La confiance en soi

La partie consacrée à la Santé dans sa globalité. Principalement la psychologie, psychologie sociale, la psychiatrie, les troubles de l'humeur, de la personnalité, les handicaps, l'autisme...
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sanders
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Re: La confiance en soi

Message par sanders » sam. 10 mars 2018 13:23

PointBlanc a écrit :
sam. 10 mars 2018 09:30
Ce qui est peut-être une façon de leur refuser la responsabilité de nourrir leurs propres attentes, selon des critères d'autant plus angoissants pour soi qu'on les cerne mal, que même on s'ingénie à les méconnaître. Je ne sais pas si ça a un rapport avec ce manque de confiance en l'autre que tu évoquais, Sanders
Ce que je voulais dire c'est que le manque de confiance en soi n'est pas en soi la seule source de l'incapacité à agir parfois. Ne regarder que ce prisme peut entrainer une fausse perception de pourquoi on n'a pas agi. Du coup oui ça participe de ça PointBlanc.
Je souscris à cette idée de refus à l'autre de sa part de responsabilité parfois.

La cause du doute qui entraine la non prise de décision ou l'évitement de certaines situations me semble globalement multifactorielle. En gros, je ne pense pas que seul le manque de confiance en soi est à l’œuvre. C'est pourquoi je parlais de prise de risque en situation protégée pour expérimenter des possibles.

Comme exemple personnel et concernant la voiture par exemple : je songe de plus en plus à reprendre des leçons de conduite avec un moniteur, donc une double commande de la voiture qui me permettrait d'expérimenter sans danger les situations que je redoute. J'ai fait un stage de conduite à risque mais ça n'a pas permis ça, je n'ai pas pu réaliser certains exercices avec les consignes données (j'ai roulé moins vite que demandé par exemple).

madeleine a écrit :
sam. 10 mars 2018 12:03
La peur trouve ses racines dans bien d'autres faits et ressentis. Et mériterait clairement un autre sujet :).
Carrément !
Soit on s'en sort et on invente nous-mêmes un destin, soit on continue dans la spirale du déclin.Thanh Nghiem

Je n'aurais jamais cru que ça se débloquerait tout d'un coup comme ça ! - Avr 2017, Napirisha (avec son autorisation)

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Re: La confiance en soi

Message par PointBlanc » sam. 10 mars 2018 13:38

Dire que le manque de confiance en soi n'est qu'un autre nom pour la peur ne signifie pas pour autant que toute la peur s'y résume : la peur est effectivement un sujet bien plus vaste. Mais il me semble difficile de ne pas reconnaître la peur sous l'un ou l'autre de ses aspects dans ces moments où l'on ne se sent pas "capable de...", jusque dans la façon dont le corps réagit, par le retrait, la tétanie ou l'agressivité défensive. Et je crois que cela, les autres le perçoivent. C'est peut-être le malaise que cela induit chez eux qui les fait cesser de prêter attention.

Je ne dirai pas non plus que c'est un manque de confiance en soi qui provoque des réactions de peur - mais bien que c'est la peur qui, entre autres, provoque ces attitudes qu'on traduit un peu vite par un "manque de confiance en soi".
madeleine a écrit :
sam. 10 mars 2018 12:03
Dans un groupe, la personne qui manque de confiance en elle apporte toujours cette part d'ombre qui pondère les enthousiastes, et au final, même si ce n'est pas individuellement confortable, je trouverais dommage de me fermer à la complexité du monde et de tourner le dos à ce que je vois.
J'observe des choses bien différentes : celui qui n'a vraiment pas confiance en lui garde bien souvent le silence dans un groupe, et ça n'émeut personne ; s'il parle, ça peut-être moins par souci de revenir à une vision plus rationnelle de la situation que pour retarder autant que possible l'irruption d'un changement dont il imagine qu'il lui sera néfaste.
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Re: La confiance en soi

