Les fonctions exécutives

La partie consacrée à la Santé dans sa globalité. Principalement la psychologie, psychologie sociale, la psychiatrie, les troubles de l'humeur, de la personnalité, les handicaps, l'autisme...
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Adena
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Les fonctions exécutives

Message par Adena » sam. 24 oct. 2015 23:39

Bonjour à tous !

Je crée ce topic pour vous parler des fonctions exécutives parce que c'est une concept central en neuropsychologie mais qu'il fait l'objet de beaucoup d’interrogation dans la communauté scientifique car il est très difficile de définir ces différentes fonctions tellement elles travaillent en étroite interdépendance et sont impliquées dans tous les processus cognitifs. Elles ne sont jamais très loin dès qu'on parle d'intelligence.
J'ai lu récemment un article de Adele Diamond (2013. Annu Rev Psychol) qui tente de faire l'inventaire des connaissances sur le sujet. J'ai trouvé la démarche admirable et les conclusions remarquables, et je voulais partager cela ici. J'ai écrit un résumé de l'article (qui est initialement assez long et technique, en anglais) qui reprends les principales idées.
J'espère que cela vous intéressera !

Note : Cette fiche de lecture n’est pas une traduction littéral. C’est un résumé reprenant les points essentiels à mon sens, que j’ai tenté de résumer et de mettre en lien d’une manière organisée et accessible. Je n’ai donc pas cité les auteurs de références ni les détails de protocoles des études auxquelles il est fait allusion mais seulement les idées présentées et leurs conséquences sur la compréhension et l’évaluation des FE, sous réserve que je les ai moi-même bien compris. J’espère ne pas avoir dénaturé les propos de l’auteur.

Les fonctions exécutives peuvent être partiellement définies comme les fonctions cognitives nous permettant de modifier nos automatismes ou nos réponses comportementales acquises pour exercer un choix. Contrairement aux automatismes elles ont un coût cognitif et attentionnel important puisqu’elles demandent d’allouer consciemment des ressources pour définir une réaction appropriée à une situation nouvelle ou inhabituelle.
Nous pouvons considérer qu’il existe trois fonctions exécutives racines, ou conceptuellement (voire anatomiquement ?) insécables et nécessaire à l’élaboration des FE plus complexes. Ces trois FE fondamentales sont : l’inhibition, la mémoire de travail et la flexibilité. Sur cette base apparaissent la planification, le raisonnement et la résolution de problème qui sous-tendent l’intelligence fluide.

D’une manière générale on peut opposer les fonctions exécutives, hautes (localisées dans le cortex pré-frontal) aux fonctions automatisées. On fera donc la distinction entre :
une stimulation exogène (imposée à la conscience par l’environnement) VS endogène (qui provient d’une volonté intérieure) ;
Un phénomène bottom-up (de récéption d’information) VS top-down (de traitement actif de l’information) ;
Un traitement automatique VS actif
Une réaction orientée vers le stimulus (stimulus driven) VS orientée vers le but (goaldriven)
L’attention involontaire/réflexe VS l’attention volontaire/exécutive.

L’utilisation des FE fait appel aux notions de la seconde catégorie.

L’inhibition

1.1. Définition

L’inhibition peut être considérée comme l’exercice d’un contrôle attentionnel, comportemental, cognitif ou émotionnel permettant de bloquer les interférences avec une tâche. Un défaut d’inhibition se traduit par de l’impulsivité. Inhiber des réponses apprises revient à exercer un choix d’action et de réaction.
Cela peut aussi permettre l’oubli intentionnel des stimuli non désirés; de résister aux interférences et soutien l’’exercice de la mémoire de travail en permettant de ne pas aller faire autre chose que la tâche en cours (maintien du but par l’élimination des parasites).

On distingue l’inhibition cognitive et comportementale. L’inhibition comportementale évoque le contrôle de soi, dans ses actes et ses émotions. On va ici plutôt combattre l’impulsivité pouvant survenir suite à :
- une tentation allant contre ses buts/croyances (tromper son partenaire ou encore manger de la nourriture grasse en période de régime) ici il y a une récompense immédiate provisoirement plus forte que le but ;
- une opposition entre un état émotionnel et le comportement adapté (être agressif suite à une dispute avec un proche) ici, pas de récompense mais une impulsion émotionnelle ;
- la nécessité de réaliser une action allant contre le système en place (résister à la pression sociale normative par exemple).

