure d'autorité, je sais "contrôler" (parfois) ce faux-self.

- Les émotions (pour faire court)
Plus j'accumule les émotions, par exemple en procratinant trop (chez moi ça se termine toujours par de l'euphorie ou, au contraire, la déprime), plus je "perd le contrôle".

Je conçois avoir besoin de l'aide d'un professionnel, mais en attendant, je me calme en méditant et j'avoue qu'en ce moment j'évite les sorties en groupe. Ce n'est que temporaire mais ça me fait du bien. J'ai lu plus haut une méthode avec un bracelet que j'ai rendue plus pacifiste. Au lieu de me "taper" avec, je "joue" avec pendant que je discute. Ça a bien marché avec les orthophonistes et l'orthoptiste. Cet aprem je tente avec la neuro...

Je vais m'arrêter là pour ne pas laisser un propos trop confus.

PS: J'ai, dû à un trouble visuel, du mal à traiter trop d'informations à la fois. Je vais donc m'excuser également de ne fournir qu'une seule réponse (j'alimenterai ma présentation afin de mieux expliquer ma situation).

Merci pour vos réactions

TerryTate

Re: Quand le "fake" entrave la thérapie

Message par TerryTate » mer. 19 oct. 2016 13:46

Je comprends tellement ce que vous ressentez (pour ceux qui n'arrivent pas à se défaire de leur faux self devant un psy).

Je pense néanmoins qu'une thérapie quelle qu'elle soit n'est viable/utile que si le patient se montre à nu et ce à 100% , est ce qu'il y a des gens ici qui l'ont déjà fait ? (vraiment 100% hein)

J'ai pour ma part ce sentiment que si quelqu'un un jour découvrait mon vrai self à 100%, on me jetterai sur une ile déserte.
Quand j'ai passé mon test de QI en octobre 2015, c'était la première fois de ma vie que je faisais face à une psy. Mon test de personnalité est je pense biaisé par mon faux self, j'ai vendu une image de moi qui était celle que j'avais envie de lui donné et je crois qu'elle n'y a vu que du feu...

Même écrire ce message est extrêmement difficile (peur d'être démasqué), j'hésite en ce moment même à le supprimer mais je vais me faire violence et appuyer sur "envoyer".

Détrash

Re: Quand le "fake" entrave la thérapie

Message par Détrash » mer. 19 oct. 2016 14:02

Je comprends tout à fait. Me dévoiler à 100% me parait inenvisageable.
Les gens me trouveraient complètement dingue mais aussi méchante car en moi, je me permet tellement de pensées et de réflexions que les montrer au grand jour serait trop dangereux...Direct à l'asile!

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Re: Quand le "fake" entrave la thérapie

Message par Pascalita » mer. 19 oct. 2016 14:26

Juste une question sur la définition du concept, parce que je me demande si nous entendons tous la même chose par "faux-self" : le faux-self n'est-il pas inconscient ?

Et ce dont vous parlez, Detrash et Terry Tate, ne correspond-il pas plus à ce que j'appellerais une personnalité d'emprunt, à savoir qu'on se montre consciemment sous l'aspect qui semble le plus acceptable par les autres, et qu'on cache tout aussi consciemment les aspects de notre personnalité qui ne correspondent pas à ce que nous désirons être et/ou nous vaudraient un jugement négatif ?

Si le faux-self est une personnalité construite inconsciemment (dès la petite enfance), je ne crois pas que nous puissions nous-même le "démasquer". Il est nous. Et inaccessible à la volonté de se mettre à nu. Il serait alors plutôt question de se découvrir à un moment donné totalement différents de ce que nous croyions être (au cours d'une thérapie ou parce qu'il nous a conduits à un tel abîme intérieur que nous nous effondrons).

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Re: Quand le "fake" entrave la thérapie

Message par sandrinef » mer. 19 oct. 2016 15:37

"Le Monde ne te doit rien. Il était là avant toi" M.Twain

Détrash

Re: Quand le "fake" entrave la thérapie

Message par Détrash » mer. 19 oct. 2016 15:40

En ce qui me concerne, je dois admettre ne pas connaitre tous les paramètres du concept de "faux-self".

Cependant, je dois également admettre ne pas connaitre mon "moi" véritable. De plus, ce qui se passe avec les psys, n'est pas une simple "carapace" car je ne me rends même pas compte de ce que je renvoie comme image sauf lorsque je rentre chez moi et que j'analyse l'entretien (je fais toujours une analyse de mes échanges avec les gens, surtout en ce moment car souffrant d'un problème d'estime de soi)...