Message par madeleine » sam. 10 mars 2018 20:10

Sil existe un continuum du manque de confiance en soi, il me semble que je l'observe d'un côté plus léger que toi ; celui où le fait d'être conscient que "rien n'est simple", "je ne sais pas si je peux, j'ai jamais essayé, je ne suis pas sûre d'oser" n'est pas paralysant - et ceci dépend également beaucoup de la qualité de gentillesse du groupe dans lequel on se trouve.
Il me semble également que le travail de reconnaissance de sa valeur passe par la nécessité de s'appréhender en termes de caractéristiques, comme le disait O'Rêve, et que l'écart à la norme de "confiance en soi" est une caractéristique qu'on peut assumer en société, justement si on parvient à la découpler de la peur.
le chemin est long et la pente est rude, oui, mais le mieux, c'est le chemin, parce que l'arrivée, c'est la même pour tout le monde... Aooouuuh yeaah...
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Re: La confiance en soi

Message par PointBlanc » sam. 10 mars 2018 20:57

Je crois que c'est autre chose : tu envisages le manque de confiance en soi comme un état chronique dont on a conscience - et par conséquent dont on peut parler - en-dehors des situations où il se manifeste, alors que dans mes posts je me suis focalisé sur ces dernières.
Donc oui, dans un environnement favorable, on peut évoquer à peu près sereinement ce qu'on reconnaît comme une caractéristique, et cela aide même certainement à en atténuer l'impact. Mais dans ces moments où il n'y a pas grand chose à craindre, où la crise est encore à venir, le manque de confiance se manifeste-t-il vraiment ?
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Re: La confiance en soi

Message par madeleine » sam. 10 mars 2018 21:36

<PointBlanc a écrit :Mais dans ces moments où il n'y a pas grand chose à craindre, où la crise est encore à venir, le manque de confiance se manifeste-t-il vraiment ?
Oui.
C'est une constante. En tout cas chez moi, mais je ne suis sûrement pas la seule :)
Je considère d'ailleurs que la confiance peut être un lourd fardeau pour celui qui en est l’objet - y compris soi-même.
le chemin est long et la pente est rude, oui, mais le mieux, c'est le chemin, parce que l'arrivée, c'est la même pour tout le monde... Aooouuuh yeaah...
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Re: La confiance en soi

Message par PointBlanc » dim. 11 mars 2018 08:01

madeleine a écrit :
sam. 10 mars 2018 21:36
Oui.
C'est une constante. En tout cas chez moi, mais je ne suis sûrement pas la seule.
Il doit pourtant y avoir beaucoup de situations dans une journée où la question de la confiance en soi ne se pose pas, non ? J'ai beau me sentir minable même en faisant mes lacets (vraiment), je ne pense pas me tromper en affirmant qu'il me serait impossible d'être consciemment en train de me juger à chaque minute qui passe. Que l'écho de chaque jugement ponctuel se mêle à d'autres et que cela finisse par former comme un bruit de fond dont le corps garde une trace même dans les moments de répit, ça en revanche, je conçois.

A moins que ça prenne la forme d'une rumination détachée de ce qui est effectivement en train de se produire, comme un rappel constant de son incompétence, comme d'autres chantonnent ?
madeleine a écrit :
sam. 10 mars 2018 21:36
Je considère d'ailleurs que la confiance peut être un lourd fardeau pour celui qui en est l’objet - y compris soi-même.
Comme n'importe quel contrat, non ?
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Re: La confiance en soi

Message par O'Rêve » sam. 17 mars 2018 18:09

Point Blanc a écrit :
La vanité dont parlait Samjna me paraît clairement jouer un rôle là-dedans : la crainte de causer une déception, d'encourir une condamnation (et peu importe en fait qu'elle vienne des autres ou de soi, tant il est vrai que ce ne sont pas tant les autres qui condamnent que les masques de grand tribunal dont on les affuble) est proportionnelle aux attentes qu'on nourrit et qu'on leur délègue.
J’éprouve quelques difficultés à relier vanité (pensée comme un désir de reconnaissance des autres pour se prouver à soi-même sa valeur) et confiance en soi. Je pourrais sans doute plus l’associer à un manque d’estime de soi (où pour s’attribuer de la valeur, on peut tomber dans des tentatives de plaire).
J’associerais plutôt l’orgueil (dépeint comme une satisfaction exagérée de soi, qui n’a pas besoin d’être exprimée aux autres pour prendre sens) au manque de confiance.