L’inhibition cognitive permet de rester concentré sur une tâche malgré des distracteurs. On retrouve tout de même un point commun avec l’inhibition comportementale : la notion de gestion du délai. Il est nécessaire d’accepter un délai avant de prendre une décision ou d’obtenir une récompense pour considérer et réaliser le meilleur choix. Inhiber les distracteurs, agréables, désagréables ou neutres demande de rester focalisé sur un but dont les résultats ne seront visibles qu’après un délai.
L’impulsivité peut être associée à l’impossibilité d’attendre, l’intolérance au délai. Chez l’enfant, imposer un délai avant de donner une réponse améliore les résultats dans certaines tâches comme la théorie de l'esprit.
Pour expliquer cela, on peut faire l’hypothèse de la dissipation passive : la bonne réponse lorsqu’elle est moins prégnante met plus de temps à être cognitivement élaborée que la réponse prégnante mais fausse, qui finira par se dissiper si on attends suffisamment longtemps.
On est dans une opposition de traitement de type top-down/bottom-up. Les stimulations visuelles étant traitée de manière très rapide et pouvant parasiter le processus d’inhibition top-down et renforcer l’image prégnante erronée, supprimer le plus possible le support visuel dans les tâches d’inhibition chez le jeune enfant peut améliorer la performance. On pourrait dire que les réponses à des stimulations visuelles sont les plus soumises à l’impulsivité. Par exemple les enfants mettent moins de temps à contourner un obstacle pour obtenir une récompense quand il est opaque que lorsqu'il est transparent et que la récompense est visible à travers lui. Lorsqu’on met l’objet de la tentation derrière un placard, il est plus facile de conserver le but, même si on sait que la tentation existe.

Au niveau anatomique tant que fonctionnel, il y aurait une différence entre l’inhibition comportementale (contrôle de soi et contrôle attentionnel), l’inhibition cognitive et la tolérance au délai. On distinguera bien également l’inhibition qui conduit à ne rien faire et l’inhibition qui conduit à remplacer une action par une autre.

1.2. Évaluation

Voici des exemples de tâches qui permettent de tester la qualité de l’inhibition :

Stroop : Des noms de couleurs sont écrits dans une couleur différente (rouge, vert, bleu, jaune), la consigne est de dire la couleur et non de lire le mot. La lecture étant plus automatisée lorsque l’on perçoit un mot que le traitement de sa couleur, le sujet est parasité par le sens du mot.

Tâche de Simon :Soit deux stimuli A et B pouvant apparaitre à gauche ou à droite de l’écran. Lorsque le stimulus A apparait il faut appuyer à gauche d’un clavier, lorsqu’il s’agit du stimulus B il faut appuyer à droite. L’item peut être congruent A apparait à gauche) ou incongruent (A apparait à droite). L’effet Simon est le temps de latence augmenté en cas d’incongruence.

Délai de la récompense : cette tâche plutôt destinée aux enfants demande de résister à la tentation d’obtenir une moindre récompense immédiate pour obtenir une meilleure récompense différée. Par exemple, on place l’enfant devant une friandise en lui demandant d’attendre, s’il parvient à attendre il pourra en avoir deux. La difficulté réside dans le fait que la durée de l’attente est inconnue.

Go/ No go : A un stimulus de type A on associe une réponse. Pour une des modalités de A seulement, cette réponse est interdite et le sujet doit ne rien faire.

1.3. L’inhibition au cours du développement

La possibilité d’exercer un contrôle inhibitoire apparait assez tardivement chez l’enfant, probablement pas simultanément pour chaque type d’inhibition. Les progrès les plus important se réalise entre 4 et 9 ans et cette fonction continue de se développer jusque dans l’adolescence. L’efficacité de l’inhibition décroit avec l’entrée dans le vieillissement.
La qualité de cette fonction dans l’enfance permet de prédire la qualité de l’inhibition à l’âge adulte (bonne consistance dans le temps) et est corrélée positivement à la réussite scolaire, au bonheur perçu à l’âge adulte, à la santé et au salaire. Elle est corrélée négativement au conduites à risque et particulièrement à la consommation de stupéfiants et conduites addictives ainsi qu’à diverses problématiques de santé dont la tension artérielle.