Mais, Pascale 68, je trouve ton analyse pertinente. À creuser...

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Re: Quand le "fake" entrave la thérapie

Message par Pimprenelle » sam. 5 août 2017 11:55

Ce sujet date un peu et je ne sais pas s'il est encore suivi.
Cette question m'intéressant, j'y ajoute quand même mon témoignage et les infos que j'ai à ce sujet suite à mon expérience ainsi que celles de proches autour de moi.

J'ai rencontré plusieurs psy (-chiatre, -chologue, -thérapeute, etc...).
Pour quasiment tous, très peu de consultations, voire même une seule (ado, ce n'était pas une démarche totalement autonome, et par là suite certains m'ont fait fuir).
J'ai consulté de façon plus fréquentes 2 psychiatres-psychothérapeutes, en thérapie (c à d en face à face et en interactions), pas sur le divan (ce qui est une analyse).
La première je l'ai beaucoup vu, à des périodes différentes de ma vie, et fait un travail considérable avec elle. Je la vois encore aujourd’hui.
La deuxième ce fut à un moment où je ne pouvais pas voir la première car trop loin et pas le temps de m'y rendre (études, travail, enfant en bas âge).
Entre les 2 la différence était énorme. J'ai consulté cette deuxième, par dépit, faute de mieux mais cela a eu quand même le mérite d'être une soupape ponctuelle, à un moment où la cocotte minute aurait pu explosée.

Pour le choix du thérapeute :
► Afficher le texte
La question financière :
► Afficher le texte
Fréquence et durée des séances
► Afficher le texte
Le positionnement du "psy", "thérapeute"
► Afficher le texte
Pour ce qui est du "faux-self", "fake", "personnalité d'emprunt" :
(je ne suis vraiment pas experte en la matière et au clair sur ces termes, désolée...), processus conscient ou inconscient.
Il me semble que c'est justement l'enjeu principal de la thérapie, découvrir qui l'on est vraiment, comment l'on fonctionne, quelles en sont les origines, la part d'inné, d'acquis, et dans tout ça qu'est ce qui nous convient et qu'est ce qui nous fait souffrir.
C'est un travail sur soi passionnant et éprouvant, tout n'est pas très flatteur à admettre, et surtout de reconnaître notre part de responsabilité dans tout ça.

Qui doit lever le(s) masque(s) ?
Dans mon cas, les "psys/thérapeutes" etc, qui sont allés au devant de mes propos m'ont mis très mal à l'aise, je l'ai vécu comme une intrusion et d'ailleurs je ne les trouvais pas pertinents du tout, voire même carrément à côté de la plaque par rapport à ce qui me préoccupait vraiment. Je n'arrivais pas à formuler ce qui me préoccupait vraiment et cela m'avait choquée que le pro en face puisse s'imaginer le savoir, le comprendre, le formuler à ma place... Et j'ai rapidement fuit...
C'était avant que je rencontre la psychiatre que je consulte (et non pas qui me suis ! La différence n'est pas anecdotique...).
La démarche thérapeutique vient du patient qui consulte. Rien, personne ne l'y oblige. Lever le(s) masque(s) est l'objectif du patient, au moins un parmi d'autres.
Je trouve ça particulier un psy qui aurait cette démarche consistant à affirmer à son patient qu'il n'est pas "vrai". Que peux-t'il bien en savoir ? Le professionnel ne peut se baser que sur ce que le patient veut bien lui dire. Il me semble que c'est au patient d'être honnête avec lui-même, attitude indispensable pour mettre à profit une démarche thérapeutique.
Aucune radio ou échographie ne peut sonder l'âme du patient, et ce sondage intérieur ne peut arriver comme ça d'un coup. Ça prend du temps. Le thérapeute n'est là que pour guider, aider à se trouver soi-même, relever des mots prononcés qui peuvent être révélateur.
La thérapie que je suis est assez interactive, et cela m'arrive régulièrement d’intervenir sur ce que dis la psy (sur un terme que je ne comprends pas ou qui ne semble pas correspondre à mon ressenti, ma problématique, etc).
C'est un moment pendant lequel il faut arriver peu à peu à ne plus se regarder de l'extérieur, faire tomber l'individu "social", en représentation, et se chercher à l'intérieur. Arrêter de se juger.
Le regard du professionnel est dérangeant, mais il est possible peu à peu de s'y faire.