Sanders a écrit :
Je crois aussi que le manque de confiance en soi peut être important même si l'estime de soi est bonne. Je peux penser que j'ai de la valeur en tant qu'être humain toussa et pour diverses raisons très pratico-pratiques ne pas avoir confiance en ma capacité à mettre en acte tel ou tel truc.
Je situerai la confiance en soi du côté de la décision alors que l'estime de soi se trouverait au niveau de l'évaluation.
... un truc comme ça
J’apprécie aussi la distinction entre confiance en soi (de l’ordre du « je me sens capable de », « j’évalue de manière réaliste que j’ai les ressources pour affronter telle situation ») et l’estime de soi (associée à « je me sens valable » car je m’évalue en concordance avec mes valeurs) que certains auteurs font.
Je te rejoins sur le fait qu’on peut éprouver un manque de confiance sans manque d’estime, et inversement.
On peut aussi découvrir dans certains cas un lien entre manque de confiance et manque d’estime de soi. Il me semble par exemple que le manque de confiance peut être associé à un manque d’estime quand on n’arrive pas à affronter une situation où on se pose ce genre de question: ai-je les ressources nécessaires (est ce que je me sens en capacité) d’affronter telle situation en respectant mes valeurs?

Ensuite, ce que je trouve compliqué à gérer, c’est le décalage vécu, au quotidien, entre ce que la plupart des personnes projettent, lorsqu’elles verbalisent un « vous manquez de confiance, et la distinction (par ailleurs ressentie de l’intérieur) entre ce qui relève de la confiance ou de l’estime.
Dans le quotidien, on ne m’a jamais dit « tu manques d’estime », mais par contre j’ai souvent entendu « tu manques de confiance ». Or à l’intérieur, il s’agissait parfois de manque d’estime (mais de l’extérieur, c’est comme si, ce que le corps montrait, ne permettait pas de différencier manque d’estime et manque de confiance). J’ai l’impression qu’on vit quelque chose de différent à l’intérieur (selon qu’on manque d’estime ou de confiance), mais qu’il est possible qu’on montre quelque chose d’assez semblable (dans notre attitude et expressions corporelles) aux autres. Du coup, je suis assez perturbée par ce décalage entre ce que je peux vivre de l’intérieur et ce que je dégage extérieurement. Est-ce que vous avez l’impression que le manque d’estime et le manque de confiance ont des manifestations, expressions corporelles différentes. Est ce que vous avez pu ressentir aussi ce décalage? Ou est ce qu’il y a quelque chose qui m’a échappe, que je n’ai pas encore intégré?

D’ailleurs, il faudrait que je prenne le temps de développer une forme de confiance en soi qui me parle plus particulièrement (je ne sais pas si on peut lui attribuer un nom, mais je la qualifierais de manque de confiance en nos ressentis : j’évoque par là le manque de confiance en ce qu’on ressent/perçoit/se représente de nos émotions et sentiments).
Ce manque de confiance se manifeste par le doute sur ma capacité à solliciter mes ressources émotionnelles pour affronter certaines situations. Je ne sais pas comment le présenter pour le moment, mais j’espère trouver les mots d’ici quelques temps pour l’exprimer plus nettement.

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Re: La confiance en soi

Message par PointBlanc » dim. 18 mars 2018 08:39

D'accord avec tout ça. Je tique quand même un peu sur la référence à l'orgueil, parce que la notion mériterait un beau développement (j'ai beaucoup de sympathie pour les péchés capitaux de façon générale :))

Si je résume ce que j'en ai compris jusque là, tu rejoins Sanders sur la distinction entre confiance en soi (quant à ce que l'on peut effectivement accomplir) et estime de soi (quant à la valeur que l'on s'attribue) ; tu lierais plus volontiers la seconde que la première à la vanité, ce qui me paraît effectivement plus approprié.
Les deux n'étant pas nécessairement liés, on peut donc poser qu'il existe :
- des individus possédant les deux en suffisance
- d'autres manquant à la fois de l'un et de l'autre
- d'autres qui tendent à minimiser leur valeur mais que cela n'empêche pas d'agir
- d'autres qui ne doutent pas de valoir quelque chose dans l'absolu, mais qui ne se fient pas à leurs aptitudes.