2. La mémoire de travail

2.1. Définition

On définira la mémoire de travail comme étant le fait de retenir ET de manipuler des informations.
L’information retenue et manipulée peut être de nature diverse, verbale, non-verbale, abstraite ou sensorielle.
Le problème de la MDT est qu’il est extrêmement difficile de constater son exercice indépendamment de celui de l’inhibition. Manipuler de l’information demande de résister aux stimulations parasites afin d’allouer les ressources disponibles à une tâche. Et pour inhiber les informations parasites il faut garder le but en MDT. C’est une vrai relation d’interdépendance.
L’inhibition supporte vraiment la MDT dans le sens ou son efficacité dépends de la qualité attentionnelle qui dépends de l’élimination des distracteurs. La MDT étant limitée en capacité de stockage, il faut absolument la préserver de l’inutile.
La saturation de la MDT couplé à une faible inhibition entraîne des persévérations dans des schémas appris.

Devant une telle intrication fonctionnelle de l’inhibition et de la MDT on peut finalement poser trois hypothèses.
Soit L’inhibition et la MDT sont deux entités anatomo-fonctionnelles distinctes ;
Soit la MDT dérive de l’exercice de l’inhibition (ou inversement ?) ;
Soit les deux puisent dans le même stock attentionnel à la capacité de stockage limitée et sont donc expliquées par une troisième entité causale commune. Il s’agirait alors d’une double fonction sur un même socle.

Gardons tout de même à l’esprit que nous pouvons constater deux types d’échec d’une tentative de contrôle top-down sur une tâche automatique.
On peut ne pas garder le but en tête (échec du maintien en MDT) : par exemple, se retrouver devant la porte de chez soi alors qu’on était partie du travail avec pour objectif de faire un détour à la pharmacie.
On peut réaliser une action contraire à son système de croyance, à ses buts, en gardant le but en tête (échec de l’inhibition) : par exemple, manger du chocolat alors qu’on est au régime, malgré le fait qu’on se rappelle très bien de notre engagement nutritionnel.
Finalement j’ai l’impression qu’on est un peu dans le même type d’opposition que l’inhibition comportementale VS cognitive, à laquelle la mémoire de travail serait plus spécifiquement rattachée, ne pouvant être mise en évidence que par une sorte de paradigme de soustraction).

L’inhibition n’est pas la seule fonction à être dans une situation d’interdépendance avec la MDT. C’est également le cas de l’attention sélective, un processus pair de la MDT.

2.2. Evaluation

Voici les tâches qui permettent de tester la MDT :

Empan envers : Réciter une liste d’éléments à l’envers fait appel à la MDT dans la mesure ou cela demande de manipuler l’information (contrairement à l’empan endroit qui n’est que de la Mémoire à court terme = retenir de l'information sans la manipuler). Cependant, une personne possédant une bonne capacité de représentation visuelle n’aura qu’à “lire” les éléments de son image mentale du dernier au premier sans les manipuler ! C’est pourquoi il vaut mieux utiliser une...
...Tâche de réorganisation d’éléments : par exemple, restituer dans l’ordre croissant une série de chiffres désordonnés ;

2.3. La MDT au cours du développement

Dès 9 mois, l’enfant est capable de retenir et mettre à jour rapidement 1 à 2 éléments. Mais la capacité de manipuler l’information arrive plus tardivement, bien qu’elle évolue avec l’empan de la MCT. La trajectoire développementale de la MDT est également corrélée à celle de la vitesse de traitement. Il est cependant délicat de montrer si un des deux est causal et dans quelle mesure la vitesse de traitement est associée à la maturation des FE de manière générale.
La MDT décline également avec l’âge.

3. La flexibilité

3.1. Définition

La flexibilité, c’est un changement de point de vue. Point de vue spatial (a quoi ressemble cette objet vu du dessus ?), point de vue interpersonnel (comment voit-il/elle cette chose ?), point de vue dans le sens opinion ou croyance (admettre une erreur, exploiter une opportunité). Il est dépendant de l'inhibition dans le sens ou il est nécessaire d’évacuer la vue la plus prégnante et de la MDT pour construire la nouvelle vue sur la base des informations disponibles. C’est une FE très fortement liée à la créativité et opposée à la notion de rigidité, aussi bien comportementale que cognitive.
Le coût de l’exercice de la flexibilité et spécifiquement aux tâches de switch (changement de règle/de tâche durant une épreuve) se mesure grâce à la mise en évidence d’une tendance inertielle au moment du switch (latence ou persévération). Cela peut-être mis en lien avec l’échec ou la lenteur d’inhibition de la tâche prépotente.
Il est plus difficile de faire preuve de flexibilité quand on doit apporter une réponse identique à un stimulus qui change que lorsqu’on doit apporter une réponse différente à un même stimulus.