Se montrer à nu à 100 % ?
Je ne sais pas si c'est mon cas... mais j'ai vécu des séances terribles, mémorables, 40 min sans décrocher un mot, des litres de larmes qui coulaient jusqu'à mes pieds, ma conscience totalement brouillée, cryptée, mais sentant bien que quelque chose avait besoin de s'exprimer et luttant pour que ça sorte enfin, les 5 dernières minutes, comme un vomi de sanglots, et une révélation qui s'en échappe défaisant, d'un coup d'un seul, beaucoup de nœuds...
Cette lutte avec soi même c'est sûr que c'est dur, ça fait mal, mais on l'accepte si l'on croit vraiment à l'intérêt de le faire.
(sentir à un moment donné que c'est "ça" le problème, ce "ça" je ne le définis pas bien encore, il me fait peur, honte, me dégoûte mais je veux le voir pour pouvoir le comprendre).

Disgressions personnelles
► Afficher le texte
J'espère que ce témoignage et les quelques infos qui vont avec pourront aider certain-es d'entre vous.
Et au plaisir d'échanger à ce sujet !
ça dépend, ça dépasse... et c'est tant mieux :P !

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Holi
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Re: Quand le "fake" entrave la thérapie

Message par Holi » lun. 26 nov. 2018 21:26

Et hop ! Je fais remonter aussi, même si, parce que, c'est vieux mais plein de témoignages que je trouve vraiment intéressants : @Détrash, @galou, @Bodji etc...

Quand on entame une thérapie c'est parce qu'on a senti un vrai besoin, même si on n'a pas mis les mots sur le mal être.
On part à la recherche, à la rencontre de soi, alors pourquoi se dissimuler ? Et aux yeux de qui est ce que l'on se cache ?

Il me semble que c'est là, la vraie question. Est ce qu'avant de vendre un faux self à son psy, on n'a pas déjà triché avec soi même ? Le personnage et l'histoire sont d'autant plus convaincants, qu'on y croit...
Et là je cite Galou :
"Mon expérience: j'ai vu 2 psychologues dans ma vie. La première, faux-self aidant, je ne l'ai vue que 2 fois et je suis repartie, croyant moi-même que j'allais bien (je n'avais pas conscience de mon faux-self, je sais, c'est bizarre)."
ou Détrash :
"Je ne trouve pas ça bizarre, au contraire...
C'est pareil pour moi, je viens de le comprendre et si je suis inquiète c'est plus pour anticiper le prochain entretien.
En effet je ne sais pas si j'arriverai à le lui dire sans que justement, ça ne sonne "trop faux", la première impression ayant été faussée à cause de cette attitude "calculée".
je ne l'ai vu que deux fois et c'est en partie lorsqu'elle a évoqué "la crise d'identité" que ça a fait "tilt" en moi sans que je ne puisse, dans un premier temps, comprendre pourquoi.
Ce n'est qu'une fois chez moi, que j'ai réanalyser la discussion, en essayant de faire abstraction du malaise que j'ai ressentie lorsqu'elle m'a donné l'impression de ne pas me prendre au sérieux..."
Petite ourse :
"malgré ma volonté d'être plus transparente sur les difficultés que je rencontrais, je n'arrivais pas à abattre les murs que j'avais scrupuleusement et solidement construits au fil des années."

Curieusement on met inconsciemment en place une attitude totalement improductive qui fait obstacle à la thérapie. Je m'interroge sur les mécanismes qui peuvent conduire à un tel comportement. Est ce de la peur ou l'incapacité à se relier à soi ?
Ma psy parle de "résistances"... Oui "ça" résiste et bien malgré moi ! Involontairement je trouve des parades, je réfléchis pour sans doute ne pas ressentir, j'analyse au lieu de plonger, et je raconte de jolies histoires...
La vie n’est facile pour aucun de nous. Mais quoi, il faut avoir de la persévérance, et surtout de la confiance en soi. Il faut croire que l’on est doué pour quelque chose, et que, cette chose, il faut l'atteindre coûte que coûte.
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Re: Quand le "fake" entrave la thérapie

Message par Unesoprano » mar. 27 nov. 2018 09:45

Holi a écrit :
lun. 26 nov. 2018 21:26
Et hop ! Je fais remonter aussi, même si, parce que, c'est vieux mais plein de témoignages que je trouve vraiment intéressants : @Détrash, @galou, @Bodji etc...