Le tout étant évidemment susceptible de varier selon ce qu'il y a à accomplir.

C'est ça ?
O'Rêve a écrit :
sam. 17 mars 2018 18:09
Du coup, je suis assez perturbée par ce décalage entre ce que je peux vivre de l’intérieur et ce que je dégage extérieurement. Est-ce que vous avez l’impression que le manque d’estime et le manque de confiance ont des manifestations, expressions corporelles différentes. Est ce que vous avez pu ressentir aussi ce décalage? Ou est ce qu’il y a quelque chose qui m’a échappe, que je n’ai pas encore intégré?


Je ne suis pas certain que la plupart des gens fassent la distinction entre les deux, et il me semble donc normal qu'ils n'évoquent jamais l'hypothèse du manque d'estime de soi dans des moments où ce serait plus adéquat.
Quant aux manifestations de l'un et de l'autre, il me semble que c'est surtout l'occasion qui permet de les différencier : le manque d'estime de soi, dans mon cas, serait une espèce de bruit de fond, comme le sentiment diffus d'avoir une cible entre les épaules - de sorte que même quand je ne suis pas en train de me juger consciemment, mon corps est marqué par cette tension : j'ai plus ou moins tout le temps l’œil à ce que je fais, même des gestes ordinaires (je parlais des lacets plus haut), de sorte que je suis très souvent maladroit, physiquement instable ; et quand vient le moment d'agir, c'est le manque de confiance qui prend le relai, ou plutôt qui couvre cette rumeur qui n'a pas disparu pour autant, qui s'en trouvera d'ailleurs renforcée par la suite : c'est le moment de crise, de panique, qui ressemble chez moi à une paralysie partielle ou complète, presque confortable, comme si c'était une excuse : "Ne fais rien ; tu ne peux rien faire de toutes les façons. Reste comme ça."

Un peu la même distinction qu'entre l'angoisse et la peur, quand j'y pense.
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Re: La confiance en soi

Message par O'Rêve » lun. 19 mars 2018 09:27

Sur l’orgueil, c'est une supposition/suggestion, mais aucune certitude de mon coté. Ça mériterait effectivement un approfondissement.

Sur la distinction estime/valeur de soi, c'est bien ça.

C’est intéressant le partage de ton vécu intérieur. Je ne ressens pas « ce sentiment diffus d'avoir une cible entre les épaules », tel que tu l’évoques. Par contre comme chez toi, il y a eu cette alternance entre manque de confiance et manque d’estime. C’est en tout cas ce que je pourrais développer à propos du manque de confiance en ce que je ressens, évoqué dans mon précédent message.

A l’origine de ce manque de confiance (dans mon cas, ce qui n’est pas forcément le cas de toute personne développant un manque de confiance en ce qu’elle ressent, mais ça pourrait peut être concerner d'autres personnes), il y a le développement d’un faux self.
On va dire que lorsque j’ai pris conscience du faux self, j’ai constaté progressivement un déplacement du manque d’estime (où pour m’accorder de la valeur, j’avais besoin de la reconnaissance des autres) vers un manque de confiance en ce que je ressens (avec un aller-retour entre manque d’estime et manque de confiance en cours de cheminement).
Je vais décrire grosso modo les différentes étapes, pour clarifier le cheminement :
Du « je suis complètement coupée de mes émotions » (et je prends mes décisions et m’accorde de la valeur en fonction des attentes perçues chez un autre : personne, société…)
à « je ressens quelque chose sur lequel j’ai du mal à mettre des mots et du sens »
à « tiens ce que je ressens là, ça pourrait bien être lié à tel sentiment »,
à « maintenant je sais ce que cette sensation signifie pour moi », mais « bon maintenant qu’est ce que je fais avec ce que j’ai perçu »…)
à « je me sens capable d’agir et je m'accorde de la valeur avec ce que je ressens et perçois comme émotion/sentiment, car maintenant ça fait vraiment sens. » (atteinte possible à ce stade de la confiance en ce qu'on ressent et de l'estime de soi)

Tout ça pour dire que c’est tout un cheminement, parfois des fondations à reconstruire avant de la gagner la confiance en ce qu’on ressent et qu’il ne suffit pas d’un livre ou d’une méthode (qui marcherait pour tous) qui pourrait dénouer toutes les situations de manque de confiance qui font souffrir. Il me semble que la seule volonté (ou « se forcer à ») ne suffit pas non plus toujours (même s’il en faut, c’est sûr). On a parfois surtout besoin de temps, pour que de nouvelles connexions se fassent, pour reconstruire les connexions en ce qu’on ressent.