3.2. Evaluation

Voici les tâches qui permettent de tester la flexibilité.

Design Fluency ou Unusal Uses Task : le sujet doit décrire tous les usages qu’on peut faire d’un objet courant (une table, une brique) en les énonçant, les usages conventionnelles viennent souvent en premier et les personnes créatives (donc a priori avec une bonne flexibilité) peuvent énoncer beaucoup d’usages plus inhabituelle (découper une table pour en faire du bois de chauffage, l’utiliser comme bouclier, la couper en deux et scier les pieds pour en faire un sommier, etc.) ;

Fluence sémantique : donner tous les noms de mammifères ou de légumes, de manière alternée (vache, navet, écureuil, poireau, dauphin, pomme de terre…) ;

Test des cartes de Wisconsin : chaque carte peut être associée aux autres sur un critère de forme, couleur ou numéro. Il faut trouver la règle d’association qui change régulièrement en fonction des feedbacks de l’examinateur.

3.3. L’inhibition au cours du développement

La flexibilité est celle des trois FE de base qui se développe le plus tardivement. Sur les images ambiguës (de type vase/visages de profil) les enfants de 3 ans sont incapables de changer de vue même sur consigne verbale explicite, alors que les enfants de 4 ans ½ à 5 ans le peuvent.
Les adultes peuvent réaliser à bas coût une tâche contre intuitive (taper à droite alors que la cible apparaît à gauche dans la tâche de Simon) en réalisant ce geste un certain nombre de fois et réduire ainsi l’effet Simon. Une tâche d’inhibition peut donc être assez rapidement automatisée. Mais ce bénéfice disparaît dès que la règle change. L’effet Flanker est démultiplié jusqu’à 8 fois si on ajoute un switch cible distracteurs (centre, bord). D’un point de vue développemental il est plus tardivement possible et plus coûteux de changer sa réponse que de reconsidérer la manière dont on perçoit un objet.
La flexibilité se détériore aussi avec le vieillissement. On peut noter que pour les 3 FE de base, les jeunes enfants et les adultes vieillissant exercent les fonctions executives en réponse à une demande environnementale alors que les adolescents et jeunes adultes le font de manière anticipée.

4. Raisonnement associatif, raisonnement logique et intelligence fluide

L’intelligence fluide est à la fois déductive et inductive. C’est une notion qui recoupe des fonctions telles que la résolution de problème, le raisonnement et la capacité de créer des liens entre des objets isolés.
Les mesures de l’intelligence fluide sont très fortement positivement corrélées avec celles des fonctions exécutives.

5. Discussion : similitudes, différences et propriétés des fonctions exécutives.

5.1. FE, attention et apprentissage par automatisation

Les fonctions exécutives sont utiles pour maintenir un niveau émotionnel et cognitif optimal. On suppose que sont sont des fonctions initialement liées au contrôle émotionnel.
La motivation et l’intérêt sont des facteurs d’une importance capitale dans la poursuite des buts coûteux. Cela pourrait permettre d’ouvrir la fenêtre attentionnelle donnant accès aux FE.
L’attention exécutive est un contrôle de l’attention top-down, une régulation attentionnelle intentionnelle.
D’une manière générale les fonction exécutives sont utiles pour apprendre quelque chose de nouveau. Plus on est spécialiste dans une tâche, moins on a besoin des fonctions exécutives. La spécialisation entraîne une automatisation du processus qui diminue la nécessité de passer par un contrôle attentionnel important. Exercer un contrôle exécutif sur une tâche automatisé peut même faire baisser la performance, comme lorsqu’on essaie d’expliciter ou de penser la manière dont on fait du vélo. La voie automatique est philogénétiquement plus ancienne et solide que la voie exécutive. Acquérir un comportement de manière durable et efficiente demande une automatisation qui ne peut se faire que par une pratique répétée. La simple connaissance intellectuelle du problème ne suffit pas.

5.2. Les FE sont dépendante de la qualité de l’environnement

Les FE sont très sensibles au stress, à la fatigue et aux émotions négatives. Un environnement stressant aura des répercussions néfastes sur leur efficacité. Ce sont des fonctions très fragiles. Une personne en état de stress important pourra être aussi perturbée dans une situation d’attention soutenu qu’un enfant TDAH ! Cela a même des répercussions au niveau anatomique, avec un déficit cortical hypodopaminergique dans des cas de stress prolongé. Un environnement sain permet de meilleures aptitudes cognitives.