Quand on entame une thérapie c'est parce qu'on a senti un vrai besoin, même si on n'a pas mis les mots sur le mal être.
On part à la recherche, à la rencontre de soi, alors pourquoi se dissimuler ? Et aux yeux de qui est ce que l'on se cache ?

Il me semble que c'est là, la vraie question. Est ce qu'avant de vendre un faux self à son psy, on n'a pas déjà triché avec soi même ?

Curieusement on met inconsciemment en place une attitude totalement improductive qui fait obstacle à la thérapie. Je m'interroge sur les mécanismes qui peuvent conduire à un tel comportement. Est ce de la peur ou l'incapacité à se relier à soi ?
Ma psy parle de "résistances"... Oui "ça" résiste et bien malgré moi ! Involontairement je trouve des parades, je réfléchis pour sans doute ne pas ressentir, j'analyse au lieu de plonger, et je raconte de jolies histoires...
Holi J’ai été très intéressée par ce fil que je te remercie d’avoir remonté. Pourquoi se dissimuler lorsqu’on part à la recherche de soi? Mais c’est que cela insécurise de se montrer authentiquement à l’autre, et que quelquefois, on ne sait pas qui l’on est... il est alors encore moins évident de changer... Changer c’est aller vers l’inconnu, donc quitter ses repères. Et les problèmes qu’on connaît (par exemple une impression d’une vie un peu insatisfaisante ) même si on ne les aime pas, on a l’avantage de les connaître. Ils sont donc paradoxalement sécurisants. Évoluer, se transformer aura un impact sur nous mais également sur notre entourage et nous le fera découvrir peut-être également sous un autre jour, ce qui n’est pas non plus évident. Indéniablement, évoluer demande courage et capacité à lâcher-prise. Je pense pour ma part que ce n’est pas possible pour tout le monde.

Ainsi je prends mon propre chemin comme point de réflexion : si j’avais su que vouloir maigrir de quelques kilos serait une véritable épopée qui m’amènerait à une quête de ma féminité si profonde!!! Et que cela toucherait à des problématiques familiales si fortes ! Je suis passée par tant d’étapes et j’ai transformé mon existence sur bien des points. Et pourtant ce n’est qu’à 47 ans que j’espère enfin pouvoir réussir et maintenir dans le temps ce qui m’a fait pousser la porte d’un thérapeute. Entre ces deux périodes, (25 ans quand même... :coucou: ) des réussites de ce projet qui n’ont pas tenu dans le temps car dans ma famille le lien à la nourriture et à l’apparence extérieure combiné à être soi et non ce que l’on attend de vous n’est vraiment pas neutre... et que ce rapport de force m’est très difficile à accepter. Jamais je ne serais soutenue et puis c’est tout. Mais c’est facile à écrire, c’est autre chose à vivre.

Heureusement d’autres réussites ont cependant perduré dans le temps : maintien de l’affirmation de ma créativité, de ma part artistique « à moi » en dehors de la musique, de ma curiosité insatiable et de mon goût d’apprendre perpétuel ; maintien d’une meilleure cohérence personnelle entre mes paroles et mes actes et construction ainsi d’une sécurité intérieure bien meilleure car celle-ci s’est appuyée sur mon travail intérieur et sur l’épanouissement qu’il m’a apporté. Maintien depuis 13 ans d’une vie sans cigarette : car pour une chanteuse ce n’était pas anodin, cela racontait une gestion du stress assez médiocre entre autre. Maintien de ma différence sans la revendiquer, mais sans la cacher.

Il est clair que la question de la douance et de l’intelligence est également mêlée à ces questions. Intelligence et douance intellectuelle de mon père reconnue mais alliée à une personnalité très rigide, très peureuse et qui n’a pas su acquérir l’erreur comme processus d’apprentissage, ce qui est épuisant pour l’entourage. C’est ainsi que, par exemple, quand suite à des événements familiaux il a été amené à consulter un thérapeute, il a très bien su formuler certaines de ses problématiques et puis a dit très rapidement au revoir.