Aujourd’hui dans ce cheminement vers la confiance en ce que je ressens, je dirais qu’il se manifeste surtout par une forme de non spontanéité dans la gestion des émotions (et beaucoup de doutes encore lorsque je fais preuve de spontanéité).
Il y a des situations où ce manque de spontanéité peut me desservir, c’est certain. En même temps, j’y vois aussi quelques situations où un tel mode de fonctionnement peut se révéler positif (remise en question sur des comportements à éviter : propos blessants ou violences lors de colères, éviter de tomber trop simplement dans des préjugés, un jugement un peu hâtif de personnes lors de perceptions de sensations de dégoûts…).

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Re: La confiance en soi

Message par O'Rêve » jeu. 22 mars 2018 10:39

PointBlanc, ta remarque sur l’orgueil m’a titillée. Du coup, j’ai essayé d’en savoir un peu plus sur les sentiments de fierté, orgueil et vanité. Et c’est quand même perturbant de découvrir que pour certains fierté et orgueil sont quasiment synonymes ; pour d’autres, la distinction est à faire, d’autres encore ont une définition de l’orgueil qui rejoint celle de la vanité…finalement pas facile d’y voir clair quand même.
J’ai quand même l’impression que ces trois termes sont liés avec l’estime de soi et son manque. Je mets donc un gros point d’interrogation sur mon lien entre orgueil et confiance en soi que je faisais précédemment.

On va dire que, dans ce que j’ai lu pour le moment, ce qui fait le plus sens pour moi aujourd’hui, ce sont ces interprétations (je vais développer succinctement):

Estime de soi

Baromètre révélant dans quelle mesure nous vivons en concordance avec nos valeurs.
L’estime de soi représenterait donc combien je me considère VALABLE (combien je suis conscient de ce que je vaux).

Fierté
La fierté serait un sentiment par rapport à soi-même. Ce serait un sentiment de contentement empreint d'estime.
La fierté marquerait la satisfaction par rapport à notre investissement personnel responsable de notre réussite. Ce dont on serait fier serait toujours exigeant à réaliser. On ne serait jamais fier de ce que qu'on a obtenu sans effort; on serait tout au plus content.
Quand on ressentirait de la fierté, on ne chercherait pas à se comparer à autrui, on ne chercherait pas à se mettre au dessus des autres.

Orgueil
L’orgueil, à la différence de la fierté, s’inscrirait dans le besoin de se mesurer à l’autre.
L’orgueil serait un sentiment de supériorité aux autres (pour s’accorder de la valeur, l’orgueilleux aurait besoin de se comparer et de se sentir au-dessus des autres).
L’orgueilleux ne saurait pas puiser dans ses capacités personnelles pour s’accomplir. Au lieu de s’investir personnellement pour nourrir son contentement de vivre en concordance avec ses valeurs, la personne orgueilleuse chercherait par exemple à rabaisser autrui pour s’élever.

Vanité

Elle pourrait correspondre à un désir de reconnaissance des autres pour se prouver à soi-même sa valeur.
La vanité, pourrait correspondre à cette « incertitude sur soi que les éloges guérissent.» (Bergson)

Vanité et orgueil
Il me semble que là où ça pourrait encore se compliquer, c’est si vanité et orgueil peuvent s’entrecroiser : un orgueilleux pourrait être aussi vaniteux quand il cherche à obtenir des autres la reconnaissance de sa supériorité. Il pourrait alors étaler en public la satisfaction qu’il a de lui-même, dans l’attente de cette reconnaissance extérieure de sa supériorité?
Ça pourrait rejoindre la vanité (dans sa définition courante) : étalage public de la satisfaction de soi (et non de l’estime de soi) pour chercher à obtenir de la reconnaissance d’autrui.