5.3. Les FE peuvent être entrainées

Il est possible d’améliorer et de rééduquer les FE grâce à un entraînement adapté. Il existe des programmes de remédiation cognitive, comme CogMed© qui permettent de pratiquer intensément une FE afin de renforcer son efficacité. Mais il a aussi été mis en évidence que le pratique de certains sports (comme les arts martiaux de type Taekwondo) et certaines pédagogie comme la pédagogie Montessori améliore les FE durablement. Les enfants bilingues ont aussi une amélioration rapide de leur vitesse de traitement dont nous avons vu plus haut qu’il est corrélée au développement des FE et en particulier de la MDT et à leur qualité adultes.
Cependant, cette information est à nuancer. Entraîner une fonction exécutive en particulier n’est pas forcément généralisables aux autres et pas forcément généralisables à des situations trop différentes de celle qui a fait l’objet de l'entraînement. Entraîner la MDT spatiale n’est pas entraîner la MDT visuelle ! Certaines tâches sont plus efficaces pour améliorer les FE dans leurs ensemble, c’est particulièrement le cas des tâches de switch mais aussi des arts martiaux et des certaines situations scolaire. Il faut rester vigilant et ne pas automatiser une tâche plutôt que de permettre l’amélioration d’une compétence.
Améliorer une compétence, et plus spécialement une FE demande un challenge constant, il faut toujours pousser l’individu juste au dessus de sa limite de compétence, pour maintenir intacte la motivation et le bénéfice.
Les FE peuvent être entraînées et améliorées tout au long de la vie, reste à définir les critères d’une rééducation optimale tout au long de la vie, en fonction de l’âge et du profil cognitif du patient.

A la fin de son article, Adele Diamond conclu en nous disant : “Nous vivons une période excitante car nous avons maintenant les outils pour répondre à beaucoup des questions jusqu’à lors insolubles à propos des FE. Trouver les réponses à ces questions est essentiel car la capacité de notre génération et de la suivante à affronter les défis actuels de notre monde pourrait bien dépendre de cela.”

Au plaisir de lire vos questions et réactions !
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Re: Les fonctions exécutives

Message par Coralie352 » sam. 24 oct. 2015 23:50

Bonsoir :)

Merci pour cet admirable travail :) Je l'avoue, je n'ai pas encore tout lu (mais je vais m'y atteler, promis juré ! )

Est-il néanmoins possible d'avoir un lien vers l'article original (si cela est possible, bien entendu :) ).

Merci pour toute réponse ^o^
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Re: Les fonctions exécutives

Message par Adena » dim. 25 oct. 2015 00:20

Oui, l'article est disponible gratuitement ici :
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4084861/.

Il y a pas mal de jargon de neuroscience quand même !
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Re: Les fonctions exécutives

Message par Le Renard » dim. 25 oct. 2015 11:16

Merci Adena. J'avais jamais vu ces concepts rassemblés à un même endroit et expliqués simplements comme ça.

Quand je lis ce genre de trucs sur les briques fonctionnelles du cerveau, je me demande souvent d'où on les fait émerger.
Est-ce qu'elles sont des représentations abstraites issues d'une analyse descendante où j'ai une boîte noire, je la secoue pour voir ce qu'elle fait, j'essaye de deviner ce qu'il y a dedans et j'élabore un modèle pour représenter son comportement plutôt que la nature d'une structure interne qui me reste inaccessible ?

Ou bien est-ce qu'il s'agit d'autre chose ?

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Re: Les fonctions exécutives

Message par madeleine » dim. 25 oct. 2015 21:39

Merci beaucoup Adena, ça éclaircit le concept et les relations entre fonctions. Est-ce que les corrélats neuraux de ces fonctions sont présentés dans l'article (que je ne peux pas lire actuellement, d'où ma question ) ?
le chemin est long et la pente est rude, oui, mais le mieux, c'est le chemin, parce que l'arrivée, c'est la même pour tout le monde... Aooouuuh yeaah...
avec l'aimable autorisation de P.Kirool

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Re: Les fonctions exécutives