Pour mon frère cela a été très difficile. Mais je le lui ai dit : pour changer, il faut le vouloir, ou en entrevoir la nécessité. Être prêt à être humble avec tous les obstacles que l’on va rencontrer en soi, et également à l’exterieur de soi. Être prêt également à ne pas être forcément dans « la réussite » du projet initial : on ira où l’on pourra. Pour ma part, ainsi si je regarde mon projet de base, effectivement il n’a pas encore abouti. Par contre, j’ai cependant résolu de nombreuses problématiques.

Nos résistances parlent aussi de nous, de notre histoire et on doit faire avec elles aussi. Les compromis intérieurs et d’actes entre « je pense, je crois, je peux et je voudrais et j’obtiens» ( au minimum!!! :huhu: ) sont nombreux et font également partie du chemin que l’on rencontre lorsqu’on se plonge dans cette aventure.

Bon j’espère que cette grosse tartine de mots du matin est digeste et compréhensible, et que, même si j’ai choisi d’y parler aussi de ma propre expérience, elle prolonge ces interrogations très intéressantes. Et sur ce, un p’tit café... :whew:
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Re: Quand le "fake" entrave la thérapie

Message par Grabote » mar. 27 nov. 2018 09:58

Unesoprano a écrit :
mar. 27 nov. 2018 09:45
Jamais je ne serais soutenue et puis c’est tout
par ta famille
Une précision qui a son importance ;)
Je me permet de préciser car dans mon propre parcours, la souffrance de l'absence de soutient familiale a longtemps occulté le soutient que je recevais par ailleurs. AUjourd'hui je construis un "étayage" à base de professionnel-les de la relation d'aide choisi-es, d'ami-es sures, de rencontres fortuites et bien sur de moi-même. Mais sans les autres je n'aurai rien pu faire. Après m'être racontée pendant longtemps que ça collait pas avec les autres et que je pouvais construire un système pour me passer d'eux, j'ai finalement pris acte que c'était totalement faux, j'ai absolument besoin d'être en relation avec d'autres êtres humains et quand je sors de ma zone de confort , j'en rencontre des qui sont vraiment chouette ... :ensoleillé:
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Re: Quand le "fake" entrave la thérapie

Message par Unesoprano » mar. 27 nov. 2018 12:36

Oui oui tu as absolument raison.

J’aime beaucoup ton regard et cheminement sur ce point.
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Re: Quand le "fake" entrave la thérapie

Message par altima » mer. 17 juil. 2019 12:01

Je ressors ce topic, parce que je me sens concernée.

J'ai entamé une thérapie TCC. J'ai choisi la personne et non l'orientation thérapeutique, car il se trouve qu'elle s'y connaît en HPI.

Mais, car il y a un mais, je me retrouve confrontée à nouveau à ces limites de la thérapie verbale (qui reflètent sûrement les miennes en premier lieu): j'ai l'impression qu'on essaie de me faire dire des choses pour coller aux réponses attendues.
Pas facile d'expliciter, en gros : elle me questionne et souvent, je n'arrive pas à répondre (déconnexion d'avec mes émotions et ressentis, et beaucoup de mal à me souvenir de ceux-ci quand il s'agit d'évoquer des situations passées). Par contre, souvent, je vois où elle veut en venir et je me surprends à répondre docilement dans le sens attendu. Car il s'agit alors de mettre en évidence un fonctionnement caractéristique au niveau cognitif.

C'est sûrement pas très clair, pour l'instant je ne me sens pas trop encline à déballer davantage.
Par contre, pour donner une idée de la situation, je compare ça à celle du gamin à qui le prof tente d'expliquer le raisonnement menant à la solution du problème. Il y va par étapes avec des questions du genre: ils sont combien à aller au parc? Donc ils vont devoir payer combien d'entrées? Et alors, s'ils paient tous, ça va faire combien? etc.
Et à la fin, le gamin, guidé plus que guidé, va donner la bonne réponse, mais sans avoir rien compris. Il a compris que s'il DISAIT tel ou tel mot, le prof considérerait qu'il a compris et basta.

Je n'ai pas dit à ma thérapeute que ça se passait comme ça (c'est tout récent) et je vais le faire bien sûr. Elle m'écoute quand je dis que je ne sais pas répondre, mais du coup elle essaie de trouver des biais pour me ramener vers la question en suggérant pas très finement les réponses - enfin c'est moi qui vois ça comme ça.
J'ai l'impression de jouer le jeu, mais de voir toutes les ficelles, c'est gros comme une maison et du coup je ne suis pas impliquée...