On pourrait alors peut être envisager que certaines personnes puissent éprouver de l'orgueil sans montrer de vanité, et inversement de la vanité sans orgueil. Dans d'autres cas, il pourrait être envisageable que parfois les deux s’entremêlent. Ce qui ferait lien entre les deux, c'est le manque d'estime?

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Re: La confiance en soi

Message par Lyra » jeu. 22 mars 2018 10:52

O'Rêve a écrit :
jeu. 22 mars 2018 10:39
On pourrait alors peut être envisager que certaines personnes puissent éprouver de l'orgueil sans montrer de vanité, et inversement de la vanité sans orgueil. Dans d'autres cas, il pourrait être envisageable que parfois les deux s’entremêlent. Ce qui ferait lien entre les deux, c'est le manque d'estime?
Dans tes définitions/questionnements, je comprends ici la vanité plus comme un outil, une action. La personne orgueilleuse "utiliserait" la vanité (le fait de se vanter) pour alimenter son orgueil, s'élever, se valoriser. Alors que, dans le cas inverse, j'ai du mal à concevoir une personne vaniteuse qui "utiliserait" l'orgueil pour... être vaniteux ?

C'est une réflexion qui m'est venue en tête comme ça en coup de vent en te lisant, je la partage sans grande certitude. :lol:
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Re: La confiance en soi

Message par O'Rêve » jeu. 22 mars 2018 11:20

Lyra a écrit :
jeu. 22 mars 2018 10:52

Dans tes définitions/questionnements, je comprends ici la vanité plus comme un outil, une action. La personne orgueilleuse "utiliserait" la vanité (le fait de se vanter) pour alimenter son orgueil, s'élever, se valoriser. Alors que, dans le cas inverse, j'ai du mal à concevoir une personne vaniteuse qui "utiliserait" l'orgueil pour... être vaniteux ?
Je ne suis pas certaine que le terme action/outil me parle totalement.
Par contre j'ai pu lire que certaines personnes décrivent deux mouvements : un mouvement qui irait de soi vers l’extérieur (associé à l'orgueil), et une façon de recevoir de l’extérieur vers soi (dans la vanité).
L’orgueil serait une haute "estime" de soi-même, procédant de l’intérieur ; la vanité, au contraire, serait la tendance à l’acquérir du dehors, donc indirectement.

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Re: La confiance en soi

Message par Lyra » jeu. 22 mars 2018 11:31

Je pense que ça se rejoint : "procédant de l'intérieur" je verrais ça comme un "statut" (à un instant T ; pas forcément immuable, quelque chose qui "est"), et "acquérir" plus comme une "action" (dans le sens mouvement, dynamique ; dans "acquérir" il y a une notion de "faire").
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Re: La confiance en soi

Message par PointBlanc » jeu. 22 mars 2018 15:42

Je ne sais pas si ça vous sera utile, mais j'ai tout de même envie d'ajouter une perspective religieuse à cette tentative de définition, du moins pour l'orgueil et la vanité, peut-être pour la fierté aussi. Parce qu'il s'agit d'une vieille question dont le traitement théologique m'a toujours paru très cohérent.

L'orgueil pour commencer : c'est l'un des sept péchés capitaux, comme vous le savez, et pour mieux cerner l'orgueil il est important de ne pas perdre de vue ce que sont ces péchés. On les dit capitaux parce que ce sont eux qui entraînent les autres, les irréparables, les mortels. Ils sont en somme les premiers pas vers la damnation. C'est pourquoi Dante place ceux qui sont coupables de ces seuls péchés (et non de ceux plus graves qui leur auraient fait suite) au Purgatoire, et non en Enfer. Si Satan, orgueilleux par excellence (envieux aussi, coléreux par-dessus le marché), est au fond du gouffre infernal, c'est parce qu'il ne s'en est pas tenu là : il a persévéré.