Message par Adena » dim. 25 oct. 2015 23:47

Madeleine, oui, les concepts les liens anatomo-fonctionnel sont évoqués dans l'article, on est principalement sur du cortex préfrontal dorso-latéral, mais ce n'est pas extrêmement détaillé.
D'autres articles approfondissent plus le sujet et ça n'apporte ici rien de plus que ce qu'on sait déjà très bien : les FE sont localisées dans le cortex préfrontal (la partie "noble" du cerveau, centre des fonctions cognitives supérieures).
Par contre je me souviens d'un article brillant de Michel Habib a propos du rôle du noyau caudé (une structure sous-corticale beaucoup plus ancienne) dans la tolérance au délai (ce qui aide à comprendre notamment l'impulsivité dans le TDAH) à travers la description de cas d'aboulie neurologique chez des cérébrolésés. Je vais essayer de le retrouver ci ça t'intéresse !
Le Renard a écrit : Quand je lis ce genre de trucs sur les briques fonctionnelles du cerveau, je me demande souvent d'où on les fait émerger.
Est-ce qu'elles sont des représentations abstraites issues d'une analyse descendante où j'ai une boîte noire, je la secoue pour voir ce qu'elle fait, j'essaye de deviner ce qu'il y a dedans et j'élabore un modèle pour représenter son comportement plutôt que la nature d'une structure interne qui me reste inaccessible ?

Ou bien est-ce qu'il s'agit d'autre chose ?
Renard, tu es en train de me demander un cours sur l’épistémologie des neurosciences ! Est-ce que tu essaye d'obtenir une VAE ?
Il n'y a pas de réponse simple à cette question, et je serai bien en peine d'apporter tout élément définitif mais je veux bien essayer de donner des pistes.
Je crois que ces "briques fonctionnelles" sont en effet des constructions de la pensée humaine qui sont forcement ethnocentrée (comme par exemple, "l'aire de la lecture" : toutes les cultures ne passent pas par le langage écrit et l'appeler ça comme ça induit l'idée que cette zone s'est développer pour cette raison là, ce qui est évidemment faux). Mais plus qu'ethnocentrée, elle sont "cognitivocentré", si je puis m'exprimer ainsi, car de la même manière qu'on ne peut pas définir le temps sans référer à la notion de temps, on ne peut pas définir la pensée sans passer par la pensée. C'est un exercice très délicat de construire ces concepts, et on voit bien comme ils sont flous et vacillants.

Mais la démarche scientifique derrière cet exercice est méthodique et rigoureuse ! On part souvent d'un principe anatomo-fonctionnel : à une structure cérébrale est associé une fonction (définir clairement la fonction en question renvoie au problème ci-dessus, mais même si on peut débattre sur l'étiquette, on est quand même d'accord sur les effets dans un contexte environnemental de référence). On a initialement développé ce modèle grâce aux patients cérébrolésés. Monsieur Broca, anatomiste de son état, a jeté les bases de ce modèle en analysant post-mortem les lésions cérébrales d'un patient dont l'intelligence et la compréhension était préservé mais qui ne pouvait émettre pour toute parole que la syllabe "ta", par oral ou par écrit. C'était le premier cas cliniquement décrit d'aphasie expressive (impossibilité d'utiliser le langage pour communiquer, malgré une compréhension intact de celui des autres !) et y a associé l'aire cérébrale lésée, aujourd'hui connue sous le nom d'aire de Broca. Le même principe de déduction à permis de réaliser une "carte du cerveau" à peu près complète.

Le souci est que pour les lésions pré-frontales, les effets sont beaucoup plus subtil que lors d'une lésion de l'aire de Broca. Et les "briques conceptuelles" bien plus difficile à démêler. De plus, on revient un peu de ce modèle un peu trop rigide, en se rendant compte que beaucoup d'aires cérébrales travaillent en collaboration et que celle qui semble le plus largement impliquée dans une fonction n'est pas toujours la plus cruciale. Parfois, endommager une des parties du réseau suffit à annihiler la fonctionnalité dans son ensemble, sans nous aider à comprendre pour autant l'implication exacte de cette aire. Malgré tout, on a aujourd'hui des connaissances assez détaillées de la manière dont sont organisées les fonctions motrices et sensorielles. Pour le reste...disons que ça progresse !