Je discerne les limites du verbal et ça m'effare: finalement, je pourrais dire n'importe quoi, elle se baserait là-dessus pour me déclarer comme allant bien ou pas.
Evidemment, vous allez me dire que si le patient n'est pas honnête et pas partie prenante de sa thérapie, ça ne marchera jamais.
J'envisage de compléter par une aide davantage intuitive, corporelle, bref une thérapie d'ordre psycho-corporel qui me mette directement en contact avec moi, parce que parler pour parler, je fatigue un peu...

Est-ce que ça parle à d'autres?
ça serait une sorte de faux-self mis en place pour m'éviter de me confronter à moi-même?
ça serait assez spécifique aux TCC ? (j'en avais déjà entamé une et j'avais eu le même type de vécu)

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Re: Quand le "fake" entrave la thérapie

Message par Laurène Bancale » jeu. 18 juil. 2019 15:05

Je vais te répondre en deux temps, en tant qu'ex-patiente de psy et en tant qu'étudiante en psycho.

En tant qu'ex-patiente, j'ai eu exactement le même vécu que toi en TCC. Je ne le développerai pas plus avant, car tu as parfaitement mis les mots sur le sentiment qui était le mien.
D'un autre côté, j'ai aussi fréquenté d'autres psychologues d'orientation plus analytique et, s'ils laissaient pour le coup toute latitude à ma propension à me perdre en conjectures/analyses/projections de toutes sortes, au-delà du soutien émotionnel ponctuel (que la psy TCC avait également pu m'apporter), cela ne m'a pas aidée davantage. Au-delà de l'acceptation inconditionnelle de ma singularité - certes, c'est déjà pas mal - dès qu'on tombait dans la recherche de solutions, c'étaient soit des conseils à la con (pour ne pas m'embarrasser d'un "fake" de politesse :huhu: ), soit des aveux d'impuissance. Du type "vous avez déjà très bien tout analysé vous-même, vous avez raison, c'est complexe".
Au final, les méthodes TCC m'ont aidée dans une problématique très spécifique (une phobie sociale lorsque j'étais jeune adulte). Quand il s'agit de remplir une grille pour dire quand et comment tu as eu une crise d'angoisse, et de faire une liste par ordre croissant des actions sociales les plus difficiles à réaliser pour toi, là, les TCC sont tout à fait adaptées à mon sens.
Pour le reste, à part une meilleure connaissance de moi-même (c'est déjà pas mal^^), les thérapies ne m'ont rien apporté. Tout ce qui a changé positivement dans ma vie a évolué avant tout grâce au contexte dans lequel je me trouvais et, avec le temps, j'ai appris à rechercher les contextes que je savais m'être favorables.

En tant qu'étudiante en psycho (j'ai une maîtrise en psycho clinique et pas la science infuse, je précise :P ), ce que j'ai surtout envie de te demander, c'est : quelle est ta demande quand tu vas en thérapie ?
Pour certains problèmes, les TCC sont, de loin et études scientifiques à l'appui, la meilleure méthode thérapeutique. Par exemple : pour les phobies.
De manière générale, la psychanalyse n'est jamais la meilleure méthode (surtout pour les personnes dépressives : cela aggrave la tendance à ressasser le passé et à se définir par lui, ainsi que les ruminations).
Est-ce que tu as un problème très "concret", très spécifique à régler ? (ex : TCA, phobie, crises d'anxiété...) Est-ce que c'est plutôt l'envie de faire le point sur ta vie, de sortir de schémas de comportement dans lesquels tu as l'impression d'être enfermée ? Pour ce dernier cas, la thérapie des schémas de Young peut être adaptée, mais, malheureusement, peu de psys y sont formés.
De manière générale, l'alliance thérapeutique reste un des facteurs les plus importants de la réussite d'une thérapie (même si, contrairement à ce que veulent croire certains psys, elle n'en est pas le seul facteur). Cette alliance ne m'a pas semblé être au rendez-vous dans ton parcours. Peut-être est-ce en partie dû aux caractéristiques de la thérapeute (pour quelqu'un d'un peu rigide mentalement ou de pas hyper à l'aise intellectuellement, la méthode TCC, qui est très codifiée sur le papier, peut vite devenir une feuille de route hors de laquelle rien n'est possible). Peut-être est-ce aussi, effectivement, par manque d'authenticité de ta part : car si tu ne lui dis pas que tu "fakes", comment est-elle censée le savoir ? Est-ce que tu attends d'elle qu'elle "passe le test" en le devinant ? ;) (et je ne te jetterai pas la pierre, car j'ai fait exactement pareil, ha ha ha).