L'orgueil, de ce point de vue, n'est donc pas une tare morale qui consisterait à s'exagérer ses mérites ou ses réalisations : c'est le fait de croire que ce que l'on accomplit vient de soi, de sa volonté propre, quand tout, dans une perspective chrétienne, procède de la seule volonté divine. Autrement dit, l'orgueil, c'est le péché de celui qui croit être sa propre origine : l'artiste, le savant, conquérant, la perfection faite homme ou femme... Ou leurs parents. Leurs œuvres sont considérables, ou leur apparence est sublime, et en ce sens il ne s'agit pas de prétention ; mais ils commettent la faute de s'en attribuer exclusivement le mérite, oubliant par là de se reconnaître avant tout comme des créatures de Dieu, ne possédant qu'à un degré dérisoire les qualités qui Lui appartiennent.
Dans une perspective plus contemporaine, cela reviendrait à nier l'existence des influences diverses qui nous font ce que nous sommes, si grand que l'on soit ; et c'est d'ailleurs quelque chose qui peut exister en dehors du regard d'autrui : on peut être orgueilleux pour soi, sans se soucier d'écraser la concurrence - puisque de fait on l'a déjà écrasée, qu'il en existe assez de preuves, et que les autres ont conscience de cette supériorité. Dans l'esprit de l'orgueilleux, les autres, au fond, sont accessoires, parce qu'ils ont été réduits au silence. Celui qui désire prendre la place d'un autre, qui convoite ses biens, son statut social, ses réussites, se rend coupable d'un autre péché capital : l'envie.

Bosch, quand il peint les sept péchés capitaux, représente l'orgueil (Superbia) par cette scène : une femme, vue de dos, dans l'intimité de sa chambre, regarde son reflet dans le miroir que lui tend un diable. Elle est enfermée avec sa propre image.
La femme au miroir, c'est aussi une illustration récurrente de la vanité.

La vanité, c'est le caractère de ce qui est vain ; et pour un Chrétien, est vain tout ce qui n'est pas promis à l'éternité. La vanité, c'est l'attachement au corps, à sa beauté, aux plaisirs des sens. On est vaniteux dans l'exacte mesure où l'on se soucie de gratifications passagères, quand on devrait œuvrer au salut d'une âme qui se tiendra nue devant Dieu : on s'attache par aveuglement à ce qui passe. On comprend dès lors pourquoi le miroir de la Madeleine repentante de Georges de la Tour reflète seulement la flamme d'une chandelle : tout est voué à l'extinction.
Raison pour laquelle la vanité n'a pu que changer de sens à mesure que le poids du dogme religieux faiblissait : quand tout passe et que rien ne survit, le mal est moindre de tirer plaisir de ce qui est éphémère. Le vaniteux contemporain, c'est plutôt celui qui cherche vainement à se survivre dans le regard d'autrui, qui est en recherche constante de reconnaissance, de cooptation - et de ce fait il n'est pas en concurrence avec tous les autres, puisqu'il a besoin de pairs qui le rassurent sur son image, et auxquels il rendra le même service.

C'est pourquoi, si je peux concevoir un orgueilleux coupé du monde et seulement occupé de se célébrer dans ses œuvres, je n'imagine pas un vaniteux qui n'évolue pas au milieu des autres. Je ne sais même pas si un orgueilleux qui chercherait l'approbation d'autrui le serait encore.

Quant à la fierté, je suppose que je la définirais comme la conscience lucide de la valeur de ce qu'on accomplit : on sait ce qu'on a fait, et l'on sait aussi que cela ne s'est pas fait seul, parce que l'on n'est pas le fruit de soi-même et que par conséquent rien de ce qui vient de soi n'en vient exclusivement.
Hors-sujet
tl;dr : l'orgueilleux est un gros con qui a fait des trucs géniaux ; le vaniteux a besoin de ses potes pour kiffer sa piscine ; le fier remercie papa, maman et son prof d'art dramatique à la fin de son speech aux Césars.
Vous qui vivez qu'avez-vous fait de ces fortunes ?

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O'Rêve
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Re: La confiance en soi

Message par O'Rêve » jeu. 22 mars 2018 16:15

Merci PointBlanc!
Remettre ces termes dans une perspective qu'on n'accomplit rien seul (et l'importance de le garder à la conscience), oui c'est tout à fait utile.

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