Le concept de boîte noire quand à lui est très spécifiquement attaché au courant behavioriste (Skinner, Pavlov et leurs copains pigeons) qui stipule qu'à un stimulus, il y a un comportement associé. Ils partent du postulat que tout ce qu'il y a entre les deux, dans la boîte noire, ne peut et ne doit pas être l'objet de recherche. Seul les modalités de conditionnements du comportement doit faire l'objet du champs d'étude de la psychologie. Cette discipline à donné naissance à ce qui est aujourd’hui l'approche cognitivo-comportementale, qui travaille en étroite collaboration avec les neurosciences, qui s'évertuent pourtant à décrire cette fameuse boîte noire ;)

J'espère ne pas avoir répondu trop à coté de ta question !
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Re: Les fonctions exécutives

Message par Le Renard » lun. 26 oct. 2015 11:42

Je vais arrêter les clics frénétiques sur l'étoile de remerciement parce que ça va finir par avoir l'air d'une obsession, mais l'envie y est.

Du coup les trois fonctions exécutives décrites ici ont été identifiées un peu de la même manière que l'aire de Broca ? Ou bien elles tombent sous le coup du trop distribué pour être rattaché à une zone organique, et donc des concepts fonctionnels qui émergent de l'analyse en boîte noire ?

(on devrait dire boîte grise pour le cerveau tiens)

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Re: Les fonctions exécutives

Message par Adena » lun. 26 oct. 2015 20:23

Et bien, je ne suis pas une experte sur le sujet et les limites de mes connaissances sont sans doute bien inférieures au limite des Connaissances tout court à propos de ces relations, mais d'après ce que j'en ai compris, c'est un peu des deux ("tout ça pour ça", plus qu'un style, un art de vivre).
Pour le coup, les lésions frontales, on sait plutôt bien ce que ça fait : incapacité de faire un choix, désinhibition comportementale, difficulté de planification...la totale des fonctions exé dans les choux. Mais sans altération du savoir faire et des connaissances ! Cela dit l'ampleur du déficit dépends autant de la lésion que de l'individu, de son âge...les choses ne sont jamais simples et les cérérolésés trop rares et hétérogènes dans les variables parasites (sexe, âge, QI, catégorie socio-professionnelles, réeducation, etc.) pour qu'on puisse en déduire des constantes.
Ensuite les fonctions exécutives sont l'expression d'une réalité cognitive tellement complexe qu'il est difficile de bâtir un modèle explicatif représentatif de toutes les réalités cliniques, dans leur étonnante diversité. On retrouve des implications étioligiques des FE dans l'autisme, le TDAH, la psychopathie, le trouble des conduites et beaucoup d'autres pathologies. Il est également délicat de se rendre compte si un symptôme est primaire (la cause des différentes manifestations pathologiques observées) ou secondaire (une sorte de symptôme en cascade, expliqué par une cause plus profonde).

Dans la famille des cérébrolésés frontaux célèbres, il y a Phineas Gage, un cas d'école en neurosciences, qui s'est pris une barre de fer à travers le crâne suite à une explosion sur un chantier de chemin de fer, ce qui n'est jamais très agréable.
Ne se laissant pas abattre par les évènements, notre bon Phineas continue son petit bonhomme de chemin (de fer :porte: ), ne semblant pas souffrir de séquelles sérieuses. Mais le père de famille fiable et le collaborateur sérieux apprécié de son entourage est devenu un homme capricieux et instable, incapable de mener une tâche à bien ou de faire preuve d'empathie avec ses proches. Un premier cas documenté de syndrome frontal.
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Re: Les fonctions exécutives

Message par madeleine » lun. 26 oct. 2015 22:35

Adena a écrit :Par contre je me souviens d'un article brillant de Michel Habib a propos du rôle du noyau caudé (une structure sous-corticale beaucoup plus ancienne) dans la tolérance au délai (ce qui aide à comprendre notamment l'impulsivité dans le TDAH) à travers la description de cas d'aboulie neurologique chez des cérébrolésés. Je vais essayer de le retrouver ci ça t'intéresse !
Merci Adena, ça m'intéresserait en effet beaucoup - et je ne serai sûrement pas la seule ;)
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Re: Les fonctions exécutives

Message par Adena » ven. 30 oct. 2015 17:46

madeleine a écrit :
Merci Adena, ça m'intéresserait en effet beaucoup - et je ne serai sûrement pas la seule ;)
Rapidement en passant, voici l'article en question :)

N'hésitez pas à me donner votre avis sur le point de vue d'Habib !
Je trouve que c'est assez pertinent ici parce que comme le dit Diamond, la motivation est vraiment la porte d'entrée vers les FE.
http://www.resodys.org/IMG/pdf/4079_03_HABIB.pdf
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Re: Les fonctions exécutives

Message par madeleine » ven. 30 oct. 2015 19:25

Cet article est exemplaire, merci Adena. Je me demande quels développements il a reçu depuis son écriture déjà un peu ancienne, et si le modèle proposé a reçu de nouvelles validations. Si tu as des infos, ma dette de gratitude à ton égard va encore augmenter ;)
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Re: Les fonctions exécutives

Message par Adena » ven. 6 nov. 2015 21:59

Désolée pour la latence Madeleine, j'ai été assez prise ces derniers temps !