Bref, pour faire la synthèse de tout ce blabla, je pense qu'une thérapie bénéficie de :
1) la confiance (y compris intellectuelle) que tu as dans le thérapeute,
2) l’authenticité que tu vas manifester (y compris pour dire des choses qui te font paraître faible ou déplaisante... si j'ai bien retenu quelque-chose de mes années de thérapie, c'est que, lorsque j'étais embarrassée par une partie de moi-même, c'est qu'il fallait cracher le morceau ;) ).

Désolée, je ne sais pas si tout cela était très utile, mais la problématique que tu soulèves a résonné - j'allais écrire "raisonné" :devilish: - en moi, et je voulais simplement souligner le fait qu'il me semblait comprendre ce que tu traverses. Bon courage, quoi qu'il en soit, dans cette tentative thérapeutique.
"La meilleure philosophie, relativement au monde, est d'allier, à son égard, le sarcasme de la gaieté avec l'indulgence du mépris."
Nicolas de Chamfort, Maximes et pensées.

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Re: Quand le "fake" entrave la thérapie

Message par ouimaisnon » jeu. 18 juil. 2019 15:25

altima a écrit :
mer. 17 juil. 2019 12:01
J'ai l'impression de jouer le jeu, mais de voir toutes les ficelles, c'est gros comme une maison et du coup je ne suis pas impliquée...
J'ai eu exactement le même sentiment avec la majorité des psy rencontrés.

Avec l'actuel également au début sauf qu'il l'a vite compris et qu'il a contourné tout ça l'air de rien. Il me montrait des ficelles pendant qu'il en tirait d'autres.
Il est vite passé à l'analyse du non verbal, mais ça aussi j'ai appris à le contrôler même sans m'en rendre compte.
Il ruse donc beaucoup pour avancer mais c'est le seul qui a compris ce fonctionnement et va plus loin, il ne se contente pas de mes réponses toutes faites car il a compris qu'il n'y a pas juste la forêt qui cache la montagne mais aussi la montagne qui cache ... Bon pour le moment elle cache beaucoup de choses :1cache:

Mais c'est pour ça que je continue d'aller le voir, parce qu'il a compris ce fonctionnement. Il rame un peu avec moi parfois mais c'est le premier avec lequel je suis "inquiète" d'imaginer qu'il puisse comprendre ce qu'il se passe dans ma tête (parce que j'ai peur de la folie donc si un psy comprend que va t il se passer ?). Mais du coup même si c'est flippant, c'est positif puisqu'on avance.

Le choix du psy est très important, si on sent qu'on peut manipuler l'entretien du début à la fin sans réussir à passer outre ce masque, le travail va être compliqué puisqu'il sera aisé de laisser penser qu'il n'y a pas de problème. Et là on ne ne se contente plus de voir les ficelles, on les manie soi même et le travail n'avance pas.
Après il faut quelques séances pour que les choses se mettent en place et que le psy ait aussi le temps de comprendre le fonctionnement du patient et s'adapter.
altima a écrit :
mer. 17 juil. 2019 12:01
Evidemment, vous allez me dire que si le patient n'est pas honnête et pas partie prenante de sa thérapie, ça ne marchera jamais.
Je ne suis pas forcément d'accord, "être honnête" c'est compliqué quand on n'arrive déjà pas à être honnête avec soi même, honnête dans le sens parfois tellement perdu(e) qu'on ne sait plus trop ce qui est nous et ce qui est ce qu'on pense devoir être. C'est justement le rôle du psy de contourner cette façade et de faire le tri entre les bribes de ce que le patient laisse passer et ce qui est monté de toutes pièces par un esprit qui tente de se protéger.

Lui en parler ou pas ? Je suis partagée, est ce que ce n'est pas aussi son travail ? Est ce qu'on peut se sentir à l'aise avec un psy à qui on explique notre fonctionnement ? Est ce que lui donner cette clé ce n'est pas prendre le risque de le juger inadapté à notre fonctionnement ( s'il n'est pas capable de comprendre notre fonctionnement de défense comment peut il comprendre notre fonctionnement global) ?

Désolée, pas beaucoup de réponse, surtout des questions supplémentaires

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