Je ne sais pas si Habib a sorti récemment un article semblable, mais son livre, "la constellation des dys" reprend ces problématiques de manière globale et propose des références récentes et larges dans le domaine. Je t'invite à y jeter un œil si le sujet t’intéresse ! Quel fonction/pathologie/aspect de la recherche t’intéresse particulièrement ?
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Re: Les fonctions exécutives

Message par Mlle Rose » dim. 8 nov. 2015 11:02

Sur le bouquin dont tu parles Adena, une collègue sur son blog a posé en PDF une fiche de lecture, ça peut aider à savoir si ce qu'on cherche est dedans :) :
La-constellation-des-dys.pdf
fany.eklablog.com
Vous n’avez pas les permissions nécessaires pour voir les fichiers joints à ce message.
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Re: Les fonctions exécutives

Message par TourneLune » mer. 2 mai 2018 14:05

Est-ce que vous savez s'il existe des tests précis pour détecter d'éventuelles défaillances et ce qu'on peut faire des résultats de ces tests, genre rééduc, compensations, etc... ?
Pour les mp qui ne sont pas à caractère personnel, merci d'envoyer vos messages au groupe " modérateurs globaux", ce sera plus efficace ;)

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Re: Les fonctions exécutives

Message par Za » jeu. 3 mai 2018 08:51

Oui, les neuropsychologues peuvent évaluer les différentes fonctions exécutives et peuvent aussi les rééduquer.
Les orthophonistes pratiquent aussi ce type de rééducation. Et il me semble que certains ergothérapeutes aussi. S'il y a besoin de compensations, un dossier peut être déposé à la MDPH avec les comptes-rendus des professionnels.
J'ai mis mon képi dans la cage
et je suis sorti avec l'oiseau sur la tête...
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Re: Les fonctions exécutives

Message par Mlle Rose » mar. 8 mai 2018 10:14

Les psychomot aussi.
En fait les fonctions exécutives sont tellement transversales que toute profession dont le champ de compétence recouvre une pathologie ou plusieurs pouvant subir l'impact d'un trouble de ce type est susceptible de travailler dessus. Pour un peu qu'il soit formé.
Perso, pour tester ça, j'utilise la batterie du GREFEX, mais c'est essentiellement dans un contexte neurodégénératif ou lésionnel (chez l'adulte), à un moment où je me pose la question des comorbidités et donc au sein d'une évaluation plus générale. Du coup ça reste "léger" : TMT, Stroop, Wisconsin, doubles tâche de Baddeley, fluences.

J'aurais tendance à penser qu'il est préférable de voir le professionnel qui correspond au domaine cognitif potentiellement le plus touché.
Si ce n'est pas bien identifié ou qu'il n'y a pas de pathologie associée dans d'autres domaines > neuropsy en première intention.
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Re: Les fonctions exécutives

Message par Adena » ven. 5 oct. 2018 18:16

En effet, le neuropsychologue reste souvent celui qui a la formation la plus complète dans ce domaine mais est loin d'être le seul professionnel compétent pour autant. Je sais notamment que l'école de psychomotricité toulousaine offre une formation très pointue dans ce domaine qui ferait envie à beaucoup de M2 de neuropsychologie !

Le mieux est quand même souvent d'avoir une approche pluridisciplinaire, je trouve, le bilan intellectuel étant la première pierre qui va permettre d'obtenir l'étalon à l'aune duquel on va interpréter les autres résultats.
Les tests dits "attentionnels" tels la TAP pour les adultes, la KITAP et la TEA-ch pour les enfants permettent d'obtenir des mesures de flexibilité et d'inhibition, en plus des mesures d'attention soutenue, divisée, etc. (le contrôle attentionnel est d'ailleurs considéré comme une FE à part entière). La Nepsy II (pour les enfants jusqu'à 16 ans) comprend également plusieurs subtests exécutifs, de fluence graphique, inhibition, etc.
La suite c'est en effet la rééducation ou remédiation cognitive construite sur mesure en fonction de la plainte et de la nature du trouble.
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